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Portman P2 Hexaline, un design unique

Par admin

Vue générale

Forts de produits tout de suite identifiés par leur design affirmé et original, les premiers appareils de la gamme se sont imposés comme une évidence esthétique dans l’univers de nos scènes ou de nos plateaux.

Le P1, cette jolie « fleur » à 7 « pétales » de lanternes hexagonales enfermant une source halogène R7s se voit déployé dans de multiples contextes, avec un grand succès, depuis près environ deux ans.

Le « P2 Hexaline » décline le design Portman dans une barre alignant 6 de ces fameuses petites lanternes dans un produit astucieux et prometteur.
Découvrons…

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La prise en main de l’engin est surprenante. Entièrement développé et fabriqué en Pologne, le P2 bénéficie d’une fabrication remarquable, tant par la finition que par l’évidente solidité de la structure globale de l’appareil.
Mis à part le boîtier de l’électronique, la construction fait appel à l’aluminium, ce qui permet d’avoir un appareil relativement léger et robuste. Il pèse 9 kg pour ses 1,7 cm de longueur hors-tout.

Le boîtier électronique au dos du P2.

Les 6 lanternes sont alignées de façon rectiligne et fixées sur une structure tubulaire qui reçoit au dos, en son milieu, un boîtier contenant les gradateurs et l’ensemble du dispositif électronique de gestion.
L’appareil peut être posé ou suspendu. Il est et muni de deux charnières qui permettent de donner un angle à deux endroits différents dans l’alignement.

La finition de l’ensemble est d’un noir légèrement martelé, et ne laisse pas les reflets quelconques venir parasiter une mise en lumière. La finition noire est le « standard », mais elle peut en option être aussi entièrement blanche, ou sur commande dans toutes couleurs qu’il conviendra de définir.

Une lanterne.

Les lanternes hexagonales sont l’écrin de la lampe crayon R7S. Au début, la marque proposait l’équipement des lanternes avec une lampe classique 300 W qui est aujourd’hui avantageusement remplacée par une Osram de 230 W qui donne la même énergie et le même flux de lumière.

L’intérieur de la lanterne

Bien évidemment, on peut équiper l’appareil comme on le souhaite, avec cette lampe ou avec toute autre dans la limite des 300 W.
Les lampes sont annoncées pour une durée de vie de 2000 heures si allumées à fond en continu ce qui est rarement le cas.
Un réflecteur martelé récupère le flux de la lampe et s’illumine avec le rougissement du filament.


Réflecteur « Silver » ou « Gold »

L’appareil est livré d’office avec des réflecteurs « Silver » de couleur argentée (comme son nom l’indique) mais peut aussi recevoir des réflecteurs « Gold » (dorés donc, avec un doré qui est réellement un plaquage or par dépôt électrolytique) pour permettre d’obtenir une teinte plus chaude et ambrée.
Ce kit de réflecteur peut être intégré d’office dans l’appareil sur commande ou en option livré séparément pour remplacer les « Silver » à volonté, comme pour les P1 et P3.
Le côté martelé des réflecteurs donne un aspect de matière très intéressant, une texture esthétique, et permet de diffuser encore un peu plus la lumière.

Toutes les lanternes sont munies de grilles pour éviter tout incident en cas de problème de lampe. Chaque élément, comme les capots de lanternes sont sécurisés par une petite élingue. C’est du travail soigné avec le souci du détail. Tout le câblage entre les lanternes et le boîtier électronique passe dans le tube de la structure.

L’une des articulations de la structure tubulaire

Les deux charnières permettant d’anguler l’engin à deux endroits sont particulièrement solides, et leur verrouillage se fait sur 6 crans, avec une goupille sur ressort. L’angulation est franche et simple, sans surprise ni difficulté particulière.

Le dos de l’appareil reçoit un petit boîtier dans lequel se trouvent l’électronique et les gradateurs.
L’afficheur très lisible permet, via l’action de trois boutons rétroéclairés, de paramétrer l’adresse DMX et les fonctions de base du P2, comme la possibilité de le piloter via 1 canal DMX (tout l’ensemble en même temps donc), ou lampe par lampe (6 canaux).

L’intérieur du boîtier électronique / gradateurs.

Le système est simple, presque « simpliste », mais c’est une volonté du fabricant de proposer un luminaire efficace et facile à mettre en œuvre.
On est dans une approche noblement « trad » du fonctionnement de cet appareil.
Question connecteurs, le boîtier permet le raccordement au secteur via une embase True1.
Et celui du DMX avec entrée et sortie XLR3 et XLR5.

Le P2 est livré avec un certain nombre d’accessoires. Une embase « lourde » (2 kg), une extension de longueur et un accessoire d’accroche qui se met en tête de mat.
Le tout est livré avec un jeu de goupilles, les différents assemblages s’effectuant exactement comme le raccordement d’éléments de ponts avec un manchon goupillable mâle / femelle.
L’une des configurations « standard » est posée sur une base lourde avec 6 pixels alignés verticalement, mais de multiples autres montages laissent à l’imagination des éclairagistes un nombre presque infini de possibilités.

Connexion entre les P2.

Les accessoires fournis avec l’appareil : La base, 3 goupilles et 3 broches, une extension, un accessoire d’accroche. Lampé en standard, le P2 Hexaline est aussi livré avec une lampe de spare, un cordon True1 et une élingue de sécurité.

L’extension permet par exemple de surélever (pour l’appareil posé au sol sur son embase) ou d’abaisser (pour l’appareil suspendu) la hauteur d’un demi-écartement inter-source pour décaler parfaitement au besoin, l’alignement d’un certain nombre d’appareils, afin par exemple de créer des lignes diagonales entre les différents P2. Cet accessoire va donc permettre d’agencer les P2 entre eux de différentes façons en termes de hauteur. Et c’est bien sûr valable dans l’autre sens, avec l’appareil suspendu.
Le petit accessoire d’accroche est lui aussi très intéressant. Il permet soit d’accrocher le P2 sur un pont, une perche ou je ne sais quel autre élément de structure scénique, soit d’y adjoindre un petit projecteur, un accessoire, etc.
On peut tout à fait imaginer par exemple, d’utiliser le P2 comme une sous-perche (en plus de ses capacités d’effet en soi !) et d’y adjoindre une petite lyre suspendue dessous, ou même posée dessus si on l’utilise un peu comme un totem. Une multitude de configurations est envisageable.

Le P2 plié pour le transport.

Ces accessoires sont livrés avec l’appareil (un de chaque avec chaque P2), mais peuvent aussi être achetés séparément si on veut en avoir davantage pour créer des configurations en nécessitant plus.

Deux supports de fixation sont également soudés à l’arrière, sur le tube, situés aux alentours de l’avant-dernière lanterne, au centre desquels un trou laisse envisager l’installation possible de clamp, pour une accroche d’un autre style, indépendant des extrémités du tube lui-même.

Une lumière remarquable et un design unique

Les lanternes hexagonales du P1 ont établi les standards du design Portman (déposé). C’est l’identité visuelle de ces appareils qui les rend immédiatement reconnaissables. Le P2 suit cette voie, avec une disposition différente.

Ce qui fait le succès des produits Portman c’est précisément l’élégance du design associé à la lumière chaude et ambrée purement « trad » qu’ils vont générer. La simplicité d’utilisation est également partie intégrante de l’esprit du produit. 6 lanternes, 6 canaux, avec une gradation impeccable.

La réactivité de la source est assez lente, ce qui peut être perçu comme un inconvénient, mais c’est en réalité un avantage qui fait partie intégrante des caractéristiques de l’engin.
Cette lenteur de réaction vient essentiellement du fait que la lampe R7S a un filament très long, ce qui donne toute la majesté des allumages / extinction, le côté extrêmement « smooth » des temps de transferts et la fluidité des chaser que l’on peut envisager.

Une vidéo de présentation

Ces appareils peuvent tout aussi bien servir de décor discret, en utilisant les lampes avec une gradation très basse qui va juste faire rougir les filaments, ou pour créer des multitudes d’animations plus pêchues, voir aller jusqu’à l’effet « blinder ». Car une armée de P2 envoyés à full, peut créer un effet très violent.
Un produit très sympathique et de grande qualité, dont les effets et les champs d’applications vont être nombreux et démultipliés en fonction du nombre d’unités déployées. Un succès promis !

On aime :

  • La chaleur des lampes
  • La qualité de la gradation
  • La qualité de la fabrication

On regrette :

  • rien

Tableau général

Plus d’infos sur le site Axente et sur le site Portman

Et voici quelques exemples d’utilisation :

Tina the Musical ©Manuel Harlan

Royal Blood ©Zuzanna Sosnowska

Mumfords and Sons ©Steve Price

Mumfords and Sons ©Jelle Prins

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Ayrton Khamsin-S et Bora-S, des vents de folie

Par admin

Par le biais d’Ayrton et leur distributeur Axente, les nouveaux Spot/découpe Khamsin-S et Wash/Beam Bora-S nous ont été dévoilés dès novembre, prêts à être mesurés et démontés en avril pour nos traditionnels bancs d’essais SLU. Seul souci, comment tester en conditions réelles des machines aussi puissantes ?

Wash/Beam Bora-S et Khamsin-S

La solution est venue grâce à Titian Parrot, directeur technique de La Sirène, qui nous a ouvert en grand ses portes à une seule condition : recevoir Stéphane Migné et les deux projecteurs dans sa salle, dont le succès tient aussi à sa large panoplie de projecteurs Ayrton déjà installés, Ghibli, NandoBeam et MagicBlade.

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Très bien ! Accompagné de Jeff Vivier, un des piliers commerciaux d’Axente, j’ai remonté avec mon ancien mentor notre vieux duo d’éclairagiste et opérateur pour l’occasion. Resté en région parisienne, Stéphane Mocret a aiguisé ses appareils de mesures pour toute la partie technique des Khamsin et Bora dans le showroom d’Ayrton, en complétant admirablement nos observations et expériences du terrain.

Stéphane Mocret : “Chaque nouvelle gamme Ayrton est une remise en cause et un pas en avant. Avec le Bora et le Khamsin, ce serait même plutôt un bond. Pour la Bora, qui est un Wash très atypique et novateur, la principale avancée est optique. En revanche pour le Khamsin, qui est un Spot à couteau plutôt classique, c’est sa conception mécanique qui est une première.”

Une coque de protection pour flight case livrée en standard avec chaque projecteur.

Les cartons des deux premiers exemplaires de la catégorie reine d’Ayrton sont acheminés dans la salle de concert. Stéphane Chapron, décidément un prénom à la mode parmi les éclairagistes, nous installe dans sa régie lumière. Avec entrain il ouvre avec nous les cartons et sort les deux cubes de caoutchouc protégeant la Bora et la Khamsin.
Parmi les premiers constructeurs à livrer d’origine des coques de protection à installer directement dans les flight-case, Ayrton a poussé le détail jusqu’à sigler ceux-ci du nom de leur projecteur. Une précision utile, tant la Bora et le Khamsin sont strictement identiques à l’œil nu, si ce n’est un léger logo sur la base, fondu dans le noir carbone du projecteur.

Les projecteurs Ayrton se déclinent maintenant en deux versions. Une dite TC, pour True Color, avec une qualité de leds assurant une colorimétrie fidèle, l’autre, plus puissante et plus tranchée est la version S comme Stage. Ou comme Sport, et c’est cette dernière que nous choisissons pour nos tests, de loin le modèle le plus recommandé pour les concerts. Nous finissons donc de déballer la Bora-S, hybride Wash-Beam, et le Khamsin-S, un Spot Profile, les machines parmi les plus… emballantes du moment.

Les deux stefs : Stéphane Migné à gauche et Stéphane Chapron

Avec simplement ces deux machines, nous nous fixons un duel de challenges de plus :
premièrement assurer une démonstration complète sur une scène de douze mètres, un minimalisme à l’exact opposé du cocktail ébouriffant des shows d’Ayrton.
Et ensuite, proposer un article commun à nos lecteurs, tant ces deux projecteurs se révèlent complémentaires.

Nous commençons par installer le Khamsin-S sur la perche de face, décalé vers cour. Pendant ce temps le régisseur de La Sirène accompagné de deux stagiaires installe un petit décor à notre demande. Un support blanc, une toile, une batterie et quelques amplis. De quoi tester la précision des couteaux et les projections du Khamsin.

Positionnements des crochets.

Les larges poignées du spot s’intègrent parfaitement au design aérodynamique voulu par Yvan Péard, le designer d’Ayrton, sans qu’aucune cassure ne vienne troubler les larges courbes sans raccords du luminaire, à part les lames sur les flancs, et l’arrière pour la ventilation.
Avec presque 40 kg à bout de bras, l’impression de légèreté visuelle s’estompe un peu, le léger manque de profondeur des poignées surprend aussi les premières fois. Une fois allumée, la densité de la machine n’est plus qu’un détail. Huit inserts quart-de-tour sont répartis sous la base de l’appareil, entre les quatre gros patins en caoutchouc renforcé pour poser l’appareil au sol. Nous disposons les crochets Oméga parallèles au menu, suivant le plus large des deux entraxes proposés. Une orientation perpendiculaire est possible, mais pas en diagonale.

Vers l’arrière sont regroupées les embases de connectique. La base jaune de l’alimentation PowerCON True1, les deux XLR DMX mâle et femelle, les deux EtherCon RJ45. Le bouton du porte-fusible tient sa place au milieu, tandis que l’antenne de réception du récepteur CRMX TiMo fourni par LumenRadio reste invisible, intégrée parfaitement sous les couches de polycarbonate formant la carapace du Khamsin.

Khamsin : en DMX, sACN, ArtNet, avec ou sans fil, chez Ayrton le choix du contrôle n’est pas une option. Le rappel du câblage des connecteurs DMX ainsi que la consommation électrique maximum sont inscrits directement sur le panneau de connectique. Plus besoin de courir après la doc ou de chercher sur son téléphone.

L’appairage avec un transmetteur LumenRadio s’effectue en choisissant comme signal de commande le WDMX, puis en effectuant un reset de la partie Wireless pour libérer le récepteur et le lier à un nouvel émetteur.

Accroche du Khamsin-S sur le pont de face côté cour.

Nous utiliserons un DMX cinq broches par perche, ainsi qu’une alimentation dix ampères.
Avec une consommation à son apogée de 1 150 W, nous préférons jouer la sécurité.
Si le module d’alimentation électronique avec son système de régulation de tension active est capable de lisser le courant et de fonctionner entre 100 et 240 V, à 50 ou 60 Hz, la puissance demandée par ces monstres de leds se rapproche au fil du temps des énergivores lyres à décharge.

Stéphane Mocret, de retour au labo, m’expliquera les standards de l’alimentation installée dans la base des projecteurs :

Bora-S : sous l’habillage ignifugé de ces pièces moulées en ABS PC, classe V0, on trouve la partie PFC.

Bora-S : De l’autre côté du socle, c’est la partie DC-DC qui ne dépasse pas les 48 V. Les deux ventilateurs de chaque côté permettent de créer une circulation d’air qui refroidit les deux alimentations.


Le menu est resté identique à celui du Ghibli, avec cet écran LCD à retournement automatique surplombé de cette fameuse molette de navigation, graphiquement magnifique mais mal-aimée des techniciens.

L’écran et sa molette de sélection.

Je dois avouer pour ma part être toujours dubitatif au moment de valider mes options : un ou deux clicks ?
Et pour valider l’ensemble de mes réglages, combien de longs appuis pour quitter dois-je effectuer ?
La batterie intégrée au menu me permet de réfléchir en attendant d’alimenter le projecteur. La communication RDM, auparavant assez restreinte chez Ayrton, semble avoir évolué dans le bon sens. J’aurais l’occasion de le tester à la mise en route.

Jeff Vivier et Stéphane Chapron profitent de la rampe posée sur scène pour acheminer la Bora vers une perche américaine prête à être chargée en contre. Ils la disposent à l’opposé du Khamsin. Une opposition de façade, les deux asservis étant strictement identiques sur tous les points précédents, hormis le logo bien sûr et un poids légèrement inférieur pour la Bora. L’occasion me sera donnée de deviser par la suite avec Stéphane Mocret sur les secrets d’assemblage des projecteurs Ayrton.

Stéphane Mocret : “Bora et Khamsin utilisent la même lyre. Ici, Ayrton a repris une recette qui fait ses preuves sur tous les projecteurs avec d’un côté la carte de gestion des deux axes, le moteur pas à pas triphasé du Pan et une montée de câbles vers la tête. Dans l’autre bras se trouvent la partie mécanique du tilt et la seconde montée de câbles. La motorisation de cet axe est dans la partie horizontale de la lyre.

L’Intérieur du Bora est tout ce qu’il y a de plus classique. On note en haut de l’image la lentille sphérique de 178 mm spécialement développée pour Ayrton. C’est un ensemble de 13 lentilles qui lui donne ses qualités optiques et son originalité.

Vue interne du Khamsin. Contrairement au Bora, le châssis et le carter de la tête sont un seul et même élément. Cette solution technique, bien que plus onéreuse, apporte, en plus du gain de place, beaucoup d’avantages. La structure est notamment plus solide et également plus rigide. On a donc une plus grande fiabilité et longévité du projecteur.


Il suffit de retirer les deux vis ¼ de tour qui maintiennent les capots du Khamsin pour s’en rendre compte. Ayrton a optimisé pour tout faire rentrer ! Même la sécurité pour les capots a été revue pour minimiser la place. Et en plus elle s’avère très pratique pour les démontages au sol et en hauteur.

C’est peut-être un détail pour toi, mais pour Yvan Péard, directeur du développement d’Ayrton, ça veut dire beaucoup. Dans le Khamsin pas de place à l’improvisation, tout est millimétré pour gagner en compacité. Bien que de conception complètement différente, Ayrton a su garder une homogénéité entre les deux projecteurs sans pour autant retirer de paramètres dans le Khamsin.”

Nous choisissons avec Stéphane Migné de les piloter en mode Standard, 42 canaux pour le Spot Khamsin et 32 pour le Wash Bora, une enveloppe DMX déjà impressionnante. Les configurer en Basic n’aurait guère de sens, ce mode ayant fait l’impasse sur les réglages fins de pan et tilt tout en gardant des fonctions secondaires comme les effets de matrice led. Les passer en Extended double pratiquement tous les paramètres en 16 bits.

Stéphane Migné en régie

Avec soixante-quatre canaux pour un Spot, cela oblige pratiquement à les contrôler en Art-Net ou sACN si on ne veut pas multiplier les univers DMX sitôt huit machines branchées.

Le mini-switch incorporé se révélera fort utile dans ces cas-là pour relier les lyres entre elles en RJ45, avec une préférence toutefois pour le protocole sACN qui n’oblige pas, contrairement au protocole Art-Net intégré par Ayrton, à se limiter aux cent premiers univers, une limitation propre au switch Ayrton.

Console GrandMA2 allumée, les librairies disponibles sur le site Ayrton chargées, nous allumons les deux projecteurs de concert. Premières impressions, le flux et le zoom sont impressionnants. Habitués aux dimensions standards de la scène de la Sirène, avec des sources accrochées à environ huit mètres de leur cible, les régisseurs se frottent les yeux et sourient.
Titian résume cette première introduction d’une phrase parfaite : « Si j’ai bien compris, avec seulement ces deux machines je peux couvrir tout mon plateau ? Ça change tout ! ».

Faisceau blanc : Peut-on corriger la différence de température de couleur des deux faisceaux ? Il est blanc en vrai à 6500K, sûrement un souci avec notre Khamsin de démo. Stéphane Mocret n’a pas eu ce phénomène lors des tests.

La partie optique du Khamsin est sans compromis, avec un zoom et un focus complétés par deux frosts et deux prismes.

A notre droite, le Spot Khamsin offre dans sa version S un faisceau tranché, froid à dominante acier. Son zoom dégaine un 9° à 58,5° en un temps record, une amplitude bien pensée avec une focalisation beaucoup plus maîtrisée que sur le Ghibli, hormis dans les extrêmes limites d’ouverture et fermeture où la netteté de certains gobos ne sera pas complète.

Sur la gauche, Bora projette un faisceau beaucoup plus dense, d’un beau blanc naturel et légèrement cotonneux, là où pour le Khamsin Ayrton a choisi une approche plus fine, quasi au scalpel. La différence de sortie optique se remarque immédiatement, le diamètre de 178 mm de la lentille du Bora est idéal pour ce Wash et rend presque les 158 mm du spot modestes.

Le zoom et le focus du Bora sont différents. On peut voir les deux drapeaux du frost progressif et les courroies de haute précision spécialement conçues pour les systèmes optiques.

Détail curieux aux yeux du profane, la lentille concave du Bora n’est ni une Fresnel, ni un Peebles, mais parfaitement lisse, quoique plus épaisse.
Les contours naturellement vaporeux du faisceau sont produits grâce à un filtre interne, moins opaque que l’habituel verre lentiforme des Wash. L’amplitude de zoom du Bora est encore plus impressionnante. Nous mesurons une plage de 7,8° à 63° sans reproches.

Jeff d’Axente nous renseigne sur la source commune choisie par Ayrton. Il s’agit d’un module led blanc de 750 W froid, avec une puissance théorique de 60 000 lumens et calibré aux environs de 6500K. Les deux projecteurs, s’ils utilisent un système optique identique à 13 lentilles, possèdent des différences marquées de par leur destination, et donc des résultats différents en termes de mesure de lumière.

Bien entendu, la matrice de leds et le système de refroidissement sont identiques sur les deux modèles. Les 750 W de leds blanches sont sur un caloduc constitué d’un radiateur en aluminium traversé par des tubes en alliage de cuivre. Le tout est refroidi par un chemin d’air constitué de six ventilateurs, trois en aspiration et trois en extraction.

Le collimateur du moteur de leds.

Stéphane Mocret : “Tout le secret est dans la partie optique. Cela commence par le collimateur, cette pièce d’orfèvrerie qui permet d’homogénéiser la matrice et créer un seul faisceau, puis se poursuit avec le module de zoom et la lentille finale.

Sur ces projecteurs les courroies d’entraînement des éléments optiques (zoom et focus) ont été soigneusement sélectionnées et proviennent de l’industrie optique photographique pour obtenir une précision optimale. La qualité des lentilles était déjà très bonne chez Ayrton, mais pour ces deux appareils, ce sont des éléments de très haute qualité qui ont été choisis.

En regardant par la lentille de sortie on peut voir tous les détails de la matrice de leds !

Ces lentilles ultra-claires antireflets laissent passer un maximum de lumière tout en assurant une couverture parfaitement homogène.”

Les mesures de Stéphane Mocret réalisés après derating démontrent un flux moyen pour le Khamsin de 34 000 lumens à 6500K, et pour la Bora de 35 000 lumens à 6100K.
Ces valeurs marquent une bascule. Il devient acquis que les lampes HMI, HTI et autres sont maintenant rattrapées par les modules leds, et que la progression de cette nouvelle technologie atteindra bientôt son apogée avec des moteurs de leds dépassant les 1 000 watts.

Mesures photomériques du Khamsin-S

Nous démarrons par le derating du Khamsin allumé à pleine puissance dont le flux se stabilise en moins de 5 minutes avec une atténuation de 5 % en mode de ventilation Auto.


Faisceau serré au plus petit net

Faisceau 20°

Faisceau large au plus grand net


Mesures photomériques du Bora-S

La encore nous traçons la courbe de derating qui montre une atténuation de 8 % après 5 minutes de chauffe en mode de ventilation Auto.


Faisceau serré à I/10

Faisceau 20° à I/10

Faisceau large à I/10


Sur le plateau de la Sirène, l’intensité est telle qu’un projecteur en contre puis un à la face suffisent pour assurer un plein feu confortable, sur toute la scène comme le Bora ou en zoomant sur le panneau comme le Khamsin.
Et Surtout la couverture d’éclairage particulièrement homogène, normal pour le Wash mais beaucoup plus rare avec un Spot. Malgré un gabarit comparable au fameux Ghibli, à deux kilos près, le Khamsin-S propulse 60 % de lumière en plus.

Le faisceau du Bora-S.

Stéphane Mocret : “A l’exception des mesures en faisceau serré forcément marqué par un point chaud au centre avec plus de 80 000 lux à 5 mètres pour le Bora et plus de 60 000 lux pour le Khamsin, la couverture lumineuse est particulièrement homogène dès qu’on ouvre le zoom. En filmant le résultat avec une caméra de tournage, on obtiendrait à peine un demi-diaf de différence sur toute la largeur du faisceau.”

Dans l’ombre de Stéphane Migné.

Une autre source led est possible, avec un haut rendu des couleurs sur les versions TC. L’IRC des modèles TC est nativement supérieur à 90 (là où la gamme S dépasse à peine les 70), au prix d’une baisse de 25 % de flux lumineux et d’une température de couleur plus basse, plus chaude de 5700K (±350K).

Évidemment, les contraintes de rendu de couleurs n’ont de sens que dans des configurations de tournage ou sur les plateaux d’un théâtre aux décors et costumes ultra-soignés. Dans la majorité des cas la colorimétrie exclusive des Bora-S et Khamsin-S suffira amplement, tout en privilégiant un réel confort de luminosité.
Seul réglage à observer, la gestion de ventilation dans les paramètres d’options. Les modes Silent et Studio seront appréciés pour leur discrétion totale ou acceptable en théâtre, le mode Stage plus bruyant étant le seul à proposer un surplus de luminosité, de l’ordre de 2 000 lumens. Nos mesures sont effectuées en mode Auto.

Stéphane Mocret : Les mesures sont claires, le mode Stage ventile fort. Il permet de descendre de 45° à 36,5° la température sur le projecteur, et réduit le derating à moins de 1%, mais il engendre aussi une hausse de bruit de ventilation qui passe à 48 dB contre 38 dB pour le mode auto qui assure le meilleur compromis.
C’est une donnée extrêmement importante pour les sources à leds, la jonction des diodes électroluminescentes supporte on le sait très mal les températures élevées. Les projecteurs sont d’ailleurs bardés de capteurs et d’une protection thermique en cas de danger, qui se met en route à partir de 45°C de température ambiante.

Stéphane joue avec le dimmer pour sentir sa finesse à bas niveau. Les courbes d’intensité Ayrton sont remarquables, sentiment vérifié par nos mesures en labo.

La courbe du dimmer du Bora est une droite parfaite de 0 à 100%…

… et aussi de 0 à 10%


Même remarque pour le dimmer du Khamsin de 0 à 100 %…

et de 0 à 10 %


Une fois n’est pas coutume nous commençons notre inspection par les gobos, intrigués surtout par la roue disponible sur le Bora-S, pourtant référencé en Wash.

Projection de gobo : Bora à jardin et Khamsin à cour

La Khamsin-S propose deux roues de six gobos tournants. La première vraiment graphique, donne de beaux rendus 3D dans la fumée, avec des symboles très fins et de beaux vortex à faire tourner. Sur la seconde roue destinée à faire de l’habillage, se trouvent des formes d’ambiance et une barre pointillée que j’aurais bien remplacée par une texture glace.

Gobo Khamsin.

Gobo Khamsin.

Les deux roues sont pratiquement collées, ce qui permet de les superposer et créer ainsi des morphings, et donnant tout son sens au gobo à hélices jaunes terminant la première roue de gobo.

La collection de gobos du Khamsin

La réserve de puissance du Khamsin a permis à Ayrton de proposer des dessins particulièrement détaillés, presque trop affinés pour les concerts électriques, mais vraiment intéressants à travailler en théâtre.

Gobo Khamsin.

Un peu plus tard en démontant le spot, nous découvrons un filtre spécifique s’insérant automatiquement à l’insertion des gobos pour enlever l’irisation naturelle sur les lentilles. Le flux, lui, reste inchangé.

Proposer une roue de gobos sur un Wash-Beam n’est pas une nouveauté, mais la réalisation du Bora est tout simplement parfaite.
Des formes simples telles que barre(s), triangles, multifaisceau type clavier de téléphone et demi-lune se révèlent incroyablement efficaces, aussi bien en fixe qu’en rotation. Le large faisceau velouté du Bora-S donne une présence immense à ces gobos.

Gobo volumétrique bleu du Wash-Beam Bora-S et projection sur écran du Khamsin.

Autre point commun, la présence d’un module de couteaux à fermeture complète et rotation de l’ensemble à plus ou moins 45°. Les lames du Khamsin se règlent degré par degré. Le dispositif est miniaturisé à l’extrême, permettant presque d’obtenir le net sur les 4 côtés. Les couteaux sont fiables et précis, avec assez peu de déformations à grande ouverture et la possibilité de créer une ligne de lumière quasi parfaite.

En l’absence de comédiens, nous jouons à surligner l’ampli du bassiste avec le Khamsin, tout en créant un faux reflet au sol avec le Bora.

Stéphane Migné, très sensible aux effets lumineux en rythme avec la musique, s’amuse de pouvoir battre la mesure avec des ouvertures et fermetures clapées à grande vitesse.
Le système inclus dans le Bora-S se rapproche d’un jeu de volets internes, semblable aux corrections manuelles d’un projecteur Fresnel, mais suffisamment détaillé pour se prêter aux diagonales en danse ou théâtre.

Stéphane Mocret : “Comme dans de nombreux cas maintenant, la tête est séparée en deux espaces, un proche de la source lumineuse pour les modules de paramètres et l’autre plus vers l’avant pour l’optique zoom et focus, les frosts et prismes.
Le premier module est le dernier élément commun aux deux sources, c’est le module couteaux où se trouve également l’iris. Les modules sont maintenus par 4 vis et connectés au projecteur par un connecteur sub-D. L’équipe de développement d’Ayrton a choisi, de visser les connecteurs pour éviter les faux contacts. La fiabilité et la sécurité sont toujours la priorité pour la marque française.”

Le module couteaux du Khamsin. Sacrée machinerie où chaque lame est contrôlée par deux moteurs.

Sur l’autre face on aperçoit l’iris et la crémaillère pour la rotation sur ± 45° du module.


Pour adoucir les bords des couteaux ou des gobos, le Bora possède un système de frost linéaire centré qui vaporise encore plus son faisceau. Ce frost est réellement variable, avec une insertion très douce et progressive.
Pour sa part, le Khamsin se pare de deux filtres plus ou moins dépolis, à l’insertion tout aussi douce et efficace. Que ce soit pour casser la netteté des projections ou pour simuler un passage en wash, les deux filtres sont à l’aise dans toutes les situations mais ne peuvent s’additionner.

Le Khamsin

Le Bora

Le CTO progressif est très foncé au maximum, descendant presqu’à l’orange, mais peut se régler finement, d’une température de source froide à la valeur basse d’un halogène.

Nous passons à l’une des plus belles réussites d’Ayrton, la colorimétrie.

Le Bora-S et le Khamsin-S utilisent une trichromie cyan-magenta-jaune identique, associée à un correcteur CTO progressif et une ou deux roues de couleurs.
Le mélange trichromique permet d’obtenir des teintes profondes ou pastel.

Les dégradés sont fins, les nuances précises et, en dehors du rouge, le bleu et le magenta se révèlent bien saturés, tout comme le vert, éclatant.
Le résultat est encore plus léché sur Bora, grâce à sa plus grande diffusion et son absence d’irisation.

UV / cyan

Corail / violet)


Le Khamsin-S propose aussi en supplément deux correcteurs situés sur un canal séparé, avec un CTB bien froid et un filtre CRI très rosé, appelé aussi « tint », un peu forcé.

Le Bora-S possède à la place une roue complète de teintes spéciales, avec un full et demi-minus green, full et demi CTB, ainsi que deux filtres CRI rosés. Ces filtres CRI sont prévus pour augmenter artificiellement l’indice de rendu des couleurs en diminuant certaines composantes froides de la source led, au détriment d’une baisse de luminosité de quelques pourcents.
La roue de couleurs complémentaires est identique pour ces deux machines. On y retrouve bizarrement un autre correcteur CRI, ainsi que des versions ultra-saturées de congo, rouge, vert, orange et cyan.

En travaillant sur la focalisation il est possible de faire le net sur le disque de roue de couleurs, y compris avec le Bora pour des transitions façon changeur de couleur Diafora.

Le second module du Bora est différent de celui du Khamsin. Même si les paramètres CMY et CTO sont identiques sur les deux projecteurs, le Bora est bien entendu un peu plus simple. Il se complète de deux roues de couleurs et de la roue de gobos.

Sur le Khamsin on dispose de 2 roues de gobos rotatifs, une roue d’effet et une roue de couleurs pour le côté pile.

Sur l’autre face on trouve les 8 drapeaux du système de trichromie avec le CTO également présent sur le Bora.

Rapidement, les fonctions habituelles sont passées en revue. Grâce aux moteurs haute résolution pas à pas, les mouvements des Khamsin et Bora en pan et tilt sont étonnamment rapides pour cette taille de projecteur, tout en restant parfaitement fluides.

Suite à nos essais et aux mesures en labo, sur la plupart des effets, Khamsin et Bora se comportent de façon identique. Logique, ils possèdent les mêmes technologies. Le shutter permet de strober en continu, aléatoire ou pulsation, de 1 à 25 flashes par seconde.

un bâton lumière.

L’iris est composé de quinze lames, et permet une fermeture à 15 % du faisceau. L’impact reste fort, avec un beau bâton de lumière à l’arrivée pour presque simuler une projection Beam. Un effet de pulse est aussi possible sur l’iris, avec une belle dynamique réglable en vitesse.

Les modules leds des deux projecteurs permettent une petite fantaisie assez rare, source de nombreuses interrogations pendant le show Ayrton au Prolight + Sound.
Le scintillement spécifique présenté en Allemagne consiste à moduler les différentes parties de la matrice led grâce aux canaux dédiés de Chaser et vitesse en début de charte DMX. En fermant fortement le zoom et en jouant sur la focale, ce miroitement particulier s’intensifie, ce que nous avons testé longuement durant notre séjour à La Rochelle.

Si la Bora s’arrête là pour les effets optiques qui comprennent donc une trichromie avec deux roues de couleurs et un CTO, un zoom fois huit, un iris, un shutter, une roue de gobos, un frost progressif et un module de quatre volets internes ; le Khamsin poursuit sur sa lancée avec deux prismes et une roue d’animation.
Ce disque d’effets fonctionne sur la rotation sans fin d’un plateau métallique gravé de larges strates, simple et facile à utiliser pour des effets d’eau ou de feu. Sa fenêtre de focalisation est très courte et ne permet pas de faire le net sur les formes du disque.

Les prismes proposés sont un 5 facettes circulaire et un 4 facettes linéaire, sur deux mécanismes séparés pour pouvoir les mixer. Les diffractions obtenues sont assez serrées pour ne pas sortir du cône de projection. Elles se révèlent très utiles pour renforcer les gobos et créer des ambiances plus fouillées, dans lesquelles les couleurs dévieront naturellement pour plus de détail.

Prisme du Khamsin.

Alors que les effets s’empilent dans le Khamsin, Ayrton a eu la sagesse de ne pas proposer de canaux de macros d’effets préprogrammés, ce qui aurait encore alourdi la charte DMX. A l’opposé, en dépit d’un manuel un peu condensé, la dernière voie de contrôle de chaque projecteur est astucieusement dédiée aux options de réglages.
Sans passer par le RDM, cela permet d’accéder aux modes de ventilation, à l’extinction et allumage de l’écran du menu, à des resets par types de paramètres ou encore aux fréquences d’échantillonnage pour éviter les scintillements à la caméra.

Dans la salle de la Sirène nous passerons une demi-journée complète à triturer les dernières lyres Ayrton dans tous les sens, sous les regards stupéfaits de Titian et du personnel présent. Sans mal nous programmons une suite de mémoires en discutant du potentiel de chaque machine. Là où nous croyions avoir un spot pour le concert et un wash pour le théâtre, nous nous retrouvons avec deux asservis à la fois complémentaires, très proches et deux vrais caractères.

Nous vous proposons nos courtes démonstrations réalisées avec Stéphane Migné et les équipes de la Sirène.

Le Khamsin-S est un projecteur Spot et Profile complet, que Ayrton a doté de nombreuses fonctionnalités sans tomber dans le piège du foisonnement à outrance. Chaque effet ou gobo a été pensé pour être le plus simple et le plus efficace possible.

La finesse et la précision des différents mécanismes et lentilles optiques est quasi parfaite, avec une zone d’éclairage très homogène, une grande valeur de zoom, une fine focalisation et une rapidité d’exécution rare sur cette taille de lyre.
La puissance et la colorimétrie sont les points forts du Khamsin, qui peut se permettre d’être particulièrement à l’aise en Opéra ou Comédie Musicale, avec sa ventilation en mode silence ou studio. Le surcroît de puissance en mode scène, associé à sa célérité lui ouvriront aussi les portes du concert, même si la ligne claire de ses gobos peut surprendre.

Il s’associera à merveille avec le Bora-S, son complément Wash-Beam. Celle-ci est une lyre stupéfiante avec un ensemble de couteaux, gobos et effets particulièrement bien choisis. Son faisceau est d’une densité unique, propre à envahir les défilés de mode, concerts rock, conventions et théâtres.

Khamsin-S. On aime :

  • La puissance
  • L’étale de lumière
  • Les couleurs
  • La précision des couteaux
  • La complémentarité avec le Bora

Khamsin-S. On regrette :

  • La molette d’acces au menu
  • La finesse de certains gobos
  • Les poignées un peu fines

Bora-S. On aime :

  • La puissance
  • L’étale de lumière
  • Les couleurs
  • Les gobos
  • La précision des couteaux
  • La complémentarité avec le Khamsin

Bora-S. On regrette :

  • La molette d’acces au menu
  • Les poignées un peu fines

Tableaux généraux

Khamsin-S

Bora-S

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High End Solaframe 3000, un Spot LED à couteaux solaire

Par admin

« Equilibre » est le maître mot pour décrire la machine que nous propose l’americain High-End Systems, représenté en France par sa maison mère, ETC.

Grosse lyre spot à couteaux équipée d’une source de 1000 W de leds, le Sola frame 3000 est le fer de lance de la gamme 3000, qui vient tout juste de voir arriver depuis un mois sa déclinaison spot.

Il annonce des caractéristiques dans la lignée des hauts standards High-End que nous avons toujours connus et a déjà été adopté à l’Opéra Bastille, Opéra de Lyon, le Théâtre du Chatelet et dans le parc de loc du prestataire Texen. Voyons de plus près…

L’appareil

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L’engin en lui-même est assez imposant. Avec ses 48 kg et ses 80 cm de hauteur totale, on a affaire à une grosse machine très riche en fonctions. La construction ne s’éloigne pas des standards du genre, avec une armature alu et acier, et un corps constitué de coques en plastique noir moulées.

Les poignées sur les bras.

Une fine base très compacte reçoit une lyre large et carrée qui encadre la tête profilée dont la large lentille de sortie promet le dégagement d’un flux de lumière considérable.
De grosses poignées rétractables sont positionnées sur chaque bras de la lyre, et deux autres, fixes, moulées avec l’embase, permettent une manipulation facile de la machine.
Un blocage du Pan et du Tilt facilite le positionnement fixe de la tête pour son transport ou opérations de maintenance.

L’intérieur de la tête

Allez, on bloque la tête, on regarde ce qu’il y a dedans.

La boîte à lumière en partie dévoilée.

On accède à l’intérieur de la tête en retirant les deux demi-capots tenus par 4 vis imperdables. Chaque capot est maintenu par une petite élingue dont le mousqueton est recouvert d’un petit habillage en caoutchouc souple qui coulisse.

Tout l’arrière de la tête est occupé par l’imposante boîte à lumière, bardée d’énormes radiateurs, de caloducs qui les traversent, et dont le flux d’air est brassé par deux ventilateurs. Au cœur loge le circuit de leds associées à leur lentille de sortie qui vont modeler le faisceau.

Le module trichromie.

La sortie de la boîte à lumière rencontre 3 modules extractibles sur lesquels sont montés les effets et les couleurs.
Le premier, accueille la trichromie. Elle est constituée de 4 couches de filtres : Cyan, Magenta, Yellow et CTO progressif.
Vient ensuite le module qui comporte les gobos, la roue d’animation, et une roue de couleurs.
Le dernier des trois modules reçoit les couteaux, montés sur un large support rotatif, et l’iris.

Le module couteaux.

Le module effets / gobos.


La partie avant, zoom / focus / prisme et le fameux « defogger » sur la lentille frontale.

En fin de parcours, un espace fixe accueille l’ensemble zoom / focus, autour duquel viennent s’articuler le frost et le prisme. Pour finir, à la lentille de sortie s’attache un ingénieux dispositif appelé « lense défogger » qui permet de la chauffer et de supprimer la condensation interne.
Ce système, activé par défaut à l’allumage de l’appareil, peut être désactivé depuis le menu. Il peut aussi être configuré pour se déclencher dès que vous envoyez une valeur de dimmer. C’est un dispositif ingénieux qui pourrait bien faire école…

La visserie qui retient les modules par des petits ergots coulissants.

Le démontage se fait dans un ordre précis. Pour extraire le module de gobos il faut au préalable retirer celui des couteaux.
Les modules sont maintenus par de petites vis faisant coulisser un petit ergot qui vient bloquer le module dans son emplacement.
Pour extraire le module, il faut également déplier de petites lames de métal recouvertes d’un isolant caoutchouc qui maintient les faisceaux de câbles afin qu’ils ne se baladent pas n’importe-où.


Connectique des modules. On distingue l’une des petites pattes de métal à plier et déplier pour maintenir le faisceau de câbles

Le système peut sembler un peu « roots », mais se révèle efficace, et on imagine qu’il est simple de se procurer ces pièces vissées auprès du SAV si on venait à casser les petites pattes de métal à force de les plier et déplier.
Au final on libère totalement le module en débranchant un connecteur. Certes on a déjà vu des systèmes plus simples pour rendre l’intérieur d’une machine modulaire mais on ne peut pas non plus dire que celui-ci est très compliqué. Il faudra juste faire attention à ce que l’on fait.

Dans les bras et la base

Les capots des bras se démontent facilement via quelques vis. Un côté nous montre comme sur la plupart des projecteurs de ce genre, la motorisation Tilt avec son moteur, sa courroie, et l’arrivée des câbles de mise sous tension, et de l’autre côté, le moteur Pan avec le départ de la courroie jusqu’à l’axe, et le passage du faisceau de câbles vers la tête, ainsi qu’une carte sur laquelle se trouvent les commandes moteur Pan – Tilt.

Les bras ouverts.

Pour ce qui est des bras, les grosses poignées rappelant sensiblement celles des flight-cases, restent fixées à la carcasse « mère » du projecteur, et se positionnent donc devant les capots. Autrement dit, un peu de manipulations seront nécessaires en cas de changement de courroie pour les contourner.

L’afficheur du menu.

La base, remplie des alimentations et de l’électronique qui décode le DMX, reçoit sur deux de ses faces de larges poignées pour manipuler et transporter l’engin.

Et sur les deux autres qui restent, en vis-à-vis, l’afficheur du menu du projecteur, avec son large écran couleur et ses 6 boutons d’accès, et de l’autre côté, le panneau de connecteurs.


Le panneau de connecteurs.

Question connecteurs justement, il y a une embase True1 pour l’alimentation (et le fusible de protection générale juste à côté), les connecteurs XLR5 pour le DMX In et Out et les prises RJ45 pour le ARTnet In et Out. Un port USB permet de mettre à jour le software de la machine.

Sous l’appareil, on trouve les fixations pour les deux Oméga afin d’accrocher le Solaframe dans n’importe quelle position, et un point d’attache pour l’élingue de sécurité.

Au menu de notre Solaframe 3000…

Le menu, comme sait bien le faire High-End, est rempli d’astuces. On peut bien évidemment y choisir l’adresse DMX du SolaFrame, mais également des configurations bien plus avancées.

La machine ouverte.

Une multitude d’infos est disponible. Vous pouvez avoir des données de temps d’utilisation du moteur LED, de la machine, du temps utilisé depuis la dernière mise en marche, les valeurs DMX en cours de réception, des infos sur les capteurs de position… Vous pouvez bien évidemment configurer votre machine suivant moult options disponibles, et si vous êtes un geek, vous serez servi car il y vraiment de quoi vous amuser…

Et (ouf ! nous v’la sauvés !) il y a également une option « reset fixture to factory default settings » qui va vous permettre en une seule manipulation de revenir aux réglages d’usine quand vous aurez tellement personnalisé vos machines que vous vous arracherez les cheveux pour que tout votre parc d’appareil réagisse à l’identique.

Pour choisir le mode DMX, là, on fait dans le simple avec un seul mode de 49 canaux. Merci Mesdames et Messieurs de chez High-End ! C’est bon ça ! Le SolaFrame 3000 peut aussi être géré en ARTnet ou sACN via ses ports RJ45.

High End a tracé deux courbes de dimmer, l’une « standard » (celle que nous avons utilisée pour nos tests) et l’autre « Theatrical ». Il semble que ces courbes soient assez proches l’une de l’autre. La « Theatrical » fait juste preuve d’un peu plus de sècheresse dans les premiers pourcentages.

Courbe de dimmer en mode standard de 0 à 100 %

Courbe de dimmer en mode standard de 0 à 10 %

En mode Theatrical de 0 à 100 %…

… et de 0 à 10 %.

La source LED et le faisceau

Le moteur LED de la Solaframe est un module de 1000 watts délivrant une lumière blanche de 6880K avec un IRC de 72. L’IRC passe à 70 quand on utilise la machine avec son CTO (3000K). Notons qu’un filtre IRC situé sur la roue de couleur, permet d’obtenir un Indice de rendu des couleurs d’environ 90 au prix de quelques lux.

La matrice de leds peut être animée par une série de macros qui donnent des aspects de scintillements linéaires pouvant s’avérer intéressants pour créer des ambiances particulières, comme celles d’anciens systèmes de projection, ou encore des effets organiques. Les segments animés sont verticaux et peuvent donc défiler de gauche à droite dans différentes configurations d’effets.
Sans aller jusqu’à dire que c’est extraordinaire et indispensable, on peut dire que pour la création de certaines textures un peu complexes et animées, si vous avez l’esprit un peu torturé et du temps pour chercher « ZEU EFFECT » qui vous plait, vous pouvez y trouver des choses sympas à faire. C’est une possibilité en plus. Le faisceau généré par ce module de source a un angle variable grâce à son zoom 7,32°-53,22° (mesurés avec faisceau net). Le faisceau est propre, net et très homogène.

Les Mesures

Le derating

La mesure de derating est excellente. Machine allumée à fond, l’éclairement se stabilise en 10 minutes avec une atténuation de seulement 1,93 % autant dire négligeable. Cette machine est particulièrement bien gérée.


Faisceau serré au plus petit net

Au plus serré, faisceau net, l’éclairement atteint 57 000 lux à froid (56 000 après dérating) et conduit à un flux de 17 780 lumens à froid (17 450 après dérating). La courbe d’intensité lumineuse peu marquée au centre annonce une belle homogénéité du faisceau.

Faisceau 20°

Pour un angle de 20°, le Solaframe montre toute sa puissance lumineuse. Le flux grimpe à 33 640 lumens à froid (33 020 lm après derating) et l’éclairement reste à 15 100 lux à froid (14 800 lux après dérating). La courbe d’intensité lumineuse appelle le même commentaire que précédemment.

Faisceau large au plus grand net

Le flux atteint son sommet avec 34 000 lm à froid et l’éclairement égale 2500 lux. La courbe est remarquable de régularité. Cette machine est au niveau des motorisés à lampe les plus performants.

Il est à noter que sur des distances courtes, il est difficile d’obtenir un faisceau joué net en dessous de 20° (je parle bien du faisceau et de son contour, pas de la netteté d’un gobo ou d’une projection). Il faudra une certaine hauteur ou volume pour pouvoir apprécier pleinement la netteté absolue d’un faisceau serré, ou alors il faudra jouer de l’iris.

Ouverture de l’iris jusqu’au zoom maximum.

L’iris est très efficace d’ailleurs. Couplé au zoom de notre Solaframe qui est particulièrement ample, on arrive même à obtenir un faisceau convergent sur plusieurs mètres, c’est à dire avec un faisceau dont le diamètre est inférieur à celui de la sortie de lumière du projecteur !


CMY, roue de couleurs, et CTO

Question couleurs, très sincèrement, ce Solaframe 3000 est vraiment très, très bien. (Je kiffe !) Toutes les couleurs passent admirablement avec un équilibre remarquable. Question trichromie, rien à dire. Les rouges sont intenses et puissants, les verts sont efficaces et lumineux et les mélanges obtenus vraiment beaux et limpides.

Couleurs de bases.

La roue de couleurs apporte quelques teintes franches et va permettre de gagner quelques lux sur certaines couleurs pleines, mais on peut quasiment s’en passer, si ce n’est pour utiliser le filtre IRC (TM30 « CRI correction filter ») qui permet aux directeurs photo exigeants de faire grimper l’IRC du faisceau. En complément de la trichromie, Le CTO progressif est très beau, sa teinte est idéale. J’adore !

Les gobos et les effets

Alors voilà une machine dont les gobos sont particulièrement bien choisis et pour le coup, réellement polyvalents. Le choix est vraiment intéressant et même s’il reprend des grands standards, je me suis amusé comme un petit fou. Les mélanges sont sympas à faire et permettent de donner au faisceau une multitude d’aspects différents.

La roue de gobos tournants.

La roue de gobos fixes.

La présence de la barre sur la roue de gobos tournants et du cône sur celle des gobos fixes n’y est probablement pas pour rien… Et alors, (détail me direz-vous mais que nenni !!!) l’équilibre remarquable de la « densité » des gobos (j’entends par là, la capacité qu’ils ont à laisser plus ou moins passer la lumière) fait qu’ils sont tous utilisables à peu près dans les mêmes conditions de lumière. Ça c’est absolument TOP !

Leur coefficient de transmission est assez semblable et plutôt en tirant la luminosité vers le haut (car c’est bien beau d’avoir des gobos magnifiques, mais si les traits sont infiniment fins et que le tracé laisse passer 5% du flux de lumière, ça ne permet d’utiliser le machin qu’en blanc et dans la pénombre… Je ne parle bien sûr même pas d’y coller un prisme ou de mixer les effets…). Donc sur ce point là aussi c’est un très bel atout car les gobos sont très jolis, ils laissent passer de la lumière, et cette lumière on peut l’utiliser pour faire de l’éclairage. Ça j’aime !

Effets de gobos, gobos mixés, prisme, …

Il y a sept gobos fixes, et sept tournants. De jolis effets de morphing sont tout à fait possibles. Les roues sont proches mais permettent de focaliser précisément l’une ou l’autre. Tous les utilisateurs, qu’ils soient orientés vers des usages de projection pure, ou d’effets volumétriques expressifs, vont y trouver leur bonheur.
Le Solaframe 3000 dispose également d’une roue d’animation qui engage dans le faisceau une rotation de stries courbées. On peut regretter, comme sur la plupart des machines disponibles, qu’elles ne soient disposées qu’à l’horizontale (avec un balayage vertical donc) sans possibilité d’orientation, car c’est avec un positionnement vertical, face au public que cet effet prend à mon avis réellement tout son sens (pour l’avoir utilisé abondamment sur des machines il y a plus de 15 ans permettant le positionnement à volonté !)…
Les effets de gobos (ou sans gobos d’ailleurs) peuvent être joués avec le prisme 3 facettes. Là encore, la lumière que laisse passer les gobos, va permettre d’en exploiter un maximum même dans des conditions de mixages d’effets qui seraient pourtant défavorable au flux. Mais là, c’est vraiment exploitable. Iris, mixages de gobos, etc… Avec le prisme, ça passe ! Et on s’éclate !

Frost oui! Vrai frost !

Le frost remarquable du Solaframe 3000

Le frost du Solaframe 3000 est un de ses points forts et semble correspondre particulièrement à ce que les gens de théâtre en attendent.

Son type et son positionnement dans le chemin optique font qu’il a la diffusion idéale, ni trop forte, ni trop faible, pour flouter des bords de faisceaux et les raccorder dans la douceur.

Autre avantage, il peut être inséré à n’importe quelle ouverture de zoom, sans conflit mécanique interne, et sans anéantir tous les réglages de faisceau.
C’est à ce genre de détails qu’on comprend pourquoi cette machine a été adoptée dès sa sortie par des hauts lieux du théâtre.

Les couteaux du chef

Les couteaux de cet engin sont très efficaces. Précis et vifs, leur focalisation n’est évidemment pas totalement nette sur les 4 lames à fermeture totale, mais rien de catastrophique. En tout cas on est dans la grande moyenne de ce qui se pratique couramment sur ce genre d’appareil haut de gamme.

Usage des couteaux.

La rotation de la frame complète est en tout et pour tout de 90° (45° à partir de sa position médiane). Ca pourrait être un peu plus pour jouer en mode « effet » ou faciliter l’angulation des couteaux dans toutes les positions. Il faudra régler le bon angle en choisissant ses couteaux.

Lyre et déplacements

Les déplacements de la lyre sont souples, amples et assez rapides, tant en Pan qu’en Tilt malgré la taille de la machine. Son amplitude est dans la moyenne de ce qui se fait, soit un site de 540° et un azimut de 265°.
Malgré toute cette mécanique en mouvement, la machine reste particulièrement silencieuse, tant dans ses déplacements que dans l’animation de tous ses moteurs d’ailleurs. Aucune fonction bruyante n’a été décelée.

Voilà une belle grosse machine, dans le haut du panier des projecteurs à LED de type spot / couteaux, qui va séduire par son flux et l’excellence de la plupart de ses fonctions, y compris les gens de théâtre. Une machine tout en équilibre, tant dans ses gammes de couleurs, de gobos et d’effets. Elle présente toutes les qualités pour être à l’aise aussi bien en Rock’n’roll, comédie musicale qu’au théâtre ou à l’Opéra. Une réelle réussite.

On aime :

  • L’équilibre de tout ce que fait la machine
  • La puissance
  • Les couleurs
  • Les effets

On regrette :

  • Le poids

Tableau général

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Découpe Chauvet Ovation E 260 WW

Par admin

Chauvet met le paquet depuis un certain temps sur les produits professionnels, en proposant des projecteurs innovants et efficaces. Sa gamme Ovation à sources leds reprend les plus grands standards de projecteurs traditionnels. Nous avons choisi de tester la découpe E 260 en version blanc chaud.

Découpe Chauvet Ovation E 260 WW

L’appareil

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La E 260 existe en plusieurs versions, la WW, Warm White, blanc chaud et la CW, Cold White, blanc froid. Nous avons testé la E 260 WW, dont nous avons mesuré la température de couleur à 3250K, et un IRC de 97. Déjà, ça cause…
L’engin se présente sous la forme de deux pièces bien distinctes : La boîte à lumière et l’objectif. La boîte à lumière comporte la source, son système de refroidissement, ainsi que l’électronique.
Elle est livrée avec un nez équipé d’une série de 4 couteaux et permettant l’adaptation d’objectifs à angle fixe (14°, 19°, 26°, 36°, 50°). Elle reçoit aussi directement deux objectifs zoom (15° à 30°, et 25° à 50°) eux-mêmes équipés de couteaux. Nous avons testé la machine en configuration zoom 15° – 30°.

Conception intérieure / extérieure de la machine

L’Ovation E260 WW en fonctionnement

La machine est longue et effilée, son objectif accentuant son allure de découpe à focale longue. L’étrier, très long, prend de l’espace vers le bas lorsqu’elle est accrochée (environ 40 cm), mais offre la possibilité d’orienter la découpe sans obstacle notamment pour la positionner en perroquet ou tout simplement en douche.
L’objectif s’insère dans un rail circulaire, un peu à la manière d’un objectif photo, avec un quart de tour, et se verrouille par deux molettes situées sur la boîte à lumière. Le serrage se fait hélas directement avec le bout des vis qui viennent coincer le rail de l’objectif, ce qui fait que très rapidement, on finit par entamer l’alu à différents endroits.
Il suffirait d’un système de cales arrondies sur l’extrémité des vis, pour serrer sans dommage. Sur le dessus de la boîte à lumière, se trouve un large anneau pour l’accroche d’une élingue de sécurité.

L’intérieur de la boîte à lumière. On voit à droite le bloc optique dans son barillet conique, le radiateur de refroidissement sur lequel est monté le ventilateur.

En démontant l’appareil, nous accédons à l’intérieur de la boîte à lumière. Celle-ci est vaste et aérée. L’avant laisse place à la grosse optique de sortie de lumière, fixée à l’aide de 4 vis directement devant la source led.
Cette source, d’un diamètre d’environ 3 centimètres, est montée via de la pâte thermique sur un énorme radiateur, lui-même équipé d’un gros ventilateur reprenant la quasi-totalité de sa surface arrière. L’alimentation se situe au fond de la boîte, et la carte de gestion contre la face arrière.

L’arrière de la découpe, avec le menu et les connecteurs

A l’arrière se trouve une poignée pour manipuler le projecteur, le panneau de connecteurs et les commandes du menu.
L’alimentation s’effectue à cet endroit sur une entrée PowerCON doublée d’une sortie (rappelons que l’engin consommant moins de 250 W, vous pouvez en ponter quelques-unes sur une ligne de direct !), et le raccordement DMX entrée / sortie en XLR3 et XLR5 est aussi doublé.


La source LED mise à nue et à côté, le bloc optique.

La partie objectif est très classique et reprend le mode de fonctionnement assez connu sur certains standards du trad, à savoir, la double molette pour faire circuler les chariots de lentilles zoom et focus, avec le deuxième paramètre réglable par le déploiement d’une manivelle située sur la grosse molette. Le réglage est franc, souple, et précis.
Une trappe de visite latérale qui se ferme avec une simple vis imperdable, permet d’accéder facilement aux lentilles pour les nettoyer. Par contre, nous ne voyons aucun moyen de sécuriser la chute accidentelle éventuelle de l’objectif. Une petite élingue le raccordant à la boîte à lumière aurait été la bienvenue.

Juste devant les couteaux, se trouve une trappe glissante tenue par deux vis imperdables permettant d’accéder à l’emplacement prévu pour recevoir un porte-gobo. La trappe refermée, permet d’éviter toute fuite de lumière. Les couteaux sont bien étudiés. Rentrés complètement, ils ne dépassent pas du champ max de la machine. Autrement dit, lorsque vous posez la découpe à plat, vous ne risquez pas de tordre l’extrémité des couteaux… Si, si, ça arrive souvent !
La course des lames permet très classiquement d’obtenir toutes les formes voulues, leur manipulation est aisée, rien ne coince (bon, l’appareil est neuf, ça serait malheureux…),
Le nez de la découpe peut tourner et permettre ainsi la rotation de la fenêtre des couteaux, afin de travailler “en losange” si nécessaire. Un porte filtre vient terminer le descriptif de l’engin, il permet de placer des gélatines avec un diamètre de sortie de lumière de 17 cm.

Différentes vues du faisceau. On distingue dans l’ombre l’éclairagiste de théâtre Karine Tison sur sa tour, aux réglages.

Ce qu’il y a au menu

L’accès aux fonctions de configurations de l’E 260 WW se fait par l’intermédiaire d’un petit écran et de 4 boutons. Vous pouvez choisir le mode de contrôle (1, 2, 3, ou 6 canaux),
“6 canaux pour une découpe d’une seule couleur ?” S’interrogeront certains d’entre vous… Hé oui chers amis !
Les 6 canaux du mode étendu proposent outre un dimmer en 16 bits (avec un “fine” donc), l’accès à un canal de strobe, à un canal “auto-programs” qui permet de déclencher différents “clignotements” programmés, un canal pour régler la vitesse des dits “auto-programs”, et un canal pour configurer à distance les 4 différents modes de dimmer, allant du OFF jusqu’aux courbes 1,2, et 3.
Le mode 3 canaux se compose en dimmer + dimmer fine et un canal de strobe,
Le mode 2 canaux se limite au dimmer + dimmer fine et le mode 1 canal assure une gradation de 0 à 100 %.

Courbe du dimmer de 0 à 100 %

Courbe du dimmer de 0 à 10 %

Dans le menu, le mode “static”, permet d’accéder au contrôle direct pour un fonctionnement en mode local (dimmer et strobe), et le projecteur garde cette info, même éteint. C’est ainsi que vous pouvez le configurer et ensuite allumer le projecteur quand bon vous semble via un direct (j’ai bien dit un direct ! Attention, pas un gradateur !) et il reprend immédiatement son état défini à l’avance. Bien utile en applications architecturale, déco, ou en muséographie par exemple.

Le “Dimmer mode” vous permet d’affecter à votre projecteur 4 courbes de dimmer différentes. Nous y reviendrons. Vous pouvez dans “LED Frequency”, choisir la fréquence de balayage des leds parmi 6 valeurs (de 600 Hz à 25 kHz). Pour certaines prises de vues, ça peut être utile aussi. Et vous avez accès également à des infos sur la durée de fonctionnement de l’appareil, le paramétrage du rétroéclairage de l’écran, etc. Bref, tout ce qu’il faut et plus encore pour configurer ce joli projo !

Les mesures

Courbe de derating. L’éclairement se stabilise rapidement.

Nous allumons le projecteur à pleine puissance et faisons une mesure de l’éclairement au centre toutes les 5 minutes pour tracer la courbe de derating, autrement dit d’atténuation de la lumière due à l’échauffement.
La lumière se stabilise entre 5 et 10 minutes avec une atténuation de 7 % ce qui est très bon.

Nous pouvons alors pratiquer les mesures photométriques pour un angle de 20° qui conduisent au flux de la machine.

A 5 mètres de la cible, l’éclairement au centre atteint 11 180 lux à froid et 10 400 lux après derating. Nous obtenons un flux de 13 280 lumens à froid et 12 340 après derating à partir d’une unique source led de 230 W ! Plus que certaines équivalences en lampe 2 000 W !
C’est une grosse surprise car si on sait que de nombreuses sources à leds sont maintenant capables de performances tout à fait étonnantes, on ne s’attendait pas forcément à une telle “patate” sur ce produit.


La lumière

Jocelyn Morel, l’auteur de cet article, dans la lumière de l’Ovation E 260 WW. Le gril est perché à 5 m, et l’angle réglé à environ 20°.

La lumière est propre bien que sa répartition ne soit pas parfaitement homogène à toutes les ouvertures de zoom. Si en zoom serré c’est impeccable, en large, on a un peu plus de lumière au centre tout de même. Le principe optique de cette machine doit être à l’origine de ce phénomène.
Nous pouvons d’ailleurs observer dans le brouillard, en sortie de faisceau, une sorte de “bâton” de lumière qui vient se former au centre du rayon (comme un faisceau dans le faisceau), et qui est légèrement visible sur quelques dizaines de centimètres devant la lentille.
Quoi qu’il en soit, ça n’est pas un réel défaut, et ça ne pose pas de réel problème. Ça fait juste partie des caractéristiques de la machine.
Le flux est globalement bien canalisé, les mises au net sont franches et précises. Le faisceau serré demande tout de même au moins 6 mètres de distance pour un net au plus serré sans la moindre irisation.

Différents aspects du faisceau

En dessous, une très légère irisation orangée vient fermer le bord du faisceau. À partir d’environ 17°, le phénomène disparaît. Comme vu plus haut, les couteaux sont efficaces. Le net sur l’ensemble des lames est vraiment très propre, à distance courte ou longue.

Exercice difficile pour une découpe : faisceau tirant en biais (ici environ à 45°) sur une surface inclinée, et compromis de netteté à faire. Notre Ovation s’en sort admirablement.

Question gradation, nous avons essayé les différents modes de dimmers. Le mode OFF respecte l’immédiateté de la LED, avec une réponse cinglante et nette tant à l’allumage qu’à l’extinction. Les 3 autres modes, procurent différentes émulations de la courbe d’un projecteur halogène avec une inertie plus ou moins rapide. La simulation est très efficace et réaliste.

D’ailleurs, puisque l’on parle d’émulation, prenons quelques lignes pour nous disserter sur un sujet “de fond” : la descente en couleur. Si un projecteur de ce type, à LED, équipé d’une source de 3260 K est capable de simuler l’inertie de différentes lampes halogènes, il ne saura pas simuler la descente en couleur… Ce fameux “orangé” du filament qui tombe vers son extinction. A 5 %, 10 % ou 15 %, le faisceau reste évidemment scotché à 3260K…
Ceci dit, la vraie question est la suivante : Est-ce réellement un handicap pour notre E 260 WW (et pour tous les produits de même technologie) de conserver sa couleur de base sur la totalité de la course de la gradation ? Car si effectivement c’est une réelle différence avec l’halogène, n’est-ce pas plutôt en utilisant l’halogène que nous avions ce handicap de la couleur qui variait en fonction du pourcentage de gradation ?

J’entends déjà les nostalgiques de l’halogène verser une larme “par principe” sur la variation de couleur et sur la fameuse “chaleur” de l’incandescence de leurs chers filaments. Il n’empêche que c’était une sacrée tannée parfois d’obtenir la couleur désirée à l’intensité voulue dès qu’on graduait un peu. Rappelons-nous l’aspect d’un bleu 119 envoyé à 15 % sur un PC ou une découpe… Rappelons-nous la tête d’un comédien éclairé via un 201 mis à mal par une découpe jouée à 20 %…

Avec la led, la question ne se pose plus, on obtient exactement la même teinte quelle que soit la gradation. En fait, ça “corrige” le “problème” qu’on avait fini par digérer et considérer comme la “norme” contre laquelle on ne pouvait rien… à l’époque !
Et si cette fameuse “chaleur” de l’orangé qui descend n’avait réellement d’importance que sur les blinders, les brutes, etc. Bref toutes ces sources qui prennent leur sens parfois juste en faisant rougeoyer légèrement les filaments, et qui sont très peu utilisées en couleur, pour une découpe, finalement, c’est dans 90 % des cas un fameux avantage.


Protections anti-pluie de la version IP65

Autre chose intéressante à savoir, il existe une version IP65 de cette découpe. Elle diffère du modèle classique essentiellement par la présence de petits capuchons souples qui viennent assurer l’étanchéité des câblages et des prises.
Mais également par une coque étudiée différemment pour permettre un refroidissement sans que l’eau ne puisse s’introduire par ruissellement.

Conclusion

Une bien belle réalisation qui délivre une puissance lumineuse remarquable. L’avenir du “traditionnel” est en marche avec tout ce qu’attend l’éclairagiste d’une découpe utile et bien fichue en 2019 et parée pour de longues années.

On aime :

  • La Puissance lumineuse
  • L’efficacité

On regrette :

  • L’absence d’élingue de sécurité sur l’objectif
  • Les vis qui entament l’alu au serrage de l’objectif

Ovation general

D’autres informations sur le site Chauvet Lighting france

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