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Dimensity 9000 : Mediatek veut un SoC pour se démarquer

Mediatek n’est pas un petit acteur du monde ARM. Si la marque n’a pas les faveurs du grand public Européen et Américain, si la marque n’est pas ornée d’une aura positive comme peut l’être Qualcomm, elle a conquis de très belles parts de marché au fil des ans pour devenir en 2020 le premier fournisseur mondial de SoC de smartphones. Avec 20% du marché en Amérique du nord, 25% en Europe et plus de 40% en Asie. La marque se porte bien.

Ces chiffres sont énormes et pourtant la marque souffre d’un certain déficit d’image. Cette réussite s’explique d’abord par une approche très large de son offre, incluant des puces pour toutes les gammes du segment smartphone. Du modèle entrée de gamme jusqu’à des versions beaucoup plus musclées à destination des solutions les plus exigeantes.

La différence entre Qualcomm et Mediatek aujourd’hui tient surtout à la réputation des deux entités, réputation peut être méritée, c’est un autre débat, mais réputation qui fait que les grandes marques de smartphones vont intégrer un Snapdragon de Qualcomm dans leurs modèles haut de gamme et communiquer dessus. Et intégrer des Mediatek dans leurs modèles en dessous et ne rien dire de particulier à leur sujet.

Dimensity 9000

Comment se démarquer ? Gagner encore des parts de marché sur ce secteur ou toute la couverture est tirée par Qualcomm ? La réponse se trouve peut être dans le Mediatek Dimensity 9000. Un SoC ARM qui accumule les bons points techniques et qui débarquera début 2022 sur le marché de la téléphonie mobile.

Dimensity 9000

Pour attirer l’attention, le Dimensity 9000 n’a pas fait dans la dentelle, la puce embarque non seulement des technologies haut de gamme mais peut se vanter d’être la première puce à employer certaines d’entre elles. Et Mediatek a réuni ici beaucoup de point-clés qui volent la vedette à Qualcomm.

Cela commence par l’emploi d’une gravure 4 nanomètres proposée TSMC. Une finesse de gravure qui ne sert pas forcément à grand chose mais dont sont friands les communicants de tous bords. Ces chiffres de gravure frappent les esprits et les constructeurs de smartphones adorent les mettre en avant sur leurs nouveaux modèles. Le SoC va néanmoins profiter de cette finesse pour intégrer des éléments intéressants avec en premier lieu l’emploi d’une architecture ARMv9. Une première du genre.

Dimensity 9000

Le Dimensity 9000 comprendra 8 coeurs, un premier coeur ARM Cortex-x2 cadencé à 3.02 GHz, trois coeurs Cortex-A710 à 2.85 Ghz et quatre coeurs ARM Cortex-A510 à 1.80 GHz. Le résultat de cette combinaison big-bigs-LITTLE serait une augmentation de 35% des performances par rapport à la génération actuelle de SoC mobiles tels que les Snapdragon 888 de Qualcomm. 

 

Dimensity 9000

La partie graphique sera confiée à un ARM Mali-G710MP10 qui prendra en charge 2D, 3D, vidéo Ultra Haute définition et même des fonctions de Raytracing logiciel. L’ensemble pourra accueillir des solutions mémoire LPDDR5 à 3200 MHz et LPDDR5x à 3750 MHz pour des transferts encore plus performants.

Dimensity 9000

Le tout étant également moins gourmand en ressources et promettant donc une meilleurs autonomie dans tous les usages.

Dimensity 9000

Mais le Dimensity 9000 ne s’arrêtera pas à ces performances classiques, des éléments qui seront à la portée de toutes les licences ARM tôt ou tard. Mediatek met les petits plats dans les grands avec des développements sur mesures.  On retrouvera ainsi un circuit dédié aux calculs d’Intelligence Artificielle composé de 4+2 coeurs. La marque fait beaucoup de promesses à ce sujet avec une augmentation annoncée de 400% par rapport à la génération actuelle en terme de performances. De quoi dépasser les solutions haut de gamme comme le Pixel 6 sur ce terrain de l’AI embarquée.

Dimensity 9000

Autre gros poste mis en avant, d’exceptionnelles capacités de gestion de données en terme de photo avec un ISP qui pourra encaisser un flux de 9 Gigapixels par seconde. De quoi laisser aux constructeurs de la souplesse dans la composition de leur bouquet photo. En théorie, la solution employée peut gérer jusqu’à 320 mégapixels. Ce qui permettra de découper plusieurs capteurs pouvant aller jusqu’à un triple 32 mégapixels. La vidéo pourra être enregistrée en 8K à 30 images par seconde ou en 4K à 120 images par seconde. Les meilleures pouces actuelles sont limitées à un flux situé sous les 3 Gigapixels par seconde.  Le SoC pourra afficher en FHD+ à 180 Hz et en WQHD+ jusqu’à 144 Hz et décoder des vidéos en 8K à 60 images par seconde.

Dimensity 9000

C’est sur le poste 5G que le Mediatek aura plus de mal à convaincre avec une puce qui n’aura pas accès à une compatibilité mmWave. Mediatek préférant une solution plus orientée vers l’autonomie avec des technologies que la marque développe sous les nom de 5G Power Saving. C’est un choix important puisque certains opérateurs, notamment outre Atlantique, considèrent ce poste comme essentiel pour leur développement futur. Mediatek a probablement pris en considération son implantation géographique pour se décider sur ce poste et considéré la faiblesse du réseau mmWave même aux US pour le moment. La puce permettra de générer néanmoins une bande passante puissante à 300 MHz avec des transferts pouvant atteindre 7 Gbps, ce qui devrait suffire à la majorité des usages 5G… On retrouvera bien entendu du Wifi6 et 6E et du Bluetooth 5.3 et bien entendu la ribambelle de prises en charge satellitaires nécessaires à toutes les géolocalisations. Le SoC sera également compatible avec les réseaux 4G-LTE plus classiques.

Le curriculum du SoC est donc très intéressant et préfigure de ce que le marché smartphone proposera en 2022. Mais ce n’est pas ce qui m’intéresse le plus dans cette annonce. Car, en aparté de cette présentation, Mediatek confirme sa volonté de venir se positionner sur le marché PC dès 2023… C’est à dire en concurrence directe avec l’annonce de Qualcomm sur ce segment 

Avoir un nouvel acteur sur ce marché du PC sous SoC ARM est une excellente nouvelle. Après qu’Apple ait montré la voie avec ses M1 et toutes leurs variantes, après que Qualcomm ait annoncé vouloir leur faire concurrence, l’arrivée de Mediatek ne peut que être bénéfique sur un marché qui ne gagne jamais à manquer de concurrence. Pour 2023, la marque veut donc être dans la course et se positionner sur ce segment prometteur de PC sous Windows ARM. 

A en juger par les annonces faite sur le Dimensity 9000, il y a des chances que cela soit bénéfique. Reste à savoir si la débauche de performances et de services annoncés sera à la hauteur des développements concurrents. Mediatek et Qualcomm sont en effet dans un même étau. Avec d’un côté un Apple qui a montré avec ses puces M1 Pro et M1 Max qu’il avait encore beaucoup de possibilités de développement pour le futur. Et un duo AMD et Intel qui ne comptent pas non plus se laisser marcher sur les pieds.

Le problème étant toujours le même pour ces puces ARM sous Windows. L’homogénéité des solutions proposées n’est pas à la hauteur de celles proposées par Apple d’un côté et le monde x86 dans l’écosystème Windows de l’autre.

 

Dimensity 9000 : Mediatek veut un SoC pour se démarquer © MiniMachines.net. 2021.

Nvidia intègre les fonctions RTX et DLSS au monde ARM et Linux

Nvidia a profité de l’attention qui lui est réservée durant la GDC, la Game Developer Conference, pour annoncer la symbiose réussie entre les technologies ARM et les fonctions RTX et DLSS issues de ses puces graphiques. La marque joue sur plusieurs tableaux avec cette annonce et ce déplacement d’un pion, qui parait être anodin au prime abord, pourrait avoir beaucoup de conséquences.

Techniquement de quoi il s’agit ?

Nvidia vient de faire la démonstration du fonctionnement d’une puce ARM, en l’occurrence un SoC Mediatek Kompanio 1200 (MT8195), avec une solution graphique GeForce RTX 3060. On ne sait pas exactement à quoi ressemble la plateforme, c’est probablement un prototype de laboratoire qui n’a que peu à voir avec un produit commercial, mais le fait est là. Les deux éléments parviennent non seulement a bien travailler ensemble mais ils sont également aptes à proposer une expérience 3D des plus riches.

La démonstration proposée est impressionnante puisqu’elle montre comment une puce ARM, épaulée par un circuit graphique Nvidia RTX, parvient à faire tourner des applications gourmandes sous Linux et Chromium. Avec une version sur mesures du jeu Wolfenstein : Youngblood, Nvidia nous montre la force technique de cette proposition. Le jeu est interprété dans une version proposant du calcul en raytracing et une gestion de multiples sources de lumières. Les textures, ombres et calculs d’ambiance donnent  une atmosphère équivalente à ce que propose un PC de jeu classique sous x86 avec Windows. 

La seconde démo montre la puissance de calcul de l’ensemble et sa gestion complète de  différents éléments techniques. Lumières, ombres, reflets… Un rendu typique de jeu sur une solution d’ordinateur personnel traditionnel.

Mediatek

Sauf qu’ici point de Windows. Pas de DirectX, pas même de puce x86 signée AMD ou Intel. Tout est géré par Linux et Chromium d’un point de vue logiciel et les solutions matérielles de Mediatek et Nvidia. Les fonctions avancées de Nvidia ont été portées sur cette plateforme pour fonctionner comme sur un engin sous Windows. On retrouve ainsi le Deep Learning Super Sampling ou DLSS pour améliorer le rendu visuel des images via l’IA calculée par la puce GeForce, le RTX qui gère la mise en lumière des images, la fonction Optix pour améliorer la qualité visuelle de l’ensemble et même une optimisation de la mémoire graphique.

Si je devais résumer cette annonce simplement: Avec cette technologie, Nvidia fait sauter deux impératifs de l’équation gaming d’aujourd’hui. La présence d’un processeur x86 n’est plus requise, pas plus que celle de Windows, pour proposer un jeu 3D gourmand en haute définition. 

DLSS

Un bouleversement important pour le marché du jeu ?

Cette démonstration est l’aboutissement de la promesse faite par la marque en avril dernier. Une solution pour transformer un Chromebook classique en solution de jeu complète et performante. Solution qui aurait la possibilité de profiter du catalogue de titres de nombreux studios de développement qui pourraient adapter leurs jeux à la nouvelle plateforme. Attention cependant, ce dernier point n’est pas garanti et Nvidia va devoir trouver des éditeurs acceptant de parier sur cette nouvelle plateforme ou trouver un moyen de basculer plus facilement des jeux existants en jeux compatibles avec cette formule. On notera au passage que cette évolution se fait après l’annonce d’une compatibilité entre DLSS et Proton, le système qui permet à SteamOS de faire tourner les jeux Windows sous Linux développé par Valve.

Chromebook Mediatek

Est-ce que nous allons avoir des Chromebooks munis d’un circuit RTX prochainement ? Les constructeurs n’hésitent plus désormais à proposer des engins de ce type très bien équipés à des prix élevés. Il est donc possible que l’on voie des machines proposant ce type de puces dans le futur. J’ai pourtant du mal à voir comment le public réagira tant qu’aucun jeu compatible ne sera disponible. La promesse d’un avenir radieux et d’éditeurs travaillant d’arrache pied au basculement de leurs catalogues ne devrait pas être suffisante pour pousser les gens à investir quelques centaines d’euros supplémentaires dans une machine RTX.

Une autre question qui se pose est liée au public visé. Est-ce que les gens interessés par un Chromebook sont des joueurs ? Et, si ils le sont, est-ce qu’ils vont s’intéresser aux Chromebooks pour cet usage spécifique ? L’impact de ce type de puce Nvidia dans un engin portable n’est pas anodin, il coûtera en investissement mais également en autonomie, en poids et en chaleur dégagée. Je ne suis pas sûr qu’un Chromebook de jeu ait beaucoup de sens pour la majorité des utilisateurs de ce type de plateforme. En fait, j’ai du mal à voir qu’un joueur se décide à choisir spécifiquement une plateforme aussi éloignée du monde du jeu actuel : Est-ce que quelqu’un qui veut garder en tête la possibilité de jouer va choisir un Chromebook ? Et si il le fait est-ce qu’il va s’orienter vers une solution spécifiquement composée d’une puce ARM et d’un circuit RTX ? Je trouve que ce scénario manque de crédibilité aujourd’hui, notamment parce que le catalogue de titres compatibles est totalement inexistant.

dlss

La démonstration du jeu Wolfenstein : Youngblood que l’on voit en vidéo n’est pas prévue pour  être proposée sur le marché. C’est un portage dédié à la présentation de la technologie mais aucune commercialisation n’est envisagée. Il n’existe pas de catalogue de jeu spécifique pour la plateforme aujourd’hui.

Par contre, si la proposition de Nvidia permet aux utilisateurs de Linux de profiter de jeux PC classiques du catalogue Windows via Proton, alors là l’impact pourrait être énorme. Non seulement cela pourrait permettre aux constructeurs de proposer des engins sous Linux plus facilement avec un accès plus simples aux jeux Windows, mais cela n’obligerait pas les studios à retravailler leurs titres. Le catalogue actuel pourrait basculer sous Linux. Cette voie est à privilégier à mon sens. D’abord parce qu’on sait que Google travaille au portage de la plateforme Steam vers les Chromebooks, ensuite parce que c’est la voie qui a le plus de chances de fonctionner commercialement parlant. 

Steam Big Picture

Et les TV-Box ?

Là où la solution pourrait avoir un énorme impact également, c’est sur le marché des solutions type Chromebox. Le mariage d’ARM et de puces RTX pourrait permettre la création de nouvelles solutions très performantes. On aurait là encore la promesse d’un catalogue de jeux haut de gamme toujours aussi inexistant mais sans la problématique liée au public intéressé. Si les Chromebooks sont un marché particulier qui ne concerne pas la majorité des utilisateurs d’outils informatiques nomades, et encore moins les joueurs, le public susceptible d’être convaincu par une nouvelle TV-Box avec une fonction console est, quant à lui, autrement plus large.

Le nombre de personnes à la recherche d’une solution capable de faire tourner des Jeux PC dans son salon tout en permettant le surf et la gestion multimédia est à mon sens bien plus élevé que le nombre de personnes à la recherche d’un Chromebook de jeu. Si des constructeurs se penchaient sur la création de TV-Box ARM avec un circuit RTX interne capable de faire tourner des jeux 3D de qualité, le marché pourrait être énorme. En combinant cette offre aux solutions de streaming de Nvidia avec GeForce Now, le marché est à mon sens bien plus intéressant.

Nvidia Shield

Nvidia Shield 3 : RTX inside ?

Qui de mieux placé que Nvidia pour lancer ce nouveau marché ? En toute logique, la marque pourrait profiter de sa gamme Shield pour lancer un engin capable de profiter de ces fonctionnalités. Une Chromebox qui pourrait employer des applications Android de manière classique mais également faire fonctionner le streaming GeForce Now. Tout  en offrant, grâce à une solution RTX intégrée, proposer des jeux Windows via Proton de Valve. 

Une combinaison complète, poussée par Nvidia dans une gamme de produits qui aurait la confiance d’un public déjà séduit par les modèles précédents. Une gamme plus chère que les solutions antérieures mais avec un panel de possibilités énorme. Un accès au catalogue de jeux Steam en direct. Un engin de ce type pourrait proposer de remplacer totalement dans votre salon un PC classique. Nvidia ayant les moyens de concevoir une solution RTX  suffisamment bien calibrée pour éviter toute surchauffe et ainsi conserver un engin silencieux, 

Une exploitation du RTX via Proton pour toutes les machines Linux et une ouverture vers des engins de loisir sédentaires, voilà qui aurait à mon sens plus d’avenir que le format Chromebook sous ARM uniquement. 

Un jocker dans la manche de Nvidia pour le rachat d’ARM ?

Avec cette annonce, Nvidia se place également très habilement sur l’échiquier d’une seconde partie d’échecs. Celle qui concerne sa tentative d’acquisition d’ARM. En montant un partenariat avec Mediatek, la marque montre son intérêt pour l’écosystème ARM dans sa globalité. Nvidia montre qu’il a su collaborer avec une entité qui est logiquement concurrente de ses propres puces. La marque sacrifie sont marché Tegra1 au profit des puces Mediatek. En prenant cette hauteur, le constructeur montre sa nouvelle position face au marché. Celle qu’il devra adopter si il réussit son pari d’acquisition de la plateforme ARM. Quand il devra épauler ses clients et partenaires exploitant les technologies des SoC pour qu’ils puissent se développer.

Un argument de poids dans la bataille qui est encore à mener pour Nvidia. Si Mediatek semble ravi de cette évolution du secteur, si des marques comme Rockchip ou AllWinner doivent également se frotter les mains au vu des perspectives en jeu, d’autres ne voient pas d’un très bon oeil cette évolution. On se doute que des acteurs comme Apple et Qualcomm ne doivent pas être forcément ravis de cette annonce. 

Nvidia intègre les fonctions RTX et DLSS au monde ARM et Linux © MiniMachines.net. 2021.

AMD RZ608 : un module Wifi6E pour concurrencer les solutions Intel

L’AMD RZ608 se positionne sur un marché – presque – captif. Celui des puces Wifi6E proposées par Intel en solo ou en bundle avec ses plateformes. Un point important pour AMD si il veut continuer à progresser en parts de marché sur le secteur des ordinateurs portables.

AMD RZ608

Lorsque vous  êtes un constructeur qui passez commande à Intel d’un processeur pour construire une machine, ce dernier vous propose un package complet : en plus de votre puce, il vous fournit un chipset, un module Thunderbolt, un dessin pour votre carte mère et des guides de bonnes pratiques. Masi il ne s’arrête pas là, la marque peut également vous proposer un module de cache Intel Optane pour augmenter les performances de votre stockage. Ou… proposer un module Wifi qui va fonctionner parfaitement avec votre plateforme.

Gros avantage pour Intel, lorsque vous achetez ces éléments ensemble, la marque vous les propose en bundle. L’achat et l’intégration de votre carte Wifi6E vous couteront ainsi moins cher avec un processeur Core que l’achat d’un circuit concurrent pour lequel vous allez devoir travailler votre électronique. Cette formule clé en main est donc un fort argument pour le fondeur qui propose une solution tout-en-un facilement intégrable.

AMD l’a bien compris et va proposer sa propre solution Wifi maison avec l’AMD RZ608. La puce sera intégrée dans l’Aya NEO, la fameuse console-PC mobile qui proposera donc par défaut du WiFi6E et du Bluetooth 5.2 par défaut. Cette nouvelle est doublement intéressante puisqu’elle viabilise encore un peu plus la console pour ceux qui avaient encore des doutes, mais elle propose également une bonne réponse d’AMD à Intel sur ce poste. 

AMD RZ608

Reste à espérer un développement de pilotes aussi efficace qu’Intel qui propose des drivers régulièrement mis à jour et efficace sous Linux comme sous Windows pour ses chipsets radio, même pour d’anciens modèles. Ceux qui ont déjà bataillé avec des solutions non patchées verront de quoi je veux parler. Rien de plus frustrant que d’installer un module Wifi Bluetooth sur un portable parce que la puce intégrée (et soudée) ne peut pas être correctement installée sous Windows ou Linux.

AMD a développé cette puce en partenariat avec MediaTek, ce qui lui a permis de développer une solution en un temps record au détriment de sa propre marge. L’important pour AMD est de grignoter des parts de marché à Intel sur le segment des machines mobiles. On retrouve donc un design signé comme un MediaTek MT7921K… Du rebranding qui permettra de proposer une solution Ryzen 5000 clé en main pour tous ses partenaires.

Source : Anandtech

AMD RZ608 : un module Wifi6E pour concurrencer les solutions Intel © MiniMachines.net. 2021.

GTC 2021 : Nvidia propose un circuit RTX 30 aux puces ARM

Si on pensait que Nvidia allait proposer un  nouveau circuit ARM pour la GTC 2021 qui s’est déroulée hier, la surprise a été assez grande au final lorsque la marque a annoncé le lancement d’une puce Mediatek MT819x en partenariat avec le concepteur chinois. Particularité de cette puce, elle sera équipée d’un circuit graphique repris d’une base RTX 30 de génération Ampère.

Si vous voulez voir ou revoir la conférence GTC 2021 : la courte partie sur Mediatek est à 1H06’40”

La poule aux puces d’or.

Les circuits RTX font actuellement la pluie et le beau temps sur le marché PC grand public. Les cartes graphiques produites par les partenaires de Nvidia avec ses puces RTX sont, depuis leur apparition, de vrais moteurs de vente. Les gens font la queue pour acheter ces produits, s’inscrivent sur des listes pour attendre leur tour face à des pénuries de composants qui augmentent pourtant drastiquement les tarifs.

C’est cet engouement que Nvidia promet à son partenaire avec la Mediatek MT819x.  Un assemblage de SoC ARM Classique avec un circuit graphique Nvidia échappé de son labo. Le concepteur de circuit graphique travaillait auparavant en circuit fermé avec des Tegra employant ses développements graphiques mais semble vouloir rebâtir un écosystème externe en s’appuyant désormais sur des partenaires pour évoluer.

Imaginez qu’un marchand de poules frappe à votre porte en expliquant qu’il tient en main une poule aux oeufs d’Or. Un animal que tout le monde voudrait dans sa basse cour après avoir lu la fable de La Fontaine. C’est exactement ce que propose Nvidia, ici, à Mediatek. Une possibilité de transformer des puces classiques, employant les circuits graphiques d’ARM, en un Best Seller qui se démarquerait du reste du marché avec une réputation prometteuse avant même d’être disponible.

Et cela alors que la concurrence est énorme. Apple propose déjà lui même une puce M1 au comportement vraiment impressionnant. Qualcomm travaille toujours sur ses Adreno. et AMD s’est associé avec Samsung pour proposer des SoC ARM avec Radeon. L’arrivée d’un partenaire comme Nvidia est une vraie solution d’avenir pour Mediatek.

Nvidia

Un Mediatek MT819x pour ordinateurs portables

Peu d’informations techniques ont été dévoilées lors de la GTC 2021. On sait que ce SoC serait une collaboration entre les deux entités. Mediatek se chargeant du développement des coeurs ARM Cortex et de leur assemblage avec un circuit Nvidia RTX 30. Un premier prototype, une plateforme de référence servant à concevoir d’autres machines, est en cours de développement. But de la manoeuvre, permettre de présenter le Mediatek MT819x à des partenaires qui pourront concevoir des machines équipées de cette solution. 

Il s’agit pour le moment de machines pouvant tourner sous Linux et Chromium. De quoi concevoir des ordinateurs portables sous Linux et sous Chrome OS qui prendraient en charge le RTX 30 de la puce pour une accélération graphique haut de gamme tout en conservant des besoins en énergie modestes. On imagine qu’un gros travail de prise en charge des capacités en IA et en calcul de la puce sera mis à profit par les systèmes d’exploitation retenus. On peut donc apercevoir en ligne de mire des Chromebooks mais également des Chromebox sous ce type de puce.

Le Mediatek MT819x deviendrait ainsi une clé intéressante pour ouvrir un nouveau marché de Chromebook et de machines Linux. Une voie intéressante à suivre qui pourrait séduire les marques impliquées sur ce segment. Il faudra juger sur pièces et au regard des performances proposées pour savoir cependant si la solution aura tout le potentiel que laisse espérer le RTX 30.

Nvidia

Nvidia ouvre sa malle aux trésors

Nvidia est dans une position délicate, la marque a posé 40 milliards sur la table pour racheter ARM et devenir ainsi un véritable mastodonte dans le secteur des composants. Pouvant faire ainsi face à AMD, Apple, Intel ou Samsung. Cette intention n’est cependant pas du goût de tout le monde et certains de ses concurrents directs ne sont pas forcément ravis de cette idée. Pour Qualcomm, Apple ou Samsung par exemple, un Nvidia qui devient propriétaire d’ARM, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle. Et cela même si Nvidia s’est plutôt retiré du développement de puces avec aucun nouveau Tegra ces dernières années. Savoir qu’un ancien concurrent est désormais aux manettes du développement et de la stratégie des technologies que l’on emploie n’est pas évident. Leurs voix ont dû s’entendre auprès des instances de la concurrence pour éviter ce rachat. Pour AMD et Intel, le lobbying doit également être à la manoeuvre. Aucun de ces mastodontes ne doit avoir envie de laisser naître un type de monstre comme Nvidia/ARM sur le marché.

Ce mouvement d’ouverture de ses circuits graphiques auprès d’un concurrent change la donne. Avec cette manoeuvre, Nvidia prend de la hauteur et au lieu de se positionner en concurrent, il montre comment son association avec ARM pourrait apporter des solutions à l’écosystème. En proposant un circuit graphique RTX 30 à Mediatek, Nvidia montre la voie d’une collaboration positive pour l’écosystème tout en reprenant le rôle que la marque tient dans le monde des cartes graphiques. Un fournisseur de circuits qui laisse travailler ensuite ses partenaires afin qu’ils fabriquent des cartes avec ses puces. Sans entrer dans une dimension concurrentielle particulière avec eux.

Si Nvidia réussit à se montrer sous cet angle, les partenaires d’ARM pourraient y voir leur avantage. Les “petits” concepteurs de puces, du moins les moins connus, y verraient alors tout leur intérêt. ARM produisant déjà, de manière optionnelle, des circuits graphiques Mali qui concurrencent les puces de Qualcomm ou d’Apple. Des marques comme Allwinner, Mediatek ou Rockchip devraient accueillir la nouvelle de manière très positive. Le profil de Nvidia pourrait également être perçu de manière très différente par les autorités de la concurrence avec cette nouvelle facette de son activité.

Nvidia

 Amazing Grace

Nvidia a également profité de la GTC 2021 pour annoncer Grace, un premier SoC ARM développé spécifiquement pour les serveurs. Une solution qui vient se positionner comme une alternative aux processeurs AMD et Intel. Une corde de plus que Nvidia pourrait déployer sur l’arc d’ARM si on le laissait faire pour son rachat. Montrant là encore les possibilités de développement que pourrait apporter le rapprochement entre les deux entités. Grace Hopper, qui a développé le langage Cobol et conçu le premier compilateur, est une informaticienne américaine qui donne son nom à cette nouvelle puce.

On sait, là encore, peu de choses sur le côté technique du circuit. Mais les activités serveurs sont désormais une part énorme des revenus de Nvidia, en constante et nette augmentation depuis des années. Disponible en 2023, Grace devrait améliorer significativement les calculs les plus complexes. Typiquement les opérations effectuées pour des services prédictifs comme la météo pour envisager des scénarios à l’avance.

Le retour de la vengeance du Tegra RTX 30

Ces annonces, le SoC en partenariat avec Mediatek comme Grace, ce sont également de belles épées qui planent désormais au dessus de la tête du marché. Car on peut voir cette conférence d’une autre manière que celle présentée par Nvidia. Si la marque ne parvenait pas à ses fins avec le rachat de ARM. Rien ne l’empêcherait de bousculer son approche et de passer ce circuit RTX 30 sous un nom commercial comme Tegra RTX, par exemple. Proposer à des marques comme Mediatek, Allwinner ou Rockchip ses circuits. Des partenaires qui auraient ainsi des éléments pour concurrencer les puces de Samsung et AMD ou de Qualcomm. Si, au final, les puces ARM RTX 30 s’avéraient très performantes, le passage par un achat de licence auprès de Nvidia pourrait devenir un véritable moyen de pression commercial.

Avec un RTX 30 disponible pour l’architecture ARM, Nvidia dispose de nombreuses solutions pour tenter d’influencer le marché. Soit en la poussant de l’intérieur pour se positionner toujours plus fortement face à Intel et AMD. Soit en la secondant de l’extérieur comme un des multiples fournisseurs de circuits graphiques déjà présents.

Si le Mediatek MT819x vise le marché des machines sous Linux et ChromeOS, ce n’est pas ce qui pose le plus de problèmes à ses concurrents. Le nombre de machines vendues n’est pas au niveau de celui des smartphones, véritable enjeu de développement aujourd’hui. Mais rien ne dit que Nvidia n’a pas – ou ne pourrait pas avoir – dans ses cartons des circuits dérivés du RTX pour viser le segment des smartphones. Un segment nettement plus stratégique que la marque pourrait tenter de réinvestir à terme. Mais le fera t-il en le proposant à tout le monde depuis ARM ou en restant à l’extérieur en tant que Nvidia ?

En clair, la question que doivent se poser de nombreux acteurs de cet écosystème après cette GTC 2021 est probablement quelque chose comme : Vaut t-il mieux avoir Nvidia comme partenaire avec ARM ou comme concurrent avec Tegra ?

GTC 2021 : Nvidia propose un circuit RTX 30 aux puces ARM © MiniMachines.net. 2021.

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