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Harcèlement et agressions sexuelles chez Ubisoft : le point sur la situation

Par : Shadows

Vous le savez sans doute déjà : suite à une série de témoignages dévoilés depuis la fin juin, des faits de harcèlement sexuel et d’agressions sexuelles ont été mis au jour dans l’industrie du jeu vidéo, et en particulier chez Ubisoft. Nous vous proposons donc un récapitulatif des éléments connus, des réactions au sein d’Ubisoft mais aussi chez les syndicats et organisations du secteur. Enfin, vous trouverez dans l’article des ressources qui vous seront utiles, que vous soyez dans l’industrie du jeu ou non, pour lutter contre les actes de ce type et trouver de l’aide que vous soyez employeur, témoin ou victime.

Réseaux, journaux : la parole se libère

En juin, une série de témoignages au sein de l’industrie du jeu vidéo apparaissent notamment sur Twitter, les premiers témoignages générant évidemment d’autres partages d’expérience. Pour les consulter, ce fil Twitter en répertorie beaucoup. Si de nombreuses situations (entreprises, organismes) sont ciblées, le nom d’Ubisoft revient très régulièrement, avec des témoignages anonymes mais aussi de personnes écrivant en leur nom propre.
Les faits décrits ne se limitent pas à un seul studio d’Ubisoft, et les cas sont répartis dans l’ensemble du groupe.

La presse a évidemment enquêté sur le sujet : on citera en particulier deux articles de Libération avec une vingtaine de témoignages évoqués dans un premier volet (1er juillet), puis un second centré sur l’une des victimes (2 juillet) [articles sur abonnement]. Le journal et les témoignages soulignent « un système toxique, dominé par des hommes intouchables, que protégerait «un mur des RH» ». Erwan Cario, co-auteur des deux enquêtes, a par ailleurs été interviewé par programme B (podcast audio du 6 juillet) sur l’affaire.
Numerama a également enquêté, et publié deux articles [en accès libre] les 6 et 7 juillet : volet 1volet 2. Là encore, les témoignages sont nombreux (plusieurs dizaines de victimes et témoins, qu’il s’agisse de personnes actuellement ou anciennement dans le studio) et concordants : climat délétère, « pôle RH souvent impuissant, parfois volontairement silencieux ».
La Presse, au Canada, a recueilli 17 témoignages centrés sur Ubisoft Montréal (3 juillet).
Mediapart a également publié un article, le 6 juillet, avec d’autres témoignages.
Côté anglophone, on pourra notamment citer les enquêtes de Gamasutra (1er juillet), de Kotaku (6 juillet).

Les éléments sont donc accablants : tous ces témoignages, vérifiés, recoupés, mettent en lumière harcèlement sexuel, tentatives d’agressions sexuelles, mais aussi le fait que les agresseurs ont été protégés à la fois passivement et activement au sein du studio, avec dans certains cas des manoeuvres d’intimidation pour que rien ne s’ébruite.
Le tout, à l’échelle de l’ensemble du groupe, puisque de multiples sites sont concernés. Il ne s’agit donc pas de faits ponctuels ou limités localement. Nous vous invitons d’ailleurs évidemment à lire les enquêtes publiées, l’étendue des faits pouvant difficilement être résumée brièvement, de par leur étendue et leur durée.

Précisons également que les témoins citent clairement certains noms tels que Tommy François ou Maxime Beland (vices-présidents du pôle éditorial ; le premier aurait été mis à pied suite aux témoignages et fait l’objet d’une enquête interne, le second a démissionné), ou Serge Hascoët (directeur créatif) qui aurait couvert Tommy François.

Ubisoft promet que « le changement débute aujourd’hui »

Face à la masse de témoignages et aux enquêtes, le studio n’est évidemment pas resté silencieux. Le PDG Yves Guillemot a publié un long communiqué (qui avait aussi été envoyé en interne) le 2 juillet, en anglais.

Les faits dénoncés ne sont pas remis en question, et sont au contraire qualifiés d’inacceptables. Le dirigeant affirme que le studio va opérer « un changement de cap structurel » pour mettre fin « aux comportements toxiques ». Il annonce une série de mesures :

  • La nomination de Lidwine Sauer au poste de « Head of Workplace Culture ». Son rôle sera de se concentrer sur la culture d’entreprise et de proposer des changements au sein du groupe. Elle réfèrera directement à Yves Guillemot et mettra sur pied sur une « équipe multidisciplinaire internationale et diverse » pour l’assister dans ses efforts ;
  • dès le lundi suivant le communiqué, la mise en place de trois « sessions d’écoute » auprès des personnes employées par Ubisoft, dont le but sera d’écouter témoignages, inquiétudes, suggestions d’améliorations. Des modérateurs externes à l’entreprise en assureront le bon déroulement ;
  • en complément, le lancement sous deux semaines d’une enquête globale, là encore auprès des personnes du studio, afin d’obtenir des retours francs. L’anonymisation des propos est prévue pour faciliter le processus, sans crainte de répercussions ;
  • un audit et une refonte des procédures et politiques internes, via une société de consulting externe ;
  • enfin, la création du poste de « Head of Diversity and Inclusion », avec un ou une responsable qui ici encore rapportera directement à Yves Guillemot.

« Nous avons beaucoup à accomplir, et je suis déterminé à concrétiser ce changement », conclut Yves Guillemot.

Libération est ensuite revenu sur ce communiqué, en y ajoutant les réactions de personnes ayant témoigné dans ses colonnes : les femmes et hommes cités sont selon le cas sceptiques, dubitatives, espèrent que le changement arrivera enfin ou regrettent que ces déclarations viennent si tard, alors que des demandes claires avaient été formulées auprès de la hiérarchie.

Une ex salariée considère par ailleurs impensable que Guillemot n’ait pas eu connaissance des faits jusqu’ici ; un autre ancien salarié, même s’il évoque l’idée que Guillemot « n’a peut-être pas mesuré l’ampleur des abus », insiste sur le fait qu’il doit y avoir prise de responsabilités au plus haut niveau étant donné qu’il y a eu, au minimum, inaction de la part de la direction et de différents cadres.
Enfin, une ex employée demande qu’Ubisoft confirme publiquement que les personnes visées par des témoignages convergents, telles que Tommy François, ont bien été écartées/mises à pied.

SNJV, SELL, AFJV : une réaction timide ou absente

Bien évidemment, les organismes fédérant le secteur du jeu vidéo en France ne pouvaient pas rester silencieux face aux témoignages, et en particulier ceux visant Ubisoft.

C’est pourtant le choix fait par l’AFJV (Agence Française pour le Jeu Vidéo, entité privée qui se donne comme objectif de favoriser emploi, et innovations au sein de l’industrie) qui dans sa dernière newsletter censée compiler les faits marquants du secteur ce dernier mois, élude totalement le sujet. Pas de mention non plus dans les brèves du site officiel.

Même constat du côté du SELL (syndicat des éditeurs, dont fait partie Ubisoft), qui ne semble pas avoir pas avoir souhaité publier de communiqué sur son site ou ses comptes sociaux à ce stade.

Le SNJV (Syndicat National du Jeu Vidéo, qui rassemble les entreprises de création et édition du jeu vidéo en France, dont Ubisoft) s’est de son côté fendu d’un communiqué relativement court, qui invite les témoins et victimes à contacter « les autorités compétentes », sans pour autant évoquer de mesures concrètes à mettre en place dans les studios et en particulier chez Ubisoft.

Women In Games réclame des « actions concrètes et mesurables », propose pistes et soutiens

Women In Games (association en faveur de plus de mixité dans l’industrie), dans sa newsletter de juin, évoque de son côté directement la situation :

Le mois de juin fût marqué par une vague de témoignages sans précédent au sein de l’industrie du jeu vidéo. Dans la lignée du #metoo, de nombreuses professionnelles ont pris la parole sur les agressions et les comportements toxiques qu’elles ont subis et qu’elles continuent de subir au quotidien au sein de l’industrie.

Toutes nos pensées vont aux victimes, qu’elles aient ou non pris la parole. Les moyens que nous mettons en place pour aider sont listés plus bas. [NDLR : voir ci-dessous et par ici pour les moyens en question]

Il convient de rappeler qu’il ne s’agit pas de cas isolés mais bien d’un problème systémique qui touche au delà de notre industrie, l’ensemble de nos sociétés patriarcales.

Nous demandons à ce que des actions concrètes et mesurables soient prises par tous les acteurs de cette industrie. Le changement est possible. Par la formation des équipes, la mise en place de systèmes d’alerte fiables, les mesures prises à l’encontre des agresseurs mais aussi la fixation d’objectifs de changement mesurables (et publics) et de responsables de ce changement. Nous listons de premières ressources plus bas. Nous nous engageons à suivre les conséquences de cette crise qui nous l’espérons sera l’opportunité pour notre industrie de faire un bon en avant.

L’association en profite pour proposer des ressources diverses avec agences de formation/audit spécialisées dans la lutte contre les discriminations et pour l’égalité. Autant d’éléments qui pourront servir à des studios cherchant à corriger des dysfonctionnement ou à prévenir les discriminations.
Vous trouverez la newsletter complète et donc les ressources proposées par ici.

Women In Games rappelle que l’association a mis en place une « cellule de soutien pour les victimes de comportements toxiques ». La page associée renvoie aussi à diverses associations pouvant aider les victimes.

L’industrie du jeu vidéo traverse une période critique.

Alors que les paroles se libèrent et que de plus en plus de victimes témoignent des agressions et autres comportements toxiques qu’elles ont subies et qu’elles subissent encore aujourd’hui, nous nous mobilisons pour les soutenir.

Si vous-même ou une personne de votre entourage êtes concerné·e·s :

>>> Il vous est possible de témoigner en toute confidentialité à 3 membres de notre association : cliquez ici
>>> Vous pouvez également témoigner sur notre serveur Discord grâce à un chan dédié, et recevoir les conseils de notre communauté : rejoignez-nous
>>> Consultez notre guide pour faire face au cyber-harcèlement : https://womeningamesfrance.org/ressources/

Enfin, Audrey Leprince (fondatrice de l’association, productrice de jeux vidéo) a été interviewée par Le Monde le 2 juillet.

Le STJV appelle à « des solutions collectives »

Le Syndicat des Travailleurs et Travailleuses du Jeu Vidéo a également pris position, en revenant sur l’ensemble des témoignages et pas uniquement sur Ubisoft.

Outre le message ci-dessus, un communiqué plus long précise la position du STJV, qui avait aussi rappelé quelques jours plus tôt sur Twitter que les employeurs sont légalement « tenus à une obligation de résultat » dans les affaires de harcèlement.

L’entité dénonce les aspects structurels de ces affaires au sein de l’ensemble de l’industrie, soulignant une certaine « culture […] du secret », la « passivité » voire « complicité » au sein de départements RH et dans la hiérarchie. De multiples facteurs qui, pour le STJV, expliquent que les réseaux sociaux soient utilisés comme plateforme de dénonciation, les victimes trouvant porte close en interne mais aussi auprès de différentes institutions du secteur. A ce propos, le STJV dénonce ouvertement « des organisations dont la priorité ne semble pas être de contraindre les employeurs à résoudre les problèmes de harcèlement dans les plus brefs délais », citant explicitement le SNJV, Capital Games, Game Connection Europe ou encore le SELL.

Le STJV avance que la solution « ne viendra pas seulement de réactions de la hiérarchie », et qu’il faut renforcer les structures indépendantes telles que les syndicats. Le STJV invite aussi les studios à réfléchir en profondeur aux réponses à apporter en interne, et à ne pas se contenter de considérer ces révélations comme une simple crise de communication.
Enfin, le STJV rappelle qu’il peut proposer aux personnes du secteur, syndiquées ou non, écoute, conseils, voire soutien juridique.

Solidaires Informatique lance un appel aux témoignages

Toujours du côté des syndicats, Solidaires Informatique a publié le 3 juillet un communiqué appelant aux témoignages de la part de victimes ou témoins, que ce soit chez Ubisoft ou dans d’autres entreprises du secteur. L’entité promet évidemment une confidentialité complète, propose son aide juridique, et indique que l’offre s’étend à toutes les personnes pouvant être concernées, syndiquées ou non, encore en poste/dans l’industrie ou non.

Après les annonces, les actes

Après la mise à jour de ces témoignages accablants pour Ubisoft, puis les annonces du groupe, reste désormais à en mesurer les résultats concrets. Outre des enquêtes internes et judiciaires sur les faits passés, Ubisoft devra, pour convaincre que le système en place évolue vraiment, communiquer sur les résultats concrets des annonces et premières mesures, en interne comme en externe.

En parallèle, cette affaire rappelle une fois de plus, d’une part, que les secteurs de la création ne sont évidemment pas épargnés par les faits de harcèlement et d’agressions (d’autant que les témoignages rendus publics ces derniers jours ne portaient pas que sur Ubisoft), et d’autre part que réseaux sociaux, médias et organismes tels qu’association et syndicats peuvent jouer un rôle face à de tels faits.

Enfin, on rappellera une fois de plus, comme l’a fait le STJV, que les employeurs sont légalement tenus d’agir face aux problèmes de harcèlement et d’agressions. Les ressources et conseils évoqués dans les différents liens cités plus haut peuvent donc également être utiles pour les entreprises, quel que soit leur secteur d’activité, qui souhaiteraient prévenir, former, agir sur ces sujets.
Pour les victimes de tels faits qui liraient ces lignes, outre les éléments déjà présents dans cet article, on pourra également rappeler que des associations dédiées existent, comme l’AVFT. Celle-ci propose écoute, soutien, aide aux victimes de violences sexuelles au travail.

L’article Harcèlement et agressions sexuelles chez Ubisoft : le point sur la situation est apparu en premier sur 3DVF.

Annecy 2020 : le SPFA devient AnimFrance et fait le bilan de la crise

Par : Shadows

A l’occasion du Festival d’Annecy, le Syndicat des Producteurs de Films d’Animation organisait sa traditionnelle conférence de presse. L’occasion de faire une annonce principale sur l’organisation elle-même, puis d’apporter une analyse sur l’état du secteur.

Un nouveau nom et une nouvelle ère

La première information à retenir de cette conférence est celle d’un nouveau nom : AnimFrance. L’ex SPFA opère ce virement pour différentes raisons : son sigle restait peu compréhensible pour l’international, était trop long. Une volonté de souligner la diversité de l’organisation (composée aussi de productrices et plus seulement de producteurs) a aussi fait partie des échanges internes. Finalement, c’est donc le nom AnimFrance qui s’impose : un choix qui permet de disposer d’un nom rapide à prononcer et écrire, et dont le sens est limpide.

Images : captures issues de la conférence de presse d’AnimFrance

Les missions d’AnimFrance, elles, restent celles construites au fil des ans en plus de 30 ans d’existence. L’équipe d’AnimFrance n’a pas manqué de les rappeler : négociations et signatures d’accords avec les diffuseurs, lobbying en faveur du secteur (avec à la clé crédits d’impôts, plans de soutien), négociation de la convention collective en 2004, soutien aux RADI/RAF qui se tiennent à Angoulême chaque année, etc.

Le changement d’identité s’accompagne évidemment d’un nouveau logo, visible en début d’article, ainsi que d’une version plus compacte qui fera office de pictogramme/signature.

Après la crise, l’heure du bilan

En un peu plus d’une heure, AnimFrance nous a proposé sa vision de la crise du COVID-19, son impact sur l’industrie mais aussi et surtout les points clés à suivre dans les mois à venir. Un constat mêlant confiance et prudence, dont nous avons retenu quelques points majeurs :

  • Confinement et production : AnimFrance explique que la plupart des studios ont pu continuer la production d’animation, à l’exception du secteur du long-métrage.
    La publicité a fortement chuté, y compris à l’international, et des productions ont été reportées. Conséquence de ces éléments : des recettes en forte baisse qui pourraient avoir un impact durable, puisque l’année n impacte directement l’année n+1, via le système de reversement d’une partie des recettes qui viennent alimenter le système d’aides (notamment au travers du CNC). Sur ce point, AnimFrance espère la mise en place d’une solution spécifique ; l’équipe semblait confiante sur l’aboutissement de cette demande, et ne tire donc pas la sonnette d’alarme à ce stade.Il conviendra évidemment de suivre ce sujet dans les mois à venir.
  • Grande inconnue : la reprise des salles de cinéma la semaine qui vient. Le public et les familles se déplaceront-ils en nombre pour voir de l’animation ? Réponse d’ici quelques semaines.

Transposition SMA : un enjeu majeur pour l’industrie

  • Point capital de cette conférence, la transposition de la directive SMA : il s’agit pour rappel du quota de production d’oeuvres en fonction du chiffre d’affaires réalisé dans tel ou tel territoire. A la manière de ce qui existe par exemple en radio avec les oeuvres française, l’objectif assumé est de soutenir la production locale et d’éviter, par exemple, que les chaînes ne diffusent que des contenus produits et fabriqués à l’étranger.
    Avec l’arrivée sur le marché des services de streaming, tout l’enjeu est donc de transposer la directive à ces nouvelles plateformes. AnimFrance y voit un enjeu de croissance, d’exportation et diversité mais aussi de souveraineté culturelle.
    Un des problèmes de la transposition vient du fait que les plateformes n’ont pas forcément l’habitude de négocier avec des syndicats. L’Etat a donc un rôle à jouer pour faire aboutir des accords.
    En pratique, explique AnimFrance, les négociations à venir devront définir précisément droits et obligations, avec plusieurs sujets délicats à préciser. Des détails en apparence, mais qui auront évidemment un impact important sur toute l’industrie.
    AnimFrance a ici souligné une volonté politique du gouvernement actuel, avec notamment une déclaration présidentielle en mai dernier qui confirme la volonté française de transposer SMA rapidement, pour une mise en oeuvre effective dès le 1er janvier prochain. Un projet de loi destiné à adapter « diverses dispositions d’adaptation au droit de l’UE en matière économique et financière », poursuit AnimFrance, sera à l’ordre du jour de la session extraordinaire du Parlement prévue en juillet. Enfin, le Parlement pourrait confier au gouvernement le soin de transposer différentes autres mesures par simples ordonnances, via un projet de loi dont l’examen se fera en septembre.

    Sans rentrer trop loin dans les détails techniques, il est clair que le secteur attend beaucoup de cette transposition. L’enjeu est en effet énorme : après 20 années de stagnation de la production TV française autour des 300 heures, la transposition SMA pourrait permettre de crever définitivement ce plafond.

    Notons cependant, comme l’a souligné AnimFrance, que si le nombre d’heures de production a stagné, les budgets ont augmenté (le coût horaire est de l’ordre de 805k€, proche de celui de la fiction), et que l’on a assisté à une relocalisation de la fabrication avec environ 2000 emplois créés en 3 ans, pour atteindre 7500 salariés. AnimFrance a aussi indiqué l’importance de l’exportation, qui génère 2€ de recettes pour chaque euro injecté par un diffuseur français.
    Autrement dit, malgré une stagnation des heures produites, le secteur a tout de même trouvé des leviers pour se développer.

AnimFrance et LFA : une alliance en faveur de la parité et de l’inclusivité

  • La question de la diversité n’a pas été oubliée. Corinne Kouper de TeamTO, qui fait à la fois partie du conseil d’administration d’AnimFrance et de la direction de l’association Les Femmes s’Animent, a souligné le partenariat entre AnimFrance et LFA.
    Concrètement, les actions ces derniers mois ont porté sur une sensibilisation au sein des studios, avec notamment un rappel de la responsabilité directe de la direction d’une entreprise en cas de harcèlement, mais aussi des conseils sur les réactions à avoir en interne, et l’indispensable communication à faire au sein des équipes.
    Autres points évoqués : la charte destinée à favoriser l’inclusion dans le secteur, et enfin la transposition du « bonus parité » dans les aides du CNC, déjà présent en fiction, au cinéma d’animation.

France 4 : la grande inconnue

  • Dernier point majeur que nous avons retenu de cette conférence : la question de l’avenir de France 4. Depuis l’annonce de la mise à mort de la chaîne, le secteur cherche à obtenir des réponses sur d’éventuelles mesures permettant de compenser la chute massive de diffusion d’animation par France TV qui en résultera.
    La situation est encore compliquée par les réformes au sein de France 3, qui opère une régionalisation de ses contenus.
    En pratique, deux scénarios ont déjà été évoqués à l’échelle de France 3, 4 et 5 : 55% d’heures d’animation en moins en cas d’une suppression pure et simple de France 4, et d’autre part un possible volume horaire minimal garanti sur France 3 et 5, mais qui ferait tout de même chuter de 35% le volume global.
    AnimFrance souligne aussi que la fragmentation de l’offre entre plusieurs chaînes pourrait générer une baisse d’audience : les enfants ne vont pas forcément zapper d’une case horaire à l’autre, laisser la même chaîne allumée étant bien plus confortable.
    Certes, la plateforme numérique Okoo a été lancée pour compenser la fin de France 4, mais AnimFrance insiste sur le fait que la télévision reste encore forte, et le restera pendant plusieurs années au moins : Okoo ne pourra donc aucunement contrebalancer la fin de France 4, du moins pas tant que la fracture numérique en France perdurera (qui dit plateforme numérique dit nécessité de disposer d’une tablette, d’un smartphone ou d’un ordinateur).
    Si AnimFrance ne réclame pas un maintien définitif de France 4 à ce stade, bien consciente des enjeux politiques, l’organisation propose tout de même a minima un maintien temporaire de la chaîne le temps que la fracture numérique se réduise.

Entre inquiétudes et espoirs, une situation à suivre de près

Voilà donc pour les grandes lignes de cette présentation.
AnimFrance a aussi évoqué d’autres points comme la demande d’une réforme de l’Académie des arts et techniques du cinéma qui distribue les fameux César, afin de laisser plus de place à l’animation (avec une décision attendue le 9 juillet), ou encore le soutien au CNC en ce qui concerne les courts et longs-métrages, mais nous avons choisi de retenir ici les points qui risquent d’avoir l’impact le plus fort sur l’industrie dans son ensemble.

Au final, AnimFrance nous dresse ici un bilan contrasté, entre l’espoir d’un appel d’air lié au streaming et à la directive SMA d’un côté, le risque d’une chute de la demande avec la fin de France 4 de l’autre. Les mois à venir décideront donc des tendances de fond de l’industrie pour plusieurs années au moins : nous suivrons la situation avec attention.

L’article Annecy 2020 : le SPFA devient AnimFrance et fait le bilan de la crise est apparu en premier sur 3DVF.

NINETNINE and Samira TV Launch Original Cooking Show with top French-Arab Influencers

Par : Jump

NINETNINE, the leading content provider to Cable and OTT platforms, has partnered with Samira TV, an Arabic channel available in Middle-East, North Africa and France, which specializes in cooking TV shows focusing on local cuisine. The two companies have produced the first French-Arab TV show, ‘Ezawj Errahal’ presented by French travel and food social media ...

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