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MPX, un connecteur Apple sans avenir ?

Par Pierre Dandumont

Le dernier Mac pro amène pas mal de trucs intéressants, mais il y a une innovation que je trouve un peu bizarre : le connecteur MPX. Enfin, disons que son existence est logique dans le fonctionnement d’Apple et ses soucis du détails, mais que ce connecteur n’a pas vraiment d’avenir.

Le MPX, donc, est un connecteur propriétaire, physiquement proche d’un connecteur PCI-Express 8x. Il est utilisé sur les cartes graphiques Apple du Mac Pro, donc sur peu de cartes dans l’absolu. Il ne sert absolument à fournir de la bande passante supplémentaire au GPU, mais uniquement à simplifier les câblages en interne.

Apple, depuis quelques années maintenant, pousse le Thunderbolt (1, 2 puis 3), une technologie efficace, mais compliquée à intégrer. En effet, le câble transporte de la vidéo (du DisplayPort) et des données (du PCI-Express) et amener la vidéo et les données n’est pas trivial. Il faut en effet récupérer la vidéo dans le GPU et le PCIe dans le CPU ou le chipset. Si c’est assez simple avec un portable ou une machine intégrée comme l’iMac ou le Mac mini, ça l’est beaucoup moins dans une machine de bureau. Le Mac Pro 2012 n’avait pas de Thunderbolt, le 2013 en avait, mais avec des cartes graphiques intégrées, qui n’a jamais été possible de remplacer.

L’outil d’Apple permet de partager les lignes

Avec le Mac Pro 2019, Apple utilise des cartes plus ou moins standards (moins que plus) et a donc dû trouver une solution. Dans les PC, c’est assez simple : le Thunderbolt est sur la carte mère, donc relié au chipset/CPU (en fonction des cas) et la vidéo est récupérée comme à l’époque des 3dfx des années ’90 : un câble part du GPU vers une entrée sur la carte mère. C’est moche, mais c’est efficace (et – numérique oblige – sans pertes). Mais en dehors du fait que ce ne soit pas visuellement très agréable, ce choix empêche d’avoir des connecteurs directement sur le GPU. Il existe bien quelques GPU externes avec du Thunderbolt, mais sans possibilité de changer le GPU, justement.

On voit bien les deux connecteurs en plus sur cette photo (c) iFixit

Dans le Mac Pro… il y a donc le MPX. Le connecteur transporte la vidéo dans les deux sens, ainsi que 8 lignes PCI-Express. L’intérêt ? Pouvoir utiliser indifféremment les prises du boîtier ou celles de la carte graphique, d’abord, sans avoir un disgracieux câble qui boucle à l’arrière. Parce que c’est moche. Ensuite, les lignes PCI-Express permettent d’intégrer directement des prises Thunderbolt 3 sur les cartes : elles récupèrent les lignes directement, sans impact sur la bande passante dédiée au GPU. Pourquoi huit lignes et pas quatre, vu que le Thunderbolt n’en utilise que quatre ? Parce que le Mac Pro, comme le modèle 2013 et quelques MacBook Pro, intègre deux contrôleurs. Un sur la carte mère et un sur une carte fille. Ca permet de gérer pas mal d’écrans et ne pas trop limiter la bande passante. En plus de cette connectique interne, Apple en a profité pour fournir de l’énergie au GPU. Même chose, on se retrouve un peu avec le souci du détail, le but est d’éviter les câbles disgracieux. le MPX permet de fournir 500 W (un peu plus même : 475 W sur le connecteur, avec en plus 75 W directement sur le connecteur PCI-Express) sans les câbles six et huit broches classiques dans les PC. Bon, je pense que ce n’est pas totalement lié à l’esthétique : la carte la plus performante fournie intègre intègre deux puces Vega 20 d’AMD, ce qui consommme… beaucoup. Les cartes PC avec une seule puce dépasse facilement les 300 W, donc la carte d’Apple doit s’approcher du maximum du MPX. En réalité, la possibilité de fournir autant d’énergie semble être uniquement un effet de bord des choix d’Apple : la consommation élevée vient en partie du fait qu’Apple privilégie AMD et doit donc intégrer deux GPU pour obtenir d’excellentes performances, sans avoir d’autres voies technologies actuellement.

Les connecteurs Thunderbolt 3 se partagent deux bus (et deux contrôleurs)

le MPX sert donc essentiellement à faire une machine jolie, bien intégrée, pratique. Elle sert à rassurer les utilisateurs, à vendre un truc luxueux. Mais en pratique, on pourrait avoir des boucles pour le DisplayPort à l’arrière, des connecteurs Thunderbolt 3 uniquement sur le boîtier et des prises huits broches pour l’alimentation. Ce serait moins joli, moins propre… et plus compatible. Parce qu’en pratique les cartes MPX ne sont évidemment pas compatibles avec les PC, et les cartes de PC, si elles fonctionnent avec le Mac Pro, ne permettent pas d’utiliser les prises Thunderbolt et nécessitent dans la majorité des cas l’achat d’adaptateurs. Parce que oui, le Mac Pro n’a évidemment pas de prises « PCIe » pour l’alimentation, et la version Apple (vendue par Belkin) vaut 65 €. Avec une prise forcément prorpriétaire.

Deux GPU, du MPX, et une consommation qui doit approcher les 500 W

C’est un peu le problème : sous couvert d’utiliser du PCI-Express et quelque chose qui semble standard au premier regard, on reste sur du propriétaire, avec un surcoût et une perte de fonctionnalités quand on passe sur un truc plus classique. Sur ce point, le Mac Pro 2019 est évidemment meilleur que le 2013, mais moins bien que les précédents, même s’il fallait parfois bidouiller pour alimenter de grosses cartes.

Reste que je vois mal des constructeurs de cartes pour PC adopter le MPX – même du temps des Power Mac, les cartes tierces avaient rarement de l’ADC -. Quand à la pérennité du Mac Pro, j’hésite. Le dernier a été vendu six ans sans être mis à jour, et sans recevoir de possibilités d’amliorations. Ici, Apple semble proposer un peu plus de choix, et il y a déjà au moins un modèle prévu en plus (à base de Navi). Reste à voir si ça continuera, si Apple proposera de nouvelles cartes régulièrement, ou si le MPX aura juste été une jolie façon d’intégrer du Thunderbolt 3 dans un GPU…

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