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Claypaky Xtylos, le premier Beam à sources Laser RGB

Par admin

Vue générale

Présenté lors du Prolight+Sound 2019 où il fut très remarqué par les éclairagistes (il ressemblait à un pot de miel au milieu d’une concentration d’oursons affamés) le Xtylos s’annonce comme une révolution dans le monde des projecteurs asservis avec un faisceau Beam unique. Evolution du Sharpy, il utilise une toute nouvelle technologie à base trois sources LASER RGB. Découvrons l’engin !

Un salon n‘étant pas toujours l’endroit le plus approprié pour apprécier la qualité d’un faisceau, nous avons demandé en prêt cet engin novateur pour le tester dans le studio d’Impact Evénement mais aussi de nuit dans le parking de Dimatec, à côté du Sharpy évidemment et du Sharpy Plus.
Nous avons aussi demandé à notre collègue Jean-Pierre Landragin, spécialiste du Laser, d’apporter des précisions sur la technologie des sources embarquées (voir encadré en fin d’article).

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Le Xtylos se présente dans un design rappelant les codes esthétiques de la gamme Axcor, avec une tête tout en rondeur, une sorte d’œuf lisse et mat, orné de jolies bandes dorées sur ses flancs et terminé par une énorme lentille de sortie d’une quinzaine de centimètres de diamètre, une lyre avec des bras aux bords arrondis, une petite base fine et compacte. L’appareil est magnifique !

Ouverture depuis le réducteur le plus petit, jusqu’au « focus large ».

Au niveau de la sécurité, et bien qu’il soit équipé de sources Laser très puissantes correspondant normalement à la classe 4 (usage interdit en salle et très réglementé en extérieur), le Xtylos grâce à son système optique rentre dans la catégorie des appareils à source Laser de Classe 1, autrement dit sans danger pendant leur utilisation, y compris en vision directe dans le faisceau sur une longue période. Tout le monde est rassuré !

Effets de gobos, de prismes et de couleurs pastel

Le faisceau du Xtylos est bien celui d’un Beam, (et non celui d’un Laser), très serré de 1,1°, qui fend l’espace, le découpant d’une lame fine et précise. La lumière est extrêmement vive, intense, comme parcourue de poussières colorées scintillantes.

D’un point de vue purement optique, la focalisation dépasse largement le cadre de la tête du projecteur. Le point de croisement peut se trouver à plusieurs dizaines de centimètres de la sortie, formant un rayon convergeant puis divergeant. C’est d’ailleurs ainsi, en l’absence de zoom, que l’on obtient le faisceau le plus large : environ 8°.

Les prismes et le frost en mode pleine ouverture.

La consistance même du faisceau est d’un type nouveau et sa constance sur la longueur est bien plus importante que celle d’un Beam à lampe. Il reste très concentré avec peu d’altérations sur de longues distances.

Le dimmer du Xtylos est électronique. La courbe que nous avons tracée est plutôt réussie. Claypaky maîtrise bien la gestion indépendante des trois sources.

Prête-moi ton Xtylos 3 couleurs !

Question couleurs, le Xtylos offre aussi des possibilités tout à fait nouvelles. La somme des 3 sources RGB conduit à un blanc qu’il convient de considérer comme un « full-color ».
Il vous appartiendra de calibrer votre propre blanc de référence, dans vos presets de couleurs. Car le Xtylos se gère comme n’importe quel projecteur asservi, avec une librairie CMY tout à fait ordinaire et qui donne accès à toute la puissance des sources.

Teintes avec couleurs pleines et mixées

Si les couleurs pleines telles le Rouge, bleu ou vert sont réellement efficaces, les mélanges peuvent s’avérer surprenants. La couleur peut être amenée de légères variations en fonction de la longueur du faisceau, et de la façon dont on va le focaliser. Il se peut par exemple que sur un mélange orangé, on obtienne une lumière plus claire et plus vive avant le point de croisement qu’après.
Ça donne un faisceau presque jaune, qui va devenir plus orangé passé le point de croisement, allant jusqu’à un doré profond sur une projection située quelques mètres plus bas. Attention, il ne s‘agit pas d’un souci de mélange des couleurs mais d’une propriété inhérente à sa technologie. Les sources n’ont pas forcément les mêmes propriétés de focalisation.
Mais revenons aux trois couleurs de base RGB pour signaler leur exceptionnelle luminosité. Jamais un rouge n’a été aussi intense sur un Beam avec un flux qui correspond à près de 36 % du flux total en blanc. C’est du jamais vu !
Le vert, idem et le bleu, n’en parlons pas… Les couleurs sont vraiment intenses.

Nouveauté depuis son lancement, Xtylos propose un canal blanc variable de 8000K à 2500K qui doit selon toute logique être une émulation électronique des trois sources. C’est une bonne nouvelle qui devrait rassurer les éclairagistes déçus à Prolight+Sound par le blanc.

Essais de faisceaux, gobos, couleurs et prismes en vidéo


Les gobos

Le Xtylos possède deux roues de gobos. L’une propose 14 gobos fixes, directement (et finement) découpés dans la tôle avec des réductions d’ouverture, et quelques gobos déjà bien connus sur le Sharpy, permettant de sculpter le faisceau.
La deuxième roue comporte 7 gobos tournants indexables et interchangeables : barre, cône, passoire et quelques autres, tous bien impressifs en volumétrie et qui pourront vraiment s’exprimer dans le faisceau grand ouvert (ce qui n‘était pas le cas avec le Sharpy) et éclaté par les prismes. Les deux roues sont mixables et le jeu du focus va permettre des effets bien sympas.

Quelques-uns des gobos fixes. On commence par les réducteurs.

Les gobos tournants, en mode « focus large ».

Les prismes !

Plusieurs effets optiques permettent d’animer et de modeler le faisceau. Tout d’abord un prisme à 16 facettes disposées en « fleur », rotatif et indexable, va permettre d’étaler le faisceau : on frôle les 12°.
Il est indépendant et mixable avec la roue d’effets qui comporte un prisme à 6 facettes disposées en cercle, un prisme permettant d’étaler le faisceau sur un plan linéaire et un prisme 6 facettes en ligne tous tournants et indexables. Un filtre frost loge aussi sur cette roue.

Les prismes et le frost.

Déplacement de la tête

Le Xtylos, comme le Sharpy, est extrêmement vif. Si la tête est plus imposante que celle de son aîné, elle est assez comparable en vitesse. Les mouvements lents sont nickels, le déplacement est précis, sans à-coups.

Construction de l’engin

La machine démontée

Les carters de la tête se démontent en trois parties. Deux capots qui entourent la partie effets, c’est-à-dire les deux tiers « avant » côté lentille. Chaque capot s’ouvre en actionnant d’un quart de tour deux discrètes vis camouflées dans la grille de ventilation.
La partie avant est maintenue par une languette venant se caler sous le carter en plastique de la tête. Elle est retenue par une petite élingue de sécurité. Tout l’arrière est caché par un grand capot, qui peut lui aussi se démonter en retirant 4 vis quart de tour, toujours retenu par une petite élingue de sécu.

L’arrière laisse voir l’assemblage complexe qui contient les sources laser et leur système de refroidissement. Il s’agit d’un bloc caréné laissant dépasser les radiateurs à caloducs. La technologie en question est très protégée.
La précision micrométrique qu’elle nécessite pour l’ajustement de ses semi-conducteurs sensibles et de leur cheminement optique impose que toute intervention interne à la source ne soit réalisée que par les services techniques de Claypaky. La durée de vie des sources est annoncée pour 10 000 heures.

Le bloc contenant les sources LASER

La sortie lumière se fait, après passage dans un guide de lumière cylindrique d’une dizaine de centimètres de long , via une petite fenêtre de quelques centimètres depuis laquelle jaillit le faisceau en direction des effets.

Le guide de lumière, avec sa fenêtre de sortie, une fois les modules démontés.

La grosse lentille de focus.


Pour le démontage intérieur, tout se joue sur deux modules d’effets extractibles par un jeu de vis quart de tour imperdables, et le débranchement de quelques connecteurs en plastique sur une carte de commande, et de deux gros Sub-D maintenus également par deux petites vis plates imperdables.
Il faudra retirer deux petites plaques qui semblent destinées à éviter toute fuite de lumière vers les grilles de ventilation. Elles sont elles aussi fixées par deux vis imperdables. Il faut un peu de minutie mais tout se démonte assez bien.
Le premier module comporte les roues de gobos. Le deuxième module comporte sur sa face inférieure la roue d’effets avec les prismes 6 et linéaires plus le frost, et de l’autre côté la guillotine venant positionner le gros prisme à 16 facettes.

Le module d’effets (prismes et frost)

Le module de gobos


Les deux bras sont traversés par le passage de câblage vers la tête. Un seul reçoit l’entraînement tilt, avec le moteur dans la base du bras transmettant son mouvement via une courroie jusqu’à la poulie d’axe, tandis que l’autre est occupé par le moteur pan, l’électronique qui semble gérer la motorisation pan et tilt, et le blocage tilt de la tête. Notons que la courroie de tilt semble difficile à extraire sans désosser tout l’engin… L’ajustement de tous ces capots est impeccable. Belle réalisation.

Le panneau de connecteurs

L’alimentation est assurée par une entrée et sortie True1. La sortie permet d’attaquer jusqu’à trois Xtylos sur la même ligne. Une entrée et une sortie DMX XLR5 et une embase RJ45 reçoivent les signaux de commande.
La base est entourée par deux grosses poignées qui se fondent dans le design extrêmement soigné de tout l’appareil. Le dessous de la base reçoit les habituels logements pour accueillir les fixations quart-de-tour cam-lock des deux oméga (fournis avec l’appareil of course !) et l’élingue. Il s’agit de modèles d’oméga communs à toutes les machines Claypaky, qui permettent un positionnement de clamp « décalé ».

Je prends quelques lignes pour remercier de tout mon cœur la personne qui a conçu et imaginé ce dispositif, qui permet de fixer le projecteur partout sur un pont sans être gêné par une jonction ou une entretoise. Je ne compte plus le nombre de fois où ce système m’a sauvé. Bref…

Menu et options

L’afficheur pour configurer l’appareil

Le Xtylos possède à peu près le même menu que les machines Claypaky récentes : petit écran lumineux et 5 touches disposées en cercle. Ce système fonctionne plutôt bien.
Le menu donne accès aux habituelles fonctions d’adressage, le mode (ici deux, un mode Standard et un mode « Vector »), les options de contrôle, les infos de temps d’allumage de la machine et des sources, etc.

Les mesures photométriques

Nous commençons par la mesure le derating en blanc full-color, c’est à dires les trois sources Laser RGB allumées à pleine puissance. L’éclairement au centre se stabilise en 5 minutes avec une atténuation de 11 % qui aura une incidence négligeable sur le rendu du faisceau. C’est une excellente valeur pour un projecteur à effets.


Mesures faisceau Beam

C’est l’occasion pour nous d’inaugurer le filtre que nous avons fait fabriquer spécialement au Japon par Minolta et qui associé à notre spectromètre CL 500 A (limité à 100 000 lux), nous permet maintenant de mesurer jusqu’à 10 millions de lux d’éclairement.
Pour obtenir plus de points de mesure, nous plaçons cette fois le projecteur à 10 mètres de la cible ce qui comparé aux 5 mètres habituels de recul multiplie par 2 le diamètre de la projection.

Donc à 10 m, la projection du faisceau atteint 19 cm de diamètre ce qui correspond à un angle de 1,1°. L’éclairement au centre avant derating atteint 137 900 lumens (122 300 lm après derating) ce qui conduit à un flux de 3 250 lumens (2 880 lm après derating).


Utiliser le Xtylos

Le Xtylos est une machine étonnante. La lumière qu’elle génère est extrêmement percutante, très concentrée, et en même temps elle peut paraître très douce par certains aspects. Une des caractéristiques qui nous a interpellés, c’est par exemple que le faisceau chauffe peu, comparé à d’autres Beams à lampe risquant quasiment de fondre un matériau à proximité. La température du faisceau du Xtylos est plus « calme », mais à 10 mètres, pointant une surface claire, ça pique aux yeux ! La densité de lumière est impressionnante.
L’appareil en lui-même répond admirablement bien. Les fonctions sont simples et sans mystère. Il faudra un peu de temps pour bien saisir tout ce qu’on peut faire avec, et s’acclimater aux teintes et effets que l’on pourra obtenir. La ventilation se fait un peu entendre, mais elle reste dans le domaine du raisonnable, et phénomène assez singulier, son émission à l’arrière de la tête est très directive. A l’avant, le bruit est beaucoup moins perceptible.

Essais nocturnes en plein air

Nous avons voulu apprécier sur de longues distances les avantages de cette nouvelle source en comparaison avec les Beams à lampe que nous connaissons aujourd’hui chez Claypaky. Rendez-vous pris chez Dimatec avec Antony Cals, chef produit Claypaky et Stéphane Samama, commercial, qui étaient enchantés de faire nocturne en notre compagnie.
Antony a préparé dans le parking de la société les trois machines que nous lui avons demandées : un Sharpy, un Sharpy Plus et bien sûr le Xtylos. Le Sharpy parce que c’est la référence que tout le monde a bien en tête (ou dans l’œil, comme on veut). Le Sharpy Plus, Beam hybride doté d’une lampe plus puissante est aussi capable d’un faisceau Spot aux multiples facettes, mais c’est son Beam qui nous intéresse aujourd’hui.

Il fait nuit maintenant. Allez, On allume !

Essais en “blanc”

Premier test, faisceaux alignés, en blanc pour les deux projecteurs à lampe, et en « full-color » pour le Xtylos. On l’a dit plus haut, en full-color le faisceau n’est pas tout à fait blanc. Il émet une lumière légèrement violacée, mais nous avons choisi de pousser les projecteurs au maximum.

Faisceaux blancs. Sur l’lmage de gauche, vus de dos, le Sharpy Plus est à gauche, Xtylos au centre et Sharpy à droite. Vue de face, le Sharpy se retrouve à gauche et le Sharpy Plus à droite.

Le Xtylos projette un faisceau infiniment plus « net » et précis que les deux autres. On peut difficilement affirmer qu’il est plus puissant, car on l’a observé aux mesures, en termes d’éclairement au centre et de flux c’est le Sharpy qui gagne. Le parfait découpage du faisceau Xtylos lui donne un certain avantage. Il est aussi « marquant » à l’œil, voire davantage, que son voisin. Le bon vieux Sharpy finalement ne s’en tire pas si mal mais se fait clairement distancer par les deux autres, tant en termes de luminosité, qu’en termes de « visibilité ».

Essais en bleu

Faisceaux bleus, même disposition.

Même constatations. Le Xtylos montre une prodigieuse habileté à nous surprendre par un faisceau tellement fin et net, que même moins lumineux que le Sharpy Plus, on le remarque davantage. Il est bien plus « présent » visuellement.

Essais en vert

Faisceaux verts, même disposition. Sur l’lmage de gauche, vus de dos, le Sharpy Plus est à gauche, Xtylos au centre et Sharpy à droite. Vue de face, le Sharpy se retrouve à gauche et le Sharpy Plus à droite.

Cas d’école, car on arrive dans un domaine de couleurs où le laser est nécessairement gagnant… Le filtrage en vert est toujours délicat avec les projecteurs à lampes, alors que pour un laser, notamment avec les verts assez acides et « chauds » (un peu plus de 500 nm), on est dans la zone de sensibilité de l’œil humain qui est maximum.
C’est d’ailleurs pour ça que les lasers de spectacle, avec des puissances parfois assez faibles en vert, se sont toujours montrés comme extrêmement lumineux (notamment avec les sources DPSS de 532 nm qui ont cartonné pendant des années dès l’arrivée des lasers à base de semi-conducteurs). Sans surprise donc, le Xtylos écrase tout le monde en vert.

Essais en rouge

Faisceaux rouges

Les deux projecteurs à lampes sont dans la zone où ils ont le plus de mal à émettre de la lumière. Leur source très froide filtrée ne laisse passer que très peu de flux. Ici, seul le faisceau Xtylos existe, sa source laser rouge montrant sa supériorité haut la main.

En bref, après cet essai très intéressant, il apparaît que le Xtylos a de nombreux atouts, qui ne sont pas nécessairement liés à une notion de puissance lumineuse pure. Là où le Sharpy Plus se montre supérieur, le Xtylos se tire la part du jeu avec une autre technologie. Le faisceau est si net et marqué qu’il se détache bien plus facilement et se fait remarquer à l’œil bien plus que tout autre Beam dans certaines teintes.

Conclusion

Le Xtylos représente une réelle innovation en matière de lumière asservie. Nul ne sait aujourd’hui si cette technologie sera ou non le standard d’ici quelque temps ou s’il s’agit d’une astucieuse solution pour un produit unique en son genre, mais en tout cas, il a un réel intérêt. Il est le seul à proposer des couleurs (telles que le rouge, le bleu ou le vert) avec ce niveau d’intensité. Je suis impatient de voir ce que les éclairagistes vont faire avec cet oiseau-là.


Le laser dans les projecteurs pour le spectacle

Le Xtylos utilise une source laser RGB. Contrairement à certaines tentatives qu’on a vu apparaître fugitivement, il ne s’agit pas d’un système laser + phosphore (dans lequel la source primaire est un ensemble de diodes laser bleues et le reste, voire l’ensemble du spectre est créé par des phosphores disposés sur un disque tournant, réémettant des lumières de longueur d’onde différentes sous l’excitation du rayonnement bleu), mais bel et bien d’un ensemble de diodes laser émettant dans le rouge, le vert et le bleu, et dont le mélange pondéré permet de réaliser toute la gamme des couleurs par synthèse additive.

Il s’agit donc d’une source « pur laser » qui sort directement sans conversion, et le faisceau retrouve donc certaines des caractéristiques très particulières de la lumière laser qui ont suscité l’étonnement de nos testeurs. Le constructeur est assez évasif sur les caractéristiques exactes des sources, dont on imagine qu’elles résultent de travaux de recherche récents d’Osram… Nous savons néanmoins qu’il s’agit de trois ensembles de diodes laser montées en matrices, avec une puissance électrique inférieure à 100 W par couleur. Le tout est dans un bloc optique scellé, et le mystère reste entier.

La caractéristique essentielle de la lumière laser est sa cohérence. Cela signifie que tous les photons sont émis en phase, ou en d’autres termes, que tous semblent provenir d’une même onde sinusoïdale. Mais comme rien n’est parfait, on caractérise cet aspect par la longueur de cohérence, qui correspond à la longueur de faisceau sur laquelle on peut considérer que la lumière provient d’une seule et même onde.

Cette caractéristique implique deux conséquences :

Une source laser est très monochromatique (et ce d’autant plus que la longueur de cohérence est grande (en effet, la largeur spectrale et la longueur de cohérence sont liées par la relation Lc = c/Δγ, où Lc et la longueur de cohérence [en m], c la vitesse de propagation de la lumière [c = 3.108 m/s] et Δγ la largeur spectrale de l’émission [en Hz]). Rien de comparable avec une source LED. De ce fait, une source laser RGB est capable de restituer un large espace de couleurs, ce qui est très bien en vidéoprojection mais peut s’avérer insuffisant en éclairage, nous verrons pourquoi plus loin).

Des interférences se produisent à l’intérieur du faisceau, et ce d’autant plus que la lumière est très cohérente. Cela donne au faisceau des lasers de laboratoire et aux images qu’ils permettent de réaliser un aspect granuleux, scintillant ou fourmillant.
C’est pour cette raison qu’on a toujours l’impression que l’espace traversé par le faisceau est très poussiéreux, les grains visibles ne sont pas l’effet de poussières, mais l’effet de ces interférences (appelées speckle, ou tavelures en bon français). Avec trois sources laser dans le même faisceau, les interférences de chaque couleur ne sont pas au même endroit, si bien que le faisceau se pare de « grains » de diverses couleurs. Il va de soi que cet effet peut causer une gêne importante dans certaines applications.

Sans aucune fumée, on a l’impression de particules de poussières dans le faisceau

Autre conséquence, la lumière émise ne contient pas d’infrarouge (sauf, évidemment, s’il s’agit d’un laser infrarouge !), le faisceau est donc « froid ». Mais qu’on ne s’y méprenne pas, c’est un concentré d’énergie qui peut se révéler redoutable lorsque l’objet illuminé absorbe la radiation reçue (applications médicales). A ce titre, il y a lieu normalement de prendre toutes les précautions nécessaires pour ne pas recevoir ce genre de faisceau dans les yeux. Dans le cas du Xtylos, l’optique développée pour une application Beam supprime ce risque.

Enfin, les sources laser émettent généralement des faisceaux parallèles ou très légèrement divergents (d’où la possibilité de projeter des faisceaux laser sur la lune sans qu’ils se dispersent sur le trajet) et leur répartition lumineuse est très uniforme. Dans le cas du Xtylos, le guide de lumière par lequel le faisceau sort de la source joue probablement le rôle de tube intégrateur, permettant d’homogénéiser le faisceau issu des matrices de diodes.
De ce fait, le diagramme de rayonnement a des flancs très abrupts et un sommet plat, ce qui donne cet aspect solide et compact au faisceau, sans équivalent avec d’autres types de sources. Cette caractéristique particulière justifie aussi l’absence de zoom, qui n’est pas nécessaire pour modifier l’ouverture du faisceau, ses bords étant naturellement parfaitement définis.

Du point de vue de la colorimétrie, chaque matrice de diodes est pilotée en modulation de largeur d’impulsion (PWM), le logiciel se chargeant d’ajuster la durée des impulsions appliquées à chacune pour assurer la luminosité (dimmer) et l’équilibre (couleur) du mélange en émulant les commandes plus traditionnelles. C’est le seul mode d’action qui permet de régler finement les caractéristiques de la lumière émise. Or autour du blanc, il faut pouvoir naviguer finement pour régler indépendamment la puissance et la température de couleur.

Avec des LED, c’est facile, il suffit d’avoir des LED blanches, et on peut agir finement sur l’équilibre avec les autres LED, et c’est encore plus facile quand on a un groupe de leds jaune orangé (« ambre »). Cette possibilité n’existe pas avec les lasers car il n’existe pas de laser blanc (le simple fait d’écrire « laser blanc » est un non-sens en soi), et le constructeur n’a pas choisi d’inclure un groupe de LED blanches (ce qui aurait sans doute, été aussi un non-sens technique et industriel).

Pour cette raison, le blanc-RGB est certainement difficile à régler, sa finesse est limitée par la résolution (autrement dit : le nombre de bits) des commandes PWM, et le logiciel doit se débrouiller « au mieux » pour faire le « blanc » voulu et tenter de le maintenir sur toute la plage de gradation. Paradoxalement, le fait de n’avoir que trois couleurs de sources est moins gênant pour l’étendue de la gamme de couleurs que pour la finesse des blancs. Cela étant, on peut se demander si l’usage le plus adapté de ce projecteur n’est pas de faire des faisceaux de couleurs vives plutôt que des éclairages blancs sophistiqués !

Pour plus de détails, on pourra se reporter dans SoundLightUp aux articles de la série sur la vidéoprojection concernant les sources laser.


On aime :

  • Le faisceau
  • La puissance des couleurs
  • La qualité de fabrication

On regrette :

  • De ne pas en avoir 30 à l’essai sur une scène

Tableau général

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La boîte de direct passive Klotz DX10 disséquée

Par admin

Introduite courant 2018, la boîte de direct passive DX10 de Klotz présente des caractéristiques tout à fait intéressantes à un prix contenu (en moyenne un peu moins de 150 euros), compte tenu de sa qualité de fabrication générale et de celle de son transformateur, élément essentiel d’une boîte de direct passive.
En début d’année à l’ISE, nous avons décidé lors de notre rencontre sur le stand Klotz avec Frédéric Kromberg (Directeur Commercial) et Claude Blanc (en charge de la filiale française), de vous la présenter de façon approfondie.

La boîte de direct passive Klotz DX10


Après une série de mesures effectuées dans différentes configurations représentatives de son utilisation opérées dans notre labo, nous l’avons confiée à des ingés son de terrain pour recueillir leurs impressions et celles de musiciens sur des tournées et concerts durant quelques mois. Voici le résultat de nos investigations.

Présentation

La Klotz DX10 est insérée dans un coffret compact double U en tôle d’acier de 2 mm recouvert d’un revêtement ultra résistant pour faire face aux rigueurs de la scène.

Un circuit imprimé époxy double face accueille tous les éléments dont le transfo de bonne facture « mu-métal » entièrement réalisé par Klotz. Le condensateur de liaison d’entrée est un modèle électrochimique non polarisé 10μF/35V.

Pas de fioritures sur ce modèle, avec juste une embase jack 6,35 de renvoi (vers un ampli) en plus de celle d’entrée et de la XLR 3 mâle de sortie, et deux commutateurs, un pour le pad (atténuateur de 20 dB) et un de levée de masse « ground-lift » côté sortie qui désaccouple la pin1 de la XLR de la masse de sortie (via un réseau R-C).

Il n’y a pas par exemple d’inverseur de polarité (de phase) comme sur certains modèles, de toute façon inutile à notre avis puisque tous les pré-amplis, de console, racks de scène ou autre, en sont pourvus. S’agissant d’une boîte de direct passive, nul besoin de pile (ou batterie) voire d’alimentation fantôme via la liaison symétrique. Tout repose évidemment dans ce cas sur la qualité du transformateur audio utilisé et comme nous allons le voir plus loin, Klotz a bien fait les choses.

Quelques rappels

Une boîte de direct a pour principale fonction de permettre le raccordement d’une source à moyenne ou haute impédance de sortie en liaison asymétrique, en général un instrument – guitare électrique, basse, guitare acoustique, clavier, … – à une entrée micro-ligne symétrique basse impédance de pré-ampli ou de console.

Il en existe des modèles totalement passifs (comme la DX10) mettant en œuvre un transformateur, des modèles entièrement actifs (à semi-conducteurs ou à tubes) mais qui ne permettent pas d’isolement galvanique entre source et pré-ampli et des modèles hybrides actifs mais avec transformateur d’isolement, qui à notre avis s’ils sont bien réalisés, sont le meilleur choix mais aussi le plus onéreux.
Les modèles actifs nécessitent bien entendu une source d’alimentation qu’il s’agisse de pile(s) ou batterie(s) (avec convertisseurs de tension) et/ou alimentation par la liaison fantôme du pré-ampli.

Côté entrée, l’embase jack TRS d’entrée à gauche et celle de renvoi à droite, encadrent le commutateur d’atténuation de 20 dB.

En sortie la XLR3 mâle est accompagnée du commutateur de levée de masse (pin 1). Noter l’épaisseur de la tôle d’acier (2 mm). On peut danser dessus.


Dans tous les cas, même si l’impédance d’entrée de la DI est importante et s’accommode de sources pouvant présenter une impédance de sortie de 5 à 25 kΩ (certaines guitares) sans trop d’atténuation, il ne faut pas oublier qu’un câble instrument (surtout ceux de haute qualité avec gaine électrostatique) a une capacité linéique de l’ordre de 100 pF/m, ce qui par exemple pour une longueur de 5 m représente une charge capacitive de 500 pF et avec une impédance de sortie de 20 kΩ  constitue un filtre passe-bas coupant à 14,5 kHz (à – 3 dB avec une pente du 1er ordre, encore admissible pour une basse).

En d’autres termes, avec une grande longueur, adieu la transmission des hautes fréquences, sans compter qu’avec une liaison asymétrique à haute impédance, plus c’est long et plus on « ramasse » les perturbations électromagnétiques ambiantes (et il y en a sur un plateau), notamment à basse fréquence. Donc, il est préférable de ne pas dépasser 5 m entre l’instrument et la DI, 3 m étant la bonne distance.

Nos mesures

Le rapport de transformation du transfo de la DX10 est de 1/12 (Np/Ns =12) comme en témoigne le gain relevé à basse impédance de source de – 21,58 dB (20 log(1/12)).
C’est le rapport adopté sur la grande majorité de grands faiseurs de transfos de qualité (genre Jensen-maintenant Radial Engineering, Cinemag ou encore Lundahl) pour cet usage, bon compromis pour obtenir une haute impédance en entrée avec une impédance de charge symétrique de l’ordre de 1,5 kΩ et réussir à avoir une très haute inductance magnétisante au primaire et une inductance de fuite raisonnable dans un transfo blindé avec des écrans électrostatiques entre primaire et secondaire.

Avec un rapport de 12 entre enroulements, l’impédance réfléchie coté entrée est multipliée par 144 (122), ce qui permet d’accepter des impédances de source jusqu’à une trentaine de kΩ sans trop d’atténuation et autres artefacts. C’est adapté à tous les types d’instrument même des guitares avec circuits passifs présentant une forte impédance de sortie.
La première bonne surprise que nous avons eue lors des mesures réside dans les taux de distorsion très bas relevés, notamment dans les basses fréquences (c’est la faiblesse des transfos, sauf ceux de haute qualité). En attaquant la DX10 à basse impédance (100 ohms) à + 6 dBu avec une charge symétrique de 600 ohms en sortie, nous avons obtenu une THD de :

  • 0,0095 % à 31 Hz
  • 0,0013 % à 100 Hz
  • 0,00038 % à 1 kHz
  • et 0,00036 % à 10 kHz

Ceci avec une bande de mesure de 80 kHz pour la prise en compte de tous les harmoniques. Dans les mêmes conditions, la distorsion d’intermodulation (selon la norme SMPTE) avoisine 0,0012 %. Il s’agit de performances remarquables qui ne se dégradent par ailleurs pas beaucoup en attaquant avec une impédance de 22 kΩ comme en témoignent les figures 1 et 2 qui donnent la THD en fonction de la fréquence, pour un niveau d’entrée de + 8 dBu (2 Vrms), respectivement avec une impédance de source de 100 Ω et 22 kΩ.

Figure 1

Figure 2


Le transformateur concocté par Klotz rivalise avec les meilleurs, avec une très haute self magnétisante de l’ordre de 1000 H (d’après les mesures d’impédance d’entrée à vide) et une fenêtre d’hystérésis très étroite, ce qui n’engendre que des harmoniques de distorsion impairs comme il se doit sur un bon transfo.
Pour corroborer nos dires, nous donnons en figure 3 le relevé des 10 premiers harmoniques pour un fondamental à 1 kHz et un niveau de +8 dBu et une impédance de source de 22 kΩ.


Figure 3

On constate que ce sont les harmoniques 3 et 5 qui sont prépondérants, les autres sont en moyenne à -125 dB. A cet égard, si on constatait une remontée des harmoniques pairs, cela signifierait que le transfo a été « magnétisé », c’est-à-dire aurait été soumis à un courant continu en entrée, ce qui désaxe la courbe champ-induction, impossible sur la DX10 puisqu’il y a un condensateur de liaison de 10 μF.
Cela montre que même avec une haute impédance de source, la disto ne remonte pas trop. En général, le meilleur résultat intervient pour une impédance qui représente entre 1/5 et 1/10 de la résistance série du bobinage d’entrée, donc moins de 1 kΩ.

Figure 4

Pour en terminer avec la THD, la figure 4 représente l’évolution de la distorsion harmonique selon le niveau injecté à l’entrée qui nous montre que la bonne plage d’utilisation correspond à des niveaux compris entre – 20 dBu et + 10 dBu, ce qui correspond bien à des niveaux de sortie instrument.
A 1% de THD, le niveau max admissible de + 21 dBu (très bien) et donc théoriquement +41 dBu avec le Pad (- 20 dB) enclenché, mais étant donné que le condensateur de couplage est un modèle 35 V, on va plutôt dire +32 dBu, ce qui signifie qu’on peut la connecter en sortie d’ampli instrument sans problème.

Les figures 5 et 6 tracent la courbe de réponse en fréquence, respectivement avec une basse et une haute impédance de source, avec dans le pire des cas une fréquence de coupure haute de 30 kHz à – 3 dB, plus que correcte. On remarque en figure 5 (coupure à 70 kHz) un très léger peaking (+1 dB !) en bout de bande qui est dû à l’inductance de fuite du transfo.

Figure 5

Figure 6

Ce dernier, outre un blindage magnétique en matériau à haute perméabilité (type mumétal), met en œuvre deux écrans électrostatique entre primaire et secondaire pour diminuer les capacités inter-enroulements et enroulements-masse. Inévitablement, même avec des techniques de bobinage « haut de gamme », cela affecte un peu le couplage et donc le flux de fuite entre primaire et secondaire.

Figure 7

En figure 7, nous donnons la réponse en phase avec différentes charges symétriques en sortie. On vient bien encore une fois que selon la charge la réponse en bout de bande est affectée par l’inductance de fuite.
Avec la charge normale présentée par un pré-ampli moyen et 20 à 30 m de câble micro, cela correspond à la courbe en vert et donne une déviation de phase de +/-1,5° entre 20 Hz et 20 kHz, ce qui est très bien.

Figure 8

La figure 8 est une transformée de Fourier rapide de la réponse à un sinus à 1 kHz pour mettre en évidence à la fois le bruit de fond et la répartition des harmoniques. C’est encore une fois très bon, hormis l’harmonique 3, le bruit de fond (50 Hz notamment) et les autres raies sont à plus de – 120 dB.

Enfin en figure 9, on trouve la réponse en signal carré à basse et haute impédance de source (même charge en sortie (3 kΩ et 25 m de câble).
Hormis l’atténuation normale avec la haute impédance de source, les carrés sont très bien restitués avec une sur-oscillation infime et des fronts propres.

Quelques remarques et suggestions

Bien que favorablement impressionnés par les performances générales obtenues pour un prix somme toute modeste, nous avons néanmoins quelques suggestions à formuler, qui relèvent certes plus d’un certain purisme que d’une nécessité absolue :

Nous aurions, en tant qu’électronicien assez inféodé dans la conception de produits audio, plutôt choisi un condensateur film (polypro ou polyester) pour la capacité de liaison d’entrée obligatoire (10 μF non polarisée) au lieu d’un électrochimique non polarisé (en fait deux polarisés en série tête-bêche en interne). La qualité dans le temps (et la disto) n’est pas la même (mais le prix non plus bien sûr).

L’inductance de fuite du transfo, inévitable d’autant qu’il comporte un double écran électrostatique pour améliorer la réjection de mode commun, induit obligatoirement un « peaking » plus ou moins important dans les hautes fréquences selon l’amortissement du circuit du second ordre résultant et donc de l’impédance de charge connectée (impédance d’entrée symétrique du pré-ampli).
C’est à notre avis ce qu’ont constaté empiriquement les ingés son et musiciens qui ont testé la DX10 en live, pour le haut du spectre (voir plus bas). L’optimum de transmission (d’après les mesures) étant d’environ 20/30 m avec du câble micro et une impédance symétrique comprise entre 1,2 et 3 kΩ. 3 kΩ donne la meilleure réponse en fréquence et en phase.

La réjection de mode commun est correcte (75 dB à 50 Hz et50 dB en milieu de bande), meilleure que celle des boîtes actives mais 10 dB/15 dB sous ce qui se fait de mieux (avec transfo bien sûr).

Les impressions de terrain

Après les chiffres, place aux oreilles, et quoi de mieux pour ça que des ingés son retours et face et surtout des bassistes, une cible de choix pour une DI, tant grave, dynamique et source haute impédance, ne font habituellement bon ménage avec les transformateurs aussi bons soient-ils.
Alex Maggi s’est prêté au jeu, et pas que lui comme vous allez le découvrir. On lui a confié durant quelques mois la DX10 ayant servi aux mesures afin qu’il la teste sur les dernières dates de la tournée de Christophe Willem dont il a assuré les retours.

Alex Maggi : On l’a essayée à Biscarrosse durant la balance en la comparant à la boîte de direct active canadienne classique qu’on utilise et on a navigué dans le subjectif. Il y avait du mieux et du moins bien, on ne savait pas trop les distinguer.

Du coup on a joué avec le soir même et unanimement Julien Martin qui tenait la face comme moi aux retours et Nils Thomas le bassiste de Willem, on a trouvé que le son de la basse était beaucoup mieux placé dans le mix, il sortait beaucoup mieux. On a été plutôt emballé. A la fin de la tournée, Nils est parti avec la DI chez lui.

SLU : Il dispose d’un studio ?

Alex Maggi : Oui et surtout il aime la technique et fait des tests en enregistrant et en comparant plusieurs configurations d’un prix supérieur et il a été étonné du résultat.

Ensuite Julien Martin l’a récupérée et l’a emmenée sur la tournée de Gims dont il mixe les retours et il l’a faite essayer à Boom (Franck Jean alias BOOM) qui est le bassiste et directeur musical de Gims. Lui aussi l’a trouvée très bien. Pour cette tournée il utilise une DI/préampli américaine à tubes.
Suite à l’essai, il a modifié les réglages de sa DI/préampli en rentrant dedans moins fort afin de se rapprocher de ce qu’il a entendu avec la Klotz (rires). Un commentaire qui revient souvent est que le grave est très précis, naturel et très musical. Réaliste en quelque sorte.

SLU : Et le haut du spectre ?

Alex Maggi : C’est une affaire de goût. Il y a ceux qui préfèrent le tube ou le transfo Jensen, ceux qui trouvent qu’elle manque un peu d’aigu, contrairement au grave où elle fait l’unanimité. Quoi qu’il en soit, une DI passive à ce prix et qui marche aussi bien, c’est très intéressant et ça va ouvrir le choix face aux deux références actives les plus utilisées.
Tu sais à quel point je déteste la technique. Les oscillos et tout le reste ça ne m’intéresse pas, je préfère mille fois un blind test. Je ne regarde jamais les chiffres. J’écoute, je compare et je choisis. A l’aveugle, la Klotz fait au moins jeu égal avec les « références » du marché.

Un très grand merci à Alex, Julien, Nils et Boom pour leurs oreilles et leurs 10 doigts.

Conclusion

La Klotz DX10 est un produit de bonne qualité, robuste et sans fioritures, à petit prix, qui devrait satisfaire pleinement son acquéreur et s’avère parfaitement taillé pour la scène, parfait pour les guitares basses notamment.

On aime :

  • Les performances et le son
  • La simplicité d’une DI passive
  • La robustesse
  • Le rapport qualité/prix

On regrette :

  • Pas grand’chose, la réjection un peu faible du mode commun

Et plus d’infos sur le site Klotz

Switch Media Unveils Cost-Effective Fast-to-Market OTT Platform MediaHQ Lite

Par Jump

Switch Media, a world leader in online video technology, is announcing the launch of MediaHQ Lite. This is an end-to-end OTT platform that provides a comprehensive feature set at a cost-effective price point allowing an OTT service to be delivered swiftly. MediaHQ Lite keeps complexity to a minimum while satisfying core OTT requirements, reducing overheads ...

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Wash à leds DTS Alchemy 5, un renouveau attendu et réussi

Par admin

Cette machine n’est pas sans rappeler le Studio Color 575 High End, un des plus gros succès et standard de l’éclairage de spectacle et de télévision des années 90 à nos jours.
L’Alchemy 5 est un peu comme un hommage à ce projecteur dont les qualités de lumière sont encore et toujours reconnues.

Il offre a priori tout ce qu’un éclairagiste attend d’un faisceau wash au bord doux, si doux grâce à la lentille Fresnel, sa fameuse banane rotative, mais surtout ce que la led, apporte comme nouvelles possibilités. Nous l’avons testé dans le studio d’Impact Evénement.

On regarde ça !!!

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Physiquement, l’engin nous est incontestablement familier par ses proportions mais dans une construction très actuelle et revisitée. La large lentille Fresnel est grande ouverte devant sa petite tête carrée aux arêtes arrondies, montée sur une lyre pivotant sur une base assez plate. Ce projecteur a vraiment une bonne bouille.

Il est équipé d’un moteur à 6 teintes de leds, rouge, vert, bleu, blanc, lime, ambre, et cyan, d’une puissance totale de 450 W. Ce mélange promet des couleurs somptueuses, des teintes très profondes et équilibrées, ainsi que la flexibilité des blancs. Question effets l’Alchemy 5 propose de la couleur à l’infini, un zoom pour ouvrir et fermer le faisceau, deux frosts, et une banane rotative (la célèbre !). On a fait le tour.

Le magnifique faisceau à bord doux de L’Alchemy 5

Voyons comment est conçu l’engin

Machine ouverte

La tête

La tête de l’Alchemy 5 se démonte en ôtant ses deux demi-capots tenus par trois vis quart de tour à tête plate. L’ajustement est précis et le remontage se fera sans difficulté.
L’intérieur est simple. Au fond siège la boîte à lumière, c’est-à-dire la platine comportant les leds, fixée sur des radiateurs à caloducs, refroidis par quatre gros ventilateurs.

En sortie, on découvre une roue recevant deux frosts et deux filtres dichroïques, puis vient le beam-shaper entraîné et indexé par une poulie.
Le zoom, qui implique la translation de la majestueuse lentille Fresnel, est monté sur un chariot entraîné par un système à 4 vis sans fin. Chose intéressante à noter, à l’extinction du projecteur, le zoom rentre automatiquement et vient se caler légèrement de travers, totalement bloqué pour le transport.

Vue arrière avec ventilateurs

Les radiateurs à caloduc, une fois les ventilateurs retirés.

Juste une chose, malgré les recommandations du manuel qui indiquent qu’il faut nettoyer les filtres et éléments optiques régulièrement, la construction de la tête n’est vraiment pas bien pensée pour faciliter les opérations de maintenance… Tous les démontages sont à envisager avec des tournevis torx de différents diamètres, sans véritablement donner un accès facile au nettoyage ou remplacement d’éléments. Alors certes, il y a peu de raisons d’intervenir en théorie, sauf qu’il faut effectivement nettoyer de temps en temps. Cette opération demandera de la minutie et du temps.

Dans ses petits bras musclés…

Les bras sont recouverts par deux capots latéraux et avec deux carters pour entourer le bas de la lyre. Les capots latéraux se démontent à l’aide de 3 vis torx, et laissent découvrir d’un côté la courroie du tilt, le moteur étant situé dans la base, et de l’autre l’électronique et le moteur de pan. Bonne chose : la courroie de tilt peut être facilement changée. La lyre est blocable en pan et tilt par deux boutons.

La base reçoit deux poignées joliment intégrées au design de l’appareil. Le dessous de la lyre intègre les trous de fixation des supports oméga pour l’accroche. Ces derniers, livrés en standard, seront appréciés des lighteux.

Les oméga avec leurs possibilités de décalage.

Le dessous de l’appareil.


Trois positions par oméga vont pouvoir offrir des écartements différents entre les clamps, ce qui est presque indispensable dans la plupart des cas, notamment quand il faut accrocher un projecteur à un endroit précis et que les entretoises ou autres jonctions de ponts obligent à décaler les projos. Le dessous du socle comporte aussi une barre de fixation pour l’élingue de sécurité.

Panneau de connecteurs

Le panneau de connecteurs présente une entrée et une sortie True1 pour l’alimentation, (la machine consommant environ 450 W, on peut en linker environ 5, voire 6 sur une ligne limitée à 16 A), une embase RJ45 pour la mise en réseau, des entrées et sorties pour le signal DMX en XLR3 et XLR5 doublées.

Le menu

L’afficheur et ses 4 petits boutons, pour accéder au menu.

Toutes les fonctions classiques sont configurables depuis le menu, à commencer par l’adresse DMX, le mode (il y en a principalement 3 aujourd’hui, les configurations ArtNet / sACN, le réglage de la fréquence de balayage des leds (de 600 à 5 000 Hz), l’émulation de l’inertie d’une lampe tungstène, la gestion de transitions de couleurs particulières, etc. L’Alchemy 5 ne manque pas de ressources !

Fonctionnement, lumière, couleurs, et faisceau…

Le zoom

L’Alchemy 5 donne tout ce que la technologie led peut apporter d’intéressant, comme la facilité à gérer la couleur sur tout le spectre, la stabilité de colorimétrie et l’éviction d’une bonne partie de systèmes mécaniques, autour d’un besoin bien précis : projeter le faisceau wash à bord doux devant lequel on s’est tous émerveillé en 1994 et il le fait très bien.

Au plus serré, le faisceau fait un angle d‘environ 10°. Non, ce n’est pas un bâton de 4 ou 5°, c’est un vrai wash pour éclairagiste. Ses 10° lui vont à merveille. Lorsqu’on serre ce faisceau, la lentille frontale se déplace vers l’avant et entraîne avec elle une couronne « coupe flux » évitant certaines lumières parasites. Il en reste un petit peu hélas, mais rien de dramatique. Ce phénomène léger disparaît totalement lorsqu’on ouvre le faisceau.

Zoom ouvert et zoom fermé…

…Le cerclage coupe flux avance avec la lentille

L’ouverture maximum est de 45°. On peut encore gagner un peu d’ouverture et de douceur grâce à deux frosts, un léger et un plus fort. On doit ainsi a priori sans problème arriver aux 47° annoncés par le fabricant.
Et pour finir, n’oublions pas le fameux beam-shaper, indexable et rotatif, permettant de modeler notre faisceau en « banane » et de l’orienter à volonté. Il peut même être animé en rotation assez rapide, constituant presque un effet dynamique à lui tout seul. Que du bonheur.

Le faisceau est magnifique mais il laisse voir un léger (très léger) trou en son centre, perceptible à partir d’une certaine distance (disons environ 5 mètres), et par un œil particulièrement exercé. Ce phénomène est plus visible sur certains mélanges de couleurs que sur d’autres.
On a même parfois l’impression que le flux n’a pas tout à fait la même direction en fonction des couleurs, ce qui n’est pas le cas en réalité. On l’a remarqué, mais pour dire vrai, ça n’enlève pas grand-chose aux qualités de ce fantastique projecteur montrées dans cette vidéo.

Mesures photométriques

Courbe de derating

On démarre par le derating, toutes leds à pleine puissance et nous mesurons l’éclairement au centre toutes les 5 mn pour tracer la courbe.
Avec une atténuation qui ne dépasse pas 1,93 % après 5 minutes de chauffe, on peut considérer que le derating est négligeable.


Faisceau serré

Au plus serré, toutes diodes à pleine puissance, nous mesurons un angle de 10,63°, un éclairement au centre de 9 034 lux (8 860 lux après derating) et un flux de 8<900 lm (8 730 après derating).


Faisceau large toutes leds à pleine puissance

Au plus large correspondant à un angle de 45,8°, toutes diodes à pleine puissance, nous obtenons un flux de 9900 lumens (9700 lm après derating). La courbe d’intensité lumineuse est régulière avec cependant un petit creux au centre.


Faisceau large blanc calibré à 5100 K

En regardant les blancs calibrés, on a une impression de plus de puissance, confirmée par la mesure d’éclairement au centre, alors pour en avoir le cœur net, on repart pour une série de mesures tous les 10 cm sur notre cible. Impression confirmée, le flux monte à 11 000 lumens (10 770 après derating) et l’indice de redu des couleurs est excellent : RA de 97. La courbe d’intensité lumineuse a perdu son petit creux au centre.


La couleur. Gestion des 6 teintes de base

En mode étendu, on a accès à différents systèmes qui nous permettent de choisir nos couleurs. Tout d’abord, on peut gérer directement les 6 teintes de leds de la machine : rouge, vert, bleu, ambre, lime, et cyan. Le « lime », pour ceux qui l’ignorent, c’est un genre de vert citron très acide. Pour ce qui est de ce que DTS appelle « cyan », on pourrait dire qu’il ressemble à un 116, soit un bleu vert assez dense, une sorte de « bleu canard ».

Quelques couleurs obtenues par le contrôle des six teintes de leds RGBALC

Le mélange de toutes ces teintes permet de jouer de façon équilibrée. Mais ce n’est pas si simple, d’autres paramètres interviennent…
Tout d’abord, il vous faudra choisir à partir de quelle température de couleur vous voulez obtenir vos teintes. Un canal de 0 à 100 % permet de façon linéaire et progressive de faire varier votre « blanc de référence » de 1 900 K à 10 000 K.

Une partie des différentes teintes de blancs que l’on peut obtenir.

Le blanc variable, de 1800K à 10 000 K. Linéaire et superbe.

Ensuite, vous pouvez appliquer un niveau de vert (en background… un peu comme si vous pouviez choisir la tronche verdâtre d’une lampe MSR un peu fatiguée, jusqu’à la neuve et plus encore), permettant d’aller jusqu’à un « minus green » variable à souhait.
Deux couleurs additionnelles, cette fois-ci à base de filtres dichroïques sont disponibles sur la roue qui comporte également les frosts. Il s’agit d’un Deep Blue et d’un Deep Red placés dans le spectre aux frontières du visible.

Globalement et en détail, les teintes obtenues sont absolument superbes. Notamment les rouges et ambrés qui n’ont jamais encore été vus avec cette patate sur un faisceau de ce type ! Quant aux blancs, vous pouvez TOUS les réaliser. Dans toutes leurs petites nuances, et avec toutes ces subtilités techniques qui ne se voient même pas à l’œil, mais dont le résultat à la caméra fera probablement la différence.

Extrapolation CMY

Autre méthode de couleurs : la bibliothèque de gélatines

L’Alchemy 5 donne accès à une banque d’environ 200 références de gélatines LEE (sur deux canaux pour le mode étendu, environ 100 par canal, une seule des deux pages en mode standard), appelables directement par une simple valeur DMX. Une bonne librairie s’impose, ou alors on imprime le listing de la bibliothèque et on rentre les valeurs !

On a joué un moment avec ces banques de couleurs. Elles sont visiblement très proches de la réalité. La réalité étant très subjective, une gélatine donnera une lumière complètement différente suivant la source, l’état de la lampe, (l’état de la gélatine même !) la gradation de la lampe en question, bref… Un numéro de gel LEE, n’est pas absolu ! Mais avec l’Alchemy 5, vous pouvez indiscutablement reproduire ce que vous voulez.

Un canal vous permet également de gérer le fondu de transition entre les teintes, et un autre vous permet de gérer le fondu dans le mode gélatine et aussi le fondu entre une gélatine et une couleur du mixage des 6 couleurs de base. C’est plus que complet. Trop probablement même… Mais ça existe.

Utilisation et canaux DMX…

5 modes sont disponibles pour piloter notre Alchemy 5.

  • Le mode « CCT », en 20 canaux, donne accès à la totalité des fonctions de la machine, mais ne permet de choisir que les couleurs des bibliothèques de gélatines LEE.
  • le mode « Expo » à 13 canaux est un mode assez similaire mais simplifié.
  • Les 28 canaux du mode « Advanced » donnent libre accès à tout. Ce mode vous permet d’agir sur le color-mixing des 6 teintes avec les différentes options de couleurs possibles… Mode complet, mais très complexe. Il peut s’avérer plus simple si vous utilisez une console très avancée qui va faire le travail à votre place (sous réserve d’une librairie plus qu’exemplaire), sinon ça peut vite devenir un casse-tête.
  • Le mode « basic » est sur le même mode opératoire que le « Advanced », mais supprime quelques fonctions.
  • Un cinquième mode, fraîchement arrivé, nommé « CMY Emulation », permet de gérer la machine comme si vous aviez un projecteur basique en CMY, avec toutes les facilités que ça implique. Vous avez tout de même la possibilité de jouer en même temps avec la variation de la température de couleur, le minus green, et le rappel des bibliothèques de couleurs LEE. Avec ce mode, tout le monde s’y retrouve de façon simple et en exploitant la totalité du potentiel de la machine.

Gradation, des courbes exemplaires

L’Alchemy 5 propose 4 courbes de dimmer. « Quadratic », « Gamma 2.2 », « S-curve » et « Linear ». Les courbes que nous avons tracées sont remarquables. Rarement (pour ne pas dire jamais, à moins que ma mémoire ne me fasse défaut) je n’ai obtenu des courbes aussi propres et limpides.

Courbe du dimmer en mode Linear de 0 à 100 %

Courbe du dimmer en mode Linear de 0 à 10 %


La linéaire, est juste une diagonale quasi parfaite, avec ce qu’il faut en bout de course pour éviter un « accident » visuel, le quadratic est également un exemple…

Courbe du dimmer en mode Quadratic de 0 à 100 %

Courbe du dimmer en mode Quadratic de 0 à 10 %


Le strobe est ultra-efficace bien entendu puisque aucun élément mécanique ne vient prendre du flux au passage.

Déplacement de la lyre

Ce joli faisceau se déplace bien évidemment ! Il n’est pas ultra-vif mais suffisant pour permettre un positionnement parfait, et permettre de beaux effets de déplacement, sans à-coups, et avec peu de bruit. L’ensemble du projecteur est d’ailleurs assez silencieux globalement.

Gestion du bruit

L’Alchemy 5 bénéficie de deux réglages de ventilation. Un réglage « operating mode », et un réglage « fan ». Ils, peuvent interagir l’un sur l’autre suivant un diagramme bien précis.

Le réglage « Fan » : Le mode « Constant » permet d’avoir toujours le même niveau de ventilation quelles que soient les conditions de travail des sources led. Le mode « Automatic » assure un déclenchement autonome de la ventilation, c’est-à-dire à partir du moment où la température des sources atteint 40°.
Deuxième réglage : « Operating mode ». En « Operating Mode », on a le choix entre un mode « standard » et un mode « silent ». En standard, ce qui va faire la règle est le réglage que vous aurez choisi dans la configuration « FAN ».

En mode « Silent », la machine va réduire un peu la vitesse de déplacement pan, tilt maximum possible et réduite la ventilation en diminuant la puissance envoyée aux leds, y compris en optimisant la configuration « FAN » que vous aurez choisie. Ainsi, elle se met dans une situation où elle va de fait être assez silencieuse, au niveau ventilation, mais aussi au niveau de tous bruits mécaniques.

En conclusion

L’ALCHEMY 5 est une fantastique petite machine qui vient fournir ce que certains éclairagistes attendaient depuis bien longtemps, un vrai faisceau wash qui revient à l’essentiel et qui, faisant fi des modes, utilise les dernières technologies pour délivrer une lumière magique.
Malgré tous les clins d’œil au « classique » du genre, DTS apporte une machine plus qu’actuelle qui a toutes les qualités, y compris le rapport qualité prix, pour devenir un incontournable. Une machine offrant un faisceau remarquable, des couleurs magnifiques, des blancs sublimes et malléable à souhait…En tout cas moi j’en veux !!!

On aime :

  • La machine
  • Le faisceau
  • Les couleurs

On regrette :

  • L’accès difficile pour l’entretien

Les tableaux

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Portman P2 Hexaline, un design unique

Par admin

Vue générale

Forts de produits tout de suite identifiés par leur design affirmé et original, les premiers appareils de la gamme se sont imposés comme une évidence esthétique dans l’univers de nos scènes ou de nos plateaux.

Le P1, cette jolie « fleur » à 7 « pétales » de lanternes hexagonales enfermant une source halogène R7s se voit déployé dans de multiples contextes, avec un grand succès, depuis près environ deux ans.

Le « P2 Hexaline » décline le design Portman dans une barre alignant 6 de ces fameuses petites lanternes dans un produit astucieux et prometteur.
Découvrons…

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La prise en main de l’engin est surprenante. Entièrement développé et fabriqué en Pologne, le P2 bénéficie d’une fabrication remarquable, tant par la finition que par l’évidente solidité de la structure globale de l’appareil.
Mis à part le boîtier de l’électronique, la construction fait appel à l’aluminium, ce qui permet d’avoir un appareil relativement léger et robuste. Il pèse 9 kg pour ses 1,7 cm de longueur hors-tout.

Le boîtier électronique au dos du P2.

Les 6 lanternes sont alignées de façon rectiligne et fixées sur une structure tubulaire qui reçoit au dos, en son milieu, un boîtier contenant les gradateurs et l’ensemble du dispositif électronique de gestion.
L’appareil peut être posé ou suspendu. Il est et muni de deux charnières qui permettent de donner un angle à deux endroits différents dans l’alignement.

La finition de l’ensemble est d’un noir légèrement martelé, et ne laisse pas les reflets quelconques venir parasiter une mise en lumière. La finition noire est le « standard », mais elle peut en option être aussi entièrement blanche, ou sur commande dans toutes couleurs qu’il conviendra de définir.

Une lanterne.

Les lanternes hexagonales sont l’écrin de la lampe crayon R7S. Au début, la marque proposait l’équipement des lanternes avec une lampe classique 300 W qui est aujourd’hui avantageusement remplacée par une Osram de 230 W qui donne la même énergie et le même flux de lumière.

L’intérieur de la lanterne

Bien évidemment, on peut équiper l’appareil comme on le souhaite, avec cette lampe ou avec toute autre dans la limite des 300 W.
Les lampes sont annoncées pour une durée de vie de 2000 heures si allumées à fond en continu ce qui est rarement le cas.
Un réflecteur martelé récupère le flux de la lampe et s’illumine avec le rougissement du filament.


Réflecteur « Silver » ou « Gold »

L’appareil est livré d’office avec des réflecteurs « Silver » de couleur argentée (comme son nom l’indique) mais peut aussi recevoir des réflecteurs « Gold » (dorés donc, avec un doré qui est réellement un plaquage or par dépôt électrolytique) pour permettre d’obtenir une teinte plus chaude et ambrée.
Ce kit de réflecteur peut être intégré d’office dans l’appareil sur commande ou en option livré séparément pour remplacer les « Silver » à volonté, comme pour les P1 et P3.
Le côté martelé des réflecteurs donne un aspect de matière très intéressant, une texture esthétique, et permet de diffuser encore un peu plus la lumière.

Toutes les lanternes sont munies de grilles pour éviter tout incident en cas de problème de lampe. Chaque élément, comme les capots de lanternes sont sécurisés par une petite élingue. C’est du travail soigné avec le souci du détail. Tout le câblage entre les lanternes et le boîtier électronique passe dans le tube de la structure.

L’une des articulations de la structure tubulaire

Les deux charnières permettant d’anguler l’engin à deux endroits sont particulièrement solides, et leur verrouillage se fait sur 6 crans, avec une goupille sur ressort. L’angulation est franche et simple, sans surprise ni difficulté particulière.

Le dos de l’appareil reçoit un petit boîtier dans lequel se trouvent l’électronique et les gradateurs.
L’afficheur très lisible permet, via l’action de trois boutons rétroéclairés, de paramétrer l’adresse DMX et les fonctions de base du P2, comme la possibilité de le piloter via 1 canal DMX (tout l’ensemble en même temps donc), ou lampe par lampe (6 canaux).

L’intérieur du boîtier électronique / gradateurs.

Le système est simple, presque « simpliste », mais c’est une volonté du fabricant de proposer un luminaire efficace et facile à mettre en œuvre.
On est dans une approche noblement « trad » du fonctionnement de cet appareil.
Question connecteurs, le boîtier permet le raccordement au secteur via une embase True1.
Et celui du DMX avec entrée et sortie XLR3 et XLR5.

Le P2 est livré avec un certain nombre d’accessoires. Une embase « lourde » (2 kg), une extension de longueur et un accessoire d’accroche qui se met en tête de mat.
Le tout est livré avec un jeu de goupilles, les différents assemblages s’effectuant exactement comme le raccordement d’éléments de ponts avec un manchon goupillable mâle / femelle.
L’une des configurations « standard » est posée sur une base lourde avec 6 pixels alignés verticalement, mais de multiples autres montages laissent à l’imagination des éclairagistes un nombre presque infini de possibilités.

Connexion entre les P2.

Les accessoires fournis avec l’appareil : La base, 3 goupilles et 3 broches, une extension, un accessoire d’accroche. Lampé en standard, le P2 Hexaline est aussi livré avec une lampe de spare, un cordon True1 et une élingue de sécurité.

L’extension permet par exemple de surélever (pour l’appareil posé au sol sur son embase) ou d’abaisser (pour l’appareil suspendu) la hauteur d’un demi-écartement inter-source pour décaler parfaitement au besoin, l’alignement d’un certain nombre d’appareils, afin par exemple de créer des lignes diagonales entre les différents P2. Cet accessoire va donc permettre d’agencer les P2 entre eux de différentes façons en termes de hauteur. Et c’est bien sûr valable dans l’autre sens, avec l’appareil suspendu.
Le petit accessoire d’accroche est lui aussi très intéressant. Il permet soit d’accrocher le P2 sur un pont, une perche ou je ne sais quel autre élément de structure scénique, soit d’y adjoindre un petit projecteur, un accessoire, etc.
On peut tout à fait imaginer par exemple, d’utiliser le P2 comme une sous-perche (en plus de ses capacités d’effet en soi !) et d’y adjoindre une petite lyre suspendue dessous, ou même posée dessus si on l’utilise un peu comme un totem. Une multitude de configurations est envisageable.

Le P2 plié pour le transport.

Ces accessoires sont livrés avec l’appareil (un de chaque avec chaque P2), mais peuvent aussi être achetés séparément si on veut en avoir davantage pour créer des configurations en nécessitant plus.

Deux supports de fixation sont également soudés à l’arrière, sur le tube, situés aux alentours de l’avant-dernière lanterne, au centre desquels un trou laisse envisager l’installation possible de clamp, pour une accroche d’un autre style, indépendant des extrémités du tube lui-même.

Une lumière remarquable et un design unique

Les lanternes hexagonales du P1 ont établi les standards du design Portman (déposé). C’est l’identité visuelle de ces appareils qui les rend immédiatement reconnaissables. Le P2 suit cette voie, avec une disposition différente.

Ce qui fait le succès des produits Portman c’est précisément l’élégance du design associé à la lumière chaude et ambrée purement « trad » qu’ils vont générer. La simplicité d’utilisation est également partie intégrante de l’esprit du produit. 6 lanternes, 6 canaux, avec une gradation impeccable.

La réactivité de la source est assez lente, ce qui peut être perçu comme un inconvénient, mais c’est en réalité un avantage qui fait partie intégrante des caractéristiques de l’engin.
Cette lenteur de réaction vient essentiellement du fait que la lampe R7S a un filament très long, ce qui donne toute la majesté des allumages / extinction, le côté extrêmement « smooth » des temps de transferts et la fluidité des chaser que l’on peut envisager.

Une vidéo de présentation

Ces appareils peuvent tout aussi bien servir de décor discret, en utilisant les lampes avec une gradation très basse qui va juste faire rougir les filaments, ou pour créer des multitudes d’animations plus pêchues, voir aller jusqu’à l’effet « blinder ». Car une armée de P2 envoyés à full, peut créer un effet très violent.
Un produit très sympathique et de grande qualité, dont les effets et les champs d’applications vont être nombreux et démultipliés en fonction du nombre d’unités déployées. Un succès promis !

On aime :

  • La chaleur des lampes
  • La qualité de la gradation
  • La qualité de la fabrication

On regrette :

  • rien

Tableau général

Plus d’infos sur le site Axente et sur le site Portman

Et voici quelques exemples d’utilisation :

Tina the Musical ©Manuel Harlan

Royal Blood ©Zuzanna Sosnowska

Mumfords and Sons ©Steve Price

Mumfords and Sons ©Jelle Prins

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Switch Media Launches Sophisticated Encoding Tool Watcha for its Powerful MediaHQ Product Suite

Par Jump

Switch Media, a world leader in online video technology has launched Watcha, a key new feature for its product suite, MediaHQ, which was unveiled at NAB this year. The Watcha tool provides broadcasters and content owners with a solution that automatically highlights and reports issues during the encoding process. It was designed to answer the ...

Ayrton Khamsin-S et Bora-S, des vents de folie

Par admin

Par le biais d’Ayrton et leur distributeur Axente, les nouveaux Spot/découpe Khamsin-S et Wash/Beam Bora-S nous ont été dévoilés dès novembre, prêts à être mesurés et démontés en avril pour nos traditionnels bancs d’essais SLU. Seul souci, comment tester en conditions réelles des machines aussi puissantes ?

Wash/Beam Bora-S et Khamsin-S

La solution est venue grâce à Titian Parrot, directeur technique de La Sirène, qui nous a ouvert en grand ses portes à une seule condition : recevoir Stéphane Migné et les deux projecteurs dans sa salle, dont le succès tient aussi à sa large panoplie de projecteurs Ayrton déjà installés, Ghibli, NandoBeam et MagicBlade.

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Très bien ! Accompagné de Jeff Vivier, un des piliers commerciaux d’Axente, j’ai remonté avec mon ancien mentor notre vieux duo d’éclairagiste et opérateur pour l’occasion. Resté en région parisienne, Stéphane Mocret a aiguisé ses appareils de mesures pour toute la partie technique des Khamsin et Bora dans le showroom d’Ayrton, en complétant admirablement nos observations et expériences du terrain.

Stéphane Mocret : “Chaque nouvelle gamme Ayrton est une remise en cause et un pas en avant. Avec le Bora et le Khamsin, ce serait même plutôt un bond. Pour la Bora, qui est un Wash très atypique et novateur, la principale avancée est optique. En revanche pour le Khamsin, qui est un Spot à couteau plutôt classique, c’est sa conception mécanique qui est une première.”

Une coque de protection pour flight case livrée en standard avec chaque projecteur.

Les cartons des deux premiers exemplaires de la catégorie reine d’Ayrton sont acheminés dans la salle de concert. Stéphane Chapron, décidément un prénom à la mode parmi les éclairagistes, nous installe dans sa régie lumière. Avec entrain il ouvre avec nous les cartons et sort les deux cubes de caoutchouc protégeant la Bora et la Khamsin.
Parmi les premiers constructeurs à livrer d’origine des coques de protection à installer directement dans les flight-case, Ayrton a poussé le détail jusqu’à sigler ceux-ci du nom de leur projecteur. Une précision utile, tant la Bora et le Khamsin sont strictement identiques à l’œil nu, si ce n’est un léger logo sur la base, fondu dans le noir carbone du projecteur.

Les projecteurs Ayrton se déclinent maintenant en deux versions. Une dite TC, pour True Color, avec une qualité de leds assurant une colorimétrie fidèle, l’autre, plus puissante et plus tranchée est la version S comme Stage. Ou comme Sport, et c’est cette dernière que nous choisissons pour nos tests, de loin le modèle le plus recommandé pour les concerts. Nous finissons donc de déballer la Bora-S, hybride Wash-Beam, et le Khamsin-S, un Spot Profile, les machines parmi les plus… emballantes du moment.

Les deux stefs : Stéphane Migné à gauche et Stéphane Chapron

Avec simplement ces deux machines, nous nous fixons un duel de challenges de plus :
premièrement assurer une démonstration complète sur une scène de douze mètres, un minimalisme à l’exact opposé du cocktail ébouriffant des shows d’Ayrton.
Et ensuite, proposer un article commun à nos lecteurs, tant ces deux projecteurs se révèlent complémentaires.

Nous commençons par installer le Khamsin-S sur la perche de face, décalé vers cour. Pendant ce temps le régisseur de La Sirène accompagné de deux stagiaires installe un petit décor à notre demande. Un support blanc, une toile, une batterie et quelques amplis. De quoi tester la précision des couteaux et les projections du Khamsin.

Positionnements des crochets.

Les larges poignées du spot s’intègrent parfaitement au design aérodynamique voulu par Yvan Péard, le designer d’Ayrton, sans qu’aucune cassure ne vienne troubler les larges courbes sans raccords du luminaire, à part les lames sur les flancs, et l’arrière pour la ventilation.
Avec presque 40 kg à bout de bras, l’impression de légèreté visuelle s’estompe un peu, le léger manque de profondeur des poignées surprend aussi les premières fois. Une fois allumée, la densité de la machine n’est plus qu’un détail. Huit inserts quart-de-tour sont répartis sous la base de l’appareil, entre les quatre gros patins en caoutchouc renforcé pour poser l’appareil au sol. Nous disposons les crochets Oméga parallèles au menu, suivant le plus large des deux entraxes proposés. Une orientation perpendiculaire est possible, mais pas en diagonale.

Vers l’arrière sont regroupées les embases de connectique. La base jaune de l’alimentation PowerCON True1, les deux XLR DMX mâle et femelle, les deux EtherCon RJ45. Le bouton du porte-fusible tient sa place au milieu, tandis que l’antenne de réception du récepteur CRMX TiMo fourni par LumenRadio reste invisible, intégrée parfaitement sous les couches de polycarbonate formant la carapace du Khamsin.

Khamsin : en DMX, sACN, ArtNet, avec ou sans fil, chez Ayrton le choix du contrôle n’est pas une option. Le rappel du câblage des connecteurs DMX ainsi que la consommation électrique maximum sont inscrits directement sur le panneau de connectique. Plus besoin de courir après la doc ou de chercher sur son téléphone.

L’appairage avec un transmetteur LumenRadio s’effectue en choisissant comme signal de commande le WDMX, puis en effectuant un reset de la partie Wireless pour libérer le récepteur et le lier à un nouvel émetteur.

Accroche du Khamsin-S sur le pont de face côté cour.

Nous utiliserons un DMX cinq broches par perche, ainsi qu’une alimentation dix ampères.
Avec une consommation à son apogée de 1 150 W, nous préférons jouer la sécurité.
Si le module d’alimentation électronique avec son système de régulation de tension active est capable de lisser le courant et de fonctionner entre 100 et 240 V, à 50 ou 60 Hz, la puissance demandée par ces monstres de leds se rapproche au fil du temps des énergivores lyres à décharge.

Stéphane Mocret, de retour au labo, m’expliquera les standards de l’alimentation installée dans la base des projecteurs :

Bora-S : sous l’habillage ignifugé de ces pièces moulées en ABS PC, classe V0, on trouve la partie PFC.

Bora-S : De l’autre côté du socle, c’est la partie DC-DC qui ne dépasse pas les 48 V. Les deux ventilateurs de chaque côté permettent de créer une circulation d’air qui refroidit les deux alimentations.


Le menu est resté identique à celui du Ghibli, avec cet écran LCD à retournement automatique surplombé de cette fameuse molette de navigation, graphiquement magnifique mais mal-aimée des techniciens.

L’écran et sa molette de sélection.

Je dois avouer pour ma part être toujours dubitatif au moment de valider mes options : un ou deux clicks ?
Et pour valider l’ensemble de mes réglages, combien de longs appuis pour quitter dois-je effectuer ?
La batterie intégrée au menu me permet de réfléchir en attendant d’alimenter le projecteur. La communication RDM, auparavant assez restreinte chez Ayrton, semble avoir évolué dans le bon sens. J’aurais l’occasion de le tester à la mise en route.

Jeff Vivier et Stéphane Chapron profitent de la rampe posée sur scène pour acheminer la Bora vers une perche américaine prête à être chargée en contre. Ils la disposent à l’opposé du Khamsin. Une opposition de façade, les deux asservis étant strictement identiques sur tous les points précédents, hormis le logo bien sûr et un poids légèrement inférieur pour la Bora. L’occasion me sera donnée de deviser par la suite avec Stéphane Mocret sur les secrets d’assemblage des projecteurs Ayrton.

Stéphane Mocret : “Bora et Khamsin utilisent la même lyre. Ici, Ayrton a repris une recette qui fait ses preuves sur tous les projecteurs avec d’un côté la carte de gestion des deux axes, le moteur pas à pas triphasé du Pan et une montée de câbles vers la tête. Dans l’autre bras se trouvent la partie mécanique du tilt et la seconde montée de câbles. La motorisation de cet axe est dans la partie horizontale de la lyre.

L’Intérieur du Bora est tout ce qu’il y a de plus classique. On note en haut de l’image la lentille sphérique de 178 mm spécialement développée pour Ayrton. C’est un ensemble de 13 lentilles qui lui donne ses qualités optiques et son originalité.

Vue interne du Khamsin. Contrairement au Bora, le châssis et le carter de la tête sont un seul et même élément. Cette solution technique, bien que plus onéreuse, apporte, en plus du gain de place, beaucoup d’avantages. La structure est notamment plus solide et également plus rigide. On a donc une plus grande fiabilité et longévité du projecteur.


Il suffit de retirer les deux vis ¼ de tour qui maintiennent les capots du Khamsin pour s’en rendre compte. Ayrton a optimisé pour tout faire rentrer ! Même la sécurité pour les capots a été revue pour minimiser la place. Et en plus elle s’avère très pratique pour les démontages au sol et en hauteur.

C’est peut-être un détail pour toi, mais pour Yvan Péard, directeur du développement d’Ayrton, ça veut dire beaucoup. Dans le Khamsin pas de place à l’improvisation, tout est millimétré pour gagner en compacité. Bien que de conception complètement différente, Ayrton a su garder une homogénéité entre les deux projecteurs sans pour autant retirer de paramètres dans le Khamsin.”

Nous choisissons avec Stéphane Migné de les piloter en mode Standard, 42 canaux pour le Spot Khamsin et 32 pour le Wash Bora, une enveloppe DMX déjà impressionnante. Les configurer en Basic n’aurait guère de sens, ce mode ayant fait l’impasse sur les réglages fins de pan et tilt tout en gardant des fonctions secondaires comme les effets de matrice led. Les passer en Extended double pratiquement tous les paramètres en 16 bits.

Stéphane Migné en régie

Avec soixante-quatre canaux pour un Spot, cela oblige pratiquement à les contrôler en Art-Net ou sACN si on ne veut pas multiplier les univers DMX sitôt huit machines branchées.

Le mini-switch incorporé se révélera fort utile dans ces cas-là pour relier les lyres entre elles en RJ45, avec une préférence toutefois pour le protocole sACN qui n’oblige pas, contrairement au protocole Art-Net intégré par Ayrton, à se limiter aux cent premiers univers, une limitation propre au switch Ayrton.

Console GrandMA2 allumée, les librairies disponibles sur le site Ayrton chargées, nous allumons les deux projecteurs de concert. Premières impressions, le flux et le zoom sont impressionnants. Habitués aux dimensions standards de la scène de la Sirène, avec des sources accrochées à environ huit mètres de leur cible, les régisseurs se frottent les yeux et sourient.
Titian résume cette première introduction d’une phrase parfaite : « Si j’ai bien compris, avec seulement ces deux machines je peux couvrir tout mon plateau ? Ça change tout ! ».

Faisceau blanc : Peut-on corriger la différence de température de couleur des deux faisceaux ? Il est blanc en vrai à 6500K, sûrement un souci avec notre Khamsin de démo. Stéphane Mocret n’a pas eu ce phénomène lors des tests.

La partie optique du Khamsin est sans compromis, avec un zoom et un focus complétés par deux frosts et deux prismes.

A notre droite, le Spot Khamsin offre dans sa version S un faisceau tranché, froid à dominante acier. Son zoom dégaine un 9° à 58,5° en un temps record, une amplitude bien pensée avec une focalisation beaucoup plus maîtrisée que sur le Ghibli, hormis dans les extrêmes limites d’ouverture et fermeture où la netteté de certains gobos ne sera pas complète.

Sur la gauche, Bora projette un faisceau beaucoup plus dense, d’un beau blanc naturel et légèrement cotonneux, là où pour le Khamsin Ayrton a choisi une approche plus fine, quasi au scalpel. La différence de sortie optique se remarque immédiatement, le diamètre de 178 mm de la lentille du Bora est idéal pour ce Wash et rend presque les 158 mm du spot modestes.

Le zoom et le focus du Bora sont différents. On peut voir les deux drapeaux du frost progressif et les courroies de haute précision spécialement conçues pour les systèmes optiques.

Détail curieux aux yeux du profane, la lentille concave du Bora n’est ni une Fresnel, ni un Peebles, mais parfaitement lisse, quoique plus épaisse.
Les contours naturellement vaporeux du faisceau sont produits grâce à un filtre interne, moins opaque que l’habituel verre lentiforme des Wash. L’amplitude de zoom du Bora est encore plus impressionnante. Nous mesurons une plage de 7,8° à 63° sans reproches.

Jeff d’Axente nous renseigne sur la source commune choisie par Ayrton. Il s’agit d’un module led blanc de 750 W froid, avec une puissance théorique de 60 000 lumens et calibré aux environs de 6500K. Les deux projecteurs, s’ils utilisent un système optique identique à 13 lentilles, possèdent des différences marquées de par leur destination, et donc des résultats différents en termes de mesure de lumière.

Bien entendu, la matrice de leds et le système de refroidissement sont identiques sur les deux modèles. Les 750 W de leds blanches sont sur un caloduc constitué d’un radiateur en aluminium traversé par des tubes en alliage de cuivre. Le tout est refroidi par un chemin d’air constitué de six ventilateurs, trois en aspiration et trois en extraction.

Le collimateur du moteur de leds.

Stéphane Mocret : “Tout le secret est dans la partie optique. Cela commence par le collimateur, cette pièce d’orfèvrerie qui permet d’homogénéiser la matrice et créer un seul faisceau, puis se poursuit avec le module de zoom et la lentille finale.

Sur ces projecteurs les courroies d’entraînement des éléments optiques (zoom et focus) ont été soigneusement sélectionnées et proviennent de l’industrie optique photographique pour obtenir une précision optimale. La qualité des lentilles était déjà très bonne chez Ayrton, mais pour ces deux appareils, ce sont des éléments de très haute qualité qui ont été choisis.

En regardant par la lentille de sortie on peut voir tous les détails de la matrice de leds !

Ces lentilles ultra-claires antireflets laissent passer un maximum de lumière tout en assurant une couverture parfaitement homogène.”

Les mesures de Stéphane Mocret réalisés après derating démontrent un flux moyen pour le Khamsin de 34 000 lumens à 6500K, et pour la Bora de 35 000 lumens à 6100K.
Ces valeurs marquent une bascule. Il devient acquis que les lampes HMI, HTI et autres sont maintenant rattrapées par les modules leds, et que la progression de cette nouvelle technologie atteindra bientôt son apogée avec des moteurs de leds dépassant les 1 000 watts.

Mesures photomériques du Khamsin-S

Nous démarrons par le derating du Khamsin allumé à pleine puissance dont le flux se stabilise en moins de 5 minutes avec une atténuation de 5 % en mode de ventilation Auto.


Faisceau serré au plus petit net

Faisceau 20°

Faisceau large au plus grand net


Mesures photomériques du Bora-S

La encore nous traçons la courbe de derating qui montre une atténuation de 8 % après 5 minutes de chauffe en mode de ventilation Auto.


Faisceau serré à I/10

Faisceau 20° à I/10

Faisceau large à I/10


Sur le plateau de la Sirène, l’intensité est telle qu’un projecteur en contre puis un à la face suffisent pour assurer un plein feu confortable, sur toute la scène comme le Bora ou en zoomant sur le panneau comme le Khamsin.
Et Surtout la couverture d’éclairage particulièrement homogène, normal pour le Wash mais beaucoup plus rare avec un Spot. Malgré un gabarit comparable au fameux Ghibli, à deux kilos près, le Khamsin-S propulse 60 % de lumière en plus.

Le faisceau du Bora-S.

Stéphane Mocret : “A l’exception des mesures en faisceau serré forcément marqué par un point chaud au centre avec plus de 80 000 lux à 5 mètres pour le Bora et plus de 60 000 lux pour le Khamsin, la couverture lumineuse est particulièrement homogène dès qu’on ouvre le zoom. En filmant le résultat avec une caméra de tournage, on obtiendrait à peine un demi-diaf de différence sur toute la largeur du faisceau.”

Dans l’ombre de Stéphane Migné.

Une autre source led est possible, avec un haut rendu des couleurs sur les versions TC. L’IRC des modèles TC est nativement supérieur à 90 (là où la gamme S dépasse à peine les 70), au prix d’une baisse de 25 % de flux lumineux et d’une température de couleur plus basse, plus chaude de 5700K (±350K).

Évidemment, les contraintes de rendu de couleurs n’ont de sens que dans des configurations de tournage ou sur les plateaux d’un théâtre aux décors et costumes ultra-soignés. Dans la majorité des cas la colorimétrie exclusive des Bora-S et Khamsin-S suffira amplement, tout en privilégiant un réel confort de luminosité.
Seul réglage à observer, la gestion de ventilation dans les paramètres d’options. Les modes Silent et Studio seront appréciés pour leur discrétion totale ou acceptable en théâtre, le mode Stage plus bruyant étant le seul à proposer un surplus de luminosité, de l’ordre de 2 000 lumens. Nos mesures sont effectuées en mode Auto.

Stéphane Mocret : Les mesures sont claires, le mode Stage ventile fort. Il permet de descendre de 45° à 36,5° la température sur le projecteur, et réduit le derating à moins de 1%, mais il engendre aussi une hausse de bruit de ventilation qui passe à 48 dB contre 38 dB pour le mode auto qui assure le meilleur compromis.
C’est une donnée extrêmement importante pour les sources à leds, la jonction des diodes électroluminescentes supporte on le sait très mal les températures élevées. Les projecteurs sont d’ailleurs bardés de capteurs et d’une protection thermique en cas de danger, qui se met en route à partir de 45°C de température ambiante.

Stéphane joue avec le dimmer pour sentir sa finesse à bas niveau. Les courbes d’intensité Ayrton sont remarquables, sentiment vérifié par nos mesures en labo.

La courbe du dimmer du Bora est une droite parfaite de 0 à 100%…

… et aussi de 0 à 10%


Même remarque pour le dimmer du Khamsin de 0 à 100 %…

et de 0 à 10 %


Une fois n’est pas coutume nous commençons notre inspection par les gobos, intrigués surtout par la roue disponible sur le Bora-S, pourtant référencé en Wash.

Projection de gobo : Bora à jardin et Khamsin à cour

La Khamsin-S propose deux roues de six gobos tournants. La première vraiment graphique, donne de beaux rendus 3D dans la fumée, avec des symboles très fins et de beaux vortex à faire tourner. Sur la seconde roue destinée à faire de l’habillage, se trouvent des formes d’ambiance et une barre pointillée que j’aurais bien remplacée par une texture glace.

Gobo Khamsin.

Gobo Khamsin.

Les deux roues sont pratiquement collées, ce qui permet de les superposer et créer ainsi des morphings, et donnant tout son sens au gobo à hélices jaunes terminant la première roue de gobo.

La collection de gobos du Khamsin

La réserve de puissance du Khamsin a permis à Ayrton de proposer des dessins particulièrement détaillés, presque trop affinés pour les concerts électriques, mais vraiment intéressants à travailler en théâtre.

Gobo Khamsin.

Un peu plus tard en démontant le spot, nous découvrons un filtre spécifique s’insérant automatiquement à l’insertion des gobos pour enlever l’irisation naturelle sur les lentilles. Le flux, lui, reste inchangé.

Proposer une roue de gobos sur un Wash-Beam n’est pas une nouveauté, mais la réalisation du Bora est tout simplement parfaite.
Des formes simples telles que barre(s), triangles, multifaisceau type clavier de téléphone et demi-lune se révèlent incroyablement efficaces, aussi bien en fixe qu’en rotation. Le large faisceau velouté du Bora-S donne une présence immense à ces gobos.

Gobo volumétrique bleu du Wash-Beam Bora-S et projection sur écran du Khamsin.

Autre point commun, la présence d’un module de couteaux à fermeture complète et rotation de l’ensemble à plus ou moins 45°. Les lames du Khamsin se règlent degré par degré. Le dispositif est miniaturisé à l’extrême, permettant presque d’obtenir le net sur les 4 côtés. Les couteaux sont fiables et précis, avec assez peu de déformations à grande ouverture et la possibilité de créer une ligne de lumière quasi parfaite.

En l’absence de comédiens, nous jouons à surligner l’ampli du bassiste avec le Khamsin, tout en créant un faux reflet au sol avec le Bora.

Stéphane Migné, très sensible aux effets lumineux en rythme avec la musique, s’amuse de pouvoir battre la mesure avec des ouvertures et fermetures clapées à grande vitesse.
Le système inclus dans le Bora-S se rapproche d’un jeu de volets internes, semblable aux corrections manuelles d’un projecteur Fresnel, mais suffisamment détaillé pour se prêter aux diagonales en danse ou théâtre.

Stéphane Mocret : “Comme dans de nombreux cas maintenant, la tête est séparée en deux espaces, un proche de la source lumineuse pour les modules de paramètres et l’autre plus vers l’avant pour l’optique zoom et focus, les frosts et prismes.
Le premier module est le dernier élément commun aux deux sources, c’est le module couteaux où se trouve également l’iris. Les modules sont maintenus par 4 vis et connectés au projecteur par un connecteur sub-D. L’équipe de développement d’Ayrton a choisi, de visser les connecteurs pour éviter les faux contacts. La fiabilité et la sécurité sont toujours la priorité pour la marque française.”

Le module couteaux du Khamsin. Sacrée machinerie où chaque lame est contrôlée par deux moteurs.

Sur l’autre face on aperçoit l’iris et la crémaillère pour la rotation sur ± 45° du module.


Pour adoucir les bords des couteaux ou des gobos, le Bora possède un système de frost linéaire centré qui vaporise encore plus son faisceau. Ce frost est réellement variable, avec une insertion très douce et progressive.
Pour sa part, le Khamsin se pare de deux filtres plus ou moins dépolis, à l’insertion tout aussi douce et efficace. Que ce soit pour casser la netteté des projections ou pour simuler un passage en wash, les deux filtres sont à l’aise dans toutes les situations mais ne peuvent s’additionner.

Le Khamsin

Le Bora

Le CTO progressif est très foncé au maximum, descendant presqu’à l’orange, mais peut se régler finement, d’une température de source froide à la valeur basse d’un halogène.

Nous passons à l’une des plus belles réussites d’Ayrton, la colorimétrie.

Le Bora-S et le Khamsin-S utilisent une trichromie cyan-magenta-jaune identique, associée à un correcteur CTO progressif et une ou deux roues de couleurs.
Le mélange trichromique permet d’obtenir des teintes profondes ou pastel.

Les dégradés sont fins, les nuances précises et, en dehors du rouge, le bleu et le magenta se révèlent bien saturés, tout comme le vert, éclatant.
Le résultat est encore plus léché sur Bora, grâce à sa plus grande diffusion et son absence d’irisation.

UV / cyan

Corail / violet)


Le Khamsin-S propose aussi en supplément deux correcteurs situés sur un canal séparé, avec un CTB bien froid et un filtre CRI très rosé, appelé aussi « tint », un peu forcé.

Le Bora-S possède à la place une roue complète de teintes spéciales, avec un full et demi-minus green, full et demi CTB, ainsi que deux filtres CRI rosés. Ces filtres CRI sont prévus pour augmenter artificiellement l’indice de rendu des couleurs en diminuant certaines composantes froides de la source led, au détriment d’une baisse de luminosité de quelques pourcents.
La roue de couleurs complémentaires est identique pour ces deux machines. On y retrouve bizarrement un autre correcteur CRI, ainsi que des versions ultra-saturées de congo, rouge, vert, orange et cyan.

En travaillant sur la focalisation il est possible de faire le net sur le disque de roue de couleurs, y compris avec le Bora pour des transitions façon changeur de couleur Diafora.

Le second module du Bora est différent de celui du Khamsin. Même si les paramètres CMY et CTO sont identiques sur les deux projecteurs, le Bora est bien entendu un peu plus simple. Il se complète de deux roues de couleurs et de la roue de gobos.

Sur le Khamsin on dispose de 2 roues de gobos rotatifs, une roue d’effet et une roue de couleurs pour le côté pile.

Sur l’autre face on trouve les 8 drapeaux du système de trichromie avec le CTO également présent sur le Bora.

Rapidement, les fonctions habituelles sont passées en revue. Grâce aux moteurs haute résolution pas à pas, les mouvements des Khamsin et Bora en pan et tilt sont étonnamment rapides pour cette taille de projecteur, tout en restant parfaitement fluides.

Suite à nos essais et aux mesures en labo, sur la plupart des effets, Khamsin et Bora se comportent de façon identique. Logique, ils possèdent les mêmes technologies. Le shutter permet de strober en continu, aléatoire ou pulsation, de 1 à 25 flashes par seconde.

un bâton lumière.

L’iris est composé de quinze lames, et permet une fermeture à 15 % du faisceau. L’impact reste fort, avec un beau bâton de lumière à l’arrivée pour presque simuler une projection Beam. Un effet de pulse est aussi possible sur l’iris, avec une belle dynamique réglable en vitesse.

Les modules leds des deux projecteurs permettent une petite fantaisie assez rare, source de nombreuses interrogations pendant le show Ayrton au Prolight + Sound.
Le scintillement spécifique présenté en Allemagne consiste à moduler les différentes parties de la matrice led grâce aux canaux dédiés de Chaser et vitesse en début de charte DMX. En fermant fortement le zoom et en jouant sur la focale, ce miroitement particulier s’intensifie, ce que nous avons testé longuement durant notre séjour à La Rochelle.

Si la Bora s’arrête là pour les effets optiques qui comprennent donc une trichromie avec deux roues de couleurs et un CTO, un zoom fois huit, un iris, un shutter, une roue de gobos, un frost progressif et un module de quatre volets internes ; le Khamsin poursuit sur sa lancée avec deux prismes et une roue d’animation.
Ce disque d’effets fonctionne sur la rotation sans fin d’un plateau métallique gravé de larges strates, simple et facile à utiliser pour des effets d’eau ou de feu. Sa fenêtre de focalisation est très courte et ne permet pas de faire le net sur les formes du disque.

Les prismes proposés sont un 5 facettes circulaire et un 4 facettes linéaire, sur deux mécanismes séparés pour pouvoir les mixer. Les diffractions obtenues sont assez serrées pour ne pas sortir du cône de projection. Elles se révèlent très utiles pour renforcer les gobos et créer des ambiances plus fouillées, dans lesquelles les couleurs dévieront naturellement pour plus de détail.

Prisme du Khamsin.

Alors que les effets s’empilent dans le Khamsin, Ayrton a eu la sagesse de ne pas proposer de canaux de macros d’effets préprogrammés, ce qui aurait encore alourdi la charte DMX. A l’opposé, en dépit d’un manuel un peu condensé, la dernière voie de contrôle de chaque projecteur est astucieusement dédiée aux options de réglages.
Sans passer par le RDM, cela permet d’accéder aux modes de ventilation, à l’extinction et allumage de l’écran du menu, à des resets par types de paramètres ou encore aux fréquences d’échantillonnage pour éviter les scintillements à la caméra.

Dans la salle de la Sirène nous passerons une demi-journée complète à triturer les dernières lyres Ayrton dans tous les sens, sous les regards stupéfaits de Titian et du personnel présent. Sans mal nous programmons une suite de mémoires en discutant du potentiel de chaque machine. Là où nous croyions avoir un spot pour le concert et un wash pour le théâtre, nous nous retrouvons avec deux asservis à la fois complémentaires, très proches et deux vrais caractères.

Nous vous proposons nos courtes démonstrations réalisées avec Stéphane Migné et les équipes de la Sirène.

Le Khamsin-S est un projecteur Spot et Profile complet, que Ayrton a doté de nombreuses fonctionnalités sans tomber dans le piège du foisonnement à outrance. Chaque effet ou gobo a été pensé pour être le plus simple et le plus efficace possible.

La finesse et la précision des différents mécanismes et lentilles optiques est quasi parfaite, avec une zone d’éclairage très homogène, une grande valeur de zoom, une fine focalisation et une rapidité d’exécution rare sur cette taille de lyre.
La puissance et la colorimétrie sont les points forts du Khamsin, qui peut se permettre d’être particulièrement à l’aise en Opéra ou Comédie Musicale, avec sa ventilation en mode silence ou studio. Le surcroît de puissance en mode scène, associé à sa célérité lui ouvriront aussi les portes du concert, même si la ligne claire de ses gobos peut surprendre.

Il s’associera à merveille avec le Bora-S, son complément Wash-Beam. Celle-ci est une lyre stupéfiante avec un ensemble de couteaux, gobos et effets particulièrement bien choisis. Son faisceau est d’une densité unique, propre à envahir les défilés de mode, concerts rock, conventions et théâtres.

Khamsin-S. On aime :

  • La puissance
  • L’étale de lumière
  • Les couleurs
  • La précision des couteaux
  • La complémentarité avec le Bora

Khamsin-S. On regrette :

  • La molette d’acces au menu
  • La finesse de certains gobos
  • Les poignées un peu fines

Bora-S. On aime :

  • La puissance
  • L’étale de lumière
  • Les couleurs
  • Les gobos
  • La précision des couteaux
  • La complémentarité avec le Khamsin

Bora-S. On regrette :

  • La molette d’acces au menu
  • Les poignées un peu fines

Tableaux généraux

Khamsin-S

Bora-S

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High End Solaframe 3000, un Spot LED à couteaux solaire

Par admin

« Equilibre » est le maître mot pour décrire la machine que nous propose l’americain High-End Systems, représenté en France par sa maison mère, ETC.

Grosse lyre spot à couteaux équipée d’une source de 1000 W de leds, le Sola frame 3000 est le fer de lance de la gamme 3000, qui vient tout juste de voir arriver depuis un mois sa déclinaison spot.

Il annonce des caractéristiques dans la lignée des hauts standards High-End que nous avons toujours connus et a déjà été adopté à l’Opéra Bastille, Opéra de Lyon, le Théâtre du Chatelet et dans le parc de loc du prestataire Texen. Voyons de plus près…

L’appareil

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L’engin en lui-même est assez imposant. Avec ses 48 kg et ses 80 cm de hauteur totale, on a affaire à une grosse machine très riche en fonctions. La construction ne s’éloigne pas des standards du genre, avec une armature alu et acier, et un corps constitué de coques en plastique noir moulées.

Les poignées sur les bras.

Une fine base très compacte reçoit une lyre large et carrée qui encadre la tête profilée dont la large lentille de sortie promet le dégagement d’un flux de lumière considérable.
De grosses poignées rétractables sont positionnées sur chaque bras de la lyre, et deux autres, fixes, moulées avec l’embase, permettent une manipulation facile de la machine.
Un blocage du Pan et du Tilt facilite le positionnement fixe de la tête pour son transport ou opérations de maintenance.

L’intérieur de la tête

Allez, on bloque la tête, on regarde ce qu’il y a dedans.

La boîte à lumière en partie dévoilée.

On accède à l’intérieur de la tête en retirant les deux demi-capots tenus par 4 vis imperdables. Chaque capot est maintenu par une petite élingue dont le mousqueton est recouvert d’un petit habillage en caoutchouc souple qui coulisse.

Tout l’arrière de la tête est occupé par l’imposante boîte à lumière, bardée d’énormes radiateurs, de caloducs qui les traversent, et dont le flux d’air est brassé par deux ventilateurs. Au cœur loge le circuit de leds associées à leur lentille de sortie qui vont modeler le faisceau.

Le module trichromie.

La sortie de la boîte à lumière rencontre 3 modules extractibles sur lesquels sont montés les effets et les couleurs.
Le premier, accueille la trichromie. Elle est constituée de 4 couches de filtres : Cyan, Magenta, Yellow et CTO progressif.
Vient ensuite le module qui comporte les gobos, la roue d’animation, et une roue de couleurs.
Le dernier des trois modules reçoit les couteaux, montés sur un large support rotatif, et l’iris.

Le module couteaux.

Le module effets / gobos.


La partie avant, zoom / focus / prisme et le fameux « defogger » sur la lentille frontale.

En fin de parcours, un espace fixe accueille l’ensemble zoom / focus, autour duquel viennent s’articuler le frost et le prisme. Pour finir, à la lentille de sortie s’attache un ingénieux dispositif appelé « lense défogger » qui permet de la chauffer et de supprimer la condensation interne.
Ce système, activé par défaut à l’allumage de l’appareil, peut être désactivé depuis le menu. Il peut aussi être configuré pour se déclencher dès que vous envoyez une valeur de dimmer. C’est un dispositif ingénieux qui pourrait bien faire école…

La visserie qui retient les modules par des petits ergots coulissants.

Le démontage se fait dans un ordre précis. Pour extraire le module de gobos il faut au préalable retirer celui des couteaux.
Les modules sont maintenus par de petites vis faisant coulisser un petit ergot qui vient bloquer le module dans son emplacement.
Pour extraire le module, il faut également déplier de petites lames de métal recouvertes d’un isolant caoutchouc qui maintient les faisceaux de câbles afin qu’ils ne se baladent pas n’importe-où.


Connectique des modules. On distingue l’une des petites pattes de métal à plier et déplier pour maintenir le faisceau de câbles

Le système peut sembler un peu « roots », mais se révèle efficace, et on imagine qu’il est simple de se procurer ces pièces vissées auprès du SAV si on venait à casser les petites pattes de métal à force de les plier et déplier.
Au final on libère totalement le module en débranchant un connecteur. Certes on a déjà vu des systèmes plus simples pour rendre l’intérieur d’une machine modulaire mais on ne peut pas non plus dire que celui-ci est très compliqué. Il faudra juste faire attention à ce que l’on fait.

Dans les bras et la base

Les capots des bras se démontent facilement via quelques vis. Un côté nous montre comme sur la plupart des projecteurs de ce genre, la motorisation Tilt avec son moteur, sa courroie, et l’arrivée des câbles de mise sous tension, et de l’autre côté, le moteur Pan avec le départ de la courroie jusqu’à l’axe, et le passage du faisceau de câbles vers la tête, ainsi qu’une carte sur laquelle se trouvent les commandes moteur Pan – Tilt.

Les bras ouverts.

Pour ce qui est des bras, les grosses poignées rappelant sensiblement celles des flight-cases, restent fixées à la carcasse « mère » du projecteur, et se positionnent donc devant les capots. Autrement dit, un peu de manipulations seront nécessaires en cas de changement de courroie pour les contourner.

L’afficheur du menu.

La base, remplie des alimentations et de l’électronique qui décode le DMX, reçoit sur deux de ses faces de larges poignées pour manipuler et transporter l’engin.

Et sur les deux autres qui restent, en vis-à-vis, l’afficheur du menu du projecteur, avec son large écran couleur et ses 6 boutons d’accès, et de l’autre côté, le panneau de connecteurs.


Le panneau de connecteurs.

Question connecteurs justement, il y a une embase True1 pour l’alimentation (et le fusible de protection générale juste à côté), les connecteurs XLR5 pour le DMX In et Out et les prises RJ45 pour le ARTnet In et Out. Un port USB permet de mettre à jour le software de la machine.

Sous l’appareil, on trouve les fixations pour les deux Oméga afin d’accrocher le Solaframe dans n’importe quelle position, et un point d’attache pour l’élingue de sécurité.

Au menu de notre Solaframe 3000…

Le menu, comme sait bien le faire High-End, est rempli d’astuces. On peut bien évidemment y choisir l’adresse DMX du SolaFrame, mais également des configurations bien plus avancées.

La machine ouverte.

Une multitude d’infos est disponible. Vous pouvez avoir des données de temps d’utilisation du moteur LED, de la machine, du temps utilisé depuis la dernière mise en marche, les valeurs DMX en cours de réception, des infos sur les capteurs de position… Vous pouvez bien évidemment configurer votre machine suivant moult options disponibles, et si vous êtes un geek, vous serez servi car il y vraiment de quoi vous amuser…

Et (ouf ! nous v’la sauvés !) il y a également une option « reset fixture to factory default settings » qui va vous permettre en une seule manipulation de revenir aux réglages d’usine quand vous aurez tellement personnalisé vos machines que vous vous arracherez les cheveux pour que tout votre parc d’appareil réagisse à l’identique.

Pour choisir le mode DMX, là, on fait dans le simple avec un seul mode de 49 canaux. Merci Mesdames et Messieurs de chez High-End ! C’est bon ça ! Le SolaFrame 3000 peut aussi être géré en ARTnet ou sACN via ses ports RJ45.

High End a tracé deux courbes de dimmer, l’une « standard » (celle que nous avons utilisée pour nos tests) et l’autre « Theatrical ». Il semble que ces courbes soient assez proches l’une de l’autre. La « Theatrical » fait juste preuve d’un peu plus de sècheresse dans les premiers pourcentages.

Courbe de dimmer en mode standard de 0 à 100 %

Courbe de dimmer en mode standard de 0 à 10 %

En mode Theatrical de 0 à 100 %…

… et de 0 à 10 %.

La source LED et le faisceau

Le moteur LED de la Solaframe est un module de 1000 watts délivrant une lumière blanche de 6880K avec un IRC de 72. L’IRC passe à 70 quand on utilise la machine avec son CTO (3000K). Notons qu’un filtre IRC situé sur la roue de couleur, permet d’obtenir un Indice de rendu des couleurs d’environ 90 au prix de quelques lux.

La matrice de leds peut être animée par une série de macros qui donnent des aspects de scintillements linéaires pouvant s’avérer intéressants pour créer des ambiances particulières, comme celles d’anciens systèmes de projection, ou encore des effets organiques. Les segments animés sont verticaux et peuvent donc défiler de gauche à droite dans différentes configurations d’effets.
Sans aller jusqu’à dire que c’est extraordinaire et indispensable, on peut dire que pour la création de certaines textures un peu complexes et animées, si vous avez l’esprit un peu torturé et du temps pour chercher « ZEU EFFECT » qui vous plait, vous pouvez y trouver des choses sympas à faire. C’est une possibilité en plus. Le faisceau généré par ce module de source a un angle variable grâce à son zoom 7,32°-53,22° (mesurés avec faisceau net). Le faisceau est propre, net et très homogène.

Les Mesures

Le derating

La mesure de derating est excellente. Machine allumée à fond, l’éclairement se stabilise en 10 minutes avec une atténuation de seulement 1,93 % autant dire négligeable. Cette machine est particulièrement bien gérée.


Faisceau serré au plus petit net

Au plus serré, faisceau net, l’éclairement atteint 57 000 lux à froid (56 000 après dérating) et conduit à un flux de 17 780 lumens à froid (17 450 après dérating). La courbe d’intensité lumineuse peu marquée au centre annonce une belle homogénéité du faisceau.

Faisceau 20°

Pour un angle de 20°, le Solaframe montre toute sa puissance lumineuse. Le flux grimpe à 33 640 lumens à froid (33 020 lm après derating) et l’éclairement reste à 15 100 lux à froid (14 800 lux après dérating). La courbe d’intensité lumineuse appelle le même commentaire que précédemment.

Faisceau large au plus grand net

Le flux atteint son sommet avec 34 000 lm à froid et l’éclairement égale 2500 lux. La courbe est remarquable de régularité. Cette machine est au niveau des motorisés à lampe les plus performants.

Il est à noter que sur des distances courtes, il est difficile d’obtenir un faisceau joué net en dessous de 20° (je parle bien du faisceau et de son contour, pas de la netteté d’un gobo ou d’une projection). Il faudra une certaine hauteur ou volume pour pouvoir apprécier pleinement la netteté absolue d’un faisceau serré, ou alors il faudra jouer de l’iris.

Ouverture de l’iris jusqu’au zoom maximum.

L’iris est très efficace d’ailleurs. Couplé au zoom de notre Solaframe qui est particulièrement ample, on arrive même à obtenir un faisceau convergent sur plusieurs mètres, c’est à dire avec un faisceau dont le diamètre est inférieur à celui de la sortie de lumière du projecteur !


CMY, roue de couleurs, et CTO

Question couleurs, très sincèrement, ce Solaframe 3000 est vraiment très, très bien. (Je kiffe !) Toutes les couleurs passent admirablement avec un équilibre remarquable. Question trichromie, rien à dire. Les rouges sont intenses et puissants, les verts sont efficaces et lumineux et les mélanges obtenus vraiment beaux et limpides.

Couleurs de bases.

La roue de couleurs apporte quelques teintes franches et va permettre de gagner quelques lux sur certaines couleurs pleines, mais on peut quasiment s’en passer, si ce n’est pour utiliser le filtre IRC (TM30 « CRI correction filter ») qui permet aux directeurs photo exigeants de faire grimper l’IRC du faisceau. En complément de la trichromie, Le CTO progressif est très beau, sa teinte est idéale. J’adore !

Les gobos et les effets

Alors voilà une machine dont les gobos sont particulièrement bien choisis et pour le coup, réellement polyvalents. Le choix est vraiment intéressant et même s’il reprend des grands standards, je me suis amusé comme un petit fou. Les mélanges sont sympas à faire et permettent de donner au faisceau une multitude d’aspects différents.

La roue de gobos tournants.

La roue de gobos fixes.

La présence de la barre sur la roue de gobos tournants et du cône sur celle des gobos fixes n’y est probablement pas pour rien… Et alors, (détail me direz-vous mais que nenni !!!) l’équilibre remarquable de la « densité » des gobos (j’entends par là, la capacité qu’ils ont à laisser plus ou moins passer la lumière) fait qu’ils sont tous utilisables à peu près dans les mêmes conditions de lumière. Ça c’est absolument TOP !

Leur coefficient de transmission est assez semblable et plutôt en tirant la luminosité vers le haut (car c’est bien beau d’avoir des gobos magnifiques, mais si les traits sont infiniment fins et que le tracé laisse passer 5% du flux de lumière, ça ne permet d’utiliser le machin qu’en blanc et dans la pénombre… Je ne parle bien sûr même pas d’y coller un prisme ou de mixer les effets…). Donc sur ce point là aussi c’est un très bel atout car les gobos sont très jolis, ils laissent passer de la lumière, et cette lumière on peut l’utiliser pour faire de l’éclairage. Ça j’aime !

Effets de gobos, gobos mixés, prisme, …

Il y a sept gobos fixes, et sept tournants. De jolis effets de morphing sont tout à fait possibles. Les roues sont proches mais permettent de focaliser précisément l’une ou l’autre. Tous les utilisateurs, qu’ils soient orientés vers des usages de projection pure, ou d’effets volumétriques expressifs, vont y trouver leur bonheur.
Le Solaframe 3000 dispose également d’une roue d’animation qui engage dans le faisceau une rotation de stries courbées. On peut regretter, comme sur la plupart des machines disponibles, qu’elles ne soient disposées qu’à l’horizontale (avec un balayage vertical donc) sans possibilité d’orientation, car c’est avec un positionnement vertical, face au public que cet effet prend à mon avis réellement tout son sens (pour l’avoir utilisé abondamment sur des machines il y a plus de 15 ans permettant le positionnement à volonté !)…
Les effets de gobos (ou sans gobos d’ailleurs) peuvent être joués avec le prisme 3 facettes. Là encore, la lumière que laisse passer les gobos, va permettre d’en exploiter un maximum même dans des conditions de mixages d’effets qui seraient pourtant défavorable au flux. Mais là, c’est vraiment exploitable. Iris, mixages de gobos, etc… Avec le prisme, ça passe ! Et on s’éclate !

Frost oui! Vrai frost !

Le frost remarquable du Solaframe 3000

Le frost du Solaframe 3000 est un de ses points forts et semble correspondre particulièrement à ce que les gens de théâtre en attendent.

Son type et son positionnement dans le chemin optique font qu’il a la diffusion idéale, ni trop forte, ni trop faible, pour flouter des bords de faisceaux et les raccorder dans la douceur.

Autre avantage, il peut être inséré à n’importe quelle ouverture de zoom, sans conflit mécanique interne, et sans anéantir tous les réglages de faisceau.
C’est à ce genre de détails qu’on comprend pourquoi cette machine a été adoptée dès sa sortie par des hauts lieux du théâtre.

Les couteaux du chef

Les couteaux de cet engin sont très efficaces. Précis et vifs, leur focalisation n’est évidemment pas totalement nette sur les 4 lames à fermeture totale, mais rien de catastrophique. En tout cas on est dans la grande moyenne de ce qui se pratique couramment sur ce genre d’appareil haut de gamme.

Usage des couteaux.

La rotation de la frame complète est en tout et pour tout de 90° (45° à partir de sa position médiane). Ca pourrait être un peu plus pour jouer en mode « effet » ou faciliter l’angulation des couteaux dans toutes les positions. Il faudra régler le bon angle en choisissant ses couteaux.

Lyre et déplacements

Les déplacements de la lyre sont souples, amples et assez rapides, tant en Pan qu’en Tilt malgré la taille de la machine. Son amplitude est dans la moyenne de ce qui se fait, soit un site de 540° et un azimut de 265°.
Malgré toute cette mécanique en mouvement, la machine reste particulièrement silencieuse, tant dans ses déplacements que dans l’animation de tous ses moteurs d’ailleurs. Aucune fonction bruyante n’a été décelée.

Voilà une belle grosse machine, dans le haut du panier des projecteurs à LED de type spot / couteaux, qui va séduire par son flux et l’excellence de la plupart de ses fonctions, y compris les gens de théâtre. Une machine tout en équilibre, tant dans ses gammes de couleurs, de gobos et d’effets. Elle présente toutes les qualités pour être à l’aise aussi bien en Rock’n’roll, comédie musicale qu’au théâtre ou à l’Opéra. Une réelle réussite.

On aime :

  • L’équilibre de tout ce que fait la machine
  • La puissance
  • Les couleurs
  • Les effets

On regrette :

  • Le poids

Tableau général

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Découpe Chauvet Ovation E 260 WW

Par admin

Chauvet met le paquet depuis un certain temps sur les produits professionnels, en proposant des projecteurs innovants et efficaces. Sa gamme Ovation à sources leds reprend les plus grands standards de projecteurs traditionnels. Nous avons choisi de tester la découpe E 260 en version blanc chaud.

Découpe Chauvet Ovation E 260 WW

L’appareil

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La E 260 existe en plusieurs versions, la WW, Warm White, blanc chaud et la CW, Cold White, blanc froid. Nous avons testé la E 260 WW, dont nous avons mesuré la température de couleur à 3250K, et un IRC de 97. Déjà, ça cause…
L’engin se présente sous la forme de deux pièces bien distinctes : La boîte à lumière et l’objectif. La boîte à lumière comporte la source, son système de refroidissement, ainsi que l’électronique.
Elle est livrée avec un nez équipé d’une série de 4 couteaux et permettant l’adaptation d’objectifs à angle fixe (14°, 19°, 26°, 36°, 50°). Elle reçoit aussi directement deux objectifs zoom (15° à 30°, et 25° à 50°) eux-mêmes équipés de couteaux. Nous avons testé la machine en configuration zoom 15° – 30°.

Conception intérieure / extérieure de la machine

L’Ovation E260 WW en fonctionnement

La machine est longue et effilée, son objectif accentuant son allure de découpe à focale longue. L’étrier, très long, prend de l’espace vers le bas lorsqu’elle est accrochée (environ 40 cm), mais offre la possibilité d’orienter la découpe sans obstacle notamment pour la positionner en perroquet ou tout simplement en douche.
L’objectif s’insère dans un rail circulaire, un peu à la manière d’un objectif photo, avec un quart de tour, et se verrouille par deux molettes situées sur la boîte à lumière. Le serrage se fait hélas directement avec le bout des vis qui viennent coincer le rail de l’objectif, ce qui fait que très rapidement, on finit par entamer l’alu à différents endroits.
Il suffirait d’un système de cales arrondies sur l’extrémité des vis, pour serrer sans dommage. Sur le dessus de la boîte à lumière, se trouve un large anneau pour l’accroche d’une élingue de sécurité.

L’intérieur de la boîte à lumière. On voit à droite le bloc optique dans son barillet conique, le radiateur de refroidissement sur lequel est monté le ventilateur.

En démontant l’appareil, nous accédons à l’intérieur de la boîte à lumière. Celle-ci est vaste et aérée. L’avant laisse place à la grosse optique de sortie de lumière, fixée à l’aide de 4 vis directement devant la source led.
Cette source, d’un diamètre d’environ 3 centimètres, est montée via de la pâte thermique sur un énorme radiateur, lui-même équipé d’un gros ventilateur reprenant la quasi-totalité de sa surface arrière. L’alimentation se situe au fond de la boîte, et la carte de gestion contre la face arrière.

L’arrière de la découpe, avec le menu et les connecteurs

A l’arrière se trouve une poignée pour manipuler le projecteur, le panneau de connecteurs et les commandes du menu.
L’alimentation s’effectue à cet endroit sur une entrée PowerCON doublée d’une sortie (rappelons que l’engin consommant moins de 250 W, vous pouvez en ponter quelques-unes sur une ligne de direct !), et le raccordement DMX entrée / sortie en XLR3 et XLR5 est aussi doublé.


La source LED mise à nue et à côté, le bloc optique.

La partie objectif est très classique et reprend le mode de fonctionnement assez connu sur certains standards du trad, à savoir, la double molette pour faire circuler les chariots de lentilles zoom et focus, avec le deuxième paramètre réglable par le déploiement d’une manivelle située sur la grosse molette. Le réglage est franc, souple, et précis.
Une trappe de visite latérale qui se ferme avec une simple vis imperdable, permet d’accéder facilement aux lentilles pour les nettoyer. Par contre, nous ne voyons aucun moyen de sécuriser la chute accidentelle éventuelle de l’objectif. Une petite élingue le raccordant à la boîte à lumière aurait été la bienvenue.

Juste devant les couteaux, se trouve une trappe glissante tenue par deux vis imperdables permettant d’accéder à l’emplacement prévu pour recevoir un porte-gobo. La trappe refermée, permet d’éviter toute fuite de lumière. Les couteaux sont bien étudiés. Rentrés complètement, ils ne dépassent pas du champ max de la machine. Autrement dit, lorsque vous posez la découpe à plat, vous ne risquez pas de tordre l’extrémité des couteaux… Si, si, ça arrive souvent !
La course des lames permet très classiquement d’obtenir toutes les formes voulues, leur manipulation est aisée, rien ne coince (bon, l’appareil est neuf, ça serait malheureux…),
Le nez de la découpe peut tourner et permettre ainsi la rotation de la fenêtre des couteaux, afin de travailler “en losange” si nécessaire. Un porte filtre vient terminer le descriptif de l’engin, il permet de placer des gélatines avec un diamètre de sortie de lumière de 17 cm.

Différentes vues du faisceau. On distingue dans l’ombre l’éclairagiste de théâtre Karine Tison sur sa tour, aux réglages.

Ce qu’il y a au menu

L’accès aux fonctions de configurations de l’E 260 WW se fait par l’intermédiaire d’un petit écran et de 4 boutons. Vous pouvez choisir le mode de contrôle (1, 2, 3, ou 6 canaux),
“6 canaux pour une découpe d’une seule couleur ?” S’interrogeront certains d’entre vous… Hé oui chers amis !
Les 6 canaux du mode étendu proposent outre un dimmer en 16 bits (avec un “fine” donc), l’accès à un canal de strobe, à un canal “auto-programs” qui permet de déclencher différents “clignotements” programmés, un canal pour régler la vitesse des dits “auto-programs”, et un canal pour configurer à distance les 4 différents modes de dimmer, allant du OFF jusqu’aux courbes 1,2, et 3.
Le mode 3 canaux se compose en dimmer + dimmer fine et un canal de strobe,
Le mode 2 canaux se limite au dimmer + dimmer fine et le mode 1 canal assure une gradation de 0 à 100 %.

Courbe du dimmer de 0 à 100 %

Courbe du dimmer de 0 à 10 %

Dans le menu, le mode “static”, permet d’accéder au contrôle direct pour un fonctionnement en mode local (dimmer et strobe), et le projecteur garde cette info, même éteint. C’est ainsi que vous pouvez le configurer et ensuite allumer le projecteur quand bon vous semble via un direct (j’ai bien dit un direct ! Attention, pas un gradateur !) et il reprend immédiatement son état défini à l’avance. Bien utile en applications architecturale, déco, ou en muséographie par exemple.

Le “Dimmer mode” vous permet d’affecter à votre projecteur 4 courbes de dimmer différentes. Nous y reviendrons. Vous pouvez dans “LED Frequency”, choisir la fréquence de balayage des leds parmi 6 valeurs (de 600 Hz à 25 kHz). Pour certaines prises de vues, ça peut être utile aussi. Et vous avez accès également à des infos sur la durée de fonctionnement de l’appareil, le paramétrage du rétroéclairage de l’écran, etc. Bref, tout ce qu’il faut et plus encore pour configurer ce joli projo !

Les mesures

Courbe de derating. L’éclairement se stabilise rapidement.

Nous allumons le projecteur à pleine puissance et faisons une mesure de l’éclairement au centre toutes les 5 minutes pour tracer la courbe de derating, autrement dit d’atténuation de la lumière due à l’échauffement.
La lumière se stabilise entre 5 et 10 minutes avec une atténuation de 7 % ce qui est très bon.

Nous pouvons alors pratiquer les mesures photométriques pour un angle de 20° qui conduisent au flux de la machine.

A 5 mètres de la cible, l’éclairement au centre atteint 11 180 lux à froid et 10 400 lux après derating. Nous obtenons un flux de 13 280 lumens à froid et 12 340 après derating à partir d’une unique source led de 230 W ! Plus que certaines équivalences en lampe 2 000 W !
C’est une grosse surprise car si on sait que de nombreuses sources à leds sont maintenant capables de performances tout à fait étonnantes, on ne s’attendait pas forcément à une telle “patate” sur ce produit.


La lumière

Jocelyn Morel, l’auteur de cet article, dans la lumière de l’Ovation E 260 WW. Le gril est perché à 5 m, et l’angle réglé à environ 20°.

La lumière est propre bien que sa répartition ne soit pas parfaitement homogène à toutes les ouvertures de zoom. Si en zoom serré c’est impeccable, en large, on a un peu plus de lumière au centre tout de même. Le principe optique de cette machine doit être à l’origine de ce phénomène.
Nous pouvons d’ailleurs observer dans le brouillard, en sortie de faisceau, une sorte de “bâton” de lumière qui vient se former au centre du rayon (comme un faisceau dans le faisceau), et qui est légèrement visible sur quelques dizaines de centimètres devant la lentille.
Quoi qu’il en soit, ça n’est pas un réel défaut, et ça ne pose pas de réel problème. Ça fait juste partie des caractéristiques de la machine.
Le flux est globalement bien canalisé, les mises au net sont franches et précises. Le faisceau serré demande tout de même au moins 6 mètres de distance pour un net au plus serré sans la moindre irisation.

Différents aspects du faisceau

En dessous, une très légère irisation orangée vient fermer le bord du faisceau. À partir d’environ 17°, le phénomène disparaît. Comme vu plus haut, les couteaux sont efficaces. Le net sur l’ensemble des lames est vraiment très propre, à distance courte ou longue.

Exercice difficile pour une découpe : faisceau tirant en biais (ici environ à 45°) sur une surface inclinée, et compromis de netteté à faire. Notre Ovation s’en sort admirablement.

Question gradation, nous avons essayé les différents modes de dimmers. Le mode OFF respecte l’immédiateté de la LED, avec une réponse cinglante et nette tant à l’allumage qu’à l’extinction. Les 3 autres modes, procurent différentes émulations de la courbe d’un projecteur halogène avec une inertie plus ou moins rapide. La simulation est très efficace et réaliste.

D’ailleurs, puisque l’on parle d’émulation, prenons quelques lignes pour nous disserter sur un sujet “de fond” : la descente en couleur. Si un projecteur de ce type, à LED, équipé d’une source de 3260 K est capable de simuler l’inertie de différentes lampes halogènes, il ne saura pas simuler la descente en couleur… Ce fameux “orangé” du filament qui tombe vers son extinction. A 5 %, 10 % ou 15 %, le faisceau reste évidemment scotché à 3260K…
Ceci dit, la vraie question est la suivante : Est-ce réellement un handicap pour notre E 260 WW (et pour tous les produits de même technologie) de conserver sa couleur de base sur la totalité de la course de la gradation ? Car si effectivement c’est une réelle différence avec l’halogène, n’est-ce pas plutôt en utilisant l’halogène que nous avions ce handicap de la couleur qui variait en fonction du pourcentage de gradation ?

J’entends déjà les nostalgiques de l’halogène verser une larme “par principe” sur la variation de couleur et sur la fameuse “chaleur” de l’incandescence de leurs chers filaments. Il n’empêche que c’était une sacrée tannée parfois d’obtenir la couleur désirée à l’intensité voulue dès qu’on graduait un peu. Rappelons-nous l’aspect d’un bleu 119 envoyé à 15 % sur un PC ou une découpe… Rappelons-nous la tête d’un comédien éclairé via un 201 mis à mal par une découpe jouée à 20 %…

Avec la led, la question ne se pose plus, on obtient exactement la même teinte quelle que soit la gradation. En fait, ça “corrige” le “problème” qu’on avait fini par digérer et considérer comme la “norme” contre laquelle on ne pouvait rien… à l’époque !
Et si cette fameuse “chaleur” de l’orangé qui descend n’avait réellement d’importance que sur les blinders, les brutes, etc. Bref toutes ces sources qui prennent leur sens parfois juste en faisant rougeoyer légèrement les filaments, et qui sont très peu utilisées en couleur, pour une découpe, finalement, c’est dans 90 % des cas un fameux avantage.


Protections anti-pluie de la version IP65

Autre chose intéressante à savoir, il existe une version IP65 de cette découpe. Elle diffère du modèle classique essentiellement par la présence de petits capuchons souples qui viennent assurer l’étanchéité des câblages et des prises.
Mais également par une coque étudiée différemment pour permettre un refroidissement sans que l’eau ne puisse s’introduire par ruissellement.

Conclusion

Une bien belle réalisation qui délivre une puissance lumineuse remarquable. L’avenir du “traditionnel” est en marche avec tout ce qu’attend l’éclairagiste d’une découpe utile et bien fichue en 2019 et parée pour de longues années.

On aime :

  • La Puissance lumineuse
  • L’efficacité

On regrette :

  • L’absence d’élingue de sécurité sur l’objectif
  • Les vis qui entament l’alu au serrage de l’objectif

Ovation general

D’autres informations sur le site Chauvet Lighting france

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