Collanews

🔒
❌ À propos de FreshRSS
Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.
À partir d’avant-hierMediakwest - Post

Le fonctionnement de la technologie de scan 3D pour les besoins du cinéma

Jérôme Battistelli nous présente le fonctionnement du scan 3D. © DR

Jérôme Battistelli, dont nous détaillons en fin d’entretien le parcours, a rejoint l’équipe de Be4Post en octobre 2017. Devenu superviseur du département de scan 3D, il nous livre ici ses méthodes.

 

Peux-tu nous décrire le fonctionnement du Lidar ?

L’appareil utilisé par Be4Post est le Faro Focus S150. Il capte des points jusqu’à une distance de 150 mètres ; il fonctionne par impulsions laser. Le laser de classe 1 (invisible et inoffensif pour l’œil humain) passe par le miroir avec un mouvement de rotation très rapide. Ce modèle, captant jusqu’à 976 000 points par seconde, les capture avant de les enregistrer. Grâce à une rotation sur 360 degrés, l’appareil permet de reconstituer l’environnement sous forme de nuages de points. À la fin, on obtient un fichier propriétaire décrivant un nuage de points qui servira de base de travail pour créer un objet 3D et reconstituer un environnement.

Les fichiers obtenus restent assez légers (car ce sont des définitions de points qui sont enregistrées), l’enregistrement se fait sur carte SD. Sur des projets « habituels » les fichiers manipulés pèsent environ 2 Go (selon la définition choisie) ; les fichiers pèsent 300 à 400 Mo par point de mesure. La station de scan capte ce qu’elle a en vision directe ; pour compléter les manques il est nécessaire de prévoir un plan de travail et de déplacer le scanner sur plusieurs points de mesure.

 

 

Est-ce toi qui prépares le plan de travail de manière intuitive ?

Oui, il n’y a pas d’outils dédiés pour réaliser le plan de travail, j’améliore mon savoir-faire grâce à l’expérience engrangée au cours des précédentes prestations, je cerne ainsi mieux les difficultés et les bonnes pratiques.

 

 

Une icône wi-fi est sérigraphiée sur l’appareil, est-ce pour le piloter ou pour récupérer les infos ?

Il y a plusieurs manières de faire. On peut le piloter via son smartphone, le lancer, l’arrêter, tout en évitant, grâce à l’application, d’être dans le champ ; et c’est surtout très pratique quand on le place sur des pieds plus hauts. On peut également relier le scanner à un ordinateur portable via wi-fi et ainsi récupérer les données pendant que l’appareil est en fonctionnement pour commencer à traiter les données brutes, et à associer les différentes positions au fur et à mesure.

 

 

Quels sont les réglages disponibles ?

On peut régler la résolution et un paramètre de qualité très utile en cas de présence de matières réfléchissantes (les gaines par exemple). À une distance de dix mètres de la cible, en résolution 1/2 (choix entre 1/2, 1/5, 1/10…), l’appareil mesure un point tous les 3,1 mm, et à vingt mètres un point tous les 6 mm ; ensuite on a une taille de scan qui est de 20 000 x 8 000 points et cela nous donne la quantité de points par position. Le paramètre de qualité autorise plusieurs passages du scanner, qui a tendance à éclater à la surface de la matière, la multiplication des passages permettant le calcul d’une moyenne plus précise pour définir la position du point.

L’appareil fonctionne en deux étapes distinctes : au premier passage le scanner capte le nuage de points et donc la géométrie de la scène, et ensuite l’appareil est équipé d’un capteur photographique qui entre en action pour obtenir la couleur et la projection des textures. Le scanner fournit un fichier en niveau de gris, puis se sert des photos qu’il projette sur le nuage de points pour le coloriser. Ensuite, lorsque l’on reconstruit l’objet 3D, on projette à nouveau les photos dessus. Un mode HDR permet également le réglage de plusieurs expositions (intérieur/extérieur) ; plusieurs petites photos sont stitchées pour créer ce qu’on appelle une HDRI à 360 °. C’est cette photo 360 ° qui est collée sur le nuage de points. Vu le nombre de photos associées, le capteur n’a pas besoin d’être hyper précis ; ici les photos servent à coloriser le scan.

À la base, le Lidar n’est pas forcément prévu pour l’audiovisuel (il est initialement utilisé pour scanner des usines) ; c’est pour cela que lorsqu’on souhaite une meilleure qualité de capteurs, on fait de la photogrammétrie, qui apporte beaucoup plus de qualité, car réalisée à partir d’appareils photos reflex. On aura peut-être une évolution des capteurs dans ce genre d’appareils. En fait dans nos travaux on associe les résultats de deux outils : les nuages de points colorisés obtenus par les scanners avec des photos de boîtiers.

Dans les parties les plus complexes, je réalise un maximum de photos perpendiculairement aux objets pour aider le logiciel à associer les scans et les photos et replacer les photos dans l’espace. Je vais venir quadriller chaque plan de la pièce et les objets complexes à part. Ensuite avec les données du Lidar et les photos, le logiciel recrée un espace 3D avec les nuages de points Lidar augmenté dans l’espace par les photos qu’il arrive à associer. Ensuite à partir des seules informations du Lidar je reconstruis ma pièce en 3D ; j’utilise alors les photos de mon appareil que je projette pour obtenir les textures.

 

 

Comment effectues-tu cette opération ?

Je le fais avec un logiciel de photogrammétrie ; certains intègrent dorénavant cette possibilité. Depuis quelques temps il est également possible d’intégrer les plans de vol des drones ; le logiciel récupère les informations de placement via les logs ou les métadonnées des photos.

 

 

LE PARCOURS DE JÉRÔME BATTISTELLI

« Ma formation a débuté à Arles grâce à l’école d’animation 3D et d’effets spéciaux, MoPA (ex. Supinfocom). Malgré ma passion pour la 3D, mon fort intérêt pour le tournage m’a amené à me diversifier, je voulais éviter de me restreindre à travailler toute la journée derrière un ordinateur. J’ai alors contacté des directeurs photo, des assistants caméra, et on m’a orienté vers le métier de DIT. J’ai eu l’occasion de faire des tournages en tant que data manager et assistant DIT ; c’est un milieu que l’on n’apprend pas à l’école, j’ai fait une formation aux Lapins Bleus Formation et un stage chez RVZ pour appréhender la caméra et le matériel lié au tournage.

" Après quelques tournages et un peu d’expérience, Matthieu et l’équipe de Be4Post m’ont présenté le projet de département de scan 3D et j’ai été séduit par cette possibilité de lier mes deux passions. Ce rapprochement va devenir de plus en plus évident, c’est d’autant plus vrai aux États-Unis grâce aux blockbusters, mais cela arrive également en Europe et en France. Les premiers mois au sein de Be4Post ont été consacrés à la R&D et au développement. Nos outils de travail l’exigent pour appréhender leur utilisation dans une configuration de tournage de cinéma ; il nous a fallu transformer une machine de géomètre en machine pour les studios VFX. »

 

 

Extrait de notre article paru pour la première fois dans Mediakwest #31, p.12/14. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 24 juillet 2019 à 17:00

Postproduction 8K : le mariage de la carte Kona 5 d’Aja et du Mistika Ultima…

Le mariage de la carte Kona 5 d’Aja et du Mistika Ultima… © DR

L’ajout de la carte d’E/S audio et vidéo 12G-SDI Kona 5 d’Aja Video System au Mistika Ultima de SGO simplifiera l’acquisition et le play-out en 8K…

 

Déjà utilisé pour de la diffusion 8K en direct en Asie, le nouveau Mistika Ultima offre un workflow de finition en Full UHD 8K à 60 IPS, y compris dans des formats non compressés. La solution inclut une carte Aja Kona 5 avec des entrées/sorties 12G-SDI, le logiciel Mistika Ultima, une station de travail HP Z8, une solution de stockage SGO à haute performance et des composants matériels standards périphériques.

« La production en 8K est un domaine complexe et exigeant : la carte Kona 5 répond à cette exigence par sa robustesse et sa polyvalente. Ses quatre ports 12G-SDI ont en outre l’avantage de minimiser le câblage requis, » explique Geoff Mills, directeur général de SGO. « Impressionnés par le soutien apporté par l’équipe de développement d’Aja, nous prévoyons à terme d’intégrer les cartes Kona 5 dans toute notre gamme de systèmes de finition », complète-t-il.

La Kona 5 est une carte de pointe PCIe 3.0 à huit connecteurs permettant l’acquisition et la production de signaux avec des E/S en 12G-SDI et une sortie HDMI 2.0. Cette carte est compatible avec le SDK d’Aja sur MacOS, Windows et Linux, qui offre des fonctions telles que la 8K ou la 4K multicanal. La Kona 5 est également compatible avec les outils d’édition les plus courants (Adobe Premiere Pro, Apple Final Cut Pro X, Avid Media Composer) grâce aux pilotes et plugs-in mis au point par Aja pour MacOS et Windows. Les connexions 12G-SDI de la Kona 5 permettent l’enregistrement et la transmission simultanée des signaux…

  • 24 juillet 2019 à 17:00

Un si grand soleil : la fiction haut de gamme au rythme du flux

Étalonnage réalisé sur DaVinci Resolve de Blackmagic. © C. Canis

Pour « Un si grand soleil », l’un des événements de la grille de rentrée 2018 de France 2, Magic Hour a été chargée de la conception et de l’intégration de la plate-forme de postproduction. C’est à Vendargues, à quelques encablures de Montpellier, que se déroulent les tournages. À 750 km de là, aux Studios de Saint-Cloud – quai de Seine, se trouve la plate-forme de postproduction.

 

Gestion des rushes en miroir

« De cette “contrainte géographique” nous avons fait une particularité technique, et avons proposé à France Télévisions de procéder au déchargement des cartes caméras sur une station à Vendargues », précise François Lefebvre, architecte solution chez Magic Hour. Aux Studios de Saint-Cloud, son miroir alimenté via une liaison IBM Aspéra reçoit les rushes. Des opérateurs parisiens procèdent tout au long de la journée à leur ingest dans le système de postproduction architecturé autour d’un serveur Avid Nexis Entreprise de 240 To et d’une solution d’asset management Avid Interplay. Autour du couple Nexis-Interplay gravitent cinq stations de montage et de finishing Avid Media Composer, deux stations Nuke dédiées au VFX, deux stations d’étalonnage DaVinci Resolve. Deux stations de montage son et mix Pro Tools et surface de contrôle S6 viennent compléter le dispositif.

 

 

Robustesse et souplesse de l’infrastructure

Si France Télévisions a fait le choix de solutions Avid, fort de ses expériences sur la postproduction d’autres séries quotidiennes (« Plus belle la vie » sur France 3, « Demain nous appartient » sur TF1), Magic Hour a imaginé un workflow collaboratif autour d’Interplay, et proposé une offre d’intégration incluant l’ingénierie système.

« Un système puissant, fiable et adapté à nos méthodes de travail. Il nous permet de réaliser une fiction quotidienne hautement qualitative alliée au rythme des productions de flux. Un tel workflow contribue chaque jour, cinq fois par semaine, à la création d’un épisode de 22 minutes », précise Olivier Roelens, producteur exécutif.

« Pour garantir ces délais de fabrication, montage, finishing, mixage et étalonnage doivent s’inscrire dans les plus grandes conditions de fluidité et de robustesse. Les outils sont connus de tous, mais notre expertise d’intégration s’est avérée essentielle pour assurer et sécuriser les processes », ajoute François Lefebvre

 

 

Artistique & final cut

Au sommet de la pyramide créative, une station Media Composer et DaVinci Resolve est destinée aux recherches à l’usage de Christophe Canis, directeur artistique postproduction. Également monteur et étalonneur, il met les épisodes à longueur, valide le montage, l’étalonnage et le mixage quotidiennement. « Garant de la continuité éditoriale, visuelle et sonore, je prends en compte les demandes des réalisateurs, des producteurs et de la chaîne, et je m’assure de leur faisabilité en termes techniques et artistiques. Si besoin, je propose des solutions », précise-t-il.

Stade ultime, une station Media Composer est dédiée à l’insertion de l’habillage et des génériques, et aux PAD acheminés en délinéarisé vers le système PAD Def de la chaîne. Parallèlement, l’archivage est effectué sur support LTO associé à un serveur et librairie Quantum Scalar i3 (rushes, masters, éléments d’habillage et épisodes consolidés).

 

 

VFX : un mix 2D/3D pour les découvertes

« Un si grand soleil » est la première série quotidienne française à bénéficier de découvertes truquées. Dans les studios de Montpellier, c’est à la société les Tontons Truqueurs qu’a été confiée la mise en place du système « previz-on-set » de tracking caméra et d’incrustation HalideFx signé Lightcraft Technology.

« Le système permet à ce jour de produire des plans avec découvertes dès le tournage, que nous affinons et enrichissons en postproduction, faisant de « Un si grand soleil » la seule série quotidienne bénéficiant de deux workflows : de flux pour la rapidité des process, et de fiction lourde pour les VFX », souligne Jeanne Marchalot, directrice de la postproduction.

Sur cet aspect VFX, l’équipe de Christophe Canis veille à la pertinence et à la cohérence visuelle de la quinzaine de découvertes présente sur sept décors truqués de la série. « En amont de ce déploiement, ajoute le directeur artistique, nous avons fait les repérages et confié à la société Do The Film la création d’un scan en photogrammétrie d’un quartier de Montpellier pour le recréer en 3D. Nous pouvons ainsi jouer sur les lumières et les cieux, et ajouter des éléments en mouvement pour plus de réalisme. »

 

 

De la compétition à la livraison

« Pour la postproduction, notre cahier des charges était si ambitieux que nous souhaitions nous voir proposer les meilleures solutions, insiste Jean-Philippe Lançon, chef de projet France Télévisions sur l’implantation des moyens de postproduction et contributeur aux cahier des charges. L’appel d’offre initial fut donc organisé sous forme de “dialogue compétitif”, lequel vise à se concentrer sur une shortlist hautement qualifiée. »

En seulement six mois, la plate-forme de postproduction fut parée à traiter les premières images. « Toute l’ingénierie et la configuration se sont déroulées sur notre site de Meudon, avec un précâblage en atelier avant le transfert et le déploiement des équipements à Vendargues et aux Studios de Saint-Cloud. Dernières configurations obligent, France Télévisions a bénéficié d’un démarrage optimal, paré à recevoir les premiers ingests… », conclut François Lefebvre.

 

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #31, p.68. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 24 juillet 2019 à 17:00

Avid Media Composer 2019, évoluer et rester soi-même !

Jean-Philippe Aguer aux commandes d’Avid Media Composer 2019. © DR

C’est une version majeure d’Avid Media Composer que l’historique et le plus célèbre éditeur de solutions de montage a conçue avec ce nouvel opus. Jean-Philippe Aguer nous a accompagnés dans la découverte de Media Composer 2019 (MC 2019) dans une version Beta quasiment aboutie. Nous avons également pu continuer nos tests à la rédaction pour explorer et prendre en main ces évolutions.

 

Après environ cinq ans de travail, le changement de présentation et d’interface du logiciel est profond. Les monteurs Avid savent à quel point leur éditeur de prédilection est habituellement très précautionneux avant d’entreprendre des modifications de son logiciel phare. Jean-Philippe Aguer : « C’est un vrai changement dans la manière de présenter le logiciel, dans le respect de la philosophie de Media Composer, afin de ne pas effrayer la base des utilisateurs. »

De nombreuses réflexions ont mené à MC 2019. Avid s’est interrogé sur l’opportunité de tout changer, ce qui aurait été un énorme scoop ! Cette refonte a en fait été menée en étroite collaboration avec des utilisateurs de toutes les générations. « On a présenté nos recherches à des auteurs hollywoodiens confirmés pour recueillir leurs réactions, qui nous ont dit : ça c’est bien, ça ce n’est pas possible ! »

De prochaines évolutions sont encore à venir à partir de cette nouvelle mouture d’Avid. Le premier grand chantier a consisté en la redéfinition d’une interface plus moderne et intuitive pour les nouveaux venus, sans effrayer les monteurs « historiques ». Elle se devait d’être efficace et moderne en supprimant des héritages du passé tels que la fenêtre projet.

 

Une interface profondément modernisée

Avid cible un public plus large de millenniums, en assumant un grand écart entre les nouveaux venus et les utilisateurs historiques plus que quarantenaires, soit deux générations à concilier.

Le premier changement radical qui ne manquera pas de surprendre les utilisateurs, c’est la nouvelle conception graphique autour d’une unique fenêtre principale dans laquelle peuvent être accrochés différents outils répartis dans plusieurs fenêtres. De nouveaux espaces de travail sont directement accessibles via des boutons ancrés sur le côté de l’interface, qui peuvent être complétés par des espaces de travail personnalisés.

Montage, effets, correction colorimétrique, audio, ce sont les principales étapes du travail de montage et de postproduction qui sont accessibles via ces nouvelles icônes. La fenêtre projet ayant disparu, on accède directement aux chutiers via un navigateur de « bins » et le nouveau bin containers qui est une fenêtre présentant le contenu du chutier sélectionné. Les chutiers peuvent toujours être détachés, ce qui reste intéressant dans une utilisation double écran, en respectant les habitudes de certains monteurs. En représentation « vignettes », la nouvelle fonction de « Bin Map » permet de se situer dans un chutier comprenant de nombreux médias (cf. illustration). Les modes d’affichage classiques des chutiers sont toujours accessibles, mais les icônes ont étés déplacées en haut de la fenêtre afin d’en améliorer l’accessibilité.

Les fonctionnalités de l’ancienne fenêtre projet ont été réparties dans les différents menus et sont mieux définies. Le menu préférence donne accès aux réglages du format de projet (dont un nouveau choix de travail en MXF OP-atom ou MXF OP-1a). On accède également aux réglages propres à l’utilisateur avec la possibilité d’afficher des listes mieux définies.

Les changements en surface ne modifient pas l’âme de l’outil qui reste un Media Composer. Les réglages continuent à être gérés « au niveau du projet » plutôt qu’au niveau de la séquence : cela signifie qu’avec Media Composer, lorsque l’on souhaite travailler une séquence en HD on paramètre le projet en HD ; pour passer en UHD il suffit de modifier les réglages du projet. D’autres solutions de montage fonctionnent différemment, les réglages techniques étant faits sur la séquence. Bien entendu, Avid conserve la gestion des utilisateurs (users), chacun pouvant personnaliser sa station et définir son clavier. Les réglages de site (site settings) sont également toujours disponibles.

 

Le retour en force de l’haltérophile

C’était presque un emblème, l’haltérophile sérigraphié sur les claviers Avid avait disparu au grand dam des amoureux de la marque. Jean-Philippe Aguer nous livre son impression : « Pour moi cette icône est vraiment l’âme de Media Composer : chaque logiciel a sa marque de fabrique ; l’haltérophile en est une pour Avid. » 

Les chutiers (bin ou dossiers) sont dorénavant représentés par de nouvelles icônes représentant des tiroirs ouverts ou fermés. Un nouvel outil, l’inspecteur tool fait également son apparition. Il offre de manière interactive des précisions sur les éléments sélectionnés ; par exemple pour un clip vidéo : la vitesse, le format audio, la couleur, etc. C’est un outil qui permet de visualiser ou d’inspecter les métadonnées beaucoup plus simplement que ne le permettent les colonnes des chutiers. Une autre icône nous renseigne sur la présence des médias des clips sur le disque interne. Le titreur Avid Titler+ est sorti il y a deux ans ; il permet de taper du texte directement.

 

Smart tool et nouvelles icônes

Les smart tools ont étés déplacés et redessinés et l’audio ducking a fait son apparition parmi les icônes positionnées en haut de la timeline.

Jean-Philippe Aguer a apprécié des échanges lus sur le groupe Facebook Avid editor of Facebook concernant cette icône : « De nombreux anciens utilisateurs se sont interrogé sur la fonction de cette icône, certains ont fait des suppositions amusantes telles que : permet de laver son linge à 30 °. » Dans la commande palette (l’interface graphique permettant de personnaliser les fenêtres de Media Composer ou le clavier d’un utilisateur), on retrouve les outils habituels avec quelques icônes redessinées pour des raisons d’esthétisme. Parallèlement à la simplification de l’interface, de nombreuses librairies QuickTime 32 bits, présentes depuis 1996, ont été nettoyées pour améliorer la rapidité et la stabilité du logiciel.

 

Des media composer simplifiés pour l’entreprise

C’est une demande ancienne et récurrente de structures telles que les grands groupes médias et certaines chaînes de télévision que de pouvoir proposer à certains utilisateurs une version simplifiée de Media Composer. C’est désormais possible avec Media Composer Entreprise qui offre désormais la possibilité de customiser l’intégralité de l’interface.

Un administrateur sera en charge de cette customisation via un serveur centralisé ; il définira les accès des différents rôles : une unique timeline, un chutier, une seule résolution. Bien entendu, des stations complètes restent à la disposition des monteurs.

 

Les exports

Les options d’exports ont également fait l’objet d’une attention particulière pour inclure les nouveaux formats de sortie, notamment pour les OTT tels que Netflix avec des formats de fichiers standard comme l’IMF dans le respect de la cohérence colorimétrique.

 

Calculs déportés via des serveurs centralisés

À l’approche des futurs Jeux olympiques, la NHK souhaitait prévoir les énormes charges de calcul imposées par leur choix de travailler en 16K pour cet évènement. Avid a donc implémenté à leur demande un processus de calcul déporté via des serveurs centralisés : chaque station de travail peut alors envoyer ses calculs sur le serveur qui se chargera de leur répartition vers les serveurs dédiés. Aujourd’hui, c’est une solution accessible pour des grosses productions et des chaînes de télévision, mais pas pour un media composer tout seul.

 

Pipeline HDR 32 bits et certification ACES

Une évolution invisible mais essentielle pour la qualité d’image, Avid a monopolisé de nombreux ingénieurs pour une réécriture en profondeur de l’infrastructure du logiciel afin d’effectuer la totalité des calculs internes en 32 bits virgule flottante. Le but n’était pas nécessairement que MC s’impose en tant qu’outil d’étalonnage, mais qu’un flux entier de production soit supporté en assurant un respect total de l’image. C’est le premier logiciel de montage certifié ACES au niveau du workflow complet de correction colorimétrique, de l’acquisition à l’export. Pour la correction colorimétrique on peut maintenant dessiner des formes (les fameuses patates) et étalonner à l’intérieur ou à l’extérieur de celles-ci.

 

Support du MXF OP-1a

Actuellement, les médias écrits en interne par Media Composer dans ses dossiers de stockage le sont sous un encapsulage MXF OP-atom. Le support du MXF OP-1a a été ajouté pour accélérer les processus d’échanges entre les serveurs vidéo d’acquisition et de diffusion ainsi que les solutions d’archivage. « On souhaite réconcilier Media Composer dans une bulle d’échange plus large. »

Aujourd’hui, avec les systèmes tels que les solutions de Media Asset Management (MAM ou gestion des médias) ou bien encore les solutions d’archivage profondes, de nombreuses conversions sont nécessaires. La gestion native des médias en MXF OP1A dans Media Composer va sensiblement accélérer et simplifier les échanges.

 

Tarifs

Les tarifs sont restés les mêmes, avec, au moment où nous écrivons ces lignes, des offres en location mensuelle débutant à 19 € pour un engagement d’un an et de 189 € sur un abonnement annuel. La location de Media Composer sur un mois sans engagement est proposée à 24 € et des offres avantageuses sont disponibles pour des engagements de deux ou trois ans.

 

Conclusion

Comme nous l’avons évoqué tout au long de l’article, la modernisation d’un outil tel que Media Composer représente un pas beaucoup plus important pour un éditeur historique comme Avid. La stabilité de l’outil et sa longévité (qui se compte en décennies) sont exemplaires. Le travail sur l’interface est remarquable et des modifications en profondeur, telles que le travail en 32 bits virgule flottante et l’intégration du MXF-OP1a en natif, sont également des plus indéniables. Il reste à vérifier si ces modifications attireront les nouveaux publics et pour les plus geeks d’entre nous à surveiller les évolutions en profondeur qui suivront les modifications de l’interface dans les futures versions : peut-être un véritable nouveau départ ? 

 

ET APRÈS ? SUITE DES ÉVOLUTIONS PRÉVUES POUR MEDIA COMPOSER

« Nous avions déjà travaillé sur la dernière version de Media Composer, rappelle Jean-Philippe Auguer, l’outil multicaméra et intégrés des masques dans Symphony, l’option d’étalonnage avancé. Dans les projets à venir, il est prévu de repenser le mode d’effets pour avoir une meilleure gestion des couches d’effets et des prévisualisations qui sont amenées à changer régulièrement dans l’industrie hollywoodienne.

« Avec MC 2019, on assiste à la première grande étape qui était l’interface, le pipeline de correction colorimétrique, les exports (notamment IMF), les calculs déportés et le ciblage d’un nouveau public pouvant être dérouté par un logiciel comme Média Composer. L’outil reste cependant un Media Composer.

« Pour les journalistes, Avid propose les solutions Media Central Cloud UX déjà en place dans certaines chaînes de télévision qui permettent des fonctionnalités de montage basiques et simplifiées via un navigateur web. La version Media Central UX permet au journaliste de débuter le montage, qui sera finalisé par un monteur qui ajoutera, par exemple, des effets sur un Media Composer.

 

Extrait de l’article paru pour la première fois dans Mediakwest #32, p.100/102. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 10 juillet 2019 à 17:00

TitraFilm : dix nouvelles salles pour la post production TV

Le studio A spécialisé dans le mixage cinéma VF. © Benoit Stefani

Suite à son redéploiement sur Saint-Ouen, TitraFilm complète ses moyens techniques avec la création de dix nouvelles salles de travail dédiées à la postproduction TV. Miguel Adélise, directeur technique adjoint pour l’ensemble des moyens audio de TitraFilm, et également responsable technique des Studios de Saint-Ouen, nous fait visiter ces nouvelles installations architecturées autour des technologies d’Audio sur IP.

 

À l’occasion de l’intégration de TVS sur le site de Saint-Ouen, TitraFilm, qui regroupe depuis quelques temps déjà le labo TVS et le spécialiste du doublage film Les Studios de Saint-Ouen (lire plus loin), se dote de dix nouveaux studios qui viennent étoffer son offre. Mise en service en octobre dernier après un ensemble de travaux répartis sur plus de deux ans, cette nouvelle plate-forme technique créée ex nihilo comprend quatre salles de montage, deux cabines Speak, deux studios d’enregistrement et deux studios de mixage.

Partant d’une dalle nue sans aucun câblage, Miguel Adélise s’est appuyé logiquement sur les technologies d’audio sur IP : « Après une première expérience moyennement concluante avec Ravenna, on a finalement fait le choix du Dante, explique t-il. Nous sommes pleinement satisfaits car l’installation est stable, et la récente évolution du Dante vers la vidéo se montre prometteuse. »

 

 

Stockage centralisé et audio sur IP

TitraFilm ne fait pas exception à la tendance actuelle qui pousse vers le stockage centralisé. Ainsi, bien que l’ensemble des installations soit réparti sur deux bâtiments, l’organisation, grâce au déploiement de la fibre sur l’ensemble du site, repose sur un serveur centralisé NAS Dell EMC Isilon qui distribue les sources suivant les besoins. « Une session Pro Tools peut ainsi commencer dans un studio et se poursuivre dans un autre car nous avons fait en sorte de respecter une uniformité d’équipement et de câblage », précise Miguel Adélise. Motorisés par des Pro Tools HD1, les studios son communiquent sur le réseau en Dante grâce à leurs interfaces audio FocusRite RedNet HD32R, tandis que, suivant les salles, on trouve des surfaces de contrôle Avid D Command, C24 ou S6.

Au-delà de la légèreté du câblage et de la suppression des problèmes de buzz et autres parasites qui traditionnellement constituent un vrai casse-tête sur des installations de cette ampleur, notre interlocuteur fait le point sur les changements apportés au quotidien par les technologies IP sur un complexe technique multisalle comme celui de TitraFilm.

« Avant le câblage IP, à chaque changement de console, il fallait prévoir et modifier le câblage pour l’adapter à chaque machine. Aujourd’hui ce n’est plus le cas, le câblage reste identique même si les machines changent. Comme nous avons effectué l’isolation et le traitement acoustique de l’ensemble des salles dès le départ, nous pouvons même envisager de modifier l’activité d’une salle sans changer son câblage. Par exemple, rien ne nous empêche de transformer un studio son pour en faire une salle de cinéma ou de transformer une salle de DCP en un studio son, ou encore l’utiliser ponctuellement pour vérifier un mixage », souligne Miguel Adélise.

Pour le dépannage quotidien et la maintenance, l’audio sur IP offre également plus de souplesse et de nouvelles possibilités grâce à la disponibilité de nouveaux outils. Ainsi, tous les assistants son de la maison sont équipés d’une petite interface AM2 appartenant à la gamme RedNet de FocusRite. Elle est alimentable en PoE et dotée simplement d’une sortie ligne et d’une sortie casque stéréo.

« Avec un casque ou une paire d’enceintes amplifiées, les assistants peuvent récupérer et écouter toute les sources de tous les Pro Tools partout où ils se trouvent. Il suffit juste d’avoir une liaison en RJ-45 jusqu’à un switch, la commutation des écrans claviers souris se faisant via KVM. Avec cette configuration, je peux facilement assister quelqu’un, entendre ce qui se passe sur son système et le dépanner. Plus généralement, comme on n’est plus limité par les longueurs de câbles, cela permet de distribuer de l’audio partout dans la maison et d’écouter au casque ou sur des enceintes. Dans le même esprit, toujours chez FocusRite, il y a aussi la petite interface X2P qui, avec ses deux préamplis micro, permet d’enregistrer un speak de manière autonome directement dans la cabine si tous les studios sont pris… », explique Miguel Adélise.

 

 

Gestion du monitoring centralisée

Pour les enceintes, les Genelec 8240 et 8330 bien connus des mixeurs ont été installées dans les studios son, tandis que dans les salles de montage sont proposées des Dynaudio Air12, ou d’autres marques disponibles sur demande.

« À six mois près, nous aurions pu nous équiper avec des enceintes RJ 45, ce qui aurait encore simplifié l’installation en supprimant les boîtiers de conversion dans les dix salles », regrette Miguel Adélise toujours à l’écoute des dernières tendances, comme par exemple la centralisation de la gestion du monitoring.

En effet, toutes ces fonctionnalités quotidiennement utilisées, comme le fait de passer d’une petite à une grande écoute ou d’un monitoring stéréo à un monitoring multicanal, ou encore d’actionner le talk-back pour communiquer avec le comédien voix en cabine, étaient encore récemment assurées par des consoles. Avec leur disparition progressive, sont apparus sur le marché des processeurs dédiés à ces tâches, apportant parfois le processing et l’optimisation des enceintes, comme c’est le cas chez Trinnov par exemple.

Avec la structure de carte de traitement modulaire d’un produit comme le DAD AX32, une nouvelle étape semble aujourd’hui en passe d’être franchie puisque deux de ces machines suffisent à assurer la gestion centralisée de l’ensemble des nouvelles salles.

« Les DAD récupèrent les entrées/sorties nécessaires au monitoring des salles depuis les stations audio ou vidéo via Dante, soit environ une trentaine de canaux par studio. En fonction des salles, la conversion Dante pour ce monitoring est effectuée soit via le dispositif KVM, soit via le logiciel Audinate Virtual Sound Card. La latence induite par ce procédé est ici acceptable, sachant que la latence d’affichage des moniteurs est de l’ordre de 10 ms et qu’elle reste toujours bien en dessous du quart d’image. La partie processing du monitoring est prise en charge par le système Genelec dans les studios son, et par le DAD AX32 dans les autres salles, notamment grâce à la capacité de traitement des cartes filles SPQ dont les DAD sont équipés », précise Miguel Adélise.

Une fois acheminées et traitées dans le DAD, les sorties sont distribuées vers le Control Room et le monitoring casque de chaque régie suivant les besoins, sachant que, dans chaque salle, un boîtier de télécommande DAD Mom permet d’appeler les sources nécessaires en fonction des configurations demandées (grande, moyenne ou petite écoute, stéréo, 5.1, tall-back, etc.).

Miguel Adélise nous retrace la genèse de cette solution plutôt avant-gardiste : « Acquérir les dix systèmes de gestion de monitoring 5.1 dont nous avions besoin représentait un investissement important. J’ai donc essayé, sans succès, de trouver un système de monitoring 5.1 compatible Dante avant de me tourner vers le DAD AX32 que l’on peut considérer comme une matrice 1 500 x 1 500 capable de router et de véhiculer 512 canaux audio avec SRC sur un simple câble Gigabit Ethernet. Il suffit ensuite d’ajouter les cartes nécessaires pour le processing audio et le Dante. J’ai réparti ensuite le traitement sur deux machines simplement pour avoir une solution de rechange en cas de panne. L’une des forces du DAD est de pouvoir assurer les commutations à toutes les fréquences de façon indépendante grâce à ses conversions SRC intégrées et je n’ai besoin d’acheminer qu’une seule référence PTP distribuée via IP, ce qui simplifie également la distribution d’horloge. »

 

 

Administration, sécurisation

Évidemment, le passage au tout IP ne va sans nécessiter une adaptation aux technologies réseau, créant au passage de nouvelles tâches et soulevant de nouveaux problèmes liés notamment à l’administration et à la sécurisation, un point central pour une société comme TitraFilm dont les clients figurent parmi les plus exigeants en la matière.

Miguel Adélise précise son niveau d’intervention dans la gestion quotidienne du réseau : « Je gère les machines audio dans la plage d’adresses IP qui m’est réservée. À partir du moment où le service informatique me réserve une zone IP pour l’audio, je peux par exemple y déployer un switch. Pour l’exploitation, il faut juste ensuite savoir ouvrir et fermer les ports via des lignes de commande. Par contre, tout ce qui concerne le maillage du réseau, les liens entre switch et la gestion des zones reste l’affaire du service IT. De manière générale, il faut intégrer les bons réflexes en matière de sécurité informatique, afin de savoir qui fait quoi sur le réseau, et d’être capable d’établir le contrôle et la traçabilité des accès exigés par nos clients. Le logiciel Dante Domain Manager me permet de déterminer les zones d’utilisation et les autorisations d’accès en fonction des profils utilisateurs (intervenant extérieur, permanent, etc.), et des projets sur lesquels ils travaillent, sachant que chaque studio est un sous-domaine. Ce besoin de contrôle va encore s’accentuer lorsque la vidéo sera transportable via Dante. »

 

 

De la veille technologique et des idées

Guidées par une veille technologique constante, les idées de chantiers à venir figurant sur la feuille de route ne manquent décidément pas ! Il y aura prochainement le changement de certaines consoles et ordinateurs hôtes qui arrivent en fin de vie et ce sera sans doute l’occasion de réduire l’espace nodal et la consommation électrique des stations audio basées sur des Mac « Cheese-Gater » format tour, sans oublier les nouvelles possibilités qu’offriront bientôt le transport des données audio et vidéo synchrones en Dante sur Ethernet 1 Gbit. En effet, dès que les fabricants auront intégré la nouvelle carte Dante AV Module annoncée par Audinate pour mi-2019, l’ensemble du dispositif permettant le transport et la lecture de l’image vidéo dans les studios devrait s’en trouver allégé. Bref, encore de belles évolutions à venir…

 

 

HISTORIQUE TITRAFILM : DU SOUS-TITRAGE À LA LOCALISATION MONDIALISÉE

Même si, quand on évoque TitraFilm, vient naturellement à l’esprit le sous-titrage qui est à l’origine de la création de la société en 1933, l’activité d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec ce qu’elle a été durant les années d’or de la pellicule.

Parmi les changements importants, on peut citer tout d’abord, en 1991, la création du laboratoire TVS pour permettre de livrer des PAD aux chaînes de télévision, notamment Canal Plus, et également effectuer des Dupli K7 vidéo. Ce labo s’orientera progressivement de plus en plus vers le doublage TV. Parallèlement, avec la disparition de la pellicule et la montée en puissance du fichier, l’activité sous-titrage fond, mais la société fait le choix de rebondir en se repositionnant sur de nouvelles activités prenant en compte ce nouvel environnement technologique.

Au final, après l’acquisition des Studios de Saint-Ouen en 2010 et un recentrage de toute l’activité sur ce nouveau site, TitraFilm devient progressivement un guichet unique capable de proposer un ensemble de services incluant mastering DCP, la localisation tout secteur (TV, film, série) structuré pour répondre à la demande des majors traditionnels, mais aussi aux nouveaux diffuseurs que sont devenus Amazon, Apple ou Netflix.

Évidemment, cette mutation ne se fait pas en un jour et passe par la recherche de partenaires pour la localisation au niveau mondial permettant de proposer 40 langues, la création de la plate-forme de validation MyTitra, sans oublier un travail de sécurisation tant informatique que physique indispensable pour accompagner la révolution du tout fichier, avec une labellisation anti-piratage ISO 27001 et TPN 2018 en cours de validation.

Aujourd’hui TitraFilm est à même de proposer un large panel de services allant de la postproduction audio à la mastersation pour l’animation en passant par la création de voix pré-animatiques, mais aussi le mediaprocessing au sens large (diffusion hertzienne, VOD, DCP…), la localisation, ou encore le stockage et l’archivage (rushes, masters, DCP, projects, sessions…), sans oublier la formation sur certains créneaux spécialisés comme le sous-titrage, la gestion de projet, la détection ou la direction d’acteur...

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #31, p.54/56. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 10 juillet 2019 à 17:00

Blue Spirit en pleine croissance

La Balade de Yaya, porté par Blue Spirit Productions, est adapté d’une bande dessinée franco-chinoise. © Blue Spirit

Suite au succès de Ma vie de Courgette, Blue Spirit Productions est revenu au Cartoon Movie 2019 avec La Balade de Yaya. Une production qui inaugure le label Sinematik créé par le studio d’animation pour dynamiser la production de longs-métrages. Il fait pendant au label Just Kids dédié aux séries TV d’animation. Explication par Armelle Glorennec, directrice générale et productrice de Blue Spirit.

 

Mediakwest : Pourquoi avoir ouvert Sinematik ?

Armelle Glorennec : Eric Jacquot et moi-même désirions accélérer le développement de longs-métrages. Nous avons 15 ans et n’avons produit que trois films dont le dernier, Le Voyage du prince de Jean-François Laguionie et Xavier Picard, va se terminer (sortie prévue fin 2019/début 2020 par Gebeka). Nous aimerions produire un film tous les deux ans.

Avec ce label (dirigé par Sara Wikler), nous voulons aborder des films qui ne soient plus strictement d’auteur, mais des films jeunesse plus universels et grand public comme La Balade de Yaya. Même après le succès public et critique de Ma vie de Courgette, Le Voyage du prince, un conte philosophique, a été complexe à produire. Ce film, qui ne s’adresse pas vraiment à la jeunesse, n’a pas réussi à convaincre les chaînes de télé (mis à part Ciné+) qui ont des difficultés pour s’investir sur des projets non clairement identifiés « comédie jeune public ».

 

 

M : Vous venez aussi de renforcer votre pôle série TV en reprenant le label Just Kids créé par Muriel Achery...

A. G. : Nous avons aussi engagé Caroline Oustlant pour venir en relais sur la production de séries... En 2018, nous sommes arrivés au sommet d’un cycle initié il y a trois ans. Il y a eu une hausse importante de nos prestations (Gigantosaurus pour Cyber Group Studios, Tom Sawyer...) ainsi que de nos productions (saison 4 de Les merveilleuses cités d’or, Les 4 de Baker Street, Alice § Lewis, Arthur et les enfants de la table ronde, la série full 3D Les Borrowers, Splat & Harry sous le label Just Kids). Cet effet de volume est arrivé soudainement. Nous avons doublé nos effectifs (300 personnes se répartissent entre Angoulême, Paris et Montréal).

 

 

M : Comment votre chaîne de production fait-elle face à cette montée en charge ?

A. G. : Le studio, qui s’est fait une spécialité de la 3D au rendu 2D, dispose d’une chaîne de fabrication efficace (sur 3ds Max). Le suivi de production, Simone, mis au point il y a quelques années et devenu indispensable à la vie du studio, nous permet d’encaisser cette augmentation de volume. Trois développeurs sont dédiés à ce logiciel (en tout neuf personnes en R&D). Nous avons initié cette technique en 2009 sur le film Le Tableau et la série Les merveilleuses cités d’or.

Actuellement, nous expérimentons le moteur temps réel Unity. Nous comptons ainsi rapatrier, dans nos studios, les décors 2D qui se font en Chine et les traiter en 3D avec un rendu 2D.

 

Extrait de l’article paru pour la première fois dans Mediakwest #31, p.124/128. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 9 juillet 2019 à 17:00

Adobe Premiere Rush CC, solution de montage multiplates-formes

Trois étapes de postproduction (étalonnage, transformation et audio) dans Adobe Premiere Rush. © DR

MOJO (mobile journalisme), MOCO (mobile content), ou plus simplement vidéo sur mobile ; des expressions familières à tout professionnel de l’audiovisuel. Si la consommation de la télévision dans sa forme historique est en baisse, les « filmeurs » sont pourtant de plus en plus nombreux. La raison est simple : la vidéo est omniprésente dans notre quotidien, non plus simplement sur un poste de télévision mais sur ordinateur, sur smartphone, dans les transports, au travail ou dans l’intimité d’une chambre. C’est cette nouvelle consommation qui incite à créer du contenu en masse.

Les profils de ces nouveaux vidéastes sont très variés : communicants de tout poil, chefs de petites et moyennes entreprises, youtubeurs, vloggers, formateurs ; et pour ces nouveaux créatifs, de nouveaux outils sont nécessaires. La caméra en premier a changé : le modèle préféré des caméramen mobiles c’est… le smartphone. Pour la simplicité, mais pas uniquement ! Les images produites par les téléphones récents sont excellentes. Après les avoir mises en boîte, il faut monter ces images.

 

 

Un nouveau marché ?

Les grands éditeurs de logiciels ne se sont pas jetés tout de suite dans cette nouvelle bataille : une place vacante rapidement investie par de nouveaux entrants qui se sont attelés à l’optimisation des fonctionnalités vidéo des téléphones. Ils ont proposé des produits de qualité pour filmer (citons la célèbre application Filmic Pro), pour monter (LumaFusion, Kinemaster, Splice), parfois même les deux et bien plus avec la suite d’applications professionnelles CT Pro Mobile Vidéo Suite (lire notre article CTpro : la caméra des Mojo devient outil de montage, de streaming, et régie multicaméra). http://www.mediakwest.com/tournage/item/ctpro-la-camera-des-mojo-devient-outil-de-montage-de-streaming-et-regie-multicamera.html. Adobe Premiere Rush symbolise peut-être le réveil des éditeurs « historiques ».

 

 

Adobe Premiere Rush, c’est quoi ?

C’est avant tout une solution de montage vidéo conçue pour offrir une expérience utilisateur similaire sur tous les supports : smartphone (iPhone et bientôt Android), tablettes et ordinateurs (Mac et PC). Ce nouveau venu vient s’inscrire dans un écosystème existant. Il y a dix ans environ, Adobe avait profité de l’évolution du logiciel Final Cut Pro d’Apple (du 7 au X) pour renforcer sa place dans le secteur de la vidéo en professionnalisant l’outil Adobe Premiere Pro.

Adobe Premiere Rush est conçu autour du moteur de Premiere Pro, ce qui permet une compatibilité ascendante : des projets pourront être débutés sur Rush et poursuivis, améliorés ou complétés avec Premiere Pro. Des monteurs professionnels pourront poursuivre un travail initié sur le terrain. Les possibilités sont nombreuses et les workflows restent à inventer.

Au-delà du public ciblé par l’application, des rédactions plus traditionnelles sont susceptibles de s’emparer de l’outil. Des journalistes pourraient par exemple l’utiliser pour préparer l’ours, ou la maquette de leurs reportages sur le terrain, à l’hôtel, en voiture ou dans le train, avant de donner la main à un monteur. Dans Adobe Premiere Rush, l’utilisateur dispose de quatre pistes vidéo et trois pistes audio.

 

 

L’expérience mobile

Les utilisateurs d’Android pourront profiter prochainement d’Adobe Premiere Rush CC, aujourd’hui disponible sur iPhone. C’est une priorité pour la marque. Sur iOS, l’application s’installe via l’AppStore ; l’utilisateur doit alors renseigner ses identifiants Adobe Creative Cloud avant d’accéder à l’application et de créer son premier projet. On commence un projet en y ajoutant des médias depuis tous les emplacements locaux de l’iPhone (vidéos, photos, audios), ou depuis les espaces de stockage « nuagiques » Adobe Creative Cloud ou Dropbox.

 

 

Filmer à partir d’Adobe Premiere Rush

En plus de ses fonctionnalités de montage auxquelles on pense en premier, Rush propose également une interface simple pour filmer et intégrer les médias au projet ouvert dans le logiciel. Pour l’instant les fonctionnalités sont très simples et il peut être judicieux de conserver son application de tournage préférée, telle Filmic Pro déjà citée.

Il est cependant possible avec Rush de choisir la sensibilité (ISO), de régler la netteté, et la vitesse d’exposition ainsi que la cadence d’image (25 images par seconde par exemple) et de s’assurer qu’elle restera fixe tout au long de la prise de vue (la cadence pouvant varier avec l’application caméra native de l’iPhone).

Au niveau audio, on ne pourra pas choisir le type de source (automatique) ni vérifier les niveaux à l’aide de vumètres. Il y a des options de rack-focus, mais pas d’assistance à la mise au point et on ne dispose pas d’affichage des zones sous ou surexposées. L’application étant très récente, il est possible qu’Adobe développe cette partie dans le futur. Hormis les limitations contraignantes sur l’audio, les autres options de l’application caméra restent suffisantes pour une grande partie des utilisateurs.

 

 

Adobe Premiere Rush sur ordinateur

Que l’on continue un projet entamé sur smartphone ou que l’on en débute un tout neuf, la découverte de l’outil sur ordinateur est très proche. Si le projet est fraîchement commencé sur l’ordinateur, vous êtes invité à lui donner un nom avant de choisir les médias qui seront intégrés à la séquence. Un projet contient en effet une unique séquence. Il vous est alors proposé de copier les médias sur votre disque dur ; si vous avez filmé avec un smartphone, c’est une étape indispensable, complétée par la possibilité de synchronisation avec le compte Creative Cloud de l’utilisateur.

 

 

Silence ! On monte

Comme on pouvait le présager, les outils sont limités à leur strict minimum et le maniement simplifié à l’extrême. On déplace les médias, on les découpe avec une paire de ciseaux. La timeline (frise temporelle commune à tous les logiciels de montage pour organiser vos médias) rappelle ici beaucoup celle de Final Cut Pro X, elle est moderne et « magnétique ». Avec ce dernier terme, on signifie que le déplacement des médias en amont ou en aval de leur position originelle réorganise automatiquement les éléments voisins.

Il est possible d’afficher plus d’options dans la timeline, avec la matérialisation des pistes audio et vidéo et des outils pour bloquer, voir ou entendre sélectivement les pistes. Dans cet entête des pistes, on trouve également l’outil d’enregistrement des voix-off matérialisé par une icône en forme de microphone. Le « trim », l’opération de montage consistant à allonger ou réduire les plans par leurs débuts ou leurs fins, est très intuitif et fluide, bravo !

 

 

Une histoire de compromis

Une fois le montage mis en forme narrativement, il reste à l’améliorer. C’est tout le challenge d’une solution comme celle-ci. Il faut conserver l’attrait de la simplicité et offrir suffisamment de possibilités pour combler les volontés des artistes les plus ambitieux. C’est donc une question de délicats compromis, mais également de technologie. Car la véritable force d’Adobe tient dans ses équipes de développement et dans la transversalité de ses outils.

Il est donc ici fait appel aux puissants modules développés dans les outils dédiés et progressivement déployés dans les logiciels plus généralistes. C’est ainsi que l’on retrouve dans Adobe Premiere Rush les dernières solutions déjà déployées dans Adobe Premiere Pro. Grâce à une interface intuitive, ces outils associent l’intelligence artificielle à de puissants automatismes.

Pour le travail de la couleur, on reconnaît des outils dérivés des modules lumetri d’Adobe Premiere Pro (lumetri est le nom du moteur de rendu d’étalonnage d’Adobe). De puissantes options venues de la fenêtre Audio Essentiel permettent d’optimiser les bandes sons (le module audio essentiel a été développé dans Adobe Audition avant d’être intégré dans Adobe Premiere Pro). Pour le titrage on retrouve l’intégration des modèles d’animation graphique.

 

 

Opérons un arrêt sur image pour observer ses outils un peu plus en détail

À droite de l’interface de Rush, cinq icônes suggestives donnent accès à des fonctionnalités dédiées.

 

• TITRAGE

Pour intégrer un titre, l’utilisateur commence en choisissant un modèle parmi ceux proposés d’usines, les modèles présents dans ses bibliothèques synchronisées sur Adobe Creative Cloud et les modèles disponibles via Adobe Stock (gratuits ou payants). Des modèles d’animations graphiques peuvent également être créés par l’utilisateur ou un prestataire externe.

La préparation des modèles se fait dans la fenêtre objets graphiques essentiels d’Adobe Premiere Pro CC 2019, en profitant des possibilités d’animations et de mise en page des titres et des formes. Les options de la fonctionnalité « Responsive Design » permettent entre autres d’adapter les dimensions des formes créées à la taille des textes. On peut également intégrer aux modèles des médias externes tels des logos, des animations ou même des vidéos. Les modèles d’animations graphiques créés via After Effects seront prochainement compatibles avec Adobe Premiere Rush à l’occasion d’une future mise à jour.

Une fois le modèle choisi et correctement placé dans la vidéo, l’utilisateur peut le modifier selon les options offertes par chacun des modèles : position des titres, polices, tailles, couleur, contour, ombre, graphismes, animations ; tout est possible, même le plus simple.

 

• TRANSITIONS, LE CHOIX DE LA SOBRIÉTÉ

Au menu, fondu enchaîné et fondu au noir ou au blanc. On l’applique via un double clic aux extrémités du plan automatiquement sélectionné sous la tête de lecture, ou on le « drag & drop » depuis la fenêtre des préconfigurations. On peut ensuite aisément en modifier la durée.

 

• ÉTALONNAGE

L’histoire de Lumetri a débuté avec Speedgrade, l’outil d’étalonnage acquis par Adobe pour renforcer sa suite d’outils dédiés à l’audiovisuel. Lumetri était initialement le nom du moteur de rendu de cet outil dédié. La demande étant à l’efficacité avec une certaine dose de simplicité (déjà), c’est au sein de Premiere Pro que l’on a retrouvé Lumetri, les équipes de développement issues de Speedgrade ayant été affectées à la création de deux fenêtres dédiées intitulées Moniteur Lumetri et Couleur Lumetri. C’est donc en partant de cet acquis technologique que l’interface de travail de la couleur d’Adobe Premiere Rush a été développée.

On peut en premier lieu choisir une des préconfigurations intégrées, que l’on pourra doser via une simple glissière. Les réglages « couleurs » principaux sont modifiables via les outils simples issus du module de Premiere Pro : exposition, contraste, température de couleur, saturation, netteté, vignette. Il est possible d’enregistrer des préréglages. La simplicité étant de mise, Adobe a préféré, dans cette version d’Adobe Premiere Rush, proposer les options les plus simples, sans intégrer les outils de réglages automatiques de la balance des blancs ou de correspondance des plans que l’on trouvera dans Adobe Premiere Pro. Si certains utilisateurs souhaitent affiner leur postproduction, la compatibilité ascendante de Rush avec Premiere Pro, permettra d’utiliser les puissants outils de ce logiciel si le besoin s’en fait sentir.

 

• ÉCOUTONS VOIR !

Adobe Premiere Rush est richement pourvu pour le traitement du son. On peut régler automatiquement les niveaux, équilibrer le son, ou réduire le bruit. Le nouvel algorithme de réduction de l’écho est également de la partie. C’est un outil récemment introduit dans l’arsenal d’options proposées aux utilisateurs d’Adobe Audition ; jusqu’alors il existait très peu de solutions pour améliorer les sons trop fortement réverbérés.

Pour le réglage des niveaux audio, on dispose d’une glissière impactant le niveau de l’élément sélectionné. Pour mixer les sons, plutôt que l’utilisation d’images clés, c’est un outil automatique qui a été intégré au logiciel (auto duck). Vous renseignez le type des médias (voix, musique ou autre) et vous demandez à Rush un réglage automatique du niveau de la musique par rapport aux voix.

 

• TRANSFORMATIONS DE L’IMAGE, ANIMATIONS

Des options simples permettent de recadrer des plans, les déplacer ou de modifier leur échelle et leur opacité. On peut ainsi préparer des PIP (picture in picture) ou des animations simples.

 

• UN PETIT PLUS

Le bouton + en haut à gauche de l’interface donne accès aux titres, à l’outil d’enregistrement des voix et à l’explorateur de médias.

 

On exporte et on partage

Une interface est dédiée à l’export et à la diffusion des films sur les réseaux. C’est simple et efficace ; après renseignement des coordonnées YouTube, Facebook, Instagram et/ou Behance, il est possible de sélectionner les différents interrupteurs pour initier les exports et les diffusions. Nul besoin de grandes compétences techniques, les choix qualitatifs et techniques des exports sont très orientés, tel le choix entre la qualité d’export faible, moyenne ou élevée.

 

 

Rush est un outil très récent

Le premier grand chantier d’Adobe pour Rush est la sortie de la version Android. L’autre grand challenge est l’optimisation du compromis entre la simplicité d’utilisation et la mise à disposition d’options suffisamment évoluées directement depuis Rush (sans aller dans Premiere Pro).

Ces choix de développements sont très sérieusement étudiés par Adobe, et pour cela il est directement proposé aux utilisateurs d’interagir avec les équipes de développements d’Adobe. En cliquant sur une petite icône en forme de bulle de bande dessinée, vous pouvez envoyer un commentaire pour demander de futures améliorations ; il est également possible de participer à des votes pour prioriser les évolutions attendues. Actuellement, les utilisateurs souhaitent majoritairement que soient intégrées au logiciel des fonctionnalités de modification de la vitesse des plans (ralentis). Certains demandent également que puissent être ajoutées des images clés pour les animations ou des LUT (look-up tables) comme dans Premiere Pro.

 

 

Le grand rush

Si on osait ce trait d’humour, Adobe ne s’est pas pressé pour nous proposer cet outil dédié aux nouveaux créateurs vidéo. Mais c’est peut-être juste le bon, voire le meilleur moment, pour imposer sa solution. Le produit est fort bien conçu et agréable à utiliser. La prise en main est évidente, que ce soit sur iPhone ou sur ordinateur, et c’est un point primordial.

Le lien avec les autres outils de la suite est l’autre grand atout d’Adobe Premiere Rush : avec Premiere Pro via la compatibilité ascendante et la possibilité de créer des modèles d’animation et avec les logiciels dédiés tels qu’Audition à partir desquels ont été créées les fonctionnalités de postproduction de Premiere Rush. Le Creative Cloud apporte aussi une grande fluidité dans l’utilisation de Premiere Rush : un projet commencé via l’application iPhone pourra être continué sur un ordinateur directement grâce à l’option « synchroniser avec Creative Cloud ».

Question prix, Adobe a également souhaité proposer une offre plus agressive. Adobe Rush est disponible pour les utilisateurs déjà abonnés à l’offre complète Adobe Creative Cloud, et le logiciel seul peut être loué pour un tout petit moins de 12 € par mois. Une formule Starter gratuite limitée (à trois exports) permet de le tester avant d’investir. Adobe nous a confirmé que l’optimisation de Rush serait une priorité pour l’année 2019 ; nous allons suivre cela avec très grand intérêt.

 

 

LE MOT DE L’ÉDITEUR

Voice ce que dit Fred Rolland, Sr. Business Development Manager, Creative Cloud for Enterprise and Video.

« Forts de l’expérience acquise depuis plus de 25 ans avec nos logiciels professionnels que sont Premiere Pro, Audition et After Effects, ainsi que des sept années qui nous ont permis de mettre en place la plate-forme Creative Cloud, le timing était le bon pour lancer Adobe Premiere Rush – une expérience multiplates-formes de création vidéo en ligne. Premiere Rush repose sur les technologies professionnelles d’Adobe pour permettre aux utilisateurs de créer et de publier sur les réseaux sociaux des vidéos de qualité professionnelle, tout en bénéficiant d’une expérience utilisateur complètement revue et simplifiée.

« Nous souhaitons proposer une expérience unifiée quel que soit l’appareil utilisé. La collaboration entre Premiere Rush et Premiere Pro sans friction était évidente, tout comme le partage de ressources graphiques avec les bibliothèques Creative Cloud. Nous sommes vraiment dans un nouveau paradigme où les technologies s’adaptent à l’utilisateur et non le contraire.

« La version 1.0 de Premiere Rush a été très bien accueillie par les utilisateurs, notamment avec la formule Starter gratuite. Adobe a pour ambition de rendre la créativité accessible à tous, Premiere Rush a une feuille de route prometteuse : Adobe Sensei, notre moteur d’IA, va continuer à accélérer notre capacité à faire évoluer cette solution ; et l’application sera disponible sur Android en 2019 ».

 

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #30, p.90/94. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

 

  • 8 juillet 2019 à 17:00

Terra Willy, Signé TAT Productions

Film d’aventure produit par TAT Productions, Terra Willy d’Eric Tosti sort en France le 3 avril 2019. Avec Bac Films, Logical Pictures, France 3 Cinéma & Master Films. © TAT Productions

« Découvert » en 2006 au Cartoon Forum, TAT Productions y est revenu en 2019 pour présenter son second long-métrage, Terra Willy (à l’affiche en France le 3 avril), film abordant de manière jubilatoire le mythe de Robinson Crusoé façon spatial. Distribué en France (sur une combinaison de 400 copies) et à l’international par Bac Films, Terra Willy devrait s’inscrire dans la lignée des As de la jungle qui a propulsé le studio toulousain sur le devant de la scène (125 personnes actuellement). Rencontre avec le producteur Jean-François Tosti.

 

Mediakwest : Vos productions prouvent que l’on peut fabriquer en France des films à la fois de grande qualité et commerciaux. Comment l’expliquez-vous ?

Jean-François Tosti : Pour mon frère Éric, David Alaux et moi-même, l’animation est un medium servant à raconter des histoires, plus qu’une expression artistique. Nos films, que nous écrivons et fabriquons, doivent être vus par le plus grand nombre. Comme nous ne réalisons pas de prestations, cette démarche nous oblige à avoir une vraie analyse du marché. Dès notre premier projet, l’unitaire Spike, présenté au Cartoon Forum à Pau (en 2006), nous nous sommes aperçus que l’international avait une place importante dans nos montages financiers.

 

 

M : Terra Willy suit-il la même chaîne de production que Les As de la jungle ?

J.-F. T. : Depuis dix ans, notre studio 3D s’appuie sur la base logicielle 3ds Max et la suite Adobe. C’est presque devenu une anomalie de nos jours, mais ces outils nous conviennent très bien ! Nos développeurs créent des extensions pour qu’ils soient encore plus efficaces. Il y a encore des lourdeurs techniques comme le temps d’ouverture d’un fichier, l’affichage d’une preview...

Si nous sommes dans une recherche permanente d’optimisation, nous avons aussi investi dans une ferme de rendu très performante. Cette chaîne de production nous a permis de fabriquer Terra Willy en deux ans (comme Les As de la jungle) pour un budget de 6 millions d’euros.

Sur ce film qu’ Éric a souhaité très coloré, nous avons poussé les textures et les shaders à partir de textures procédurales, mais surtout de sculptures réalisées sur ZBrush et de photos ultra-haute définition de végétaux et peaux d’animaux naturalisés du Muséum d’histoire naturelle de Toulouse.

 

 

M : Allez-vous augmenter votre production de longs-métrages en parallèle à votre activité de production de séries ?

J.-F. T. : Nous sommes actuellement en pré-production du long-métrage Les Aventures de Pil (réalisateur Julien Fournet) en même temps que nous finalisons la saison 3 des As de la jungle. Après ce film, nous prévoyons de livrer un long-métrage tous les ans (en projet Argonautes et Les As de la jungle 2). Cette logique de studio permet de faire des économies d’échelle. Si nous élargissons notre offre (Terra Willy nous a permis d’explorer d’autres directions), nous ne changerons pas notre orientation : produire des films qui plaisent aux enfants et à la famille.

 

Extrait de l’article paru pour la première fois dans Mediakwest #31, p.124/128. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 7 juillet 2019 à 16:00

TitraFilm : dix nouvelles salles pour la post production TV

Le studio A spécialisé dans le mixage cinéma VF. © Benoit Stefani

Suite à son redéploiement sur Saint-Ouen, TitraFilm complète ses moyens techniques avec la création de dix nouvelles salles de travail dédiées à la postproduction TV. Miguel Adélise, directeur technique adjoint pour l’ensemble des moyens audio de TitraFilm, et également responsable technique des Studios de Saint-Ouen, nous fait visiter ces nouvelles installations architecturées autour des technologies d’Audio sur IP.

 

À l’occasion de l’intégration de TVS sur le site de Saint-Ouen, TitraFilm, qui regroupe depuis quelques temps déjà le labo TVS et le spécialiste du doublage film Les Studios de Saint-Ouen (lire plus loin), se dote de dix nouveaux studios qui viennent étoffer son offre. Mise en service en octobre dernier après un ensemble de travaux répartis sur plus de deux ans, cette nouvelle plate-forme technique créée ex nihilo comprend quatre salles de montage, deux cabines Speak, deux studios d’enregistrement et deux studios de mixage.

Partant d’une dalle nue sans aucun câblage, Miguel Adélise s’est appuyé logiquement sur les technologies d’audio sur IP : « Après une première expérience moyennement concluante avec Ravenna, on a finalement fait le choix du Dante, explique t-il. Nous sommes pleinement satisfaits car l’installation est stable, et la récente évolution du Dante vers la vidéo se montre prometteuse. »

 

 

Stockage centralisé et audio sur IP

TitraFilm ne fait pas exception à la tendance actuelle qui pousse vers le stockage centralisé. Ainsi, bien que l’ensemble des installations soit réparti sur deux bâtiments, l’organisation, grâce au déploiement de la fibre sur l’ensemble du site, repose sur un serveur centralisé NAS Dell EMC Isilon qui distribue les sources suivant les besoins. « Une session Pro Tools peut ainsi commencer dans un studio et se poursuivre dans un autre car nous avons fait en sorte de respecter une uniformité d’équipement et de câblage », précise Miguel Adélise. Motorisés par des Pro Tools HD1, les studios son communiquent sur le réseau en Dante grâce à leurs interfaces audio FocusRite RedNet HD32R, tandis que, suivant les salles, on trouve des surfaces de contrôle Avid D Command, C24 ou S6.

Au-delà de la légèreté du câblage et de la suppression des problèmes de buzz et autres parasites qui traditionnellement constituent un vrai casse-tête sur des installations de cette ampleur, notre interlocuteur fait le point sur les changements apportés au quotidien par les technologies IP sur un complexe technique multisalle comme celui de TitraFilm.

« Avant le câblage IP, à chaque changement de console, il fallait prévoir et modifier le câblage pour l’adapter à chaque machine. Aujourd’hui ce n’est plus le cas, le câblage reste identique même si les machines changent. Comme nous avons effectué l’isolation et le traitement acoustique de l’ensemble des salles dès le départ, nous pouvons même envisager de modifier l’activité d’une salle sans changer son câblage. Par exemple, rien ne nous empêche de transformer un studio son pour en faire une salle de cinéma ou de transformer une salle de DCP en un studio son, ou encore l’utiliser ponctuellement pour vérifier un mixage », souligne Miguel Adélise.

Pour le dépannage quotidien et la maintenance, l’audio sur IP offre également plus de souplesse et de nouvelles possibilités grâce à la disponibilité de nouveaux outils. Ainsi, tous les assistants son de la maison sont équipés d’une petite interface AM2 appartenant à la gamme RedNet de FocusRite. Elle est alimentable en PoE et dotée simplement d’une sortie ligne et d’une sortie casque stéréo.

« Avec un casque ou une paire d’enceintes amplifiées, les assistants peuvent récupérer et écouter toute les sources de tous les Pro Tools partout où ils se trouvent. Il suffit juste d’avoir une liaison en RJ-45 jusqu’à un switch, la commutation des écrans claviers souris se faisant via KVM. Avec cette configuration, je peux facilement assister quelqu’un, entendre ce qui se passe sur son système et le dépanner. Plus généralement, comme on n’est plus limité par les longueurs de câbles, cela permet de distribuer de l’audio partout dans la maison et d’écouter au casque ou sur des enceintes. Dans le même esprit, toujours chez FocusRite, il y a aussi la petite interface X2P qui, avec ses deux préamplis micro, permet d’enregistrer un speak de manière autonome directement dans la cabine si tous les studios sont pris… », explique Miguel Adélise.

 

 

Gestion du monitoring centralisée

Pour les enceintes, les Genelec 8240 et 8330 bien connus des mixeurs ont été installées dans les studios son, tandis que dans les salles de montage sont proposées des Dynaudio Air12, ou d’autres marques disponibles sur demande.

« À six mois près, nous aurions pu nous équiper avec des enceintes RJ 45, ce qui aurait encore simplifié l’installation en supprimant les boîtiers de conversion dans les dix salles », regrette Miguel Adélise toujours à l’écoute des dernières tendances, comme par exemple la centralisation de la gestion du monitoring.

En effet, toutes ces fonctionnalités quotidiennement utilisées, comme le fait de passer d’une petite à une grande écoute ou d’un monitoring stéréo à un monitoring multicanal, ou encore d’actionner le talk-back pour communiquer avec le comédien voix en cabine, étaient encore récemment assurées par des consoles. Avec leur disparition progressive, sont apparus sur le marché des processeurs dédiés à ces tâches, apportant parfois le processing et l’optimisation des enceintes, comme c’est le cas chez Trinnov par exemple.

Avec la structure de carte de traitement modulaire d’un produit comme le DAD AX32, une nouvelle étape semble aujourd’hui en passe d’être franchie puisque deux de ces machines suffisent à assurer la gestion centralisée de l’ensemble des nouvelles salles.

« Les DAD récupèrent les entrées/sorties nécessaires au monitoring des salles depuis les stations audio ou vidéo via Dante, soit environ une trentaine de canaux par studio. En fonction des salles, la conversion Dante pour ce monitoring est effectuée soit via le dispositif KVM, soit via le logiciel Audinate Virtual Sound Card. La latence induite par ce procédé est ici acceptable, sachant que la latence d’affichage des moniteurs est de l’ordre de 10 ms et qu’elle reste toujours bien en dessous du quart d’image. La partie processing du monitoring est prise en charge par le système Genelec dans les studios son, et par le DAD AX32 dans les autres salles, notamment grâce à la capacité de traitement des cartes filles SPQ dont les DAD sont équipés », précise Miguel Adélise.

Une fois acheminées et traitées dans le DAD, les sorties sont distribuées vers le Control Room et le monitoring casque de chaque régie suivant les besoins, sachant que, dans chaque salle, un boîtier de télécommande DAD Mom permet d’appeler les sources nécessaires en fonction des configurations demandées (grande, moyenne ou petite écoute, stéréo, 5.1, tall-back, etc.).

Miguel Adélise nous retrace la genèse de cette solution plutôt avant-gardiste : « Acquérir les dix systèmes de gestion de monitoring 5.1 dont nous avions besoin représentait un investissement important. J’ai donc essayé, sans succès, de trouver un système de monitoring 5.1 compatible Dante avant de me tourner vers le DAD AX32 que l’on peut considérer comme une matrice 1 500 x 1 500 capable de router et de véhiculer 512 canaux audio avec SRC sur un simple câble Gigabit Ethernet. Il suffit ensuite d’ajouter les cartes nécessaires pour le processing audio et le Dante. J’ai réparti ensuite le traitement sur deux machines simplement pour avoir une solution de rechange en cas de panne. L’une des forces du DAD est de pouvoir assurer les commutations à toutes les fréquences de façon indépendante grâce à ses conversions SRC intégrées et je n’ai besoin d’acheminer qu’une seule référence PTP distribuée via IP, ce qui simplifie également la distribution d’horloge. »

 

 

Administration, sécurisation

Évidemment, le passage au tout IP ne va sans nécessiter une adaptation aux technologies réseau, créant au passage de nouvelles tâches et soulevant de nouveaux problèmes liés notamment à l’administration et à la sécurisation, un point central pour une société comme TitraFilm dont les clients figurent parmi les plus exigeants en la matière.

Miguel Adélise précise son niveau d’intervention dans la gestion quotidienne du réseau : « Je gère les machines audio dans la plage d’adresses IP qui m’est réservée. À partir du moment où le service informatique me réserve une zone IP pour l’audio, je peux par exemple y déployer un switch. Pour l’exploitation, il faut juste ensuite savoir ouvrir et fermer les ports via des lignes de commande. Par contre, tout ce qui concerne le maillage du réseau, les liens entre switch et la gestion des zones reste l’affaire du service IT. De manière générale, il faut intégrer les bons réflexes en matière de sécurité informatique, afin de savoir qui fait quoi sur le réseau, et d’être capable d’établir le contrôle et la traçabilité des accès exigés par nos clients. Le logiciel Dante Domain Manager me permet de déterminer les zones d’utilisation et les autorisations d’accès en fonction des profils utilisateurs (intervenant extérieur, permanent, etc.), et des projets sur lesquels ils travaillent, sachant que chaque studio est un sous-domaine. Ce besoin de contrôle va encore s’accentuer lorsque la vidéo sera transportable via Dante. »

 

 

De la veille technologique et des idées

Guidées par une veille technologique constante, les idées de chantiers à venir figurant sur la feuille de route ne manquent décidément pas ! Il y aura prochainement le changement de certaines consoles et ordinateurs hôtes qui arrivent en fin de vie et ce sera sans doute l’occasion de réduire l’espace nodal et la consommation électrique des stations audio basées sur des Mac « Cheese-Gater » format tour, sans oublier les nouvelles possibilités qu’offriront bientôt le transport des données audio et vidéo synchrones en Dante sur Ethernet 1 Gbit. En effet, dès que les fabricants auront intégré la nouvelle carte Dante AV Module annoncée par Audinate pour mi-2019, l’ensemble du dispositif permettant le transport et la lecture de l’image vidéo dans les studios devrait s’en trouver allégé. Bref, encore de belles évolutions à venir…

 

 

 

HISTORIQUE TITRAFILM : DU SOUS-TITRAGE À LA LOCALISATION MONDIALISÉE

Même si, quand on évoque TitraFilm, vient naturellement à l’esprit le sous-titrage qui est à l’origine de la création de la société en 1933, l’activité d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec ce qu’elle a été durant les années d’or de la pellicule.

Parmi les changements importants, on peut citer tout d’abord, en 1991, la création du laboratoire TVS pour permettre de livrer des PAD aux chaînes de télévision, notamment Canal Plus, et également effectuer des Dupli K7 vidéo. Ce labo s’orientera progressivement de plus en plus vers le doublage TV. Parallèlement, avec la disparition de la pellicule et la montée en puissance du fichier, l’activité sous-titrage fond, mais la société fait le choix de rebondir en se repositionnant sur de nouvelles activités prenant en compte ce nouvel environnement technologique.

Au final, après l’acquisition des Studios de Saint-Ouen en 2010 et un recentrage de toute l’activité sur ce nouveau site, TitraFilm devient progressivement un guichet unique capable de proposer un ensemble de services incluant mastering DCP, la localisation tout secteur (TV, film, série) structuré pour répondre à la demande des majors traditionnels, mais aussi aux nouveaux diffuseurs que sont devenus Amazon, Apple ou Netflix.

Évidemment, cette mutation ne se fait pas en un jour et passe par la recherche de partenaires pour la localisation au niveau mondial permettant de proposer 40 langues, la création de la plate-forme de validation MyTitra, sans oublier un travail de sécurisation tant informatique que physique indispensable pour accompagner la révolution du tout fichier, avec une labellisation anti-piratage ISO 27001 et TPN 2018 en cours de validation.

Aujourd’hui TitraFilm est à même de proposer un large panel de services allant de la postproduction audio à la mastersation pour l’animation en passant par la création de voix pré-animatiques, mais aussi le mediaprocessing au sens large (diffusion hertzienne, VOD, DCP…), la localisation, ou encore le stockage et l’archivage (rushes, masters, DCP, projects, sessions…), sans oublier la formation sur certains créneaux spécialisés comme le sous-titrage, la gestion de projet, la détection ou la direction d’acteur...

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #31, p.54/56. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 4 juillet 2019 à 17:34

Les effets visuels de « L’Empereur de Paris »

Le tournage de ‘L’empereur de Paris’, s’est fait sur l’ancien aéroport de Bretigny-sur-Orge (TSF). La séquence de l’Arc de Triomphe fait partie des plus lourdes en terme d’images de synthèse. Un travail remarquable signé la CGEV. © DR

L’Empereur de Paris est un cas d’école intéressant, il illustre comment la technologie, les talents français et le crédit d’impôt permettent de favoriser le maintien du tournage de grosses productions françaises en France.

 

Le tournage de L’Empereur de Paris, réalisé par Jean-François Richet, s’est fait sur une friche de l’ancien aéroport de Bretigny-sur-Orge, dont la gestion a été confiée au groupe TSF. Un décor y a été construit, reprenant des rues du Paris du XIXe siècle. Plus précisément ce sont les rez-de-chaussée et premiers étages des bâtiments qui ont été construits, tout le reste étant de l’extension numérique de décor. Cette méthode permet ainsi de jouer sur le meilleur des deux mondes, celui des décors et celui du numérique, tout en réduisant les coûts de fabrication s’il avait fallu tout reconstruire en plateau en France ou à l’étranger. Ce genre de décor n’est plus disponible en naturel. Une prouesse réalisée par la société CGEV (Compagnie générale des effets visuels).

Le tournage de L’Empereur de Paris s’est déroulé du 25 septembre au 8 décembre 2017. En parallèle, les équipes de la CGEV travaillaient sur les recherches iconographiques, les premières modélisations en totale adéquation avec le chef décorateur sous l’œil du réalisateur : « Jean-François Richet est très exigeant et il connaît parfaitement l’histoire, les détails architecturaux, les métiers de rue de cette époque. Nous avons je pense une image assez fidèle de ce que pouvait être le Paris de cette époque », commente Alain Carsoux, président de la CGEV.

 

Les sociétés d’effets visuels sont habituées à faire des extensions de décor en numérique, le matte painting (ou peinture sur verre) est l’un des fondamentaux des effets visuels, mais dans ce film, cette technologie est portée à son paroxysme.

Habituellement, dans un film d’époque, la caméra est contrainte dans son cadre, dans la taille des plans. Les acteurs sont filmés en gros plan pour éviter les découvertes. Ici, il y a une totale forme de liberté dans la mise en scène ; il revient aux équipes de la CGEV de se débrouiller. Il y a eu aussi très peu de recours aux fonds verts, comme le fait remarquer Alain Carsoux.

« Il était impossible de mettre des fonds verts, car il aurait fallu en construire sur des dizaines de mètres, ce qui économiquement n’était pas viable, ni techniquement car cela demande de la construction. Nous avons donc, hormis pour quelques plans particuliers, tourné sans fond vert. »

 

Le réalisateur a une forme totale de liberté, il filme comme il veut sans se soucier de l’arrière-plan, cela permet de filmer plus rapidement. Toutefois, pour que cela fonctionne bien, il faut être précis en amont. « Plus les plans sont anticipés, plus nous gagnons du temps sur la postproduction, sur l’étalonnage. Le workflow était plutôt fluide et même s’il y a eu des moments de tension, tout s’est plutôt bien passé », souligne Alain Carsoux.

 

 

Tournage hybride

Le film a été tourné de manière hybride en pellicule et numérique. Environ 25 % du film est en 35 mm et le reste a été tourné avec des caméras Arri Alexa. La pellicule a été scannée en 4K et les fichiers Alexa débayrisés pour avoir un look désaturé proche de l’image 35 mm. Certaines séquences ont nécessité jusqu’à trois caméras, soit environ 2,5 To de données par jour. La pellicule était développée chez Hiventy et scannée en HD pour le montage.

Le montage s’est fait au sein de la CGEV avec du matériel fourni par Dum Dum Films et c’est le labo qui a fait l’étalonnage. Le film comprend de nombreux plans truqués (450 plans), ce qui est toujours critique au niveau du montage et de l’étalonnage, mais la synergie et les workflows mis en place entre la CGEV et le labo ont permis de postproduire le film sans douleurs excessives !

Cette méthode de tournage (décor et extension numérique) doit pouvoir se développer sur d’autres projets. Le rapport entre la qualité finale des images et l’investissement n’a aucune commune mesure avec un tournage conventionnel en décors réels ou en plateau. Cette carte de visite devrait permettre à la CGEV d’attirer de nombreux projets, y compris étrangers. 

 

Le budget sur les effets est d’environ 1,5 M € – il y a eu jusqu’à 60 personnes lors des pics de production. Toute la partie modélisation a été faite sur Maya et le rendu avec V Ray. Les séquences les plus complexes ont nécessité jusqu’à 36 heures de calcul (plus de 3 000 frames). Parmi les séquences les plus complexes à réaliser, celle de la construction de l’Arc de Triomphe, le plan de survol du marché et la séquence de fin sur la cour du Louvre.

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #30, p.88/89. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 26 juin 2019 à 17:00

Le Voyage du Prince, invité de marque à Annecy

Le Voyage du prince de Jean-François Laguionie constitue une suite très libre au Château des Singes réalisé en 1999. © Blue Spirit

Le Voyage du Prince a séduit le public du Festival d'Annecy lors de sa projection dans le cadre des séances événement. Et son réalisateur, Jean-François Laguionie, qui signe ce long métrage d'animation avec Xavier Picard, a été récompensé par un Cristal d'honneur pour toute son œuvre : Gwen, le livre de sable, le Château des Singes, le Tableau, Louise en hiver... Conte philosophique, fable humaniste ou carnet de voyage, Le Voyage du Prince (sortie le 4 décembre 2019) constitue une « suite miroir » du Château des Singes réalisé vingt ans plus tôt. Les rôles se sont en effet inversés : c'est au tour du Prince de Laankos, âgé mais toujours aussi curieux, d'être recueilli par le jeune primate Tom. Et de jouer les Candide devant la civilisation des Nioukos (Nouveau Monde) clinquante et bornée.

 

 

Contre toute attente, les producteurs de Blue Spirit, pourtant auréolés du succès de Ma vie de Courgette (deux Césars, 900 000 entrées), ont eu du mal à financer ce film qui n'est pas un film de divertissement (même s'il s'adresse à toute la famille), et à séduire les télévisions (hormis Ciné+). « C'est un film dont la part de producteur est importante», souligne Armelle Glorennec, cofondatrice de Blue Spirit. Soutenu par le CNC et la Région Nouvelle Aquitaine, le distributeur Gebeka Films et Urban Distribution International (UDI), le film (au budget d'environ 4 millions d'euros) est coproduit par le studio luxembourgeois Mélusine. Enthousiasmé par l'histoire, celui-ci a pris en charge tous les décors 2D (à partir de décors clés réalisés à Paris par Jean Palenstjin) tandis que les équipes Blue Spirit de Paris, Angoulême et Montréal, ravies de se retrouver sur un nouveau film de Laguionie, signent l'animation 3D des personnages et des accessoires.

Pour cette production à la mise en scène sobre et élégante, Blue Spirit a recouru à des plug in maison qui permettent d'obtenir des cernés 2D sur des modélisations 3D (3 ds max). Expérimenté avec succès depuis dix ans sur des séries comme Les mystérieuses Cités d'or (première saison), Ernest et Célestine et Les grandes grandes vacances ainsi que le long métrage Le Tableau, ce procédé donne à l'animation du Voyage du Prince une fluidité particulière. « Les volumes 3D sont modélisés en vue du rendu souhaité », explique Samuel Feuillade, assistant réalisateur chez Blue Spirit et directeur artistique sur la 3D. « Les shaders, le lighting et le cerné contribuent à donner cet effet entre 2D et 3D. Ces effets sont beaucoup retravaillés au compositing (sur Fusion). Nous avons été aussi très vigilants dans l'expressivité des animations faciales. Nous animons « dans la pose », les animations (12 images par seconde) ne sont jamais surjouées.»

  • 23 juin 2019 à 16:00

Cube, dénicheur de talents

Nouvelle franchise pour Cube, le très drôle ‘Pfffirates’, une série pour TF1, avec des pirates gonflées ! © Cube Creative Productions

La société Cube (Cube Production et Cube Creative) a, au fil des dernières années, constitué une équipe de jeunes talents qui sont aujourd’hui la marque de fabrique du studio. La société, qui a déménagé il y a deux ans à Levallois Perret, produit des contenus pour tous les écrans. Une approche de multi-spécialistes capables de créer en 2D, 3D, Relief, VR avec une passion toujours inassouvie et un carnet de commandes garni. Entretien avec Lionel Fages, cofondateur de Cube.

 

Mediakwest : Pouvez-nous faire un retour en arrière sur la création de la société ?

Lionel Fages : Il y a dix-sept ans, Majid Loukil, Bruno Le Levier et moi-même avons fondé Cube, qui comporte deux structures : Cube Productions qui est une société de production, et Cube Creative, une société de prestation de services. Nous avons, depuis l’origine, souhaité que le studio soit capable d’avoir ses propres auteurs-réalisateurs. Cube Creative fabrique pour Cube Production bien entendu, mais aussi pour d’autres. Nous conservons notre ADN qui nous porte à concevoir des choses très différentes : de la pub, de la série TV, du parc d’attractions… C’est cette variété qui nous passionne. Un jour, nous faisons un court-métrage avec Nicolas [Deveaux] sur des girafes qui plongent dans l’eau. Et le lendemain nous sommes interrogés par le Futuroscope pour l’une de leurs nouvelles attractions en 6K.

Nous continuons aussi à aller dans les écoles. Quand nous repérons un jeune qui a le sens de la réalisation, nous l’aidons à concevoir son premier court-métrage. Ce fut ainsi le cas pour Louis Clichy, Rémi Chapotot, Nicolas Deveaux. Nous sommes toujours dans cette quête.

Il y a quatre ans, avec Majid, nous avons décidé de devenir un interlocuteur important pour les chaînes de télé. Nous en sommes très fiers puisque nous avons réussi un grand Chelem, assez unique dans le paysage français. Nous comptons, en effet, une série chez Arte, une autre chez Canal, une troisième chez TF1 et une dernière chez France Télévisions !

Parmi elles, figurent « Tangranimo », avec France Télévisions, et « Athléticus », avec Arte, dont on vient de finir la saison 2.

« Pfffirates », elle, va rejoindre l’histoire des jeunes talents. Elle trouve son origine dans un court-métrage que nous avions découvert à Supinfocom Valenciennes en 2003. C’était l’histoire d’un pirate gonflé, sur un bateau gonflé, qui était attaqué par un oiseau de métal… Fin 2003, je leur ai dit qu’ils tenaient là quelque chose d’intéressant et leur ai proposé qu’on en reparle. Ils viennent me revoir en décembre 2015, soit douze ans après ! Guillaume Herent, un des graphistes d’origine, accompagné d’une illustratrice et d’un scénariste, m’apporte un dossier. Je suis super ému qu’ils se rappellent de moi, je leur confirme mes dires et on achète alors les droits, on dépose une option. Nous avons développé le projet, retravaillé complètement le sujet, œuvré un an et demi et… nous avons réussi !

« Pfffirates » va démarrer en production, la série est très drôle parce que l’ensemble de l’univers est gonflé, c’est-à-dire que les personnages ont une petite valve que tu vois et quand ils ont un coup de pompe (comme cela nous arrive à tous !), ils peuvent se dégonfler. C’est un truc super jouissif. J’essaie toujours que les projets soient intéressants pour les graphistes, comme c’est le cas de « Pfffirates ».

 

 

M. : Et Cube Creative ?

L. F. : Le studio, c’est le Cube originel ! Au départ, il n’y avait que Cube Creative. Nous travaillons sur huit marchés : la pub, la série TV, le grand format, les jeux vidéo, les effets spéciaux de long, un peu de motion design, encore un peu de corporate, un peu de vidéo clip, des pubs. Dans ces cas précis, nous faisons de la prestation. Nous avons un gros contrat, depuis maintenant quatre ans, avec Rovio ; nous avons conçu toutes leurs animations avec les personnages emblématiques et secondaires de « Angry Birds : The Piggies Tales ».

Bien entendu, nous faisons aussi beaucoup de choses pour le jeu. Aujourd’hui, quand tu fais de l’animation 3D, tu as intérêt à établir des contacts avec des professionnels des éditeurs de jeu parce qu’ils sont très demandeurs. Cela ne veut pas dire que Cube fait du jeu, mais plutôt des opérations de communication, des teasers, des trailers.

 

 

M. : Comment qualifieriez-vous vos différentes activités ?

L. F. : Le temps passe, et il est important que le groupe soit pérenne. Nous avons décidé de conserver des opérations de prestations, mais en développant nos propres licences. Et ça a marché ! « Athléticus » est un succès ; « Pfffirates », c’est évident que les personnages gonflés vont marcher parce que c’est drôle ; « Tangranimo », c’est une série pour les enfants qui plaît, et puis c’est France Télévisions.

Nous allons être obligés d’ouvrir un second studio et c’est l’éternel débat. En province ? À Paris ? Nous espérons que l’Île de France va aider les producteurs et les studios à la hauteur de ce que font les régions. C’est quand même ici que se trouve le plus gros potentiel d’emplois et d’employeurs. Dans nos nouveaux plans de financement, nous avons inscrit l’Île-de-France.

Nous faisons une série pour La Cabane Productions. Cette série s’appelle « Mush Mush », elle est très jolie, elle porte sur des champignons qui parlent. Nous sommes très contents de l’avoir remportée, c’est un joli projet. Petite anecdote, c’est la première série de la Cabane Productions et Perrine Gautier, la productrice, a obtenu pour cette première la subvention de l’Île-de-France.

 

 

M. : Cube produit-il tout en France ?

L. F. : Pour le moment, oui. C’est un vrai questionnement que nous avons parce que l’année prochaine, entre maintenant et 2021, nous aurons « Pfffirates », « Tangranimo », « Mush Mush », « Kaeloo 4 » que nous sommes en train de faire et un « Athléticus 3 » sans doute. Il y aura sans doute un « Kaeloo 5 ». Donc un programme chargé !

Personnellement, je me sens très profondément producteur. Je pense que ma rémunération et celle de l’entreprise doivent se faire sur les ventes du catalogue. « Pfffirates » tu peux le vendre dans le monde entier avec de bons vendeurs. J’estime que nous allons parvenir à un ratio de 60 % de fabrication de nos propres contenus et 40 % de prestations. Avec une règle du jeu, c’est que la presta soit profitable.

 

 

M. : Le workflow et l’outil technique se sont-ils également consolidés ?

L. F. : Ceci est extrêmement important, bien entendu, nous avons pris une grande décision : passer tout sur Blender. Les trois nouvelles séries – « Pfffirates », « Tangranimo » et « Mush Mush » - sont faites sur Blender. Il y a deux ans, nous avions une connaissance de Blender très limitée ; en deux ans, nous ne sommes pas devenus « la » référence mais, et cela nous amuse beaucoup, on nous interroge tout le temps à ce sujet. Nous avons fait des conférences à Annecy, nous sommes allés à la Blender Conference à Amsterdam, nous avons parlé aux Radi…

Il est vrai qu’en R&D au studio, ils sont six maintenant. Ils ont énormément travaillé sur cet aspect pour que ce soit aisément utilisable sur notre pipeline et que chacun puisse se former. Nous commençons à très bien maîtriser Blender ; maintenant il est vrai qu’il faut le faire entrer en prod sur les trois séries en même temps.

Nous gardons « Kaeloo » sur 3DS Max parce qu’il comporte trois saisons et qu’il y a tous les assets, mais en ce qui concerne les trois nouvelles séries, elles sont entièrement conçues sur Blender. C’est un vrai changement de cap de s’attaquer à l’open source ! Il est évident que l’étape suivante, ce sera le temps réel. Et on sait que Blender développe un vrai temps réel très intéressant. Auparavant, nous avions fait des tests sur Unity et Unreal.

 

 

M. : En termes de moyens humains, parvenez-vous à trouver de jeunes talents ?

L. F. : La France compte vingt-cinq écoles dotées chacune de quarante élèves, soit au total mille personnes. Jusqu’ici, je n’avais pas réalisé que quand tu dis cela, tu imagines que le nombre de graphistes et d’infographistes est suffisant. Or, comme chacun cherche des animateurs de personnages, en vérité, tu parviens à 200 élèves maximum formés. Et là, tu es face à Mac Guff qui en veut soixante ! Chez nous, cela se passe pourtant plutôt pas mal avec « Kaeloo », « Athléticus », car nous offrons une diversité.

Nous comptons en France quelques très grosses entreprises comme Illumination et Mikros/Technicolor. En dehors d’eux, tu n’as que des entreprises intermédiaires. Et puis tu as des boîtes, comme la nôtre, qui sont encore un peu indépendantes.

Quand tu vas aux Radi [Rencontres Animation Développement Innovation], tu te rends compte que notre métier emploie 6 000 personnes, dont 600 permanents ; nous passerons peut-être à 700 sur 7 000. Ce sont de tout petits métiers, mais qui ont la faveur des gouvernements, parce qu’il s’agit de gens jeunes, au bon pouvoir d’achat. Et puis ce qui est bien dans l’animation, c’est qu’il faut beaucoup de monde. Quand tu lances un projet, il te faut tout de suite entre cinquante et cent personnes, donc tu donnes du travail à beaucoup de personnes !

 

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #31, p.62/63. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

 

Pour en savoir plus sur Cube - plus particulièrement sur la récente annonce de la prise de participation de Xilam dans son capital - vous pouvez lire notre article du 11/0/19  Business & Animation : XILAM actionnaire majoritaire de CUBE d’ici fin 2019 ! 

  • 20 juin 2019 à 17:00

Performances augmentées avec Dell XPS et Inspiron

Le Dell Inspiron 15 7000 © DR

Dell propose deux nouveaux ordinateurs toujours plus performants... Focus sur le XPS 15 et l'Inspiron 15 7000 entre autonomie et performances...

 

Nouveau XPS 15 : repousser les limites de l’innovation

Le XPS 15 revient avec de multiples améliorations. Ultra-performant, l’ordinateur portable emblématique de Dell, qui est également le plus petit de la catégorie 15,6 pouces, garantit une autonomie inégalée dans son format. Le nouveau modèle gagne en puissance grâce aux processeurs Intel Core i9 de 9e génération jusqu’à huit cœurs, et à une carte graphique NVIDIA GeForce GTX 1650 qui permet une plus grande vitesse pour les applications de design, de photographie et de production de musique.

Le XPS 15 inclut un écran tactile InfinityEdge 15,6 pouces UltraSharp 4K Ultra HD (3840 x 2160) qui assure une luminosité élevée, une bonne saturation des couleurs et des détails précis, libérant tout le potentiel des créateurs de contenu travaillant sur des projets complexes. Comme annoncé lors du CES 2019, il est le premier modèle de la série XPS à proposer un écran OLED en option avec des pixels auto-émissifs qui s’éteignent complètement. Cette technologie permet de créer un noir parfait offrant des contrastes supérieurs et des détails saisissants, particulièrement dans les zones sombres, afin de donner vie au contenu. L’écran 4K associé au Dolby Vision présente un rendu jusqu’à 40 fois plus lumineux et des zones foncées jusqu’à 10 fois plus sombres, pour une qualité d’affichage inégalée.

L’ajout du module Killer AX1650 intégré au jeu de puces Wi-Fi 6 d’Intel offre des performances jusqu’à trois fois plus rapides que celles de la génération précédente, et jusqu’à quatre fois plus de débit dans les environnements surchargés. Avec une mémoire de 64 Go, un SSD PCIe allant jusqu’à 2 To et la plus longue autonomie de tous les ordinateurs portables 15 pouces, le XPS 15 est un modèle hautes performances inégalé.

Enfin, il est doté d’une webcam innovante pour PC portable. Située sur la partie supérieure du châssis, elle laisse toute la place à l’écran InfinityEdge. Le design reste une priorité chez Dell : cette exigence se traduit ainsi par l’utilisation de matériaux de qualité supérieure, comme un aluminium issu d’un usinage CNC (Computer Numerical Control), la fibre de carbone et le verre Gorilla Glass, pour créer un modèle solide tout en étant l’un des plus petits ordinateurs portables 15,6 pouces de sa catégorie.

 

Nouveaux ordinateurs Inspiron : puissance et élégance pour répondre aux besoins de chaque utilisateur

La nouvelle gamme Inspiron de Dell intègre un ensemble d’ordinateurs portables polyvalents, 2-en-1 et tout-en-un. Leur design, leurs fonctionnalités et la gamme de prix ont été repensés pour répondre aux besoins des différents utilisateurs.

Dans cette gamme, le nouvel Inspiron 15 7000 est un ordinateur portable ultra-léger orienté performances. Il est équipé de processeurs Intel Core série H de 9e génération intégrant jusqu’à huit cœurs, d’une mémoire DDR4 allant jusqu’à 16 Go, d’un SSD double port NVMe en option, ainsi que de la dernière carte graphique NVIDIA GTX 1650. Ces composants en font un modèle puissant adapté à un usage quotidien et à des projets créatifs occasionnels. L’alliage de magnésium de l’appareil lui confère une grande légèreté, tout en assurant la solidité et la stabilité de l’aluminium classique. Le bouton d'alimentation intégré au clavier et au lecteur d’empreintes digitales offre un style épuré et libère de l’espace pour un clavier numérique complet. La nouvelle technologie Adaptative Thermals du système détecte l’emplacement de l’ordinateur portable, sur les genoux ou sur un bureau, et adapte son profil thermique en conséquence. Un dissipateur thermique double, les ventilateurs et la charnière se complètent pour refroidir le système en évacuant la chaleur par les entrées d'air dissimulées dans la charnière. Cette conception assure finesse et légèreté au modèle, sans compromis sur la performance.

  

Le Dell Inspiron 15 7000 est disponible dès à présent à partir de 999€.

  • 13 juin 2019 à 17:00

Lucie Hardoin, la femme qui fait du bien au binaural

Lucie Hardoin, la femme qui veut faire du bien au binaural © DR

La première tête de prise de son binaurale a été mise au point 1933... Avec le son binaural, la captation ou la synthèse de sons, reproduits via un casque, plongent l’auditeur dans une sphère auditive immersive. L’enregistrement binaural permet une écoute d’hyper proximité, une externalisation des sources : on a l’impression qu’elles sont en dehors du casque.

 

Qui est Lucie Hardoin ?

Artiste multifacette, musicienne et technicienne, Lucie est diplômée de la MST Image et Son de Brest (devenue l’ISB), études qu’elle a poursuivies, couronnées par un master 2 en son multicanal.

Chef opératrice du son (documentaire et fiction), Lucie intervient dans de nombreuses écoles audiovisuelles de Bretagne : l’ISB, la licence CIAN de Saint-Brieuc, l’ESRA à Rennes et à Paris, le BTS audiovisuel de Lesneven, l’école d’audioprothèse de Fougères et dans des modules audiovisuels de marketing et de com. Elle est aujourd’hui une spécialiste reconnue du son binaural.

C’est Pascal Rueff qui a transmis à Lucie sa passion du son binaural ; il était son professeur à la MST Image et Son de Brest. En 2004, elle est partie à New York pour réaliser des documentaires sur le jazz avec une prise de son assez originale : des micros omnidirectionnels DPA 4060 confortablement lovés dans ses oreilles. Dans le cadre d’un stage, elle fera cette même année de la création binaurale et de la recherche sur des plugins en développement chez France Telecom Lannion (maintenant Orange Labs).

Depuis dix ans Lucie s’attelle à démocratiser les technologies binaurales et à sensibiliser tous les publics à ce son 3D en prenant grand soin d’utiliser le véritable mot de binaural, là où certains utilisent « trompeusement » les termes d’holophonie ou d’holohead.

Nous avons isolé les meilleurs passages d’une interview passionnante. Laissez-vous guider, Lucie nous emmène au cœur du son 3D.

 

 

Le binaural en quelques lignes

« Binaural signifie littéralement ‘lié aux deux oreilles’. C’est notre écoute naturelle ! Dans la vie de tous les jours, un être humain entend en 3D : il est capable d’entendre les sources en latéralité, en profondeur et en élévation.

« Grâce aux différences interaurales d’intensité et de temps, nous localisons les sons en azimut. Depuis l’enfance, nous sommes habitués à identifier les sons éloignés grâce à l’atténuation de leurs hautes fréquences notamment. Pour l’élévation, on parle d’indices monauraux liés en grande partie à la forme du pavillon.

« La tête crée des diffractions, les épaules des réflexions, le pavillon joue un rôle primordial : toute la morphologie humaine entre en jeu dans la localisation des sons.

« Une fonction de transfert mathématique représente cela : la HRTF ou Head Relative Transfer Function. Nous avons deux HRTF, une par oreille. Elles se mesurent en chambre anéchoïque. La prise de son native binaurale est un peu « plug and play » : « j’enregistre en binaural et j’écoute », avec éventuellement l’insertion d’une égalisation entre la prise de son et la restitution. Pour la synthèse binaurale, on utilise des plugins ou des applications indépendantes sur des sources mono ou multicanales. »

 

 

L’explosion du binaural : la miniaturisation de l’image compensée par l’augmentation de la sphère auditive

« Depuis 5 ans, il y a un réel intérêt pour le binaural. Une des raisons est l’augmentation de la qualité des casques d’écoute. La mode des casques à large membrane donne une place de choix au binaural.

« Les appareils utilisés par les consommateurs d’images se sont miniaturisés, iPhone, smartphones et tablettes. Le fait de pouvoir binauraliser du son multicanal permet de compenser cette miniaturisation. Ce n’est donc pas l’amour du son qui est responsable de cet engouement.

« La synthèse représente ainsi la majeure partie des productions actuelles : on binauralise à partir de flux 5.1, 7.2, 22.2 ou Dolby Atmos. Chaque flux est filtré par une paire d’HRTF. On peut également faire du mixage objet pour créer une scène 3D en partant de sources mono spatialisées à l’aide de plugins. Mais la synthèse, notamment à partir de sources 5.1, est peu représentative des possibilités du binaural : la source 5.1 est peu adaptée à l’écoute humaine et réductrice de l’espace sonore (on ne dispose, par exemple, pas de haut-parleurs en hauteur ou au sol). On perd une grande partie de l’intérêt du binaural, celui de jouer sur la sphère d’intimité de l’individu. »

 

 

Le problème de stabilité frontale

« C’est un problème dû aux HRTF. Pour les prises de sons natives, les HRTF utilisées à la captation ne sont, par définition, pas celles de tous les auditeurs. Pour la synthèse, on doit également faire un choix de HRTF. Le résultat sera différent selon l’éloignement entre les HRTF de l’auditeur et ceux de synthèse. Les sons sont alors plus ou moins rabattus sur les côtés ou entendus en haut ou derrière la tête.

« The Barber Shop, une réalisation proposée sur Internet depuis plus de 10 ans, évite élégamment ce problème : chez un coiffeur tout se passe derrière la tête. Deux solutions permettent de résoudre ce problème.

« Il a été prouvé qu’en synthèse binaurale, un système de suivi de casque (head tracking) permet de ramener la localisation frontale. Pour l’instant en natif, la prise de son se faisant par l’intermédiaire d’une paire d’oreilles, il est actuellement impossible d’enlever le HRTF d’origine et de le refiltrer avec une autre paire d’HRTF. Il est donc impossible d’individualiser l’écoute ou de faire du head tracking.

« L’autre solution consiste à implémenter ses propres filtres HRTF, mais il semble difficile de mesurer toute la population ! Un laboratoire acoustique parisien a de son côté mis en évidence qu’il suffirait de sept modèles d’HRTF pour bien correspondre à la majorité des cas, et le fait d’implémenter dans les plugins ces sept modèles permettrait de récupérer la stabilité frontale.

« Ce problème n’est pas ressenti de la même manière selon les auditeurs. De plus, il semblerait qu’une écoute régulière en binaural augmenterait les facultés de discrimination des sources. La plus-value immersive compense les quelques pertes frontales grâce à l’apport des sons latéraux et de l’élévation, ainsi que le très bon fonctionnement à l’arrière. »

 

 

Les configurations de Lucie

« En déambulation, j’utilise les micros dans mes oreilles. Pour la création, la captation de concert, de pièces de théâtre et de fiction sonore, j’utilise la tête Neumann dans laquelle j’ai investi et mon ancienne tête fabriquée avec des micros DPA et des oreilles d’audioprothésistes.

« Le résultat obtenu avec la tête Neumann est plus universel ; l’immersion fonctionne sur plus de gens et la sphère 3D est plus large, l’immersion est mieux retranscrite.

« En tournage, j’ajoute maintenant à ma prise de son binaurale un couple XY ou ORTF ; configuration que j’utilise même pour des tournages de films ou documentaires traditionnels, le mixeur pouvant utiliser la paire (XY ou ORTF) pour les canaux avant et le binaural pour l’arrière.

« J’utilise très peu la synthèse ; elle me sert dans mes créations pour des sources que je ne peux pas faire moi-même. »

 

 

Quels plugins ?

« J’ai commencé à faire de la synthèse avec le spatial audio designer de New Audio Technology, puis le SPAT développé par l’Ircam et commercialisé par Flux. Ce dernier était à l’origine une bibliothèque d’objets pour MaxMSP, avant de devenir un plugin pour les stations de travail audio telles que ProTools.

« Aujourd’hui, j’utilise le SPAT Revolution (une application externe qui communique directement avec le séquenceur), qui permet la virtualisation au casque d’audits existants, ainsi que la réalisation de mixages cinéma en 22.2 par exemple. Tu peux ainsi mixer en binaural comme si tu te trouvais au milieu d’un audit. Le mix sonore est en quelque sorte up-mixable et devient compatible avec une diffusion sur enceinte. »

Le jeu vidéo : environ 30 ans de son binaural

« Les jeux vidéo font appel à de la synthèse, mais également à des captations en binaural natif. Ubisoft fait appel à des ingénieurs du son via la société Audio Gaming (à verifier) pour collecter des ambiances aux quatre coins du monde. »

 

 

Deux grands copains : l’ambisonique et le binaural

« Lorsque des entreprises me contactent pour des projets en réalité virtuelle, je précise rapidement que la prise de son binaurale native ne fonctionne pas : il faudrait une tête multi-oreilles (un modèle existe, il a été développé par 3DIO). Pour ces applications, je conseille de réaliser une prise de son ambisonique, puis de binauraliser avec des plugins (SPAT ou Binauralizer de Charles Verron à Rennes).

« À la restitution, il est possible d’intégrer les HRTF souhaités ; le système de head tracking adaptant la diffusion aux mouvements de la tête de l’auditeur. Aujourd’hui, la très grande majorité des productions binaurales suit ce procédé. »

 

 

La création dramaturgique en son binaural

« Après 15 ans d’expérimentation, ma priorité est dans le partage sonore. Je développe le binaural comme un portail de partage de situations acoustiques. J’ai ainsi commencé la réalisation d’une carte d’immersion sonore offrant des voyages en son binaural. Je souhaite également proposer la découverte d’installations artistiques à sources sonores multiples. Prochainement, je pars au Sénégal pour la réalisation d’un nouveau documentaire sonore, en binaural évidemment. »

 

 

Actualité

« J’ai été récemment contactée par M6 et W9 pour la réalisation de podcasts sonores avec notamment l’adaptation de certaines émissions. Je leur ai proposé, comme je l’avais fait pour le groupe NRJ, de mettre en place des binômes auteurs dramatiques/spécialistes de l’écriture sonore binaurale. Les premiers projets seront basés sur des sons existants que je spatialiserai en les augmentant avec des éléments de ma banque sonore. Ensuite, on devrait écrire dès le début véritablement pour le binaural avec de nouvelles captations natives. »

 

 

En conclusion

« Je veux faire du bien au binaural. C’est pour cela que je souhaite continuer à former les professionnels du son qui vont être confrontés à cette technologie. Je suis également contente, pour la même raison, de travailler avec le groupe M6 pour proposer au plus grand nombre des réalisations binaurales de qualité. »

 

 

QUELQUES RÉFÉRENCES POUR DÉCOUVRIR LE BINAURAL

• Site internet de Lucie Hardoin : sonbinaural.com

• Plate-forme Hyperradio de Radio France : hyperradio.radiofrance.fr

• Sites Internet de Pascal rueff : binaural.fr, technobyl.fr

• Plugins de Charles Verron : noisemakers.fr

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #29, p.90/91. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 3 juillet 2019 à 19:28

Découvrez les nouvelles fonctionnalités de la version 9.40 d’EDIUS de Grass Valley

Découvrez les nouvelles fonctionnalités de la version 9.40 d’EDIUS de Grass Valley © DR

Grass Valley vient de publier la version 9.40 de sa soluton d’éditon EDIUS. Comme toujours, les utlisateurs d’EDIUS 9 bénéficieront de la mise à jour gratuitement. La version 9.40 inclut de nouvelles fonctionnalités et améliorations majeures qui augmenteront considérablement le flux de travail des utilisateurs d’EDIUS 9.

 

EDIUS 9.40 fournit désormais :

- L’exportation Apple ProRes et l’importaton ProRes Raw

- La fonction multicaméra est améliorée avec des optons de synchronisation nouvellement implémentées (y compris l'annonce de la synchronisaton audio à venir)

- La conversion HDR-SDR est optmisée et confortable avec mappage de tons en clip doux

- Le traqueur de mouvement de masque optmisé

- Import / Export de sous-titres y compris euportés avec la vidéo

- Nouveau décodeur logiciel H.265 haut débit pour une performance améliorée des clips HEVC

- Prise en charge de la dernière technologie Intel QuickSync pour les processeurs tels que i7-9700K ou i9-9900K pour l'accélératon H.264 / H.265

 

En outre, EDIUS 9.40 inclut un certain nombre de fonctionnalités supplémentaires, telles que la prise en charge des nouveaux formats de sources pour Sony Venice Raw, Panasonic P2 8K et les performances plus rapides pour le Canon Cinema Raw Light, ainsi que la prise en charge des nouveaux formats exportés pour les codecs H.264 / H.265 au format MOV.

Au NAB 2019, magic multi media, distributeur d'EDIUS pour la région EMEA et l'Amérique du Nord, a produit un reportage vidéo couvrant toutes les principales fonctionnalités et améliorations. Vous trouverez le reportage et de nombreuses autres informations utiles, ainsi que des tutoriels gratuits, des podcasts, le forum utilisateur EDIUS, des mises à jour et une version d’essai EDIUS gratuite ici

Jusqu'à la fin du mois de mai 2019, toute personne achetant EDIUS 9 reçoit proDAD Vitascene V3 LE (prix normal 167 € + TVA) en bonus gratuit. Cette promotion s'applique à toutes les versions d'EDIUS Pro 9 et de Workgroup 9 : version complète, mise à jour, mise à jour intermédiaire, mise à jour intermédiaire 2 et EDU. Vous trouverez tous les détails sur cette promotion ici.

 

Contrairement aux autres solutions NLE professionnelles, EDIUS est disponible à l'achat et ne force pas l'utilisateur à adopter un modèle d'abonnement non souhaité.

  • 30 mai 2019 à 11:29

Lœdens en route vers la postproduction 4K HDR

L’auditorium principal avec un projecteur 4K Sony, et surface de contrôle DaVinci Advances. © Lœdens Studio

Lœdens est un nouveau prestataire de postproduction qui se spécialise sur les contenus en très haute définition HDR (UHD, 4K, 8K). Parmi ses clients, des producteurs comme Amos Rozenberg qui, depuis plusieurs années, produit en 4K. Au final, une association de compétences de différentes entreprises qui aiment relever les défis technologiques au service de la création.

 

La nouvelle société de prestation technique Lœdens propose ses services de postproduction avec un axe fort sur la 4K et le HDR (HLG, HDR10+) sur du mastering, étalonnage, effets visuels, création de DCP. Le studio travaille beaucoup pour le marché du luxe, de la parfumerie, notamment pour Prada, Valentino. Il est l’aboutissement d’une collaboration de plusieurs années de ses deux fondateurs, Sofiane Benabdallah et Laszlo Chatelard, lesquels ont une formation dans la réalisation et le graphisme.

Travaillant avec de nombreux producteurs au fil des ans, passionnés de cinéma et de belles images au sens large, tous deux ont décidé de donner vie à leur rêve et créé de toutes pièces ce nouveau lieu dans le XVIIe arrondissement parisien, à quelques centaines de mètre de la place Clichy.

 

« Nous avons cherché pendant un an un lieu qui puisse accueillir notre projet, nous avons trouvé un ancien atelier en fond de cour et nous avons effectué six mois de travaux pour que le lieu soit fonctionnel, que nos clients et talents s’y sentent bien », nous relate Sofiane Benabdallah, cofondateur de Lœdens. Au final, un budget de plus d’un million d’euros (achat du site, rénovation, création des espaces et équipements) pour cette société qui prend le pari de la qualité.

 

 

Des équipements taillés pour les projets haute résolution

Le studio est à taille humaine, l’entrée fait penser à une galerie d’art avec sa déco minimaliste et ses affiches graphiques. Une fois poussée l’une des portes, on arrive dans un magnifique auditorium qui bénéficie d’une acoustique soignée. « Nous avons des voisins, et donc il nous a fallu créer une boîte dans une boîte pour isoler au mieux les nuisances sonores possibles lors d’une séance d’étalonnage ou d’une projection », insiste Sofiane.

L’auditorium mesure environ 50 mètres carrés, il fait également office de salle de projection et peut être loué à ce titre. Il comprend un projecteur 4K Sony SRXR510P (DCI), un écran micro-perforé de 5,5 mètres de base, d’une écoute Dolby 7.1. L’étalonnage se fait sur Resolve DaVinci avec un Advanced Panel. Le matériel cinéma a été installé par la société ADDE. Pour le reste du matériel, c’est la société Atreid qui a fourni les stations de travail SuperMicro. Des stations survitaminées car Lœdens Studio travaille sur des projets gourmands en termes de bande passante. L’auditorium comprend également un moniteur Sony BVM -X300/2 4K Grade 1 HDR 1000 nits. « Nous nous focalisons sur des projets en 4K HDR, et également en 8K sur lesquels nous venons de faire les premiers tests », précise Sofiane.

Le DaVinci est relié en SAN avec le nodal situé à l’étage supérieur. La salle sert pour de l’étalonnage de fictions et de films publicitaires, mais récemment Lœdens Studio a signé la postproduction du prochain Palma Show (BlagBuster Production) qui sera diffusé en prime-time pour TF1, et qui a été réalisé en 4K.

 

La seconde salle est orientée broadcast avec un écran de contrôle Eizo CG3145 Prominense 4K et un téléviseur LG Oled 65 pouces pour la vision finale. L’étalonnage se fait également sur DaVinci, mais avec un mini Panel.

Lœdens Studio propose également à ses clients des stations de montage Avid ou Adobe. Elles sont reliées au réseau SAN évolutif de 95 To permettant ainsi l’accès à tous les rushes en temps réel et ce, quelle que soit la résolution (4K et plus) et tout type de compression (ProRes, R3D, ArriRaw, DPX…).

 

 

Des producteurs engagés sur le 4K et 8K

Parmi les clients de la société, Amos Rozenberg qui a plusieurs projets en cours, au travers de ses deux sociétés (Rockstone Films et Paramax). Il vient de finir le tournage d’un long-métrage « Music Hole », tourné en Red Monstro 8K HDR et la série « Cooke S7 » plein format dont un prototype (18 mm ouvrant à 2). Le film, qui comprend de nombreux effets visuels, ne sera finalisé que dans plusieurs mois. Le long-métrage a été tourné en 25 jours et a nécessité 30 To de stockage (x 3 pour les sauvegardes). Les rushes ont été traités par PrestaFilms à Aix-en-Provence.

Pour tester la chaîne 8K, sur un format plus court, Amos Rozenberg a tourné un mini concert improvisé du chanteur Eduardo Ed Motta en 8K 60p. Le film a été tourné sur un bateau-mouche la nuit, juste avec un éclairage d’appoint, et le résultat est spectaculaire.

 

« Nous faisons de nombreuses captations de concerts en grand capteur avec des caméras Red en 4K depuis 5 ans. Nous voulions tester en avant-première le premier workflow 8K HDR, et l’image que nous obtenons est vraiment étonnante. Nous sommes des petites structures, mais grâce à cette collaboration avec Lœdens Studio et Sesama Films, nous pouvons tester grandeur nature les nouveautés technologiques. Nous sommes passionnés par l’innovation et nous voulons aller plus loin dans l’écriture pour ces nouvelles formes visuelles », s’enthousiasme Amos Rozenberg.

Sur le tournage de ce concert, un DIT déchargeait les cartes, copiait les médias sur des baies de disques durs, générait des proxys à la volée pour voir les images en temps réel. Paramax a produit des concerts dont l’image soignée a été saluée par la critique, notamment un concert de l’Orchestre Philharmonique d’Israël qui a été distribué en Blu-ray 4K HDR10. Autre projet, l’opéra Turandot, tourné à Torre del Lago en Italie.

 

Autre partenaire, la société Sesama, dirigée par Christophe Boula, spécialisée dans la location de caméras Red et qui a loué les caméras sur les différents projets d’Amos Rozenberg. La société, outre la location, fait de la production de documentaires, de la captation et également assure des services d’étalonnage, de mastering et de fabrication de DCP.

Lœdens, un nouveau studio de postproduction qui offre une gamme complète de services 4K, 8K en postproduction, mais également en effets visuels, à découvrir en 2019. 

 

 

LŒDENS, EN TERMES D’ÉQUIPEMENTS DE POSTPRODUCTION, C’EST :

• un serveur TigerServe1,

• une baie de stockage Accusys PCIe 3.0,

• deux stations de travail DaVinci Resolve SuperMicro Multi GPU,

• une salle principale avec surface de contrôle DaVinci Advanced,

• une salle secondaire avec Mini Panel DaVinci et référence Eizo CG-3145,

• une solution d’archivage des médias sur bandes LTO

 

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #30, p.86/87. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 28 mai 2019 à 23:59

Une collection de vidéos Premium RED Digital chez Pond 5

Pond5 lance une nouvelle collection de contenus Premium RED Digital… © DR

La place de marché mondiale d’images photo et vidéo Pond5 a lancé une toute nouvelle collection de séquences vidéo premium en 8K, 6K, 5K et 4K, tournées exclusivement sur des caméras RED Digital Cinema.

 

Pond5 a dans la foulée développé un nouveau filtre de recherche "RED Camera" pour la vidéo sur son site, permettant aux clients de découvrir facilement des centaines de milliers de clips créés avec les caméras RED dans sa bibliothèque qui compte désormais plus 14 millions de clips vidéo.

« La résolution 8K offre l’avantage d’options illimitées de zoom ou de recadrage dans l’image avec des projets finaux qui peuvent très bien être en 4K ou plus. Avec la résolution 8K qui devrait s'implanter de manière significative sur le marché grand public au cours des quatre prochaines années, les créateurs de vidéos peuvent utiliser ces séquences pour pérenniser leur travail sur les écrans de nouvelle génération. La production et la création vidéo évoluent constamment avec la technologie. Offrir à nos acheteurs des options de la plus haute qualité et des technologies les plus avancées pour leurs projets vidéo fait partie de notre ADN », déclare Jason Teichman, PDG de Pond5 qui propose également sur sa plateforme des séquences d’images VR.

Dans la continuité du lancement de la collection RED de Pond5 et de l’expansion internationale d’une collection Pond5 DJI, la place de marché mondiale Pond5 a annoncé son intention de créer une nouvelle collection de vidéos tournées avec le codec ProRes RAW d’Apple… L’appel à contribution est ouvert !

  • 24 mai 2019 à 06:02

EIZO lance son nouveau moniteur ColorEdge dédié aux créatifs

EIZO lance son nouveau moniteur ColorEdge dédié aux créatifs © DR

EIZO Corporation va sortir un nouveau ColorEdge CS2731, un moniteur de gestion des couleurs de 27 pouces destiné aux amateurs de photographie, d'illustration, de création vidéo et d'autres domaines créatifs. C'est le successeur du ColorEdge CS2730.

 

Le moniteur est le premier de la gamme ColorEdge à offrir une connectivité USB de type C avec une alimentation de 60 watts. Avec un seul câble USB de type C, les utilisateurs peuvent afficher de la vidéo, transmettre des signaux USB et alimenter un périphérique connecté tel qu'un smartphone ou un ordinateur portable. Le terminal USB Type-C fournit jusqu'à 60 watts de puissance, de sorte que même les ordinateurs portables haut de gamme restent chargés tout en travaillant. Cela élimine le besoin d'un adaptateur secteur externe supplémentaire et rationalise l'espace de travail de la création.

L'écran spacieux de 27 pouces offre une résolution native de 2560 x 1440, offrant aux créateurs un espace suffisant pour travailler avec des images, des palettes d'outils et d'autres fenêtres.

La large gamme de couleurs du moniteur reproduit 99% de l’espace colorimétrique Adobe RGB, garantissant ainsi une reproduction fidèle des couleurs. Pour compenser les fluctuations de la luminosité et de la chromaticité caractéristiques des moniteurs LCD, l’égaliseur d’uniformité numérique (DUE) unique d’EIZO corrige les écarts de chaque ton sur tout l’écran pour un affichage stable.

Le ColorEdge CS2731 prend en charge le logiciel de gestion des couleurs ColorNavigator 7 d’EIZO. Les utilisateurs peuvent ainsi calibrer et contrôler régulièrement la qualité de leur moniteur, de manière fiable et fiable, pour des résultats couleur prévisibles. Il prend également en charge le logiciel Quick Color Match d’EIZO, qui simplifie en quelques étapes le processus de correspondance des couleurs entre écrans.

 

Caractéristiques supplémentaires

• Gradations lisses avec affichage 10 bits à partir d'une table de correspondance (LUT) 16 bits

• Entrées USB Type-C, HDMI, DisplayPort et DVI-D

• Capot de protection contre la lumière en option

• Garantie du fabricant de 5 ans

 

La ColorEdge CS2731 sera disponible à partir de juin 2019.

  • 22 mai 2019 à 16:32

Des VFX français à la croisée des chemins...

Le Paris Images Digital Summit est devenu un moment d’échanges et de questionnement entre les professionnels français du secteur des VFX français. © DR

Lors du Paris Image Digital Summit qui s’est déroulé, au Centre des Arts d’Enghien-les-Bains au début de l'année, la filière des effets visuels numériques a montré son sens de l’innovation et de la créativité, mais aussi quelques faiblesses. Résumé de ce rendez-vous professionnel d’un secteur qui peine encore à gravir l’échelle internationale.

 

Lors du Paris Images Digital Summit, le CNC et Audiens présentaient une mise à jour de l’étude entamée il y a trois ans sur l’emploi dans le secteur des effets visuels numériques. Le premier constat de cette étude est positif, puisque cette filière comptait en 2017 près de 4 000 emplois, soit une hausse de 556 emplois par rapport à 2016. L’étude souligne d’ailleurs qu’en dix ans plus de mille emplois ont été créés dans ce secteur, ce qui représente un doublement du nombre d’emplois et une hausse corollaire de 64 % des créations d’entreprises.

Il faut dire que le CNC a mis sur la table depuis 2017 un « plan VFX » qui supporte les œuvres cinématographiques et télévisuelles ambitieuses en matière d’effets visuels numériques, avec des aides passées de 7 millions d’euros en 2016 à 10 millions en 2017. Quinze projets français ont ainsi pu en bénéficier en 2018, dont « L’Empereur de Paris » de Jean-François Richet et « Taxi 5 » de Franck Gastambide.

 

 

Les VFX français se structurent, mais...

Toutefois, le constat est plus nuancé quand on s’aventure dans l’épaisseur du trait. Déjà, cinq entreprises seulement concentrent la moitié de la masse salariale du secteur, tandis que les dix premiers studios de VFX concentrent 70 % des salariés. Ces pourcentages étaient de 68 % en 2016 et 65 % en 2015. Si l’on considère le verre à moitié plein, cela signifie que les entreprises leaders du secteur se structurent peu à peu… Cette concentration est aussi géographique puisque 80 % des VFX sont réalisés en Ile-de-France, ce qui représente 95 % de la masse salariale.

Plus étonnant, la part des intermittents (les CDD d’usage) dans les VFX est importante avec 76 % d’emplois intermittents et 23 % d’emplois permanents, mais ce seuil s’abaisse depuis dix ans et la part de ceux-ci est en-dessous de la moyenne de la production audiovisuelle et de l’animation en particulier.

Ce dernier phénomène est à mettre en regard du fait que l’âge moyen des employés dans les VFX est supérieur à celui de la production audiovisuelle et a fortiori de l’animation. À y regarder de plus près, on constate que le nombre de salariés de moins de 30 ans a augmenté depuis 2015 de 12 % tandis que les « plus de 40 ans » ont bondi de +126 % !

Le CNC et Audiens ont également comparé VFX et animation, pour se rendre compte que l’animation représente à elle seule les deux tiers des effectifs des deux secteurs réunis. Plus intéressant, l’animation concentre les trois quarts de la masse salariale quand on compare les deux secteurs, alors qu’elle est la plus grande consommatrice de CDD d’usage avec 90 % de sa masse salariale. En dépit de son fonctionnement en mode projet, l’animation reste donc plus pourvoyeuse d’emplois.

 

 

L’international : un plafond de verre pour les studios français

Le secteur des VFX soutient encore moins la comparaison à l’international, là où l’animation française s’exporte bien, le secteur des effets visuels numériques se heurte à un plafond de verre. Et l’abaissement du seuil du crédit d’impôt international fléché sur les VFX n’a pas véritablement changé la donne.

Comme le rappelle Stéphane Bender de Film France : « Après l’annonce de l’abaissement du seuil d’un million d’euros à 250 000 euros, on pouvait s’attendre à un effet d’aubaine pour les studios de VFX français qui avaient du mal à être suffisamment attractifs hors de nos frontières. Le constat est en demi-teinte depuis, puisqu’en 2017 seul un projet de long-métrage basé sur des VFX a bénéficié de ce dispositif et à peine plus en 2018. »

Selon Olivier Emery, fondateur du studio de VFX Trimaran : « Les pays qui ont de l’ambition dans le domaine des effets visuels numériques sont en train de migrer vers un crédit d’impôts à un niveau d’environ 40 % de déduction fiscale. Il est clair que dans cette course au crédit d’impôt la France est un peu derrière avec seulement 30 % de déduction jusqu’ici. Le passage à 40 % nous mettrait au niveau de l’Allemagne, de l’Australie et même du Canada. Mais, prévient aussi Olivier Emery, ce n’est pas la seule raison qui explique que nos studios ont du mal à gagner des projets à l’international. »

Le dirigeant de Trimaran estime avoir perdu en 2018 des projets internationaux importants pour des raisons qui tiennent tantôt à l’agressivité commerciale plus forte des studios étrangers, avec par exemple le devis d’un studio canadien concurrent dans lequel la ligne « Superviseur VFX » était comprise dans le package de base avec un forfait ou encore à cause du fait que la bande demo de notre studio n’est pas à la hauteur de concurrents étrangers.

Cela fait dire à Olivier Emery : « Il faudrait que les studios français de toutes tailles apprennent à mieux travailler ensemble en se spécialisant au sein de projets collaboratifs, comme c’est souvent le cas à l’étranger, plutôt que d’avoir une approche généraliste et d’être peu enclins à la sous-traitance. Je ne comprends pas qu’en France le marché des effets visuels ne représente qu’un million d’euros de chiffre d’affaires hors marché publicitaire, alors qu’au Canada ou en Grande-Bretagne il est estimé à un milliard de dollars. »

Les professionnels présents durant le PIDS insistaient aussi sur la nécessité de répondre aux nouvelles certifications techniques en matière de sécurité des locaux, des systèmes informatiques… demandés par les majors américains et les plates-formes numériques comme Amazon ou Netflix.

Depuis 2018, la certification promue par le MPAA (Moving Picture Association of America) et la Content Delivery & Security Association (CDSA) s’appelle Trusted Partner Network (https://ttpn.org/). Elle repose sur une série de mesures visant à réduire le risque de piratage par les réseaux informatiques. Le TPN a été décidé suite à plusieurs cas de piratage de séries TV avant leur diffusion, comme ce fut le cas en 2017 avec la saison 5 de la série Netflix Orange is the new black (L’Orange lui va si bien) dont la copie illicite était issue d’un studio de postproduction son ayant des failles de sécurité informatique ou encore pour un épisode de la saison 7 de Game of thrones qui a fuité via une société sous-traitante de la 21st Century Fox Star India chargée de la gestion des médias de la série.

 

 

Mutualiser les ressources entre studios

La mise à niveau vers le TPN a un coût estimé à environ 20 000 euros, tandis que l’audit annuel obligatoire revient lui à 5 000 euros. Autant dire des coûts prohibitifs pour bon nombre de studios français, dont la sécurité informatique n’est pas le cœur de métier.

Face à cette difficulté supplémentaire qui constitue un « véritable plafond de verre » pour de nombreux studios français de taille modeste, « nous devrions mutualiser nos ressources », insiste Olivier Emery. L’an dernier les studios français de VFX s’étaient pourtant regroupés au sein d’un nouveau syndicat professionnel, le V2F.

« Toutefois, neuf des dix-sept entreprises membres de V2F sont des petites structures comme la nôtre, dont les gérants sont un peu au four et au moulin, tandis que notre président est très pris par ailleurs par ses différents mandats », explique Olivier Emery.

Moralité, V2F n’a pas accouché de grand-chose depuis un an. Afin de rester positif, chacun se répéta donc que la mutualisation des moyens en vue d’acquérir ces nouvelles certifications de sécurité indispensables au niveau international pourrait être un objectif pragmatique à brève échéance. De même, chacun s’accordait sur le fait que parvenir à montrer à la Visual Effects Society (VES) que sa section française créée en 2018 était dynamique avec ses 90 membres représenterait une avancée significative.

 

 

L’innovation française dans les VFX toujours active

Les difficultés de pénétration du marché international mis à part, les acteurs des effets visuels numériques français ne manquent pas d’esprit d’innovation et de créativité. Pour s’en rendre compte, il suffisait de suivre les présentations modérées par Stéphane Singier de Cap Digital qui mit en avant quelques pépites hexagonales comme Pocket Studio.

Cet éditeur logiciel a conçu (en version beta pour le moment) un logiciel de conception 3D collaborative dont l’ergonomie s’apparente à la G Suite de Google. Pocket Studio, s’il tient toutes ses promesses jusqu’à son lancement officiel avant l’été 2019, offrira un niveau d’ergonomie jamais égalé jusqu’alors avec un outil de conception 3D en ligne.

Il suffit en effet d’une connexion 4G et d’un login (mot de passe) pour que s’affiche le bureau partagé dans lequel différents collaborateurs distants peuvent concevoir une scène 3D complète, de sa modélisation à son rendu final, en ayant la possibilité d’agir sur chacun des éléments de la scène à tout moment. Il n’y a guère que l’animation de personnages qui ne peut pas pour le moment être gérée via ce logiciel collaboratif de conception 3D.

 

 

Le docu-fiction, moteur des VFX

Côté réalisations, le studio lyonnais Fauns a travaillé en 2018 sur « Living Universe » une série documentaire de 4 x 52’ particulièrement ambitieuse. Coproduite par la chaîne Arte, ABC Australia, Essential Media et le producteur de documentaires ZED, ce docu-fiction scientifique d’anticipation raconte de la manière la plus réaliste possible ce qui pourrait advenir lors d’une expédition spatiale visant à explorer des formes de vie dans et hors de notre galaxie.

Les odyssées spatiales ayant déjà fait l’objet de plusieurs blockbusters célèbres comme « Interstellar », « Gravity » ou « Seul sur Mars », il va de soi que la barre qualitative a été placée très haut au cœur de la conception des nombreux objets et créatures en synthèse présents dans cette épopée scientifique.

Après un tournage en Islande, Fauns a été chargé de réaliser des modèles 3D des vaisseaux spatiaux, robots et créatures présents tout au long de l’expédition. Le vaisseau spatial, Minerva, censé mesurer 1,3 km de long, fut à lui seul une gageure. « Il nous a fallu trouver une multitude d’astuces pour parvenir à faire imaginer au public sa taille gigantesque. Nous avons dû aussi simuler le vieillissement de sa structure, puisque le voyage interstellaire de ce docu-fiction dure plusieurs centaines d’années. De même, les créatures extra-terrestres ont fait l’objet d’une recherche poussée en matière de design et d’animation », souligne Raphaël Penasa le CEO de Fauns.

 

 

La previs sert à l’animation

Tout aussi intéressant est le décryptage technique des scènes du film d’animation en Full 3D, franco-chinois « Spycies » réalisé par Guillaume Ivernel (coréalisateur du film « Chasseurs de dragons » et producteur de « Ballerina ») et sorti en février 2019 dans les salles de cinéma. En effet, Guillaume Ivernel s’est inspiré à la fois de l’animation japonaise et de comédies « cartoon » comme « Roger Rabbit » pour réaliser un film très riche en scènes d’action survitaminées.

Afin d’assurer la cohérence des nombreuses scènes tonitruantes du film, qui nécessitent un découpage au millimètre, le célèbre réalisateur a fait appel à la technique de la previs 3D des séquences. Ainsi, il a été possible de chorégraphier avec précision les nombreuses scènes très en amont des animations et du rendu final. Chaque scène est passée entre les mains du studio français Android Associés qui bénéficie d’une déjà longue expérience en la matière.

Pour Guillaume Ivernel, « cela nous a permis de travailler de manière très précise entre les studios français sélectionnés, sachant que les cadres et mouvements de caméras choisis lors de la previs étaient extrêmement proches des scènes finales, beaucoup plus que ne l’aurait été un simple storyboard. Et, étonnamment ce process de fabrication offre une plus grande liberté de travail pour le réalisateur, car on voit immédiatement si une scène fonctionne ou pas. Cela nous a permis, dans un cadre budgétaire assez contraint, de réaliser un film cohérent d’un bout à l’autre de la chaîne de production, en dépit de scènes d’action particulièrement complexes. »

 

 

Une nouvelle perle expérimentale de Nicolas Deveaux

Les films de court métrage réalisés par Nicolas Deveaux et produits par Cube Creative avec Arte sont désormais attendus par l’ensemble de la profession, tels des mets délicats qu’on déguste avec délice ! Après « 5,80 mètres » et « 7 Tonnes 3 », le dernier opus du réalisateur de « Un mètre/heure » ne fait pas exception à la règle de par l’originalité de son sujet et de son traitement. En plus, lors du PIDS, il était projeté dans les meilleures conditions possibles en qualité cinéma et 3D relief, sachant que l’essentiel de ce film de neuf minutes en « time lapse », qui montre des escargots en train de danser sur une aile d’avion, a été tourné en 4K relief.

Enfin, c’est essentiellement le décor qui a été tourné de la sorte, car les escargots, eux-mêmes héros « danseurs » du film, ont tous été modélisés et animés en 3D. Un gros travail a notamment été effectué pour disposer d’éléments photogrammétriques de l’avion et de l’aéroport. Grâce à cette matière à 360°, Nicolas Deveaux pouvait utiliser ensuite de multiples cadrages et modifier les lumières suivant ses envies créatives. Le résultat est de ce fait une intégration parfaite entre images de synthèse et images réelles, une vraisemblance des séquences et… une grande poésie à la clef.

 

 

Extrait de l’article paru pour la première fois dans Mediakwest #31, p.120/122. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 16 mai 2019 à 23:04

Cartoon Movie 2019, l’animation en haut de l’affiche

Signée par Anca Damian, L’Extraordinaire Voyage de Marona est une coproduction entre la Roumanie (Aparte Films), la France (Sacrebleu Productions) et la Belgique (Minds Meet). © Aparte Film, Sacrebleu Productions et Minds Meet

La 21e édition de Cartoon Movie (5 au 7 mars à Bordeaux) attestait de la grande forme de l’animation, des films commerciaux aux longs-métrages d’auteurs...

 

Dense, éclectique et toujours très qualitative, la programmation de Cartoon Movie 2019 a retenu, cette année, 66 films d’animation à l’état de concept, développement, production et en « sneak preview » (extraits en avant-première). Ils ont été présentés à un parterre de professionnels internationaux dont l’assiduité ne se dément pas : plus de 900 producteurs, réalisateurs, auteurs, investisseurs, distributeurs, agents de vente (mais aussi sociétés de jeux vidéo et multimédia) sont venus de toute l’Europe et même d’ailleurs (Chine, Japon, Canada...).

Une dynamique en constante croissance (Cartoon Movie a permis à plus de 300 films de trouver leur financement depuis sa création en 1999), qui apporte une visibilité aux projets soumis dont les budgets remontent (pour une moyenne de 8 à 10 millions d’euros) et fait (re)venir des grands noms de l’animation européenne (réalisateurs, auteurs...) voire, pour la première fois, des éditeurs de BD désireux d’être de la partie.

L’animation française mène toujours la sélection avec 22 projets (même si, pour la première fois, elle ne remporte aucun Cartoon Tributes). Parmi ceux-là, quatre impliquent directement la région Nouvelle-Aquitaine. Plus encore que les années précédentes, les comédies familiales constituent une bonne partie des projets présentés (près des deux tiers), mais l’offre pour les jeunes adultes reste aussi soutenue et recherchée par les participants. « Un signal fort peut être envoyé au festival de Cannes qui ne peut plus continuer d’ignorer l’animation européenne », affirme Marc Vandeweyer, directeur général de Cartoon.

 

 

Parmi les prochains hits « famille »

En prenant comme « accroches » Terra Willy d’Eric Tosti (TAT Productions) et Chequered Ninja produit par A.Film (900 000 entrées au Danemark) montrés en sneak preview, La Balade de Yaya (Blue Spirit) en début de programmation ou Les Mousquetaires du tsar (Est-Ouest Films, Waking The Dog et Kinoatis), Cartoon Movie continue à mettre en avant le film d’animation qui réunit toute la famille. Le genre forme indéniablement le cœur battant de la manifestation qui affectionne ces projets parvenant à fédérer leur public, et sait les accompagner au besoin durant leur production.

« Découvert » en 2006 au Cartoon Forum, TAT Productions revient ainsi présenter son second long-métrage, Terra Willy (à l’affiche en France le 3 avril). Visant le même public que Les As de la jungle, le film aborde, de manière tout aussi jubilatoire, le mythe de Robinson Crusoé façon spatial. Un prétexte pour déployer de somptueux décors 3D et des créatures improbables et colorées.

Distribué en France (sur une combinaison de 400 copies) et à l’international par Bac Films, le film devrait être vendu sur encore plus de territoires que Les As de la jungle : « Contrairement à ce film qui s’appuyait sur une série ayant déjà fait ses preuves à l’international, Terra Willy a réussi tout seul à convaincre le marché », se félicite le producteur Jean-François Tosti.

 

Développant des valeurs assez proches (dépassement de soi...), La Balade de Yaya, porté par Blue Spirit au sein du label Sinematik et au stade de développement, s’annonce tout aussi prometteur et grand public. S’appuyant sur une bande dessinée franco-chinoise, le film remonte le temps et suit le périple en Chine de deux enfants (une jeune pianiste et un gamin des rues) fuyant Shanghai en pleine guerre sino-japonaise (en 1937) pour rejoindre Hong Kong. Cette adaptation au format scope sera traitée en 3D avec un rendu 2D.

Annoncée avec un budget entre 12 et 15 millions d’euros, la production, qui a été le pitch le plus suivi du Cartoon Movie, en est au début de son tour de table. Elle inaugure, selon Armelle Glorennec, une nouvelle dynamique de production pour le studio Blue Spirit qui en assurera la fabrication dans ses studios d’Angoulême et de Montréal : « Nous voulons mettre à profit tout le savoir-faire de nos studios qui ont pris de la maturité afin de donner une dimension grand public à cette histoire classique et universelle. »

 

Sans perdre de vue la cible famille, des projets comme Linda veut du poulet ! (Dolce Vita Films) ou Le Voyage extraordinaire de Marona (Aparte Films, Sacrebleu Productions) se démarquent par leur audace graphique. Écrit et réalisé par Chiara Malta et Sébastien Laudenbach (La jeune fille sans mains), Linda veut du poulet ! est une comédie enlevée et burlesque – comment faire un poulet aux poivrons à sa fille un jour de grève générale ? –, qui opte franchement pour des couleurs pop, des décors stylisés et un cerné noir non continu pour ses personnages, lequel peut se modifier – jusqu’à disparaître – selon son emplacement dans la scène.

Prévu pour être réalisé en 2D par Miyu Productions à Angoulême et Paris, et distribué par Gebeka, le film prévu pour 2021 fait partie des projets les plus inattendus – et les moins onéreux – de la sélection bordelaise (2,80 millions d’euros).

 

Réalisé par Anca Damian (La Montagne magique), L’extraordinaire voyage de Marona, dont plusieurs extraits ont été présentés, préfère jouer sur l’empathie en se mettant à la hauteur d’une petite chienne qui se remémore sa vie auprès des humains qu’elle a aimés. Chaque période de sa vie est prétexte à dépeindre des univers différents rendus en 2D, papier découpé et 3D (pour les décors). Produite par Aparte Film (Roumanie), Sacrebleu Productions (France) et Minds Meet (Belgique), cette coproduction, classique dans sa trame narrative, mais visuellement foisonnante, réunit plusieurs studios (Aparte Films, Marmita Films à Bordeaux, Tu Nous ZA Pas Vus à Arles) : chacun fabriquant de manière artisanale une partie.

Le montage financier de ce film d’auteur (budget inférieur à 3 millions d’euros) a été un pari : « Ce genre de film a très peu de place en France auprès des télévisions, des Sofica, voire des distributeurs ou des vendeurs », souligne le producteur Ron Dyens (Sacrebleu Productions). « Les diffuseurs ne nous ont pas suivis contrairement à Tout en haut du monde ». Distribué par Cinéma Public Film en France et Charades à l’international, le film sera à l’affiche à la rentrée 2019.

 

Ils n’entreront pas en production avant un ou deux ans, mais déjà ces projets en concept, dont certains sont signés par des réalisateurs de renom, suscitent l’intérêt des professionnels (éditeurs de BD compris). Auréolé du succès éclatant de Ma vie de Courgette, Claude Barras revient avec Sauvages !, un projet en stop-motion (budget de 10 millions d’euros) coproduit par Prélude (France), dont c’est le premier film en animation, et Helium Films (Suisse).

Prise de conscience écologique à hauteur d’enfant mais aussi message d’espoir, le film narre l’amitié entre une petite fille vivant à Bornéo et un bébé orang-outan qu’elle essaie de sauver de la captivité et de la déforestation programmée. Pour le réalisateur, il est important de sortir du cinéma d’auteur pour toucher un public familial.

 

Parabole contemporaine et sociale, Le conte du hérisson d’Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli (Une vie de chat, Phantom Boy) inscrit, lui aussi, son histoire – une chasse au trésor – dans l’actualité : ici, une fermeture d’usine entraînant le chômage des parents… Mais le film montre comment ses jeunes protagonistes peuvent changer le cours du destin. Produit par Parmi les Lucioles Films, il recourt à des animations 2D traditionnelles. Et cherche des diffuseurs et des coproducteurs.

Réalisateur de Zombillénium, Alexis Ducord revient également, avec son monteur Benjamin Massoubre, pour présenter Saba : un film d’aventure en full 3D (15 millions d’euros) toujours porté par Maybe Movies, qui place l’action en 1938 dans la corne de l’Afrique. À la recherche de ses parents – des archéologues – capturés par les fascistes, une petite fille va devoir traverser plusieurs pays en guerre jusqu’à atteindre le territoire légendaire de la reine de Saba.

 

Une autre quête, qui a lieu cette fois-ci à Montmartre (en 1885), est proposée dans Séraphine par l’auteure Marie Desplechin qui en signe le scénario (à partir de sa nouvelle éponyme). Si la recherche des parents en constitue la trame, le film est l’occasion de faire revivre un quartier alors en pleine effervescence (construction du Sacré-Cœur, etc.) et d’y croiser des figures truculentes. Coproduit par Little Big Story, qui se lance dans le film d’animation, et Tu Nous ZA Pas Vus Productions pour la production exécutive, le film en concept sera réalisé en 2D (3D pour les décors).

 

 

Animation « jeunes adultes », toujours l’engouement

De manière toujours aussi affirmée, l’offre « jeunes adultes », qui émane souvent de sociétés spécialisées dans la fiction ou le documentaire, aborde des sujets d’actualité brûlants (totalitarisme, immigration, lutte contre la déforestation, etc.) en allant puiser parfois dans l’histoire récente des moments qui leur font écho. En pleine crise des migrants, La Traversée de Florence Miailhe acquiert ainsi, de par son ton et sa facture (de la peinture animée), une dimension intemporelle et universelle. Produite par Les Films de l’Arlequin, cette épopée coproduite avec Maur Film (République tchèque), Balance Films (Allemagne) et Xbo (France) repose sur une technique d’animation traditionnelle (le banc-titre) adaptée aux besoins du long-métrage (voir encadré La Traversée).

Percutant également l’actualité, le projet en développement porté par les Films du Tambour de Soie (Marseille), Interdit aux chiens et aux Italiens rappelle la traversée des immigrants italiens lors de la Seconde Guerre mondiale. Brassant des histoires vraies, le film d’Alain Ughetto utilise un rendu hybride à base de marionnettes, de stop-motion et de prises de vues réelles pour rendre plus palpables ces rêves d’ailleurs et plus tragiques le passage des frontières. Saga européenne de par son scénario, le film au budget inférieur à 3 millions d’euros produit par Graffiti Doc (Italie) a su également séduire la Suisse avec Nadasdy Film et la France avec Vivement Lundi et Foliascope.

 

Expédition périlleuse elle aussi, mais dans un autre genre, J’ai perdu mon corps réalisé par Jérémy Clapin (Skhizein) et produit par Xilam Animation, dont plusieurs séquences finalisées ont été présentées, suit l’errance d’une main séparée de son corps suite à un accident du travail. Rosalie (de son petit nom), qui se souvient avec émotion de sa vie passée (au Maroc, puis l’exil en France, etc.), devra affronter de nombreux dangers avant de retrouver son corps et reprendre en main le cours de sa vie. Très attendu, ce projet de longue haleine et de facture sombre et poétique est basé sur le livre Happy Hand de Guillaume Laurant. Inclassable, cette histoire fantastique, qui mêle les techniques 2D et 3D, a attiré un grand nombre d’investisseurs.

 

Autre traversée de tous les dangers, Mars Express par Jérémie Périn anticipe la colonisation de Mars par des humains enrichis par le travail des robots, la Terre devenant la planète des laissés-pour-compte. Produit par Everybody on Deck (avec Je Suis Bien Content pour la production exécutive et Tchack), le film de science-fiction (7 millions d’euros) se situe dans la continuité de la série remarquée Lastman (26 fois 13 minutes) produite et réalisée par la même équipe et diffusée sur France 4 (puis, faute de diffuseurs publics, sur Netflix). Jeu de contrastes entre les paysages chatoyants des nouvelles colonies spatiales et la noirceur de la Terre, cohabitation explosive entre les robots 3D et les humains 2D… Le projet très « réaliste », actuellement sous forme d’animatique, est prévu pour entrer en production en 2020.

 

Sorti pour sa part des affres de la production, Buñuel dans le labyrinthe des tortues (production par Sygnatia), qui sera à l’affiche en France en juin prochain (en avril en Espagne), revient sur un moment décisif mais peu connu de la vie du cinéaste mexicain, le tournage épique du documentaire Terre sans pain.

Adaptée du livre de Fermin Solis, cette évocation, qui recourt à l’animation 2D et à l’intégration d’images tournées par Buñuel, prend parfois des accents surréalistes. Le film a conquis le public du Cartoon Movie qui a décerné à son réalisateur Salvador Simó le Cartoon Movie Tribute du réalisateur européen de l’année, et à son coproducteur néerlandais Submarine, l’un des plus grands studios d’animation aux Pays-Bas (pays invité d’honneur du Cartoon Movie), celui du producteur.

 

 

Extrait de l’article paru pour la première fois dans Mediakwest #31, p.124/128. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 16 mai 2019 à 17:05

R3D, le nouvel SDK de RED qui accélère les workflows 8K

R3D, nouvel SDK de RED accélère les workflows 8K © DR

RED annonce le lancement de son nouvel SDK R3D, qui permet une lecture en temps réel de contenus 8K grâce aux cartes NVIDIA : les cinéastes peuvent ainsi effectuer le tournage et la postproduction entièrement en 8K. Avec cette nouvelle solution, RED et NVIDIA participent activement à la mise en place d’une chaine de production en 8K.

 

RED Digital Cinema lance son nouvel SDK R3D accompagné de l’application REDCINE-X PRO qui permet un décodage et un dématriçage plus rapide des fichiers RED R3D sur les plateformes NVIDIA CUDA. En utilisant une ou plusieurs cartes graphiques NVIDIA pour effectuer ces tâches – qui demandent une grande puissance de calcul –, le système permet désormais la lecture, le montage et l’étalonnage d’images en 8K en temps réel.

En phase de postproduction, cette nouvelle synergie matériel/logiciel offre les avantages suivants…

  • lecture en 8K à 30 IPS au moins
  • conversion jusqu’à 10 fois plus rapide, selon le format et le contenu
  • plus d’efficacité et de contrôle de la qualité lors du processus de vérification du contenu
  • création plus libre à l’aide de fichiers R3D flexibles au lieu de fichiers proxy

Le traitement des images en 8K nécessite une carte NVIDIA Quadro RTX 6000 ou 8000, GeForce RTX 2080 Ti ou TITAN RTX et un PC raisonnablement puissant. Les créateurs peuvent atteindre de meilleures performances avec des stations de travail à plusieurs cartes graphiques, et même des cartes NVIDIA plus anciennes peuvent apporter une amélioration notable aux délais de traitement.

On notera que les nouveaux ordinateurs portables dotés de cartes NVIDIA RTX proposés par les plus grands fabricants – Razer, Acer, Alienware, ASUS, Dell, Gigabyte, HP, Lenovo, MSI et Samsung – sont déjà capables de lire des contenus 8K en temps réel et laissent donc l’utilisateur libre de choisir l’outil le mieux adapté à son budget.

 

Les principaux intégrateurs de SDK et éditeurs de solutions de montage offriront prochainement des versions mises à jour de leurs produits.

  • 2 mai 2019 à 03:57

Cartoon Springboard, attention talents !

Porteurs du projet de série Mousse et Bichon, Rosalie Benevello, Vinnie Bose et Hippolyte Cupillard doivent convaincre les professionnels du Cartoon Springboard. © Cartoon

Tribune pour les jeunes talents, la quatrième édition du Cartoon Springboard s’est posée à Valenciennes en décembre dernier...

 

Créé il y a cinq ans par Cartoon, à Halle (Allemagne), Cartoon Springboard (« tremplin » en anglais) vise à faire émerger les jeunes talents récemment diplômés des écoles européennes d’animation ou dans la vie active depuis moins de cinq ans, et à donner un coup de projecteur, voire d’accélérateur, à leurs projets de série, d’unitaire, de long-métrage, de jeu vidéo ou d’application transmedia.

« Dans un secteur devenu si concurrentiel, il leur est difficile de rencontrer les bons interlocuteurs et d’accéder au marché international », remarque Yolanda Alonso, organisatrice de Cartoon Springboard. L’idée de cette rencontre avec les professionnels du secteur (diffuseur, producteur, distributeur) avait déjà été initiée par la manifestation Training for Trainers.

Avec Cartoon Springboard toutefois, la formule gagne en efficacité. Tenus de présenter leur projet (en anglais), en un temps limité et à un parterre de professionnels internationaux, les participants peuvent en effet mesurer, en temps réel, la maturité et les réels potentiels de leur projet. Quelque 24 projets, issus de 16 pays européens, ont été présentés à 45 experts internationaux. Un Springboard particulièrement qualitatif qui avait choisi Valenciennes pour sa quatrième édition. Il se tiendra à Valencia (Espagne) les trois prochaines années.

 

 

L’expertise en partage

Intervenant depuis les débuts du Springboard en tant qu’« experte », la distributrice Eleanor Coleman (Indie Sales) ne cache pas son enthousiasme : « Le marché de l’animation s’est considérablement ouvert, l’offre s’est beaucoup diversifiée. Mon travail consiste à trouver de nouveaux talents porteurs de projets. Ici, nous découvrons le point de vue de nouvelles générations qui n’ont pas encore en tête toutes les contraintes du marché si ce n’est celle de la création. »

Pour Pierre Siracusa, directeur délégué à l’animation chez France Télévisions, le Cartoon Springboard constitue un espace opportun de discussion – et de travail – où les professionnels peuvent échanger sur des projets qui, éventuellement, iront aux Cartoon Forum ou Cartoon Movie.

« Le secteur de l’animation est en plein boom, le nombre des participants et de contributeurs est de plus en plus élevé et les projets de plus en plus professionnels. Grâce à l’action du Cartoon Forum et du Cartoon Movie, les acteurs importants du secteur ont appris à se connaître. Ils n’ont plus besoin de ces manifestations pour décrocher un rendez-vous à la BBC, à la RAI ou chez ZDF ! Elles sont devenues des vitrines comportant des séances de pitch. Il faut donc trouver un espace dans lequel puissent se découvrir des projets moins avancés et où l’enjeu est d’aider à les faire aboutir. D’où la notion d’experts si présente au Springboard. »

 

Pour Eleanor Coleman, l’expertise consiste à partager son expérience et sa connaissance du marché international. Pour le diffuseur français, ses interventions portent plutôt sur le projet éditorial, sa cohérence et sa pertinence face aux besoins des investisseurs et des diffuseurs.

« Intervenir sur des projets très en amont nous permet tout de suite d’être dans une dialectique constructive avec les auteurs afin d’affiner le propos et l’intégration du projet dans nos cases », poursuit Pierre Siracusa. « Pour le producteur, profiter de cet accompagnement financier et éditorial se montre aussi productif. Cela lui fait gagner du temps et constitue un gage de faisabilité face aux intervenants extérieurs qui vont rentrer dans son plan de financement. »

Ici, pas question, à l’inverse du Cartoon Forum ou Cartoon Movie, de choisir son projet : « C’est l’esprit de tremplin et de tutorat qui prime », précise Joseph Jacquet, responsable R&D Animation (France Télévisions). « Les experts sont là pour accompagner et chercher comment le projet, qui en est aux prémices, peut aboutir à une production plausible. » Et ce projet qu’ils décortiquent ne leur est pas inconnu. Bien avant que le projet ne soit pitché, le panel d’experts, avec la complicité des modérateurs du Cartoon Springboard, en ont déjà listé les points forts et les insuffisances.

 

 

Projets « tremplin »

Repérés en amont par Agnès Bizzaro, qui intervient également sur le Coaching Programme du Cartoon Movie, la plupart des projets pitchés au Cartoon Springboard 2018 sont signés par des étudiants issus de quatorze écoles d’animation européennes (Ensav-La Cambre, Filmakademie Baden-Wurtemberg, Film Academy Of Performing Arts, Animation Sans Frontières-The Animation Workshop, etc.) et de six françaises comme l’Esaat, l’Iscid, l’Emca, l’Esmi, l’Ensad et la Poudrière.

Cette année encore, l’école de Bourg-lès-Valence s’est distinguée en présentant des projets de grande qualité, dont deux séries et un unitaire TV. Proposée par Antoine Delebarre (promotion 2017), la série 2D Kakokis (26 fois 1 minute) destinée au pre-school introduit trois volatiles (Ka, Ko et Kis) qui découvrent des objets (aspirateur, arrosoir...) venus s’échouer sur leur plage. Chacun à sa manière (la série est sans dialogue) exprime sa curiosité voire sa perplexité et laisse libre cours à son imagination pour trouver le mode d’emploi. Si les experts ont salué l’humour et l’efficacité graphique du projet, ils ont pointé la difficulté d’adapter les expressions pour le marché international, et mis en garde, notamment pour les marchés anglo-saxons, sur la sélection des objets : certains pouvant présenter un danger si les jeunes spectateurs les utilisent comme les héros...

 

Retours également très positifs de la part des experts pour la maîtrise du storytelling et l’originalité du traité graphique du projet de série pre-school Mousse et Bichon proposé par Rosalie Benevello, Vinnie Bose et Hippolyte Cupillard (promotion 2018). Adaptée librement d’albums de Claire Lebourg, la série en stop-motion (et décors en 2D) met en scène l’amitié entre le morse Bichon et la chaussette Mousse dont la maison est visitée à chaque marée par la mer qui lui laisse en dépôt coquillages et menus objets. « Nous avions commencé à développer le projet dans le cadre d’un exercice de trois mois à La Poudrière qui a accepté de prendre à sa charge les droits de l’adaptation », indique Rosalie Benevello. « Suite à cette première présentation, nous avons réévalué la cible et le format. » Reste au trio à écrire des épisodes complets et à préciser l’âge des protagonistes.

Comme les précédents, la série 2D Petlovers (pour les 9/11 ans) présentée par la Belge Britt Raes (déjà auréolée de nombreux prix pour son court-métrage Catherine), qui dépeint une société où les hommes sont devenus les animaux de compagnie des chats, est passée au crible de l’analyse des experts diffuseurs, lesquels remettent toujours le projet en face des besoins du marché. De même, la série d’aventure et d’action Basil and Spence (13 fois 22 minutes) de l’Irlandais Josh O’Caoimh (Jam Media), qui se passe dans un lieu improbable (une île en forme de tremplin de skate surmontée d’un gros rocher que rêvent de faire rouler jusqu’en bas des malveillants), a suscité toute l’attention des professionnels. Inspiré, l’auteur prépare déjà la saison 2.

 

Si le Cartoon Springboard 2018 a ouvert ses pitchs, pour la première fois, au jeu vidéo comme Forsake the Grave (produit par Primal Seed) dont les auteurs présentaient une démo jouable, il a reçu, cette année, une offre significative de projets pour la cible ado-adulte. Parmi eux, Billie and Bam de Zoé Harley et Angelin Paul (Ésaat) : une série (13 fois 7 minutes) qui se situe à une époque post-apocalyptique où des enfants doivent survivre dans un monde violent. Un projet prometteur à condition, tempère Joseph Jacquet, de mieux caractériser les personnages en termes d’âge et surtout, avant même de se frotter à sa faisabilité technique et financière, de bien mûrir l’offre : le projet s’adresse-t-il à la télévision ou à une plate-forme ?

 

Côté long-métrage, Fernando Belisario (issu de l’Institut Supérieur Couleur Image Design de Montauban) est venu avec Hope, un projet qui trace de manière sensible le portrait des femmes de sa famille vénézuélienne. L’auteur possède déjà un synopsis de son film. Mais il doit encore, toujours d’après les experts, mieux spécifier l’histoire qu’il entend suivre.

Si les jeunes talents doivent se plier à l’exercice délicat, mais incontournable du pitch (en anglais, répétons-le), ils ont tout à y gagner. Depuis le début de Springboard (jusqu’à 2017), 67 % des projets sont en cours de développement et une dizaine a trouvé un producteur. Ainsi du « space opéra gériatrique » de Grégoire Lemoine (La Poudrière 2010), Hospice Odyssey (12 fois 7 minutes), pitché en 2016 à Halle et remarqué par le producteur Vivement Lundi. Il arrive aussi, et de plus en plus fréquemment, que le Cartoon Springboard constitue un tremplin pour le Cartoon Forum ou le Cartoon Movie, manifestations également organisées par Cartoon. Pitché au Cartoon Springboard 2016, le long métrage Geno (Lira Production Studios, Géorgie) s’est ainsi retrouvé dans la sélection du Cartoon Movie 2017.

 

Lors du Cartoon Forum 2018, deux projets issus de Springboard ont été très remarqués : Maman pleut des cordes (Laïdak Films) et le documentaire animé Tufo de Victoria Musci (Les Contes Modernes). Quant au projet de série Mousse et Bichon, il a suscité, dès sa présentation, un vif intérêt de la part d’un producteur et d’un distributeur. En toute logique, la série devrait se retrouver dans les prochaines éditions du Cartoon Forum.

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #30, p.110/112. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 30 avril 2019 à 19:25

L’ISTS pousse le curseur avec Avid ProTools S6

L’ISTS a investi dans quatre configurations Avid Pro Tools S6, dont deux présentes sur le site parisien. © DR

L’ISTS (Institut supérieur des techniques du son) est l’école spécialisée dans les métiers de l’audio, elle prend pleinement sa place au sein du groupe ESRA. Pour être en phase avec les problématiques du marché et répondre aux demandes des futurs employeurs, il est nécessaire de posséder les outils référents. L’école a donc investi, il y a quelques mois, dans quatre configurations Pro Tools S6. Deux sont à Paris, et les autres en province (Rennes et Nice). Visite de ces nouvelles installations en compagnie de David Azoulay, directeur général du groupe ESRA, et Jean-Christophe Belval, coordinateur pédagogique ISTS.

 

L’ISTS est une école privée reconnue par l’État et qui délivre un diplôme visé par l’État : le DESTS (Diplôme d’études supérieures des techniques du son). Pour bien comprendre le positionnement de l’ISTS, faisons un petit retour en arrière.

Créé en 1972 par Max Azoulay, le groupe ESRA a pour vocation la formation aux métiers du cinéma, de la télévision, du son et du film d’animation. Le groupe, aujourd’hui dirigé par David Azoulay, comprend trois écoles : l’École supérieure de réalisation audiovisuelle (ESRA), l’Institut supérieur des techniques du son (ISTS) et l’ESRA Animation. Implanté d’abord à Paris, le groupe ESRA a créé en 1988 l’ESRA Côte-d’Azur à Nice, l’ESRA Bretagne à Rennes en 1995 et l’ESRA Bruxelles en Belgique en 2015.

Chacune de ces écoles propose un cursus de trois ans d’études diplômantes et certifiantes qui peut, de façon optionnelle, se prolonger d’une quatrième année d’études à New York. « La philosophie de l’ESRA est de pouvoir enseigner et présenter tous les métiers de l’audiovisuel. Chaque année nous investissons dans le matériel pour moderniser les équipements », résume David Azoulay.

 

 

ISTS au cœur de l’audio

Répartie sur trois ans, la formation ingénieur du son de l’ESRA comprend des cours théoriques, des travaux dirigés, des réalisations et des stages en milieu professionnel. Les deux premières années constituent un tronc commun. En termes d’effectifs, il y a 190 élèves en première année et 150 en troisième année.

En troisième année, les étudiants aspirant à devenir ingénieur du son ont le choix entre les options suivantes, représentant autant de possibilités d’orientations professionnelles au sortir de l’école : Son Audiovisuel, Son Musical, Son Jeux-vidéo, Son Radio ou Sonorisation. La polyvalence acquise par les étudiants est une donnée essentielle pour s’insérer professionnellement, l’ISTS et l’ESRA ont bien compris depuis leur création la nécessité de cette polyvalence. L’ISTS est en phase avec les évolutions du secteur pour permettre une meilleure insertion, ce qui veut dire posséder du matériel adapté et à la pointe.

L’ESRA a acquis quatre consoles Avid Pro Tools S6 M40 en juin 2018. Deux consoles sont installées à Paris : une 24 fader dans une salle du bâtiment principal et une 16 fader dans le studio Ouistiti situé en face du bâtiment principal. Les écoles de province n’ont pas été oubliées puisqu’une console 24 fader est installée à Rennes et une autre à Nice. Deux de ces consoles sont équipées de MTRX.

 

Il y a quelques années, l’ISTS a repris les anciens studios de Dominique Blanc-Francard (studios Ouistiti et avant Aquarium). Il y a deux studios, dont un grand avec un plateau de 50 m2 qui peut être utilisé pour de la prise de son musicale. Il comprend une console Audient ASP 8024 - 24 et une console Avid Pro Tools S6. Ce studio est utilisé en troisième année pour les travaux pratiques des élèves.

Côté Felix Faure, viennent s’ajouter 2 studios dont l’un est équipé avec l’autre S6 en configuration 7.1 et le second lui contient une SSL AWS 900 et ses nombreux périphériques.« Chaque studio a ses spécificités pour y enseigner des disciplines différentes, que ce soit la musique, le son à l’image, la radio ou bien le jeu vidéo, pour n’en citer que quelques-unes. Ce sont les élèves de troisième année qui ont accès aux derniers équipements, notamment les consoles Avid Pro Tools S6 », indique Jean-Christophe Belval, coordinateur pédagogique ISTS.

Il y a une synergie entre les écoles ; ainsi les élèves ISTS participent aux productions de l’ESRA. Que ce soit pour de la prise de son, de la post-production, du mixage audio, les élèves de l’ISTS sont en charge de la production et de la finalisation audio des réalisations des élèves de l’ESRA. En troisième année, les élèves de l’ESRA réalisent un court-métrage et les étudiants de l’ISTS en assurent la prise de son, le montage son, le sound design et le mixage en 5.1.

En dehors de ces nouvelles installations, les outils Avid sont déjà très implantés dans le groupe. Concernant les Pro Tools, il y a sept Pro Tools HDX + Ultimate, une soixantaine de Stations Pro Tools réparties entre les quatre sites du groupe. Les différentes stations de travail sont équipées de plugs-in UAD, Fabfilter, Waves, Native Instrument, Arturia Izotope, Flux, Melodyne etc. Le groupe ESRA est partenaire officiel d’Avid et d’Apple. L’école est habilitée à délivrer des certifications Avid sur le logiciel Pro Tools et Apple sur Logic Pro.

 

 

Une formation qualifiante

Tous les cours sont dispensés par des professionnels référents. Une cinquantaine de professeurs différents sont présents au sein de l’ISTS pour les travaux pratiques et les cours magistraux. En troisième année, les cours de tronc commun sont dispensés sous forme de séminaires et de cours magistraux et dans chaque option les matières représentent environ 200 heures regroupées sur seize semaines. Les travaux pratiques, la réalisation des productions, la rédaction du mémoire de fin d’études occupent le reste du temps. Le cursus est complété par un stage de seize semaines sur les 3 ans.

Ces nouveaux équipements vont donc permettre aux élèves d’accroître encore un peu plus leur degré d’expertise sur les outils ad hoc et faciliter leur entrée dans le monde professionnel.

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #31, p.112. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 29 avril 2019 à 19:23

ConceptD, la nouvelle gamme Acer conçue pour les créateurs...

Acer propose ConceptD pour tous les créateurs et designers © DR

ConceptD, la nouvelle gamme de PC de bureau, d’ordinateurs portables, d’écrans et de Casque Windows Mixed Reality signés Acer, marque le début d'une nouvelle ère pour la créativité.

 

Acer annonce dévoile la sortie de sa gamme ConceptD, une nouvelle ligne d’ordinateurs de bureau, d'écrans et d’ordinateurs portables sous Windows 10 Pro. La gamme a été conçue pour répondre aux besoins des concepteurs graphiques, réalisateurs vidéo, ingénieurs, architectes, développeurs et autres professionnels de la création. ConceptD permet de s’immerger totalement dans leur processus créatif pour réaliser des projets remarquables.

« La gamme de produits ConceptD a été mise au point avec l’objectif de proposer aux utilisateurs du domaine de la création des outils efficaces leur permettant de se consacrer entièrement à leur processus créatif et à l’élaboration de leurs projets », explique Jerry Kao, Co-COO, Acer Inc. « Premiers nés d’une nouvelle gamme destinée aux créateurs, ces PC sont équipés de processeurs hautes performances et de cartes graphiques capables de prendre en charge des tâches exigeantes, avec des ordinateurs silencieux au design minimaliste, qui permettent à chacun de libérer toute leur créativité ».

« Plus que jamais, Intel satisfait les exigences des créateurs, en leur proposant des PC aux performances exceptionnelles, dotés de technologies avancées, pour accélérer les workflows, et optimiser le travail », déclare Chris Walker, Vice-Président and General Manager, Client Computing Group, Intel. « En proposant plusieurs formats d’ordinateurs portables et de bureau embarquant des processeurs Intel Core i7 ou i9 de 9ème génération, ou des processeurs Intel Xeon, la gamme ConceptD d’Acer offre une combinaison réussie entre design, fonctionnalités et périphériques, qui permet aux PC de cette gamme de répondre aux besoins les plus exigeants des créateurs de tous bords. »

 

ConceptD, un Design intemporel en toile de fond

Les PC de bureau et portables haut de gamme ConceptD adoptent un design intemporel agrémenté d'une finition blanc pur ou noir mat. Le clavier est doté d'un rétroéclairage de couleur ambre et l’ensemble offre un design épuré et soigneusement pensé pour les professionnels exigeants.

 

Des ordinateurs haut de gamme équipés de processeurs graphiques NVIDIA pour répondre aux besoins des studios professionnels

Les ordinateurs de bureau ConceptD 900 et 500 sont équipés, dans leur version la plus avancée, de la gamme des GPUs NVIDIA jusqu’au Quadro RTX 6000, améliorant le rendu des effets visuels, des modélisations 3D complexes, des simulations, ou encore du développement d'IA ou d’apprentissage profond. Ses nombreux coeurs réduisent les temps de chargement et améliorent significativement la prise en charge du multitâche, tout en assurant une fiabilité, une stabilité et une sécurité à toute épreuve. Les nouveaux pilotes Creator Ready Drivers de NVIDIA améliorent la prise en charge des applications et les performances des logiciels de studio, notamment Autodesk Arnold, Unreal Engine et REDCINE-X PRO, accélérant les workflows pour le montage vidéo, la conception graphique, l’animation et la 3D, la photographie et la diffusion vidéo.

« Grâce aux nouveaux pilotes Creator Ready Drivers, les GPUs NVIDIA Quadro RTX vont permettre aux créateurs de bénéficier de workflows plus rapides sur les PC ConceptD d’Acer », déclare Sandeep Gupte, director of Professional Visualization marketing at NVIDIA Corp. « Tirant parti de la stabilité de la plateforme GPU Quadro, ces PC Acer conçus pour la création décuplent les possibilités de leurs utilisateurs ».

 

Le ConceptD 900 : l’outil rêvé de tout créateur

Le ConceptD 900 est un PC de bureau de haute performance destiné aux professionnels ayant besoin d’exécuter simultanément plusieurs applications complexes nécessitant beaucoup de puissance. Avec ses deux processeurs Intel Xeon Gold 6148 pouvant contenir jusqu’à 40 coeurs et 80 threads, son GPU NVIDIA Quadro RTX 6000 et ses 12 emplacements mémoire offrant jusqu’à 192 Go1 de mémoire EEC, il est l'outil idéal pour les réalisateurs vidéo, animateurs, designers et architectes, qui pourront s’immerger dans leur processus créatif sans être interrompus par des temps de réponse trop longs. Le ConceptD 900 est également un outil de premier choix pour les développeurs mettant au point des systèmes d’intelligence artificielle et d’apprentissage profond, qui nécessitent une puissance de traitement et des graphismes haute performance. Les professionnels de la création bénéficieront d'une plus grande souplesse de travail grâce à ses deux emplacements M.2 PCIe intégrés, ainsi qu’à son châssis pratique pouvant accueillir jusqu’à cinq baies de stockage compatibles RAID 0/1. Les utilisateurs pourront en outre décupler ses capacités grâce à ses trois emplacements PCIe x8 et quatre emplacements PCIe x16.

Equipé d’un panneau d’évacuation d’air grâce à ses sorties de formes rectangulaire, de six ventilateurs de refroidissement qui font circuler l’air dans tout le châssis, le ConceptD 900 dispose d’une conception thermique lui permettant de maintenir une température basse lors de l’exécution d’applications exigeant une grande puissance de traitement, comme par exemple pour la production vidéo. Il est doté d’un châssis épuré en métal noir mat avec une touche d’alimentation orné d’une LED de couleur ambre pour un design sophistiqué, apprécié des adeptes d’esthétique minimaliste.

 

ConceptD 500 : PC de bureau hautes-performances pour les Designers

Le ConceptD 500 est un PC de bureau puissant destiné aux réalisateurs vidéo, animateurs, designers et créateurs en tout genre voulant réaliser des projets de qualité professionnelle. Dans sa version la plus avancée, il intègre des processeurs Intel Core de 9e génération et des GPU NVIDIA jusqu’au Quadro RTX 40001 qui assurent un traitement plus rapide et plus fluide des tâches et projets multimédia, de sorte que les utilisateurs puissent porter toute leur attention sur le processus créatif.

Grâce à son processeur Intel Core i9-9900K de 9e génération doté de 8 coeurs, 16 threads et cadencé jusqu’à 5 GHz, les outils nécessaires aux créateurs et à leurs projets bénéficient d'une plus grande vitesse d’exécution, d’une meilleure fluidité et d'une stabilité optimisée. Son processeur comporte plusieurs coeurs, qui fournissent chacun des performances élevées tout en maintenant une température basse avec faible émission de chaleur et offrant une consommation énergétique réduite. Avec une carte graphique NVIDIA jusqu’au Quadro RTX 40001 pour son modèle le plus performant, le ConceptD 500 peut prendre en charge quatre écrans 5K (résolution 5 1200 x 2 880 à 60 Hz) avec couleurs HDR, pour des effets visuels, des graphismes et des animations d'une fluidité incomparable.

Très évolutif, il saura s’adapter aux besoins en constante évolution des utilisateurs d’applications exigeantes. Ses quatre emplacements DIMM autorisent jusqu'à 64 Go de mémoire DDR4 à 2 666 MHz, fournissent davantage de bande passante et de capacité, pour plus de performances dans le traitement de tâches de conception complexes. Son disque dur SSD PCIe M.2 NVMe intégré assure le rendu en temps réel des modèles et des objets 3D.

Il est doté d'une ventilation thermique optimale, assurée par trois ventilateurs de refroidissement qui aspirent l’air depuis le panneau de ventilation triangulaire avant pour favoriser la circulation de l’air dans tout le châssis. Et ces prouesses techniques savent se faire discrètes : avec un niveau sonore ne dépassant pas 40 dB, il respecte le silence nécessaire à un environnement de travail permettant de se concentrer.

Le ConceptD 500 arbore une finition blanche et des courbes élégantes dans un esprit minimaliste. Compacte, la tour se fond dans tous les environnements de travail, avec une partie supérieure en finition bois. Elle permet également de charger des périphériques compatibles Qi sans fil et comprend un support pour casque qui se déploie et se rétracte après utilisation.

 

Les ordinateurs portables silencieux ConceptD stimulent la créativité

Les ordinateurs portables ConceptD 9, ConceptD 7 et ConceptD 5 profitent du design distinctif ConceptD et d’écrans à dalle IPS ultra-haute définition (UHD) 4K2 agréés PANTONE. Grâce à une restitution à 100% de la palette RVB Adobe, les créateurs sont assurés d’obtenir des couleurs aussi fidèles que possible. Avec une palette de couleurs aussi large, ces écrans offrent une précision de ton impressionnant (pouvant atteindre Delta E < 1). Ces ordinateurs portables restent silencieux grâce à leur ventilateur AeroBlade 3D d’Acer de 4ème génération à réduction de bruit produisant moins de 40 dB tout en offrant des performances informatiques et graphiques élevées.

 

ConceptD 9 - Pour créations 3D haut de gamme exigeantes

Le ConceptD 9 est un ordinateur portable pour créateurs, avec un design innovant. Grâce à sa charnière de précision Ezel Aero Hinge d’Acer l'écran UHD (3840 x 2160) de 17.3 pouces, se retourne, s’ouvre ou s'incline, pour différentes utilisations. L'écran est agréé PANTONE et restitue 100% de la gamme de couleurs RGB d'Adobe, avec une précision chromatique inégalée de Delta E < 1. Les utilisateurs peuvent laisser libre cours à leur créativité, quel que soit leur mode d’utilisation : écran, tablette, tente ou ordinateur portable classique pour partager, jouer, travailler ou dessiner. Il est équipé d'un stylet EMR, ou résonance Wacom qui vient se coller magnétiquement au ConceptD 9, et qui permet une authentique expérience d'écriture et de dessin. Ce stylet offre une facilité d'utilisation hors-pair et un contrôle rapide et précis grâce à une sensibilité à 4.096 niveaux de pression, ce qui permet de dessiner en partant de zéro, de prendre des notes, ou de souligner des points clés lors de réunions créatives.

Pouvant intégrer les derniers processeurs jusqu’au Intel Core i9 de 9ème génération, le ConceptD 9 dispose de la puissance et des performances nécessaires pour faire tourner simultanément et de manière fluide plusieurs applications de création. Grâce au GPU NVIDIA GeForce RTX 2080, les utilisateurs peuvent accélérer le temps-réel des montages vidéo et des applications de rendu 3D, profitant ainsi de plus de temps pour la création. Le RTX 2080 fournit également un ray tracing accéléré, permettant aux moteurs de rendu d’afficher des graphismes réalistes au fur et à mesure de leur création. Le GPU permet également aux utilisateurs de gagner du temps et de se concentrer sur le processus créatif, en utilisant certaines fonctions IA pour améliorer la qualité et gérer les tâches fastidieuses. Les créateurs pourront travailler en mode natif avec des fichiers RAW jusqu'à 8K sans perdre d'images, sans utiliser de pré-cache, ni générer de proxies. Le GPU RTX garantit aussi une bonne fluidité aux grands modèles 3D, grâce à l'amélioration de 50% des performances sur les images matricielles par rapport aux GPU de générations précédentes.

Avec jusqu'à 32 Go de mémoire DDR4 à 2.666 MHz et deux disques SSD NVMe PCIe au format M.2 de 512 Go en RAID 0, les créateurs pourront stocker des projets conséquents et de nombreuses vidéos, et accéder à de lourds fichiers sans avoir à manipuler plusieurs disques durs externes.

 

ConceptD 7 - Edition et rendu vidéo en temps réel jusqu’au RED 6K

Pouvant intégrer les derniers processeurs de 9ème génération jusqu'au Intel Core i7 pour des performances haut de gamme, et un GPU NVIDIA GeForce RTX 2080 Max-Q Design, le ConceptD 7 permet aux créateurs d'accélérer le montage vidéo RED 6K et le rendu en temps réel sur des flux très lourds. On peut facilement l'emmener partout, grâce à ses 17,9 mm d'épaisseur et 2,1 kg. L'écran UHD 4K à dalle IPS agréé PANTONE de 15,6 pouces (3840 x 2160) séduira les créateurs, avec sa restitution de 100% de la palette de couleurs RGB d'Adobe et sa grande précision chromatique (Delta E < 2) qui assurent un rendu remarquable des couleurs.

Équipé d’un port Thunderbolt 3 et un port MiniDP pour connecter jusqu'à trois écrans externes, il dispose également d’un port Killer DoubleShot Pro pour une connexion WiFi performante et fiable.

 

ConceptD 5 - A vous de créer !

La conception graphique est rapide et facile avec l'ordinateur portable ConceptD 5. Les utilisateurs pourront travailler leurs images avec une précision professionnelle et terminer les projets graphique 2D les plus délicats en un rien de temps, grâce à son puissant processeur Intel Core i7 de 8ème génération et à sa carte graphique Radeon RX Vega M GL. Il est fin et léger, pratique pour les déplacements, avec un design moderne qui s'intègrera parfaitement dans n'importe quel environnement de travail. Il est doté d’un châssis premium en métal d’alliage magnésium-aluminium sur la partie supérieure de la coque et en alliage magnésium-lithium pour le repose-mains et la coque inférieure. Son poids n’est que de 1,5 kg pour 16,9 mm d'épaisseur, et sa bordure d’écran ne dépasse pas les 6,22 mm assurant un très bon ratio écran/châssis de 80%.

Pour les créateurs, la précision des couleurs est absolument essentielle, et le ConceptD 5 ne déçoit pas avec son écran UHD 4K agréé PANTONE. La fine bordure d’écran de 6,2 mm permet aux créateurs de disposer d’une plus grande surface de visionnage, tandis que la restitution de 100% de la palette RGB d'Adobe et la bonne précision chromatique (Delta E < 2) assurent une reproduction fidèle des couleurs. Avec jusqu'à 16 Go de mémoire DDR4 et 1 To de stockage SSD NVMe PCIe en RAID 0, les utilisateurs peuvent laisser libre cours à leur créativité facilement et dans n'importe quel environnement grâce au clavier rétroéclairé de couleur ambre.

Le ConceptD 5 dispose d’une gamme complète de ports, notamment un port USB Type-C Gen 1 permettant le transfert de données jusqu'à 5 Gbits/s ainsi qu’un DisplayPort, un port de charge, plus la recharge hors ligne. Un lecteur d'empreintes intégré offre une sécurité supplémentaire via Windows Hello.

 

Moniteurs ConceptD

Les créateurs ont besoin d'une précision des couleurs plus grande que celle offerte par la plupart des moniteurs grand-public, c'est pour cette raison qu’Acer a créé les moniteurs ConceptD, reconnaissables à leur design moderne et épuré, alliant noir et des finitions bois. Dotés d’une dalle en résolution UHD, d’une impressionnante précision chromatique (Delta E < 1), et certifiés PANTONE, ces nouveaux moniteurs sont optimisés pour offrir encore plus de précisions.

Le ConceptD CM7321K est un moniteur 32 pouces, idéal pour la création 2D. Son écran UHD 4K de 32 pouces certifié VESA DisplayHDR 1000 dispose de 1.152 zones de rétroéclairage à technologie Mini LED et restitue 99% de l'espace d'Adobe RGB et 89,5% du Rec.2020, pour permettre aux créateurs et aux vidéastes de donner vie à leurs projets.

Le ConceptD CP7271K est un moniteur 27 pouces certifié PANTONE, optimisé pour la création 3D. Il offre une précision de couleur impressionnante (Delta E < 1), et restitue une large palette de couleurs correspondant à 99% de la palette Adobe RGB et 93% de DCI-P3. Il intègre également GSYNC Ultimate et DisplayHDR 1000, pour des couleurs et un niveau de détail hors-pair.

 

Le casque ConceptD OJO Windows Mixed Reality, pour les créateurs

Le casque ConceptD OJO Windows Mixed Reality comprend un écran de 4 320 x 2 160, une conception exclusive qui permet de retirer séparément la partie avant comprenant les lentilles et le système d’attache, facilitant ainsi le rangement et le nettoyage du casque. Il est doté d’une technologie brevetée du système audio qui canalise le son provenant des haut-parleurs internes vers les oreilles de l’utilisateur et d’une technologie de réglage de distance interpupillaire assistée par logiciel (IPD). Celle-ci permet de mesurer la distance IPD (l’écart entre la pupille de l’oeil et l’affichage) et modifier cette distance pour offrir une image agréable, plus claire et plus nette.

La conception détachable unique du casque facilite le nettoyage et le partage entre plusieurs utilisateurs. Avec au choix une attache rigide ou souple, ces deux systèmes assurent un port du casque sécurisé et confortable. La version souple est lavable et le rembourrage extra-large de l’attache rigide permet au casque de bien s’ajuster et de résister aux mouvements. Le système audio intégré du ConceptD OJO concentre le son sur les oreilles, évitant l’ajout d’écouteurs, et la technologie IPD brevetée garantit un affichage réglé à une distance optimale pour les yeux. Il est très facile à configurer avec les 6 degrés de suivi de position libre (avant/arrière, haut/bas et gauche/droite, inclinaison, oscillation et roulis).

 

Prix et disponibilité

Le ConceptD 900 sera en Europe au mois de juin à partir de 17 999€, prix conseillé TTC.

Le ConceptD 500 sera disponible en Europe au mois de juillet à partir de 2 799€, prix conseillé TTC.

Le ConceptD 9 sera disponible en Europe au mois d’août, à partir de 4 999€, prix conseillé TTC.

Le ConceptD 7 sera disponible en Europe au mois de juillet, à partir de 2 299€, prix conseillé TTC.

Le ConceptD 5 sera disponible en Europe au mois de juillet, à partir de 1 699€, prix conseillé TTC.

Le moniteur 32 pouces ConceptD CM7321K sera disponible en Europe au mois de septembre, à partir de 3 199€, prix conseillé TTC.

Le moniteur 27 pouces ConceptD CP7271K sera disponible en Europe au mois de juillet à partir de 2 099€, prix conseillé TTC.

  • 23 avril 2019 à 18:23

Découvrez les nouvelles fonctionnalités de la version 9.40 d’EDIUS de Grass Valley

Découvrez les nouvelles fonctionnalités de la version 9.40 d’EDIUS de Grass Valley © DR

Grass Valley vient de publier la version 9.40 de sa soluton d’éditon EDIUS. Comme toujours, les utlisateurs d’EDIUS 9 bénéficieront de la mise à jour gratuitement. La version 9.40 inclut de nouvelles fonctionnalités et améliorations majeures qui augmenteront considérablement le flux de travail des utilisateurs d’EDIUS 9.

 

EDIUS 9.40 fournit désormais :

- L’exportation Apple ProRes et l’importaton ProRes Raw

- La fonction multicaméra est améliorée avec des optons de synchronisation nouvellement implémentées (y compris l'annonce de la synchronisaton audio à venir)

- La conversion HDR-SDR est optmisée et confortable avec mappage de tons en clip doux

- Le traqueur de mouvement de masque optmisé

- Import / Export de sous-titres y compris euportés avec la vidéo

- Nouveau décodeur logiciel H.265 haut débit pour une performance améliorée des clips HEVC

- Prise en charge de la dernière technologie Intel QuickSync pour les processeurs tels que i7-9700K ou i9-9900K pour l'accélératon H.264 / H.265

 

En outre, EDIUS 9.40 inclut un certain nombre de fonctionnalités supplémentaires, telles que la prise en charge des nouveaux formats de sources pour Sony Venice Raw, Panasonic P2 8K et les performances plus rapides pour le Canon Cinema Raw Light, ainsi que la prise en charge des nouveaux formats exportés pour les codecs H.264 / H.265 au format MOV.

Au NAB 2019, magic multi media, distributeur d'EDIUS pour la région EMEA et l'Amérique du Nord, a produit un reportage vidéo couvrant toutes les principales fonctionnalités et améliorations. Vous trouverez le reportage et de nombreuses autres informations utiles, ainsi que des tutoriels gratuits, des podcasts, le forum utilisateur EDIUS, des mises à jour et une version d’essai EDIUS gratuite ici

Jusqu'à la fin du mois de mai 2019, toute personne achetant EDIUS 9 reçoit proDAD Vitascene V3 LE (prix normal 167 € + TVA) en bonus gratuit. Cette promotion s'applique à toutes les versions d'EDIUS Pro 9 et de Workgroup 9 : version complète, mise à jour, mise à jour intermédiaire, mise à jour intermédiaire 2 et EDU. Vous trouverez tous les détails sur cette promotion ici.

 

Contrairement aux autres solutions NLE professionnelles, EDIUS est disponible à l'achat et ne force pas l'utilisateur à adopter un modèle d'abonnement non souhaité.

  • 29 mai 2019 à 17:00

Lœdens en route vers la postproduction 4K HDR

L’auditorium principal avec un projecteur 4K Sony, et surface de contrôle DaVinci Advances. © Lœdens Studio

Lœdens est un nouveau prestataire de postproduction qui se spécialise sur les contenus en très haute définition HDR (UHD, 4K, 8K). Parmi ses clients, des producteurs comme Amos Rozenberg qui, depuis plusieurs années, produit en 4K. Au final, une association de compétences de différentes entreprises qui aiment relever les défis technologiques au service de la création.

 

La nouvelle société de prestation technique Lœdens propose ses services de postproduction avec un axe fort sur la 4K et le HDR (HLG, HDR10+) sur du mastering, étalonnage, effets visuels, création de DCP. Le studio travaille beaucoup pour le marché du luxe, de la parfumerie, notamment pour Prada, Valentino. Il est l’aboutissement d’une collaboration de plusieurs années de ses deux fondateurs, Sofiane Benabdallah et Laszlo Chatelard, lesquels ont une formation dans la réalisation et le graphisme.

Travaillant avec de nombreux producteurs au fil des ans, passionnés de cinéma et de belles images au sens large, tous deux ont décidé de donner vie à leur rêve et créé de toutes pièces ce nouveau lieu dans le XVIIe arrondissement parisien, à quelques centaines de mètre de la place Clichy.

 

« Nous avons cherché pendant un an un lieu qui puisse accueillir notre projet, nous avons trouvé un ancien atelier en fond de cour et nous avons effectué six mois de travaux pour que le lieu soit fonctionnel, que nos clients et talents s’y sentent bien », nous relate Sofiane Benabdallah, cofondateur de Lœdens. Au final, un budget de plus d’un million d’euros (achat du site, rénovation, création des espaces et équipements) pour cette société qui prend le pari de la qualité.

 

 

Des équipements taillés pour les projets haute résolution

Le studio est à taille humaine, l’entrée fait penser à une galerie d’art avec sa déco minimaliste et ses affiches graphiques. Une fois poussée l’une des portes, on arrive dans un magnifique auditorium qui bénéficie d’une acoustique soignée. « Nous avons des voisins, et donc il nous a fallu créer une boîte dans une boîte pour isoler au mieux les nuisances sonores possibles lors d’une séance d’étalonnage ou d’une projection », insiste Sofiane.

L’auditorium mesure environ 50 mètres carrés, il fait également office de salle de projection et peut être loué à ce titre. Il comprend un projecteur 4K Sony SRXR510P (DCI), un écran micro-perforé de 5,5 mètres de base, d’une écoute Dolby 7.1. L’étalonnage se fait sur Resolve DaVinci avec un Advanced Panel. Le matériel cinéma a été installé par la société ADDE. Pour le reste du matériel, c’est la société Atreid qui a fourni les stations de travail SuperMicro. Des stations survitaminées car Lœdens Studio travaille sur des projets gourmands en termes de bande passante. L’auditorium comprend également un moniteur Sony BVM -X300/2 4K Grade 1 HDR 1000 nits. « Nous nous focalisons sur des projets en 4K HDR, et également en 8K sur lesquels nous venons de faire les premiers tests », précise Sofiane.

Le DaVinci est relié en SAN avec le nodal situé à l’étage supérieur. La salle sert pour de l’étalonnage de fictions et de films publicitaires, mais récemment Lœdens Studio a signé la postproduction du prochain Palma Show (BlagBuster Production) qui sera diffusé en prime-time pour TF1, et qui a été réalisé en 4K.

 

La seconde salle est orientée broadcast avec un écran de contrôle Eizo CG3145 Prominense 4K et un téléviseur LG Oled 65 pouces pour la vision finale. L’étalonnage se fait également sur DaVinci, mais avec un mini Panel.

Lœdens Studio propose également à ses clients des stations de montage Avid ou Adobe. Elles sont reliées au réseau SAN évolutif de 95 To permettant ainsi l’accès à tous les rushes en temps réel et ce, quelle que soit la résolution (4K et plus) et tout type de compression (ProRes, R3D, ArriRaw, DPX…).

 

 

Des producteurs engagés sur le 4K et 8K

Parmi les clients de la société, Amos Rozenberg qui a plusieurs projets en cours, au travers de ses deux sociétés (Rockstone Films et Paramax). Il vient de finir le tournage d’un long-métrage « Music Hole », tourné en Red Monstro 8K HDR et la série « Cooke S7 » plein format dont un prototype (18 mm ouvrant à 2). Le film, qui comprend de nombreux effets visuels, ne sera finalisé que dans plusieurs mois. Le long-métrage a été tourné en 25 jours et a nécessité 30 To de stockage (x 3 pour les sauvegardes). Les rushes ont été traités par PrestaFilms à Aix-en-Provence.

Pour tester la chaîne 8K, sur un format plus court, Amos Rozenberg a tourné un mini concert improvisé du chanteur Eduardo Ed Motta en 8K 60p. Le film a été tourné sur un bateau-mouche la nuit, juste avec un éclairage d’appoint, et le résultat est spectaculaire.

 

« Nous faisons de nombreuses captations de concerts en grand capteur avec des caméras Red en 4K depuis 5 ans. Nous voulions tester en avant-première le premier workflow 8K HDR, et l’image que nous obtenons est vraiment étonnante. Nous sommes des petites structures, mais grâce à cette collaboration avec Lœdens Studio et Sesama Films, nous pouvons tester grandeur nature les nouveautés technologiques. Nous sommes passionnés par l’innovation et nous voulons aller plus loin dans l’écriture pour ces nouvelles formes visuelles », s’enthousiasme Amos Rozenberg.

Sur le tournage de ce concert, un DIT déchargeait les cartes, copiait les médias sur des baies de disques durs, générait des proxys à la volée pour voir les images en temps réel. Paramax a produit des concerts dont l’image soignée a été saluée par la critique, notamment un concert de l’Orchestre Philharmonique d’Israël qui a été distribué en Blu-ray 4K HDR10. Autre projet, l’opéra Turandot, tourné à Torre del Lago en Italie.

 

Autre partenaire, la société Sesama, dirigée par Christophe Boula, spécialisée dans la location de caméras Red et qui a loué les caméras sur les différents projets d’Amos Rozenberg. La société, outre la location, fait de la production de documentaires, de la captation et également assure des services d’étalonnage, de mastering et de fabrication de DCP.

Lœdens, un nouveau studio de postproduction qui offre une gamme complète de services 4K, 8K en postproduction, mais également en effets visuels, à découvrir en 2019. 

 

 

LŒDENS, EN TERMES D’ÉQUIPEMENTS DE POSTPRODUCTION, C’EST :

• un serveur TigerServe1,

• une baie de stockage Accusys PCIe 3.0,

• deux stations de travail DaVinci Resolve SuperMicro Multi GPU,

• une salle principale avec surface de contrôle DaVinci Advanced,

• une salle secondaire avec Mini Panel DaVinci et référence Eizo CG-3145,

• une solution d’archivage des médias sur bandes LTO

 

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #30, p.86/87. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 27 mai 2019 à 17:00

Une collection de vidéos Premium RED Digital chez Pond 5

Pond5 lance une nouvelle collection de contenus Premium RED Digital… © DR

La place de marché mondiale d’images photo et vidéo Pond5 a lancé une toute nouvelle collection de séquences vidéo premium en 8K, 6K, 5K et 4K, tournées exclusivement sur des caméras RED Digital Cinema.

 

Pond5 a dans la foulée développé un nouveau filtre de recherche "RED Camera" pour la vidéo sur son site, permettant aux clients de découvrir facilement des centaines de milliers de clips créés avec les caméras RED dans sa bibliothèque qui compte désormais plus 14 millions de clips vidéo.

« La résolution 8K offre l’avantage d’options illimitées de zoom ou de recadrage dans l’image avec des projets finaux qui peuvent très bien être en 4K ou plus. Avec la résolution 8K qui devrait s'implanter de manière significative sur le marché grand public au cours des quatre prochaines années, les créateurs de vidéos peuvent utiliser ces séquences pour pérenniser leur travail sur les écrans de nouvelle génération. La production et la création vidéo évoluent constamment avec la technologie. Offrir à nos acheteurs des options de la plus haute qualité et des technologies les plus avancées pour leurs projets vidéo fait partie de notre ADN », déclare Jason Teichman, PDG de Pond5 qui propose également sur sa plateforme des séquences d’images VR.

Dans la continuité du lancement de la collection RED de Pond5 et de l’expansion internationale d’une collection Pond5 DJI, la place de marché mondiale Pond5 a annoncé son intention de créer une nouvelle collection de vidéos tournées avec le codec ProRes RAW d’Apple… L’appel à contribution est ouvert !

  • 23 mai 2019 à 17:00

EIZO lance son nouveau moniteur ColorEdge dédié aux créatifs

EIZO lance son nouveau moniteur ColorEdge dédié aux créatifs © DR

EIZO Corporation va sortir un nouveau ColorEdge CS2731, un moniteur de gestion des couleurs de 27 pouces destiné aux amateurs de photographie, d'illustration, de création vidéo et d'autres domaines créatifs. C'est le successeur du ColorEdge CS2730.

 

Le moniteur est le premier de la gamme ColorEdge à offrir une connectivité USB de type C avec une alimentation de 60 watts. Avec un seul câble USB de type C, les utilisateurs peuvent afficher de la vidéo, transmettre des signaux USB et alimenter un périphérique connecté tel qu'un smartphone ou un ordinateur portable. Le terminal USB Type-C fournit jusqu'à 60 watts de puissance, de sorte que même les ordinateurs portables haut de gamme restent chargés tout en travaillant. Cela élimine le besoin d'un adaptateur secteur externe supplémentaire et rationalise l'espace de travail de la création.

L'écran spacieux de 27 pouces offre une résolution native de 2560 x 1440, offrant aux créateurs un espace suffisant pour travailler avec des images, des palettes d'outils et d'autres fenêtres.

La large gamme de couleurs du moniteur reproduit 99% de l’espace colorimétrique Adobe RGB, garantissant ainsi une reproduction fidèle des couleurs. Pour compenser les fluctuations de la luminosité et de la chromaticité caractéristiques des moniteurs LCD, l’égaliseur d’uniformité numérique (DUE) unique d’EIZO corrige les écarts de chaque ton sur tout l’écran pour un affichage stable.

Le ColorEdge CS2731 prend en charge le logiciel de gestion des couleurs ColorNavigator 7 d’EIZO. Les utilisateurs peuvent ainsi calibrer et contrôler régulièrement la qualité de leur moniteur, de manière fiable et fiable, pour des résultats couleur prévisibles. Il prend également en charge le logiciel Quick Color Match d’EIZO, qui simplifie en quelques étapes le processus de correspondance des couleurs entre écrans.

 

Caractéristiques supplémentaires

• Gradations lisses avec affichage 10 bits à partir d'une table de correspondance (LUT) 16 bits

• Entrées USB Type-C, HDMI, DisplayPort et DVI-D

• Capot de protection contre la lumière en option

• Garantie du fabricant de 5 ans

 

La ColorEdge CS2731 sera disponible à partir de juin 2019.

  • 21 mai 2019 à 17:00

Cartoon Movie 2019, l’animation en haut de l’affiche

Signée par Anca Damian, L’Extraordinaire Voyage de Marona est une coproduction entre la Roumanie (Aparte Films), la France (Sacrebleu Productions) et la Belgique (Minds Meet). © Aparte Film, Sacrebleu Productions et Minds Meet

La 21e édition de Cartoon Movie (5 au 7 mars à Bordeaux) attestait de la grande forme de l’animation, des films commerciaux aux longs-métrages d’auteurs...

 

Dense, éclectique et toujours très qualitative, la programmation de Cartoon Movie 2019 a retenu, cette année, 66 films d’animation à l’état de concept, développement, production et en « sneak preview » (extraits en avant-première). Ils ont été présentés à un parterre de professionnels internationaux dont l’assiduité ne se dément pas : plus de 900 producteurs, réalisateurs, auteurs, investisseurs, distributeurs, agents de vente (mais aussi sociétés de jeux vidéo et multimédia) sont venus de toute l’Europe et même d’ailleurs (Chine, Japon, Canada...).

Une dynamique en constante croissance (Cartoon Movie a permis à plus de 300 films de trouver leur financement depuis sa création en 1999), qui apporte une visibilité aux projets soumis dont les budgets remontent (pour une moyenne de 8 à 10 millions d’euros) et fait (re)venir des grands noms de l’animation européenne (réalisateurs, auteurs...) voire, pour la première fois, des éditeurs de BD désireux d’être de la partie.

L’animation française mène toujours la sélection avec 22 projets (même si, pour la première fois, elle ne remporte aucun Cartoon Tributes). Parmi ceux-là, quatre impliquent directement la région Nouvelle-Aquitaine. Plus encore que les années précédentes, les comédies familiales constituent une bonne partie des projets présentés (près des deux tiers), mais l’offre pour les jeunes adultes reste aussi soutenue et recherchée par les participants. « Un signal fort peut être envoyé au festival de Cannes qui ne peut plus continuer d’ignorer l’animation européenne », affirme Marc Vandeweyer, directeur général de Cartoon.

 

 

Parmi les prochains hits « famille »

En prenant comme « accroches » Terra Willy d’Eric Tosti (TAT Productions) et Chequered Ninja produit par A.Film (900 000 entrées au Danemark) montrés en sneak preview, La Balade de Yaya (Blue Spirit) en début de programmation ou Les Mousquetaires du tsar (Est-Ouest Films, Waking The Dog et Kinoatis), Cartoon Movie continue à mettre en avant le film d’animation qui réunit toute la famille. Le genre forme indéniablement le cœur battant de la manifestation qui affectionne ces projets parvenant à fédérer leur public, et sait les accompagner au besoin durant leur production.

« Découvert » en 2006 au Cartoon Forum, TAT Productions revient ainsi présenter son second long-métrage, Terra Willy (à l’affiche en France le 3 avril). Visant le même public que Les As de la jungle, le film aborde, de manière tout aussi jubilatoire, le mythe de Robinson Crusoé façon spatial. Un prétexte pour déployer de somptueux décors 3D et des créatures improbables et colorées.

Distribué en France (sur une combinaison de 400 copies) et à l’international par Bac Films, le film devrait être vendu sur encore plus de territoires que Les As de la jungle : « Contrairement à ce film qui s’appuyait sur une série ayant déjà fait ses preuves à l’international, Terra Willy a réussi tout seul à convaincre le marché », se félicite le producteur Jean-François Tosti.

 

Développant des valeurs assez proches (dépassement de soi...), La Balade de Yaya, porté par Blue Spirit au sein du label Sinematik et au stade de développement, s’annonce tout aussi prometteur et grand public. S’appuyant sur une bande dessinée franco-chinoise, le film remonte le temps et suit le périple en Chine de deux enfants (une jeune pianiste et un gamin des rues) fuyant Shanghai en pleine guerre sino-japonaise (en 1937) pour rejoindre Hong Kong. Cette adaptation au format scope sera traitée en 3D avec un rendu 2D.

Annoncée avec un budget entre 12 et 15 millions d’euros, la production, qui a été le pitch le plus suivi du Cartoon Movie, en est au début de son tour de table. Elle inaugure, selon Armelle Glorennec, une nouvelle dynamique de production pour le studio Blue Spirit qui en assurera la fabrication dans ses studios d’Angoulême et de Montréal : « Nous voulons mettre à profit tout le savoir-faire de nos studios qui ont pris de la maturité afin de donner une dimension grand public à cette histoire classique et universelle. »

 

Sans perdre de vue la cible famille, des projets comme Linda veut du poulet ! (Dolce Vita Films) ou Le Voyage extraordinaire de Marona (Aparte Films, Sacrebleu Productions) se démarquent par leur audace graphique. Écrit et réalisé par Chiara Malta et Sébastien Laudenbach (La jeune fille sans mains), Linda veut du poulet ! est une comédie enlevée et burlesque – comment faire un poulet aux poivrons à sa fille un jour de grève générale ? –, qui opte franchement pour des couleurs pop, des décors stylisés et un cerné noir non continu pour ses personnages, lequel peut se modifier – jusqu’à disparaître – selon son emplacement dans la scène.

Prévu pour être réalisé en 2D par Miyu Productions à Angoulême et Paris, et distribué par Gebeka, le film prévu pour 2021 fait partie des projets les plus inattendus – et les moins onéreux – de la sélection bordelaise (2,80 millions d’euros).

 

Réalisé par Anca Damian (La Montagne magique), L’extraordinaire voyage de Marona, dont plusieurs extraits ont été présentés, préfère jouer sur l’empathie en se mettant à la hauteur d’une petite chienne qui se remémore sa vie auprès des humains qu’elle a aimés. Chaque période de sa vie est prétexte à dépeindre des univers différents rendus en 2D, papier découpé et 3D (pour les décors). Produite par Aparte Film (Roumanie), Sacrebleu Productions (France) et Minds Meet (Belgique), cette coproduction, classique dans sa trame narrative, mais visuellement foisonnante, réunit plusieurs studios (Aparte Films, Marmita Films à Bordeaux, Tu Nous ZA Pas Vus à Arles) : chacun fabriquant de manière artisanale une partie.

Le montage financier de ce film d’auteur (budget inférieur à 3 millions d’euros) a été un pari : « Ce genre de film a très peu de place en France auprès des télévisions, des Sofica, voire des distributeurs ou des vendeurs », souligne le producteur Ron Dyens (Sacrebleu Productions). « Les diffuseurs ne nous ont pas suivis contrairement à Tout en haut du monde ». Distribué par Cinéma Public Film en France et Charades à l’international, le film sera à l’affiche à la rentrée 2019.

 

Ils n’entreront pas en production avant un ou deux ans, mais déjà ces projets en concept, dont certains sont signés par des réalisateurs de renom, suscitent l’intérêt des professionnels (éditeurs de BD compris). Auréolé du succès éclatant de Ma vie de Courgette, Claude Barras revient avec Sauvages !, un projet en stop-motion (budget de 10 millions d’euros) coproduit par Prélude (France), dont c’est le premier film en animation, et Helium Films (Suisse).

Prise de conscience écologique à hauteur d’enfant mais aussi message d’espoir, le film narre l’amitié entre une petite fille vivant à Bornéo et un bébé orang-outan qu’elle essaie de sauver de la captivité et de la déforestation programmée. Pour le réalisateur, il est important de sortir du cinéma d’auteur pour toucher un public familial.

 

Parabole contemporaine et sociale, Le conte du hérisson d’Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli (Une vie de chat, Phantom Boy) inscrit, lui aussi, son histoire – une chasse au trésor – dans l’actualité : ici, une fermeture d’usine entraînant le chômage des parents… Mais le film montre comment ses jeunes protagonistes peuvent changer le cours du destin. Produit par Parmi les Lucioles Films, il recourt à des animations 2D traditionnelles. Et cherche des diffuseurs et des coproducteurs.

Réalisateur de Zombillénium, Alexis Ducord revient également, avec son monteur Benjamin Massoubre, pour présenter Saba : un film d’aventure en full 3D (15 millions d’euros) toujours porté par Maybe Movies, qui place l’action en 1938 dans la corne de l’Afrique. À la recherche de ses parents – des archéologues – capturés par les fascistes, une petite fille va devoir traverser plusieurs pays en guerre jusqu’à atteindre le territoire légendaire de la reine de Saba.

 

Une autre quête, qui a lieu cette fois-ci à Montmartre (en 1885), est proposée dans Séraphine par l’auteure Marie Desplechin qui en signe le scénario (à partir de sa nouvelle éponyme). Si la recherche des parents en constitue la trame, le film est l’occasion de faire revivre un quartier alors en pleine effervescence (construction du Sacré-Cœur, etc.) et d’y croiser des figures truculentes. Coproduit par Little Big Story, qui se lance dans le film d’animation, et Tu Nous ZA Pas Vus Productions pour la production exécutive, le film en concept sera réalisé en 2D (3D pour les décors).

 

 

Animation « jeunes adultes », toujours l’engouement

De manière toujours aussi affirmée, l’offre « jeunes adultes », qui émane souvent de sociétés spécialisées dans la fiction ou le documentaire, aborde des sujets d’actualité brûlants (totalitarisme, immigration, lutte contre la déforestation, etc.) en allant puiser parfois dans l’histoire récente des moments qui leur font écho. En pleine crise des migrants, La Traversée de Florence Miailhe acquiert ainsi, de par son ton et sa facture (de la peinture animée), une dimension intemporelle et universelle. Produite par Les Films de l’Arlequin, cette épopée coproduite avec Maur Film (République tchèque), Balance Films (Allemagne) et Xbo (France) repose sur une technique d’animation traditionnelle (le banc-titre) adaptée aux besoins du long-métrage (voir encadré La Traversée).

Percutant également l’actualité, le projet en développement porté par les Films du Tambour de Soie (Marseille), Interdit aux chiens et aux Italiens rappelle la traversée des immigrants italiens lors de la Seconde Guerre mondiale. Brassant des histoires vraies, le film d’Alain Ughetto utilise un rendu hybride à base de marionnettes, de stop-motion et de prises de vues réelles pour rendre plus palpables ces rêves d’ailleurs et plus tragiques le passage des frontières. Saga européenne de par son scénario, le film au budget inférieur à 3 millions d’euros produit par Graffiti Doc (Italie) a su également séduire la Suisse avec Nadasdy Film et la France avec Vivement Lundi et Foliascope.

 

Expédition périlleuse elle aussi, mais dans un autre genre, J’ai perdu mon corps réalisé par Jérémy Clapin (Skhizein) et produit par Xilam Animation, dont plusieurs séquences finalisées ont été présentées, suit l’errance d’une main séparée de son corps suite à un accident du travail. Rosalie (de son petit nom), qui se souvient avec émotion de sa vie passée (au Maroc, puis l’exil en France, etc.), devra affronter de nombreux dangers avant de retrouver son corps et reprendre en main le cours de sa vie. Très attendu, ce projet de longue haleine et de facture sombre et poétique est basé sur le livre Happy Hand de Guillaume Laurant. Inclassable, cette histoire fantastique, qui mêle les techniques 2D et 3D, a attiré un grand nombre d’investisseurs.

 

Autre traversée de tous les dangers, Mars Express par Jérémie Périn anticipe la colonisation de Mars par des humains enrichis par le travail des robots, la Terre devenant la planète des laissés-pour-compte. Produit par Everybody on Deck (avec Je Suis Bien Content pour la production exécutive et Tchack), le film de science-fiction (7 millions d’euros) se situe dans la continuité de la série remarquée Lastman (26 fois 13 minutes) produite et réalisée par la même équipe et diffusée sur France 4 (puis, faute de diffuseurs publics, sur Netflix). Jeu de contrastes entre les paysages chatoyants des nouvelles colonies spatiales et la noirceur de la Terre, cohabitation explosive entre les robots 3D et les humains 2D… Le projet très « réaliste », actuellement sous forme d’animatique, est prévu pour entrer en production en 2020.

 

Sorti pour sa part des affres de la production, Buñuel dans le labyrinthe des tortues (production par Sygnatia), qui sera à l’affiche en France en juin prochain (en avril en Espagne), revient sur un moment décisif mais peu connu de la vie du cinéaste mexicain, le tournage épique du documentaire Terre sans pain.

Adaptée du livre de Fermin Solis, cette évocation, qui recourt à l’animation 2D et à l’intégration d’images tournées par Buñuel, prend parfois des accents surréalistes. Le film a conquis le public du Cartoon Movie qui a décerné à son réalisateur Salvador Simó le Cartoon Movie Tribute du réalisateur européen de l’année, et à son coproducteur néerlandais Submarine, l’un des plus grands studios d’animation aux Pays-Bas (pays invité d’honneur du Cartoon Movie), celui du producteur.

 

 

Extrait de l’article paru pour la première fois dans Mediakwest #31, p.124/128. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 15 mai 2019 à 17:00

Des VFX français à la croisée des chemins...

Le Paris Images Digital Summit est devenu un moment d’échanges et de questionnement entre les professionnels français du secteur des VFX français. © DR

Lors du Paris Image Digital Summit qui s’est déroulé, au Centre des Arts d’Enghien-les-Bains au début de l'année, la filière des effets visuels numériques a montré son sens de l’innovation et de la créativité, mais aussi quelques faiblesses. Résumé de ce rendez-vous professionnel d’un secteur qui peine encore à gravir l’échelle internationale.

 

Lors du Paris Images Digital Summit, le CNC et Audiens présentaient une mise à jour de l’étude entamée il y a trois ans sur l’emploi dans le secteur des effets visuels numériques. Le premier constat de cette étude est positif, puisque cette filière comptait en 2017 près de 4 000 emplois, soit une hausse de 556 emplois par rapport à 2016. L’étude souligne d’ailleurs qu’en dix ans plus de mille emplois ont été créés dans ce secteur, ce qui représente un doublement du nombre d’emplois et une hausse corollaire de 64 % des créations d’entreprises.

Il faut dire que le CNC a mis sur la table depuis 2017 un « plan VFX » qui supporte les œuvres cinématographiques et télévisuelles ambitieuses en matière d’effets visuels numériques, avec des aides passées de 7 millions d’euros en 2016 à 10 millions en 2017. Quinze projets français ont ainsi pu en bénéficier en 2018, dont « L’Empereur de Paris » de Jean-François Richet et « Taxi 5 » de Franck Gastambide.

 

 

Les VFX français se structurent, mais...

Toutefois, le constat est plus nuancé quand on s’aventure dans l’épaisseur du trait. Déjà, cinq entreprises seulement concentrent la moitié de la masse salariale du secteur, tandis que les dix premiers studios de VFX concentrent 70 % des salariés. Ces pourcentages étaient de 68 % en 2016 et 65 % en 2015. Si l’on considère le verre à moitié plein, cela signifie que les entreprises leaders du secteur se structurent peu à peu… Cette concentration est aussi géographique puisque 80 % des VFX sont réalisés en Ile-de-France, ce qui représente 95 % de la masse salariale.

Plus étonnant, la part des intermittents (les CDD d’usage) dans les VFX est importante avec 76 % d’emplois intermittents et 23 % d’emplois permanents, mais ce seuil s’abaisse depuis dix ans et la part de ceux-ci est en-dessous de la moyenne de la production audiovisuelle et de l’animation en particulier.

Ce dernier phénomène est à mettre en regard du fait que l’âge moyen des employés dans les VFX est supérieur à celui de la production audiovisuelle et a fortiori de l’animation. À y regarder de plus près, on constate que le nombre de salariés de moins de 30 ans a augmenté depuis 2015 de 12 % tandis que les « plus de 40 ans » ont bondi de +126 % !

Le CNC et Audiens ont également comparé VFX et animation, pour se rendre compte que l’animation représente à elle seule les deux tiers des effectifs des deux secteurs réunis. Plus intéressant, l’animation concentre les trois quarts de la masse salariale quand on compare les deux secteurs, alors qu’elle est la plus grande consommatrice de CDD d’usage avec 90 % de sa masse salariale. En dépit de son fonctionnement en mode projet, l’animation reste donc plus pourvoyeuse d’emplois.

 

 

L’international : un plafond de verre pour les studios français

Le secteur des VFX soutient encore moins la comparaison à l’international, là où l’animation française s’exporte bien, le secteur des effets visuels numériques se heurte à un plafond de verre. Et l’abaissement du seuil du crédit d’impôt international fléché sur les VFX n’a pas véritablement changé la donne.

Comme le rappelle Stéphane Bender de Film France : « Après l’annonce de l’abaissement du seuil d’un million d’euros à 250 000 euros, on pouvait s’attendre à un effet d’aubaine pour les studios de VFX français qui avaient du mal à être suffisamment attractifs hors de nos frontières. Le constat est en demi-teinte depuis, puisqu’en 2017 seul un projet de long-métrage basé sur des VFX a bénéficié de ce dispositif et à peine plus en 2018. »

Selon Olivier Emery, fondateur du studio de VFX Trimaran : « Les pays qui ont de l’ambition dans le domaine des effets visuels numériques sont en train de migrer vers un crédit d’impôts à un niveau d’environ 40 % de déduction fiscale. Il est clair que dans cette course au crédit d’impôt la France est un peu derrière avec seulement 30 % de déduction jusqu’ici. Le passage à 40 % nous mettrait au niveau de l’Allemagne, de l’Australie et même du Canada. Mais, prévient aussi Olivier Emery, ce n’est pas la seule raison qui explique que nos studios ont du mal à gagner des projets à l’international. »

Le dirigeant de Trimaran estime avoir perdu en 2018 des projets internationaux importants pour des raisons qui tiennent tantôt à l’agressivité commerciale plus forte des studios étrangers, avec par exemple le devis d’un studio canadien concurrent dans lequel la ligne « Superviseur VFX » était comprise dans le package de base avec un forfait ou encore à cause du fait que la bande demo de notre studio n’est pas à la hauteur de concurrents étrangers.

Cela fait dire à Olivier Emery : « Il faudrait que les studios français de toutes tailles apprennent à mieux travailler ensemble en se spécialisant au sein de projets collaboratifs, comme c’est souvent le cas à l’étranger, plutôt que d’avoir une approche généraliste et d’être peu enclins à la sous-traitance. Je ne comprends pas qu’en France le marché des effets visuels ne représente qu’un million d’euros de chiffre d’affaires hors marché publicitaire, alors qu’au Canada ou en Grande-Bretagne il est estimé à un milliard de dollars. »

Les professionnels présents durant le PIDS insistaient aussi sur la nécessité de répondre aux nouvelles certifications techniques en matière de sécurité des locaux, des systèmes informatiques… demandés par les majors américains et les plates-formes numériques comme Amazon ou Netflix.

Depuis 2018, la certification promue par le MPAA (Moving Picture Association of America) et la Content Delivery & Security Association (CDSA) s’appelle Trusted Partner Network (https://ttpn.org/). Elle repose sur une série de mesures visant à réduire le risque de piratage par les réseaux informatiques. Le TPN a été décidé suite à plusieurs cas de piratage de séries TV avant leur diffusion, comme ce fut le cas en 2017 avec la saison 5 de la série Netflix Orange is the new black (L’Orange lui va si bien) dont la copie illicite était issue d’un studio de postproduction son ayant des failles de sécurité informatique ou encore pour un épisode de la saison 7 de Game of thrones qui a fuité via une société sous-traitante de la 21st Century Fox Star India chargée de la gestion des médias de la série.

 

 

Mutualiser les ressources entre studios

La mise à niveau vers le TPN a un coût estimé à environ 20 000 euros, tandis que l’audit annuel obligatoire revient lui à 5 000 euros. Autant dire des coûts prohibitifs pour bon nombre de studios français, dont la sécurité informatique n’est pas le cœur de métier.

Face à cette difficulté supplémentaire qui constitue un « véritable plafond de verre » pour de nombreux studios français de taille modeste, « nous devrions mutualiser nos ressources », insiste Olivier Emery. L’an dernier les studios français de VFX s’étaient pourtant regroupés au sein d’un nouveau syndicat professionnel, le V2F.

« Toutefois, neuf des dix-sept entreprises membres de V2F sont des petites structures comme la nôtre, dont les gérants sont un peu au four et au moulin, tandis que notre président est très pris par ailleurs par ses différents mandats », explique Olivier Emery.

Moralité, V2F n’a pas accouché de grand-chose depuis un an. Afin de rester positif, chacun se répéta donc que la mutualisation des moyens en vue d’acquérir ces nouvelles certifications de sécurité indispensables au niveau international pourrait être un objectif pragmatique à brève échéance. De même, chacun s’accordait sur le fait que parvenir à montrer à la Visual Effects Society (VES) que sa section française créée en 2018 était dynamique avec ses 90 membres représenterait une avancée significative.

 

 

L’innovation française dans les VFX toujours active

Les difficultés de pénétration du marché international mis à part, les acteurs des effets visuels numériques français ne manquent pas d’esprit d’innovation et de créativité. Pour s’en rendre compte, il suffisait de suivre les présentations modérées par Stéphane Singier de Cap Digital qui mit en avant quelques pépites hexagonales comme Pocket Studio.

Cet éditeur logiciel a conçu (en version beta pour le moment) un logiciel de conception 3D collaborative dont l’ergonomie s’apparente à la G Suite de Google. Pocket Studio, s’il tient toutes ses promesses jusqu’à son lancement officiel avant l’été 2019, offrira un niveau d’ergonomie jamais égalé jusqu’alors avec un outil de conception 3D en ligne.

Il suffit en effet d’une connexion 4G et d’un login (mot de passe) pour que s’affiche le bureau partagé dans lequel différents collaborateurs distants peuvent concevoir une scène 3D complète, de sa modélisation à son rendu final, en ayant la possibilité d’agir sur chacun des éléments de la scène à tout moment. Il n’y a guère que l’animation de personnages qui ne peut pas pour le moment être gérée via ce logiciel collaboratif de conception 3D.

 

 

Le docu-fiction, moteur des VFX

Côté réalisations, le studio lyonnais Fauns a travaillé en 2018 sur « Living Universe » une série documentaire de 4 x 52’ particulièrement ambitieuse. Coproduite par la chaîne Arte, ABC Australia, Essential Media et le producteur de documentaires ZED, ce docu-fiction scientifique d’anticipation raconte de la manière la plus réaliste possible ce qui pourrait advenir lors d’une expédition spatiale visant à explorer des formes de vie dans et hors de notre galaxie.

Les odyssées spatiales ayant déjà fait l’objet de plusieurs blockbusters célèbres comme « Interstellar », « Gravity » ou « Seul sur Mars », il va de soi que la barre qualitative a été placée très haut au cœur de la conception des nombreux objets et créatures en synthèse présents dans cette épopée scientifique.

Après un tournage en Islande, Fauns a été chargé de réaliser des modèles 3D des vaisseaux spatiaux, robots et créatures présents tout au long de l’expédition. Le vaisseau spatial, Minerva, censé mesurer 1,3 km de long, fut à lui seul une gageure. « Il nous a fallu trouver une multitude d’astuces pour parvenir à faire imaginer au public sa taille gigantesque. Nous avons dû aussi simuler le vieillissement de sa structure, puisque le voyage interstellaire de ce docu-fiction dure plusieurs centaines d’années. De même, les créatures extra-terrestres ont fait l’objet d’une recherche poussée en matière de design et d’animation », souligne Raphaël Penasa le CEO de Fauns.

 

 

La previs sert à l’animation

Tout aussi intéressant est le décryptage technique des scènes du film d’animation en Full 3D, franco-chinois « Spycies » réalisé par Guillaume Ivernel (coréalisateur du film « Chasseurs de dragons » et producteur de « Ballerina ») et sorti en février 2019 dans les salles de cinéma. En effet, Guillaume Ivernel s’est inspiré à la fois de l’animation japonaise et de comédies « cartoon » comme « Roger Rabbit » pour réaliser un film très riche en scènes d’action survitaminées.

Afin d’assurer la cohérence des nombreuses scènes tonitruantes du film, qui nécessitent un découpage au millimètre, le célèbre réalisateur a fait appel à la technique de la previs 3D des séquences. Ainsi, il a été possible de chorégraphier avec précision les nombreuses scènes très en amont des animations et du rendu final. Chaque scène est passée entre les mains du studio français Android Associés qui bénéficie d’une déjà longue expérience en la matière.

Pour Guillaume Ivernel, « cela nous a permis de travailler de manière très précise entre les studios français sélectionnés, sachant que les cadres et mouvements de caméras choisis lors de la previs étaient extrêmement proches des scènes finales, beaucoup plus que ne l’aurait été un simple storyboard. Et, étonnamment ce process de fabrication offre une plus grande liberté de travail pour le réalisateur, car on voit immédiatement si une scène fonctionne ou pas. Cela nous a permis, dans un cadre budgétaire assez contraint, de réaliser un film cohérent d’un bout à l’autre de la chaîne de production, en dépit de scènes d’action particulièrement complexes. »

 

 

Une nouvelle perle expérimentale de Nicolas Deveaux

Les films de court métrage réalisés par Nicolas Deveaux et produits par Cube Creative avec Arte sont désormais attendus par l’ensemble de la profession, tels des mets délicats qu’on déguste avec délice ! Après « 5,80 mètres » et « 7 Tonnes 3 », le dernier opus du réalisateur de « Un mètre/heure » ne fait pas exception à la règle de par l’originalité de son sujet et de son traitement. En plus, lors du PIDS, il était projeté dans les meilleures conditions possibles en qualité cinéma et 3D relief, sachant que l’essentiel de ce film de neuf minutes en « time lapse », qui montre des escargots en train de danser sur une aile d’avion, a été tourné en 4K relief.

Enfin, c’est essentiellement le décor qui a été tourné de la sorte, car les escargots, eux-mêmes héros « danseurs » du film, ont tous été modélisés et animés en 3D. Un gros travail a notamment été effectué pour disposer d’éléments photogrammétriques de l’avion et de l’aéroport. Grâce à cette matière à 360°, Nicolas Deveaux pouvait utiliser ensuite de multiples cadrages et modifier les lumières suivant ses envies créatives. Le résultat est de ce fait une intégration parfaite entre images de synthèse et images réelles, une vraisemblance des séquences et… une grande poésie à la clef.

 

 

Extrait de l’article paru pour la première fois dans Mediakwest #31, p.120/122. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 15 mai 2019 à 17:00
❌