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Liseuses : Vivlio rachète son concurrent Bookeen

Minimachines.net est sponsorisé par : IAMNUC.COM

Vivlio est en pleine forme, la société vient de reprendre l’ensemble des activités de Bookeen. Devenant ainsi un acteur majeur sur le marché français des liseuses numériques.

Il faut dire que le segment des liseuses subit la forte concurrence d’un géant qui sait faire de l’ombre. Amazon, pour ne pas le citer, est un véritable bulldozer avec ses Kindle. Même si la marque a augmenté dernièrement ses tarifs, elle reste dans un schéma de fonctionnement très difficile a contrer pour tous ses concurrents. En absorbant Bookeen, Vivlio devient mécaniquement mieux armé pour faire face au mastodonte.

Lancé en 2003 Bookeen a été le premier fournisseur de liseuses en France. La marque a suivi ce mouvement materiel par le lancement en 2011 d’un site de vente de livres numériques. Pour faire face au modèle Amazon qui propose des livres, en édite et les propose en direct sur ses propres pages. Cette librairie unique persiste après ce rachat et les clients ne seront donc pas perturbés. Les équipes de Bookeen rejoignent celles de Vivlio pour mettre leurs expériences et savoir faire en commun. 

Derrière ce rachat se profile un autre acteur, Sodival qui possède le réseau de boutique Cultura. Vivlio a cédé 50% de ses part à Sodival en février et depuis les acquisitions se multiplient. Rachat de l’éditeur Rocambole/Doors, reprise de la partie édition du site Chapitre.com et acquisition de Bookeen.

En 2023 Vivlio prévoit une levée de fonds de 5 millions d’euros. De quoi effectuer d’autres mouvements et acquisitions. Vivlio veut notamment développer une nouvelle liseuse orientée vers la bande dessinée numérique. La marque voudrait également développer son activité en Europe en aprtenariat avec d’autres acteurs.

Source : Actualitte

Liseuses : Vivlio rachète son concurrent Bookeen © MiniMachines.net. 2022.

Panasonic Energy Signs Agreement with Redwood for Supply of Recycled Cathode Materials and Copper Foil for EV Batteries

Panasonic Energy Co., Ltd. announced that it has entered an agreement with Redwood Materials Inc., a sustainable battery materials manufacturer, for the purchase of cathode active materials and copper

Panasonic Energy's New EV Battery Facility in Kansas will initially produce 30 GWh

Panasonic Energy Co., Ltd. will begin construction in November 2022 of its new facility that will produce cylindrical Li-ion batteries for electric vehicles. The facility in De Soto, Kansas will be th

Gamekult, la fin d’une aventure

Minimachines.net est sponsorisé par : IAMNUC.COM

La rédaction de Gamekult a jeté les gants. Après l’annonce du rachat du site par Reworld Media et devant la volonté de ce groupe de transformer la ligne éditoriale du site, la très grande majorité des journalistes et pigistes raccrochent. Ils ne suivront pas le nouveau propriétaire.

Clauses de conscience et gros dégâts

Je vous en avait parlé il y a quelques temps, mais pour résumer les épisodes précédents très brièvement, Gamekult a été absorbé puis revendu par plusieurs grands groupes web. La rédaction et son contenu sont ainsi passés de main en main avant d’atterrir chez Unify. La plateforme Web de TF1. Quelques heures après le déménagement de Gamekult – et de LesNumériques ainsi que quelques autres sites – TF1 annonçait avoir revendu sa plateforme complète, tout le groupe Unify, à Reworld Media.

Reworld qui n’a de Média que le nom, son objectif avoué n’étant pas de transmettre de l’information mais plutôt de porter de la publicité. C’est eux qui ont racheté le vénérable Science & vie et ont fait disparaître toute sa rédaction dans la foulée.

Le groupe Reworld Media prenait ainsi possession des clés et de la destinée de Gamekult et nombreux autres site du groupe. Un changement qui a mené les équipes de journalistes ainsi que la « rédaction étendue » composée des divers Pigistes et autres personnes en charge de la logistique des images et de la vidéo du site a poser leur démission. A abandonner le site.

Les raisons qui ont poussé à ce choix sont assez évidentes. En creusant un peu on se rend vite compte que Reworld veut faire rentrer dans le rang un Gamekult trop souvent jugé comme dissonant par l’industrie du jeu vidéo. Leur vision d’un média critique est souvent mal vue par un marché qui pèse et injecte des dizaines de millions d’euros dans des jeux poids lourds du secteur. Pour Reworld il faut surtout que l’argent rentre. Cela veut dire moins de journalisme et plus de communication. Pas un rédacteur en chef mais plutôt un chef produit.

Il faut que l’industriel se sente en confiance, suffisamment pour qu’il achète la panoplie complète proposée par un site aujourd’hui : de la pub certes, des affichages dans tous les sens qui viennent vous empêcher de lire le contenu. Mais également le contenu lui même parce que les lecteurs ont trop souvent tendance a installer un bloqueur de publicité. Et si on peut faire une vidéo « lol » qui parle du jeu en survolant ses défauts pour appuyer ses éventuelles qualités, si possible en suivant le script proposé par une agence de com’. Alors là, oui, il y a moyen de gagner de l’argent. Surtout si on s’est débarrassé de ces pénibles journalistes qui écrivent ce qu’ils pensent auparavant.

La rédaction s’est donc saisie d’un outil qu’on appelle « Clause de conscience » et qui protège les journalistes en cas du rachat de leur employeur. Cette clause leur permet de « démissionner » avec les même droits que s’ils avaient été licenciés. L’idée étant de ne pas laisser un journaliste dans la précarité si il est contre un changement de ligne éditoriale au sein de son magazine. Suite à la nomination d’un nouveau rédacteur en chef par exemple ou au rachat du titre par une entité voulant changer largement son orientation. Imaginez un journaliste travaillant dans les colonnes d’un journal lié à l’agriculture bio qui serait racheté par un groupe de chimie phytosanitaire. On comprend aisément que les journalistes de la rédaction ne veuille pas cautionner ce choix.

Cela ne veut pas dire que les journalistes en question partiront les poches bourrées de gros billets. La durée de leur allocation chômage dépendra de leur ancienneté et surtout, pour la totalité d’entre eux, cette bouée de sauvetage ne gommera jamais la tristesse qu’ils éprouveront à quitter ce navire.
Mais comment faire autrement ?

Comment tenter de se battre contre un énorme moulin à vent. On connaît la méthode Reworld, on sait comment ils s’y prennent. Pour eux Gamekult n’est pas un site important, c’est un bonus obtenu avec le rachat des autres entités qu’ils convoitaient. Mais Gamekult n’est pas rentable en l’état et les moyens d’inverser cette tendance sont assez simples a deviner.

Reworld n’a pas la réputation de beaucoup aimer les journalistes, ils préfèrent les communicants. Payer des « pigistes » au lance pierre pour ré-écrire un texte pondu pour une agence c’est beaucoup moins cher que de payer un testeur pour qu’il donne son avis. Et surtout ça permet de faire plus, beaucoup plus : tabasser des news au kilomètres, avec des titres bien aguicheurs tout en promettant des « tests » flatteurs. Il est interdit de publier un test qui serait financé par un éditeur de jeu sans le signaler aux lecteurs. Mais on peut très bien écrire un test totalement « indépendant » à côté d’une grosse campagne de marketing plus classique.

Personne dans l’équipe Gamekult ne veut suivre cette voie et au vu de l’immense fatigue liée à ces années d’incertitude quand à la pérennité de leur travail. Le tacle de TF1 qui les abandonne du jour au lendemain il y a quelques mois. Et surtout l’énorme tâche que représente déjà la publication jour après jour d’un monstre comme Gamekult. L’avalanche colossale de jeux a tester qui sortent chaque semaine. Une tâche que même Sysiphe aurait refusée. La très grande majorité du personnel a préféré arrêter les frais. Et je les comprends.

J’ai fait le même choix à une époque, à un niveau bien moins élevé, en préférant abandonner Blogeee,net plutôt que de continuer avec CNETFrance dans une voie différente. C’était très difficile alors je n’ose pas imaginer l’amertume qui a saisit l’ensemble de la rédaction.

Refaire à neuf ?

Je lis beaucoup d’incompréhension de la part des lecteurs face à ce choix. D’abord parce que, semble t-il, Gamekult n’a pas laissé sa chance à Reworld Media. Je ne suis pas dans le secret des dieux mais je pense que tout le monde sait déjà à quoi s’en tenir. Le groupe n’a pas acheté un site de jeux vidéo par amour de ceux-ci. Pas plus qu’ils ont acheté Science & Vie par amour de la science au vu des pages actuelles du magazine. Ils essayent simplement d’en faire juste un truc qui rapportera de l’argent. Et pour cela sont prêt a faire tout ce qu’il faudra.

L’autre questionnement vient du médium lui même. Un site web comme Gamekult ne pourrait t-il pas renaître de ses cendres avec un autre nom de domaine ? Après tout ? Et bien non, cela ne fonctionne pas comme cela.

Certes Gamekult a beaucoup d’abonnés, plus de 12 000 personnes ont pris un abonnement pour pouvoir lire leur contenu. 12 000 personnes qui payent chaque mois un accès entre 2,5 et 4,90€ suivant la formule choisie. Cela semble être beaucoup mais en réalité on est loin du compte pour une rédaction de ce type.

Il faut compter les salaires des nombreux journalistes qui écrivent, les équipes ne sont pas composées de rédacteurs bénévoles, ce qui fait déjà une somme assez impressionnante. Il faut également compter ceux qui assurent la technique pour les vidéos, les reportages mais aussi la gestion et l’entretien du site. Son développement. Tout cela à un coût qui dépasse déjà les sommes récoltées avec des dons.

Et ça ne compte pas le rachat de tout le matériel indispensable au site. Régie vidéo complète, ordinateurs, consoles, jeux… Cela ne compte pas non plus des locaux pour travailler, filmer, tester. Même en imaginant que les 12 000 abonnés suivent le mouvement vers un nouveau site cela ne suffirait pas a fonctionner.

Et Évidemment ils ne suivront pas. D’abord parce qu’ils sont déjà abonnés et que le rachat du site ne sera pas une excuse pour se faire rembourser quoi que ce soit. Le budget abonnement est donc alloué pour beaucoup qui ne pourraient pas repayer un nouveau site. Mais surtout une bonne partie des lecteurs ne se rendront pas forcément compte tout de suite de ce changement. Il est possible que le contenu accessible aux abonnés se réduise au fil du temps à peau de chagrin, le but pour la nouvelle direction étant de vendre de l’espace publicitaire, il n’a aucune raison de le rendre difficilement accessible. A terme il est probable que ce côté « Premium » disparaisse.

Et si les équipes qui quittent Gamekult aujourd’hui le font à contrecœur, ils n’auront sans doute pas la force de tout rebâtir. C’est un travail colossal de reconstruire un concurrent qui puisse se mesurer à ce que l’on a créé soit même de tout son coeur. Il faut faire encore mieux et avec moins de moyens. Ce que beaucoup ont accepté de faire pour pas grand-chose en salaire au lancement de Gamekult n’est plus envisageable 15 ou 20 ans après…

Gamekult, c’est une bibliothèque qu’on s’apprête a brûler.

Ce qui me fait le plus bizarre dans cette histoire, ce n’est pas ce qui arrive aux hommes pourtant. Je suis évidemment triste pour eux. J’en connais certains et je suis le parcours de Gamekult depuis assez longtemps pour savoir ce qu’ils ont investit dans cette aventure. Mais au-delà des salariés ce qui me fait le plus mal au cœur, c’est ce qu’il va advenir de leur immense travail.

En France on se fout pas mal du numérique. Il n’y a qu’a voir la difficulté que rencontrent les associations cherchant a préserver le patrimoine informatique pour établir un musée. Le jeu vidéo est devenu un moteur puissant de notre économie, le web a pris une place prépondérante dans nos vies et le travail accumulé sur un site comme Gamekult est d’un intérêt tout aussi historique que celui d’un magazine parlant de cinéma ou de musique.

Mais à la grosse différence de la presse papier, qui est archivée par nos services nationaux pour en garder une trace lisible. Le travail d’analyse et de compte rendu du jeu vidéo de Gamekult est et restera sur leur site. Un site dont les nouveaux acquéreurs se foutent probablement totalement.

Ces archives, les tests d’il y a quelques années seulement, font partie de l’ossature théorique et technique des papiers d’aujourd’hui. Cela retrace un peu plus qu’un simple compte rendu sur des pixels qui se déplacent à l’écran. Qu’on soit d’accord ou non avec une note attribuée à un jeu, le rédacteur du test passe souvent de longues heures à se forger un avis qu’il articule et documente de manière poussée. On peut détester un jeu que le rédacteur adore ou l’inverse mais force est de constater qu’il donne un avis argumenté après y avoir joué et fini. C’est donc un immense travail de suivi qui est proposé aux lecteurs.

Ce travail là, cette somme de tests, de reportages et d’analyses, risque bien de disparaître. Parce que ces archives n’intéressent finalement qu’une poignée de lecteurs dans les statistiques du site. Ils ne sont plus parcourus que par quelques centaines d’internautes chaque mois. Et qu’est-ce que cela va signaler à une boite comme Reworld Média qui ne juge les contenus que par le profit publicitaire qu’ils rapportent ? Que ces vieux tests n’ont aucun intérêt.

Vous allez peut être me juger pessimiste mais je ne suis pas si sûr que cela soit une mauvaise augure. Je surfe depuis de nombreuses années maintenant et j’en ai trop vu des sites disparaître au gré d’un rachat. Tout leur contenu devenir inaccessible du jour au lendemain parce que quelqu’un avait décidé de débrancher un serveur jugé inutile ou peu rentable. Mais, pire que ça, c’est mon lot quotidien que de rechercher un texte, un article, pas forcément si vieux que cela, qui a été massacré au gré des changements de sites. Gamekult a connu plus d’une refonte mais a toujours gardé le soucis de conserver la lisibilité des contenus les plus anciens. Un travail important qui demande du temps et un certain soucis du détail pour être mené à bien.

En terme plus triviaux, cela suppose de payer quelqu’un pour se soucier de ces transitions techniques. Un investissement alors que tout le monde sait que ce travail n’aura aucune conséquence financière positive. C’est exactement pour cela que vous pouvez croiser de nombreux sites avec des contenus saccagés. Des vieux articles importés au petit bonheur mais qui ne respectent plus la mise en page du site original. Qui ont perdu toutes leurs images, leurs liens et parfois même une partie de leur contenu. Des textes hachés, aux accents remplacés par des codes obscurs, aux coupures brutales entre les mots… Un gâchis numérique qui va, de part ce formatage illisible, perdre encore plus de lecteurs. Et surtout perdre tout intérêt aux yeux de ceux qui payent la facture de leur entretien. Et c’est comme cela que des sites complets disparaissent d’internet dans la presque indifférence générale.

Si je devais comparer Gamekult à un autre média, je le ferais en pensant à un magazine comme Les Cahiers du cinéma. Cela paraît un peu pompeux parce que les rédacteurs des Cahiers n’utilisaient pas des pseudos rigolos, n’utilisaient pas de meme, ne faisaient pas d’émissions sur des musiques minimalistes et parlaient d’une industrie rebaptisée « septième art ». Mais je pense qu’il y a un rapport direct entre le travail de Gamekult sur le jeu vidéo et le travail effectué dans l’analyse du cinéma.

Mais si les Cahiers sont disponibles à la lecture depuis le numéro 1 de 1951  grâce au travail de préservation de la BNF, l’énorme contenu de Gamekult n’a droit à aucune sauvegarde publique. Et pour cause, les droits appartiennent désormais à Reworld et il n’est pas possible d’en dupliquer le contenu de manière institutionnelle. Ce qui veut dire qu’il est de la responsabilité de Reworld d’en prendre soin comme il est de son droit de le faire disparaitre…

J’espère me tromper mais je suis malheureusement prêt a parier sur une disparition ou une altération des contenus du site dans quelques années. Tout simplement parce que Reworld se moque éperdument de celui-ci.

A qui le tour ?

Toute une rédaction qui disparaît, le contenu d’un site en danger. Le tableau est déjà très sombre mais je n’ose pas imaginer la suite. Reworld a croqué Les numériques et Gamekult était proposé en bonus. C’est probablement pour cela que c’est le premier a en pâtir.

Mais je ne suis pas rassuré pour autant pour LesNums. Le site pourrait être mis en danger dans sa forme comme dans son contenu. La direction de Reworld étant bien plus intéressée là aussi à construire un pont publicitaire entre les marques et les lecteurs que par une relation critique faisant barrage entre les deux. Le risque de voir cette digue petit à petit percée est assez grand.

D’autant qu’un journaliste technique spécialisé est une denrée rare, tout comme un bon journaliste jeu vidéo.  Et qu’il est bien plus pertinent dans un soucis de rentabilité de transférer son poste à un rédacteur externe, sans statut ni rédacteur en chef pour le protéger, totalement dépendant de l’appréciation de la direction dans le traitement de l’information. Ce dernier écrira exactement ce qu’on lui demande.

J’ai bien conscience que tout cela n’a rien a voir avec le monde des Minimachines. Mais ce qu’il se passe aujourd’hui sur Gamekult est assez symptomatique du web d’aujourd’hui. Le secteur du jeu vidéo est en crise et c’est donc sur ce segment que ce mouvement de fond est le plus visible. Mais d’autres secteurs sont également mal en point et on sent clairement arriver sur de nombreux médias la tentation d’une évolution de leur contenu. Si l’objectif de la plupart des sites est d’accompagner leurs lecteurs dans leur choix et leurs usages, cela devient souvent une mission quasi impossible aujourd’hui. 

Gamekult, la fin d’une aventure © MiniMachines.net. 2022.

La Poste : une place de marché comme les autres

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La Poste est aussi une boutique en ligne, la marque y vend des timbres et des services depuis toujours. Mais plus récemment ce business s’est enrichi de nouveaux produits. Des éléments logiques comme des boites aux lettres ou des documents liés au métier du service.


Mais, en parcourant les 3857 pages de 48 produits différents proposés par le site, on se rend compte que La Poste est allé beaucoup plus loin qu’un simple listing de produit en rapport avec sa thématique. 

C’est Pierre Dandumont qui a remarqué cette montée en puissance sur Twitter, s’étonnant que le site propose désormais du matériel informatique entre beaucoup d’autres choses. Et, en regardant d’un peu plus prêt le service, je m’aperçois que ce développement inattendu est complété par un énorme travail d’optimisation sur les moteurs de recherche. Il n’est plus rare de retrouver le site de La Poste bien placé dans les résultats de Google. Trustant les premières places sur certaines références spécifiques.

Derrière ce vaste catalogue de produit, la solution Mirakl. Ce site qui permet d’ajouter une place de marché simplement et efficacement à un site existant. La Poste a aggloméré une place de marché à son offre et a ouvert son catalogue à tous ceux que cela pouvait intéresser. Numismates, vendeurs de produits de bricolage, de jardinage, d’électroménager ou de loisir. Mais également désormais, marchands de produits informatiques.

On y retrouve donc logiquement les mêmes offres que les autres sites de vente utilisant ce service. Avec les mêmes intervenants et les mêmes catalogues produits. Un exemple ? Le VivoBook R12 d’Asus est en vente sur La Poste à 327.95€. Il est expédié sans frais de port par TopBiz. 

On retrouve exactement le même produit expédié par le même TopBiz sur le site RueDuCommerce. Le vendeur doit expédier le même catalogue aux deux places de marché qui les affichent dans leurs colonnes avec les mêmes images et un descriptif technique identique. Petite nuance, la version RueDuCommerce est plus chère passant de 327 à 341€. Une évolution de prix probablement liée aux frais demandés par RueDuCommerce.

Il est également proposé par La Fnac sur sa propre Marketplace avec un prix plus bas, à 319€. Toujours le même portable et toujours expédié gratuitement par TopBiz… L’appellation du produit est un tout petit peu différente avec quelques tirets en moins.

Et, très logiquement, comme La Fnac et Darty travaillent de concert, on retrouve encore TopBiz sur le site du contrat de confiance… Cette fois-ci la machine  est proposée à 334€ avec une livraison toujours aussi gratuite. Ici le portable a encore un autre nom, un mélange entre nom commercial et référence produit, mais c’est bien la même référence.

La marketplace de La Poste a ouvert en mars

C’est le 12 mars que cette nouvelle boutique du groupe La Poste a ouvert, avec à ses débuts une vision quelque peu plus encadrée de son offre. Sylvie Latour, directrice e-commerce, Branche Numérique du Groupe La Poste, expliquait alors vouloir une place de marché concentrée autour des produits liés à l’expédition de documents et de colis. Sur L’Usine Digitale elle indique avoir « voulu insuffler les valeurs de La Poste, qui sont la confiance et la proximité » dans cette nouvelle boutique.

L’objectif avouer est de permettre aux clients du groupe de trouver en un même endroit tout ce qui touche de près ou de loin au monde de l’expédition. En début d’année la volonté du groupe était clairement de limiter son catalogue. Une étanchéification de l’offre à des domaines très précis qui devait se compléter par d’autres au fil des mois : téléphonie, ordinateurs… Et on découvre aujourd’hui sur le site qu’il est possible d’acheter une tondeuse ou une bague fantaisie sans soucis.

L’objectif de la poste est assez clair, son image est très rassurante auprès d’une partie du public. La marque continue de jouer à fond sur son passé historique. L’image du facteur de Jour de fête qui entre dans toutes les maisons et toujours prêt a rendre service est toujours dans le folklore du public français même si aujourd’hui la réalité du terrain est bien différente. Le « facteur » traditionnel n’existe plus, la poste de proximité vous envoie dialoguer avec des automates ou son site web… La Poste essaye donc de vivre dans un grand écart permanent entre l’image traditionnelle de son offre et la plus value qu’elle lui apporte avec un service totalement déshumanisé et sans aucune proximité qu’elle a organisé pour limiter au maximum ses coût.

Quand TopBiz envoie un colis avec un ordinateur dedans, peu lui importe que la commande vienne de La Poste, de La Fnac ou de RueDuCommerce. Pour lui le travail sera le même. La plus value du groupe La Poste sera nulle pour le client final car je suppose qu’en cas de pépin ce ne sera pas le facteur du coin qui viendra vous dépanner mais bien un SAV piloté par TopBiz ou le fabriquant.

L’Ecole des facteurs, court métrage de Jacques Tati

Bref, cette offre me pose toujours les mêmes questions. Les sites qui proposent des place de marché ne font que rentrer en concurrence les un avec les autres. Le travail d’optimisation pour les moteurs de recherche devient de plus en plus complexe. Si on voit bien sur la référence Asus au dessus comment chacun des sites pousse des appellations différentes pour se démarquer des autres, cela reste une ruse assez limitée. Au final est-ce que ce n’est pas se tirer une balle dans le pied que d’inonder son catalogue de produits de ce type ? Je serais curieux de voir qui va vraiment acheter un ordinateur portable via le site de La Poste ? Quelle image aura un professionnel qui cherche un paquet de formulaires de recommandés quand il tombera sur les 185 000 produits recensés sur le site ?

La Poste améliore t-elle vraiment son chiffre d’affaire en proposant des chaises de jardins ? Est-ce que le choix de faire un catalogue aussi vaste est le bon. Je me doute que la tentation doit être grande quand on s’offre un outil de ce genre de tenter de le faire fructifier au maximum en intégrant un catalogue gigantesque mais est-ce la bonne chose a faire ? Sur le papier cela semble être une bonne idée mais en pratique ?

Combien de temps La Poste pourra t-elle encore jouer sur son image passée pour séduire ? Comment réagiront les éventuels clients croyant commander sur La Poste quand ils découvriront que le service est confié à des prestataires ? Autre questionnement, certains produits expédiés gratuitement par les partenaires de La Poste sont livrés par des sociétés concurrentes. Ce n’est pas indiqué sur le site mais clairement notifié chez d’autres places de marché. La Poste joue donc contre elle-même en hébergeant des services qui emploieront ses concurrents directs pour livrer ses clients. Quelle drôle d’image pour un acheteur de recevoir son salon de jardin commandé sur La Poste et livré par un DHL ou un GLS ?

Au final de la filmographie de Jacques Tati, le film le plus proche de cette offre est le magnifique Playtime qui sert a illustrer ce billet, bien plus que ses pittoresques aventures de facteur.

La Poste : une place de marché comme les autres © MiniMachines.net. 2022.

Des cartes graphiques vendues au kilo au Vietnam ?

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Lê Thành est un vendeur vietnamien de materiel informatique. Dans sa boutique il cherche a dédramatiser la situation actuelle du marché des cartes graphiques dans son pays. Après que beaucoup de personnes aient investit dans des solutions de minage pour l’Ethereum ces dernières années, les récents changements opérés par cette crypto monnaie ont rendu leur materiel inexploitable.

Une carte RTX vendue au kilo ?

Ce qui s’arrachait à des tarifs prohibitif il y a quelques mois est devenu quasiment invendable. Les cartes graphiques les plus haut de gamme étaient introuvables en magasin et désormais le marché de l’occasion en déborde. Ce qui tire les prix vers le bas… A un point tel que certains vendeurs s’en amusent.

Dans cette vidéo on voit une scène assez quotidienne au Vietnam qui est celle d’un vendeur de rue. Une personne équipée d’une balance et qui propose en général des denrées alimentaires au kilo aux passants. Sauf qu’au lieu de vendre des spécialités culinaires locales… le vendeur empile des cartes graphiques. Preuve supplémentaire du coté potache de cette vidéo, le vendeur est muni d’un petit bâton avec un sac plastique qui sert habituellement a éloigner les insectes de la nourriture sur les étals de ce type.

On retrouve des douzaines de cartes empilées, posées à même le sol, vendue en magasin ou dans la rue dans de simples sacs plastiques. Le client de passage, qui ne quitte pas son scooter achète des cartes graphiques comme il achèterait un kilo de fruit ou de légumes. Les laissant pendouiller au guidon de son deux roues dans un sac translucide.

La majorité de ces cartes ne sont pas des modèles neufs mais bien des solutions ayant fait partie de solutions de calcul pour des cryptomonnaies. Leur prix d’achat très élevé est descendu en flèche au moment où l’Ethereum a abandonné leur usage. Les rendant d’un coup obsolète. Impossibles a vendre de manière rentable parce que payées une véritable fortune alors et  exploitées au maximum de leurs capacités 24H/24 et 7J/7 depuis lors, elles ne représentent plus qu’une fraction de leur prix à leur apogée.

Some Vietnamese miners have cleaned up their old graphics cards after ETH merge by bathing them with extremely high risk. It’s really their cleaning season while waiting for the next GPU-minable 3rd coin. (1/3) pic.twitter.com/qnUMWxpyct

— I_Leak_VN (@I_Leak_VN) September 23, 2022

Ce n’est pas la première fois que des images de ce type apparaissent dans le pays. Sa position géographique en fait un des carrefour de circulation des cartes et beaucoup de vietnamiens se sont construit des solutions de minage à des tarifs beaucoup plus facilement rentable que ce que pouvaient obtenir des particuliers d’autres pays d’Europe ou d’Amérique du nord. Même si le gouvernement local s’est montré très sceptique quand au développement de ce business, il n’a jamais rien tenté pour le réguler localement. Ci dessus on retrouve le même vendeur montrant comment certains de ses concitoyens nettoient leurs cartes graphiques au jet d’eau…

Il reste très hasardeux d’acheter des cartes haut de gamme d’occasion sur des plateformes e-commerce d’importation. Si certains modèles sont neufs, la plupart des « bonnes affaires » sont en réalité de l’occasion revendues par d’anciennes fermes de minage ou par des particulier qui cherchent a récupérer une part de leur investissement.  Des modèles RTX 3070 Ti sont ainsi proposés sur certaines plateformes a moins de 299€pièce, des RTX 060 à moins de 100€et certaines ex-star du marché comme les GTX 1660 Super sont annoncées entre 60 et 80€. Une Radeon RX5500 XT 8 Go est proposée à moins de 50€ localement. Toutes les marques sont concernées mais certaines sont plus visibles que d’autres comme Galax, MSI ou Asus. 

Une fois encore, comme pour les différentes ruées vers l’or, ce sont bien les vendeurs de pelles qui s’en sortent le mieux. Si Lê Thành garde le sourire c’est bien parce que ce n’est pas lui qui a du le plus souffrir de la situation. Quand les cartes étaient très demandées, il a du faire son beurre en les vendant à des tarifs prohibitifs à ses clients qui les payaient cash. Aujourd’hui il doit racheter ces cartes d’occasion pour une misère à ses clients. A chaque fois lui s’en sort probablement assez bien. Comme celui qui vendait des pelles et des boites de conserves gagnait finalement plus d’or que celui qui se cassait le dos a prospecter au Far-West. Celui-ci semble y trouver vraiment son compte en multipliant sur sa page facebook ce genre de saynètes amusantes tout en mettant en avant ses arrivages réguliers de cartes graphiques.. Pour les locaux mais aussi pour les touristes de passage.

Des cartes graphiques vendues au kilo au Vietnam ? © MiniMachines.net. 2022.

Seagate va licencier 3000 employés dans le monde

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3000 personnes, soit 8% de l’effectif total de Seagate vont se retrouver sur le carreau. La marque qui reste un des leadeur mondial dans le domaine du stockage a annoncé cette décision pendant la présentation de ses résultats fiscaux pour le dernier trimestre. 

Mais qui va concevoir et construire le prochain disque dur externe RGB de la marque ?

Ce choix est lié aux incertitudes économiques actuelles mais également aux fait que le marché est lui même en nette récession. Entre les problèmes d’inventaires de ses clients et la demande en baisse du grand public, Seagate décide de mettre au chômage une partie de son personnel. Des actions plus techniques ont également été annoncées et la marque a notamment modifié sa capacité de production tout en modulant les dépenses anticipées.

Le fabricant compte bien restructurer une partie de ses éléments pour améliorer ses coûts et stimuler sa croissance future. Seagate est un bon exemple de ce qu’il se passe en ce moment sur le secteur, après l’euphorie de 2020-2021 et des ventes en nette hausse, les entreprises sont nombreuses a se plaindre d’une baisse de leur activité en 2022. Il ne fallait pourtant pas être un génie pour deviner le retour de bâton de ce stimuli forcé du marché. Après avoir été contraints de s’équiper pendant les confinements les entreprises et particuliers n’ont plus forcement envie de renouveler leur materiel. Beaucoup ont anticipé un renouvellement de manière plus ou moins forcée et désormais la demande n’est plus aussi forte. Seagate donc, mais également Samsung, Intel, Microsoft et bien d’autres ont donc indiqué vouloir réduire leur voilure en terme de personnel pour cette fin d’année ou le début de l’année prochaine.

Le revenu de Seagate est toujours élevé avec chiffre dépassant les 2.035 milliards de dollars. Mais bien moins impressionnant que les 3.1 milliards de l’année dernière… dans un contexte évidemment très différent. Si les bénéfices nets ont diminué à 29 millions de dollars en 2022 alors qu’ils atteignaient 526 millions de dollars l’an dernier, ils laissent tout de même la société dans le vert. Difficile de voir dans ces réductions d’effectifs basés sur une période pandémique aussi atypique autrement qu’une opportunité saisie par les marques de couper quelques branches pour rassurer les milieux financiers.

Source : BusinessWire

Seagate va licencier 3000 employés dans le monde © MiniMachines.net. 2022.

La chute des ventes de PC s’accélère au troisième trimestre

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C’est une baisse impressionnante que l’on peut constater au troisième trimestre 2022 sur les vente de PC en, général. A part Apple qui est dans le vert, toutes les autres marques sont clairement en chute avec parfois des chiffres assez spectaculaires.

-27% pour HP, -21% pour Dell et des baisses de 16 et 9% pour Lenovo et Asus… La chute est abyssale d’une année à l’autre pour les principaux constructeurs de PC. La logique de ce mouvement est connue et elle était largement anticipée, le marché revient simplement à son état normal.

La surchauffe des ventes liée au Covid a boosté les années 2020 et 2021. Désormais, les ménages sont parés, les entreprises ont cessés de rattraper leur retard pour équiper leurs salariés en possible télétravail. Les courbes redeviennent plus logiques. Apple s’en sort par sa simple décision de calendrier de lancer ses nouveaux modèles au troisième trimestre, ce qui motive toujours des achats supplémentaires. Mais dans l’ensemble le marché retrouve sa forme classique. Tout le monde à un PC désormais, et personne ne voit trop l’intérêt d’en changer chaque année.

On notera la performance d’Asus qui ne s’érode que de peu entre 2021 et 2022. Probablement parce que la marque a réussit a fidéliser une clientèle et qu’elle apparait désormais comme une valeur sûre sur le marché. Les plus grosses chutes d’expéditions sont celles des leaders avec Lenovo, Dell et HP. Leaders qui souffrent logiquement de la situation mais qui résistent tant bien que mal.

Lenovo reste fort avec 16.9 millions d’unités expédiées sur le trimestre après un brillant 2021 qui l’avait poussé à plus de 20 millions d’unités. Chez HP c’est beaucoup moins brillant avec une baisse qui passe de 15.2 à 12.7 millions d’unités expédiées. Chez Dell c’est le marasme puisque si 12 millions d’unités on été expédiées c’était 15 l’année passée… L’ensemble des autres marques baisse de 11% en volume d’expédition au global. Je suis assez étonné de ne pas voir apparaitre Acer.

A noter que les marques doivent toujours rattraper leur retard en terme de stock. La crise sanitaire a provoqué un mouvement assez important en terme de stockage de machines, pour beaucoup de raisons variées. Il y a eu d’abord de simples soucis logistiques qui se sont transformés en casse tête pratique et financier. Impossible d’expédier les machines depuis leurs centres de fabrication. Les moyens de transport ont été inaccessibles avant de devenir hors de prix. Ce qui a provoqué une augmentation forte des stocks. D’autres soucis techniques ont été rencontrés avec des disponibilités compliquées sur certains composants. 

Des mouvements qui ont poussé les capacités de stockage des constructeurs à leur maximum et ont forcé les marques a penser à des stratégies promotionnelles. Malheureusement pour les marques la demande n’a pas spécial répondu cette année. Les achats de rentrée ont pour beaucoup été anticipés pendant les périodes de confinement. Le PC indispensable pour suivre les cours alors est toujours suffisant pour entamer une nouvelle année scolaire. Mais surtout la situation actuelle n’incite pas à l’achat d’une machine neuve… Entre les nouvelles géopolitiques liées à la guerre en Ukraine et ses conséquences sur les prix de l’énergie et de l’inflation, le marché PC dévisse très logiquement.

Il faut donc s’attendre à une campagne de promotions importante en cette fin d’année et pour le début de l’année prochaine. D’autant que les machines sont comme des produits frais, elles ont tendance a se périmer. Vendre un portable avec un équipement sorti en 2021 va devenir de plus en plus compliqué aujourd’hui. Encore plus en 2023.

Source : CounterPoint

La chute des ventes de PC s’accélère au troisième trimestre © MiniMachines.net. 2022.

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De la batterie externe comme nouvelle religion

Enormes, des batteries externes de très grandes capacités sont désormais disponibles dans toutes les boutiques. Des modèles proposant 600, 1000, 1200 ou même 2000 Watts prévues pour vous  accompagner en extérieur et vous permettre de… ben de… enfin vous voyez quoi. De faire des trucs électriques.

Cette mode de la batterie externe ne vous a pas échappé, j’ai d’ailleurs partagé quelques bons plans autour d’elles sur MisterMatos sans vraiment bien comprendre le public visé. Cela ne m’intriguait pas vraiment d’ailleurs, souvent je publie des bons plans de trucs qui m’intéressent pas le moins du monde mais que des lecteurs me demandent. 

Mais tout de même, quelle chose étrange que ce marché de la batterie externe ? Je ne vois pas quel est l’usage réel de ces objets. J’ai posé la question à droite et à gauche et tout le monde avait des réponses un peu fumeuses. « C’est pour le camping » ou « C’est pour bricoler ». Mais cela ne m’a jamais vraiment satisfait. Autant je vois très bien a quoi peu servir une petite batterie USB, autant pour un modèle de cette taille j’ai beaucoup plus de mal a considérer son profil d’usage réel.

Cela m’est resté en tête. Je n’ai pas trop cherché a comprendre le truc jusqu’au moment ou j’ai vu la déferlante arriver. Des tonnes de « tests » et de vidéos concernant ces batteries ont commencé a sourdre en ligne. Des trucs assez étranges. Comme si le testeur cherchait tout le temps a se convaincre lui même du potentiel formidable de ces objets. Là j’ai commencé a creuser un peu, pour comprendre. Et j’ai compris assez vite.

L’Etat du Texas, particulièrement touché par des coupures d’électricité en plein hiver 2021

La prophétie du succès de la batterie externe

Il y a eu un moment précis. Entre la pandémie de COVID, où les gens se sont mis a tourner en rond dans leur confinement, et les problèmes électriques qu’ont connu certains états aux US, où le marché de la batterie externe a commencé a frétiller. Le premier modèle que j’ai reçu d’un de ces engin date de bien avant. C’était Gearbest qui me l’avait envoyé en 2019. J’en ai jamais parlé parce que je ne savais même pas quoi en dire et parce que le produit est arrivé cassé devant ma porte. Je l’ai donnée. Et depuis ce premier contact, une batterie externe dont j’ai oublié la marque d’ailleurs, je n’avais pas eu trop d’échos de ce genre de produit.

Aaaaah la vie en Van…

Mais après ce qu’on pourrait appeller « L’évènement pandémique » et « L’incident du Texas », j’ai pu sentir un véritable décollage de l’intérêt autour de ces produits. Du moins en terme de production. Des dizaines de nouveaux modèles sont apparus. De nouvelles marques, des tonnes de variations du même circuit de base enfermé dans une coque différente. On retrouvait dans ces engins de plusieurs kilos ce que l’on avait connu avec les batteries USB de poche il y a quelques années. Un véritable déferlement.

La dernière vidéo de Zendure, une marque qui joue sur les deux tableaux

Cette mise en branle de toute l’industrie est partie d’un constat simple et de projections douteuses. Après les coupures massives de courant au Texas il semblerait que des marques US se soient convaincues qu’il y avait un potentiel de business très fort dans ce type d’appareils. Je les appellerais Les premiers prophètes. Ils étaient convaincus qu’en cas de coupure massive, les gens se rabattraient sur ce genre de produit pour lancer un chauffage, une climatisation ou continuer a faire tourner leur frigo1.

Devant un catalogue de batteries en tous genres disponibles, ces marques se sont empressées de se lancer dans la production de nouveaux modèles. Peu chères à l’achat, facilement modifiable avec une coque originale, elles présentaient alors une bonne possibilité de générer de grosses plus values. Des containers sont donc rapidement partis de Chine, plein à raz bord de ces « nouvelles » solutions.

Je… non… rien.

Les apôtres du Lithium Ion

Face a ces commandes en masse, les usines qui fabriquaient ces batteries semblent avoir réagit de manière assez classique. Ils ont fait la tournée des marques Chinoises en leur montrant leurs chiffres. La multiplication des ventes et des containers étant des arguments majeurs pour de nombreux acteurs de ce marché, d’autres marques ont senti le vent des profits gonfler leurs voiles d’espoir. Et très vite des modèles Chinois ont été mis en production. Copie conforme des modèles US précités mais avec un autre look.

Tout cela est alors apparu en ligne. Les marques ont mis en place des sites, démarché les revendeurs et tout le materiel est arrivé sur les startings blocks, prêt a être revendu. 

Minimachines-09-2022

Evangélisation massive

Face a cette énorme concurrence sur ce marché renaissant, certains de ceux qui avaient investit dans ce business ont pris peur. Ils ont décidé de réagir en augmentant la communication autour de leurs produits. L’idée la plus simple étant de proposer en test ces batteries externes à des vidéastes ayant une raison de les employer. Et la déferlante a commencé. Des dizaines, voir des centaines de vidéos sont apparues sur Youtube pour tester ces nouveaux modèles. 

Des vidéos « Van life » avec des jolis paysages et des utilisateurs ravis de pouvoir charger leur smartphone sans utiliser leur batterie de camionnette. Ou enfin capables de bricoler en mobilité. Des bouilloires branchées en 220 volts sur une de ces batterie cachée dans un tiroir. Des usages qui se comprennent très bien, surtout combiné avec un panneau solaire – optionnel mais fortement recommandé – qui permet de recharger un peu sa solution « Off Grid » c’est à dire loin de toute prise de courant.

Des scénarios d’usage très crédibles

D’autres vidéos montrant des utilisateurs avec des profils différents sont apparus. Certains utilisant la batterie pour recharger leur microcar électrique et prolonger leur voyage. D’autre bricolant avec des outils filaires branchés sur un de ces modèle en extérieur. D’autres comme « roue de secours » en cas de panne de courant. Les batteries permettant de jouer un rôle d’onduleur pour alimenter un frigo pendant quelques heures… 

Et les chaine Youtube qui testaient un de ces engin pour une marque X se sont rapidement fait contacter par les marques Y et Z pour effectuer des tests de leurs nouveaux modèles. Certains vidéastes se sont mis a faire un test de batterie externe par semaine…

Avec cette apparition aussi soudaine que massive de vidéos, des petits malins se sont dit qu’il y avait là quelque chose a suivre. Voir une entreprise a monter. Autant de marques ne se lancent pas sur un tel segment et n’offrent pas en test des objets à 500, 1000 ou 2000€ sans avoir une idée derrière la tête.

D’autres marques sont donc nées, ont contacté les mêmes usines qui fabriquaient pour les premières, et ont commandé à leur tout un premier lot de batteries à leurs couleurs. Evidemment, elles ont voulu se faire connaitre et ont envoyé en test leurs propres modèles aux différentes communautés en ligne… Puis sont apparus les publi-reportages essayent de convaincre tout le monde que glisser un truc aussi massif qu’une batterie de ce type et des panneau solaires mobiles dans sa camionnette c’était le bon plan des vacances.

Mon idée du pique nique…

Le faux prophète

Sauf que voilà, il manque un truc dans l’équation. Le public. Si tout est parti de l’intuition de certains que, pour faire face à des coupures de courant massives, la batterie externe pourrait être une bonne solution. Si pendant la pandémie une ambiance « van life » faisait rêver les gens enfermés entre 4 murs, cela n’est en réalité qu’un fantasme. Les personnes susceptibles d’être intéressées par ce type de produit ne sont finalement pas nombreuses.

L’offre électro portative 18V de Bosch

Qui va aller bricoler dehors avec une de ces batterie externe alors que des outils électro portatifs existent déjà, avec d’excellente batteries au demeurant ? Quel pro va empiler les modules de ce type les uns sur les autres dans son camion pour retrouver des outils filaires sur son chantier ? Ou recharger d’autres batteries avec ? Alors qu’une batterie secondaire pour son outil sera bien moins onéreuse ? La puissance de ces modèles n’est de toutes façons pas suffisante pour satisfaire toutes les tâches d’un professionnel du bâtiment et le recours ponctuel à la location d’un groupe électrogène sera beaucoup plus économique et efficace.

Voilà à quoi ressemble une vraie batterie « Van Life »

Qui va partir pour un séjour en « Van Life » pour de vrai. Tout plaquer pour aller habiter pendant un an dans un Transit bricolé à grand coup de contreplaqué ? Je ne dis pas que j’aimerais pas me faire un tour d’Europe en camionnette hein, mais sérieusement, combien de gens ont réellement cette possibilité ? Et qui ferait confiance à une solution Lithium Ion dans ce cas ?

Beaucoup de gens trouvent qu’employer un utilitaire bricolé est une solution sympa pour les vacances mais rares sont ceux qui s’éloigneront suffisamment de la civilisation et de ses prises de courant pour avoir réellement l’utilité d’une de ces batterie ? Le nombre de clients potentiel représenté par ce mode de vie correspond, à peu prêt, au doigt mouillé, au nombre de gens qui font des vidéos Van Life sur Youtube et qui ont eu une batterie externe gratuite. J’exagère à peine. Pour la majorité des gens que je connais, l’idée du camping vraiment sauvage les séduit mais personne ne trouve réellement l’occasion de pratiquer réellement ce mode de vie en France ou en Europe.

Des scénarios d’usage digne d’Hollywood

Alors je ne dis pas que ces produits sont mauvais et je pense qu’ils ont même leurs usages. Par exemple je me suis déjà servi d’une batterie de ce type pour alimenter des fers à souder en extérieur. Et je pense que mes amis Montpellierains, qui ont une super caravane vintage, pourraient y trouver leur compte. Parce qu’ils font du camping vraiment sauvage ou alors sans prendre de branchement électrique. Leur usage serait minimaliste mais peut être utile. Pour charger un smartphone, un GPS de vélo ou se faire une petite ambiance lumineuse dans la caravane quand il y a trop de moustiques. Mais, eux comme moi, n’auront jamais envie d’investir 300, 400€ ou plus dans un de ces engin. Sans compter la centaine d’euros supplémentaire pour avoir un panneau solaire  amovible basique pour que ça ait du sens. 

Ce qui mène à un constat assez amusant. Il y a énormément d’offre, énormément de produits mais finalement… pas de clients. Tout ce petit monde s’est emballé sur un concept sans réfléchir aux débouchés réels de ce marché. 

Aujourd’hui c’est la bérézina. Les revendeurs commencent a voir ces batteries comme un problème. Ces engins sont lourds, encombrants et difficiles a stocker comme a expédier. Les batteries de haute capacité nécessitent un traitement spécifique dans leur expédition et certains transporteurs demandent même des frais supplémentaires au delà d’une capacité donnée. Les étagères des entrepôts sont pleines a craquer et, si j’en crois les confidences de certains revendeurs. Les produits ont bien du mal a partir. 

Dernier épisode en date ? L’augmentation de l’affiliation sur certains de ces produits. On est passé des 3 à 6% de commission habituels à des 15% ces derniers temps. Et cela en plus de promotions variées a destination du public. Preuve s’il en est d’un soucis entre l’offre et la demande, les tarifs des produits qui se vendent bien n’ont que très rarement cette tendance a baisser. Au vu de ces largesses commerciales, je prédis une nouvelle salve de « tests » de ces batteries. Les testeurs qui ont gardé les leur vont être tentés par ces 15% d’affiliation et faire des vidéo « bilan » six mois ou un an après leur premier test.

Puis viendra une baisse massive de leurs tarifs. Il va en effet apparaitre assez rapidement plus rentable de s’en débarrasser à tout prix, quitte a perdre de l’argent, que de continuer a les stocker pendant encore un an. En espérant que les vacances d’été 2023 soient le moment propice pour remettre en avant ces produits.

De la batterie externe comme nouvelle religion © MiniMachines.net. 2022.

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Nikon acquiert le fabricant d’imprimantes 3D métal SLM Solutions pour 622 millions d’euros

Le fabricant japonais d’appareils photo Nikon Corporation a annoncé le rachat du fabricant allemand d’impression 3D SLM Solutions. Selon les indications du groupe Nikon, cette offre de reprise annoncée publiquement vise à acquérir toutes les parts restantes de SLM Solutions.…

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Le 3D Print Paris revient pour une seconde édition tournée vers l’innovation

Si vous suivez l’actualité de la fabrication additive, vous n’êtes pas sans savoir que le 3D Print fait partie des salons incontournables du marché français. Traditionnellement organisé à Lyon, il s’est installé en 2021 dans la capitale et revient cette…

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ARM se protège en attaquant Qualcomm et Nuvia

Avec l’acquisition de la Startup Nuvia, Qualcomm veut trouver la boite à outils nécessaire pour pénétrer le marché PC. Les essais précédents de la marque ont tous été assez médiocres et carrément risibles quand on les compare aux performances proposées par Apple et ses puces ARM maison. Sous Windows le choix d’un SoC Qualcomm reste pour le moment une mauvaise solution si vous ne vous cantonnez pas aux programmes spécifiquement développés pour cette architecture mais espérez un peu d’émulation.

Cristiano Amon PDG de Qualcomm

Avec Nuvia, qui emploie également des licences ARM, Qualcomm veut donc changer de braquet et venir titiller à nouveau Intel et AMD sur certains segments. Seulement, cela pose un petit problème pour ARM. La marque crée et développe des licences avec des contrats très précis sur leurs usages, leur propriété et leurs droits. Ce que compte faire Qualcomm est assez simple, la marque veut reprendre à son compte les licences. Les transferer de Nuvia à Qualcomm sans l’accord d’ARM. Or ce dernier stipule dans ses contrats que cela passe outre ses droits et considère donc les licences de Nuvia comme éteintes depuis le rachat en mars dernier. Nuvia est censé avoir stoppé tout développement sous ces licences depuis cette date.

La demande de ARM est simple, reconnaitre l’usage frauduleux de ses licences et trouver un montant réparant le préjudice d’une exploitation de celles-ci en dehors de son consentement. Le risque étant de ne pas trouver d’accord et la demande de ARM d’un arrêt voir de la fin d’exploitation de certains designs créés par Nuvia.

Evidemment les choses n’iront pas jusque là. Les juristes de Qualcomm et d’ARM se connaissent très bien, je suppose qu’ils partagent régulièrement les mêmes « cantines » et sortent probablement des mêmes écoles. Si ARM veut se protéger, la marque cherche juste à ne pas créer de précédent qui serait dommageable et veut renégocier les licences de Nuvia à son avantage. Le prix consenti à la Start-Up n’étant peut être pas optimisé par rapport à une société comme Qualcomm qui pourrait sortir des millions de SoC non couverts par des royalties… C’est de bonne guerre et Qualcomm ne devrait pas en prendre trop ombrage… « C’est juste du business ».

Un chèque sera donc probablement fait, un nouveau contrat sera signé et aucun retard de développement ne devrait être à déplorer dans le futur.

Qualcomm veut répondre à Apple avec de nouveaux SoC pour 2023

ARM se protège en attaquant Qualcomm et Nuvia © MiniMachines.net. 2022.

La triste – et prévisible – histoire des Xiaomi-Store

C’est une petite vaguelette dans le monde du commerce français mais, évidemment, c’est un gros choc pour les 40 salariés qui étaient aux commandes de ces différents Xiaomi Store. Pour avoir leur point de vue et un petit peu de contexte quand à la fermeture des boutiques je vous invite  lire la très bonne enquête de Nicolas Lellouche sur Numerama qui revient sur l’affaire. Cela donne une petite idée du fonctionnement interne des structures et de la mélasse dans laquelle elles ont du nager depuis leur ouverture.

Xiaomi France
Une aventure à haut risque

Cela dit, l’aventure des Xiaomi Store était sans doute prévisible dès leur apparition. Le fait que les boutiques n’appartiennent pas à la marque mais fonctionnent comme des détaillants indépendants, ne leur laissait que peu de chance de survie à long terme.

Malgré un appui assez fort au lancement de la part du constructeur qui n’a pas lésiné sur les moyens pour pousser en avant ces nouveaux magasins, le fonctionnement de ces boutiques n’était pas différent d’une autre entité totalement indépendante du constructeur. Il était même moins aisé. Ce n’était pas Xiaomi qui tenait ces enseignes mais une marque totalement indépendante. D’abord la société iHealth Labs puis, pour la grande majorité des magasins, une seconde structure créée sur mesures baptisée Tell Me. Il ne s’agissait pas d’une franchise et Xiaomi n’avait pas injecté d’argent dans son capital. Cela veut dire qu’un Xiaomi Store achetait son materiel à Xiaomi au même titre qu’un Darty, un Boulanger ou un LDLC. Avec, peut être, des prix moins intéressants qu’un concurrents parce que la structure avait évidemment un volume plus faible en terme de ventes. Pire, les produits avaient une obligation de revente au prix catalogue et ne pouvaient pas suivre d’éventuelles promotions.

C’est un premier soucis qui se conjugue avec beaucoup d’autres. Par exemple les boutiques étaient pour certaines d’entre elles implantées dans des quartiers assez prestigieux. Quand les revendeurs concurrents s’orientent vers des zones plus excentrées des vielles ce n’est pas par plaisir et goût pour les Zones Commerciales. Ils vont logiquement là où les loyers sont bien plus faibles. La boutique du boulevard de Sébastopol, par exemple, est sur un emplacement haut de gamme d’un lieu très touristique et en plein passage de la capitale. L’autre boutique des Champs Elysée, toujours ouverte celle-ci, est également sur un lieu emblématique. Si on regarde le déploiement des enseignes comme Boulanger, Darty, La Fnac ou LDLC, mis à part les magasins « historiques », leurs implantations sont toutes orientées géographiquement vers des zones beaucoup moins plus accessibles en terme de location ou d’achat. Des zones commerciales où les enseignes se regroupent, proposent des synergies entre elles et peuvent profiter de tarifs bien plus intéressants pour leur développement.

Xiaomi France

Un catalogue limité… à une seule marque

Autre soucis majeur, la limitation du catalogue. Xiaomi fait certes beaucoup de produits et on ne s’attend pas a trouver un objet d’une autre marque dans un magasin de l’enseigne, mais cela pose de gros soucis de rentabilité pour une boutique. Mixer les marques permet aux enseignes classiques de jouer sur les tarifs, de faire vivre la concurrence et de proposer des opérations spéciales d’un moment à l’autre. Quand la marque X veut mettre en avant son dernier téléphone portable, elle va monter une offre marketing intéressante. Puis ce sera au tour d’un concurrent, puis d’un autre. Cela permet d’avoir des promotions intéressantes pour les clients comme pour le magasin. D’attirer du monde et de faire vivre le lieu autrement que comme une « boutique souvenir ». 

Ce que j’entend par « boutique souvenir » est ce type de magasin que l’on visite par curiosité mais dans lequel on n’achète rien, ou pas grand chose. Un souvenir de passage. Ca tombe bien, les Xiaomi Store proposaient des gadgets pas chers, des stylos et autres produits estampillés à la limite de la carte postale. Des trucs sympas mais clairement pas de quoi faire vivre ces lieux sur leurs emplacements. Du reste le fait que la boutique des Champs Elysées persiste, au détriment probable de toute rentabilité, est assez symptomatique du phénomène. La société responsable de cette boutique, iHealth, s’en sert comme faire valoir mais probablement pas comme source de revenus. Comme beaucoup d’autres « Store » de cette avenue, l’enseigne est là pour le prestige et non pas pour d’éventuels bénéfices.

Xiaomi France

mais à une énorme concurrence

Ces magasins se frottaient à un autre problème épineux. Celui de la concurrence féroce menée par le marché français. Xiaomi est une marque phare, avec des produits intéressants et une politique tarifaire souvent assez aggressive. Une politique menée par le constructeur lui même mais également par l’ensemble de ses partenaires. Il n’est pas rare de voir des promotions chez tel ou tel revendeur sur un smartphone ou sur une tablette de la marque. De voir ses casques audio ou ses autres produits à des tarifs sacrifiés. Xiaomi est une véritable locomotive pour ses ventes. Assurer une promo régulière de ses produits est une excellente solution pour attirer des clients dans son échoppe, physique ou virtuelle. Ce qui pose un soucis assez clair à une boutique qui ne vit que des produits d’une seule marque.

Xiaomi en France

En farfouillant 5 minutes sur le web on trouve souvent une promotion sur leurs produits phares. Les boutiques en ligne peuvent se permettre de raboter au maximum leurs marges sur des produits pour se rattraper sur d’autres. Un jeu que le statut de structure en dur des Xiaomi Store obligeait a oublier quoi qu’il arrive. Les produits vendus devaient suivre le catalogue des prix publics et a ne pas en décrocher. Là où des Amazon, CDiscount ou autres jouent avec des prix barrés et une visibilité immense en ligne. Les boutiques se battaient avec une visibilité ultra locale et des prix publics.

Xiaomi France

Les Xiaomi Store se battaient en plus non seulement contre les revendeurs français mais également contre les revendeurs internationaux ! Et souvent même avec la boutique en ligne de Xiaomi qui proposait des réductions conséquentes introuvables en magasin. Comment espérer survivre dans ces conditions ? Qui n’aura pas la tentation de vérifier le prix d’un produit en ligne une fois en magasin ? Qui accepterait de payer le prix public en boutique quand il est possible de récupérer 10, 20, 30 et jusqu’à 50% de rabais  en commandant en ligne ? Les grandes enseignes nationales comme Boulanger ou Darty peuvent bénéficier d’un traitement de faveur de la part de leurs clients, qui comptent sur leur chaine de magasins en cas de soucis ou de SAV. Mais avec une poignée de boutiques seulement, les Xiaomi Store ne pouvaient pas prétendre à ce genre d’excuse pour justifier leurs tarifs.

Si Xiaomi a utilisé l’apparition des boutiques à des fins d’image pour montrer au public français leur « investissement » dans le commerce local. Elle n’a jamais cherché a en faire un véritable relais commercial. En Chine, les sorties de produits sont régulièrement suivies d’exclusivités dans les Store. Des financements participatifs passent par des inscriptions physiques et certaines sorties sont limitées à une avant première ou quelques centaines de pièces sont distribuées dans chaque boutique. On retrouve également des présentations de nouveautés, des opérations commerciales de grande ampleur qui font vivre les lieux, des réservations à des dates spécifiques. Des foules immenses se pressent devant les magasins suivant les sorties et on imagine que cela a des retombées importantes sur les ventes. Le chauvinisme local enfin, la renommée de Xiaomi auprès de sa clientèle Chinoise, participe également beaucoup au succès du groupe. Ces éléments n’existent pas de la même manière en France. Xiaomi a tenté quelques opérations avec les boutiques françaises mais sans le même impact que les versions originales. Il faut dire que les Xiaomi Store Chinois sont des filiales du constructeur. Et que leurs ventes sont pharamineuses. 

Xiaomi France

Les Xiaomi Store ne pouvaient probablement pas atteindre la rentabilité

Une chose me marque dans l’amertume des salariés du prestataire qui exploitait le nom de la marque Xiaomi Store, leur espoir d’être secouru par la « maison mère » Chinoise. Encore une fois, en n’étant ni franchisé ni une structure du groupe à part entière il n’y a aucune raison que la société Xiaomi elle même investisse pour aider au sauvetage des magasins. Je ne sais pas comment cela a t-il pu naitre dans l’esprit des salariés ou plutôt j’aimerais bien savoir ce qu’on a tenté de leur faire croire. Mais il est absolument logique que la marque refuse de mettre un euro dans des boutiques ne lui appartenant en rien mais dont elle ne cède que les droits d’exploitation du nom. Quand la société Tell Me, qui reprend les boutiques après iHealth, est en difficulté, le seul lien particulier qu’elle a avec Xiaomi est, il me semble, un contrat d’exploitation de la marque.

Le papier de Numerama évoque des reproches de livraison, de SAV ou de remboursement des matériels. Ce sont des problèmes classiques, que toutes les boutiques rencontrent avec toutes les marques. Et que toutes les boutiques doivent gérer au quotidien.

Xiaomi France

Un vrai problème de rentabilité

Que conclure si ce n’est  que la rentabilité cherchée par les partenaires de Xiaomi pour ces boutiques était, à mon avis, purement et simplement impossible. J’évoquais dès l’ouverture du premier magasin en 2018 l’impossible rentabilité de cette offre. Evoquant pèle mêle le nombre de salariés au M², le quartier et les prix pratiqués par la marque. 

Si le constructeur a accepté ce partenariat c’est parce que cela servait ses intérêts de marque en assurant au public français un encrage en « dur » dans le paysage. Pour le distributeur iHealth il y avait l’avantage concurrentiel de profiter de l’image d’une marque ayant le vent en poupe. L’un comme l’autre ayant intérêt a jouer sur le côté « Xiaomi » de l’opération. Le géant chinois laissant entendre que la marque investissait. Le partenaire français qu’il s’agissait d’une antenne directe et non pas un simple contrat comme en bénéficiaient déjà tous ses concurrents.

Au final l’affaire est assez classique, la  rentabilité ne pouvant pas être atteinte pour les multiples raison évoquées, la concurrence étant trop féroce sur des produits identiques, les boutiques n’ont fait qu’accumuler des pertes. C’est finalement assez mal connaitre le public français que de penser possible une telle opération. Au vu des conditions imposées par le contrat passé qui oblige à vendre au prix public la majorité des produits quand le site en ligne de la marque se permet des rabais importants, il n’y a aucune possibilité de survie. Et si on met bout à bout toutes les autres problématiques, de loyers et de visibilité notamment, c’est un défi qu’il était absolument impossible a surmonter.

Xiaomi en France : Quels matériels et quelle distribution ?

La triste – et prévisible – histoire des Xiaomi-Store © MiniMachines.net. 2022.

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