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Tuto : Configurez Cura pour la Anycubic Vyper

Cura c’est un logiciel destiné a adapter les objets que vous voulez imprimer pour qu’ils corresponde aux caractéristiques spécifiques de votre imprimante 3D. De la même manière que le pilote de votre imprimante classique dialogue avec elle pour gérer vos documents papier. Mais à la différence d’un pilote d’imprimante classique fournit par le constructeurs, Cura est un logiciel générique que l’on va adapter pour qu’il prenne en charge tout type d’imprimante 3D. 

Anycubic Vyper

Pour tout savoir sur la Anycubic Vyper

Il faut dire que les paramètres a prendre en compte en 3D sont nombreux, très nombreux. Si une imprimante classique gère des formats standardisés comme le A4, le format Letter US ou des formats d’enveloppe, les utilisateurs d’imprimante 3D font face à plus de fantaisie. Les constructeurs peuvent décider de proposer une imprimante qui proposera une surface d’impression de 20 cm ou de 50 cm de côté si ça leur chante. Certains ont des surfaces carrées, d’autres rectangulaires et certains modèles peuvent avoir une surface infinie grâce à un tapis roulant sur lequel ils vont imprimer. D’autres encore impriment sur une surface ronde… La hauteur d’impression varie d’un modèle à l’autre avec des solutions très variées.

Impossible donc de penser à un modèle de pilote d’impression 3D unique. Le recours à une solution logicielle comme Cura, que l’on va ajuster suivant les besoins de chaque imprimante via des profils, est beaucoup plus simple. Les constructeurs pourraient évidemment proposer un pilote unique destiné à chacune de leur imprimante mais ce serait une énorme usine à gaz. Au bout de quelques années d’activité, les constructeurs devraient gérer et maintenir des dizaines de versions différentes. Ce qui amènerait le problème classique d’une absence de mise à jour…

Cura est donc une solution idéale, il existe d’autres logiciels de ce type, mais Cura étant gratuit et très utilisé, il est devenu une référence dans le milieu de l’impression 3D. 

 

Comment configurer Cura pour la Anycubic Vyper (et tout type d’imprimante 3D) ?

 

Adapter une imprimante 3D à Cura c’est expliquer au logiciel ce qu’il doit prendre en compte pour imprimer correctement sur 3 axes. Il faut donc lui donner les informations de surface disponible, de hauteur, la vitesse d’impression, la chaleur nécessaire pour faire fondre le filament, la température idéale du plateau pour que l’objet reste en place. Toutes ces informations sont regroupées dans un fichier de configuration spécifique, un profil.

Anycubic Vyper Cura

Pour ajouter une imprimante 3D à Cura il faut commencer par lancer le logiciel puis aller dans les “Settings” (1) et choisir  “Add Printer” (2). (Il est possible de basculer Cura en Français facilement dans les “Preferences” du logiciel en cas de besoin, la méthode sera identique.

Comment configurer Cura pour la Anycubic Vyper

Le menu d’ajout d’une imprimante se lance. Comme la Vyper n’est pas dans la liste fournie par défaut par Cura on va en créer une nouvelle en se basant sur une autre imprimante de la marque. Cliques donc sur “Add a non-networked printer” puis faites défiler jusqu’à Anycubic et sélectionnez la “Anycubic i3 Mega” (1). Cette imprimante nous servira de “squelette” pour la construction de notre profil. Dans la fenêtre de droite modifiez le nom pour écrire “Anycubic Vyper” (2). Cliquez ensuite sur “Next”.

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Dans le menu suivant vous pourrez cliquer sur “Machine Settings” pour modifier les paramètres de l’imprimante de base pour qu’ils correspondent à ceux de la Vyper.

Comment configurer Cura pour la Anycubic Vyper

Vous voilà devant cet écran très intimidant mais pas de panique, il n’y a presque rien a modifier. Les axes de largeur et de profondeur (X et Y) doivent être augmentés à 245 mm et la hauteur (Z) passe à 260 mm sur la Vyper. Entrez les informations comme indiqué sur l’écran en (1) et cela sera parfait. En (2) il faut veiller à ce que cette case “Origin at center” soit  bien décochée”. Et… c’est tout ! Cliquez donc en (3) sur Close pour fermer cette fenêtre.

Comment configurer Cura pour la Anycubic Vyper

Il ne reste plus qu’a importer un profil fonctionnel pour l’imprimante. Cura permet de profiter de profils partagés par d’autres utilisateurs et c’est pour cela que la marque Anycubic livre des profils pour la Vyper sur la carte SD livrée avec l’imprimante. On retrouve 3 profils distincts destinés à 3 types de filaments. Pour les importer c’est très simple, cliquez encore une fois sur préférences puis sur “Profiles” en (1). Puis sur Importer en (2).

Comment configurer Cura pour la Anycubic Vyper

Naviguez ensuite jusqu’à votre lecteur de cartes SDXC et sélectionnez dans le répertoires “Files_English_Vyper” le profil “PLA” pour pouvoir imprimer un filament classique en PLA. Les profils TPU et ABS pourront être importés de la même manière par la suite. Cliquez sur “Ouvrir” en (2). (Et je me rend compte que comme j’ai relancé Cura entre temps, le logiciel a basculé en Français…)

Comment configurer Cura pour la Anycubic Vyper

L’importation est terminée, le logiciel est réglé pour préparer les objets en 3D a imprimer avec les bons réglages pour la Vyper. Cliquez sur “Ok” en (1). Cette opération d’importation de profils sera a répéter pour chaque type de profils voulu. Les trois proposés par Anycubic mais également d’autres que vous pourrez éventuellement trouver en ligne.

Comment configurer Cura pour la Anycubic Vyper

Un petit tour dans les détails de ce profil permet en effet de se rendre compte qu’il est possible de les modifier finement. Pour employer ce profil il faudra activer celui-ci avec le bouton du même nom afin que Cura le prenne en compte au moment du calcul de la pièce.

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Au final votre logiciel Cura affichera en (1) qu’il travaillera pour une Anycubic Vyper. Et en (2) avec le profil pour PLA activé. Vos travaux seront donc optimisés pour l’imprimante.

Ce guide est évidemment spécifique pour la Vyper mais la méthode est la même pour tout type de modèle d’imprimante 3D avec Cura. Si le constructeur vous propose des profils, il faudra les importer de la même façon.

Au passage la Vyper est disponible en ce moment à 409.99€ sur Amazon avec une promotion de 50€.

La Anycubic Viper se négocie à 366.43€ frais de ports et taxes comprises chez Banggood depuis son stock Chinois.

Elle est également disponible directement chez Anycubic à 349$ HT en Asie mais vous devrez ajouter les taxes et 60$ de port soit 409$ ou 344€. Avec 20% de TVA en prime on arrive à 412€ TTC environ (et d’éventuels frais de dédouanement).

TEST : Anycubic Vyper : une excellente imprimante 3D

Tuto : Configurez Cura pour la Anycubic Vyper © MiniMachines.net. 2021.

BleuJour Wave : une vague de calme sur votre bureau

BleuJour continue de développer ses châssis sur mesures avec le Wave. La marque qui s’est fait connaitre avec le Kubb, poursuit un travail en collaboration avec Intel et ses différentes solutions NUC. Le BleuJour Wave est un petit PC qui réunit trois éléments importants. Une belle compacité pour commencer, un fonctionnement toujours totalement inaudible et une construction pensée pour une maintenance facilitée. Associés à un design original, ces éléments font de cet engin un OVNI sur le marché PC actuel.

BleuJour Wave

BleuJour Wave, un MiniPC solide, massif et lourd

Il reste peu de place pour une marque  comme BleuJour sur le marché PC. Entre les assembleurs classiques qui proposent des configurations sur mesures à leurs clients et les grandes marques aux PC fabriqués par milliers d’exemplaires, l’assembleur français tente de trouver une alternative avec une solution qui mêle composants industriels et artisanat. Le premier MiniPC de la marque, le Kubb avait fait appel à un châssis artisanal pour proposer un design original et même du sur-mesure suivant les goûts de ses clients autour des cartes mères des MiniPC NUC d’Intel. Une idée qui a plutôt bien fonctionné et poussé la marque à explorer de nouveaux territoires. Le dernier projet en date de la marque est le Wave, un engin qui profite toujours d’un châssis original construit par BleuJour.

BleuJour Wave

Premier constat, l’objet est dense, très dense, avec un poids de 1.38 kilo dans un encombrement plutôt réduit, le poids de la machine s’impose. Le Wave mesure 17 centimètres de large sur 12 de profondeur pour une épaisseur maximale de 6 centimètres. La sensation de poids est vraiment impressionnante quand on prend l’objet en main. D’autant que le matériau retenu est, en soi, assez léger. Le châssis du BleuJour Wave est entièrement construit en aluminium massif anodisé en noir. 

BleuJour Wave

Le boitier contourne ainsi le problème du refroidissement passif de la manière la plus intelligente. Au lieu de créer un dissipateur classique en métal et de l’enfermer dans un châssis secondaire, il profite de la totalité de la masse d’aluminium disponible pour proposer une sculpture originale qui donne son nom au produit. Les ailettes qui transportent la chaleur des composants de l’engin et permettent leur dissipation créent une vague de métal. Largement espacées, elles évitent également que l’on soit tenté de poser quelque chose sur le châssis, ce qui est souvent problématique sur les solutions sans ventilation.

BleuJour Wave

Le résultat est original et la finition absolument parfaite. L’objet se posera sur un bureau d’où il ne bougera plus, arrimé à sa surface grâce à un ensemble de patins anti-dérapants. L’aspect global est à la fois sobre et impressionnant, cette masse d’aluminium noir attrape assez bien les reflets de lumière sur sa vague et les marques des ombres créées par les ailettes.

BleuJour Wave

Si l’engin ne sera pas du goût de tout le monde, il aura le mérite de proposer autre chose que les boitiers habituels ainsi qu’une finition impeccable.

BleuJour Wave

Une connectique complète perce les côtés du boitier. Sur le bord le plus étroit, celui censé représenter l’avant de la machine si on considère le côté où se situent les antennes Wifi comme l’arrière, on trouve une façade uniquement percée par un bouton de démarrage illuminé par une LED. Un éclairage sobre et bienvenu qui signale la mise en marche de la machine. Un détail important sur ce type d’engin car jamais aucun bruit ne vient nous indiquer que la machine est sous tension.

BleuJour Wave

A droite, la signature WAVE est lisible avec juste à côté le port Kensington Lock qui permet d’arrimer l’ensemble. Il est tout à fait possible d’utiliser ce côté de la machine comme face avant, surtout si vous n’utilisez pas de solution Anti-Vol, le relief du bouton étant suffisamment prononcé pour le sentir au toucher sans avoir besoin de le voir.

BleuJour Wave

A gauche, le positionnement de deux prises USB 2.0 permettra de brancher clavier et souris facilement, plus loin une première prise HDMI 2.0a plein format se reliera à un écran. Ce positionnement organise logiquement la place du Wave sur votre bureau. A droite d’un moniteur dans une configuration en double écran mais n’empêche absolument pas son usage avec d’autres géographies.

BleuJour Wave

A l’arrière, enfin, on retrouve donc les deux antennes du module Intel 9560 embarqué. Cette solution proposera un Wifi5 très classique et un module Bluetooth 5.0. L’utilisateur pourra également compter sur un port Ethernet Gigabit pour se connecter au réseau. Quatre ports USB 3.1 Gen2 Type-A et un second port HDMI 2.0a sont également disponibles. Pas de port USB type-C ? Non, cela est dû au choix de construction de cet engin, à ses composants.

BleuJour Wave

A l’intérieur de la vague

Car le BleuJour Wave est construit autour d’une plateforme particulière, la solution Intel NUC Compute Elements. Il s’agit d’un composant unique, au format “carte de crédit”, qui embarque l’ensemble de la partie logique de la machine. Ce format propriétaire se connecte ensuite sur une carte mère grâce à un support type SoDIMM. L’idée est logique pour le fabricant tout comme elle a du sens pour un professionnel qui cherche à équiper un site. 

BleuJour Wave

Pour BleuJour, c’est la possibilité d’intégrer au gré des besoins de ses clients toute une panoplie de processeurs en exploitant le même châssis. Celui-ci se situe d’ailleurs à cheval entre deux générations de puces. Plusieurs processeurs étaient disponibles avec la 8eme Gen d’Intel : Le Pentium Gold 5405U, les Core i3-8145U, Core i5-8265U et enfin Core i5-8365U. Toutes ces puces étaient livrées avec de 4 à 8 Gigaoctets de mémoire vive intégrée à la plateforme. Sur l’entrée de gamme, le modèle Pentium, un module de stockage eMMC de 64 Go était par ailleurs intégré par défaut.

La seconde génération de cette plateforme permet de choisir entre cinq puces Intel Tiger Lake. De nouveaux processeurs sont donc accessibles à ce format avec les Core i3-1115G4, Core i5-1135G7, Core i5-1145G7 et les Core i7-1165G7 et Core i7-1185G7. Pour un professionnel, c’est la possibilité d’une mise à jour facile et hyper rapide puisqu’il ne faut que changer la carte Compute Element pour passer d’un Core i3-1115G4 à un Core i7-1185G7 compatible vPro. Cette seconde génération est plus musclée en mémoire vive avec 8 à 16 Go de LPDDR4x suivant les processeurs.

BleuJour Wave

L’élément Compute Element au format carte est intégré à l’engin au travers d’une solution NUC Assembly Element, une plateforme qui permet de profiter de la connectique nécessaire à la machine mais également de la faire évoluer en lui ajoutant un SSD PCIe NVMe. Le SSD placé sous l’engin est en contact direct avec le métal du boitier grâce à un léger relief et un pad thermique.

Aucun de ces deux produits n’est évidemment fabriqué par BleuJour, au même titre qu’aucun PC assemblé en France n’a de composant fabriqué par les assembleurs français. C’est Intel qui construit ces composants. La marque a conçu et fabriqué le boitier en accord avec Intel pour proposer une solution dimensionnée pour encaisser la chaleur dégagée par l’ensemble. Le principal intérêt est évidemment de proposer une plateforme qui pourra accueillir différents niveaux de performances. La solution pouvant facilement être adaptée aux besoins de chaque client et même évoluer dans la durée.

BleuJour Wave

Si la mémoire est fixe, intégrée directement au Compute Element, il est tout de même possible d’intervenir sur le SSD M.2 2280 PCIe NVMe. L’emplacement est facilement accessible en retirant six vis sous le boitier. Le reste de l’engin est classique mais ne pourra pas évoluer. Le système de caloduc étant relié par de la pate thermique au boitier, j’avoue que je n’ai pas eu le coeur de poursuivre plus avant mes investigations de ce côté.

Pour le client final, cette solution c’est l’assurance d’un traitement en SAV très rapide. La prise en charge de l’engin consistant en tout et pour tout à manipuler 2 composants sur le châssis au grand maximum. Une immobilisation minimale, voire pas d’immobilisation du tout puisqu’un modèle sera dépanné sur place par un technicien, en quelques minutes. BleuJour garanti l’ensemble 3 ans, profitant de la garantie d’Intel sur son matériel, le risque de panne sur la partie boitier du Wave étant… minime.

BleuJour Wave

Les clients possibles de ce genre de machine sont avant tout des professionnels et leur approche de l’informatique n’est pas celle du grand public. Avoir un BleuJour Wave sur son bureau est un vrai luxe pour un particulier, il peut tout à fait se comprendre, mais il faudra accepter de penser différemment son investissement informatique. Avec ces engins, on ne choisit pas le meilleur ratio de performances par euro dépensé mais le luxe et le confort d’une machine presque invisible, originale et surtout absolument inaudible.

D’un point de vue performances, l’engin ne sera donc jamais au niveau d’une solution classique du même prix, c’est une évidence. Les utilisateurs ne seront pas à la recherche d’une même expérience. Cela n’empêche pas le Wave de répondre correctement aux tâches les plus courantes. Je ne conseillerais tout de même pas cet engin en version 4 Go pour les usages classiques et certaines applications métiers comme les logiciels de comptabilité, d’assurance ou de professions médicales seront à la peine avec si peu de mémoire vive. Les modèles 8 Go sont, par contre, tout à fait capables de mener à bien ce type de tâches. Je suppose qu’Intel s’est bien rendu compte de cette problématique avec sa nouvelle génération de NUC Elements Tiger Lake qui embarquent désormais de 8 à 16 Go de LPDDR4X. Ceux-là permettront tout type d’usages non multimédia, toujours en silence.

BleuJour Wave

BleuJour et nuit

Car c’est là le gros point fort de cet engin, sur ma version de test en Core i3-8145U avec 4 Go de mémoire vive et 256 Go de stockage SSD PCIe NVMe Plextor, je n’ai pas grand chose à reprocher au fonctionnement de l’engin. Je ne suis certes plus habitué à un modèle d’ordinateur ne disposant que de 4 Go de mémoire vive, d’autant qu’elle est ici partagée avec la solution graphique Intel intégrée. Cela est légèrement handicapant quand on est, comme moi, assez boulimique en multitâche et en onglets ouverts sur son navigateur. J’aurais choisi une version en, au moins, 8 Go si j’avais du investir dans ce type de machine. Mais mon usage n’est pas forcément la cible de cette machine. 

BleuJour Wave

La dissipation du SSD est assurée par le panneau inférieur de la machine

Les versions NUC 8 en 4 Go ont d’ailleurs disparu avec la nouvelle génération. Ils correspondaient à des usages basiques comme un PC de caisse, une machine de consultation, un engin destiné à un hall d’accueil. Les versions 8 Go sont très probablement plus souples et offrent plus de liberté d’usage. C’est typiquement du PC d’entreprise pour des postes de bureautique. Avec le gros avantage que l’on peut travailler avec toute la journée sans la moindre fatigue liée au bruit.

BleuJour Wave

Le module Compute Element est connecté au châssis via ce bloc d’aluminium couvert d’un autre pad thermique

Le MiniPC peut littéralement être posé sur une table de nuit et on pourra sombrer dans un sommeil réparateur sans être dérangé le moins du monde. Cela en fait un engin aux possibilités  intéressantes. Il pourra trôner dans un espace partagé, un bureau improvisé au salon et même dans une bibliothèque. C’est également la machine idéale pour une personne ayant des besoins en calcul limités mais qui reste assis à un bureau à côté d’un PC toute la journée. Pas mal de professions libérales sont à la recherche de ce type d’outils, des gens qui pilotent des solutions informatiques d’accompagnement de leur métier mais qui ne veulent pas forcément une bête de course ni un engin trop encombrant. C’est également un PC de choix pour des intérieurs aux profils particuliers : chambres d’hôtels, locations et autres engins en pseudo libre service. Avec une accroche à un meuble et un design aussi massif, l’engin est parfait pour ce genre de rôle.

BleuJour Wave

Un système simple et efficace

J’ajoute tout de même qu’il est possible de mener où vous voulez la plupart des outils logiciels modernes avec ce type de machine. Je sais que le matraquage classique consistant à dézinguer les puces entrée de gamme est la règle mais avec ce type d’engin en Core i3, malgré ce que le marché vous raconte, vous pourrez presque tout faire. Le presque étant à considérer dans un usage non professionnel pour les fonctions les plus gourmandes. Il est possible de faire de la retouche d’images pour le web sous Affinity Photo ou Photoshop, cela ne sera simplement pas possible d’être aussi efficace que sur une solution plus musclée. Vous pourrez manipuler des textes, des feuilles de calcul, des PDF et des objets complexes. Cela demandera seulement plus de patience que sur une machine moderne. La quantité de mémoire vive est un goulet d’étranglement pour ces usages spécifiques mais n’empêche en rien l’utilisation des logiciels les plus complexes.

Question jeu, mis à part les titres les plus anciens, il sera impossible de trouver un vrai confort d’affichage avec cette machine. Elle n’est de toutes façons pas faite pour cela. Parmi les titres essayés, j’ai pu lister une panoplie de jeux classiques : CS, Torchlight II, Diablo III,  League Of Legends, Team Fortress II, Batman Arkham Asylum, Burnout Paradise… Tous ces titres fonctionnent sans problèmes en 720p en réglant les détails plus ou moins haut. Une session d’une bonne heure de Diablo III ne fera jamais dépasser les 43°C la température de la coque en métal de la machine. Il est évident que la nouvelle version du Wave en Gen 11 avec 8 Go de ram sera beaucoup plus à l’aise sur ces tâches même si elle ne sera toujours pas vraiment calibrée pour cela.

BleuJour Wave

Dans une pièce à 21°C, la température la plus haute relevée à été celle d’un rendu 1080P d’une vidéo montée sous DaVinci Resolve avec quelques retouches colorimétriques. Un rendu qui a duré une bonne heure et qui s’est passé sans problèmes. Montant le châssis à 51°C maximum et le processeur à 87°C ce qui est… très raisonnable. La puce n’entre jamais en Throttling et Intel l’a conçue pour fonctionner sans soucis jusqu’à 100°C.

Derniers essais, l’ajout d’un DAC USB à l’engin pour sortir un signal audio propre en numérique vers un ampli et des enceintes studio. Le rendu est agréable, sans n’avoir plus de valeur qu’un autre MiniPC si ce n’est le fonctionnement totalement passif de celui-ci. L’air de rien, les puces Intel de ces générations savent parfaitement prendre en charge tout type de média et le BleuJour Wave peut facilement se transformer en une solution de lecture de vidéos et de musique très efficace et toujours aussi silencieuse.

BleuJour Wave

Et ça fonctionne, la marque a su trouver son public avec ses propositions originales. Pas les moins chères du marché, pas les plus rentables en terme de performances mais  une alternative. Comme pour le Kubb qui penchait du côté esthétique, le Wave s’intéresse à une autre vision du marché, celui d’une proposition extrêmement confortable pour l’oreille. Son design n’est pas spécialement passe partout mais restera plus agréable à l’oeil qu’une solution tour classique. 

BleuJour Wave

C’est, à mon sens, la machine parfaite pour certaines professions, celles qui reçoivent du public mais qui veulent éviter de couper leur relation avec celui-ci. Médecins, dentistes, avocats, assureurs et métier de services pour qui la relation avec le public est primordiale. Avoir un PC qui ne fait pas de bruit qui n’occupe que peu d’espace associé à un écran sur un pied amovible. Un MiniPC qui propose tout de même la possibilité de lancer des applications assez lourdes, c’est un vrai service quand on doit regarder son patient ou son client droit dans les yeux.

Au final, cet engin est une belle surprise. Probablement pas la machine de monsieur tout le monde, la plupart des utilisateurs recherchent avant tout un certain niveau de performances par rapport au prix engagé. C’est néanmoins un engin original et évolutif. Capable de répondre à des exigences différentes en terme d’esthétique et de confort d’utilisation. Une solution qui allie un très bon confort d’utilisation à une esthétique originale.

Vous trouverez tout le détail de la gamme sur la page officielle de BleuJour

Le configurateur de BleuJour Wave Gen 11 est disponible en suivant ce lien. Comptez 650€ pour un modèle entrée de gamme.

BleuJour Wave : une vague de calme sur votre bureau © MiniMachines.net. 2021.

TEST : Anycubic Vyper : une excellente imprimante 3D

Mise à jour du 23/08/2021 : Olivier nous signale une promo sur la Anycubic Vyper sur AliExpress depuis un entrepôt de République Tchèque. L’imprimante 3D est à 314€ auxquels il faudra rajouter 52€ de TVA à l’arrivée soit 366€ environ.

 

Billet d’origine : La Anycubic Vyper est un pari assez intéressant de la part du constructeur. Car si il est connu pour ses imprimantes à résine, il l’est beaucoup moins en terme d’imprimantes à filament. Les technologies étant totalement différentes dans leur approche, Anycubic a encore tout à prouver sur ce marché.

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Ce n’est pourtant pas la première imprimante du genre proposée par le fabricant mais sur un secteur aussi concurrentiel, les précédentes avaient plus de mal à être visibles que les modèles à résine proposés par la marque. Ces derniers sont bien identifiés par les utilisateurs. Du coup, Anycubic a décidé de frapper un grand coup avec la Vyper. En proposant un produit complet, bien maitrisé et efficace tout en étant facile d’accès. Cela a évidemment un coût mais à plus ou moins 350€, on est encore dans une gamme de machines abordables. La marque aurait pu sans doute baisser le tarif de l’objet en rognant sur ses capacités, elle a préféré viser la qualité et les services au lieu de s’orienter vers le prix le plus bas possible.

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Il existe déjà des imprimantes 3D à des tarifs très très accessible avec lesquelles il est difficile de lutter aujourd’hui. Les solutions comme la Longer LK4 Pro, que l’on trouve régulièrement à moins de 150€ par exemple, sont imbattables question rapport qualité prix. Mais pour une bonne partie du public, l’impression 3D rime avec complexité. J’ai rencontré beaucoup d’utilisateurs qui ne veulent pas sauter le pas face à la complexité supposée de ces engins. Pour beaucoup, l’aventure de l’impression 3D parait insurmontable pour la simple et bonne raison que l’utilisation est souvent jugée encore trop compliquée, trop hasardeuse ou tout simplement trop chronophage. La Longer citée ci-dessus est, par exemple, une excellente imprimante mais peut être pas la plus simple à manœuvrer pour débuter l’impression 3D. Elle demandera de l’implication et du temps d’apprentissage.

Il existe à l’autre bout du spectre d’excellentes imprimantes 3D à la fiabilité reconnue comme les productions de Prusa, d’Ultimaker ou les solutions d’EmotionTech. Des imprimantes robustes et efficaces qui ne nécessitent que très peu de maintenance une fois correctement réglées. Le problème étant que leurs prix sont sans commune mesure avec les autres, elles coûtent en général assez cher.

Entre ces deux options ? Pas grand chose qui réussit à réunir, à mon sens, un bon équilibre de qualités pour un prix abordable. Et c’est cette cible que vise la Anycubic Vyper. Une solution qui propose un bon équilibre entre praticité, simplicité de montage, d’entretien et d’usage sans pour autant être trop onéreuse à l’achat.

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Les accessoires bien calés dans la mousse.

Déballage et montage

La Anycubic Vyper et livrée dans un imposant et solide carton très bien protégé de mousses diverses. A l’intérieur, on découvre un ensemble d’accessoires soigneusement enfermés dans des emplacements découpés : un bras support de bobine de filament, quelques vis, un ensemble d’accessoires (spatule, lecteur de cartes SD USB, carte SD, deux buses de rechange, du filament de test, des câbles USB et secteur, un écran et une documentation. 

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Sous un second étage de mousse, on découvre la potence qui porte la buse d’impression. Elle est pré-montée et assemblée. Un ensemble de câbles va de la buse vers la base et il faut donc faire attention en ôtant l’ensemble du carton. La mousse est coupée – on le voit ici en haut au centre – pour permettre de libérer la potence sans détacher le câble. J’ai donc soulevé l’ensemble, dégagé la mousse puis posé la potence contre le bord du carton.

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La structure basse de l’imprimante 3D est située au fond du colis, toujours bien entourée par des protections qui la couvrent de toutes parts. C’est l’élément le plus lourd de la machine. Pour dégager le reste, il “suffit” de soulever la structure et de pousser la mousse tout en tenant l’autre morceau. Une fois la base dégagée, on laisse faire la gravité et le carton finit par tomber. On porte alors l’imprimante en main.

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En posant la potence debout à côté de la base, on a fini de dégager l’ensemble et on peut commencer le montage. Mais, avant, on va faire un petit inventaire des composants.

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Dans cette structure basse pour commencer, un élément en plastique avec un bouton sert de tiroir où sont positionnés divers outils classiques du monde de l’impression 3D.

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Une petite pince coupante, indispensable pour couper le filament de vos impressions et qui va être utile pour le montage de la Anycubic Vyper, une tige pour déboucher la buse en cas de soucis dans un tube en acrylique, deux petites clés hexagonales pour démonter la buse et ajuster le plateau et des clés Allen de diverses tailles.

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On retrouve également l’écran couleur de 4.3″ de diagonale qu’il faudra assembler au châssis.

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Le bras qui porte le  filament qu’il faudra assembler dans le bon sens.

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Un petit guide de montage et un ensemble d’accessoires. Vis, spatule, câble USB, buses, serre-fils, clé USB de lecture de cartes SD, carte SD et un morceau de filament PLA pour test.

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Le montage est très simple puisque l’imprimante ne demandera qu’une seule opération un peu délicate pour être exploitable. L’assemblage de la potence sur la base n’est pas spécialement compliqué mais le poids des éléments fait qu’il peut être nécessaire de réaliser l’opération à deux. Il faut, bien sûr, monter la potence dans le bon sens, la buse doit être orientée du côté où le support du plateau est proéminent, côté où on retrouve également le tiroir. A droite, il y a 3 nappes et deux seulement à gauche.

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On repère ensuite les vis les plus longues avec leurs petites bagues, que l’on va insérer dans le bas du châssis avec la plus grosse clé Allen.

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 Je m’en suis sorti tout seul en basculant la base sur le côté pour positionner la potence bien en face de la base. Il est ensuite facile de venir fixer les vis dans leurs supports. Le serrage doit être ferme mais pas trop important. Il faut bien tenir la potence mais ne pas écraser le filetage des supports. On termine donc pas une pression un peu plus forte sans excès.

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Au passage, je vous  encourage à donner un petit tour de clé à chaque vis que vous verrez sur la machine. J’ai trouvé le montage un peu lâche… Resserrer l’ensemble ne fera pas de mal. Une fois les deux arbres bien arrimés, vous pouvez reposer la Vyper sur ses pattes.

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Reste l’écran à positionner en façade avec les trois vis restantes, ce qui n’est pas sorcier. On se servira de la seconde clé Allen pour venir visser les vis dans les trous pratiqués en façade et on enclenchera la nappe dans son support. Un détrompeur vous empêchera de monter cette dernière à l’envers.

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L’opération consistant à fixer le support de bras en l’enclenchant sur un des supports en métal ne prendra que quelques secondes et viendra le moment où il faudra fixer les 4 câbles restants.

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Rien de vraiment sorcier puisque chaque câble est identifié avec une petite étiquette et que les connecteurs sont munis de détrompeurs. Impossible de se rater puisqu’en réalité les longueurs de câbles n’autorisent pas un mauvais branchement.

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Sur la partie haute, il y a ensuite un câble noir à brancher. Là encore des détrompeurs empêchent toute erreur. Vous en profiterez pour faire le tour de tous les autres câbles et vérifier qu’ils soient bien enfoncés dans leurs supports.

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Le tube permettant au filament de circuler jusqu’à la buse doit également être mis en place mais, là encore, c’est d’une simplicité enfantine.

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On le positionne devant l’embout en cuivre avec une bague de plastique noir et on pousse tant qu’on peut pousser. Au bout de quelques centimètres, le tube se bloque. En quelques minutes, le tour et joué et… c’est tout pour la partie assemblage !

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Attention, par contre, à bien couper les serre-fils positionnés pour empêcher les mouvements des pièces de la Vyper pendant le transport. Vous devez en avoir 4 coupés sur votre bureau à la fin du montage : Buse, plateau et un pour chaque bras de la potence.

Il m’a fallu en tout et pour tout 20 minutes pour déballer assembler la Anycubic Vyper, j’en aurais probablement mis 5 de moins avec l’aide d’une personne pour la première phase. Un néophyte ne devrait pas mettre beaucoup plus de temps pour y arriver tant l’assemblage est simple et logique. Les progrès réalisés ces dernières années question montage sont ici parfaitement optimisés.

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La phase suivante concerne les réglages de base de l’imprimante. Pas de panique, rien de compliqué. Il faut juste vérifier que les courroies qui assurent la transmission des mouvements vers la buse d’impression soient correctement tendues. Pour se faire, Anycubic emploie une méthode très simple. Des petits trous indiquant le positionnement d’une clé Allen sont visibles sur la carrosserie de l’engin.

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On tourne dans le sens des aiguilles d’une montre avec l’avant dernière plus petite clé pour tendre la courroie. Dans l’autre pour la détendre. Une fois votre courroie bien réglée, elle ne doit pas balloter mais rester tendue, votre imprimante est prête à l’emploi.

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Sur mon modèle, une seule courroie avait besoin d’être tendue. Suivant les aléas de votre livraison, il est possible que vous n’en ayez aucune ou que toutes aient besoin d’un petit ajustement. Il est également possible que le plateau de la Vyper nécessite un réglage de ses roulements si vous sentez un petit frottement lorsque vous le manipulez ou si celui-ci présente un léger jeu. Là encore rien de sorcier, au dessus des roulements un petit écrou en métal doit juste être ajusté d’un quart ou d’un demi tour avec une des clés hexagonales pour offrir un mouvement parfaitement fluide et un plateau stable.

L’ensemble de ces opérations prendra moins d’une demie heure et reste à la portée de tout le monde.

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Mise en route

Dernière étape importante avant de mettre en marche l’imprimante, vérifier si celle-ci est bien connectée en 230 volts grâce au sélectionneur de courant rouge situé proche du connecteur d’alimentation. Normalement les produits à destination des pays européens doivent être positionnées avec un 230 V bien visible mais si ce n’est pas le cas, vous devrez le faire glisser vers la gauche jusqu’à bien lire cette mention.

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Une fois cela fait, vous pourrez brancher le câble secteur dans la prise tripolaire puis allumer l’imprimante. Votre écran de démarrage va s’illuminer. Après un petit temps d’attente et une animation sur l’affichage, l’imprimante est prête l’emploi.

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Je vous conseille de faire un petit tour dans les menus de l’engin et de les lire avant de lancer quelque opération que ce soit. Se familiariser avec l’interface est important pour prendre ses repères. Les menus sont lisibles et clairs, l’ergonomie générale est excellente mais l’ensemble de l’affichage est en Anglais. Si cela ne pose pas forcément de gros problèmes puisque les termes “system”, “print” ou “prepare” ne sont pas des plus compliqués à traduire. Il faudra néanmoins peut être se munir d’un outil pour traduire certains éléments même si, en matière d’impression 3D, on apprend vite à jargonner dans un vocabulaire pratique.

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Ainsi les termes “Preheat” ou “Levelling” sont presque internationaux. On va “leveller” pour mettre à niveau l’imprimante et lancer un “Preheat” pour la préchauffer. Pas vraiment compliqué même si j’ai proposé à la marque mes services pour l’aider à traduire les menus en Français.

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Le “Levelling” est une opération importante et largement facilitée par cette imprimante. L’objectif de cette “mise à niveau” étant de positionner le plateau de manière à ce que la tête d’impression puisse déposer du filament fondu parfaitement à plat. Si le plateau est penché, la couche de matériau ne va pas pouvoir être déposée convenablement. Il faut impérativement que la buse soit parfaitement alignée au plateau.

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Normalement, cette opération est assez technique, il faut positionner la buse au plus proche du plateau et ajuster celui-ci pour qu’il vienne pratiquement coller la partie la plus basse de la buse qui délivre le filament fondu. Ce n’est pas toujours très simple et c’est surtout une opération qu’il faut répéter régulièrement pour être sûr de la qualité  de son impression.

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La buse vient “tâter” la hauteur du plateau automatiquement

Sur la Anycubic Vyper, cette opération est automatisée. L’imprimante va lancer un protocole de détection de la surface et, grâce à un petit capteur intégré à la buse, se positionner au mieux sur 16 points repartis sur le plateau pour assurer un nivelage de qualité. L’imprimante ne modifiera pas la hauteur du plateau mais adaptera le positionnement de la buse en hauteur pour compenser en temps réel les éventuelles disparités de niveau. Je vous conseille d’ailleurs, au passage, de faire une rapide vérification du niveau de l’endroit où vous poserez votre imprimante ainsi que de celle-ci avant toute opération. Histoire de partir sur des bases saines.

A noter que le début de l’opération de nivellement est assez déconcertant. Une phase de “Probing” dure quelques minutes sans que l’imprimante ne donne le moindre signe de vie. Prenez votre mal en patience, au bout d’un moment la machine s’anime et le “Levelling” démarre. Comptez entre 5 et 7 minutes pour terminer l’opération.

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On peut ensuite sortir un filament et le positionner sur le support. Si vous utilisez le filament livré avec l’imprimante, vérifiez qu’il soit bien sous vide et ne l’utilisez pas si ce n’est pas le cas. Les filaments sont sensibles à l’humidité et vieillissent. Dans tous les cas, faites attention à ne pas l’emmêler. Positionnez la bobine de manière à ce que le brin arrive par le dessus et faites le glisser vers le bloc noir situé en face. Il s’agit du détecteur de fin de filament qui arrêtera l’engin si votre impression 3D nécessite plus de matériau que ce qui était disponible.

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Traversez le puis venez insérer le filament dans l’extrudeur. Il s’agit du boitier translucide qui suit, on y rentre par un petit tube blanc et on ressort directement vers la buse. Un petit levier permet d’éloigner les roues qui vont entrainer le filament l’une de l’autre afin de pouvoir glisser le filament de votre choix. Quand vous sentez une résistance en poussant le filament que vous voyez descendre à travers le tube, c’est que vous êtes arrivés en bout de course et vous pouvez relâcher le levier.

Le menu de “préparation” de l’imprimante permet de gérer le filament de manière efficace à la fois pour le positionner parfaitement derrière la buse prêt à l’emploi mais également pour le retirer facilement. N’hésitez donc pas à utiliser celui-ci pour ces opérations, il est très efficace.

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La carte SD livrée contient un fichier à imprimer. Un exemple de ce que la Anycubic Vyper est capable de faire. Il est très important d’utiliser ce fichier comme témoin de bon fonctionnement de votre imprimante. Même si vous êtes impatient d’imprimer un objet personnel ou plus utile. Ce fichier est en effet parfaitement adapté à l’imprimante et a fait ses preuves chez le constructeur. Il vous montrera donc de quoi votre imprimante est capable et, dans le pire des cas, signalera un éventuel défaut technique de votre modèle. Si ce fichier s’imprime mal, alors cela veut dire qu’il y a soit un souci de réglage, soit un souci de montage, soit un souci matériel. Dans tous les cas, ne jetez pas le modèle imprimé même si il est inachevé ou défectueux. La simple vue de l’état de votre impression pourra permettre de vous guider pour résoudre votre problème.

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Votre impression s’est bien passée ? Merveilleux, votre Anycubic Vyper est prête

La suite de cette histoire, c’est à vous de l’écrire. Vous allez devoir dompter l’imprimante pour qu’elle vous délivre le meilleur de ce qu’elle peut faire. Ce ne sera pas forcément aussi simple qu’avec une imprimante papier classique mais les atouts de ce modèle sont nombreux. 

Avec un port USB et un lecteur de cartes SD, la solution peut travailler de manière autonome ou en étant branchée à un PC. Je vous conseille franchement de dédier une petite carte SD à son usage, elle n’a pas besoin d’être performante ni d’une grosse capacité. Une vielle carte de quelques giga-octets suffit. Vous écrirez dessus vos fichiers à imprimer et les appellerez ensuite via le menu de l’écran tactile. Cela évitera de laisser une machine allumée pendant les longues heures d’impression avec  tous les aléas liés à une mise à jour, un plantage ou autre. 

Pour le reste j’ai adoré la Anycubic Vyper qui propose de nombreux points agréables à l’usage : 

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Le plateau d’impression chauffant, par exemple, est couvert par une “feuille” métallique souple et aimantée. Elle se positionne sur la surface de l’imprimante et propose un “grain” adapté à l’accroche des filaments pour assurer une bonne tenue de votre objet pendant son impression. Mais une fois l’impression terminée, pas besoin de se battre avec une spatule pour la décrocher. On retire le plateau, on le plie et l’objet se décroche tout seul. C’est très pratique à l’usage.

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Le “grain” provoqué par le plateau

Attention toutefois à deux éléments. D’abord le plateau peut monter jusqu’à 110°C, ce qui n’est pas anodin. En fin d’impression le plateau est encore très chaud et il faut donc veiller à ne pas vous bruler. Enfin, la partie amovible est très texturée et si vous recherchez quelque chose de plus neutre et lisse dans la réalisation de vos objets, cela ne sera pas forcément parfait. Je vous conseille donc, dans ce cas là, de positionner un plaque de verre ou un miroir de 24.5 par 24.5 cm à la place du plateau magnétique. Il suffira de lancer un Levelling automatique pour que la Vyper s’ajuste à ce nouveau paramètre. Et ne pas oublier de le refaire en remettant le plateau d’origine.

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La buse est facile d’accès tout en étant protégée par un capot en plastique. Cela n’a l’air de rien mais si vous avez des enfants susceptibles de manipuler l’engin ou simplement de trainer dans son entourage, c’est un point très positif. Savoir que la buse qui est capable de monter à 260°C ne pourra pas être touchée facilement par de petites mains est un vrai bon point pour l’engin. Ce capot peut s’enlever et la buse être changée facilement avec la clé fournie.

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A côté de la buse, on découvre par ailleurs une petite LED blanche qui vient éclairer la zone d’impression. C’est un gadget pas désagréable puisque cela permet de bien voir si l’opération se déroule correctement. Cela n’empêche pas de sortir une petite lampe à LED de temps en temps mais évite d’avoir à le faire tout le temps pour juste vérifier que “tout va bien”.

Les enregistrements audio sont fait directement au dessus de l’imprimante, le bruit produit parait donc beaucoup plus fort que le bruit réellement provoqué par la machine.

Les Drivers TMC 2209 intégrés à l’imprimante sont également un gros plus. Il s’agit de composants qui guident les moteurs de la Vyper. Lui proposant un fonctionnement fluide et précis, sans à coup. Cela a deux énormes avantages : le premier étant dans la qualité des impressions produites. La finesse des mouvements a en effet tendance à lisser de manière spectaculaire les surfaces des objets imprimés. Certains effets de strie, de moiré ou de rayures, disparaissent totalement sur les imprimantes ainsi équipées. Cela évite de nombreux “rattrapages” à la peinture ou au papier de verre.

Les enregistrements audio sont faits directement au dessus de l’imprimante, le bruit produit parait donc beaucoup plus fort que le bruit réellement provoqué par la machine.

Mais, c’est également un atout d’un point de vue silence. La présence de ces drivers permet à la solution de mouvoir la buse sur ses axes sans générer de nuisances liées à des accélérations ou des mouvements latéraux ou diagonaux. Sur une imprimante classique, chacun de ces mouvements produit un son différent, ce qui donne une sorte de concert de bruits variés et répétitifs auxquels il est difficile de s’habituer. Sur les imprimantes équipées de ces drivers modernes, ces nuisances sont beaucoup moins audibles, voire carrément étouffées. Ce qui est un vrai point positif à l’usage.

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Les ventilateurs sous la machine.

Attention, cela ne veut pas dire que votre imprimante ne génèrera pas de bruit. Les ventilateurs choisis sont bruyants et leur nombre fait de l’imprimante un engin qui occasionnera une certaine fatigue auditive à l’usage. Mais, le bruit de la ventilation est continu, régulier et toujours sur le même note. Le genre de bruit que l’on peut facilement étouffer en positionnant l’imprimante dans un local comme un atelier ou un garage par exemple. En séparant le bruit de la ventilation par une simple porte et un mur, on le réduit drastiquement. Au contraire des bruits de mouvements variés liés au déplacement de la buse. En glissant l’imprimante dans une pièce ou un meuble dédié, vous pourrez donc fortement limiter sa nuisance sonore1

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Enfin, le bruit généré par la Anycubic Vyper étant lié aux ventilateurs de sa buse et de son alimentation, ils peuvent être combattus assez facilement. Avec un casque anti bruit passif qui étouffe très bien ce type d’ondes, avec un casque audio avec une réduction de bruit active. Ou… en changeant les ventilateurs pour des modèles plus discrets. Cela réclame un certain budget mais cela change en général complètement la donne. 

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Sur ma Vyper, on retrouve trois ventilateurs différents dans le châssis : un 80 x 80 x 10 en 24 Volts (Model YDH8015C24F) et deux 40 x 40 x 10 24V (Model YBH4010C24). Ce ne sont assurément pas les références les plus discrètes du marché. La tête d’impression embarque deux 40 x 40 x 10 24V (Model YDM4010C24). Attention, si les  formats sont identiques sur toutes les Vyper, les modèles peuvent varier.

Il existe des ventilateurs très efficaces et beaucoup plus silencieux chez Noctua par exemple mais cela demandera un budget supplémentaire. Vous pouvez également ajouter simplement une petite résistance en amont de l’alimentation de chaque ventilateur pour diminuer sa vitesse et donc son bruit. Attention toutefois à ne pas jouer avec ces paramètres sans prendre conscience que vos modifications annuleront toute garantie et que trop baisser la ventilation des composants peut avoir des effets fâcheux sur l’usage de l’imprimante. A réserver aux experts donc.

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Un détail TRES agréable à l’usage, est lié au fait que l’imprimante se met en stase après une impression. Quand votre objet est terminé, la buse coupe sa température et se positionne en hauteur. Le plateau arrête de chauffer également et très rapidement les ventilateurs s’arrêtent. Vous ne laissez pas l’imprimante continuer de consommer du courant et faire du bruit pour rien. Cela parait être un détail mais pour certains utilisateurs c’est un gros atout pour l’utilisation de ce type d’engin au quotidien. On peut arriver au même résultat sur d’autres imprimantes 3D mais cela demande des modifications importantes et un peu de bricolage électronique. 

J’ai testé les différents éléments proposés par l’imprimante en simulant deux pannes. La première en coupant le courant de la multiprise qui alimentait la Vyper pendant une impression. Puis en le réactivant quelques dizaines de minutes plus tard. L’écran de contrôle vous demande si vous voulez poursuivre là où en était votre objet 3D. Si vous répondez positivement, l’imprimante se remet en température et reprend là où elle en était. Cela ne fonctionne pas toujours parfaitement et laisse en général quelques traces sur l’objet mais rien que l’on ne puisse récupérer avec du papier de verre, de la peinture et un peu de patience.

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Deuxième option, très classique sur les imprimantes modernes, la reprise en fin de filament. L’unité qui détecte la fin du filament alerte l’imprimante qui se met en pause et vous signale en bip-bippant de manière irritante, qu’il y a un soucis qui demande votre attention. Le changement de filament se fait de manière aisée puisqu’il est accessible directement avant l’extrudeur. On appuie sur le petit levier, on tire et on récupère son bout de fil plastique en un tournemain. Une fois le  changement effectué avec une nouvelle bobine, l’imprimante se remet à température et reprend son travail.

Troisième possibilité offerte par la Vyper, une impression théorique à 100 mm/s… Qui fonctionne mais qui ne propose pas des résultats extraordinaires niveau qualité. On peut imprimer un prototype à cette vitesse mais on ne gagnera finalement pas énormément de temps par rapport à une impression 3D à 80 mm/s bien plus propre.

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Une imprimante assez jeune mais déjà une belle communauté

La Anycubic Vyper est récente, elle a été lancée cette année et la marque a eu une assez bonne idée pour établir une bonne base d’utilisateurs. D’abord elle en a envoyé  à différents testeurs spécialisés pour avoir des retours sur le produit. Cela lui a permis non seulement de la faire connaitre mais également de procéder immédiatement à des ajustements techniques et logiciels. Ensuite elle a proposé l’engin à un prix plus abordable pour son lancement. 3000 machines ont été ainsi précommandées en quelques heures au tarif de 299$ au lieu des 320$ actuellement. Là encore cela a commencé immédiatement a construire une belle communauté d’utilisateurs.

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Le résultat de cette campagne de communication a été d’attirer pas mal de regards et de commencer a créer des groupes autour de son usage. En quelques jours on a ainsi pu découvrir de nombreuses personnes proposant des fichiers de configuration optimisés pour Cura, le logiciel de préparation des impression 3D utilisé par Anycubic. Ces fichiers, partagés, commentés et testés ont permis de commencer a créer des profils adaptés à différents usages de l’imprimante. J’en ai testé plusieurs dont un particulièrement efficace proposé par le vidéaste Allemand Mpox et on commence a trouver des solutions parfaite pour un filament PLA générique. Anycubic livre un fichier de profil pour Cura sur la carte SD livrée avec la machine, celui-ci est fonctionnel mais peut ­être amélioré. 

Autre élément déjà fonctionnel, l’exploitation de la Vyper avec Octoprint, je ne me suis pas encore penché sur le sujet mais j’ai trouvé plusieurs guides pour piloter l’imprimante 3D avec une carte Raspberry Pi et cela semble parfaitement fonctionner. Celui de Sam Prentice ci dessus est par exemple assez complet et documenté.

En conclusion ?

J’adore la Anycubic Vyper ! J’ai déjà beaucoup (trop) d’imprimantes 3D et j’utilise en général la Alfawise U30 Pro qui me rend toujours de bons et loyaux services après plusieurs années d’usage. Je la combine souvent avec la Longer L4K Pro2 qui est le meilleur rapport qualité prix actuellement à mon sens en terme d’impression 3D. Mais j’avoue que si je me sers aujourd’hui sans soucis de ces imprimantes c’est parce que j’ai passé pas mal d’années à les dompter. Sans compter le temps passé a découvrir d’autres modèles auparavant.

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Du filament vert coule de ma Vyper à la toute première impression : il s’agit du test effectué par Anycubic sur chaque imprimante avant expédition. Très rapidement, le filament de test blanc le remplace.

J’avoue ne pas vouloir retrouver les erreurs de débutant que j’ai connu à mes débuts dans l’impression 3D. Les heures passées a attendre pour rien, les erreurs de code, de prise en main, les buses qui se bouchent ou les filaments qui se bloquent. Je lance volontiers une impression sur mes imprimantes classiques mais je dois avouer que je les délaisse un peu depuis que j’ai reçu la Vyper. Non pas par masochisme de recommencer a tâtonner pour trouver les meilleurs réglages mais bien parce que je suis content de ne plus avoir a réajuster régulièrement la hauteur du plateau de la machine.

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Je suis heureux de manipuler une carte SD que je peux insérer en façade dans un vrai lecteur de cartes à ressort. Ja n’ai pas a me battre avec une MicroSDXC a tenter de glisser derrière l’imprimante dans un slot sans retour. J’apprécie le double extrudeur qui ne patine pas, la facilité de réglage des courroies, le montage hyper simple et la manipulation de l’engin…

La Anycubic Vyper ne fait pas de compromis de qualité ou de services. La marque n’a pas tenté de proposer un produit abordable en rognant sur des options utile mais propose plutôt le schéma inverse. Celui d’une imprimante solide qui vous débarrasse d’une bonne partie des soucis liés à ce type de machine. L’impression 3D est ici plus proche de ce que l’on connait avec l’impression papier même si les défis ne sont pas les mêmes.

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Et j’avoue que j’apprécie beaucoup cela. Le fait que chaque euro investi dans l’engin soit vite rentabilisé en temps gagné. En migraine évitée et en vraie productivité. La Anycubic Vyper coche toutes les cases d’un bon modèle d’imprimante 3D conçue pour durer et être réellement utilisée. Pas un caprice duquel on va se lasser rapidement à cause de l’investissement en temps nécessaire pour être maitrisé.

Sa communauté grandit, ses utilisateurs semblent tous ravis et cela qu’il s’agisse de personnes expérimentées comme de parfait néophytes. Et pour cela, je trouve que la marque a réussi son pari.

La Anycubic Viper se négocie à 377.50€ frais de ports et taxes comprises chez Banggood depuis son stock Chinois.

Elle est également disponible directement chez Anycubic à 359$ HT en Asie mais vous devrez ajouter les taxes et 60$ de port soit 419$ ou 357€. Avec 20% de TVA en prime on arrive à 428€ TTC environ (et d’éventuels frais de dédouanement).

Vous pouvez enfin la commander Sur Amazon France à 419.99€ TTC.

TEST : Anycubic Vyper : une excellente imprimante 3D © MiniMachines.net. 2021.

En 2024, Intel ne parlera plus de nanomètres

“Intel 7” à la place de l’appellation “Enhanced SuperFin” ? “Intel 25A” ? Pardon ? C’est pourtant bien Intel qui a vulgarisé le concept de finesse de gravure auprès du grand public, fort de ses technologies, le fondeur a mis en avant sa capacité à produire des puces toujours plus fines et toujours plus denses en transistors. Un moyen presque simple de faire comprendre aux consommateurs comment choisir ses processeurs. Plus c’est fin, plus c’est bien. Ou du moins, plus on peut mettre de transistors dedans. Plus c’est fin, plus c’est performant ?

Il faut dire qu’au début de ce marketing de la course à la finesse, il y avait de la marge. Les premiers Pentiums étaient gravés en 800 nanomètres et à l’époque, personne ne jugeait utile de parler de ces éléments techniques. 800 nanomètres c’était déjà un exploit mais cela ne faisait rêver personne. Avec l’apparition de l’architecture Core gravée en 65 nanomètres en 2006 puis en 45 nanomètres en 2008, Intel commence tout juste à évoquer ce point qui reste très technique et très peu évoqué au grand public.

Ce bon vieux Mark Bohr nous explique en 2011 que 22 nm c’est tip-top

Les premiers Core i de la famille Nehalem sont également gravés en 45 nanomètres et c’est avec Westmere qui passe à 32 nanomètres qu’on entend réellement parler pour la première fois de la “finesse” de gravure des processeurs. Ensuite c’est la course. Sandy Bridge passe de 32 à 22 nanomètres… et ainsi de suite. La finesse de gravure est devenu un sujet de spécialistes et, au fil du temps, un moyen simple de suivre les performances techniques des fondeurs.

Evidemment, ne s’intéresser qu’à la finesse de gravure d’un processeur c’est un peu comme décrire la qualité d’un tableau en ne regardant uniquement qu’un millimètre carré de la toile à la loupe sans s’intéresser au reste. C’est la partie simple à comprendre : 32 c’est plus petit que 45 donc c’est mieux.

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Hit the road Pat

Ce que n’avait pas prévu Intel alors c’est que la concurrence soit un jour capable de le dépasser en tant que fondeur et que des sociétés tierces, offrant leurs services à tout le monde, soient capable de le doubler sur la finesse de gravure. Depuis lors, Intel fait son possible pour sortir du pétrin dans lequel il s’est mis. D’abord maladroitement à l’époque de Brian Krzanich, ex PDG écarté. Puis plus intelligemment avec Bob Swan pour une transition en douceur qui a permis à Intel de sortir ses puces Tiger Lake et de booster ses compétences graphiques avec l’Intel Xe. Et, plus récemment, avec un retour aux sources. Le choix du dernier PDG en date, Pat Gelsinger, montre un coup de gouvernail intéressant dans le voyage du cargo Intel. Recrutements importants, changements stratégiques et bouleversement des équipes. Le nouveau PDG semble savoir où il va, comment y aller et avec quelles ressources y parvenir. Si on n’a pas encore une trace réelle de ses résultats, il a au moins déjà une méthode et, semble t-il, une vision pour Intel.

Il faut dire qu’il est temps de manœuvrer  pour remettre le concepteur et graveur de puces sur le bon chemin. La concurrence n’a pas fait qu’accélérer et si le rival de toujours qu’est AMD a su reprendre largement du poil de la bête, ce sont surtout de nouveaux concurrents qui sont venus dans la course : ARM est désormais présent sur des terrains de jeu historiques. L’architecture RISC-V prend également de l’ampleur et pourrait finir par faire un peu d’ombre. Pour certains secteurs le problème n’est plus de choisir le meilleur processeur x86, il est de choisir vers quelle architecture se tourner.

Pour redorer son blason face à un AMD qui propose des Ryzen “7 nanomètres” et Apple qui embarque des puces ARM “5 nanomètres” Intel n’a que du 10 nanomètres à proposer. “Que” ? Oui, que même si en réalité les choses sont un peu plus compliquées que cela. Le 10 nanomètres d’Intel est finalement très proche en terme de densité de transistors des 7 nanomètres de TSMC qui grave pour AMD. Le souci vient du fait d’avoir travaillé son marketing pendant des années d’une certaine manière sans avoir eu d’autres recours que des chiffres : finesse de gravure, nombre de coeurs ou Gigahertz. Difficile de renier sa logique quand on l’a proposée aux consommateurs pendant si longtemps.

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Une solution pour se sortir de ce mauvais pas ? Changer son approche marketing. En clair, ne plus parler de nanomètres.

Pour la sortie des puces Alder Lake, qui seront gravées en 10 nanomètres, le fondeur utilisera un processus de gravure baptisé “Intel 7”. Exit le “Enhanced SuperFin 10 nm” qui devait être employé pour décrire le process. “Intel 7” est plus dans l’air du temps. Pour justifier un tel changement d’appellation, Intel indique que les évolutions constantes de ses méthodes de gravures, leur optimisation, permettent de meilleures performances qui ne sont pas reflétées par les anciennes appellations. Le passage du “SuperFin 10 nm” au “Enhanced SuperFin 10 nm” assure ainsi une amélioration notable de 10 à 15% de performance par watt. Sans que cela ne se retrouve vraiment dans le nom du processus. 

Le fondeur veut que le nom “Intel 7” reflète mieux la capacité réelle de ses architectures, notamment face à la concurrence. Qu’elles soient plus lisibles pour les consommateurs. Evidemment cela permet également de faire penser que le 10 nanomètres optimisé d’Intel équivaut à du 7 nanomètres de ses concurrents en tant que finesse de gravure. Chose qui n’est pas forcément si insensée d’ailleurs.

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La suite des évènements est alors logique. En éloignant le marketing de la réalité technique, Intel va faire évoluer ses puces vers des dénominations toujours plus petites. En 2022 Intel prévoit de sortir des puces Meteor Lake gravées en 7 nanomètres qui utiliseront l’appellation “Intel 4”. Viendra ensuite une évolution et optimisation du noeud de gravure en 7 nanomètres qui devrait apporter 18% de performances par Watt aux puces “Intel 4” et qui sera alors baptisé “Intel 3″… Evidemment cela sera accompagné d’autres changements de processus : passage aux gravures EUV pour Extreme Ultraviolet Lithography, optimisation générale et intégration de nouvelles solutions. Ce ne sera pas toujours la même puce juste gravée plus finement.

C’est donc cette évolution globale qu’Intel veut renommer pour ne plus avoir à se référer uniquement à la finesse de gravure pour décrire son processus. Conscient que cela lui porte préjudice avec des concurrents plus en avant sur ce poste, le fondeur veut également pouvoir englober et refléter ses autres capacités d’innovation.

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Et après “Intel 3” ? Le fondeur va rapidement manquer de chiffres non ? 

Le fondeur ne va pas passer ensuite à “Intel 2” ou “Intel 1″… Pour continuer dans sa logique de séparation de performances du processus de gravure, la solution va être de passer de l’appellation “Intel 3” à… “Intel 20A”. Avec un A comme Ångström. Le joli nom d’une unité de mesure de 0.1 nanomètre. Le choix de basculer vers une appellation ne se référant plus aux mètres mais à une unité incomparable, est une belle trouvaille marketing. On comprend très bien qu’un Ångström est équivalent à 0.1 nanomètre, Intel aurait également pu appeller son process “Intel 100P” pour avoir de la marge de manoeuvre d’évolution en se référant aux Picomètres… Mais cela permet de comparer facilement les processus entre eux avec des maths simples. En dégageant l’appellation marketing de la réalité tangible, Intel a plus de latitudes pour faire comprendre sa stratégie.

Car l’arrivée du processus “Intel 25A” prévue pour 2024 ne sera pas liée à une finesse de gravure mais à une toute nouvelle approche de la part du fondeur. L’architecture globale des transistors évoluera vers RibbonFET et l’interconnexion entre ceux-ci sera assurée par PowerVIA, des nouveautés encore assez énigmatiques pour le moment. 

L’idée est donc bien de faire disparaitre cette course au nanomètres pour se concentrer sur le résultat global proposé par les puces. Une approche qui a du sens pour Intel désormais qu’il n’est plus leader de cette course. Mais une approche qui n’est pas inintéressante non plus. Le problème de cette focalisation sur des chiffres est qu’ils ne reflètent pas forcément le meilleur choix pour l’utilisateur.

Si demain une marque de processeur débarquait avec une solution x86 gravée en 5 nanomètres promettant 32 coeurs et 64 threads avec une fréquence de base de 3 GHz et un Turbo de 5 GHz, avec le marketing actuel ? Le processeur serait sous tous les projecteurs et apparaitrait comme une innovation extraordinaire. Mais si en se penchant sur la puce on découvrait finalement que chaque coeur ne proposerait que 10 transistors et que les performances globales étaient catastrophiques ? C’est un peu le problèmes des fiches de spécifications techniques, elles ne reflètent finalement que des processus et non pas des résultats.

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Dernier point de cette présentation d’Intel ? L’ouverture de ses usines vers d’autres marques qui est confirmée avec un premier client intéressant : Qualcomm. 

Dire que Qualcomm joue sur tous les tableaux est un euphémisme. Concurrent d’Intel avec son partenariat Microsoft pour pousser ses puces vers des solutions Windows 10, il serait amusant de voir un jour un processeur Qualcomm, gravé par Intel, venir prendre place dans un PC sous Windows.

Cela ne pose pas de soucis à la branche fonderie d’Intel qui compte bien proposer ses services sans états d’âme. Les solutions de gravure et les optimisations maison seront bien disponibles pour ses rivaux et Qualcomm compte bien profiter de la technologie “Intel 20A” et de la nouvelle architecture… Tout comme d’autres concepteurs de puces qui semblent intéressés par le processus. 2024 c’est demain pour ces sociétés, concevoir des puces en utilisant une nouvelle architecture n’est pas l’affaire de quelques mois. Les tractations qui ont lieu en ce moment se reflèteront réellement sur le marché d’ici quelques années. 

Intel d’ailleurs ne compte pas s’arrêter là, la marque planche déjà sur la suite avec l’énigmatique processus déjà baptisé “Intel 18A”.

En 2024, Intel ne parlera plus de nanomètres © MiniMachines.net. 2021.

Steam Deck : la solution de jeu mobile de Valve

Le Steam Deck est une nouvelle tentative de faire rentrer un PC dans un engin au format console. Amis lecteurs, vous connaissez déjà ce format pour avoir pu entendre parler des solutions de GPD, de One Netbook, de la prometteuse solution AYA ou même de l’échec de la Smach-Z… Vous connaissez déjà tout cela mais ce n’est pas le cas du grand public pour qui la proposition de Valve est une chose toute nouvelle. Proposer un ordinateur ultramobile, promettant de jouer au catalogue classique du monde PC en mobilité, voilà qui va remuer un peu les lignes.

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La Smach Z

Et c’est par un petit retour en arrière que je voudrais aborder le sujet du Steam Deck. La console Smach-Z, en gestation depuis 7 ans, tirait en mai dernier sa révérence sans jamais avoir été produite. L’objet est annulé, entrainant avec lui dans l’oubli de nombreux espoirs et l’argent de ses investisseurs. Et pourtant, à bien y regarder, cela ressemble vraiment à un brouillon du Steam Deck. La console avait d’ailleurs été annoncée sous le nom de SteamBoy1.

Que nous proposait la Smach-Z au moment où elle a été lancée ? Un écran central entouré de solutions de contrôle proches du Steam Controller, la manette de Valve. Un processeur AMD avec un circuit graphique embarqué et un accès complet à la bibliothèque de jeux PC via SteamOS. Cette promesse faite en 2014 paraissait alors bien étrange. En réalité, elle ne tenait pas debout parce qu’elle était impossible à réaliser à l’époque d’un simple point de vue technique. Elle a fini par s’embourber et disparaitre.

En 2021, Valve débarque donc avec la même idée. On avait entendu parler de SteamPal en mai dernier, c’est finalement Steam Deck qui est retenu.  On retrouve un écran entouré d’une solution de contrôle proche du Steam Controller, le système d’exploitation maison SteamOS et un processeur AMD. Sur le papier donc, les engins sont très semblables dans leur approche du problème. Mais, bien entendu, l’éditeur de jeu dispose de moyens beaucoup plus importants et profite des 7 années passées. Une éternité en informatique. Ce qui était totalement irréaliste en 2014 devient parfaitement possible en 2021.

Steam Deck

Le Steam Deck n’est pas une console, c’est un PC

A l’intérieur de l’engin, on retrouve pour commencer un processeur fabriqué sur mesures par AMD. Là où la Smach Z piochait comme elle pouvait dans le catalogue existant de la marque, Valve a eu droit à une conception adaptée à ses besoins. Il s’agit d’une puce Ryzen de génération Zen 2 embarquant 4 coeurs et 8 threads fonctionnant entre 2.4 à 3.5 GHz avec une capacité de calcul de 448 GFlops. La puce embarque une solution graphique RDNA 2 avec 8 coeurs cadencés de 1 à 1.6 GHz que Valve annonce comme développant 1.6 TFlops en puissance de calcul. L’ensemble fonctionnera avec un TDP oscillant de 4 à 15 watts et prendra en charge de la mémoire LPDDR5.

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Cette puce correspond parfaitement à la description d’un processeur un peu à part dans les plannings de production 2021 d’AMD. Une solution baptisée Van Gogh, repérée en Juin 2020, et qui n’avait toujours pas trouvé sa place dans le puzzle des sorties de la marque. Difficile de savoir pour le moment si ce processeur sera réservé au Steam Deck au même titre que les productions d’AMD pour les consoles Sony ou Microsoft. Mais il apparait en tout cas aujourd’hui comme une réponse parfaitement calibrée à un besoin de Valve.

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Associée à cette puce Zen 2 qui déploiera logiquement un niveau de performances assez élevé, on retrouve un écran de 7 pouces de diagonale affichant en 1280 x 800 pixels. Du 16:10 donc, qui sera adapté au jeu comme à un usage multimédia en vidéo. Il ne s’agit pas de la définition la plus élevée du marché mais d’un format qui correspond parfaitement bien à l’optique de l’objet. Celle de proposer une bonne jouabilité tout en conservant une autonomie décente. On n’achète pas un engin pour sa fiche de spécifications mais pour un usage et cela Valve l’a bien compris. 

Valve aurait pu choisir un écran mieux défini, on a vu des engins du genre monter très très haut en définition, mais c’est totalement contre productif au final. Une solution comme la One XPlayer qui propose du 2560 x 1600 pixels sur un écran 8.4″ pose de nombreux soucis de performances et d’autonomie.  Cela n’est pas très séduisant en théorie d’acheter un produit affichant tout juste en HD en 2021 mais il ne faut pas perdre de vue sa destination. On n’achète pas un engin pour sa fiche de spécifications mais pour un usage et cela Valve l’a bien compris. 

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Cet écran est également un très bon choix technique parce qu’il correspond à l’interface nécessaire à ce type de diagonale. Les jeux ne proposent pas forcément une ergonomie logicielle adaptée à un écran de 7″ en haute définition. Les menus et dialogues, les éléments à cocher, les réglages et autres personnages à contrôler ne sont pas pensés pour une dalle de ce type. Les écrans sont aujourd’hui tous vendus en FullHD au minimum quand il est question de jeu. Afficher en très haute définition sur de petites diagonales rendrait l’expérience totalement illisible. Le choix de Valve est également intéressant d’un simple point de vue jouabilité. Piloter de la haute définition à un coût élevé en ressources.

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Doubler le nombre de pixels à l’écran réclame autrement plus de performances au processeur. Un joueur va préférer un engin fluide et réactif en plus basse définition à une promesse de très belles images qui se traduiront par une mauvaise jouabilité. Avec un écran en 1280 x 800 pixels, la puce graphique embarquée va pouvoir briller, offrir un nombre d’images par seconde important sans que cela ne choque l’oeil du joueur pour autant. La dalle proposera une luminosité de 400 nits ce qui ne devrait pas avoir trop d’impact non plus sur la batterie intégrée au contraire d’une dalle mieux définie qui serait beaucoup plus gourmande en calcul et donc en watts.

La mémoire vive est confiée à 16 Go de LPDDR5, des éléments de mémoire très rapides, déployés en double canal, qui devraient apporter beaucoup de souffle à l’objet. Le choix de monter autant de mémoire dans un engin de ce type est une excellente initiative de la part de Valve car cela garantit une belle efficacité à l’ensemble. Cela assurera également un assez large panel de jeux exploitables aujourd’hui et demain. La tentation de monter 8 Go de mémoire seulement dans un modèle plus entrée de gamme a du être grande pour tirer le prix vers le bas mais le choix de ne pas le faire assurera un élément important à la marque. Celle de ne jamais proposer une expérience décevante en jeu. Un titre pourra mettre plus ou moins de temps  à se charger mais une fois lancé, il sera exécuté de manière fluide par le Steam Deck. Il ne faut surtout pas oublier que cette mémoire est partagée, elle gère le système d’exploitation, les programmes mais également les textures et autres éléments de la partie graphique du dispositif. Avec ce duo processeur et mémoire, Valve promet une bonne expérience de jeu.

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C’est le stockage qui va donc déterminer le prix des engins. Le premier modèle étant annoncé à 419€ avec 64 Go de mémoire interne en eMMC PCIe Gen2 x1. Un stockage assez rapide face à une solution entrée de gamme et plus rapide que les solutions mécaniques. Mais un choix clairement économique puisque ce type de solution est beaucoup moins onéreux que les autres options. Ce choix aura un impact sur plusieurs aspects de la machine. Si le lancement des jeux les plus gourmands sera forcément moins rapide sur ce modèle que les deux autres, c’est surtout la durée de vie de la solution qui pourra inquiéter. Il parait difficile d’imaginer une implantation de cette mémoire eMMC autrement qu’en étant soudée à la carte mère de l’engin. On ne pourra pas donc pas changer le stockage et, en cas d’usure de celui-ci, la minimachine sera bonne à jeter. Cela étant dit, les eMMC d’aujourd’hui ne sont pas forcément de mauvais produits à la fiabilité médiocre et à la longévité problématique. Cette solution économique permet de proposer un compromis entrée de gamme efficace.

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Les deux autres options de stockage seront plus intéressantes mais changeront le prix global de la machine. Des SSD PCIe NVMe de 256 et 512 Go en PCIe NVMe seront proposés avec un modèle 512 Go plus rapide que le premier. Le Steam Deck 256 Go est annoncé à 549€ et la version 512 Go à 679€. Tous les modèles proposeront une extension de stockage via un lecteur de cartes MicroSDXC UHS-I que Valve garantit comme très rapide. 

La stratégie créée ici est assez évidente. Le Steam Deck ne propose pas une solution de type PC traditionnel avec une montée en performances basée sur des processeurs ou de la mémoire. Valve propose une approche plus proche de la console, l’engin sera toujours stable d’un point de vue performances. Sa capacité à lancer des jeux ne sera pas liée au prix déboursé, ce qui augmentera son attrait pour les développeurs qui pourront se baser sur un matériel unique et toucher tous les propriétaires de l’engin.

La différence entre les machines sera ressentie par le temps nécessaire au lancement des jeux et l’espace disponible pour augmenter sa ludothèque en mobilité. Les modèles 64 Go ne pourront peut être pas embarquer tous leurs titres sur le stockage eMMC mais l’ajout d’une carte MicroSDXC, offrant facilement beaucoup plus de stockage, viendra à leur secours. Cela sera certainement moins confortable d’utiliser une version eMMC avec une carte supplémentaire mais cela sera également bien plus abordable pour finalement proposer une jouabilité équivalente une fois la phase de chargement passée. 

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Les joueurs devront donc faire un choix à l’achat. Est-ce qu’ils préfèreront investir plus pour ne pas se poser la question du catalogue à choisir avant d’empocher la console ? Certains préféreront un catalogue plus restreint de titres, un ensemble suffisant pour une solution de ce type. Si certains titres proposent une grande rejouabilité, d’autres ne se lancent que de loin en loin. La grande question est peut être liée au système employé pour gérer les jeux installés. Serait-il capable d’exécuter convenablement des jeux téléchargés sur des cartes MicroSDXC différentes ? Est-ce qu’on pourrait avoir des cartes dans une pochette au même titre qu’une console Nintendo DS a des cartouches ? Un autre élément intéressant à penser pour Valve serait de proposer un compte Steam sur PC traditionnel capable de garder une copie d’un jeu pour le Steam Deck de manière à ne pas avoir à le retélécharger totalement mais juste à le transvaser de votre PC vers l’engin mobile. 

Les deux dernières options de stockage, bien plus chères, s’adressent à un public de joueurs chevronnés. Ceux pour qui le jeu vidéo est le principal loisir et l’investissement dans ce type de solution a du sens. Dans tous les cas, le Steam Deck devrait proposer un moteur technique suffisant pour faire tourner de nombreux titres. Des jeux récents ou non, des petits jeux indépendants ou des jeux à gros budget. Le reste est plus lié aux besoins du joueur, à son envie de confort et bien entendu à son budget.

Steam Deck

Le Steam Deck n’est pas un PC, c’est une console

Autour de ces composants, on retrouve un design de console mobile. L’ergonomie globale rappelle évidemment des dispositifs de jeux comme la Nintendo DS ou la Switch. Deux sticks analogiques sont présents pour piloter les titres de manière classique. A gauche, on retrouve une croix directionnelle et à droite, un ensemble de boutons ABXY. La position de ces différents dispositifs est par contre assez inhabituelle. Sur une Nintendo Switch, ou sur une manette Steam Controller, on retrouve des joysticks décalés en hauteur des autres boutons. Ici ils sont dans le même alignement. L’idée étant probablement de permettre aux pouces de venir se positionner sur l’un ou l’autre de ces dispositifs avec le moins de contraintes possible. 

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Mais  ce sont surtout les éléments qui apparaissent en dessous de ces contrôleurs traditionnels qui expliquent ce placement. On retrouve deux zones tactiles cliquables, deux pavés de 32.5 mm carrés à retour haptique sur lesquels on pourra interagir comme on le fait sur la manette de la marque. Ils piloteront le curseur à l’écran et les interactions de la souris en jeu. Ces éléments sont déterminants dans la mission de l’objet et Valve ne pouvait pas s’en passer. Sans leur présence, tout l’usage du Steam Deck serait compliqué.

Les pavés tactiles répondront à un impératif souvent oublié des machines à écrans tactiles de ce type et pourtant absolument indispensables pour certains usages. L’interface proposée par ces zones est totalement indépendante de toute position absolue comme celle que propose l’écran tactile ou les mini-joysticks de l’engin. Le mouvement que vous  ferez sur ces zones ne sera pas interprété de la même manière suivant votre manipulation de celle-ci. Le mouvement mais également son amplitude et son accélération seront pris en compte. C’est très important car c’est ce qui différencie le joueur utilisant un clavier et une souris du joueur manipulant une manette classique dans un jeu de tir à la première personne, par exemple.

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Lorsqu’un joueur sur manette démarre son action, il part d’un positionnement précis, le centre de l’image, et lance un mouvement de déplacement qui agira toujours de la même manière à l’écran. L’accélération sera la même, la vitesse sera identique et l’ordre sera toujours constant. Que l’on veuille faire un mouvement rapide pour se retourner sur 180° ou un léger déplacement sur le côté, la vitesse d’exécution répondra aux mêmes principes de base. L’accélération sera sans doute un peu plus rapide si on vient positionner son joystick en butée mais le système ne peut pas anticiper l’amplitude du mouvement à réaliser.

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Sur les petits pavés tactiles par contre, on pourra effectuer une accélération différente à chaque mouvement et surtout répéter le geste si nécessaire pour le doubler ou le contrôler plus finement en fin de course. Mieux, le mouvement d’un côté à l’autre ne passe pas par la case “position centrale” du mini joystick. Il est pris en compte de manière indépendante du médium. Si il est nécessaire d’ajuster son positionnement rapidement, celui-ci est immédiatement traduit de l’interface au logiciel. Le choix de placer ces zones tactiles sous les joysticks a du sens puisque les pouces qui viendront les contrôler seront légèrement pliés au dessus de ces surfaces. Un positionnement qui offrira plus de maniabilité et de couverture à chaque trackpad. A noter que Valve annonce une latence réduite de plus de moitié sur ces trackpads par rapport à ceux des Steam Controller.

Cerise sur le gâteau, le Steam Deck est équipé d’un petit gyroscope 6 axes qui permettra un contrôle précis des mouvements les plus fins. Une nouvelle approche que je trouve particulièrement brillante. A la fin de votre geste au pavé tactile ou au mini-joystick, un ajustement de la position physique globale de l’appareil permettra de repositionner votre jeu. Cela peut être pratique pour viser, pour ajuster votre volant ou pour effectuer le petit geste nécessaire pour compléter une action. Cela demandera également probablement un temps d’adaptation mais le bénéfice peut être énorme en terme de jouabilité sur un appareil de ce type.

Le gros intérêt de l’ensemble de ces éléments est de construire une interface permettant de jouer aussi bien à un titre comme Civilisation qu’un autre comme Celeste. Un jeu de tir à la première personne, un jeu de course automobile, un simulateur de vol, un jeu de stratégie ou de gestion comme un Roguelite. Le doublement des commandes permet de profiter efficacement de l’entièreté du catalogue de Valve là où les simples contrôleurs de console habituels auraient condamnés la machine à faire l’impasse sur les spécificités du vrai catalogue PC.

Valve veut que vous puissiez jouer à tous vos jeux favoris avec le Steam Deck

C’est un point très important de l’offre, parce qu’elle n’a pas de concurrence sur cet aspect, Valve ne cherche pas à proposer un nouveau moyen de jouer à des jeux déjà disponibles sur Switch. Un choix suicidaire pourtant opéré par la totalité des constructeurs de ce type de machine. Valve veut que vous puissiez jouer à tous vos jeux favoris avec le Steam Deck et non pas une petite selection déjà adaptés au format console. Cela ne veut pas dire que l’expérience sera identique au monde PC classique mais que ce sera possible avec quelques ajustements.

Steam Deck

A l’arrière de la machine, on retrouve quatre boutons programmables qui se positionneront sous les doigts du joueur. Sur la partie supérieure du Steam Deck, on découvre quatre gâchettes tactiles analogiques. Des éléments classiques d’un design de console qui permettront de piloter finement de nombreux titres. Les simulateurs profiteront à plein de ces intégrations, par exemple. Le reste de l’équipement est très habituel avec des boutons liés à l’interface proposée. On pourra rappeler le système SteamOS ou ouvrir un bouton de menu rapide avec des éléments placés sous les pavés tactiles. Des boutons contrôlant l’affichage ou les options sont également présents. Une paire d’enceintes stéréo ainsi qu’une prise jack audio 3.5 mm combinant sortie casque et entrée micro ainsi qu’un double micro sont intégrés au produit. Valve veut probablement que vous puissiez communiquer facilement avec d’autres joueurs depuis l’appareil. Pas de webcam, pas de clavier, pas de port USB Type-A pour brancher ne serait-ce qu’une souris. Cet objet n’est pas un PC.

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Un design imposant qui a demandé des ajustements

Le Steam Deck propose un design assez intéressant et soigné qui positionne la solution sur une autre voie que les machines classiques des deux genres. Si l’engin est assez massif et lourd, il reste particulièrement adapté à sa mission. Le châssis mesure 29.8 cm de long pour 11.7 cm de haut et 4.9 cm d’épaisseur au niveau de ses poignées. C’est, à peu de chose près, le format d’une feuille A4 pliée en deux dans le sens de la longueur. Un encombrement assez imposant dans un format portable mais plutôt confortable en terme de jouabilité. Le poids de l’engin monte à 669 grammes, ce qui peut sembler assez lourd. Une Switch de Nintendo pèse moitié moins pour des dimensions beaucoup plus compactes2.

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Cet encombrement peut faire peur, notamment pour ceux qui veulent une solution permettant de jouer n’importe où. On ne sortira pas un engin de cette taille dans les transports en commun ou dans une salle d’attente sans de légères appréhensions. Il ne sera pas aussi anodin de garder une solution de presque 700 grammes au fond d’un sac toute une journée. Il faut néanmoins conserver à l’esprit le format particulier de l’objet. Ce n’est pas une tablette ni même une manette, le dispositif est certes plus lourd mais il est aussi plus large. Sa prise en main avec ses poignées latérales sera différente de celle d’une Switch. L’engin sera plus confortable à manipuler. Il s’utilisera assis, probablement sur une table ou posé sur ses genoux. On le déplacera de pièce en pièce mais je doute qu’on l’utilise réellement dans la rue ou dans le bus. 

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L’autonomie globale de la solution ne poussera pas forcément non plus à un usage en réelle mobilité. Valve ne fait pas mystère de ce détail en indiquant un assez large éventail d’autonomie puisque la fiche technique du Steam Deck indique de 2 à 8 heures d’utilisation possible. Cela est probablement dû aux différences de ressources demandées par les titres disponibles sur PC et la consommation du processeur AMD. Passer de 4 à 15 watts de consommation n’a pas le même impact sur la batterie. On peut se demander alors ce qu’il sera réellement possible de faire pendant 8 heures ? Probablement pas grand chose de réellement ludique : de la vidéo, de l’audio mais pas franchement un jeu gourmand. On n’aura pas non plus le même impact sur une batterie avec un jeu indépendant en 2D peu gourmand en ressources et un titre Triple A usant et abusant de 3D, affichant des dizaines d’événements et proposant de nombreux effets graphiques. Un résultat identique sur les machines  portables ultraportables qui, si elles peuvent afficher des jeux en 3D parfois gourmands, le font au détriment d’une autonomie sauvagement sabrée à un petit quart de l’expérience habituelle.

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2 Heures de jeu 3D à la première personne, 4 heures de stratégie, 6 heures de jeu de gestion avec un titre bien optimisé et 8 heures de vidéo 720p ? Voilà le scénario probable du Steam Deck. La solution proposera une charge Power Delivery de 45 watts via un port USB Type-C, ce qui autorisera des aménagements en terme d’autonomie. Non seulement la recharge devrait être assez rapide mais on pourra utiliser des chargeurs compacts type GaN et des batteries externes Power Delivery pour augmenter de manière significative l’autonomie de l’engin.

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Les vases communicants du hardware

Le Steam Deck reflète l’état des compétences actuelles en terme de miniaturisation et de mobilité. Il est impossible pour le moment de proposer un appareil de ce type avec un meilleur équipement et une aussi bonne autonomie. Des choix doivent être faits et Valve a construit une machine finalement très homogène pour cette année 2021. Si l’engin ne correspond pas à votre vision de ce que devrait être ce type de machine, il faut juste comprendre qu’il n’est pas possible de faire mieux actuellement. 

Augmenter l’autonomie aurait un fort impact sur le poids, améliorer les performances aurait également un impact sur le poids mais aussi sur la chaleur et l’autonomie de l’appareil. Améliorer la définition de l’affichage diminuerait l’autonomie ainsi que les performances globales proposées. On aurait pu souhaiter un meilleur Wifi, un meilleur Bluetooth, deux ports jack pour regarder un film à deux sur l’écran 7″… Certains vont détester le format ou la configuration des boutons. Mais techniquement il n’est pas possible d’intégrer un Ryzen 7 ou un Core i7 sans ce type d’engin. Pas possible de proposer un circuit graphique haut de gamme dans une solution de ce format non plus. Si c’est ce que vous espériez, c’est de la science fiction3.

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Ni un PC ni une console en réalité, une alternative intéressante et peut être un nouveau marché

Pour y avoir longuement réfléchi et avoir plusieurs fois changé d’avis, j’ai fini par conclure que le Steam Deck est finalement très cohérent dans son approche. Si le format sort de nos habitudes, il n’en est pas moins parfaitement viable. Trop gros pour jouer ? Je n’y crois pas finalement. Pour avoir imprimé à un format proche de son échelle originale un dessin de l’engin, il a fini par me convaincre.

Steam Deck

Le Steam Deck se positionne bien dans des mains d’adulte. Les différents contrôleurs tombent parfaitement sous les doigts et le châssis vient se loger dans la paume pour porter efficacement le poids de la solution. L’épaisseur des poignées devrait également aider à maintenir le dispositif confortablement en main. Son poids sera clairement un des défauts de l’objet mais il ne sera probablement pas aussi impactant que dans une solution classique. Il ne faut pas comparer par exemple une tablette de  cette diagonale qui aurait le même poids avec le Steam Deck, les deux ergonomies sont totalement différentes. Je suis déjà persuadé que le Steam Deck a plus une vocation mobile mais sédentaire qu’une console comme la Switch. On n’emmènera pas cet engin en déplacement avec la même facilité qu’une console. L’idée est plutôt de jouer du fond de son canapé. Cela correspond d’ailleurs très bien avec l’attention nécessaire à beaucoup de jeux PC. Jeux qui ont été pensés pour que l’utilisateur reste concentré, focalisé sur un ensemble de tâches assez complexes, aiguise des réflexes et des anticipe des évènements qui souffrent assez mal d’être perturbées sans cesse par l’environnement extérieur. 

Cela colle également avec certains aspects de la minimachine comme la possibilité de streamer des contenus issus d’un autre PC et de se servir du Deck comme un affichage et un contrôleur via une liaison sans fil. Le module intégré est un Wifi5 associé à un Bluetooth 5.0. De quoi se connecter facilement et rapidement à tout type de réseau et piloter une solution Bluetooth de manette, de casque ou d’enceinte intégrée.

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Une station d’accueil sera proposée par Valve pour accompagner le Deck. Celle ci permettra de positionner l’appareil debout tout en lui fournissant la connectique nécessaire à une utilisation plus proche du PC traditionnel. Valve a fait des choix assez simples avec, par exemple, un connecteur exploitant tout simplement la prise USB Type-C de la solution plutôt qu’une connexion via des ports propriétaires.

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Une fois connectée, la station offrira trois ports USB Type-A avec un premier port en USB 3.1 et deux autres en USB 2.0. Un port Ethernet sera également disponible et bienvenu pour télécharger efficacement vos jeux et leurs mises à jour. Enfin, deux sorties vidéo seront possibles avec un HDMI 2.0 et un DisplayPort 1.4. Un port USB Type-C permettra de recharger votre Steam Deck pendant que vous l’utiliserez sur sa station d’accueil. Le tout tiendra dans un support de 11.7 cm de large pour 2.9 cm de haut et 5 cm de profondeur.

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Il va sans dire que dans cette configuration, on retrouvera un objet beaucoup plus proche d’un PC que d’une console classique. Avec un clavier et une souris branchés sur la station, le Steam Deck offrira la possibilité de piloter un ou deux grands écrans de manière très traditionnelle. Un bon complément à l’objet puisqu’il pourra également permettre de jouer dans son salon, à ce que la machine propose ou via sa fonction de streaming, ou de se servir de l’engin pour profiter de contenus multimédia.

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SteamOS 3.0 à bord

Grosse nuance par rapport aux concurrents sur ce créneau du PC format console, Valve fait le choix d’un système d’exploitation maison. Et c’est une très bonne chose. Pas de Windows dans l’engin. On est sur la solution Linux de Valve. Une distribution qui va être optimisée pour prendre en charge la totalité des éléments du dispositif à sa sortie et non pas un bricolage logiciel par dessus Windows et les jeux existant. La distribution offre en plus un catalogue de jeu très complet. Catalogue qui sera disponible en pressant une simple touche sur l’engin. L’intégration des achats sera sans doute optimisé au maximum pour permettre à Valve de faire de meilleures ventes et de mieux rentabiliser le dispositif.

Le gros intérêt de Steam OS est de pouvoir éviter de transformer la solution en usine à gaz. Valve veut probablement ne pas ennuyer le joueur avec des mises à jour intempestives et incontrôlables. Il faut dire que Microsoft force quelque peu la main de l’éditeur puisque Windows 11 a décidé de ne plus supporter ce type de diagonale. Cela évitera également que l’on achète une console à Valve pour lancer des jeux d’autres distributeurs. Un acheteur de Steam Deck ne choisira plus ses jeux chez d’autres distributeurs de licences. Evidemment, puisqu’il s’agit d’un coeur de PC, il est possible que l’on puisse finir par trouver un moyen d’installer d’autres systèmes et pourquoi pas un Windows sur la machine. A moins que, et c’est très possible, Valve ait décidé de protéger au maximum le BIOS de la console afin d’éviter ce genre de détournement. Valve a confirmé la possibilité d’installer librement le système de son choix.

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Il faudra donc être attentif aux compatibilités des jeux qui ne tournent pas tous aujourd’hui sur Proton, le système développé par Valve pour SteamOS afin de lancer des titres issus du catalogue Windows. Ils sont nombreux, parmi les plus populaires, à ne pas pouvoir tourner encore aujourd’hui sur le Linux maison de la marque. Le lancement du Steam Deck sera peut être l’occasion de mieux collaborer pour Steam ? Proposer aux éditeurs des versions adaptées à ce nouveau format qui devrait capter beaucoup d’attention et pourrait être un bon moyen de mieux faire connaitre SteamOS .

Le recours à ce système Linux est également un bon moyen de “filtrer” les jeux. De les adapter du mieux possible au périphérique. Non seulement en prévoyant une solution de prise en main des différents boutons, contrôleurs et gâchettes. Mais en permettant également un dialogue avec les éditeurs pour qu’ils les prennent en charge lors de leur travaux de développement pour le système. Si la solution gagne en visibilité et en popularité, cela sera très bénéfique à Valve. Un dispositif de ce type peut clairement inciter des éditeurs à s’investir dans cette voie.

Cela permettra aussi de différencier la solution d’un PC traditionnel. Le Linux embarqué n’a pas vocation à accueillir “le petit utilitaire qui dépanne” qui finit toujours par débarquer sur une machine sous Windows. Un utilitaire qui en amène un autre, puis un troisième et qui finit par transformer la machine de jeux en un PC classique. Le choix de ce système assurera à l’engin de rester lié à sa vocation ludique. Sans jamais devenir un mauvais outil pour d’autres tâches. L’aspect communautaire est également important pour ce type de solution. Il sera possible de discuter avec d’autres joueurs ou de suivre l’actualité de ses jeux, des mises à jour ou des améliorations apportées à ses titres préférés. 

Enfin, SteamOS offrira la possibilité de streamer des jeux depuis un PC sous Steam très facilement. Avec un gros PC performant et disposant d’un énorme stockage connecté sur le même réseau, on retrouvera l’entièreté de sa ludothèque entre les mains.

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Opération séduction

Difficile de savoir exactement le prix de revient de cet engin pour une entité comme Valve mais je ne serais pas surpris que la version 64 Go eMMC rentre tout juste dans les clous question profitabilité. Les composants sur mesures, la R&D et l’assemblage des Steam Deck… Tout cela a un coût qui ne sera rentabilisé qu’à la longue. Si le système fonctionne commercialement parlant. Valve a besoin d’une version entrée de gamme pour étendre une base de joueurs utilisant son système tout en amortissant la production. Un bon moyen de faire levier ensuite sur les grands studios de développement pour s’intéresser à l’engin. Les modèles 256 et 512 Go sont sans doute plus rentables pour l’éditeur mais leurs ventes seront probablement moins importantes.

Le succès de l’objet est difficile à évaluer puisqu’il s’agit d’un nouveau type d’engin. Est-ce que le public attend vraiment un Steam Deck ? Je pense que beaucoup de joueurs PC apprécient le confort de leur dispositif classique. La souris, le clavier, un grand écran et une machine très performante. Retrouver ses jeux préférés en mobilité est pour beaucoup un fantasme mais je ne suis pas sûr que la majorité des joueurs s’y retrouvent. Est-ce qu’ils voudront quand même essayer ? C’est fort possible et c’est tout l’intérêt de la version à 419€. Elle est primordiale pour que Valve parvienne à établir une base de machines importante, base qui servira à pousser les créateurs de jeux à proposer des versions adaptées ou de nouveaux développements pensés pour cet engin. Amorcer la pompe d’un nouveau genre de dispositif.

Steam Deck

Il est fort possible que la solution rencontre un joli succès et que la jouabilité soit au rendez-vous. Que les éditeurs, surtout les indépendants, sautent sur l’occasion et développent des titres prévus pour coller parfaitement aux caractéristiques et à l’ergonomie de l’objet.  L’impact de cette proposition est compliqué à entrevoir. D’un côté, on a un objet que Valve va rendre accessible par rapport aux tarifs des produits concurrents, de l’autre on a une nouvelle case de produit qui n’existait pas encore.

Paradoxalement la situation actuelle du marché du jeu PC est peut être la meilleure pour Valve. Beaucoup de joueurs ont repoussé leurs investissements à un hypothétique futur. Préférant garder une carte graphique encore très correcte plutôt que de dépenser une fortune sur les nouvelles solutions sorties par les constructeurs ces derniers trimestres et vendues en ce moment à des prix exorbitants pour plein de facteurs. Peut être que les 419€ demandés par Valve leur bruleront les doigts et qu’ils voudront tenter l’aventure. Le choix d’un processeur AMD sur mesure et l’investissement dans ce format porté par une distribution maison à quelque chose de rassurant. Valve ne fait pas ces investissements importants sans une certaine vision de l’avenir, le Steam Deck essaye un nouveau marché mais cet essai devrait durer assez longtemps.

Steam Deck : la solution de jeu mobile de Valve © MiniMachines.net. 2021.

Est-ce que cet engin électrique a le droit de rouler sur la voie publique ?

VoiePublique.info

Les EDPM1 ont ouvert la voie à une nouvelle génération de véhicules ayant le droit de circuler sur la voie publique en France. Ces engins ont une caractéristique spécifique qui n’existait pas jusqu’alors dans notre code de la route. Celle de posséder un moteur autonome et de ne pas être soumis par la certification d’un organisme de contrôle. Leur apparition a fait naitre dans leur sillage une nuée de nouveaux engins. C’est de cette nuée que nous allons parler ici.

En France, depuis que le code de la route existe, il définit des catégories très précises et très finement détaillées d’engins qui ont le droit de rouler sur la voie publique. Des catégories que tout le monde connait grâce aux différents niveaux de permis de conduire. Le permis B qui permet de conduire un véhicule à 4 roues de moins de 3.5 tonnes. Le permis A pour les cyclomoteurs et les motos. Le permis C pour le transport de marchandises. Et enfin le permis D pour les véhicules à destination du transports de personnes.

Outre ces définitions basiques, les permis désignent également les différents types de véhicule qui existent. Le permis Moto A1 n’autorise que la conduite de petites cylindrées. Le permis Moto A2 va plus loin en puissance, etc. Avec l’apparition des EDPM en octobre 2019, le code de la route reconnait une nouveauté importante. Celle de la possibilité de conduire des véhicules à moteur sans posséder aucun permis. Alors, certes, ce ne sont pas de gros moteurs, ils sont limités, mais c’est un changement important dans la philosophie du code de la route. Le législateur a donc du définir assez clairement les EDPM, afin de conserver une certaine étanchéité entre les catégories de véhicules. Pour que ces nouveaux engins ne traversent pas de frontières en débordant dans d’autres catégories déjà existantes. 

Les EDPM sont donc définis de manière très claire. Cela concerne les trottinettes électriques, les monoroues, les skateboards électriques, hoverboards et les gyroroues à moteur électrique. Pour être plus précis, un EDPM est reconnu comme tel si et seulement si :

  • Sa vitesse est limitée par construction à 25 Km/h.
  • L’engin est construit pour le déplacement d’une seule personne debout. Il ne doit pas proposer de place assise ni permettre le transport de marchandises.

En échange de ces maigres contraintes, les droits d’usage de ces véhicules sont assez larges. L’utilisateur peut conduire en zone urbaine là où la limite de circulation est de 50 Km/h ou moins. Les engins peuvent emprunter les pistes cyclables, les zones piétonnes, les zones 30 mais évidemment, pas les trottoirs. Certains points techniques doivent être présents pour valider leur utilisation : un système de freinage efficace, un avertisseur sonore, des équipements d’éclairage et des catadioptres.

Les vélos à assistance électrique ne sont pas des EDPM, ce sont des vélos… avec une aide au pédalage assurée par un moteur électrique. Une classe à part et une réglementation différente. Notamment parce que ces engins ne fonctionnent qu’en assistance au pédalage et non pas de manière autonome comme les EDPM. Une trottinette électrique avance en appuyant sur une gâchette, un vélo avance en appuyant sur ses pédales. Grosse nuance.

Il n’existe pas d’autres véhicules dans les EDPM, pas de catégories à part sur les vélos à assistance électrique. Si on sort de ce cadre soit on entre dans un autre, soit  on est hors cadre et alors on ne peut pas rouler sur la voie publique. Il n’existe pas de flou juridique dans le code de la route, si votre véhicule n’y est pas mentionné alors vous n’avez tout simplement pas le droit de rouler avec. A partir de ces éléments, plusieurs constats peuvent être établis et c’est tout le propos de ce billet particulier.

  • Une “draisienne électrique” cela n’existe pas vraiment aux yeux du code. Soit l’engin va à moins de 6 Km/h et alors le législateur la classe dans la catégorie “jouet”. Soit elle va a plus de 6 Km/h et alors elle bascule dans la catégorie L1e du code, celle des cyclomoteurs.
  • Une trottinette électrique avec un siège ou qui va a plus de 25 Km/h n’est pas un EDPM. C’est également un cyclomoteur.
  • Un vélo à assistance électrique qui va a plus de 25 Km/h n’est pas un vélo, c’est un “Speedelec” ou plutôt encore un cyclomoteur dans le code. Un vélo qui ne va qu’à 25 Km/h mais qui ne requiert pas de pédaler pour y parvenir rentre dans la même catégorie.

Que vous soyez un professionnel de la vente, un fabricant, un utilisateur particulier, un membre des force de l’ordre ou un journaliste, vous devez prendre conscience de ce que vous devrez assumer en vendant, en utilisant, en croisant ou en parlant de ces produits.

CyclomoteurCeci est un cyclomoteur

Vendeurs, distributeurs et fabricants

Vous êtes un professionnel, un vendeur, un fabricant ou un grossiste et vous commercialisez des EDPM et autres engins électriques. Si l’entrée des EDPM dans le code a permis à la plupart des pros de rentrer dans le cadre de la loi en suivant les cases proposées par le législateur, il en existe toujours qui flirtent avec le droit. Des apprentis sorciers du code de la route. Ceux qui estiment au doigt mouillé leur propre interprétation des textes de la manière qui les arrange le plus. Ceux qui vendent des trottinettes électriques dépassant les 50 Km/h en ventant leur maniabilité en ville ou comme des véhicules “pratiques dans la jungle urbaine”. Ceux qui proposent des “vélos électriques” capables d’aller à 45 Km/h sans pédaler comme le meilleur moyen pour se rendre “au travail tous les jours”. Ces remarques, très classiques sur les fiches produits, sont totalement abusives. En les utilisant un professionnel se rend coupable aux yeux de la loi. Inciter des clients à utiliser sur la voie publique des engins qui n’ont pas le droit d’y rouler est une faute. Votre devoir de conseil vous oblige à dire la vérité au client. Mentir pour assurer vos ventes est condamnable.

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Vendre une “trottinette électrique” avec un siège et qui dépasse la limitation de vitesse comme un engin ayant la possibilité de rouler sur la voie publique c’est un an de prison et 30 000€ d’amende. Votre devoir de conseil va même plus loin puisque vous devez indiquer très clairement que l’utilisateur ne pourra se servir de son engin que sur des voies privées. Et quand je dis “voies privées” je veux dire vraiment voie privée. Pas le gloubiboulga juridique que tout les vendeurs défendent.

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Ceci n’est pas une voie privée

Une voie privée, c’est un lieu appartenant à un particulier ou une entreprise. Elle ne doit pas être ouverte à la circulation. Ces voies sont signalées par un panneau “sens interdit” ou un obstacle comme une chaîne ou une barrière précisant qu’il s’agit d’une voie privée. Si aucun obstacle n’est fait, il s’agit d’une voie publique ouverte à la circulation. Les parcs, chemins de forêt aménagés, espaces de jeux, résidences privées et autres lieux publics comme les petits chemins carrossables d’une commune sont réglementés de la même manière que la rue. Ils sont ouverts au public et il est interdit de rouler avec un engin du type draisienne électrique dessus. Les zones artisanales, zones commerciales et autres espaces ouverts au public ne sont pas plus des voies privées. Le parking d’un supermarché fermé, pour peu qu’il soit ouvert à la circulation, n’est pas une voie privée non plus.

Détail cocasse, si vous roulez sur une vraie voie privée, appartenant à une personne ayant mis un panneau sens interdit à l’entrée, et que vous avez un accident dessus, il n’est pas sur que votre assureur vous prenne en charge si la personne possédant ladite voie ne vous a pas expressément autorisé à circuler.

Si un vendeur professionnel propose un de ces engins à la vente, il doit expliquer à son client qu’il ne pourra pas s’en servir sans risquer une amende et une confiscation et mise à la fourrière de l’engin juste parce qu’il est utilisé sur la voie publique. Et cela même si son client respecte les fameux 25 Km/h de vitesse autorisée aux vrais EDPM. Un acheteur qui sort d’une boutique avec un engin capable d’aller à plus de 25 Km/h et qui roule au pas n’a absolument pas le droit d’être simplement présent sur la voie publique. Il risque son amende et la confiscation du véhicule juste en roulant dessus.

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Les draisiennes électriques, trottinettes à selle  et autres “Speedelec” ont débarqué dans tous les magasins. On en voit arriver partout avec des profils assez variés. Les grandes surfaces les distribuent, les commerçants les mettent en avant, des professionnels les louent en ville et certains visent même le marché des enfants avec des engins pourtant absolument en dehors de toute légalité. En France on vous fait les gros yeux et un rappel massif si une peluche à des yeux en plastique qui se détachent trop facilement parce qu’ils peuvent être avalés par des enfants. Mais on vous laisse commercialiser des cyclomoteurs pour des enfants de 8 ans capables d’aller à 15 Km/h et absolument pas homologués.

Les trottinettes ne sont des EDPM que parce qu’elles n’ont pas de selle. A partir du moment où un de ces engins va à plus de 6 Km/h et dispose d’une selle, il s’agit d’un cyclomoteur. Même chose pour les draisiennes électriques, au delà des 6 Km/h, il ne s’agit plus d’un jouet mais d’un cyclomoteur de type L1e. Ces engins doivent donc commencer par être homologués. Et l’homologation n’est pas un simple papier avec une vague mention de norme CE ou autre bricolage juridico-foutraque imaginé par les fabricants. Une homologation pour rouler sur la voie publique en France, c’est un processus complexe et sérieux qui réclame le passage auprès d’un organisme de contrôle certifié qui doit procéder à des tests de fiabilité et de sécurité. L’objet contrôlé doit remplir un cahier des charges très précis et plutôt complexe.

Pour les véhicules de catégorie L, un cyclomoteur donc, le processus passe par le Centre National de Réception des Véhicules. Centre qui émettra un avis favorable ou défavorable à l’issue des tests. J’ai bien peur qu’aucune trottinette à selle à 350€ ou aucune draisienne électrique ne soit jamais passée par ces essais. Pour la simple et bonne raison qu’ils n’obtiendraient jamais le fameux sésame leur ouvrant droit à l’homologation. Il est impossible à obtenir pour ces engins qui ne disposent pas des éléments basiques de sécurité indispensables à la catégorie. C’est simple, aucune solution à 350€ n’aura jamais cette homologation.

Or, qui dit absence d’homologation dit impossibilité d’obtenir une carte grise et donc une plaque d’immatriculation. Et par la même, aucune chance de ne jamais pouvoir rouler sur la voie publique. Les vendeurs parlent souvent de “vide juridique” mais c’est simplement une manière de se voiler la face. Sans homologation pas de carte grise, sans carte grise pas le droit de rouler, c’est aussi simple que cela.

règlementation SpeedelecExtrait de la page concernant le Friday 27 FS Speed de Moustache

Pour les vélos électriques type Speedelec, il existe quelques marques qui proposent des véhicules aux normes. Ces engins ont alors le droit de rouler sur la voie publique, peuvent dépasser les 25 Km/h et aller jusqu’à 45 Km/h. Ils ont, par contre, l’obligation de respecter les mêmes contraintes que les cyclomoteurs : Assurance obligatoire, plaque d’immatriculation aux normes, carte grise, équipement technique du véhicule comme de l’utilisateur. Evidemment, si ils ont le droit de rouler sur la route, ils sont interdits de piste cyclable et doivent rester dans le trafic routier classique. Une mobylette électrique donc, avec des pédales et sans le mélange 2-temps. Détail amusant, ils ne coutent pas 300€ mais bien plus cher. Un modèle comme le Friday 27 FS Speed de Moustache illustre bien ce type de dispositif légal. La marque détaille d’ailleurs scrupuleusement les impératifs juridiques de son produit vendu… plus de 7000€.

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Un exemple de mélange des genres : “entre la trottinette électrique et le vélo” pour parler d’une “draisienne électrique” et donc d’un cyclomoteur. La mention “norme en vigueur” fait croire au client qu’il s’agit d’un produit aux normes. Il n’en est rien.

Tous ces véhicules ne sont pas des EDPM, ils sont au pire “rien du tout” et ne peuvent rouler que sur voie privée. Au mieux, ce sont des cyclomoteurs et demandent donc que leurs conducteurs aient 14 ans, soient titulaires au moins d’un permis AM et munis des équipements adaptés à ce type de conduite : Gants et casque aux normes en plus d’un joli rétroviseur au guidon. Evidemment, cela enlève beaucoup du charme du vélo avec les cheveux dans le vent mais… c’est la loi.

 

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Petit détail, si votre “vélo électrique” est limité à 25 Km/h mais qu’il dispose d’une gâchette ou d’une poignée de gaz permettant de rouler sans pédaler, alors c’est également un cyclomoteur. C’est le cas des fameuses draisiennes électriques ou des “vélos” illustrés ci-dessus par exemple. C’est absolument interdit sur la voie publique, l’amende de 5e classe et la confiscation de l’engin sont toujours possibles pour ces véhicules. 

Et ça, c’est pour la partie la plus cool du problème parce que si quelqu’un se tue ou se blesse avec l’engin, il ne sera pas assuré. Même si il précise qu’un professionnel  lui a vendu l’engin comme un vélo. Même si il croit qu’il s’agit d’un EDPM. A vrai dire, si un pro lui vend un de ces engins sous une mauvaise formulation et qu’il pense de bonne foi être couvert par son assurance habitation, c’est encore pire pour le pro. Un des seuls recours qu’il restera à un client accidenté sera de se retourner contre le marchand qui aura failli à son devoir de conseil.

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Un exemple ? Ce marchand propose sur ses pages une draisienne électrique. Celle-ci permet d’aller jusqu’à 25 Km/h et ne dispose pas de pédales. C’est donc un cyclomoteur aux yeux du code de la route. Sauf qu’il n’est pas homologué et qu’il n’a absolument pas le droit de rouler sur la voie publique. Le même site indique qu’il s’agit d’un véhicule “idéal pour se déplacer en ville”. Le marchand manque ici clairement à son devoir de conseil. Pire, il induit ses clients en erreur. La personne  responsable tombe sous le coup des 30 000€ d’amende et de l’année de prison.

Revoe

Autre exemple, ce produit à destination des enfants qui est une draisienne électrique capable de dépasser, là encore, les 6 Km/h et qui est indiquée comme “l’engin idéal” pour accompagner les enfants “à l’école à la rentrée”. Là encore, le fabricant manque à son devoir de conseil puisqu’il indique que les enfants pourront se rendre à l’école, et donc sur  la voie publique, sur sa selle. Ce fabricant propose à des parents que leurs enfants enfreignent le code de la route dès l’âge de 8 ans, sans une quelconque assurance possible. Et cela quand la conduite d’un cyclomoteur en France requiert un âge minimal de 14 ans. Ce véhicule, si il était en conformité avec la réglementation, obligerait des enfants à se faufiler au milieu de la circulation. La conduite d’un véhicule à moteur au delà des 6 Km/h étant interdite ailleurs, leur usage sur trottoir est parfaitement illégal. On l’a vu encore récemment avec l’actualité. Un engin de ce type peut non seulement blesser son conducteur mais à 15 Km/h, il peut également blesser un passant. 

Petit problème si vous êtes un professionnel et que vous avez vendu un engin illégal ou failli à votre devoir de conseil. Imaginez qu’un bambin se blesse gravement sur ce véhicule en allant à l’école. Evidemment, les parents ne seront pas assurés, leur assurance ne prenant en charge que l’usage des vélos, les véhicules illégaux ne sont pas couverts. Leur seul recours sera d’attaquer le vendeur ou le fabricant pour son manquement à son devoir de conseil et l’incitation à une utilisation illégale. Cette procédure étant alors susceptible de couter très, très cher à la marque ou au revendeur. En frais divers et variés mais également en image. Qui a envie de découvrir que des marques et des magasins très connus vendent des engins illégaux à leurs clients tout en mentant sur leur usage ?

Vous gérez une plateforme de e-commerce, une de ces fameuses places de marché où pullulent ces engins ? Je ne sais pas quelle est votre responsabilité juridique ni comment vous vous êtes “bordés” contre le fait que des marchands proposent ces produits dans vos pages mais une chose est sûre, vous échangez clairement la sécurité de vos clients contre de l’argent. Comment réagiriez vous si un de vos partenaire se mettait à vendre des armes en indiquant simplement “A ne pas utiliser” en petit caractères ? Est-ce que commercialiser un espace pour que d’autres puissent mentir et flouer vos clients en leur vendant des produits interdits à l’utilisation est votre conception du commerce ? Avez vous une éthique en tant que professionnel ? La présence de ces produits sur vos pages éclaire plus largement sur vos choix en tant que marque que tous les discours et campagnes de publicité que vous pouvez faire. 

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Particuliers

Vous  êtes un particulier et vous voulez acheter un de ces engins ? Une draisienne électrique ? Un Speedelec sans certificat de conformité ? Une trottinette avec une selle ou un modèle allant au delà des 25 Km/h. Ne le faites pas. Si vous ne pouvez pas vous empêcher ou si vous avez un superbe terrain privé qui vous autorisera de longues séances de jeu, prenez bien soin de conserver tous les éléments mettant en évidence l’absence de conseil du vendeur ou du fabricant. Si un professionnel vous incite à utiliser illégalement un produit, vous pourrez vous retourner contre lui en cas de problème avec une simple capture d’écran ou une bête question posée par email. Faites attention aux petits caractères, certains sont assez retords. Ventant la liberté d’utilisation dans la rue de leurs engins d’un côté tout en indiquant, bien caché au fond du manuel, que cet engin est bien interdit sur la voie publique.

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La marque Revoe assume parfaitement un discours accidentogène

Si vous avez déjà un de ces engins, que vous l’aimez ou que votre enfant l’adore et ne veut pas le quitter. Si vous assumez de laisser votre enfant se balader sur un cyclomoteur pas aux normes et acceptez qu’un membre des force de l’ordre puisse vous confisquer le produit et vous mettre une forte amende. Alors respectez au moins le code de la route. Ne roulez pas sur les trottoirs ou les pistes cyclables, limitez vous à la voie de circulation traditionnelle. Je sais bien que faire rouler un enfant en draisienne électrique à 25 Km/h au milieu de voitures de 1.5 tonne est suicidaire… mais c’est justement le point. Ces engins sont interdits sur la voie publique pour de bonnes raisons. Enfin, décrochez votre téléphone et appelez votre assureur pour en avoir le coeur net. Celui-ci vous expliquera en détail la couverture de votre assurance et ses limitations. 

Si vous avez déjà craqué et acheté un produit de ce type et réalisez aujourd’hui que votre enfant roule sur un cyclomoteur non assuré pour aller à l’école et qu’en cas d’accident, l’ensemble des frais médicaux seront pour votre poche, vous pouvez contacter votre vendeur et lui demander la reprise du produit. Là encore, si il n’a pas assuré son devoir de conseil et que vous découvrez avec effroi le risque lié à ces appareils à cause de ce billet, vous pourrez annuler votre contrat et donc vous faire rembourser le produit. Si la fiche technique du vendeur stipule d’une manière ou d’une autre que ledit engin est “idéal pour la ville”, alors vous aurez tous les éléments pour obtenir une reprise du véhicule. 

Pour obtenir la reprise de votre produit n’hésitez pas à envoyer un email ou un courrier recommandé avec avis de réception au vendeur. Vous pouvez vous baser sur la garantie légale de conformité qui l’engage. En indiquant que la publicité faite autour du produit (Les petites phrases indiquant que le véhicule est parfait pour un usage en ville par exemple) ne correspond pas à son usage. L’article L217-5 du code de la consommation est très clair. Un bien est conforme au contrat de vente “s’il présente les qualités qu’un acheteur peut légitimement attendre eu égard aux déclarations publiques faites par le vendeur, par le producteur ou par son représentant, notamment dans la publicité ou l’étiquetage“. Présenter un engin de ce type comme “parfait pour la ville” alors qu’il est interdit de voie publique rend caduque toute conformité du contrat. 

Vous pourrez exiger au marchand de vous proposer un produit conforme à sa publicité, un engin qui puisse circuler sur la route avec les mêmes caractéristiques. Ce qui n’est pas prêt d’arriver donc puisque cela irait à l’encontre du Code de la route. Devant l’absence de solution de sa part, vous pourrez demander votre remboursement. Sans réponse de la part du vendeur ou devant un refus, vous pourrez écrire aux coordonnées du médiateur de la consommation dont les coordonnées doivent figurer dans les Conditions Générales de Vente du site du commerçant.

Si ce genre de démarche vous intimide, appelez votre banque pour obtenir de l’aide vis à vis de cette action, les services bancaires pourront vous prêter main forte d’un point de vue juridique devant un vendeur aussi peu scrupuleux que récalcitrant.

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Un exemple de FAQ totalement bidon sur un site de “conseil d’achat”

Journalistes et rédacteurs

Vous écrivez dans un journal, sur un site web ou conseillez des produits sur une plateforme quelconque. Arrêtez de faire la promotion de ces produits ou précisez systématiquement leurs limitations d’usage. Qu’il s’agisse de trottinettes ultra rapides, de draisiennes électriques ou de vélo type Speedelec sans homologation. Leur interdiction en France n’est pas le fruit du hasard et en conseillant à des lecteurs de s’offrir un engin de ce type ou à des parents d’acheter une draisienne électrique à un enfant, vous ne rendez service à personne. 

Vérifiez systématiquement la légalité du produit. Si votre “vélo électrique” dispose d’un “moped mode” ou autre appellation désignant la possibilité d’avancer sans pédaler. Alors ce n’est plus un vélo à assistance électrique. C’est juste un cyclomoteur pas aux normes. Si vous recevez un dossier de presse pour une draisienne électrique pour enfant permettant de filer à 15 Km/H ou 25 Km/h en ville, réfléchissez aux conséquences liées à sa publication. Si vous pensez rendre service à vos lecteurs, vous leur fournissez surtout un engin qui, au mieux, pourra les amener à une amende, au pire à bien plus grave pour leur santé.

Les lecteurs jugeront votre éthique professionnelle à votre capacité à résister à ce type d’articles. Si vous préférer mettre en avant des produits illégaux plutôt que de les informer correctement, ils sauront à quoi s’en tenir.

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A Bordeaux on propose de visiter la ville sur des engins qui n’ont pas le droit d’y rouler.

Forces de l’ordre

Soyez tolérants, les gens sont censés connaitre la loi mais il faut bien avouer que les marchands usent de stratagèmes variés pour leur vendre ces engins. Vous croisez une draisienne électrique sur un trottoir pilotée par un enfant de 10 ans ? Soyez sympas, expliquez une première fois aux parents ce qu’ils risquent. Ils seront plus horrifiés par le sort de leur bambin qui pourrait se retrouver à l’hôpital sans assurance que par l’amende que vous leur donnerez. Expliquez leur le problème et indiquez la sanction en cas de récidive. Vous pouvez même leur donner l’adresse de ce billet pour être plus clairs. 

N’hésitez pas, par contre, à faire un tour chez les marchands ou loueurs proposant des engins interdits de voie publique pour voir si ils respectent ce fameux devoir de conseil. Ce sera plus productif que de faire les gros yeux à Kevin, 10 ans, juché sur sa draisienne achetée comme un EDPM par des parents de bonne foi.

J’ai donc passé une bonne partie de la journée au MedPi à écouter des marques me parler de leurs produits et en particulier de leurs modèles de draisiennes électriques.

Premier constat, personne ne s’est renseigné sur la législation. pic.twitter.com/2LmwG8JEb8

— Pierre Lecourt (@PierreLecourt) April 2, 2019

Voiepublique.info

Pourquoi avoir fait cette page web et acheté ce nom de domaine ? Je n’ai aucun intérêt à publier ce billet, je ne fais pas de publicité sur ce site et je ne gagnerai donc pas un sou avec cette page. Je ne vais pas en tirer non plus la moindre gloire, ce secteur n’est pas mon coeur d’activité. Je constate simplement que, depuis que j’ai rencontré ces engins électriques en 2019 alors qu’ils étaient présentés à la grande distribution, le scénario que j’envisageais alors se déroule exactement comme prévu parce que personne ne s’intéresse à eux d’un point de vue légal. Tout le monde est trop occupé à faire de l’argent et tant pis pour les “pots cassés”.

2021-06-29 15_51_44Un exemple de mail envoyé à un fabricant après avoir reçu un dossier de presse. Et resté sans réponse.

Prévenir les fabricants ou les distributeurs des divers problèmes de leur offre n’a rien changé. J’ai pourtant essayé de manière plus ou moins fine, allant de la pédagogie jusqu’à la provocation. Comme dit le dicton, l’argent n’a pas d’odeur, alors après tout, si le gosse d’un client se tue avec une draisienne illégale, si un utilisateur de Speedelec abusivement renommé “Vélo électrique” blesse quelqu’un ou si un client se fait confisquer sa trottinette électrique capable d’aller à 45 Km/h, cela ne semble pas être la préoccupation première des marchands et des fabricants.

Acheter ce nom de domaine et le faire pointer vers cette page est donc une solution “alternative” car elle va permettre à tout un chacun de mettre la tête dans la litière de ceux qui font la promotion de ces engins illégaux sur route. Si vous croisez un marchand qui propose ce genre d’engins, vous pourrez le contacter par mail ou via votre média social préféré en lui donnant l’adresse de voiepublique.info et lui mettre le nez dans son caca. 

Un professionnel qui ignorera ces informations sera alors dans une situation compliquée. Soit il continuera à commercialiser ces engins illégaux et se retrouvera en première ligne face à son devoir de conseil, soit il sera forcé de spécifier clairement les limitations d’usage de l’engin. Indiquer que non, ce ne sera pas possible de se balader en ville ou d’aller à l’école avec mais uniquement de tourner en rond dans son jardin pour les clients qui en possèdent un.

La situation deviendra légalement complexe d’un point de vue financier : un client pouvant demander une annulation de la vente faute d’un devoir de conseil suffisant. Ou, en cas d’accident, se retourner contre le marchand dans l’illégalité.

Si ces informations sont suffisamment reprises, transmises et partagées. Si à chaque fois que vous voyez un de ces engins, vous commentez en reprenant ces infos ou en liant cette page. Les parents vont peut être enfin hésiter à fournir à leurs enfants des machines de ce type. Certains vont réfléchir à deux fois avant d’acheter un véhicule à plusieurs milliers d’euros qui pourra être confisqué au premier carrefour venu.

Je n’ai rien à gagner dans cette aventure mais si je peux éviter qu’un môme fasse coucou à un parechoc et que ses frais d’hospitalisation ne soient couverts par aucune assurance, je pense que ce billet en valait la peine.

Pierre Lecourt.

Est-ce que cet engin électrique a le droit de rouler sur la voie publique ? © MiniMachines.net. 2021.

Windows 11 : une mise à jour esthétique et technique

Windows 11 sera une mise à jour de Windows 10. N’ayons pas peur des mots, le changement de chiffre ne reflète pas vraiment un changement majeur du système. Beaucoup de bouleversements esthétiques, des fonctions ergonomiques et de sécurité, des ajouts logiciels et de compatibilité et beaucoup beaucoup de questions.

Windows 11 by Microsoft Softw’Hair, coiffeur-visagiste

Windows 11 a un visage pour le moment, celui de Panos Panay, vieux baroudeur de Microsoft en charge de son système. C’est lui qui a fait le listing des changements ergonomiques et esthétiques de ce nouveau Windows. 

Le nouveau design du système se veut plus proche, plus sensible, plus à même de proposer du confort à l’utilisateur. Derrière ces formulations très subjectives se cache en réalité des ajouts esthétiques dans l’air du temps. Disponibles depuis un moment avec des ajouts logiciels à Windows ou sous Linux et MacOS. Il s’agit de proposer des effets de transparence, des fenêtres aux bord arrondis, des textures, ombres et coloris qui sont dans la tendance du marché. Comme toutes les modes, cette manière de faire sera probablement jugée totalement ringarde dans quelques années mais, pour le moment, c’est probablement ce qui colle le mieux aux études de marché organisées par Microsoft. C’est également un ajustement aux pratiques des utilisateurs. Le format tactile des smartphones ayant modifié les réflexes globaux de la majorité de la population, il est temps de mieux les prendre en compte.

Windows 11

Tout cela se combine évidemment avec des outils immédiatement utiles pour l’utilisateur. L’apparition d’un vrai thème sombre est, par exemple, bienvenu pour ceux qui travaillent tard ou dans une ambiance feutrée. Plus pertinent encore, la possibilité d’organiser plus finement son bureau. Si Microsoft propose depuis des années de coller des fenêtres en demi écran, il sera désormais possible sous Windows 11 de créer de véritables agencements de programmes. Ces “layout” seront conservés comme vos choix par le système et les zones ainsi définies se retrouveront de session en session. 

Cette évolution va dans le sens de l’évolution matérielle, si Windows 11 le propose c’est avant tout parce que les dalles ont également évolué. Impossible de proposer ce genre d’agencement sur un écran HD ou de trop petite diagonale. La mode est au multiples écrans, aux formats très larges ou en UltraHD. Un espace que Windows 10 gère mais n’optimise absolument pas nativement. Avec cette mise à jour on pourra donc, par exemple, ouvrir un document texte à rédiger occupant une moitié de votre écran et positionner, de l’autre, un découpage de plusieurs applications. Une page web par exemple et en dessous un découpage de deux applications avec un réseau social et une fenêtre de vidéo conférence ou un lecteur audio. On pourra également ouvrir trois grandes pages côte à côté : document de travail, outil de programmation et page web de documentation par exemple.

Windows 11

Gros point positif de cette évolution, Windows 11 se souviendra de votre configuration logicielle en fonction de votre matériel. Si vous travaillez sur un portable relié à un ou plusieurs écrans externes, et que vous arrangez la disposition de votre bureau sur  cet ensemble d’affichages, une fois que vous aurez débranché votre portable pour le rebrancher ailleurs, le système replacera l’ensemble de votre agencement de la même manière. Evitant donc de devoir perdre du temps à vous remettre en place pour travailler.

Par ailleurs, si vous utilisez de multiples bureaux, chacun d’entre eux gardera son interface propre. Cela permettra de concevoir un bureau sobre pour la rédaction par exemple, un bureau de  surf et de veille, un bureau de programmation ou un autre de jeu. 

Windows 11

La barre de navigation ne disparait pas avec Windows 11 mais elle se recentre, laissant le bouton démarrer à gauche et les applications dans la foulée. Un changement qui pourra être désactivé si vous voulez conserver vos habitudes. Des retouches cosmétiques parsèment les applications et outils classiques de Microsoft : le gestionnaire de fichiers a le droit à un lifting de la version présente sous Windows 7, la suite Office à un peu de Botox et le bloc-notes à une crème de jour. 

On retrouve également des Widgets, du retour des enfers où Microsoft les avait jetés. Une page de ces outils paramétrables pourra facilement apparaitre ou disparaitre avec vos réglages en matière d’actualité. Votre météo ou des infos spécifiques suivant vos choix. Cet outil pourra être déplacé, dimensionné et adapté de manière très malléable. Microsoft assurera le travail de veille d’actualité de vos widgets par une IA dédiée.

Windows 11

Bref, un gros travail pour rester moderne et agréable, avec probablement des heures d’optimisation en matière d’Interface Utilisateur. Il faudra juger sur pièces pour savoir ce que donneront ces retouches. Vous pourrez le faire dès la semaine prochaine en vous inscrivant au programme Windows Insider… avec votre compte Microsoft.

Windows 11

Windows 8.1, Windows 10, Windows 11 le système parfait pour tablettes

Microsoft renoue avec ses vieilles amours également. Outre les Widgets qui sont ressuscités, le système se veut être l’outil idéal pour les surfaces tactiles des tablettes.  L’interface est censée fonctionner aussi bien au pointeur qu’en utilisant le tactile. La solution trouvée est assez logique, il faut basculer d’un mode “souris” classique à un mode “gros doigts”. Fini les petites case à cocher qui apparaissent sur les icônes des applications quand on utilise un engin tactile. Le mode Tablette de Windows 10 en surcouche du système normal disparait totalement. On basculera vers un changement plus marqué . En utilisation tablette – qui peut être déclenché lorsque vous débranchez vos clavier ou repliez votre charnière à 360° – les icônes s’écartent légèrement pour être pointées sans lancer l’application voisine. Les fameuses “gestures” de Microsoft disponibles sur les trackpads avec plusieurs doigts migrent également sur les écrans tactiles. L’ensemble de l’interface s’adapte au format portrait ou paysage suivant les envies de l’utilisateur avec une détection de la position de votre tablette si celle-ci est munie d’un capteur adapté.

Microsoft promet un clavier virtuel swipe, on pourra naviguer d’une lettre à une autre sans quitter la surface tactile, l’IA du système détectant les mots que vous voulez former. Les stylets sont pris en charge et Microsoft proposera un retour par vibration haptique lors de leur manipulation. Enfin, vous pourrez piloter le système totalement à la voix avec une reconnaissance vocale pour dicter vos notes, faire des corrections de celui-ci et même gérer votre mise en page et ponctuation. 

En parlant de vocal, l’assistante vocale Cortana ne viendra plus vous casser les pieds inutilement pendant l’initialisation du système. Elle sera désactivée par défaut lors de cette étape et ne se mettra plus à beugler pour vous inciter à l’utiliser. Un gros point fort de cette évolution de version pour tous ceux qui installent beaucoup de machines. Au passage, elle n’apparaitra plus non plus dans la barre de tâches au démarrage. 

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L’arrivée des applications Android ? Vraiment ?

Windows 11 va être compatible avec les applications Android. Sur le papier. Je suppose que les parts de marché et la croissance de ChromeOS sur le segment grand public aux US ne cessent pas de faire couler des litres de sueur glacée aux représentant de Microsoft. L’arrivée des applications Android sur le système de Google ayant semble t-il donné des ailes à sa croissance. Microsoft s’est sans doute dit qu’un excellent contre-feu pouvait être lancé en ajoutant à son tour une certaine compatibilité avec Android.

Le Microsoft Store va désormais accueillir toutes les applications Windows. L’idée d’un cordon sanitaire créé par les applications UWA plus sécurisées a été mis à la corbeille et vidé. On pourra aussi bien installer un bon vieux logiciel x86 classique qu’une app dédiée. A condition bien entendu que l’éditeur pousse son logiciel vers le store. Chose qui sera peut être plus rapide que l’on ne croit puisque Microsoft a décidé également de balancer le bébé avec l’eau du bain en redistribuant la totalité du prix de l’application pour l’éditeur au lieu de prendre un pourcentage. Voilà qui devrait largement inciter les éditeurs a se pencher sur ce nouveau moyen de distribution et peut être lui donner l’élan dont il a besoin depuis le début. Le mode “S” de Windows 10 disparaitra également des offres constructeurs. Il ne sera plus lancé par défaut mais pourra être activé come un mode limitant l’usage du système à des applications UWA. Aucun constructeur ne devrait donc livrer de machines Windows 11 S.

Windows 11

Autre nouveauté, si un logiciel est téléchargé depuis le Windows Store, aucun frais ne sera prélevé par Microsoft. A condition qu’il s’agisse d’un vrai logiciel. Et pas d’un jeu. Dans ce dernier cas, une dîme sera bien perçue par l’éditeur. Je suppose qu’une armée d’avocats planche déjà sur les définitions de jeu et de logiciel.

Pour en revenir à Android, Microsoft ne proposera pas un accès à Google Play mais utilise plutôt un subterfuge : le magasin d’applications d’Amazon. Tous les jeux, toutes les applications disponibles sur l’Amazon App Store seront installable sur Windows 11. Il ne sera, à priori, pas possible d’installer un .apk  téléchargé à part ni d’aller piocher directement sur le store de Google. Cette compatibilité avec les applications Android fonctionnera tant que les développeurs des applications le tolèreront. Certains ne voulant pas avoir a gérer l’inévitable pluie de mauvaises notes liées à l’incompatibilité de leurs apps avec le très protéiforme monde PC.

La compatibilité Windows 11 et Android est donc pour le moment au mieux un canard à trois pattes. Le risque étant pour Microsoft que tout le monde déserte son propre Store pour passer chez Amazon. 

Windows 11

Intégration de Teams, Windows 11 sort le pied de biche

Microsoft aurait bien voulu que Teams devienne l’application phare de vidéoconférence utilisé pendant la pandémie. Lorsque tout le monde cherchait par quel moyen appeller Papy et Mamie, comment joindre “Jean-Paul-des-achats” ou se faire un apéro-web entre copains autour d’autant de PC. Manque de bol, ce sont d’autres outils qui ont été découverts et retenus par le grand public. Apple a annoncé il y a peu la compatibilité des systèmes Windows et Android avec sa propre application FaceTime. Microsoft annonce un Teams compatible avec Android et iOS.

Windows 11

Mais surtout Teams sera intégré par défaut dans Windows 11. Il ne s’agira plus d’une application à télécharger après l’installation. Elle sera présente dès le lancement de la machine et visible dans la nouvelle barre de tâches. La bonne vieille méthode du Bloatware qui charge le système d’exploitation d’outil que l’on veut promouvoir. Pour rendre son usage plus populaire, Microsoft insiste sur ses fonctions de messagerie instantanée. Une utilisation très prisée du grand public qui permet de dépoussiérer quelque peu l’image que l’on se fait de Teams. Un outil Windows, bien pratique pour les administrateurs réseau a installer et qui sert surtout en entreprise pour fliquer des réunions professionnelles… Autrement dit, il va encore y avoir du travail pour que junior abandonne Whatsapp pour Teams. Sauf pour appeller Papy et Mamie puisque, au moins, on sera sûr qu’ils l’ont préinstallé sur leur machine ? Enfin, ce dernier point n’est pas certain.

Windows 11

Un système plus malin, plus réactif mais aux exigences plus poussées

Tout le monde ne basculera pas vers Windows 11. La mise à jour sera bien gratuite et ouverte à tous mais les points techniques nécessaires seront plus difficile a tenir ce qui rendra le système plus élitiste. Windows 10 a été une vraie bonne surprise d’un point de vue compatibilité, Microsoft ayant revu, à force d’optimisations, les exigences de Windows plus faibles. 

Windows 11 remontera le niveau d’un cran, pas spécialement au niveau des capacités de calcul de l’engin mais plutôt à cause de certains à côté. La puce minimale pour faire tourner le système sera assez sobre. Un simple processeur double coeur, compatible 64 bits et cadencé à 1 GHz suffira. Autrement dit, un maigre Celeron N4100 de 2017 est suffisant pour piloter le système. Il faudra lui ajouter un minimum de 4 Go de mémoire vive et un stockage de 64 Go. A priori rien d’impossible donc, même pour les machines sorties il y a déjà quelques années.

Là où cela se complique c’est dans les exigences annexes, non pas celles de performances de calcul pures mais sur les compatibilité d’affichage et de sécurité. Il faudra en effet disposer d’une solution graphique compatible DirectX12 mais également proposer un pilote certifié WDDM 2.0. Un détail qui ne devrait pas émouvoir les puces graphiques, même les plus anciennes. Notre bon vieux Celeron N4100 Gemini Lake répond à ces exigences par exemple. Cela dit il faut également que le pilote de votre solution graphique soit à jour. Certaines solutions très anciennes, lancée de 2012/2013 sont en effet compatibles en théorie mais leurs pilotes ne sont pas forcément à jour.

Dernier point, Microsoft force l’usage d’un écran supérieur à 9″ de diagonale au minimum en 720P et 8 bits. Cela semble coller avec la logique des fonctions d’arrangement d’applications du système mais posera évidemment problème aux développeurs de solutions ultra ultra portables à terme.

Module TPM

Dernier point materiel, non des moindre, Microsoft demandera un module de sécurité par chiffrement TPM 2.0 pour que la mise à jour puisse s’installer. Ce module de sécurité n’est pas présent sur les engins les plus anciens et si certaines cartes mères proposeront des ajouts matériels sous la forme de petites cartes a brancher sur des broches dédiées pour pouvoir le proposer, cela ne sera pas le cas de toutes les machines. Encore moins des solutions mobiles ou des MiniPC. Dès lors, cela obligera les utilisateurs de machines trop “anciennes”, dépourvues de ce module et n’ayant aucun moyen de le rajouter, de se passer de la mise à jour. A moins que ? A moins qu’elle puisse bénéficier d’une solution exploitant leur processeur. Intel avec son format PTT et AMD avec son fTPM proposent dans leur puces des solutions compatibles TPM 2.0. Pour en avoir le coeur net, Microsoft propose un outil téléchargeable a installer sous Windows pour déterminer si votre PC est compatible ou non avec la mise à jour. Grand prince, l’éditeur ne demande pas a aller le télécharger sur leur store.

En vérité, cela fait près de 5 ans que les constructeurs intègrent, à la demande de Microsoft, un module TPM 2.0 dans leurs  engins. La seule différence entre Windows 10 et Windows 11 est l’obligation imposée désormais par le système d’utiliser ce module. Dans l’absolu, cela forcera les constructeurs a proposer par défaut un module TPM 2.0 activé sur tous les engins prétendant à Windows 11 ce qui n’aura pas que des effets négatifs. Le TPM assurant une meilleure sécurité dans vos échanges de données. Il est enfin fort possible que votre materiel soit compatible avec cette technologie, qu’un module TPM 2.0 soit présent dans votre solution si elle n’est pas trop ancienne. Mais il est également possible que celle-ci ne soit pas activée. Inpact-hardware a fait un très bon article sur le sujet pour savoir si votre plateforme est bien compatible et si votre module TPM est activé. Microsoft exigera également  une connexion à internet pour l’installation de Windows 11. Ce qui sous entend fortement l’obligation de passer par un compte de l’éditeur.

Je me demande si ces mesures n’ont pas également un but commercial pour Microsoft. Une solution pour contrôler qui installe une licence de Windows 11 et vérifier sa provenance. Est-ce que l’éditeur veut enfin réguler le marché secondaire des licences de son système vendu à bas prix sur de plus en plus de plateformes ? Il sera intéressant de surveiller ce point si vous avez obtenu une licence de ce type.

Windows 11

Et si je n’ai pas le droit à Windows 11 que va t-il m’arriver ?

Microsoft continuera d’assurer les mises à jour de Windows 10 jusqu’en octobre 2025. Windows 11 étant basé sur le même coeur il n’y a pas d’inquiétudes à avoir sur ce poste pour le moment. Je suppose que des méthodes diverses et variées émanant de divers programmeurs permettront de retrouver la nouvelle interface de Windows 11 sur un PC sous Windows 10 assez rapidement, bien entendu si votre machine est compatible et que la mise çà jour gratuite vous attire, cela sera plus simple de basculer de 10 vers 11 que de modifier votre système.

Pas d’inquiétude de compatibilité a avoir pour vos accessoires et outils non plus. Si Windows 11 s’installe sur votre machine, alors il fera tourner tout ce que fait tourner Windows 10 : imprimante, scanner, extensions USB, cartes et  autres outils. Si vous venez d’un système plus ancien que Windows 10 il vous faudra vérifier la compatibilité de vos périphériques. comme cela était également nécessaire avec le passage vers Windows 10.

Sera t-il toujours possible de trouver un PC neuf sous Windows 10 l’année prochaine ? Difficile de répondre à cette question. Il est probable que des constructeurs continuent de vendre des engins sous Windows 10 mais le choix devrait rapidement être réduit à peau de chagrin. L’essentiel du marché des fabricants voulant en général profiter de la locomotive marketing de Microsoft.

Amazon détruit toujours autant de produits invendus

50% des produits détruits par Amazon sont neufs, même pas déballés. L’autre moitié concerne des produits retournés par des consommateurs ayant changé d’avis. Un reportage d’ITV News montre l’ampleur des dégâts écologiques et économiques provoqués par Amazon, un mouvement qui semble accélérer et devenir fou.

Ce sont les Prime Day, des promos par milliers que je relaie d’ailleurs bien volontiers. Des prix très intéressants et un service souvent impeccable font de cet évènement un incontournable pour les membres Amazon Prime. De mon côté, je ne m’en cache pas, l’affiliation générée par les ventes de ces deux journées sert de poumon au fonctionnement du site. Mais il ne faut pas pour autant perdre de vue certains côtés sombres de la plateforme. 

Amazon gâche, ce n’est pas nouveau. J’ai publié un billet sur le sujet en Janvier 2019, lorsque M6 avait filmé les pratiques de la marque qui détruisait des produits neufs dans ses entrepôts français. Je concluais de manière assez claire ce billet : si Amazon détruit des produits pourtant parfaitement neufs et exploitables c’est parce la logique économique le décide ainsi. Il est plus rentable pour Amazon de détruire des milliers d’euros de valeur marchande que de les donner, les recycler ou simplement les stocker jusqu’à ce qu’ils se vendent. Comme la rentabilité est la pièce maitresse de notre société et que l’impact écologique de cette destruction n’est pas pris en compte, il n’y a aucune raison que cela change. Même si c’est absurde, même si c’est immoral.

Aujourd’hui, nouveau reportage au Royaume Uni avec exactement les mêmes pratiques. Des centaines de milliers de produits sont systématiquement détruits par la plateforme chaque semaine, des millions chaque année. La moitié sont totalement neufs, juste invendus. L’autre moitié sont des retours clients que la plateforme n’a pas réussi à redistribuer. Le reportage tourné dans l’entrepôt Amazon de Dunfermline en Ecosse montre que des téléviseurs, des ordinateurs portables, des tablettes, des drones, des casques audio, des disques, des centaines de produits dont des milliers de masques chirurgicaux sont détruits.

Amazon

La raison est toujours la même et ne changera pas. Pas plus en 2019 qu’en 2021 en tout cas. Stocker ces produits a un coût et si personne n’en veut, il faut faire de la place. Il est plus rentable de les détruire pour renouveler le stock que de conserver ce stock. Aussi tout part, dans le meilleur des cas, au recyclage et dans le pire, à la décharge.

Les questions habituelles sont toujours  les mêmes : ne serait-ce pas mieux de redistribuer ces biens vers des organismes permettant d’équiper des gens n’ayant pas les moyens d’acheter ces produits ? Vers des écoles ? Des organismes publics ? D’un point de vue moral et écologique, c’est l’évidence. Extraire des matières premières, utiliser de l’énergie pour les transformer en écran de télé géant, le transporter sur de longues distances pour finir par l’enfouir dans le sol à l’autre bout de la planète est absolument absurde. Mais économiquement… Donner une télé 75″ au lieu de la détruire, c’est réduire la valeur de toutes les télés. Donner des masques chirurgicaux, c’est en vendre moins. Donner des ordinateurs, c’est perdre de l’argent sur les ventes des autres machines. 

Amazon

Et le don a un coût qui peut être plus élevé que la destruction. Il faut trier, emballer, transporter, gérer… Il est souvent bien plus économique de tout balancer en vrac dans une grosse benne, à charge ensuite à l’entreprise de recyclage de gérer tout cela à ses frais.

Comme ITV News le remarque, rien dans la loi n’interdit cette pratique. Pas plus en Ecosse qu’en France. Pas plus en 2019 qu’en 2021. Certains produits sont bien redistribués à des organismes gratuitement, Amazon essaye de revendre les produits déballés en sacrifiant ses marges au maximum1avec des promotions sur les produits remballés. 

Est-ce que c’est moral ? Non. Ecologique ? Non plus. Mais économiquement, c’est, semble t-il, la seule marche à suivre pour gagner plus d’argent encore… ou pour ne pas en perdre. Et tant que la situation écologique n’aura pas suffisamment basculé vers un monde invivable, où ce genre de pratique sera considérée de la même manière qu’on appréhende les crimes aujourd’hui, cela ne changera pas.

La seule réponse à ce genre de pratique ne peut être que politique. Amazon est encore pointé du doigt ici mais cette situation se retrouve partout dans la grande distribution. En 2019, je m’étonnais de lire les mots de la secrétaire d’état à la transition écologique qui prétendait être choquée par les images de M6. Le moindre tour du côté des poubelles d’une grande surface dresse pourtant le même portrait. Les entrepôts des grands magasins de VPC Français procèdent de la même manière. C’est la seule logique économique qui compte et elle ne se pose pas trop de questions morales ou écologiques. 

Amazon

La Loi évolue en France mais ne va quasi rien changer

Du reste, qu’ont fait les politiques depuis le reportage de M6 en 2019 pour lutter contre ce type de pratique en France ? Pas grand chose. Amazon travaille vraisemblablement de la même manière aujourd’hui et personne n’y trouve rien à y redire. Je suppose que les contrôles pour faire entrer une caméra cachée se sont améliorés, c’est peut être le seul vrai bouleversement qu’aura provoqué le reportage de M6. Reportage que je n’ai pas réussi a retrouver en ligne aujourd’hui…

La “loi économie circulaire” est censée améliorer la situation. Mise en chantier en Juin 2019, elle veut interdire la destruction des produits invendus non-alimentaires. La mesure veut encourager le don en faveur des associations. Mais se contentera tout à fait d’un recyclage qui est… encouragé. Le législateur veut également que les industriels gèrent mieux leurs stocks pour éviter toute surproduction. Cette mesure doit entrer en vigueur le 31 décembre 2021 pour les produits REP (responsabilité élargie du producteur) et au 31 décembre 2023 pour les autres produits.

Amazon

En pratique pour Amazon et les places de marché, que va changer cette loi ? Rien.

La marque sera responsable au 31 décembre 2021 des produits “Amazon”, ceux-là même qu’elle conserve le plus longtemps et parvient à écouler en promotion. La précédente génération de Kindle ou le Fire TV Stick à prix cassé trouvent toujours preneur. Les produits Amazon Basics resteront un peu plus longtemps sur une étagère avant que la nouvelle gamme les remplace. Amazon sera aux petits soins pour ses produits à la fin de l’année comme elle l’est déjà maintenant. Les produits importés par des marques ayant pignon sur rue en France comme Apple, Asus ou HP seront également mieux traités, comprenez “recyclés” et non plus “détruits”.

Mais pour toutes les autres marques, tous les trucs vendus en place de marché ? Rien ne changera avant la fin de l’année 2023. Des millions d’autres produits seront encore détruits légalement sans problèmes.

Et au premier janvier 2024 alors ? Pas grand chose de mieux. Les produits partiront au recyclage au lieu de partir à la benne. Cela revient quasiment au même pour beaucoup de ces invendus. Pour certaines sociétés spécialisées, le recyclage consistera à remettre les objets dans un bateau pour qu’il retraverse le globe avant de polluer un pays pauvre. Bouclant ainsi la boucle de notre logique économique. 

D’ici 2023, Amazon aura peut être acheté une société de recyclage dans chaque pays où la marque est implantée. Rajoutant alors un service supplémentaire à sa chaine logistique : vente, stock, promotion, distribution et destruction des produits de ses partenaires. En imaginant que 100% des produits neufs ou à peine déballés détruits en France soient recyclés, quel service on aura rendu à la planète ? Aucun, il aurait mieux valu ne pas les produire à la base. C’est une des autres idées de la loi mais elle ne s’applique pas aux géants du eCommerce qui fonctionnent en place de marché. “Mieux gérer ses stocks” ? Pour une entreprise qui envoie une palette de produits électroniques noname depuis la Chine vers la France pour une distribution locale ? Cela ne veut rien dire.

L’illustration de ce billet est un meme bien connu mais on oublie souvent de citer son auteur : KC Green

Amazon détruit toujours autant de produits invendus © MiniMachines.net. 2021.

Faux avis : Amazon ne rigole plus du tout (MAJ)

Mise à jour : La marque de solutions Audio TaoTronics a également subi les foudres d’Amazon et a totalement disparu du catalogue du marchand. Encore une fois, il s’agit d’une excellente marque avec de très bons produits, qui disparait à cause de pratiques déloyales vis à vis des autres acteurs vendant sur la plate forme. 

Coup de semonce ? Effet d’esbrouffe ? Ceux qui pensaient que la réaction d’Amazon le mois dernier était surtout un effet d’annonce en sont pour leurs frais. Les sociétés recourant aux faux avis positifs sont devenus persona non grata sur le site du commerçant US. Pour preuve, c’est au tour de RAVPower de voir son catalogue disparaitre de ses pages.

Following my fake review story, listings for Amazon-native electronics brand RAVPower are gone.

The company offered $35 gift cards for reviews on a product that was sold directly by Amazon itself. RAVPower acted as a wholesale vendor on that listing.https://t.co/6nazZZ5Wtb pic.twitter.com/znp9u48YHV

— nicole nguyen (@nicnguyen) June 16, 2021

Même pratique, même punition, RAVPower glissait des petites cartes dans ses colis, demandant au client final un avis positif sur ses produits en échange d’une carte cadeau au montant qui pouvait être parfois assez élevé. La journaliste Nicole Nguyen du Wall Street Journal a reçu une de ces cartes et en a profité pour tester la pratique. Rédigeant un faux avis positif pour chargeur rapide RAVPower sur Amazon. Elle a ensuite publié son histoire sur le site web US du journal, expliquant au passage tout le processus. 

On retrouve la même méthode que pour la première vague de bannissement. Après rédaction du faux avis, on envoie les informations à l’adresse demandée sur la carte et on reçoit un code permettant de récupérer une carte cadeau d’une valeur pouvant être assez élevée. Le produit RAVPower en question pouvait certainement se passer de cette pratique puisqu’il avait déjà 9800 avis et 5 étoiles au moment où la journaliste passait sa commande.

Le résultat ne s’est pas fait attendre, après la publication de son histoire, Amazon a sanctionné RAVPower de la même manière qu’elle a sanctionné Aukey en mai dernier. La disparition pure et simple de la totalité du catalogue du marchand. Comme la première fois, certains produits subsistent sur les pages du marchand, ceux vendus par des sociétés tierces qui n’ont pas à subir les conséquences de ces mauvaises pratiques. 

RAVPower

Mais toute la construction de la marque, sa bonne image, son marketing, le travail d’optimisation dans les moteurs de recherche de leurs pages, les milliers de questions clients auxquelles les équipes de RAVPower ont répondu et surtout les fameux milliers d’avis payés forts chers ont tous disparu. Une trésor inestimable qu’il sera difficile, voir impossible, de reconstruire.

Pour RAVPower c’est un coup dur, comme cela l’a été il y a un mois pour Aukey ou Tacklife en France. Ces marques n’ont, à ce jour, pas refait surface sur Amazon ni ailleurs. On retrouve ici le fameux mythe d’Icare et de ses ailes qui, s’approchant trop près du soleil, fini par les perdre et mourir. On a du mal a comprendre pourquoi RAVPower a pu continuer à proposer ces petites cartes demandant de faux avais après la mésaventure de marques comme Aukey ou Mpow qui ont fait grand bruit outre Atlantique. Peut être est-ce dû à une pratique trop généralisée pour rapatrier de vieux stocks d’Amazon vers un entrepôt pour enlever les cartes encore présentes ? La marque espérant passer entre les gouttes avec ses vieux stocks. Pari perdu donc pour RAVPower et règle établie par Amazon.

Qui se fera prendre la main dans le sac à tricher de la sorte se fera sanctionner. Une assurance pour les acheteurs de la plateforme de ne pas être trompé par de faux avis. 

Amazon

Comment se démarquer aujourd’hui sur Amazon ?

Reste ce gros problème que rencontrent ces “petites”1 marques sur Amazon. Comment se faire connaitre sur une plateforme qui pullule désormais de produits plus ou moins identiques ? Si il y a quelques années des sociétés comme Aukey ou RAVPower ont pu commencer à s’implanter et à se faire connaitre, c’était avant que la plateforme de vente se mette à simplifier au maximum ses démarches, permettant à n’importe qui d’importer une palette de produits dans ses stocks et à les écouler sur ses pages. Certaines batteries n’ont tout simplement aucune marque, le vendeur se contenant de lister une série de produits de fabricants différents.

Une recherche avec les mots clé “Batterie USB” sur le site nous donne idée de la difficulté rencontrée aujourd’hui pour émerger sur les pages d’Amazon. Cette simple recherche fait apparaitre des centaines de références dont la grande majorité sont proposées par des marques inconnues voir pas de marque du tout. La grande majorité de ces solutions ont pourtant des milliers d’avis et souvent de très bonnes notes. Difficile de comprendre comment une marque au nom imprononçable peut récolter presque 5000 évaluations positives avec un produit sans aucun point fort particulier.

Bien entendu, il reste une méthode pour “briller” sur Amazon. La solution classique qui consiste à passer à la caisse pour apparaitre dans les zones sponsorisées du marchand. Un  jeu qui en vaut peut être la chandelle pour lancer un produit mais un jeu couteux par rapport à l’impression des petites cartes qui demandent au client final de rédiger un avis positif. Surtout que le prix de ce remboursement est absorbé par la marge faite sur le prix de vente.

RAVPower

On pourrait se dire qu’au lieu de rembourser 35$ sur un chargeur mural rapide, RAVPower pourrait simplement baisser le prix de son chargeur ? Cela aurait plus d’impact ? Oui et non, d’abord parce que cela ne permettrait pas à la société de se démarquer du reste des autres chargeurs du marché. Ensuite, parce que le client final ne cherche pas forcément le meilleur prix mais plutôt une bonne affaire. Proposer son produit à 35$ de moins classe celui-ci dans la catégorie de l’entrée de gamme et non pas dans celle d’un bon produit remisé. Les marques qui veulent se construire une réputation préfèrent largement proposer des prix plus élevés et des remises ou des codes promo2 que de disparaitre dans les profondeurs des listings des produits noname qui ne se battent que sur le tarif.

Quelle alternative alors ? C’est la grande question du moment. Certaines marques vont rebondir comme elles peuvent en transformant tout simplement leurs produits X en produits Y et recommencer leur travail de reconnaissance du mieux qu’elles pourront. Certaines qui ne se sont pas fait prendre avec la méthode de la petite carte cadeau vont développer de nouvelles pratiques de fraude aux faux avis en inventant des méthodes plus discrètes.

Certaines autres vont tout simplement abandonner Amazon. Chez AliExpress on se frotte les mains. Le géant du ecommerce Chinois construit brique par brique un empire en Europe et devient de plus en plus grand public. Ses entrepôts et sa logistique ne sont pas au niveau d’Amazon, son image n’est pas du tout celle du commerçant US mais petit à petit, le nom de domaine qui s’échangeait entre spécialistes il y a quelques années, est devenu beaucoup plus courant.

Amazon ne peut pas offrir plus de visibilité à certaines marques qu’a d’autres, cela irait à l’encontre de son business model, mais cela va également finir par être un handicap. Le seul moyen pour un produit noname ou une marque internationale d’apparaitre dans les premièrs résultats du site est bel et bien de passer, d’une manière ou d’une autre, à la caisse. 

Faux avis : Amazon ne rigole plus du tout (MAJ) © MiniMachines.net. 2021.

SteamPal : et si Valve fabriquait sa propre console PC mobile ?

SteamPal, un compagnon pour votre compte Steam ? C’est ce nom de code qui semble être retenu par Valve pour concrétiser un projet de console PC mobile. Un engin qui viendrait se positionner auprès de produits déjà existants comme la Aya Neo, la GPD Win 3 ou la OneXPlayer

La OneXPlayer sous Intel Tiger Lake U

C’est un projet intéressant à suivre car il concrétise des avancées déjà largement pressenties par ces “petits” acteurs du marché Chinois. L’agilité des petites marques comme GPD ou One Netbook leur permet une phase de R&D et de développement rapide. Le fait d’employer systématiquement un financement participatif pour lancer leurs produits permet également de jongler plus facilement avec les éventuelles difficultés financières. Les composants existent, les dernières évolutions matérielles le permettent, il est temps de se mettre à l’ouvrage et de sortir une console mobile “format switch” avec le coeur d’un ordinateur x86 traditionnel. C’est, en gros, la logique de ces marques.

Pour SteamPal, c’est un autre projet. L’envergure de Valve est différente et si on entend parler du projet aujourd’hui, cela signifie que le produit est en chantier depuis un bon moment. La marque préparerait donc un engin mobile, équipé d’une puce récente dont on n’a pour le moment aucune idée, permettant de jouer en mobilité grâce à une interface de type manette. L’écran serait tactile et une batterie intégrée à l’engin permettrait d’obtenir une autonomie complète de plusieurs heures. techniquement, tout cela est parfaitement faisable dès aujourd’hui.

La Steam Machine de Valve

Valve n’est pas à son coup d’essai en terme de matériel et on sait que la marque est capable de mener à bien ce genre de projet. Mieux, si on regarde en arrière ses précédentes productions, on peut avoir des indices intéressants concernant un futur possible de ce projet. 

La vidéo de Big Picture de Valve souffle sa neuvième bougie.

En 2012-2013 sortaient Steam Machines, SteamOS et BigPicture. Première intention d’indépendance de Valve. La création de SteamOS, une distribution Linux pour piloter l’univers logiciel de la marque a enclenché un petit mouvement auprès de différents acteurs du marché. De gros constructeurs comme des petits assembleurs ont retroussé leurs manches pour proposer des solutions de MiniPC équipé de ce système. Valve ne s’est pas spécifiquement engagé dans la partie matérielle de cette aventure mais a épaulé beaucoup de constructeurs pour proposer une solution logicielle autonome qui rapproche l’usage d’un PC de l’esprit d’une console. De cette aventure, il est surtout resté Big Picture, une solution permettant de piloter Steam à la manette en plein écran à la manière d’une console de jeu. Valve a bien entendu présenté un prototype avec sa SteamBox mais l’objet n’a jamais été commercialisé.

En parallèle de ces annonces est né le Steam Controller, une manette de jeu qui n’est aujourd’hui plus commercialisée par la marque et qui permettait de piloter SteamOS et son mode Big Picture. Cette création matérielle de la marque a été une première expérience très complète et probablement une formation en profondeur quant à la fabrication d’un produit grand public. Valve y aura gagné en expérience et aura des compétences pour intégrer les éléments de jeu nécessaires à un SteamPal. La vidéo ci-dessus me fait toujours autant d’effet. Cette création d’une usine sur mesures pour assembler la manette de jeu montre à quel point ce type de production peut être souple désormais. La production finie, les robots employés par Valve sont repartis vers de nouvelles aventures.

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En 2015, Valve lance le Steam Link, un boitier permettant de streamer le contenu de vos jeux en provenance d’un PC exécutant Steam. Une solution parfaite pour intégrer les compétences d’une machine gamer bruyante dans un salon. Le petit boitier fonctionne bien mais il est peu a peu abandonné par la marque qui préfère développer des applications du même nom pour piloter le service. Il est officiellement abandonné en 2018 et vendu alors une bouchée de pain en déstockage.

Depuis Valve a arrêté les développements matériels et l’apparition dans le code source de Steam d’un appareil appelé “SteamPal” a suscité bien des curiosité ces dernières 24 heures. Le scénario le plus souvent repris est donc celui d’une Switch-Like au format PC. Une console de jeu mobile et indépendante permettant de lancer une foule de titres nativement sur l’appareil. Les progrès réalisés par AMD et Intel ces dernières années en terme de performances graphiques et en consommation font de ce scénario quelque chose de tout à fait crédible.

Avec un peu de recul, cette idée est même un moyen de réunir tous les projets de la marque : SteamPal pourrait être le point culminant des intentions de Valve depuis des années. L’engin pourrait s’affranchir de Microsoft et tourner sous Linux avec le soutien de Proton, une solution Open Source permettant aux applications et jeux prévus pour Windows de tourner dans Steam sous Linux avec des développements visant à améliorer les performances graphiques de l’ensemble. Il permettrait également de recycler l’expérience acquise avec les manettes de jeux de la marque.

SteamPal offrirait, en outre, la possibilité de jouer en streaming au fond de son canapé. Soit en utilisant un composant matériel dédié, une puce à quelques euros qui permettrait de ne pas  solliciter trop la machine et donc d’obtenir une bonne autonomie. Soit grâce à un outil logiciel plus classique. Enfin, l’objet permettrait d’amener les jeux de Steam dans les salons, la volonté première des Steam Machines, grâce à un simple dock à la manière d’une console Nintendo Switch. Dans cette position, on pourrait jouer en direct ou en streaming sans aucun soucis, avec des manettes classiques ou en utilisant une des nouvelles manettes dont Valve a déposé le brevet en 2020 sans la commercialiser pour le moment.

Steam Box

Gabe Newell ne nie pas l’existence d’un projet console du type SteamPal

Gabe, le patron de Valve, Newell répondait à des questions lors d’une conférence en Nouvelle Zélande un peu plus tôt ce mois-ci. A une personne qui l’interrogeait sur le futur possible développement d’une console de jeu maison, le co-fondateur de Valve répondait en bottant en touche. Sa phrase étant à la fois une invitation à attendre et une confirmation de l’existence d’un projet. “Vous aurez une meilleure idée [d’un projet de ce type] d’ici la fin de l’année… Et ce n’est pas forcément ce à quoi vous vous attendez. Mais vous vous direz “Ah-ha ! Maintenant je vois de quoi il voulait parler”.

On ne sait toujours rien de concret concernant ce produit ni des intentions de Valve. Mais je me souviens d’un de mes profs préférés, un prof de dessin et d’histoire de l’art, qui nous racontait que des courants de peinture, de sculpture, de musique et de design n’étaient pas nés d’un seul cerveau au fond d’un atelier unique mais  qu’ils coïncidaient avec un moment, un faisceau d’éléments qui se liaient. Ce que l’on appelle en général “l’air du temps”.

GPD Win 3

La GPD Win 3 sous Intel Tiger LakeU

Si on découvre aujourd’hui les créations de consoles mobiles de GPD, de One Netbook ou de Aya qui se déploient toutes ensemble. Si la console Smach-Z n’a pas pu sortir finalement, c’est pour la même raison. Il fallait qu’un ensemble de points techniques soient réglés pour que les produits puissent réellement exister. Si on parle de SteamPal aujourd’hui, c’est parce que le produit est techniquement possible : dans “l’air du temps”. 

Quand le faisceau de compétences techniques et logicielles est en place, les cerveaux se mettent en marche et commencent à assembler les briques nécessaires. Quand Intel et AMD ont commencé à proposer des puces capables de piloter des jeux x86 avec un très faible TDP, quand les écrans IPS, le stockage, la mémoire vive et les batteries ont vu leur prix largement baisser… Qu’il a été possible d’envisager des machines sérieuses qui ne dépassent pas le prix d’un ultraportable haut de gamme, c’est là que les différents acteurs de ce nouveau marché ont émergé.

Les petits acteurs agiles en premier, parce que ce sont les plus rapides sur ce type de développement. De plus gros joueurs comme Valve dans la foulée parce que développer ce type de solution colle parfaitement à leur objectif.

Aya Neo

La AYA Neo sous Ryzen 5 4500U

Quel avenir pour SteamPal et pour ce nouveau marché ?

Au vu du passé de Valve et de son modèle économique, je ne peux m’empêcher de penser à SteamPal comme à une catégorie de produits plutôt qu’un simple PC mobile. Et si ce nom de code proposait une “recette” à destination des autres constructeurs à la manière des Steam Machines ? une solution “clé en main” à développer pour proposer sa propre console de jeu mobile ? Des marques comme Alienware, Asus, Acer, HP, Lenovo et consorts pouvant s’appuyer dessus pour créer leur propre engin de ce type.

 

Difficile de voir l’avenir de ces solutions à partir de si peu d’informations mais tout semble laisser penser que, quelque soit le scénario au final, ce sera positif pour ce marché. Si Valve se pose en concurrent des acteurs actuels, cela forcera des ajustements de prix et de compétences. Si Valve propose une solution poussant à une plus forte concurrence encore, cela étoffera la gamme de nombreuses propositions matérielles.

Dans tous les cas, les joueurs en sortiront gagnants.

Source : Ars Technica

SteamPal : et si Valve fabriquait sa propre console PC mobile ? © MiniMachines.net. 2021.

Disparition d’Aukey et Tacklife… Amazon et la guerre des étoiles

Les avis sur les sites marchands, c’est l’équivalent du bouche à oreille dans la vraie vie. La bonne adresse que l’on se refile entre amis, le restaurant qu’on a déniché par hasard, la petite boutique cachée en fond de cour ou le bon plan du moment. C’est le genre d’info qui vaut de l’or et le monde de la publicité le sait bien. Le nombre de spots TV qui mettent en scène ces confidences ou de spots radio qui font parler deux personnes qui s’échangent une adresse en sont de bons exemples.


Bref, cette idée de l’avis d’un tiers, d’une personne plus que d’un marchand, c’est un point essentiel dans la transformation vers l’achat. Un point que les sites de eCommerce ont voulu proposer à leurs clients. Sollicitant au passage de toutes les manières possibles les acheteurs pour qu’ils livrent leur expérience. Et on a vu fleurir des la fin des années 90 les avis en commentaires de fiches produits, derrière les descriptions des marques et les fiches techniques.

Il est facile de comprendre pourquoi : les avis clients ont deux gros avantages. Ils laissent ce sentiment de confiance quand l’information est donnée d’un client à un autre client et non pas par une marque. Une sorte d’égal à égal comme ce type qui vous dit au rayon bricolage de ne pas prendre tel produit mais plutôt celui d’à côté. Parce qu’il a testé les deux et le second est beaucoup mieux. Mais surtout cela permet de profiter d’un conseil venant de quelqu’un qui a vraiment testé le produit. Quelqu’un capable de voir ses défauts réels ainsi que ses qualités. Au contraire des gens qui écrivent les fiches techniques en se basant sur les informations du fabricant. Les internautes voient des détails pratiques qui échappent totalement aux rédacteurs. 

Cette apparition des avis produits a immédiatement entrainé bien des dérives. De la plus classique qui consiste à classer les avis par ordre décroissant et non pas par ordre chronologique, privilégiant ainsi sur la première page les avis “5 étoiles” tout en rendant invisibles les avis négatifs. A la traditionnelle “technique”, née en même temps que la publication de ces témoignages, de censure. On ne publie que les avis positifs, les messages trop problématiques sont simplement ignorés par l’équipe de modération du marchand. La création du format “Avis client” a été biaisée dès le départ.

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La dérive des faux avis : de l’artisanat des débuts au modèle industriel actuel

Très vite, les marchands, comme les marques, ont compris le bénéfice qu’il y aurait à publier des avis positifs à la place de leurs clients. Je me souviens des débuts de cette dérive avec presque une certaine nostalgie. Les avis rédigés par les marques sur leurs produits étaient souvent dithyrambiques. On avait là une prose qui ne laissait aucun doute sur la rédaction par une équipe de communicants même si le message était signé par Marlène78 ou Jean-Mich44. D’autres copiaient-collaient le même avis, sous différents noms, sur toute leur gamme et sur tous les produits. Cela vous parait un peu gros ? Rappelez vous qu’en 2020 on surprenait toujours des adresses IP en provenance de l’Assemblée Nationale qui viennent caviarder des pages Wikipédia d’hommes politiques.

Publier un avis, quand c’était bien fait, pouvait avoir un gros impact sur les ventes. Au début des années 2000, j’étais payé – entre autres – pour donner mon avis et faire des tests de produits chez mes employeurs. Pas de manière détournée, de manière très clairement indiquée, je publiais des photos et des textes intégrés à la manière d’un blog au sein du site de vente où je travaillais. En général, ce type de test augmentait le volume de ventes de manière spectaculaire. Cela permettait également de faire découvrir des nouveaux produits ou des marques totalement inconnues. Evidemment, cela impliquait de me verser un salaire car on ne fait pas ce genre de test aussi facilement que l’on fait un copié collé de fiche produit.

Grande a été ma surprise un jour au début des années 2000 de découvrir chez un concurrent un de mes tests ré-écrit en grande partie et publié sous le pseudo d’un inconnu comme un avis client. Contacté le site de vente m’a assuré qu’il s’agissait d’un client et pas de son fait. Je ne saurai jamais qui a publié ceci, la marque en question n’ayant pas d’antenne en France, mes doutes étaient assez dirigés contre le marchand. 

Je me suis alors penché sur les avis de nombreux sites pour découvrir à quel point le fond de certaines pages web était déjà bien marécageux. Faux avis, mauvaises traductions de tests en anglais intégrés comme des témoignages client, texte sans queue ni tête pour juste donner 5 étoiles… Les marchands et les marques avaient déjà bien compris l’intérêt de mettre en avant les étoiles et de cacher les avis correspondants. Ou celui de choisir un avis très positif à pousser en avant et à le placer entre guillemets.

C’était mignon, très artisanal et cela avait probablement autant d’impact que le vendeur de bagnoles qui vous prend par l’épaule en vous expliquant que cette vieille carrosserie rouillée, c’est l’affaire du siècle. Ces avis bidons étaient tellement grossièrement trafiqués que presque personne ne pouvait les prendre pour argent comptant.

droit de rétractation

Et puis les marques ont compris. Bidonner des pseudos témoignages de cette manière ne servait a rien. Pire, cela les desservait plus qu’autre chose. Je me souviens en avoir parlé avec une marque qui m’expliquait avoir arrêté ce genre de pratiques. Pourquoi ? Pas par état d’âme mais pour des raisons très simples. Si les ventes augmentaient bel et bien sur certaines campagnes de faux avis, cela avait des impacts négatifs sur le moyen et le long terme. 

D’abord parce qu’en France les “recettes américaines” ne fonctionnaient pas. La mode du faux avis étant d’abord apparue aux US où le eCommerce s’était très vite développé. Petite différence toutefois entre les US et la France, le droit de rétractation en VPC n’existe pas là bas. Si vous publiez un avis délirant sur un produit finalement très quelconque aux US et que quelqu’un l’achète, une fois reçu il n’aura aucun moyen légal de forcer le marchand à le reprendre. Beaucoup de sites proposent aujourd’hui un droit de rétractation outre Atlantique mais, à l’époque, ce n’était pas du tout le cas. En France, les acheteurs qui découvraient un produit qui ne correspondait pas à ce qu’ils espéraient pouvaient, sans problème, forcer le marchand à le reprendre.

Ensuite parce que ces pratiques grossières agissaient comme un repoussoir auprès des gens avisés. Quand en bas de page on découvre un avis qui semble directement issu d’un brainstorming de communicants caché sous un prénom bidon, on fait moins confiance dans le produit, dans la marque. On se dit que cette publicité déguisée est un piètre moyen de duper le consommateur. 

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Cela aurait pu donc en rester là mais, comme souvent, des gens ont imaginé des moyens pour se glisser dans l’interstice entre la marque et le marchand. Des gens qui se sont dit que créer de faux avis c’était un vrai travail. Un vrai travail qui pouvait générer de l’argent. Et voilà comment est née l’industrie du faux avis en ligne.

De gros malins se sont mis à faire écrire des avis bidons en masse, contre de l’argent, pour promouvoir des produits. Des avis qu’il fallait payer mais qui ressemblaient beaucoup plus à quelque chose de naturel. Si au départ l’idée a été de recruter des gens pour “faire” amateur. Il a très vite été bien plus rentable de faire travailler monsieur ou madame tout le monde pour un résultat tout aussi efficace et bien moins coûteux.

Ces intermédiaires se sont donc mis à recruter, par différents moyens, des internautes lambda pour leur proposer de laisser leur avis – positif ou négatif – sur des produits. Certains de ces sites demandaient en effet d’écrire des avis négatifs sur des produits concurrents. Une armée d’internautes a été mise marche pour aller remplir les avis de centaines de sites à travers la planète. Grâce à des VPN et des guides techniques, des listes de mots clés, ils ont réussi à intervenir sur des milliers de produits dans toutes les langues. Avec un résultat bien plus “naturel” : des fautes d’orthographe, de grammaire, des phrases sans queue ni tête mais un message global allant dans le sens voulu par la marque. Des avis parfois impossibles à identifier comme bidonnés.

Difficile pour un marchand de faire la part du vrai et du faux quand un pseudo identifié comme habitant à Paris, d’après son IP, écrit un message pertinent techniquement sur un produit. Lui mettant 5 étoiles au passage. Le même auteur pouvant repasser le lendemain sur le même produit pour laisser un autre message positif signé d’un autre pseudo venant du Loir et Cher. Remonter la note d’un produit, le faire apparaitre comme le meilleur de la liste ou créer une foule de gens ravis de leurs achats ne prenant ainsi que quelques jours. Difficile également de refuser les avis positifs sur des produits que l’on vend quand on sait qu’ils vont participer à leur succès commercial.

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L’arrivée des “clients vérifiés”

La parade trouvée par les marchands pour lutter contre ces faux avis a été la création d’une nouvelle catégorie de clients.Les “vérifiés”. Les marchands ont mis  en avant le fait que le commentaire d’un internaute était effectué suite à l’achat du produit et non pas venu de nulle part. Cette “vérification” étant au moins la certitude que la personne écrivant le message avait bien acheté l’article en question. Un détail pas anodin du tout pour le futur client qui trouvait souvent là une réponse à des questions simples comme la qualité générale du produit, ses matériaux et son usage.

Si cela a été une parade pendant un bon moment, cela a ouvert également une belle boite de Pandore. Celle permettant simplement aux marques de communiquer directement avec la personne qui pouvait émettre un avis vérifié. Les intermédiaires ont pour beaucoup disparu et les marques ont simplement décidé de prendre les choses en main en glissant dans leurs colis des message invitant les internautes à laisser leur avis en ligne. Jusque là pas de soucis, c’est de bonne guerre. Mais au bout d’un moment, la pratique a dérivé vers autre chose. 

Proposer un remboursement, un bon d’achat ou un produit de son choix gratuitement contre un avis a été la conséquence de ces avis vérifiés. Je vous en ai déjà parlé en 2020 avec cette histoire de boite à clé contenant une offre de remboursement de 10$ en échange d’un avis positif. C’est exactement cette même méthode qui a été déployée en masse par les marques.

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Suivant les produits et leur valeur, suivant la concurrence déjà présente chez le marchand qui va écouler le stock, le constructeur glisse 10, 100, 1000 petites cartes génériques indiquant la méthode pour obtenir un bon d’achat ou un remboursement de quelques euros en échange d’un avis positif. L’internaute reçoit ainsi un produit à 25€ avec la possibilité de se faire rembourser 5 ou 10€ via Paypal ou en bon d’achat en échange de 5 minutes de son temps. Il suffit de retourner sur le site du marchand, après quelques jours, de s’identifier pour écrire un “avis vérifié” en mettant le maximum d’étoiles et en expliquant combien on est ravi de son achat. Publier le tout, prendre une capture d’écran et envoyer l’ensemble à l’adresse email indiquée. Derrière, on recevra son remboursement sous forme de code ou de paiement via Paypal. 

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L’internaute lisant les avis sous un produit ayant fait l’objet de ce type de campagne découvrira alors des “avis vérifiés” avec toutes les qualités recherchées : ils seront réellement écrits par des internautes, donneront le bon nombre d’étoiles, décriront vaguement l’objet tout en disant combien il est formidable avec tout l’amateurisme voulu. Tout cela en échange d’un bien maigre salaire et d’un détail qui ne reste évidemment pas inexploité.

Car en répondant à ce type de demande, l’internaute donne son nom et un email valide. Afin de recevoir sa “récompense”, il est bien obligé de s’authentifier d’une manière ou d’une autre. Les marques ont évidemment rapidement compris le bénéfice qu’ils pouvaient tirer de ce type de données. Repérer les participants les plus doués et les plus enthousiastes à ce type de tractations et leur proposer de recommencer, en direct.

La marque propose alors par email à un internaute qui a acheté un premier produit et reçu un bon d’achat contre un avis positif si il veut en tester un autre. Ce test se fera en échange d’un autre avis positif et le testeur pourra être remboursé à 100% de son produit. La marque peut en effet générer un code promo qui permet d’offrir l’objet directement à l’internaute. Celui-ci “achète” donc le produit avec un code promo unique, le reçoit et, si il veut pouvoir bénéficier d’autres largesses de la marque, laisse un avis toujours aussi vérifié et toujours aussi positif. 5 minutes de travail en échange d’un cadeau High-Tech, c’est rentable. Surtout quand la marque propose de “tester” une nouveauté toutes les semaines.

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Le “grand ménage” d’Amazon

Si Amazon a décidé de suspendre quelques marques de son catalogue en Europe et aux US, c’est parce qu’un cabinet d’analystes a mis la main sur un listing de ces internautes “partenaires”. Il y a toujours un gros malin qui se dit que regrouper les infos dans un fichier est très utile. Un gros malin incapable de sécuriser ses données et qui laisse un jour fuiter emails, noms et prénoms, pays et sites sur lesquels les internautes peuvent laisser leur avis. Le gros malin en question ayant eu l’excellente idée de mettre dans le même fichier les données glanées ça et là concernant plusieurs marques. 

Cette base de données s’est retrouvée dans la nature avant de tomber sous la loupe d’un cabinet d’expert en sécurité : Safety Detectives. Ceux-ci l’ont bien évidemment épluchée et mis à jour la redondance de certaines marques : Aukey, Mpow ou Tacklife. Avec ces éléments à charge, Amazon n’avait pas le choix que de faire le ménage en supprimant purement et simplement les magasins de ces revendeurs. Des centaines de produits ont donc instantanément disparu des pages du site. A la surprise de nombreux internautes faisant confiance à ces marques. 

A Amazon d’expliquer ensuite sa politique. Il lui importe de lutter contre les faux avis pour protéger ses clients. Préservant les “avis authentiques” des avis manipulés afin de conserver un équilibre dans son système. Aukey, Mpow et Tacklife sont donc les grands perdants de cette histoire, en essayant d’acheter les internautes pour publier des faux avis, les voilà privés de leur principal canal de distribution tout en écopant de la lourde peine de se voir exposés au public comme des fraudeurs…

Contactés par mes soins, Tacklife comme Aukey se veulent rassurants. Les deux marques indiquent être en train de résoudre le problème. Est-ce que cela va passer par un engagement de la part des marques à ne plus recourir à ce genre de pratiques ? Un contrôle accru d’Amazon qui a tout le loisir d’ouvrir des produits pour vérifier la présence de ces fameuses cartes cadeau incitant à laisser de faux avis positif ? Un retour à la normale progressif avec une période de probation ne laissant aux marques incriminées que la possibilité d’apparaitre au travers de vendeurs tiers ? Les possibilités sont nombreuses. Elle ne résoudront cependant pas le problèmes des faux avis.

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Ne pas se faire prendre

Car la principale faiblesse du système a été le gros malin qui a permis la fuite de la base de données. Sans cet évènement, le business du faux avis aurait pu continuer un moment pour ces marques. A vrai dire, il continue comme à l’accoutumée pour des dizaines de marques sur Amazon. Cette “recette” de la petite carte glissée dans les produits pour générer des bonnes notes est quasiment enseignée comme une pratique normale chez beaucoup de revendeurs de produits noname.

Dans le listing immense des produits vendus en eCommerce via des places de marché ou chez Amazon, le nombre de solutions proposant ce type de remboursement est tout simplement énorme. Pour le lancement d’un produit ou pour augmenter sa visibilité, les marques n’hésitent pas à utiliser ce canal qui reste bien moins cher qu’une campagne de publicité traditionnelle.

Quelle solution pour Amazon ? Ouvrir les boites parait impossible pour le marchand. Trop de travail, trop d’impact sur la vitesse du traitement des commandes, trop lourd à gérer. Créer une brigade anti-fraude pourrait avoir du sens. Afin de surveiller des produits en cas d’apparition d’un grand nombre de “5 étoiles” en un temps très court sur une nouveauté… Mais ce serait comme chercher une aiguille dans une botte d’aiguilles.

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L’impossible visibilité d’Amazon

Il n’ y a pas de solution miracle pour lutter contre ces faux avis. Tout comme il n’y a pas de solution miracle pour une marque de se différencier des autres sur un site comme Amazon. La recherche du mot clé “Webcam” donne un nombre hallucinant de résultats : 30 000 références indique le site. Des dizaines de produits s’étalent sur plusieurs pages.  Comment faire pour se démarquer ? Payer ou ruser.

Payer, c’est s’offrir la tête de gondole avec une présentation sponsorisée mise en avant par le site. Les produits proposés ressemblent aux autres mais ils sont en tête de liste et restent ainsi bien visibles. L’autre solution consiste à être un des produits “Amazon Choice” mis en avant par le site. Pour obtenir ce précieux label, il faut respecter certaines règles précises comme proposer son produit sous le label Amazon Prime, avoir de belles photos et une description travaillée de son offre et… avoir de bonnes notes ainsi qu’un faible taux de retour. 

Dernières solutions, jouer sur le tarif en mettant des promotions en avant qui vont démarquer vos offres d’un bandeau de couleur… Ou avoir un bon nombre d’étoiles à mettre en avant. Si vous cumulez ces éléments ensemble, vous pouvez toucher le gros lot en explosant vos ventes. Vous voyez le problème ? La mécanique interne d’Amazon incite les marques à obtenir le plus de notes positives possibles. Et donc à tout faire pour les avoir. 

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Comment croire qu’une webcam “noname” a pu obtenir 1526 évaluations avec 62% de 5 étoiles et 24% de 4 étoiles en une seule année de commercialisation ? Cela fait 4.18 évaluations par jour sur une année complète. Etonnant pour un produit totalement inconnu au bataillon. Encore plus étonnant quand on lit dans ces avis que les deux principales caractéristiques de l’objet, à savoir une capture en FullHD et une gestion autofocus, ne sont tout simplement pas disponibles sur le produit qui se contente d’un HD classique et d’une focale fixe… Ce produit suspicieux a tout de même droit au label Amazon Choice.

Pourquoi Aukey ou Tacklife ont t-il joué à ce petit jeu ?

C’est la question que j’ai le plus lu ces derniers jours en ligne. Des acheteurs de produits de ces marques satisfait de leur achat et qui se demandent pourquoi diable des marques  reconnues comme Aukey ou Tacklife ont eu recours à ces méthodes plus que douteuses ?

La réponse est double. D’abord, parce que sans jouer à ce petit jeu, ces internautes n’auraient probablement jamais entendu parler de ces marques. A leur arrivée sur le marché, elles n’avaient absolument aucune visibilité. Et elles seraient restées dans cet état, comme beaucoup d’autres, dans les profondeurs des listings des Marketplace. Pour se faire connaitre face à des solutions portées par des logos connus comme Logitech ou Microsoft pour Aukey et des produits de bricolage comme Bosch, Black et Decker et les marques de GSB pour Tacklife, il fallait trouver une solution. La première consistant à s’offrir une campagne de publicité nationale sur le long terme pour asseoir leur image. Ce qui est long et très couteux, entrainant une hausse évidente du prix des produits. La seconde étant de se faufiler dans les avis clients pour se faire connaitre. Pour remonter dans les listings.

Parce que cela fonctionne et que cela coûte moins cher qu’une campagne de publicité traditionnelle, ces marques ont donc commencé leur carrière en boostant leur image de cette manière… Puis continué à utiliser la méthode pour le lancement de nouveaux produits, pour gagner la course des premières place des catalogues.

Est-ce mal ? Assurément ! Est-ce idiot sur le long terme ? Je pense que oui. Est-ce logique au vu du fonctionnement actuel des marketplace en général et d’Amazon en particulier ? Et bien oui, c’est tout à fait logique. Car les algorithmes d’Amazon lui même sont très sensibles à ces avis.

Le risque était grand de poursuivre ces méthodes et les marques auraient plutôt dû chercher des alternatives pour continuer à consolider leur image. Le mal est fait aujourd’hui et si Amazon n’a en rien réglé son problème insoluble de la chasse aux faux avis, les marques pratiquant ce “sport” savent désormais ce qu’elles risquent.

Doit t-on encore se fier aux avis en ligne ?

C’est la conclusion de ce billet particulier. Est-ce encore pertinent de se fier aux avis des internautes en ligne ? Je n’ai pas envie de dire non car dans certains cas les éléments que l’on peut lire sur ces quelques lignes sont vraiment essentiels. Mais il faut savoir également lire entre les lignes. Se poser quelques questions est parfois nécessaire avant de décider de faire confiance à un internaute qui a laissé 5 étoiles à un produit.

-Faire un petit tour sur les profils des internautes permet de lire leurs éventuels autres avis et vérifier si l’enthousiasme rencontré est partagé sur 140 commentaires différents et des secteurs variés. Un tel engouement à partager son avis sur tout et n’importe quoi est souvent le signe d’une rémunération.

-Le vocabulaire employé est également un bon indice. Certaines marques exigeant l’emploi de mots clés spécifiques pour recevoir son remboursement, on peut repérer l’usage de ces mots dans de nombreux avis “5 étoiles”.

-Regarder également le nombre d’avis d’un produit par rapport aux concurrents. Si le ratio est de 10 pour 1, sur un produit noname, on peut se poser des questions sur cet engouement a partager des “5 étoiles” en masse.

-Pensez enfin à regarder les avis “3 étoiles” et non pas que ceux mis en avant par la plateforme. Ces avis “moyens” donnent souvent un retour plus exact des différents aspects des produits. Leurs points forts mais également leurs points faibles. 

A propos d’Aukey et de Tacklife en particulier.

Je connais bien les deux marques pour travailler depuis longtemps avec elles. Un autre moyen de se faire connaitre des internautes étant de rentrer en contact avec des blogs ou des “influenceurs”. Depuis des années, donc, je suis en contact avec ces marques qui me proposent régulièrement des codes promos que je partage avec vous dans les bons plans et sur MisterMatos

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Mon dernier achat d’un produit Aukey date du 2 mai…

J’ai acheté beaucoup de leurs produits, et quand je dis acheter, c’est acheter pour de vrai, plein pot, avec mes sous. Afin de les tester ou simplement parce que le rapport qualité/performances/prix me convenait. Je n’ai que rarement été déçu et souvent pour des raisons particulières. Telle Webcam qui fonctionnait correctement mais qui affichait un très grand angle qui ne me convenait pas. Telle autre parfaitement compatible avec Octoprint pour répondre à la question d’un lecteur, tel clavier mécanique pratique et agréable mais très bruyant… Ces achats me permettent de donner un avis, positif ou négatif, sur les produits. 

Jamais Aukey ou Tacklife ne m’on demandé un test avec un avis particulier. J’ai toujours été franc sur mon approche du marché et du refus de toute publicité. Elles ont toujours respecté mes choix. La situation actuelle me désole car j’aime beaucoup ces marques pour leur bon rapport qualité prix global. Mais qui triche avec les règles encourt une sanction, c’est dans la pure logique des choses et je soutiens à ce niveau la décision d’Amazon qui doit lutter contre ces faux avis.

Je profite tout de même de cette aventure pour vous poser la question, chers lecteurs, de la pertinence de tests rapides de ce type de produits ? Seriez vous partant pour que je teste des produits un peu plus éloignés des machines habituelles sur un format peut être court et amusant, mélangeant texte et vidéo ? Une rapide prise en main d’un produit comme un casque, un chargeur, une batterie ou une webcam afin que vous puissiez faire… votre propre avis ?

Disparition d’Aukey et Tacklife… Amazon et la guerre des étoiles © MiniMachines.net. 2021.

Nvidia lance les GeForce RTX 3050 et RTX 3050 Ti pour PC portables

L’objectif de la marque est clair, avec les GeForce RTX 3050 et 3050 Ti, Nvidia veut proposer une alternative de nouvelle génération aux machines gaming milieu de gamme. Un point important sur ce marché parce qu’il concerne les modèles grands plublics “familiaux”. Ces engins censés convenir à l’usage moyen de toute la famille. C’est également un moyen de tourner la page GTX et de faire du parc de portables des engins compatibles en masse avec les technologies de la marque.

RTX 3050

Nvidia Broadcast : un studio virtuel piloté par l’IA de Nvidia

Car tout le travail de Nvidia avec les RTX 3050 et 3050 Ti consiste à trouver l’équilibre entre le prix demandé et la performance proposée d’un côté mais également de conserver les technologies propres à ses puces. Les fonctions de gestion technique propres au monde du portable avec Max-Q. Le Whispermode 2.0, l’Advanced Optimus, le Dynamic Boost 2.0, les fonctions DLSS ou de Raytracing ainsi tous les à côtés créatifs rendus possibles par l’exploitation des capacités des puces RTX. 

Nvidia annonce un prix moyen de 799$ (HT probablement proche d’un 849€ chez nous) pour le portable 15.6″ de référence équipé d’une RTX 3050. Un prix optimiste au vu du marché actuel et de ses différentes contraintes. 

RTX 3050

Je suppose que le pari de la marque est simple : après avoir goûté au DLSS, aux fonctions de gestion techniques, aux propositions de RTX Studio ou aux solutions comme la fonction Broadcast pour gérer sa visioconférence, l’utilisateur ne choisira plus autre chose qu’un produit Nvidia. La gamme RTX avec ses coeurs exploitables en calcul d’IA et son Ray Tracing est une solution refuge pour l’utilisateur. Un phare dans la brume des solutions disponibles. Et proposer ces outils à des tarifs plus accessibles avec les RTX 3050 et RTX 3050 Ti est donc un bon moyen de séduire tous ceux qui ne veulent pas forcément une machine dédiée au jeu.

Avec les GeForce RTX 3050, Nvidia fait quelques promesses. Celle de dépasser les performances de l’actuel modèle “milieu de gamme à tout faire” qui est encore basé sur la vielle génération précédente. En 2021, on voit encore des engins mobiles milieu de gamme équipés de circuits GTX 16×0 qui n’ont pas cessé d’exister. De nombreux engins sous RTX 20×0 sont également régulièrement proposés. Par rapport à ces solutions, le constructeur promet un gain sensible de performances grâce notamment à l’usage du DLSS. On décollera au dessus des 60 images par seconde en FullHD dans des jeux gourmands et récents à condition de ne pas dépasser un rendu graphique réglé sur moyen. 

RTX 3050

La marque cite quelques blockbusters grand public avec Call Of Duty Warzone, Outriders, Control, Watchdog Legion ou Minecraft RTX. Des jeux choisis pour leur large publicité mais également parce qu’ils utilisent des moteurs graphiques qui seront largement employés dans la durée. 

 RTX 3060RTX 3050 TiRTX 3050
CUDA Cores384025602048
Tensor Cores302016
Fréquence Boost1283-1703 MHz1035-1695 MHz1057-1740 MHz
Conso GPU en Watts60-11535-8035-80
Mémoire GDDR66 Go4 Go4 Go
Interface mémoire192 bit128 bit128 bit

D’un point de vue spécifications, les puces sont clairement et logiquement des versions bridées des RTX 3060 déjà en dessous des RTX 3080 et 3070. Si on reste sur une architecture Ampere sans dégradations techniques au niveau des compétences de la puce. Les encodeurs et décodeurs matériels sont de la même génération que les puces haut de gamme. On retrouve une gestion HDMI 2.1, des Tensor Cores de 3e génération et des Ray Tracing Core de seconde génération.

Nvidia annonce un véritable raz de marée de machines avec ces solutions : plus de 100 modèles sont prévus avec, je suppose, un gros segment de machines très grand public en 15.6″. L’emploi d’une puce moins gourmande en watts devrait permettre des intégrations plus mobiles et une génération de machines assez intéressantes devrait donc être déployée dans la foulée.

Attention cependant à rester attentifs aux caractéristiques et fonctions de chaque machine. Qui dit RTX 3050 ne dit pas forcément gestion systématique des fonctions annexes de la puce. Les fonctions techniques comme le Max-Q et autres ne sont que recommandées par Nvidia. Il ne s’agit en aucun cas d’une obligation pour le  constructeur. Parfois des différences de prix entre des modèles techniquement très semblables s’expliquent simplement par l’ajout de ces fonctions supplémentaires.  L’intégration technique des différents éléments reste au bon vouloir des fabricants. Certains vont baisser la note globale en les oubliant ce qui vous fera bénéficier des capacités de calcul des puces Nvidia, sans pour autant vous faire profiter de tous leurs avantages.

Autre point clé, les caractéristiques techniques des engins pourront varier de manière significative. Un constructeur peut décider de baisser les fréquences de son chipset graphique pour éviter qu’il ne chauffe trop dans un châssis peu épais ou en plastique. D’autres peuvent sortir un excellent score de leur engin en boostant au contraire le TDP de la machine. Dans le premier cas, vous serez déçu par les performances de votre machine, dans le second vous devrez acheter un casque anti bruit…

Nvidia lance les GeForce RTX 3050 et RTX 3050 Ti pour PC portables © MiniMachines.net. 2021.

MeLE Quieter2 : un MicroPC fanless sous Celeron J4125 à 203€

Mise à jour : L’engin est en promo à 203.03€

13.1 cm de large, seulement 8.1 cm de profondeur et 1.83 cm d’épaisseur, le MeLE Quieter2 est un minuscule PC qui fonctionne de manière totalement passive. Pas de ventilateur, pas de stockage mécanique, insensible aux secousses et à la poussière, ce PC de 203 grammes est à la fois un compagnon ultraportable mais également une solution pouvant devenir totalement invisible.

Mele Quieter2

Avec une connectique complète, une certaine évolutivité et une finition exemplaire, le MeLE Quieter2 est une bonne surprise. Son équipement interne est assez complet et il est suffisamment performant pour assumer la plupart des tâches quotidiennes. 

Le Celeron J4125 est une puce Gemini Lake Refresh qui développe 4 coeurs fonctionnant de 2 à 2.7 GHz avec 4 Mo de cache et 10 watts de TDP. Une puce qui propose un circuit graphique UHD 600 aux capacités évoluées avec 12 EU, la prise en charge d’affichages en UltraHD et une décompression matérielle des formats vidéos les plus gourmands. Il est ici associé à 8 Go de mémoire vive LPDDR4 soudée et 128 ou 256 Go de stockage eMMC de base également intégrés à la carte mère. 

Mele Quieter2

Cette base déjà solide bénéficie d’une possibilité d’évolution puisque la carte propose un slot M2 2280 gérant à la fois du SATA et du PCIe NVMe. On pourra donc ajouter un stockage supplémentaire en SSD très rapide – et pas trop chaud en fonctionnement – au MeLE Quieter2 pour obtenir d’excellentes performances. Pour être très clair, le trio Celeron J4125, mémoire et stockage proposé peut venir à bout de la totalité des tâches bureautiques classique demandées à un PC aujourd’hui. Cet engin saura lire vos vidéos UltraHD sans faillir, pourra effectuer de petites retouches d’images, surfera sans soucis sur le web et aura même la possibilité de piloter plusieurs affichages UltraHD. Cet engin, aussi compact soit t-il, est capable de remplacer une tour vieillissante pour des usages informatique classiques. Avec bien plus de confort pour les plus vieilles, une facture énergétique largement inférieure et un confort sans équivalent. Fixée au dos d’un écran ou posée sur une table la machine saura rendre d’excellents services pour une personne ne cherchant qu’un poste de surf, web et multimédia classique.

Mele Quieter2

La connectique est très impressionnante compte tenu de l’encombrement proposé : pas moins de quatre ports USB 3.0 type-A, deux sorties HDMI 2.0, une prise jack audio combinant casque et micro, un lecteur de cartes MicroSDXC permettant d’étendre encore le stockage, un port Ethernet Gigabit pour épauler le module Wifi5 et Bluetooth 4.2 et enfin un port USB Type-C servant à alimenter l’ensemble via un bloc secteur. Je me demande d’ailleurs si il n’est pas possible d’utiliser assez facilement une batterie comme un onduleur pour ce genre d’engin.

Le MeLE Quieter2 propose également un système antivol Kensington Lock pour le fixer à un mobilier en cas d’utilisation en public. C’est typiquement le genre d’engin qui peut venir trouver sa place dans une salle d’attente ou équiper un écran pour de l’affichage numérique. Le BIOS permet d’ailleurs le Wake On Lan pour allumer le PC à distance via le réseau Ethernet mais aussi la remise en route après une panne de courant et un réveil programmable. 

Mele Quieter2

Mieux, le MiniPC propose une fonction de réinitialisation automatique qui permet de retrouver un système d’exploitation neuf à chaque redémarrage… C’est typiquement utile dans des lieux publics. L’engin pourra s’allumer automatiquement le matin, tenir une session utilisateur toute la journée, s’éteindre le soir et retrouver le lendemain un système propre et sans aucune altération. Parfait pour un usage public.

Mele Quieter2

L’ensemble est enfermé dans une coque compacte, entièrement en métal, qui se démonte facilement en ôtant 4 vis pour ajouter un SSD M.2 2280. La coque, percée de 2 trous est prévue pour être accrochée facilement à un support. L’engin est enfin préinstallé avec Windows 10 Pro mais supportera sans encombre des distributions Linux.

Mele Quieter2

Proposée à 203.03€ sur AliExpress dans la boutique officielle de la marque, le MeLE Quieter2 semble être une excellente machine pour de multiples usages. Du PC bureautique simple et pas cher pour des usages basiques complets allant du web au traitement de texte ou pour devenir un poste de consultation automatisé en passant par de l’affichage numérique ou même le pilotage d’un outil comme une imprimante 3D… Le MiniPC parfait à ajouter à un vidéo projecteur intégré dans un plafond ou à cacher derrière un téléviseur. C’est également une excellente solution de dépannage à transporter avec soi pour remplacer un poste. Ma seule inquiétude vient du fait de pouvoir dissiper correctement les 10 watts de TDP du processeur Celeron J4125 sans problèmes. Si ce “détail” est géré de manière efficace, alors ce MiniPC sera franchement intéressant à surveiller pour certains profils. Que demander de mieux à un MiniPC que d’être invisible, inaudible et adapté pour des usages courants ?

Je vais essayer d’en obtenir un pour test.

Source : AndroidPC.es

MeLE Quieter2 : un MicroPC fanless sous Celeron J4125 à 203€ © MiniMachines.net. 2021.

Apple Mac M1 : l’heure de la rupture

Car Apple aura beau appeller cela une Keynote, il s’agit ni plus ni moins d’une conférence de presse qui rassemble aujourd’hui tous les médias du monde. Des médias non pas désireux de mieux vous informer mais bien souvent pressés de vous délivrer les éléments lâchés au compte goutte par Apple. Une méthode qui ne permet pas de prendre du recul mais qui ne fait que retransmettre les signaux de fumée du constructeur.

Les  évènements Apple, ça fait du clic et il est de bon ton de les afficher le plus en temps réel possible afin de maximiser celui-ci. Annoncer la nouvelle couleur du prochain iPhone devient ainsi un évènement relayé sur toute la toile. Un bruit généré qui profite beaucoup à Apple, moins aux internautes.

Heureusement, le jour d’après la conférence de presse, survient le temps de l’analyse à froid. La veille, on a servi de caisse de résonnance à Apple dans un manque d’objectivité propre aux orgies et aux grands rassemblements. Le lendemain, il est toujours temps de faire un bilan un peu plus dégrisé des annonces.

Mac M1

Qu’est-ce qu’a annoncé Apple hier ? D’abord des Mac M1 en couleurs. Des engins 24″ aux design beaucoup plus fin et aux coques colorées, teintées dans la masse de leur surface d’aluminium. C’est gai – on en a besoin – c’est joli et c’est probablement parfaitement irréparable. Avec 11.5 mm d’épaisseur les solutions proposées par Apple sont l’équivalent de tablettes greffées sur un pied adaptable. Ce n’est pas fait pour tomber en panne mais on n’imagine pas facilement un particulier aller plonger les mains dans ces engins en cas de pépin. L’affichage se fait en “4.5K” ou plutôt 4480 x 2520 pixels. On retrouve à bord la puce Apple M1 que l’on a découvert sur les Mac Mini il y a peu.

Apple M1

Ce processeur est plus rapide que celui embarqué sur l’ancien modèle de Mac Intel de la marque : 85% plus “rapide” d’après Apple. Sa partie graphique est 50% plus véloce et ses performances de traitement en Intelligence Artificielle sont trois fois au dessus que celles de son prédécesseur. Ces éléments sont difficiles à prendre en compte et à analyser mais, comme pour les Mac Mini M1, c’est une communication clairement orchestrée par Apple. La marque joue le flou des performances en évitant de tomber dans un biais fréquent des autres constructeurs, celui de la comparaison avec d’autres modèles.

Apple M1

Cela évite de dire que le précédent Mac était mauvais ou qu’il est désormais dépassé, un travers dans lequel la plupart des fabricants PC tombent. Un travers au mieux fatiguant pour les clients d’une marque informatique, au pire décourageant. Personne n’a envie d’entendre que le modèle de portable payé 1500€ il y a 12 mois est aujourd’hui ridicule car le nouveau modèle à 1500€ est plus rapide. Cette attitude permet également à Apple de rester dans la posture avantageuse qui consiste à laisser les autres se comparer à lui. On voit régulièrement les constructeurs de PC foncer tête baissée dans ce piège qui consiste à considérer les machines d’Apple comme des étalons auxquels se comparer. Une publicité gratuite qui doit bien faire rigoler la marque.

Ce que prépare Apple, comme pour le Mac Mini M1, c’est un raz de marée de tests proposés par les mêmes sites qui ont couvert l’évènement Live. Un ensemble de tests qui refléteront les performances, probablement excellentes, des machines. Une sorte de seconde couche de vernis qui donnera à l’internaute l’assurance d’un achat  raisonnable. Cela en plus de l’énorme couverture que représenteront tous les testeurs spécialisés qui savent qu’acheter un Mac M1 pour le tester avec leur logiciel ou outil spécialisé vaut le coup en terme d’audience. 

Apple M1

A n’en pas douter donc, les performances seront là et elles seront bonnes. Le recours à la puce M1 permet d’en être sûr et avec un écosystème logiciel qui se plonge de plus en plus profondément dans les entrailles des compétences de ces processeurs particuliers. Des développeurs qui ont compris  qu’ils pouvaient vraiment rafler la mise en misant gros et en misant bien sur le développement précis de leurs fonctions les plus gourmandes pour prendre en compte les fonctions matérielles des puces d’Apple. L’exemple du Mac Mini M1 a fait mouche, encourageant les développeurs à travailler d’arrache pied leurs programmes. La poursuite de cet écosystème étant une motivation supplémentaire pour s’y plonger.

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On a également droit à des petits à côté importants comme un passage de capteur de webcam qui évolue du traditionnel 720p à du 1080p. Un capteur qui est censé pendre en compte les basses luminosités et les compenser. Le système d’enregistrement audio est plus classique avec trois micros. Probablement une solution d’enregistrement en frontal et un double micro pour capter et réduire les sons ambiants sur les côtés. Des éléments bienvenus qui ont pourtant été boudés par de nombreux constructeurs de PC en ce début d’année. Constructeurs qui ont persisté après un an de pandémie mondiale et de vidéoconférences à gogo à placer des composants peu adaptés à cet usage.

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La connectique située au dos de l’engin est composée de deux à quatre ports USB Type-C dont deux au format Thunderbolt. Un connecteur propriétaire est également disponible et la liaison Ethernet est assurée par le port d’alimentation de la machine. On y gagne un câble en moins pour le branchement physique de l’écran, on y perd la possibilité de connecter le câble de son choix… 2021-04-21 17_32_33

Ce joujou sera vendu en Mai et question tarifs, il débutera à 1449€ en version Apple M1 avec GPU 7 cœurs 8/256 Go avec un Magic Keyboard et deux ports USB Thunderbolt. Une version M1 avec GPU 8 cœurs avec Magic Keyboard comprenant un Touch ID, deux ports USB 3.0 Type-C et le support Ethernet sera vendu à 1669€. Enfin, pour 1899€, on aura droit à la version 8/512 Go avec les mêmes options.

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Les iPad Pro M1 sont de sortie.

Apple bascule ses iPad Pro sous SoC M1, le même SoC que pour les Mac Mini et le nouveau Mac M1. Ce qui semble des plus logique pour des raisons d’écosystème comme de développement. Les machines actuellement sous M1 comme les Mac Mini et bientôt le Mac M1 vont pouvoir bénéficier des applications de iPad et il est logique d’imaginer que le futur des iPad Pro est de pouvoir se transformer en.. Mac. Pour le moment, iPadOS est toujours de la partie et MacOS reste réservé aux autres machines d’Apple. Mais les frontières entre les logiciels vont devenir de plus en plus floues. En grande partie parce qu’elles seront désormais uniquement volontaires de la part d’Apple. Avec le même SoC à bord des deux plateformes, il n’y a plus de raisons techniques à une séparation des logiciels.

Avec un clavier amovible, il est facile d’imaginer l’iPad Pro M1 en 12.9″ ainsi que la version 11″ devenir de véritables ultraportables proposant toute l’étendue de la gamme de logiciels Apple. Ce qui rendrait son offre encore plus attrayante à terme et continuerait de séduire les développeurs capables de toucher un nombre toujours plus grand d’utilisateurs.

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Pour Apple, c’est évidemment la solution la plus intéressante qui soit. L’iPad Pro M1 emploie désormais la même solution que ses autres machines. Chaque développement effectué sur la puce, chaque amélioration, profitera à l’ensemble de l’écosystème. Les frais de production, de conception et de recherche et développement futurs seront dilués dans une masse énorme de matériels différents. Autant d’éléments qui permettront de rentabiliser au mieux les machines. Difficile de voir comment Apple le fera mais il semble évident que les iPad Air, iPad et iPad Mini passeront un jour ou l’autre à des solutions M en abandonnant les puces A12 et A14 Bionic.

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Le stockage explose avec des iPad Pro M1 qui peuvent désormais accueillir 16 Go de mémoire vive ou 2 To de données1 et d’autres postes sont également améliorés comme la gestion des capteurs photos des tablettes qui dialoguent désormais directement avec la puce M1 qui pourra prendre en charge des fonctions avancées.

 On voit, par exemple, le recours à un écran vert qui sera gommé pour incruster l’image de votre choix ou  à des applications de réalité augmentée. Des éléments faisant appel aux fonctions de calcul d’IA de la puce Apple. Une gestion du signal capturé en HDR3 permettra de mieux lutter contre les contre-jours et l’ensemble sera plus performant en basse luminosité. Des options de modem 5G comme l’apparition du Thunderbolt amélioreront son usage.

Question tarifs, on part su un prix de base en 11″ en 128 Go à 899€ et un modèle qui pourra culminer à 2279€ en version 5G et 2 To. La version 12.9″ à 1219€ sera également en 128 Go et Wifi, comptez 2599€ pour la version 5G et 2 To sans stylet ni Magic Keyboard… La disponibilité est toujours prévue pour la mi Mai.

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Apple ne pourra plus être rattrapé

Rattrapé par son moi passé pour commencer. Avec évolution vers les puces ARM pour sa gamme complète et à terme la disparition de ses versions Intel, c’est le chant du cygne des Hackintosh. Les versions x86 de MacOS encore viables sont vraisemblablement les dernières. Apple sera désormais totalement protégé par son écosystème matériel et logiciel. Les possibilités de protection et d’enfermement de la marque sont énormes et tout dépendra du degré d’avidité ou d’ouverture que la société décidera pour son futur.

Avec un SoC M1 à bord, Apple peut très bien sonner la fin des accessoires non certifiés par exemple. Obliger les constructeurs à passer par Apple pour authentifier le  moindre matériel sous peine de ne pas le reconnaitre par une puce M1. Une solution qui obligera à verser une dîme à la marque et mettra fin à l’écosystème parrallèle permettant de profiter de matériels moins chers. Le moindre bout de câble pourra être monnayé aux tarifs “Apple”, fort d’une puce signalant au système leur certification.

C’est également pour le fabricant la possibilité de basculer facilement toute ses machines d’une génération à l’autre. On sait que le M1 est une première étape dans l’évolution de la marque. Le futur des puces Apple se met déjà en place et un jour ou l’autre un Apple M2 sera proposé dans toute la gamme de solutions Apple. Un bouleversement qui se fera en douceur avec un amortissement plus rapide de la R&D engagée.

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Rattrapé dans son design, le changement de puce qui passe d’Intel à ARM offre une vraie liberté de design à Apple. Si les Mac Mini M1 ou les Macbook Air sous processeur Apple M1 ressemblaient comme deux gouttes d’eau à leurs version Intel, le nouveau Mac M1 crée une rupture. Ce design est impensable sous processeur Intel ou AMD au même niveau de performance que le M1. Les constructeurs concurrents ne pourront donc pas suivre cette tendance ou prendront le risque de s’y bruler les plumes en castrant la puissance de leurs machines.

Ce n’est d’ailleurs pas souhaitable que le marché suive Apple dans ce sens. Si les engins des grandes marques employant des solutions x86 classiques suivent, ce sera la fin de toute possibilité d’évolution de matériel. La mémoire vive unifiée d’Apple est une chose mais le design complet de ces nouveaux engins est une tombe niveau évolutivité. Il serait suicidaire qu’une marque comme Lenovo ou HP se décide à proposer un engin de bureau totalement fermé dans le futur. Il faut au contraire jouer sur la possibilité d’évolution pour tirer son épingle du jeu.

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Rattrapé en cas de panne enfin. Je doute que les nouveau Mac M1 soient sujet à des pannes particulières. Le matériel embarqué à toutes les chances d’être des plus robustes. On parle d’un SoC ARM qui n’a aucune raison de surchauffer, de mémoire vive unifiée qui doit être largement passée au crible avant intégration, d’un stockage SSD de premier choix et d’un assemblage très travaillé par Apple. J’ai peur néanmoins que la moindre panne hors garantie se solde par une facture très salée en cas de réparation. Un montant qui encouragera à basculer vers une solution de remplacement même pour des composants triviaux.

Apple s’engage donc dans une voie en totale rupture d’avec le reste du marché informatique. Un marché qui n’a aucune chance de le rattraper faute d’un écosystème aussi complet. Les constructeurs dépendant de Microsoft sont condamnés à voir cette évolution les séparer toujours plus profondément de la marque à la pomme. Est-ce un mal ? Pas forcément. Cela dépendra de comment les géants de l’informatique réagissent. Beaucoup de cartes peuvent être abattues. Celle des tarifs, celle de l’évolutivité ou bien celle d’un écosystème plus ouvert et plus libre. Le pire choix possible étant, à mon avis, de vouloir faire du sous Apple en singeant le constructeur sans jamais avoir les moyens de faire aussi bien. C’est souvent le meilleur moyen d’aider un concurrent à mieux s’en sortir encore.

Apple Mac M1 : l’heure de la rupture © MiniMachines.net. 2021.

GTC 2021 : Nvidia propose un circuit RTX 30 aux puces ARM

Si on pensait que Nvidia allait proposer un  nouveau circuit ARM pour la GTC 2021 qui s’est déroulée hier, la surprise a été assez grande au final lorsque la marque a annoncé le lancement d’une puce Mediatek MT819x en partenariat avec le concepteur chinois. Particularité de cette puce, elle sera équipée d’un circuit graphique repris d’une base RTX 30 de génération Ampère.

Si vous voulez voir ou revoir la conférence GTC 2021 : la courte partie sur Mediatek est à 1H06’40”

La poule aux puces d’or.

Les circuits RTX font actuellement la pluie et le beau temps sur le marché PC grand public. Les cartes graphiques produites par les partenaires de Nvidia avec ses puces RTX sont, depuis leur apparition, de vrais moteurs de vente. Les gens font la queue pour acheter ces produits, s’inscrivent sur des listes pour attendre leur tour face à des pénuries de composants qui augmentent pourtant drastiquement les tarifs.

C’est cet engouement que Nvidia promet à son partenaire avec la Mediatek MT819x.  Un assemblage de SoC ARM Classique avec un circuit graphique Nvidia échappé de son labo. Le concepteur de circuit graphique travaillait auparavant en circuit fermé avec des Tegra employant ses développements graphiques mais semble vouloir rebâtir un écosystème externe en s’appuyant désormais sur des partenaires pour évoluer.

Imaginez qu’un marchand de poules frappe à votre porte en expliquant qu’il tient en main une poule aux oeufs d’Or. Un animal que tout le monde voudrait dans sa basse cour après avoir lu la fable de La Fontaine. C’est exactement ce que propose Nvidia, ici, à Mediatek. Une possibilité de transformer des puces classiques, employant les circuits graphiques d’ARM, en un Best Seller qui se démarquerait du reste du marché avec une réputation prometteuse avant même d’être disponible.

Et cela alors que la concurrence est énorme. Apple propose déjà lui même une puce M1 au comportement vraiment impressionnant. Qualcomm travaille toujours sur ses Adreno. et AMD s’est associé avec Samsung pour proposer des SoC ARM avec Radeon. L’arrivée d’un partenaire comme Nvidia est une vraie solution d’avenir pour Mediatek.

Nvidia

Un Mediatek MT819x pour ordinateurs portables

Peu d’informations techniques ont été dévoilées lors de la GTC 2021. On sait que ce SoC serait une collaboration entre les deux entités. Mediatek se chargeant du développement des coeurs ARM Cortex et de leur assemblage avec un circuit Nvidia RTX 30. Un premier prototype, une plateforme de référence servant à concevoir d’autres machines, est en cours de développement. But de la manoeuvre, permettre de présenter le Mediatek MT819x à des partenaires qui pourront concevoir des machines équipées de cette solution. 

Il s’agit pour le moment de machines pouvant tourner sous Linux et Chromium. De quoi concevoir des ordinateurs portables sous Linux et sous Chrome OS qui prendraient en charge le RTX 30 de la puce pour une accélération graphique haut de gamme tout en conservant des besoins en énergie modestes. On imagine qu’un gros travail de prise en charge des capacités en IA et en calcul de la puce sera mis à profit par les systèmes d’exploitation retenus. On peut donc apercevoir en ligne de mire des Chromebooks mais également des Chromebox sous ce type de puce.

Le Mediatek MT819x deviendrait ainsi une clé intéressante pour ouvrir un nouveau marché de Chromebook et de machines Linux. Une voie intéressante à suivre qui pourrait séduire les marques impliquées sur ce segment. Il faudra juger sur pièces et au regard des performances proposées pour savoir cependant si la solution aura tout le potentiel que laisse espérer le RTX 30.

Nvidia

Nvidia ouvre sa malle aux trésors

Nvidia est dans une position délicate, la marque a posé 40 milliards sur la table pour racheter ARM et devenir ainsi un véritable mastodonte dans le secteur des composants. Pouvant faire ainsi face à AMD, Apple, Intel ou Samsung. Cette intention n’est cependant pas du goût de tout le monde et certains de ses concurrents directs ne sont pas forcément ravis de cette idée. Pour Qualcomm, Apple ou Samsung par exemple, un Nvidia qui devient propriétaire d’ARM, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle. Et cela même si Nvidia s’est plutôt retiré du développement de puces avec aucun nouveau Tegra ces dernières années. Savoir qu’un ancien concurrent est désormais aux manettes du développement et de la stratégie des technologies que l’on emploie n’est pas évident. Leurs voix ont dû s’entendre auprès des instances de la concurrence pour éviter ce rachat. Pour AMD et Intel, le lobbying doit également être à la manoeuvre. Aucun de ces mastodontes ne doit avoir envie de laisser naître un type de monstre comme Nvidia/ARM sur le marché.

Ce mouvement d’ouverture de ses circuits graphiques auprès d’un concurrent change la donne. Avec cette manoeuvre, Nvidia prend de la hauteur et au lieu de se positionner en concurrent, il montre comment son association avec ARM pourrait apporter des solutions à l’écosystème. En proposant un circuit graphique RTX 30 à Mediatek, Nvidia montre la voie d’une collaboration positive pour l’écosystème tout en reprenant le rôle que la marque tient dans le monde des cartes graphiques. Un fournisseur de circuits qui laisse travailler ensuite ses partenaires afin qu’ils fabriquent des cartes avec ses puces. Sans entrer dans une dimension concurrentielle particulière avec eux.

Si Nvidia réussit à se montrer sous cet angle, les partenaires d’ARM pourraient y voir leur avantage. Les “petits” concepteurs de puces, du moins les moins connus, y verraient alors tout leur intérêt. ARM produisant déjà, de manière optionnelle, des circuits graphiques Mali qui concurrencent les puces de Qualcomm ou d’Apple. Des marques comme Allwinner, Mediatek ou Rockchip devraient accueillir la nouvelle de manière très positive. Le profil de Nvidia pourrait également être perçu de manière très différente par les autorités de la concurrence avec cette nouvelle facette de son activité.

Nvidia

 Amazing Grace

Nvidia a également profité de la GTC 2021 pour annoncer Grace, un premier SoC ARM développé spécifiquement pour les serveurs. Une solution qui vient se positionner comme une alternative aux processeurs AMD et Intel. Une corde de plus que Nvidia pourrait déployer sur l’arc d’ARM si on le laissait faire pour son rachat. Montrant là encore les possibilités de développement que pourrait apporter le rapprochement entre les deux entités. Grace Hopper, qui a développé le langage Cobol et conçu le premier compilateur, est une informaticienne américaine qui donne son nom à cette nouvelle puce.

On sait, là encore, peu de choses sur le côté technique du circuit. Mais les activités serveurs sont désormais une part énorme des revenus de Nvidia, en constante et nette augmentation depuis des années. Disponible en 2023, Grace devrait améliorer significativement les calculs les plus complexes. Typiquement les opérations effectuées pour des services prédictifs comme la météo pour envisager des scénarios à l’avance.

Le retour de la vengeance du Tegra RTX 30

Ces annonces, le SoC en partenariat avec Mediatek comme Grace, ce sont également de belles épées qui planent désormais au dessus de la tête du marché. Car on peut voir cette conférence d’une autre manière que celle présentée par Nvidia. Si la marque ne parvenait pas à ses fins avec le rachat de ARM. Rien ne l’empêcherait de bousculer son approche et de passer ce circuit RTX 30 sous un nom commercial comme Tegra RTX, par exemple. Proposer à des marques comme Mediatek, Allwinner ou Rockchip ses circuits. Des partenaires qui auraient ainsi des éléments pour concurrencer les puces de Samsung et AMD ou de Qualcomm. Si, au final, les puces ARM RTX 30 s’avéraient très performantes, le passage par un achat de licence auprès de Nvidia pourrait devenir un véritable moyen de pression commercial.

Avec un RTX 30 disponible pour l’architecture ARM, Nvidia dispose de nombreuses solutions pour tenter d’influencer le marché. Soit en la poussant de l’intérieur pour se positionner toujours plus fortement face à Intel et AMD. Soit en la secondant de l’extérieur comme un des multiples fournisseurs de circuits graphiques déjà présents.

Si le Mediatek MT819x vise le marché des machines sous Linux et ChromeOS, ce n’est pas ce qui pose le plus de problèmes à ses concurrents. Le nombre de machines vendues n’est pas au niveau de celui des smartphones, véritable enjeu de développement aujourd’hui. Mais rien ne dit que Nvidia n’a pas – ou ne pourrait pas avoir – dans ses cartons des circuits dérivés du RTX pour viser le segment des smartphones. Un segment nettement plus stratégique que la marque pourrait tenter de réinvestir à terme. Mais le fera t-il en le proposant à tout le monde depuis ARM ou en restant à l’extérieur en tant que Nvidia ?

En clair, la question que doivent se poser de nombreux acteurs de cet écosystème après cette GTC 2021 est probablement quelque chose comme : Vaut t-il mieux avoir Nvidia comme partenaire avec ARM ou comme concurrent avec Tegra ?

GTC 2021 : Nvidia propose un circuit RTX 30 aux puces ARM © MiniMachines.net. 2021.

Intel Rocket Lake-S : le chainon manqué ?

La dernière génération de processeurs Intel Core sortira donc pour le début du mois d’Avril prochain. Ces 19 nouveaux processeurs Rocket Lake-S viseront un panel assez étendu de PC, essentiellement des machines de bureau traditionnelles en se réservant la possibilité pour certains modèles, d’intégrer le marché des MiniPC.

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Pas de Core i3 pour cette nouvelle gamme, les Rocket Lake-S démarrent en Core i5. Et dans la longue liste des processeurs qu’Intel annonce, les modèles “T” sont les plus adaptés aux MiniPC de bureau. Avec un TDP contenu de 35 watts, ils pourront être intégrés dans des solutions proposant un faible encombrement. 

Cinq modèles sont donc remarquables avec les Core i5-11400T, Core i5-11500T, Core i5-11600T, Core i7-11700T et enfin le Core i9-11900T. L’ensemble de ces puces devrait proposer un très bon ratio de performances par rapport à leur enveloppe thermique. Ces puces Intel T sont en effet depuis toujours des modèles optimisés pour une consommation basse et sont malheureusement le plus souvent intégrés dans des machines de constructeurs. Impossible ou presque de mettre la main sur un Core “T” en magasin.

Rocket Lake-S

Le reste de la gamme est large, les 14 puces restantes se développant comme d’habitude en étage de fréquences, de nombre de coeurs, de mémoire cache et dans des TDP variés allant donc de 65 à 125 watts. Rocket Lake-S est, encore une fois, gravé en 14 nanomètres FinFET. Intel conservant ses lignes de production 10 nano pour subvenir à ses besoins en terme de processeurs mobiles. Alder Lake-S censé remplacer ce nouveau venu dès la fin de cette année, si tout va bien, sera le premier processeur de bureau a profiter d’une meilleure finesse de gravure.

L’architecture de ces puces est baptisée Cypress Cove. Une construction qui dérive des coeurs Sunny Cove mais portée sur une lithographie de 14 nanomètres FinFET. Un processus alambiqué qui montre à lui seul les problématiques encore rencontrées par le fondeur pour ce début d’année 2021. Sunny Cove est en effet une architecture pensée pour du 10 nano qu’Intel a basculée sur son vieux processus 14 nanomètres pour créer Cypress Cove. ce choix d’un passage au 14 nano n’est pas une volonté technique ni un processus logique. Il est lié aux soucis d’Intel dans sa production de puces 10 nanos. Il n’arrange d’aucune manière le fonctionnement de la puce. C’est comme si, parce qu’un fabricant de vélo n’avais que des pédaliers pour VTT, il se mettait a inclure des plateaux de course sur ses vélos de montagne. Ca fonctionne, c’est même performant, mais ce n’est pas forcément des plus adaptés pour l’usage.

Rocket Lake-S

Cela n’empêche pas l’architecture d’être intéressante et les résultats d’être au rendez-vous. Si vous regardez l’ensemble des éléments apportés par Intel à cette puce, les avancées sont nombreuses. La mémoire vive DDR4 3200 Mhz est désormais prise en charge, comblant un gros manque face aux solutions d’AMD. Les circuits graphiques intégrés évoluent également vers l’UHD 750 avec de nouveaux codecs et la gestion connectique englobe désormais le HDMI 2.0b qui permettra de piloter des définitions très évoluées : 3  écrans en UltraHD à 60 Hz ou 2 écran 5K à 60 Hz. Le nombre de transistors augmente ainsi que le nombre d’instruction par cycle. Le PCI Express 4.0 débarque enfin et la puce pourra gérer 20 lignes PCIe 4.0.

Rocket Lake-S

Reste deux soucis pour Rocket Lake-S : d’abord le fait qu’Intel propose un processeur dont on sait que la durée de vie va être très courte. Avec Alder Lake-S prévu pour cette année, gravé en 10 nano SuperFin, la future 12e architecture proposera la nouvelle solution hybride du fondeur. Un assemblage mélangeant des coeurs Golden Cove et des plus petits Gracemont. La 11e architecture fait donc figure de passerelle, de maillon, en attendant la possibilité technique de faire mieux. On est vraiment dans une pure logique de transition. Si les performances de la gamme sont bonnes sur le papier, en tout cas supérieures aux modèles équivalents de la génération précédente, si Intel assure également jouer plus ou moins à jeu égal avec AMD, il est néanmoins évident que le fondeur ne fait pas ici le meilleur processeur possible. Pas celui dont il devrait être capable sans ses soucis de fabrication. 

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Second problème, la concurrence. Si AMD n’a pas été un rival pour Intel pendant des années, c’est désormais du passé. Les Ryzen jouent maintenant jeu égal avec les puces du fondeur. Intel travaille donc sur de nombreux tableaux pour sortir son épingle du jeu. Après avoir pendant des années mis en avant les performances brutes comme l’Alpha et l’Omega absolu d’un processeur, la marque dérive désormais sur des services additionnels. Les capacités de calcul sont toujours mise en avant mais d’autres éléments sont également largement évoqués. Les capacités de gestion des puces et des chipsets, la facilité d’intégration de certaines fonctions comme le Thunderbolt 4, le PCIe 4.0 ou le Wifi6.

Reste que la situation se complexifie pour cette nouvelle génération. Aux US il y a une expression très utilisée pour parler de ce genre de concurrence, “Bang for the Bucks”. Que l’on pourrait traduire par “en avoir pour son argent” même si la traduction ne fait pas honneur à l’idée d’explosivité de la version US. Cette expression traduit bien la recherche du meilleur rapport de performances pour le meilleur prix possible. Et c’est probablement là au’AMD va faire le plus de mal à Intel. Ses Ryzen sont plus explosifs pour moins chers. Sur le papier, et notamment pour un particulier qui va s’intéresser de près au montant de son investissement, la batille va être rude pour Intel. A en juger par le prix et les performances des stations assembleurs, on tire aujourd’hui un meilleur niveau de performances d’une configuration AMD que d’une solution Intel.

Rocket Lake-S

Intel 11e Gen Versus Intel 10e Gen

Est-ce qu’il faut bouder Rocket Lake-S ? 

La question qui me revient sans cesse est dans un conseil d’achat de machine complète autour d’un processeur. Comme si cette petite puce était le seul élément a prendre en compte pour un investissement de ce type. Beaucoup d’autres éléments doivent être analysés pour déterminer la pertinence d’une station. et cela commence par vos besoins. Les scénarios évoqués par Intel sont larges et les puces devraient correspondre à tout types d’usages. Il faut donc prendre en compte vos envies, les solutions dont vous êtes déjà équipés et les mettre en perspective de votre achat. Celui qui vous jure que la puce d’Intel est la meilleure quel que soit le scénario envisagé se trompe. Tout comme celui qui va vous dire qu’acheter un AMD est le seul investissement pertinent aujourd’hui. 

Rocket Lake-S

Intel Versus AMD selon Intel

Si vous êtes tenté par la construction d’une machine sur-mesures, que vous maitrisez les choix a suivre pour assembler un PC cohérent et homogène, j’aurais tendance a vous orienter vers des solutions Ryzen. Encore qu’il faudrait tenter, sans a priori, de construire une solution Intel équivalente pour comparer les prix. Mais si vous ne voulez pas vous lancer dans ce type d’aventure et cherchez des PC d’assembleurs ou de marques. Ne jugez pas d’avance sur la base du processeur. Fonctionnez en regardant les services proposés, les à-côté, la connectique comme la totalité des composants et non pas uniquement les performances globales d’un processeur dur le papier. Gardez la tête sur les épaules et ne fantasmez pas sur 3% ou 10% de performances en plus ou en moins sur un test très théorique. Cela ne sert à rien.

Rocket Lake-S

Chainon manqué ?

Le titre est dur mais il exprime autant les conséquences des errements d’Intel ces dernières années que le paysage actuel du marché informatique. Quelle chance va avoir Rocket Lake-S ? Quelques mois de commercialisation comme offre “star” de la part d’Intel avant de se faire détrôner par Alder Lake-S tout au plus. Et dans quel contexte ? Des SSD en hausse, des cartes graphiques à des prix hallucinants, des constructeurs qui subissent les effets secondaires de la pandémie avec un net ralentissement des ventes de PC de bureau… 

L’avenir de cette onzième génération, comme celle des puces AMD concurrentes, est déjà tracée. L’année va être compliquée pour les puces de PC de bureau. Et Intel comme AMD accueillera sans doute 2022 avec un certain soulagement et une nouvelle donne de processeur à suivre.

Intel Rocket Lake-S : le chainon manqué ? © MiniMachines.net. 2021.

Framework : un portable aux composants facilement remplaçables

Framework c’est une idée assez ancienne, celle d’un ordinateur portable libéré de sa contrainte d’intégration. Une machine qui calquerait son évolutivité sur celle des PC de bureau. 

Framework

Le Framework

Cette idée d’un portable évolutif existe depuis toujours, comme un fantasme qui traverse les générations depuis que les premiers engins mobiles existent. Il y a eu une certaine apothéose à une époque, un moment où les portables étaient moins fins et moins légers qu’aujourd’hui mais qui proposaient en contre partie un accès plus complet à leurs composants. On pouvait changer leur stockage, leur mémoire vive, parfois leur processeurs. La batterie était amovible par défaut et d’autres composants pouvaient être modifiés également. Aujourd’hui il est très rare de trouver des machines dont le stockage ou la carte Wifi ne sont pas montés sur des ports M.2 amovibles. Mais beaucoup de composants sont totalement inaccessibles car soudés directement sur la carte mère.

Framework

C’est le cas de plus en plus souvent de la mémoire vive qui est totalement ou en partie soudée sur le même circuit que le processeur. La partie graphique externe l’est également même si il existe des technologies pour dissocier cet élément du reste des composants avec le MXM notamment. Les mémoires sont depuis toujours montées sur des barrettes et leur intégration inamovible est surtout liée à une volonté de finesse des fabricants. Volonté qui répond apparemment à des sondages auprès du public qui plébiscite ce type de design.

Evidemment ce type de sondage pose souvent la question de manière biaisée ou incomplète. On demande au public si il préfère une machine plus fine et plus légère ou un engin plus épais et un peu plus lourd. Ce a quoi le public répond invariablement que, bien sûr, il préfère finesse et légèreté. Jamais on lui explique les conséquences de ce choix. Que sa batterie finira par mourir au bout d’un un nombre de cycles déjà connu lors de la vente et que la finesse de l’engin empêchera de la remplacer. Condamnant un investissement de plusieurs centaines d’euros à une durée de vie limitée d’office. Jamais on ne dit non plus que la finesse de l’engin obligera a se balader avec des dongles ou extensions pour connecter ses accessoires.

Acer Swift 7 2018

Le Acer Swift 7 : ultraportable et ultrafin. 9 mm d’épaisseur en 2018

C’est donc dans l’air du temps. On veut de la finesse alors on accepte de ne plus pouvoir changer le stockage sans avoir a retirer 40 vis, de ne pas pouvoir ôter la batterie collée au châssis ou de ne pas avoir la possibilité de mettre à jour sa mémoire vive. 

Framework se pose donc comme un héro, une solution indépendante des circuits classiques qui propose un portable d’un autre genre. Un engin fin mais capable de faire évoluer ses composants. Une idée séduisante d’un point de vue investissement mais également en tant que personne se sentant responsable de la gestion de ses déchets. Avec un portable parfaitement fonctionnel mais dont la batterie ne tient plus la charge, c’est généralement tout une machine qui est remplacée. Pouvoir y remédier serait un point très positif d’un simple point de vue écologique.

Framework

Framework propose une vision, une alternative. Avec un ultrabook de 13.5 pouces en 2256 x 1504 pixels affichant en 3:2, son portable est intéressant a découvrir. Le châssis est constitué d’aluminium en bonne partie recyclé. Il intègre un processeur Intel Tiger Lake avec un maximum de 64 Go de mémoire vive et jusqu’à 4 To de stockage SSD en PCIe NVMe. Une webcam 720p sera intégrée, promettant une fluidité de 60 images par seconde à l’utilisation et que l’on pourra cacher derrière un œilleton de sécurité. Avec 15.85 mm d’épaisseur et 1.3 Kilo cet engin proposera une batterie de 55 Wh. Bref, ce n’est pas un monstre boursouflé et lourd mais pourtant une solution qui pourra évoluer en bonne partie. 

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Framework promet l’accessibilité à de nombreux postes : la batterie pour commencer mais également l’écran, le clavier, la carte mère, la carte Wifi/Bluetooth, le stockage et la mémoire vive. L’idée étant de pouvoir acheter un clavier neuf si le premier est défectueux au bout de quelques années. Même chose pour l’écran ou la batterie qui vieillit. Certains composants du châssis seront également accessibles pour un remplacement simple même par un particulier.

L’idée de changer de carte mère est encore plus atypique. Cela veut dire que le propriétaire d’un Framework acheté en 2021 pourrait acheter une nouvelle carte en 2025 pour mettre à jour sa machine. Avec un nouveau processeur, un nouveau chipset et un circuit graphique à jour, c’est clairement un nouveau portable que l’on finira par obtenir.

Mais ce n’est pas tout. Plusieurs modules d’extensions pourront permettre de personnaliser sa connectique. On modifiera ainsi des éléments qui semblent bien être des ports d’extension intégrés auquel on pourra connecter différents connecteurs. Des ports avec des prises USB type-C ou USB Type-A, du HDMI, du DisplayPort, un lecteur de carte MicroSDXC ou une prise casque.

Framework

Bref des éléments propriétaires sur lesquels on pourra connecter un module contenant le convertisseur de son choix. Il sera ainsi possible de choisir de ne pas intégrer de port HDMI mais de le remplacer par un DisplayPort. Un module de stockage sera également accessible et on pourra enlever un port USB pour le remplacer par un module proposant plus d’espace.

Framework

Framework veut faire de ce type de modules un nouveau format, proposant ainsi à des industriels tiers de fabriquer les leurs que la marque se chargera ensuite de distribuer via son site. De telle sorte que si une entreprise veut, par exemple, produire un module de capture vidéo, il serait facilement accessible au public.

Framework

Tout ce qui est accessible à une extension USB 3.0 serait a priori intégrable dans ce type de module. Framework travaille par exemple à une extension permettant de profiter d’un port Ethernet Gigabit.

Framework

Framework : de la théorie à la pratique

Reste de grands défis pour Framework. Sur le papier l’idée est séduisante mais elle a beaucoup problèmes a résoudre pour être viable. Il faut d’abord convaincre le public, et ce ne sera pas facile.

Si les particuliers peuvent voir dans ce type de projet une solution intéressante, le nombre de personnes susceptibles de profiter de ces évolution est très limité. Peu, très peu, de particuliers n’ayant qu’une petite trappe a ouvrir pour changer un stockage ou de la mémoire vive il y a encore quelques années ne prenaient la peine de le faire. Installer une barrette de mémoire vive est un jeu d’enfant mais la plupart des gens s’arrêtent à l’étape d’avant. Non pas le moment où l’on cherche comment intégrer de la mémoire mais plutôt comment trouver le composant compatible avec sa machine. Evidemment La société derrière Framework aura tout intérêt à lister les composants compatibles et même à les distribuer. Restera alors a passer à la seconde étape, commander le produit et l’installer soi même. Et ce n’est pas gagné.

Minimachines.net

Le Compute Card d’Intel, un produit abandonné en 2019 qui permettait une évolution facile des portables

De nombreuses tentatives de ce genre on déjà été tentées, de la part de sociétés nouvelles ou de géants bien établis dans différents domaines. Le constat qui est fait est quasiment toujours le même, l’industrie n’a aucun intérêt a suivre ce type de mouvement et la société qui lance son produit se retrouve vite très isolée. Sans materiel compatible autre que celui qu’elle produit. C’est la grande différence entre le marché PC classique des tours de bureau et celui des portables. Si le premier dispose d’une véritable armada de produits tous compatibles les uns avec les autres c’est parce qu’il s’est construit entièrement sur cette idée de compatibilité. Le marché portable a fait totalement marche arrière. Les rares normes communes entre les marques de portables ne concernent que des éléments déjà interchangeables chez les concurrents : mémoire vive, stockage et cartes M.2 comme les modules Wifi/Bluetooth. On remarque au passage que ces éléments sont également intégrés dans le monde des PC de bureaux…

MXM Nvidia Tesla

Un module graphique MXM Nvidia Tesla

Il n’y a pas de norme comme le ATX ou le ITX pour les cartes mères dans le monde du portable et tout le monde fait sa solution à sa sauce. Il pourrait y avoir une norme de circuit graphique comme le MXM mais cela sous entends un retour à des machines plus épaisses. Et cela ne serait intéressant que si de nombreuses marques productrices de portables se penchaient sur le sujet en proposant une extension MXM car cela amènerait de nouveaux constructeurs a proposer ce type de modules. Ce n’est clairement pas le cas.

Pour la batterie, même à l’époque où toutes les solutions étaient amovibles, jamais les constructeurs ne se sont entendus pour les rendre inter-compatibles entre marques. Au contraire, chacun y allait de sa solution propriétaire tant au niveau de l’accroche physique que des connecteurs. Pas de raison que le marché gagne en sagesse  aujourd’hui.

Framework

Si on fait le bilan du Framework face à une machine concurrente

Mettons le projet Framework face à une solution commerciale standard. Qu’apportera t-elle de plus ? La possibilité de choisir sa connectique et donc de doubler par exemple ses sorties jack audio ou de rajouter un port HDMI. C’est un atout mais il faut bien avouer qu’il est maigre face à ce que propose le marché en terme de solutions externes. Un simple hub USB Type-C ou Thunderbolt peut apporter l’ensemble des ports supplémentaires proposés par Framework. Ce sera certes moins bien intégré mais avec l’avantage d’être compatible avec tout type de machine et non pas dépendant d’un format qui enfermera l’utilisateur chez un nouveau constructeur. 

C’est également une possibilité qui subit l’érosion concurrentielle. Le tarif de ces hub USB Type-C ou Thunderbolt fluctue et n’est pas lié au bon vouloir d’une seule société. Les options pour Framework étant distribuées par une seule marque et sur un seul site, elle ne seront pas soumises à la même concurrence. Elles resteront plus chères que les solutions concurrentes.

Framework

Le module de stockage du Framework

Ajouter une option de stockage ? C’est un plus mais cela peut se compenser par la possibilité d’ajouter une simple clé USB. A demeure avec un modèle ultra compact sur un port USB ou de manière classique en l’ajoutant en cas de besoin. Le recours à des cartes SD est également une solution sur certains portables pour étendre le stockage, leur prix s’est écroulé et leurs débits sont en hausse.

Reste les options de remplacement des composants internes qui sont une promesse réellement intéressante. Pouvoir changer sa carte mère c’est l’assurance de retrouver un meilleur niveau de performances avec un processeur plus puissant, un chipset adapté et un circuit graphique au niveau. Un remplacement au bout d’un temps d’amortissement serait sans doute un énorme plus. Mais cela pose plusieurs questions épineuses pour la solution Framework.

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Quelle garantie aura l’acheteur de voir une carte mère compatible avec son materiel au bout de 3 ans, 5 ans ou 10 ans ? La grande question est la pérennité de Framework. Car si la société se lance en 2021, sa clientèle sera faible le temps de se faire connaitre. Et comme je me doute que les tarifs proposés par la société ne seront pas donnés1 la base de client ne devrait pas être énorme. 

Au bout de combien de temps ces clients vont “repasser à la caisse” et acheter une nouvelle carte mère pour leur portable Framework ? 3 ans ? 5 ans ? 8 ans ? Et pendant ce temps, comment Framework va t-elle prouver l’intérêt de son concept ? Qu’est ce que la société va gagner avec la vente d’un portable à son lancement et une carte mère 5 ou 8 ans plus tard ? Quelle sera sa rentabilité ? A quels tarifs sera t-elle obligé de vendre ses accessoires pour fonctionner ? Peut t-on faire confiance à une société comme Framework sur une période aussi longue en informatique ?

Lenovo Flex 14 2014Le Lenovo Flex 14 : un portable innovant de 2014

Autre soucis majeur, l’évolution des formats, des standards et des tarifs. Si le concept des ports interchangeables permet de résoudre le soucis lié aux changements de formats. D’anticiper l’apparition d’un nouveau type de port par exemple, cela ne permet pas de voir à long terme à quoi vont ressembler les portables de 2025 ou de 2030. Il est très difficile de voir aujourd’hui quelles évolutions majeures vont arriver sur le secteur dans le futur mais les évolutions depuis les 5 ou 10 dernières années en arrière laissent entrevoir le chemin parcouru. Est-ce que aujourd’hui vous auriez envie d’un portable d’il y a 5 ans ? D’il y a 8 ou 10 ans ? Il est fort possible que de nombreux bouleversements arrivent dans les années qui viennent tant au niveau esthétique que materiel. Des bouleversements majeurs maintenant que la course à la performance et au rendement des processeurs et relancée. Avec AMD dans la bataille, Intel qui doit réagir et ARM qui montre ses capacités au travers des solutions d’Apple… Le marché va entrer en ébullition. Et cela passera sans doute par l’apparition non seulement de nouveaux formats mais également de nouvelles extensions. De nouvelles possibilités. Autant d’éléments que Framework ni personne, ne peut anticiper à 3 ou 5 ans. Or tout le principe de Framework c’est de vous promettre une durabilité sur ce type de période.

Le concept de Framework c’est, d’une certaine mesure, le pari d’un immobilisme technique. Le pari d’une machine qui ressemblera en 2025 ou 2028 à celles d’aujourd’hui. C’est un enfermement dans les propositions de la marque également, sans bénéficier des avantages des concurrents. Un choix qui peut se comprendre mais qui est loin de l’opportunisme qui caractérise souvent les meilleurs achats informatiques. Si dans 5 ans la carte mère compatible avec votre PC Framework est proposée à un tarif représentant 50% du prix d’un portable neuf chez un concurrent en promotion. Si votre portable lui même commence a donner des signes de fatigue au niveau de sa batterie, de sa charnière et de son écran. Si les modules amovibles de la connectique commencent a avoir du jeu… Allez vous décider de repartir pour 5 années de plus avec cet investissement déjà un peu bancal et sans aucune garantie ou achèterez vous un portable neuf ?

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L’idée de Framework est intéressante mais ne va pas dans le bon sens

Framework c’est une bonne idée, une idée logique, celle du monde des PC de bureau. Malheureusement elle n’a aucune place dans le monde très concurrentiel des portables et ultraportables d’aujourd’hui. Si l’idée était a développer il faudrait que cela se fasse au travers d’un consortium de marques comme c’est le cas pour le Wifi, l’USB ou le Bluetooth. Un “pot commun” où toutes les marques pourraient piocher des idées a développer.

Et cela ne se fera jamais pour des raisons simples. La première étant que rendre son portable compatible avec les composants de ses concurrents équivaudrait a développer des machines pour ses concurrents. Acheter un portable haut de gamme d’un côté puis le mettre à jour avec des produits moins chers chez une autre constructeur dans la durée c’est un bon moyen de ne pas faire d’affaires. C’est également un bon moyen de ne pas vendre de nouveaux portables.

Evidemment il est rageant de voir des machines parfaitement viables partir à la déchetterie parce qu’un écran est cassé ou qu’une batterie ne tient plus la route. Mais le problème n’est pas vraiment lié à la possibilité d’obtenir les pièces détachées. Il est surtout dû au fait que de nombreux constructeurs ne se soucient pas vraiment de la réparabilité de leurs produits.

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Changer de la mémoire ou un stockage est un jeu d’enfant aujourd’hui mais, paradoxalement, ce n’est plus accessible

Et on touche là du doigt un problème évoqué au début de ce billet. Il y a quelques années en arrière, lorsque les machines ne jouaient pas à la course à la finesse esthétique, il était possible de faire beaucoup de choses dans un ordinateur portable. Changer facilement toute la carte mère, ajouter ou enlever des stockages autrement plus encombrants que les SSD M.2 d’aujourd’hui, modifier la mémoire vive… La batterie était externe et non collée à l’intérieur et il y avait beaucoup de place pour les différents connecteurs sur les tranches des châssis. Aujourd’hui on souffre d’un défaut lié à la finesse extrême des machines et, justement, à une volonté de contrôle des constructeurs.

Certains produits sont pointés du doigt pour leur côté irréparable. Leur ouverture est synonyme de destruction et certaines marques estiment que l’ensemble des ressources constituant un ordinateur portable sont parfaitement jetables. C’est un constat amer mais c’est un élément totalement ancré dans nos habitudes de consommation aujourd’hui. Le marketing a poussé vers des designs qui ne sont pas compatibles avec l’accessibilité. Il ne tient qu’aux constructeurs de faire marche arrière et de proposer des produits plus évolutifs. Pas forcément des monstres de 3 cm d’épaisseur pour autant, un ingénieur spécialisé dans ce type de développement me confiait qu’en passant un portable actuel de 17 mm à un équivalent en 20 mm d’épaisseur on pourrait retrouver non seulement une énorme latitude d’évolution mais également une bien meilleure connectique. Sans parler de l’emploi d’éléments plus solides au niveau des charnières et des matériaux pour faire durer l’ensemble. 

Framework

Framework ne fait que répéter le problème actuel en contournant une partie de ses conséquence avec des gadgets. Proposer des connecteurs amovibles reste ce que j’appelle un gadget. Pourquoi ne pas faire la promesse d’un portable vraiment ultra solide avec plus de connecteurs tout simplement ? Pourquoi ne pas proposer un portable avec une large trappe pour changer stockage et mémoire vive d’un simple coup de tournevis ? Pourquoi ne pas proposer un portable avec une batterie amovible externe ? Ou un modèle permettant d’accéder à sa carte mère en ôtant quelques vis ?

Framework tourne autour du pot, proposant un engin qui à les mêmes défauts que ses concurrents tout en ajoutant un peu de magie technologique pour compenser. Surtout, la marque fait une promesse dans le futur en n’ayant aucune garantie de pouvoir la tenir. Et, si la Framework y parvenait, ce serait sûrement à des tarifs de “seconde main” difficiles a mettre en concurrence face aux machines neuves.

Framework : un portable aux composants facilement remplaçables © MiniMachines.net. 2021.

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