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Realie, plateforme de reviewing et gestion de production

Par Shadows

La société française Realition nous présente Realie, solution en ligne de gestion de production.

L’équipe nous explique être partie du constat d’un écart entre, d’une part, des outils spécialisés comme Shotgun ou Ftrack, et d’autre part les outils réellement employés par de nombreux studios, indépendants, écoles, étudiants : des solutions généralistes comme Jira, Trello, Basecamp, Google.
Face à ce marché, nous explique Realition, Realie se positionne en tant qu’outil simple d’utilisation et avec une ergonomie proche des outils généralistes, mais en proposant des fonctions spécifiques aux besoins de l’industrie.

En pratique, Realie permet de mettre en place les équipes sur un projet, de gérer les tâches avec un système de type Kanban, de gérer des notifications, de visualiser et gérer les assets.. Un système de passage en revue est évidemment aussi inclus.
Les vidéos incluses plus bas vous donneront un bon aperçu (en français) des fonctionnalités proposées.

Le modèle économique retenu est sans surprise celui de l’abonnement, avec des offres pour indépendants, écoles et studios. Une offre d’essai gratuite mais limitée est aussi disponible pour tester l’outil.

1/4 : les tâches
2/4 : développement d’un asset manager
3/4 : review de médias
4/4 : applications collaboratives

L’article Realie, plateforme de reviewing et gestion de production est apparu en premier sur 3DVF.

Signiant Expands its SDCX SaaS Platform to Dramatically Simplify Fast, Secure Intercompany Content Exchange

Par Denise Williams

At IBC2019, on booth 14.B23, Signiant Inc, a long-time leader in intelligent file transfer, will introduce new capabilities to its SDCX (Software-Defined Content Exchange) SaaS platform to simplify secure content exchange between companies. These capabilities will first appear in the company’s newest product, Signiant JetTM, which makes it easy to automate and accelerate the transfer ...

Les aides pour financer son jeu vidéo

Par greg

La production d’un jeu vidéo est très onéreuse même pour un jeu indépendant à partir du moment où vous ne pourrez pas faire tout tout seul. En effet, il vous faudra, si vous estimez que le jeu va vous permettre par la suite de rapporter de l’argent: créer votre studio, embaucher des collaborateurs, développer votre … Continuer la lecture de Les aides pour financer son jeu vidéo

Les aides pour financer son jeu vidéo

Par greg

La production d’un jeu vidéo est très onéreuse même pour un jeu indépendant à partir du moment où vous ne pourrez pas faire tout tout seul. En effet, il vous faudra, si vous estimez que le jeu va vous permettre par la suite de rapporter de l’argent: créer votre studio, embaucher des collaborateurs, développer votre … Continuer la lecture de Les aides pour financer son jeu vidéo

L’impression 3D par jet de matière, on vous explique tout !

Par Susana SANCHEZ RESTREPO

L'impression 3D continue sur son rythme effréné mais les procédés derrière cette technologie restent toujours aussi flous pour certains. Après nos articles sur le Frittage sélectif par laser et le Dépôt de matière fondue, on vous présente aujourd'hui l'impression 3D par […]

Hors sujet EP05 : Free Floating, l’art de l’inaction à la française

Par Pierre Lecourt

Comment qualifier une entreprise dont le projet est de mettre en libre service, sans l’accord des autorités, des engins dont l’usage sera parfaitement illégal ?

Mettre à disposition, dans les rues des grandes villes, des trottinettes électriques pourtant interdites à la circulation dans ces mêmes rues ? On l’a vu dans le troisième épisode de cette série, aucun de ces engins n’a aujourd’hui sa place sur la voie publique. Et cela jusqu’à ce que le gouvernement fasse passer son décret modifiant le code de la route. Comment peut-on alors accepter une entreprise de Free Floating dont le business plan est entièrement basé sur une infraction à notre code ? J’ai beaucoup de mal à le concevoir.

Pour rappel, le Free Floating c’est la mise à disposition par une société privée d’un parc de véhicules en location sans station de prise en charge et de dépose. On prend l’objet posé tel quel dans la rue, que ce soit un scooter, un vélo ou une trottinette. On se déplace avec. Et on le relâche où bon nous semble dans les limites géographiques autorisées par l’opérateur.

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Si demain une société décidait de déposer une seule borne d’arcade dans la rue. Un engin qu’on pourrait utiliser en scannant un code sur son châssis grâce à son smartphone afin de pouvoir lancer une partie. Si cette société lâchait sa borne dans la ville, sur le trottoir, sans rien demander à personne. Elle serait immédiatement rappelée à l’ordre. Malgré le fait que ce service soit parfaitement légal en France. On rétorquerait simplement que cette borne occupe la voie publique.

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Si demain une société déposait dans les rues des grandes villes des kits de Free Floating « table + chaise » que tout le monde pourrait louer pour pouvoir s’installer confortablement sur le trottoir. Un service super novateur pour manger, siroter un café, lire un livre ou prendre des notes dans la rue. On imagine une application qui permettrait de localiser les kits posés contre les murs un peu partout dans la ville. Une fois le kit localisé, un QR code scanné avec son smartphone permettrait de les déplier pour pouvoir s’installer. Tranquillement assis n’importe où dans la ville. 1€ pour activer le déploiement puis 15 centimes la minute d’utilisation.

Une société qui proposerait cela serait bien évidemment immédiatement convoquée par la Mairie et ses kits saisis. Alors qu’encore une fois aucune loi n’interdit de manger dans la rue. On constaterait simplement qu’elle empiète délibérément sur l’espace public.

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Un patron de café ou de restaurant qui aurait le malheur de laisser dépasser un peu trop sa terrasse sur le trottoir. En rajoutant discrètement une table et des chaises. Ce cafetier risque une amende assez salée. Les mairies taxent annuellement chaque mètre carré occupé par les terrasses de ces établissements sur les trottoirs. Tout cela est régulé, codifié et l’espace public occupé est géré précisément par les villes.

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Il est possible de poser du mobilier urbain gratuitement dans la ville, mais il faut respecter des règles. Obtenir des autorisations. Si vous déposez par exemple un panneau mobile de la taille d’une trottinette sur le trottoir pour signaler votre activité. Je sais pas moi, une dédicace en librairie ou la carte de votre restaurant par exemple. Si vous le faites sans faire une déclaration préalable obligatoire, vous risquez une amende de 1500€.

Mais aujourd’hui donc, des sociétés peuvent librement proposer d’utiliser des véhicules qui n’ont PAS le droit de rouler sur la voie publique. Tout en les laissant envahir les trottoirs. Et tout le monde a laissé faire.

Pourquoi ? Probablement parce que les sociétés qui ont lancé ces services l’ont fait au culot. En employant une technique de Guerilla marketing, en imposant de force leur présence sans demander l’avis des autorités. En jouant sur la tolérance que l’état a accordé à ces véhicules. Ces sociétés en ont profité, quitte à ensuite demander pardon pour leur « culot » mais en n’en pensant évidemment pas un mot. Les sociétés de Free Floating sont d’un cynisme achevé dans leurs méthodes. Aucune autre entreprise ne se permettrait ce genre de piratage de la voirie. Sûres qu’elles seraient immédiatement taclées par les autorités. Et pourtant les grandes villes ont laissé faire. Je me demande toujours bien pourquoi ? On avait tout de même des signaux forts envoyés par d’autres capitales Européennes et de grandes villes aux Etats Unis. De nombreuses cités ont très très mal vécu l’apparition de ces flottes de trottinettes électriques en Free .

Elles ont rapidement compris que ce système semait un chaos invraisemblable parmi les autres utilisateurs de la voie publique. Dans chaque ville impacté par un Free Floating de ce type, on retrouve le même scénario, les mêmes symptômes, la même anarchie et le même résultat.

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Des comportements à risques et donc des accidents voir des morts, une occupation massive et gênante des espaces publics et au final un agacement grandissant de la population.

Très rapidement, les grandes métropoles US ont décidé de mener la guerre à ces implantations sauvages. La plupart ont, par exemple, mis en place des systèmes de licences. Ce qui permettait d’inverser la vapeur, de reprendre le contrôle. D’un coup, ce n’était plus des sociétés qui décidaient de s’installer là où elle voulaient mais les mairies qui choisissaient qui pouvait déployer son service. Et avec cette autorisation d’exploitation des cahiers des charges précis ont été imposés.

Trottinettes et prise de tête

Les entreprises de Free Floating doivent par exemple payer entre 100 et 150$ par engin en service. Ce qui a de quoi faire réfléchir un acteur qui voudrait débarquer avec quelques milliers de machines. Pour obtenir le sésame d’une autorisation, ces sociétés ont également dû s’engager à suivre des règles strictes sur l’implantation des engins. Par défaut, elles cherchent les endroits les plus rentables et pas forcément les plus utiles. Le fait de se concerter avec les élus pour les zones de parking, les zones de déploiement et les zones de circulation a changé la donne.

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Ajoutez à cela une information immédiate de la police locale pour un contrôle strict des usages de ces engins et des amendes sévères pour les contrevenants. Une interdiction systématique de rouler sur les trottoirs a été immédiatement imposée. La vitesse a été limitée. Obligation de porter un casque dans certaines villes. Interdiction de voyager à deux. Dans certains cas, les opérateurs ont dû proposer une plateforme téléphonique de support 24H/24 et 7J/7 pour leurs clients et les autres usagers de la voirie.

A San Francisco par exemple, la mairie n’a pas fait dans la dentelle. Dès que les trottinettes en free floating ont commencé à trop envahir les rues la ville a décidé de les bannir totalement pendant trois mois. Un moratoire imposé le temps pour la mairie de trouver un fonctionnement cohérent avec les opérateurs. De définir des règles. La société Lime a ainsi pu regagner trois mois plus tard le droit d’opérer sur la ville. Mais sa concurrente Bird n’a pas pu revenir sur le terrain en Free floating. Il lui a donc fallu revoir son modèle économique. Elle a décidé de s’orienter vers des locations mensuelles à 24,99$ directement aux particuliers puisqu’elle ne pouvait plus laisser traîner ses trottinettes dans les rues.

D’autres villes continuent de faire de la résistance. Les trottinettes électriques en Free Floating sont aujourd’hui encore totalement interdites à New-York. Malgré un lobbying fort pour pénétrer ce marché.

Trottinettes et prise de tête

Un autre bon exemple, c’est Chicago. Pour éviter la gène des engins abandonnés dans la rue, leur usage est limité en horaires. Les trottinettes doivent toutes être retirées de l’espace public entre 22H et 5H du matin. Période où elles sont censées être rechargées ou réparées par les opérateurs. Cette obligation non respectée donne lieu à des amendes pour chaque engin repéré par un policier,

Trottinettes et prise de tête

Chicago oblige également les sociétés de Free Floating à contracter une assurance de plusieurs millions de dollars pour les risques liés aux blessures ou aux dommages causés par leur service.

A Nashville, le 21 Juin dernier, le maire a décidé de renvoyer au garage l’ensemble des trottinettes des 7 compagnies de Free Floating implantées dans la ville. En réaction à la mort d’un homme de 26 ans dans des conditions très similaires au drame survenu à Paris le 11 Juin dernier. Renversé par un véhicule, l’homme est mort rapidement de ses blessures. Conséquence immédiate qui fait suite à l’agacement général de la population, la mairie de Nashville a donc décidé de retirer les 4000 trottinettes déployées suivant un principe de précaution. Le temps de décider quelles seraient les compagnies susceptibles de revenir s’implanter et avec quelles règles. Nashville parle désormais de une ou deux solutions de Free Floating avec beaucoup moins de véhicules.

Et on est dans le pays de l’Oncle Sam… La patrie du capitalisme pur et dur, difficile de crier au scandale d’un pays où on n’aimerait pas la réussite, où on voudrait empêcher les gens de réinventer la ville. Où on empêche les start-up d’éclore et de générer de la valeur… Toutes ces mesures ont été simplement qualifiées de bon sens par les autorités locales. Et les entreprises qui rouspétaient face à leur liberté d’entreprendre on été qualifiées d’enfants gâtés à qui on ne cédait pas à un caprice.

Et en France ? Pas grand-chose à vrai dire. A part dans certaines mairies qui ont fait de la résistance. Nantes par exemple a été très ferme sur le sujet. Quand en Avril la société Wind a lâché des engins dans la ville,le maire a directement envoyé tous les véhicules à la fourrière.

Mais la plupart des villes sont plus frileuses, se positionnant souvent derrière un manque de moyens légaux pour réagir. Une excuse difficile è croire quand il il suffit de constater qu’une trottinette occupe illégalement un trottoir pour la faire enlever. Quand il suffit d’arrêter chaque utilisateur dans l’illégalité en roulant sur la voie publique pour envoyer son engin à la fourrière.

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D’autres villes, comme Paris, ont décrété, des mois et des mois après l’implantation des premières flottes de trottinettes électriques, qu’elles n’avaient finalement pas le droit ni de rouler ni de se garer sur les trottoirs. Un droit qu’elles n’ont jamais eu mais que personne n’avait les moyens de leur rappeler.

Et on touche là le vrai problème lié à ces engins en Free Floating. Qui pour verbaliser les gens qui roulent n’importe comment ? On ne peut pas utiliser la vidéo puisque ces engins n’ont pas de plaque d’immatriculation. On ne peut pas envoyer une voiture flasheuse équipée de cameras comme on le fait pour relever les infractions au stationnement. On ne peut pas employer de sociétés privées pour rappeler à l’ordre les mauvais conducteurs. Il faut donc impérativement déployer des forces de police dans la rue. Et comme il n’y a plus de police de proximité pour le faire… Il n’y a pas de solutions.

Un sentiment d’impunité croissant s’empare des conducteurs. De tous les conducteurs. Les témoignages des piétons vont tous dans le même sens. Lorsqu’ils s’agacent des comportements des utilisateurs de trottinettes en Free Floating qui les frôlent, les hèlent ou leur coupent la route, ce sont généralement des insultes qui fusent.

Depuis quelques semaines, j’ouvre la discussion avec les personnes à #vélo et à #trottinette qui continuent de rouler sur le trottoir à #Paris malgré l’interdiction. J’ai décidé de partager quelques uns de ces échanges ici. 🤓

— Tatiana de Rosnay (@tatianaderosnay) June 20, 2019

Les twitts de Tatiana de Rosnay sont très éloquents à ce sujet. Elle essaye de discuter avec des personnes à vélo et à trottinette sur les trottoirs de Paris. Elle a une tactique d’approche assez simple. Elle offre un grand bonjour souriant et elle demande si les gens savent que c’est interdit de rouler sur les trottoirs… Et les réponses sont cinglantes. On voit clairement ici que l’habitude a été très rapidement prise par les utilisateurs. Elle s’est implantée faute de réglementation ni de contrôle. Pas de sanction, pas de risque, pas de respect des autres.

La mairie de Paris a décidé d’interdire purement et simplement la possibilité pour les trottinettes de se garer sur les trottoirs. Super, mais c’est et cela restera un vœu pieu puisque personne n’est derrière les utilisateurs au moment où ils garent leur véhicule. C’est comme espérer que tout le monde respecte les limitations de vitesse une fois son permis en poche après avoir signé une charte de bonne conduite. Tout en expliquant en parallèle aux conducteurs qu’il n’y a plus de radars ni de contrôle.

Il aurait fallu opérer des les premiers symptômes. Dès l’apparition des premières trottinettes individuelles, dès l’implantation de ces engins dans la ville. Ne pas accepter le guerilla marketing imposé sans concertation. Forcer les opérateurs à s’installer de manière réfléchie. C’est ce qu’il s’est passé à San Francisco, à Chicago et dans beaucoup de villes US désormais. Et cela a fonctionné. Le tour de vis que vient d’imposer la mairie de Paris porte déjà ses fruits et plusieurs opérateurs semblent vouloir jeter l’éponge. Certains distribuent des casques pour leurs clients. D’autres envoient des équipes pour redresser les trottinettes… La grande question reste de savoir pourquoi avoir tant attendu ?

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Cette réaction est positive mais bien tardive. Désormais, face à la grogne des habitants et aux nombreux accidents, les mairies décident de réduire la voilure. Limiter le nombre de sociétés implantées, baisser la vitesse des engins, imposer des règles de bonne conduite… Des mesures qu’il aurait fallu prendre immédiatement, après tout ce sont des engins totalement illégaux, pourquoi se mettre à réagir après l’implantation de plusieurs milliers d’entre eux ? Parce qu’on a finalement pas les moyens de faire respecter ces règles ?

Il y avait des lois déjà écrites mais surtout un certain bon sens à faire respecter autour du Free Floating. Et si les politiques n’ont pas su le ressentir, ce manque de bon sens n’a pas échappé aux autre utilisateurs de la voie publique.

Mais ça on n’en parlera dans le prochain épisode.

Hors sujet EP05 : Free Floating, l’art de l’inaction à la française © MiniMachines.net. 2019

Hors Sujet EP04 : pourquoi tant de tolérance avec les trottinettes ?

Par Pierre Lecourt

Ma petite théorie du pourquoi on a laissé les Engins de Déplacement Personnels Motorisés rouler illégalement chez nous pendant des années, avant de s’en émouvoir d’un seul coup. Je l’ai baptisée la théorie du crabe.

Ce n’est pas une théorie issue d’une étude à grande échelle mais elle semble être corroborée par plusieurs témoignages d’utilisateurs, de revendeurs, de policiers et de gendarmes qui m’ont contacté suite à mes remarques sur Twitter. L’arrivée des trottinettes électriques, des gyroroues, des skates électriques comme des autres engins du genre a été progressive, très progressive. Des premiers modèles réellement exploités en ville et surtout artisanaux de 2010 à 2014 vers la situation actuelle, il s’est écoulé beaucoup, beaucoup de temps.

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La réaction des autorités en France face à ces engins est identique à celle d’un crabe que l’on voudrait cuisiner. Quand vous plongez la bestiole dans de l’eau bouillante, je ne sais pas ce qu’elle ressent exactement, mais elle ne semble pas couler les moments les plus paisibles de son existence. Par contre, si vous laissez le crabe dans l’eau froide et que vous montez progressivement la température, il semble beaucoup moins gêné par la situation… même si à la fin le résultat est le même.

Et bien il me semble que c’est exactement cette seconde situation qui est arrivée en France avec les EDPM. Leur arrivée progressive a agi comme la marmite d’eau froide. Sans réaction de la part des autorités, tout un écosystème s’est installé dans la plus totale illégalité.

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Un policier travaillant sur Paris m’a expliqué comment il a d’abord vu débarquer des trottinettes classiques pour adultes. Il a un jour croisé un premier modèle, assez luxueux, assez classe, slalomant entre les piétons. Et puis, rapidement, il a pu constater l’apparition d’autres trottinettes classiques. Des modèles sans moteur donc. C’était tout à fait légal et donc tout à fait normal. Bien sûr, il y a eu quelques rappels à l’ordre et autres sonnettes d’alarme pour expliquer que si l’engin était autorisé, l’utilisation devait rester civique et qu’il ne fallait pas risquer de blesser les piétons. Dans la grande majorité des cas, les utilisateurs étaient très calmes, très compréhensifs. Pas vraiment de soucis.

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Et puis un jour la température a pris quelques degrés. Une première trottinette électrique a fondu au travers des passants, à une allure qui ne laissait pas de doutes. J’ai eu le policier en question au téléphone et sa description était épique. Le mec bien raide, cravate au vent, filant dans la foule, un peu vite… Un peu trop vite… En tout cas bien plus rapidement, bien plus nerveusement, bien moins pacifiquement qu’avec une trottinette classique. Son conducteur ressemblait à ce profil de jeune cadre urbain pressé. Sortant du métro pour aller s’enfermer au plus vite dans un bureau. Là encore, une rapide mise au point a suffi à calmer le jeu.

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Mais au bout de quelques temps, rebelote, la première trotelec a été suivie d’une poignée d’autres puis rapidement d’une avalanche d’autres. Et bien avant l’arrivée des modèles en Free Floating, des engins comme la M365 ont donc, dès le Printemps 2018, commencé à déferler dans la plupart des grandes villes françaises. Et moi, je me souviens de mes premières balades avec une Xiaomi M365, je vous en faisais part d’ailleurs dans un test, de nombreux passants posaient un regard appuyé et amusé sur l’engin. D’autres me posaient carrément la question de son pedigree, de son prix et surtout de l’endroit où on pouvait l’acheter à ce prix. J’imagine l’effet boule de neige de l’apparition de ces modèles de qualité autour des 300-350€. Des centaines puis des milliers d’utilisateurs on acheté en importation ces engins. L’eau de la marmite commençait a frissonner pendant que le crabe lui, continuait a buller au fond.

Mon policier me disait avoir posé la question à sa hiérarchie et avoir vite compris qu’il avait dit une bêtise. Les commissariats étant vide avec dans son cas 1 policier pour 600 habitants dans son grand arrondissement… Ils avaient alors d’autres choses a faire que de contrôler ce genre de véhicules. La règle tacite était donc de fermer les yeux sur l’usage de ces engins tout en conservant évidemment la possibilité de calmer les usagers les plus énervés. A deux doigts de bouillir, déjà bien rouge, le gros crabe ne bougeait donc toujours pas d’une patte.

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La suite a été économique et très logique. Voyant que les utilisateurs importaient en masse des engins des quatre coins du monde, les vendeurs français spécialisés se sont donc logiquement mis à proposer leur propre catalogue. Soit en important eux même les modèles à succès et en les mettant en vente. Soit en recherchant des fabricants capables de fournir des engins a leurs couleurs. Les grossistes se sont donc mis à proposer des trottinettes aux revendeurs qui les proposaient ensuite pour rouler sur la voie publique. De manière illégale. Mais sans aucune pression des autorités.

Qu’un particulier importe un de ces engins sans savoir qu’il n’a pas le droit de l’utiliser en France, c’est une chose. Mais un professionnel à le devoir de le savoir et le devoir d’en informer ses clients. Beaucoup ne s’embarrassaient pourtant pas de la loi et invitaient à grands renforts de publicités leurs futurs acheteurs à faire des trajets en ville avec ces outils interdits. D’autres spécifiaient que les engins étaient réservés à un usage sur voie privée… mais souvent en tout petits caractères dans leurs manuels. Plus histoire de se dédouaner légalement que d’informer vraiment les clients.

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La marmite a donc mis beaucoup beaucoup de temps à bouillir. Et quand enfin elle est entrée sous pression, il était bien trop tard. Le crabe était tellement cuit qu’il ne pouvait plus réagir. Différents acteurs économiques avaient enclenché plusieurs vitesses, la distribution des engins générait déjà des sommes importantes. On parle quand même de plus de 230 000 trottinettes vendues en France en 2018, plus de 26 000 skates électriques. Et cela ne comptabilise pas l’importation… Le monde des assureurs s’est même mis au travail pour encadrer tout ça avec des offres sur mesures.

Que dire alors aux gens utilisant des trotelec et autres engins du même genre depuis des mois voire des années ?  Achetées en France avec de la bonne TVA dessus. Dans des boutiques payant elles même des taxes. Des engins affichant désormais quelques centaines ou quelques milliers de kilomètres ? Assurés en bonne et dûe forme. Que c’est désormais interdit ? Que ça l’a toujours été mais que jusque là on fermait les yeux ? La situation est devenue totalement intenable.

Et là dessus, sont apparues les solutions de Free Floating…

Chose dont on parlera dans le prochain épisode.

Hors Sujet EP04 : pourquoi tant de tolérance avec les trottinettes ? © MiniMachines.net. 2019

Hors Sujet EP03 : Les trottinettes électriques sont interdites

Par Pierre Lecourt

Les trottinettes électriques, c’est interdit en France. Purement et simplement. 

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Source : Service-public.fr

Des trottinettes ou des skates électriques, des gyroroues et autres EDPM, on n’en voit donc de plus en plus en France. Et pourtant, ces engins n’ont pas le droit de parcourir l’espace public de notre beau pays. Je sais que beaucoup de gens parlent de flou dans le Code de la Route, de vide juridique ou interprètent la loi à leur sauce. Mais non, le Code est très clair. Les trottinettes électriques et autres engins à moteur électriques n’ont pas le droit de rouler sur la voie publique en France. Pas plus sur les pistes cyclables que sur les trottoirs ou au milieu des voitures. Il est possible de pratiquer ces engins sur des voies privées, sur des parkings, dans votre salon ou sur des pistes prévues pour cet usage mais pas là où l’on partage l’espace avec du public. Point final.

En fait, les utilisateurs, moi y compris pendant longtemps, mais aussi les vendeurs et la plupart des politiques, voient dans l’absence de précision du Code de la Route sur ces engins une faille juridique. Ils oublient juste comment tout ça fonctionne.

Le Code de la route ne liste pas tous les véhicules interdits, il précise au contraire, tous les véhicules qui sont autorisés à rouler et où ils peuvent rouler.

Comprenez bien que si le législateur devait modifier le Code à chaque fois qu’un nouveau véhicule apparaissait sur le marché, sa tâche serait un poil compliquée.

Si demain j’achetais d’occasion une Bentley et qu’au prix de nombreuses modifications, je lui collais des chenilles de tank… Ce véhicule ne correspondrait alors à aucune case du Code de la Route. Aurais-je le droit de rouler avec suite à un « vide juridique » ? Bah non, bien entendu. Les EDPM sont exactement dans le même cas de figure. Puisque ces engins ne sont pas définis par le code, ils n’ont pas d’existence légale et par conséquent, ils n’ont pas le droit de rouler dans l’espace public.

Aujourd’hui en France, à ma connaissance, il n’existe que deux véhicules à moteur électrique ne nécessitant pas de carte grise ni de plaque d’immatriculation pour rouler légalement. Ces points sont importants car pour obtenir une carte grise, il faut une homologation. Et c’est une chose que n’auront probablement jamais la majorité des trottinettes électriques et autres engins du genre. 

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Le premier de ces véhicules est assez particulier puisqu’il s’agit du Segway1. Vous en avez certainement déjà vu en action, c’est une sorte de gros hoverboard qui suit vos mouvements pour avancer ou tourner. Cet engin est assimilé à un piéton par nos lois, il roule donc sur les trottoirs.

C’est une particularité qui est liée à son apparition très ancienne et à un lobbyisme actif de la marque à l’époque. Cet engin a commencé à rouler en 2001, c’est l’ancêtre du genre en terme de véhicules industriels de ce type. Mais c’est aussi dû au fait qu’il est lourd avec un poids allant de 23 à 50 Kg, qu’il est cher avec un prix de base d’environ 3000€ et qu’il est encombrant. Et peut être aussi parce qu’il n’est pas très rapide ni très nerveux. Autant d’éléments qui font qu’il n’a jamais eu de succès comme véhicule mais plutôt comme engin de loisir. Si vous avez déjà croisé un Segway c’est probablement dans un environnement privé comme un salon avec plusieurs pavillons ou sur des lieux touristiques. L’engin est rentable et pratique à la location pour visiter un site. Mais personne n’aurait l’idée de l’utiliser dans un déplacement urbain classique, type maison-boulot. Il faut dire que ce truc est incapable d’escalader un trottoir un peu haut…

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Le tout premier VAE industriel , le Yamaha PAS, est sorti en 1997 à l’international. C’est lui qui a défini les règles du genre.

Le second engin à moteur électrique qui a le droit de rouler sans immatriculation en France, c’est le Vélo à Assistance Electrique (VAE). Un engin qui est vite devenu très populaire puisque c’est le véhicule électrique de déplacement personnel qui répond parfaitement à la plupart des problématiques de déplacement classiques. Il allie tous les avantages : Il bénéficie d’une aide à l’achat de la part de l’état ou des collectivités locales, il propose une excellente autonomie et en plus il peut être employé même en cas de panne sèche de sa batterie. Il est robuste, il offre une belle visibilité à son utilisateur lorsqu’il roule, et surtout il profite des voies et des stationnements «réservés» aux vélos.

Ses prix varient désormais assez fortement et on commence à trouver des engins abordables aussi bien en grande surface que chez les revendeurs spécialisés. Le VAE est en réalité le seul véhicule électrique pouvant rouler légalement en France sur route ou pistes cyclables sans avoir besoin de carte grise ni de plaque. Sans assurance particulière, sans casque ni gants. L’existence du VAE tiens à quelques éléments techniques importants.

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Un Vélo à Assistance Électrique2 c’est, comme son nom l’indique, un vélo. C’est à dire deux roues et un guidon, une selle et un entraînement par pédales. Sa partie électrique est en fait très limitée. Pour rester des VAE, ces engins doivent respecter trois impératifs stricts.

  • Primo, un moteur qui doit être limité à 250 Watts de puissance maximum. Au delà de ces 250 Watts et même si les autres critères sont réunis, cela devient un cyclomoteur d’après notre Code de la Route.
  • Secundo une vitesse maximum en assistance électrique qui doit être limitée à 25 Km/h. Cela veut dire que le moteur stoppe toute aide au pédalage dès lors que l’on atteint ce pallier. Il est possible d’aller plus vite mais seulement en pédalant fort avec ses petits muscles. Si l’engin permet d’aller au-delà de cette vitesse avec son moteur, là encore, cela devient un cyclomoteur.

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  • Tertio, et c’est très important, l’activation du moteur ne doit être effective que si vous pédalez. Il n’y a pas de « poignée de gaz » permettant d’atteindre ces 25 Km/h sans efforts. Pour bénéficier de la puissance du moteur électrique, il faut impérativement utiliser votre propre moteur musculaire.

L’ensemble des autres véhicules électriques est illégal. Skateurs, rolleurs, trottinetteurs et autres peuvent rouler tant qu’ils veulent sans moteur sur les trottoirs parce qu’ils sont considérés comme des piétons3. Mais dès que vous collez un moteur électrique sur ces engins, ils sont – à ce jour – interdits.

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Une situation classique, deux policiers à moto qui discutent avec une utilisatrice – casquée – de trottinette. La tolérance est de mise.

Malgré tout, si les trottinettes et la loi ne font pas bon ménage, des vendeurs ayant pignon sur rue proposent des trottinettes en catalogue pour des déplacements urbains. Leur importation n’est pas contrainte. Des entreprises les louent par dizaines de milliers à la vue de tous et il faut bien reconnaître que tout le monde peut rouler sur une trottinette électrique sans se faire embêter le moins du monde par les forces de l’ordre.

Pourquoi tant de tolérance de la part des autorités en France ? J’ai ma petite idée là dessus mais on en parlera dans le prochaine épisode.

Hors Sujet EP03 : Les trottinettes électriques sont interdites © MiniMachines.net. 2019

Hors Sujet EP02 : De la trottinette jouet au véhicule urbain

Par Pierre Lecourt

Comme on l’a vu dans le premier épisode de cette série, l’arrêt des importations des Hoverboards a été brutal pour les fabricants Chinois. Gros comme petits, les plus sérieux comme le pires, tous ont été immédiatement impactés par un retournement massif du marché. Il a bien fallu trouver des débouchés…

L’arrivée d’un nuage de pollution à Beijing en 2017…

Nous sommes à la mi 2016 et dans les grandes villes Chinoises, ça ne respirait déjà plus vraiment très bien. Le pays faisait déjà face à d’énormes soucis de pollution, les politiques nationales et locales ont décidé de réduire drastiquement l’utilisation des moteurs thermiques en ville. Le petit scooter local avec un moteur mélange huile/essence, interdit. Le cyclomoteur au moteur hérité des années 80, interdit. Les vieilles voitures mal réglées, interdites… Tout ce qui brûlait pas bien du pétrole en gros est devenu interdit. Les moteurs thermiques plus récents avaient toujours le droit de rouler mais dans les faits, ils étaient devenus inabordables pour la majorité des habitants. Le prix des plaques d’immatriculation ayant explosé à la hausse avec, suivant les motorisations, des tarifs pouvant atteindre les 40 000 euros.

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Avant…

Sur le plan national, la transition devait durer 3 ans. Dans certaines régions, il n’a été laissé aux particuliers que quelques mois pour réagir à ces mesures. L’interdiction des scooters à moteur thermique a fait très mal parce que beaucoup de familles employaient ce genre d’engin pour tous leurs trajets. Boulot, école, loisir, Il s’est donc développé un artisanat de transformation qui permettait de recycler les deux roues classiques en scooters électriques. Des scooters transformés avec une bonne grosse batterie au plomb sur le cale pied ou des vélos avec des kits électriques sur roue ou sur pédalier et la batterie sur le porte bagage. De quoi laisser le temps à l’industrie locale de s’adapter à ces nouvelles contraintes.

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…Après. On ne montre que rarement ces images de motos et scooters à essence pourrissant par milliers à ciel ouvert.

Dans le même temps, l’état chinois s’était déjà mis à injecter des sommes colossales afin de faciliter le déploiement d’engins électriques. On parle quand même d’environ 13 milliards d’euros d’investissement de l’état Chinois pour cette transition à l’époque. Aujourd’hui, la Chine parie plus de 330 milliards d’euros dans les énergies renouvelables. Le gros de cet effort a été dans les infrastructures, bien sûr, mais également dans les transports en commun et dans la répression pour empêcher les véhicules thermiques interdits de continuer à rouler.

Mais le gouvernement a également prévu des investissements pour aider les entreprises qui fabriquaient des engins à essence a passer à l’électrique. Et cela a porté ses fruits. Pour vous donner une idée, il s’est vendu 65 millions de deux roues électriques en Asie Pacifique en 2018, plus de 60 millions en 2017 avec une grosse majorité de ventes en Chine. Ça aide un petit peu à se rendre compte… 

2019-06-21 14_06_24-minimachines.netUne trottinette jouet moderne, celles de 2016-2017 étaient bien pires

Ces aides sont donc aussi tombées pour tous les industriels qui voulaient proposer des véhicules sur batterie. La mode locale comme la production nationale s’est orientée d’un coup vers ce nouveau mode de transport. Nos fabricants d’Hoverboards qui étaient jusqu’alors considérés comme des fabricants de jouets et qui avaient un stock de batteries, de moteurs, des compétences et des ingénieurs ont bien évidemment sauté sur cette aubaine. Et ils se sont mis à fabriquer… des trottinettes jouets.

Et quelques temps après, on m’a demandé mon avis pro sur ces nouveaux engins. Ceux qui vendaient les hoverboards proposaient ces nouvelles trottinettes jouets électriques dans leur catalogue. Leurs clients européens ont donc voulu savoir ce que cela valait.

Sans surprise, les premiers modèles que j’ai reçus étaient franchement médiocres. Surtout que moi j’avais en ligne de mire des modèles Européens comme les excellentes productions de l’allemand Egret par exemple. Modèles que j’avais pu prendre en main lors de divers salons pro et qui étaient vraiment haut de gamme. J’ai donc mis encore une fois un gros gros warning sur les produits entrée de gamme que l’on me présentait et conseillé à tout le monde de passer son chemin. En gros, c’était des Hoverboards que l’on avait transformés en trottinettes jouets électriques et que l’on présentait en pseudos véhicules : Moteur limités à 10-12 Km/h, châssis et roues en plastique dur hyper casse gueule, électronique ultra basique et toujours des batteries Lithium noname avec la fonction allume barbecue intégrée. Côte de confiance au niveau zéro. Tous les voyants au rouge. Et cette fois là, mes contacts m’ont plutôt écouté.

Xiaomi M365

Et puis, très rapidement, j’ai reçu de nouvelles fiches techniques pour des modèles un peu plus qualitatifs… Jusqu’au jour où on m’a envoyé une des toutes premières versions de la trottinette Xiaomi M365 destinée au marché Chinois. La question qui m’était posée par l’exportateur était alors : Nous jugeons que ce produit est excellent, il fait un carton partout où il est implanté, est-ce que ça vaut le coup de lui payer une norme CE pour le commercialiser en Europe1. Oui ou non ?  Et, j’ai dit oui.

La M365 était un engin franchement étonnant et elle l’est toujours aujourd’hui : pratique, robuste et efficace pour un prix défiant toute concurrence : de 300 à 350 euros en importation. De 400 à 700€ de moins que les concurrentes de même niveau vendues en France à la même époque. C’était un vrai changement de cap pour ce marché.

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La Xiaomi M365 à gauche et la Ninebot ES2 à droite : Toutes deux fabriquées par Ninebot

Depuis, la production n’a pas arrêté de se transformer et Ninebot, qui fabrique ces trottinettes, a inondé le monde avec ses différents modèles. La Xiaomi M365 donc mais aussi les différentes Ninebot ES ainsi que toute une galaxie de clones variés vendus par différentes marques. Cette invasion a été largement accélérée par l’émergence rapide d’entreprises proposant ces engins en Free Floating. Entreprises qui ont poussé comme des champignons dans les grandes villes un peu partout dans le monde, ces derniers trimestres.

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Des marges plus ou moins petites. Capture du 21/06/2019…

Face à ces nouveaux tarifs de trottinettes, les marques concurrentes ont du revoir leurs propres copies. Il était devenu impossible de continuer à vendre 800€ des modèles de moins bonne facture que ces importations. Les prix ont donc fondu de tous les côtés et tout le monde a pu mettre la main sur des engins de plus en plus abordables. Autant les gens tiquaient devant un prix de base autour de 800€ pour une trottinette en 2016-2017 autant les 300 à 350€ demandés pour ces nouveaux modèles étaient, d’un coup, beaucoup plus accessibles. Les boutiques ont donc importé les engins chinois. La grande distribution s’est mise à importer les trottinettes jouets motorisées les plus sages également. Les vendeurs ont compris le problème lié aux hoverboards et ont écarté les modèles les plus entrée de gamme. Ils ont choisi des engins certes pas fameux mais adaptés à une tranche d’âge moins de 10 ans pour rouler calmement sur les trottoirs. 

Si vous ajoutez à cela la mode d’une certaine “mobilité écologique” dans les grandes villes, on se rend compte qu’un véritable alignement de planètes a joué en faveur de ce nouveau mode de transport motorisé. Le Free Floating n’a fait qu’écraser l’accélérateur d’une mode qui existait déjà et qui avait un rythme de développement classique.

Aujourd’hui, on ne s’étonne plus autant qu’avant devant une gyroroue croisée dans la rue, on rencontre de plus en plus souvent des skateboards électriques et surtout, on a changé de comportement face aux trottinettes électriques. De l’amusement des passants face à ce jouet pour grands quand on en croisait une il y a quelques trimestres encore, on est désormais face à un ras-le-bol quasi général de la population devant leur invasion sauvage.

Et ce qui est fou dans cette histoire, c’est que tous ces engins sont totalement interdits en France sur la voie publique…

Mais ça, on en parlera dans le prochain épisode.

Hors Sujet EP02 : De la trottinette jouet au véhicule urbain © MiniMachines.net. 2019

Hors Sujet EP01 : La naissance des trottinette électriques

Par Pierre Lecourt

Cela fait plusieurs années que je surveille attentivement le petit monde de ce que l’on n’appelait pas encore les Engins de Déplacement Personnel Motorisés puisque c’est comme cela qu’il va falloir les appeler désormais. Les trottinettes électriques, les Monoroues ou Gyroroues, les hoverboards et les skateboards électriques qui vont intégrer le Code de la Route à la rentrée de Septembre.

Le texte qui suit est une reprise de ce qui est dit dans la vidéo ci dessus.

Tous ces bidules électriques qui font pas mal l’actualité ces derniers temps avec l’explosion du Free Floating avec ces milliers de trottinettes lâchées dans les grandes villes. Une explosion des usages des ces EDPM qui rime avec beaucoup de faits divers, de micros trottoirs sur la gène que ces engins provoque chez les piétons, des tensions entre les utilisateurs de la voie publique et malheureusement aussi d’accidents très graves puisque l’on compte de nombreux blessés et même plusieurs morts ces derniers mois. Dans la rue, on sent que l’atmosphère s’est tendue. La grogne a envahi les usagers et personne ne semble vraiment comprendre ce qu’il se passe.

Cette activité de veille de ma part, surtout visible sur Twitter, a fini par se faire remarquer et au fur et a mesure de mes publications, j’ai reçu de plus en plus de messages. Des témoignages variés d’utilisateurs de ces trottinettes comme de piétons, des commentaires techniques ou juridiques, des demandes d’avis sur des produits ou sur des situations rencontrées. Des demandes d’informations de la part d’industriels, de revendeurs ou de grandes chaînes de distribution nationales. Des juristes m’ont interpellé, des policiers, des gendarmes et j’ai même pris le temps de répondre directement à des questions d’élus ou de représentants de conseils municipaux.Enfin, à mon grand étonnement, j’ai récemment rencontré des gens vraiment haut placés sur la chaîne alimentaire politique autour de ce sujet.

Je suis juste un de ces types qui, quand il s’intéresse à un sujet, creuse. Quand j’achète un truc ou quand je me renseigne sur un produit, je ne peux pas m’en empêcher, je creuse. Je lis les manuels par exemple. Je comprends que se coltiner le manuel d’un appareil photo-numérique, d’une cafetière ou de trottinettes, ça puisse rebuter. Mais moi, j’aime ça. Enfin c’est pas vraiment que j’aime ça, c’est plutôt que je ne peux pas m’en empêcher.

Et quand j’ai commencé à m’intéresser aux véhicules électriques, je me suis mis à lire tout ce qu’il me passait sous la main. Et comme cela ne date pas d’hier, j’ai commencé cette veille en 2000, j’ai vu apparaître au fil des ans des tas de solutions sur ce segment. J’ai commencé par les vélos électriques1, puis je me suis intéressé aux skates électriques et enfin, ces dernières années, aux trottinettes électriques. Personnellement, je suis un piéton assidu, un cycliste également, je possède plusieurs vélos ainsi qu’un Vélo à Assistance Electrique. Mais j’ai aussi des skates, beaucoup, électriques ou non, ainsi que des trottinettes électriques. Des engins que j’utilise depuis des années.

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Un Hoverboard

J’ai donc pas mal potassé le sujet à titre perso jusqu’au jour où dans le cadre de mon boulot2, on m’a demandé mon avis technique sur les Hoverboards. Je ne sais pas si vous vous souvenez de ces trucs ? Des jouets avec deux roues sur lequel on monte en équilibre. Un système de gyroscope les stabilise et en se penchant en avant ou en arrière on peut avancer ou reculer.

LRT J’ai mis un gros warning sur les hoverboards à mes contacts. Certains ont écouté, pas d’autres. J’espère qu’ils ont une bonne assurance.

— Pierre Lecourt (@PierreLecourt) July 7, 2016

C’était au début de l’année 2016. Les engins avaient vraiment bien cartonné pour les fêtes aux US, beaucoup d’enfants avaient reçu ça sous leur sapin. Du coup, les magasins français voulaient absolument les vendre. Et on m’a demandé un retour sur des catalogues de différents fabricants Chinois. Alors j’ai potassé le truc, j’ai demandé des infos supplémentaires, des schémas et des photos et au final j’ai dis STOP. J’ai vraiment dit beaucoup de mal techniquement de ces engins. Déjà à l’époque sur Twitter, j’en mettais une bonne couche pour informer au mieux tout le monde. Les modèles qu’on me présentait il y a trois ans étaient technologiquement et écologiquement catastrophiques.

A la différence des trottinettes et autres gyroroues que le grand public découvre aujourd’hui, les Hoverboards étaient des jouets. Mais des jouets qui utilisaient des composants préoccupants. Des batteries très polluantes pour commencer et, dans le meilleur des cas, des éléments électroniques qui étaient juste passables en terme de sécurité électrique. On m’a demandé mon avis sur des engins vendus 50$ en sortie d’usine en Chine. Et prévus pour être proposés de 99 à 149€ en France, en grande surface notamment.

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Des Hoverboards qui, pendant que tout le monde envisageait de les importer en masse en France pour suivre la mode, étaient purement et simplement retirés du marché US. Dès Février 2016, les géants de la distribution américains ont tous annoncés ne plus vouloir en vendre à l’époque: Amazon a procédé à un rappel massif. Les magasins type Best Buy, Target, Toy’s R US ont fait de même.

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Tout le monde bannissait donc ces bidules en Amérique du Nord pendant que, chez nous, ils entraient au catalogue de la grande distribution et étaient poussés en avant par des campagnes de publicité massives. Et quelques mois plus tard, la CPSC, la Consumer Product Safety Commission, un organisme de contrôle très sérieux qui vérifie la qualité des appareils électriques importés aux US. Cette CPSC annonçait donc tout simplement que jamais aucun des hoverboards ayant pénétré le sol US (même chez les grandes marques) ne correspondait au standard minimum requis en terme de sécurité électrique.

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Un feu de Hoverboard à Londres

Et comme ces standards US sont assez proches des standards Européens au niveau des risques encourus, notamment en cas de surchauffe des batteries, il y avait franchement de quoi avoir peur. Il y a d’ailleurs eu quelques cas de défaillances électriques graves sur ces engins premiers prix en France comme aux US. Vous vous souvenez sûrement de vidéos virales de batteries d’hoverboard qui s’enflamment brusquement, d’histoires de maisons parties en fumée et même, malheureusement, de morts et de nombreux blessés à cause de ce type d’incendie. Nos voisins Anglais ont organisé un rappel massif de ces appareils, de tous les appareils… Et en France ? Et ben, rien du tout.

Il y a eu certes quelque sujets à la télé, des conseils d’achat qui orientaient les gens vers les modèles les plus haut de gamme. Mais ce n’était que des conseils et l’état n’a pas spécialement cherché à réguler les ventes de ces engins. On pouvait trouver dans la plupart des enseignes des engins très bas de gamme mis en avant, en tête de gondole, avec des prix très très bas : 199, 149 et même 99 euros.

Quand j’ai interrogé des responsables politiques à l’époque, on m’a répondu que chaque revendeur devait suivre les règles de commercialisation de sa branche. Apposer un label CE et suivre les différentes réglementations européennes. Que des inspections pouvaient avoir lieu. En pratique, les engins interdits aux US pour cause de danger électrique étaient les mêmes que ceux vendus en France par la grande distribution avec un label CE et une homologation qui semblait convenir aux vendeurs… Seule différence entre les modèles ? Le cordon d’alimentation US devenait un cordon d’alimentation EU pour se brancher sur un chargeur identique et un Hoverboard sortant de la même usine. 

L’état a compté sur l’auto discipline des vendeurs. Les vendeurs se sont réfugiés derrière les promesses des certifications des fabricants. Et tout le monde a fait l’autruche. Avec le label CE chacun est responsable de ce qu’il vend et l’état n’a donc pas à mettre son nez dans ces affaires. En pratique, c’était un vrai foutoir et le législateur aurait dû être beaucoup plus virulent.

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Certains de nos revendeurs ont procédé à des rappels sur des modèles précis, à cause de risques bien identifiés de malfaçons, d’autres ont préféré jouer la fameuse politique de l’autruche…

Aujourd’hui encore, je suppose que des étagères, des garages et des caves, renferment ces vieux Hoverboards premier prix de la première génération avec cette électronique très préoccupante. Je suppose qu’un jour quelqu’un en découvrira un et le branchera, il aura alors peut être la mauvaise surprise de voir ce que donne un feu de batterie en direct. Si vous avez ce genre d’engin chez vous, emportez le à la déchetterie la plus proche.

Ce ne fût donc pas, pour ma part, une grosse surprise de voir ces engins se transformer en véritables bombes incendiaires. Un simple coup d’oeil sur leur fabrication, un listing du matériel qu’ils employaient, donnait déjà une bonne idée du cocktail explosif qu’ils représentaient. Dans la plupart des cas, c’était simplement évident. La partie électronique gérant la charge des batteries était importée directement des années 60, on voyait souvent des soudures grossières ou des batteries vraiment minables à peine fixées dans des châssis qui pouvaient se fendre facilement. 

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Les Hoverboards sont réapparus sur Amazon depuis lors, avec des logos rassurants…

Pourquoi je vous parle de ces engins ? Parce que le soufflé des Hoverboards est retombé aussi vite qu’il est né il y a deux ans environ. Quand tout le monde s’est rendu compte que ce n’était qu’un gadget dangereux. Quand en plus les US ont bloqué la totalité de leurs importations… Plus grand monde n’a voulu acheter ces engins. La conséquence immédiate a été simple. A l’autre bout du monde, c’était un peu la panique. Comme cette industrie avait généré pas mal de bénéfices et pas mal d’investissements, les fabricants Chinois se retrouvaient avec du matériel en stock et des locaux mais… plus de clients. Alors qu’est-ce qu’ils ont fait ? Ils ont pivoté comme on dit dans le monde des startups. Ils ont changé leur fusil d’épaule. ils se sont mis à fabriquer des Skateboards électriques et surtout des trottinettes électriques.

Mais ça, on en parlera dans le prochain épisode !

Hors Sujet EP01 : La naissance des trottinette électriques © MiniMachines.net. 2019

Mettre en lumières un DJ set live avec le vidéo mapping

Par HeavyM

  Le Collectif Calm propose des scénographies dignes d’un club, à la maison !   Comment le Collectif Calm (Comme à la Maison) . . .

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Libère la force du lion en video mapping.

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Chris Hodson, le magicien américain des célébrations   Bonjour Chris ! Peux-tu te présenter? Bonjour ! J’ai commencé mon act . . .

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