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Lectrosonics, les liaisons secrètes de EVI Audio France

Par admin

EVI Audio France distribue les produits Lectrosonics à destination du monde du Touring et de l’Intégration, dont les liaisons micro Digital Hybrid, celles 100% numériques DSQD D² System et enfin celles tout aussi numériques pour in-ears Duet IEM, des super produits.

Rendez-vous a donc été pris avec Yann Matté d’EVI et Jim Bakker du support Europe de Lectro, les deux interlocuteurs de la marque aussi compétents que disponibles, pour une journée en immersion radiophonique, analogique et surtout numérique.

La salle de démo et de formation d’EVI Audio se remplit en quelques minutes de configurations complètes, micro et retours et tout le nécessaire pour écouter. Ca tombe bien, on a apporté nos oreilles et les ears qui vont bien.

Yann Matté et à droite Jim Bakker. Le café est avalé, envahissons l’espace de bonnes ondes !

On commence par une explication qui détaille les trois modes de fonctionnement des liaisons micro Lectrosonics: Analogique, Digital Hybrid et Numérique et les possibilités de compatibilité pour les récepteurs entre lesdits procédés.
Passons l’analogique, la période est décidément au numérique et intéressons nous d’abord à la technologie hybride, très astucieuse car offrant l’essentiel des avantages du numérique dans une liaison purement analogique du point de vue de la modulation. Comment ? Jim prend la parole avec son extraordinaire accent qui sent bon la tulipe et les moulins à vent ;0)

Liaison micro Digital Hybrid

Jim Bakker : L’idée consiste à utiliser une transmission de données numériques mais sous forme audio, un peu comme les bons vieux fax ou les modems d’antan dont on reconnaissait facilement le son quand on se trompait de numéro d’appel.
On commence donc par convertir le signal en 88.2 kHz et 24 bit, suite à quoi à l’aide d’un algorithme, on analyse les échantillons et créé un paquet de prédiction auquel on va ajouter un vrai paquet d’échantillons avec le delta entre les deux. On en fait un metadata qu’on véhicule dans une fréquence ton pilote en analogique, avec un débit réduit mais qui garde la qualité d’échantillonnage et la résolution. On transmet ce flux numérique en FM.

Le SSM, le micro émetteur 25 ou 50 mW en Digital Hybrid, programmable par DTMF, sans compandeur, facile à cacher dans tout instrument et…sentant moins mauvais qu’un Zippo !

Dans le récepteur on sait quel paquet est le vrai, on connait le delta, cela permet de reconstruire le signal à l’identique. L’inconvénient de la liaison analogique, le bruit, n’a donc plus aucune raison d’être puisque nous parlons de 0 et de 1 qui seront reconnus même entachés de bruit, et on se débarrasse du compandeur dont on sait l’effet très discutable sur le rendu final.

On véhicule un signal de très haute qualité avec comme avantage immédiat une autonomie et une portée meilleures puisqu’on utilise la FM et qu’on peut utiliser un étage final non linéaire en classe C, moins gourmand. Un vrai rendu de qualité pour les instruments via des émetteurs minuscules et enfin la possibilité d’être reçus par les nouveaux récepteurs numériques D² (dont on parlera plus loin) qui acceptent aussi les liaisons hybrides. On est agréé pour effectuer des mesures acoustiques sans fil, c’est dire si le signal qu’on achemine est de haute qualité.

La latence est de 3 ms dans tous les cas de figure et pour toutes les sorties du récepteur, analogiques comme AES/EBU. Un mode de compatibilité permet aussi à nos émetteurs d’être reçus par exemple par du Sennheiser, bien sûr uniquement en analogique et l’inverse est aussi vrai.

L’application Lectro RM en train de programmer un SSM.

Enfin, il est possible de paramétrer tous les émetteurs pocket voire mini, qu’ils soient Hybrid ou numériques, par exemple noyés sous des costumes de scène, via des trains de fréquences envoyés à même les micros qui y sont raccordés.
L’application qui génère ces instructions DTMF qui peuvent même mettre en veille ou réveiller les pockets s’appelle Lectro RM. Bien entendu cette trouvaille est née dans le milieu du long métrage où Lectro est très utilisé.
Comme une batterie dure 6 heures et en veille la conso chute à 20%, avec un minimum de précautions, un acteur dont l’émetteur est inaccessible, peut travailler une journée entière.
Il suffit de l’équiper avant maquillage et habillage et de passer en veille l’émetteur jusqu’au tournage de la première scène. Si cette fonction ne vous intéresse pas et vous avez peur que quelqu’un chante précisément le train d’instructions DTMF et paramètre une autre fréquence d’émission à votre pocket, elle peut être désactivée (rires).

Liaison micro numérique DSQD D² System

SLU : Vous présentez une nouvelle gamme d’émetteurs récepteurs purement numériques…

Yann Matté : Oui, les D² ou D Squared. Le principe des liaisons hybrides chez Lectro existe depuis longtemps, (2002 pour être exact), l’avantage avec cette nouvelle gamme qui comporte un émetteur main DHu, un pack ceinture DBu et un récepteur quadruple qui tient dans un demi rack DSQD, est sa compacité et sa polyvalence.

Le récepteur quadruple Numérique / Digital Hybrid DSQD D². Une densité électronique peu commune.

On peut recevoir 8 liaisons 100% numériques en un rack 1U en associant deux récepteurs et rien n’interdit de panacher canal par canal entre pur digital et liaisons hybrides ! Ce récepteur dispose enfin de sorties analogiques et de deux ports Dante. Les liaisons fonctionnent avec une modulation 8 PSK et un codec propre à Lectrosonics réduit le débit.

Jim Bakker : Chaque marque a sa recette et son propre codec ce qui fait qu’on ne peut plus « parler ensemble » Avec Shure c’est encore moins possible car ils ont choisi une autre modulation. Notre codec permet en tout cas de véhiculer un signal 48 kHz et 24 bit allant de 40 Hz à 20 kHz avec une latence record de 1,4 ms en sortie analogique. Ce qu’on fait à ma connaissance de plus rapide.

Le DBu, l’émetteur numérique 48/24, pleine bande de 470 à 614 MHz, avec trois clés de sécurité jusqu’à l’AES 256 et fonctionnant avec une latence de seulement 1,4 ms…

SLU : On connaît la façon dont fonctionne cette liaison purement numérique ?

Jim Bakker : Moins bien, il y a plus de mystères que dans la version Hybrid. Ce que l’on sait c’est qu’après conversion, le codec réduit les données pour éviter d’occuper une bande trop large.
Le numérique doit tenir dans un masque de 200 kHz. Donc, après la réduction de données on passe par un système de modulation, et le gros travail est fait à l’autre bout, dans le récepteur où le codec et surtout la correction d’erreur est très, très rapide et efficace ce qui nous permet de travailler malgré une puissance d’émission assez faible, avec une portée très importante.

Le DHu avec ses commandes en local, bien sûr programmable en IR. Il peut être équipé de têtes aussi variées que EV, Shure, Heil Sound, Earthworks, Telefunken, DPA etc.

C’est une question de choix et de compromis. On peut comme certains réduire la bande passante, le débit de données, augmenter la latence, la puissance… Mais la bande passante est importante, on ne passe pas que de la voix dans une liaison et il faut que chaque musicien retrouve son instrument (rires).

SLU : Vous avez les deux technologies, numérique et hybride. Qu’est-ce qui les différencie?

Jim Bakker : Essentiellement l’autonomie plus grande en hybride et la taille des émetteurs qui sont bcp plus petits toujours en hybride. Le son et la dynamique sont remarquables dans les deux. Je parle de dynamique car pour du classique, des comédies musicales mais surtout du cinéma, il faut que la liaison la transmette intégralement or un compandeur la réduit drastiquement. 35 dB avec et plus de 60 sans.

Une vue du panneau général de Wireless Designer, l’application de gestion des récepteurs micro et de l’émetteur ears de Lectrosonics, tous disposant d’une paire de prises réseau.

On a beau être habitué à ce travail sur la dynamique, retrouver le son du fil sans fil, est un bonheur. Dans le film Les Misérables de Tom Hooper, tous les chants ont été repiqués en live en Digital Hybrid Wireless sans l’habituelle perche filaire ou sans besoin de repasser en post synchro son après le tournage.

SLU : Avec quelle prise d’entrée sont livrés les packs émetteurs ?

Yann Matté : Celle qui permet à tout le monde de se brancher. Comme Lectrosonics ne fabrique pas de micros, nous n’avons pas un format préféré. On a une prise mini XLR 5 broches et un ensemble d’adaptateurs. Pour les émetteurs main, nous offrons une compatibilité directe pour les têtes Shure et une bague pour adapter des têtes Sennheiser et Neumann et un switch pour passer le fantôme de 7 à 15 Volt et récupérer 6 dB de S/B de plus qu’avec d’autres émetteurs.

SLU : Disposes tu d’options appréciables comme la diversité de récepteurs en plus de cette classique de diversité d’antennes et as-tu au catalogue des émetteurs émettant sur deux fréquences simultanément ?

Jim Bakker : Diversité d’antennes oui, bien sûr, cela est suffisant dans 90% des cas et c’est la solution la plus économique. Une bascule alimente le récepteur avec l’antenne la mieux fournie en signal.

La classique diversité antenne.

Diversité de récepteurs aussi, avec la possibilité d’affecter deux récepteurs différents à une même fréquence d’émission. Chaque récepteur a son antenne et un mix numérique est effectué afin de toujours disposer du meilleur son et de la meilleure transition entre les deux.

Ici la diversité via deux récepteurs captant leur émetteur et choisissant en plus librement leur antenne.

Enfin il est possible de recevoir le même signal depuis deux émetteurs travaillant à des fréquences différentes. Chaque récepteur commence par choisir l’antenne A ou B qui lui donne le meilleur signal et ensuite un mélangeur numérique choisit entre deux signaux identiques mais de qualité différentes, lequel est le meilleur. C’est la solution ultime mais aussi la plus onéreuse puisqu’il faut deux émetteurs et deux récepteurs par signal utile, en revanche il compense la perte d’un micro, d’un émetteur, un brouillage ou des réflexions.

Quand tout fil est vraiment impossible mais que vous voulez une solution ultra solide.

Ecoute micro fil et Digital Hybrid

Nous avons écouté et même mieux, comparé une liaison micro filaire et une en Digital Hybrid en utilisant, merci Yann, la même tête EV ND86 en micro main et en tête vissée sur un émetteur main HHa.

Posés à même la console Midas M32, les deux micros.

Nous en avons profité pour tester la compatibilité entre le récepteur quadruple DSQD et des liaisons Digital Hybrid en nous servant de cette électronique ultra compacte et polyvalente pour le comparatif. Inutile de préciser que ça marche parfaitement bien.
Silence total de la liaison, à l’égal du fil, latence très faible mais surtout, au bout de trois allers-retours entre l’un et l’autre, on n’a plus été en mesure de dire qui est qui. Dynamique, réponse en fréquence ; en employant ce capteur dynamique pour voix assez gras d’ElectroVoice des deux côtés, rien ne manque.

Compandeur aux abonnés absents, le rendu est nominal (pour ne pas dire identique) et la possibilité d’accueillir 8 liaisons en un rack 19” et 1U formé de deux récepteurs D2 accolés, rend cette association hybride vers numérique, la bonne solution pour des instruments sur scène et bien sûr des voix.

M2 Duet

Tenant comme le récepteur D Squared dans un demi rack, l’émetteur M2T comporte aussi 4 canaux mais, stéréo oblige, il n’offre que 2 porteuses…mais malignes comme vous allez le voir. Véhiculant le même flux numérique modulé en 8 PSK, il est donc parfaitement compatible avec le récepteur D².

L’émetteur M2T avec bien identifiés les canaux A1 & A2 et B1 & B2. C’est très facile de travailler en 4 voies mono sur 2 fréquences. Seul risque c’est de perdre deux artistes d’un coup en cas de brouillage…Avantage, il est possible de limiter les frais et le spectre occupé quand il faut dégainer des paquets de fréquences dans une zone peu fournie.

SLU : Comment rentre-t-on dans l’émetteur ?

Jim Bakker : Le M2T accepte l’analogique ou le Dante. Nous sommes d’ailleurs les seuls à offrir à la fois la transmission numérique et le Dante dans une liaison pour ears ! La latence entre l’entrée Dante et la sortie casque ne dépasse pas 1,0 ms plus le temps du réseau Dante. En analogique elle n’est que de 1,4 ms.

Le scan est en cours sur le récepteur numérique M2R. Depuis la dernière mise à jour, les liaisons des retours peuvent aussi être cryptées.

On peut panacher comme on veut entre analogique et Dante sur les 4 canaux audio qui composent les deux liaisons stéréo ou les 4 mono. Une stéréo complète parfaite pour les mix binauraux qui ont besoin d’une restitution extrêmement fidèle, pas celle analogique qui ressemble à ce qu’offre un émetteur FM ! Comme notre émetteur numérique tient en un demi rack, on peut alimenter 4 paires d’oreilles en stéréo et en 1 U.

Yann Matté : Le récepteur fonctionne en diversité d’antenne et dispose de nombreux réglages agissant sur le DSP de bord facilitant les retouches en fréquence, dynamique, volume max, mais aussi et surtout un réglage de largeur stéréo pour resserrer l’image en cas de besoin, de mélange 1+2 en mono, et enfin de choix du canal 1 ou 2 dans les deux oreilles. Cela permet en plaçant deux M2T dans un rack 1U et via 4 fréquences, de fournir 8 mix différents mono, à charge pour chaque pocket de choisir le sien par paires.

A propos de fréquences, on dispose d’une largeur de bande de 144 MHz allant de 470 à 614 MHz et bien entendu cet émetteur comme tous les récepteurs micros dispose d’une prise réseau pour communiquer et répondre aux ordres de l’application Lectro qui s’appelle Wireless Designer. Ajoutons aussi que le même codage numérique entre les gammes Duet et D² permet de constituer des ponts HF numériques de haute qualité et à entrée et sortie Dante, entre autres, le catalogue Lectro fourmille de trouvailles !

Le scan est fait, la fréquence transférée dans l’émetteur, écoutons des ears en numérique !

Ecoute Duet

Nous avons écouté attentivement le système Duet à l’aide de ear-monitors moulés de chez Earsonics. En comparant le pack relié à l’émetteur alimenté en analogique et le second alimenté en Dante, on constate une très légère différence de couleur ce qui est normal. Le choix en reviendra aux mixeurs retours.

Le récepteur dont on devine les deux antennes de réception, aussi solides que possible et offrant un gain en immunité face au multipath. Le menu est facilement accessible. Le volume en revanche est volontairement durci.

Un grand bravo quoi qu’il en soit à Lectrosonics pour le travail effectué sur le son. On n’en est pas encore au fil mais l’analogique prend une claque. L’amélioration est nette avec un haut du spectre stable, très large et sans les subterfuges habituels pour offrir un bon rendu. Le grave est assez sec et aucune distorsion notable n’entache le signal.
Pas ou très peu de bruits parasites ou de colorations diverses et variées, habituelles en FM. Ca ne ressemble clairement pas au rendu auquel on est habitué et le Vitalizer risque d’en faire les frais ! Le volume de sortie est enfin plus que suffisant compte tenu du rendement démentiel des ear-monitors à armatures oscillant entre 110 et 120 dB par milliwatt et des 250 mW de l’ampli du pack.

Let’s go radio !

La surprise est belle, les produits aussi et le son plus que convaincant. Inutile de vous faire le coup de A Star Is Born, Lectrosonics existe depuis presque 50 ans et les liaisons Hybrid depuis 2002. Ce qui manquait à cette marque c’est une distribution qui mette en valeur et en lumière les produits destinés au spectacle vivant et plein de démos pour écouter et comprendre l’infinité de possibilités offertes.C’est désormais chose faite. Au boulot Yann & Jim ;0)

D’autres informations sur le site EVI Audio et sur le site Lectrosonics

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StreamGear Fuses Smartphone and Dedicated Cameras into New Live Video Production Paradigm with VidiMo

Par Write Turn Communications

New hardware-and-app solution turns a phone and external video source into a complete production platform, making it easier than ever before to create high-quality live content November 7, 2019 — Reading, PA:  Video content creators ranging from professionals to social media enthusiasts can soon have a better way to share their vision with their audience ...

The post StreamGear Fuses Smartphone and Dedicated Cameras into New Live Video Production Paradigm with VidiMo appeared first on NAB Show News by Broadcast Beat, Official Broadcaster of NAB Show - NAB Show LIVE.

La tournée Zénith de M. par Jérémy Bargues

Par admin

Les VL10 Vari-Lite BeamWash habillent toute la largeur de la salle avec une énorme puissance.

Après les répétitions au Cirque d’Hiver, Matthieu Chedid effectue sa longue tournée des Zéniths qui sera prolongée jusqu’en 2020 après un stop de 4 jours en décembre 2019 à l’Accorhotels Arena / Bercy.
Quel superbe concert, les fans repartent les oreilles repues de leur boulimie de musique que le chanteur/homme-orchestre leur envoie avec amour, et la tête dans les images, les couleurs, et les effets des deux alchimistes scénographes, Jérémy Bargues, pour l’éclairage, et Jean-Luc Antoine, réalisateur vidéo.

Une partie de l’équipe. En haut de gauche a droite : Florian Collin, Laurent Chéné, Christophe Buhot-Launay, Mickael Lecourt, Jérémy Bargues, Francois Lefevre. En bas de gauche a droite : Remy Kuperas, Brian Barbe, Paul Lacroix, Tom Duret. Au centre en bas : Bruno Schembri.

Chapeau aux concepteurs des automates musicaux, Alain Millon et François Causse, big up à Brad Thomas Ackley musicien aux commandes de ces petites bêtes via Ableton, qui jouent en synchro avec l’artiste dans une structure ouverte permettant à Matthieu d’improviser. On saura comment dans un futur reportage sur l’audio réalisé par Ludovic Monchat.

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Je ne cite ici qu’une toute petite partie de l’équipe de cette gigantesque pâte à modeler créative. Une métaphore que l’on entend souvent au sein de l’équipe et qui se traduit selon moi par la pos-sibilité pour tous de proposer leurs meilleures idées à l’artiste qui écoute et rebondi pour aller vers la meilleure version possible de son spectacle pour la tournée “Lettre Infinie”. Ce travail a commencé pendant les répétitions au cirque d’hiver décrit par SLU Ici.

Mais sans plus attendre et pour vous mettre en jambes, voici l’interview vidéo de l’éclairagiste Jérémy Bargues. Fidèle collaborateur de Matthieu depuis la tournée “îl”. Il partage avec nous les gros coups de cœur de son kit lumière.

[private]



L’évolution de la scénographie depuis le cirque d’hiver

SLU : Est-ce que la vision de Matthieu a évolué suite au cirque d’hiver ?

Jérémy le concepteur lumière de M, aux commandes de la grandMA 3.

Jérémy Bargues : Oui car Matthieu aime bien travailler dans l’instant et avec son émotion. Expérimenter lui permet de mieux voir la direction qu’il a envie de prendre. Ces dates au Cirque d’Hiver ont été un peu comme un passage dans sa chambre… Une très grande chambre ! (rire). Et ensuite, pour la tournée Zénith, c’est un peu comme s’il avait organisé ses jouets pour pouvoir bien les utiliser et vraiment s’éclater.

Certaines choses prévues en amont ont été réadaptées. Pour ma part, j’essaye d’être le plus à l’écoute possible pour lui rendre accessible une large palette d’outils. L’élément vidéo est apparu entre-temps et c’est une autre matière avec laquelle nous avons composé. Les bases couleurs des tableaux ont donc parfois été repensées sauf pour certains titres comme Mojo et Onde Sensuelle dont l’identité, très forte, n’avait pas vocation à changer.

Quand Jérémy accorde les VL10 WashBeam et les BMFL Blade on apprécie le boulet dans le rouge.

SLU : Et suite à l’ajout des écrans vidéo qui s’est adapté à qui ?

Jérémy Bargues : L’articulation s’est faite un peu dans l’instant avec Jean-Luc Antoine, réalisateur sur la tour-née. En résidence, chacun de nous deux envoyait un peu tout ce qu’il avait en boîte. Que ce soit les médias pour Jean-Luc ou les lights pour moi. On s’est vite rendu compte alors qu’il y avait un trop-plein d’informations visuelles qui ne fonctionnait pas.
Finalement nous sommes repartis sur les bases posées au cirque d’hiver aussi bien au niveau des couleurs que du point de vue de l’énergie pour ensuite aller vers un dialogue qui fonctionne. Grâce au média serveur Smode, ça a été très facile car son logiciel permet de modifier et d’ajuster les médias dans l’instant.

Un des VL10 WashBeam Vari Lite dont le faisceau acéré vient frapper les boules à facettes qui apparaissent du dernier titre.

SLU : Tu as ajouté des sources pour t’adapter aux scènes des Zéniths…

Jérémy Bargues : Oui j’avais besoin d’ouvrir la scène. J’ai donc renforcé mes références BMFL Blade et X4Bar, et ajouté des strobes JDC1 et surtout un gros kit de VL10 WashBeam, 41 au total, pour apporter à l’espace un côté graphique.

SLU : Comment les as-tu répartis ?

Jérémy Bargues : Il y en a 10 en latéral, de chaque côté de la scène, montés sur des ponts as-servis.
J’en ai 6 sur deux échelles mobiles sur rails, et encore 6 au sol dans les perspectives d’écrans pour accentuer la profondeur sur le plateau et aussi pour lécher les écrans en donnant une impression de projection de média vidéo alors qu’en en réalité c’est toujours de la lumière.
Avec Jean-Luc Antoine, le réalisateur, nous avons travaillé l’illusion, pour que les spectateurs ne sachent plus différencier l’origine des effets, vidéo ou lumière.

Un des deux ponts mobiles latéraux supportant chacun dix VL10 WashBeam Vari-Lite.

Il fallait aussi que l’on utilise tous les deux la même palette de couleurs pour que ce soit cohérent. J’ai enfin deux VL10 à l’avant scène pour éclairer les boules à facettes pour Machistador, et les lunettes miroirs de Matthieu.

SLU : C’est toi qui as spécifié les VL10 à MPM ?

Jérémy Bargues : Oui, tout à fait. J’avais besoin de projecteurs hybrides à lampe, et j’en ai comparé plusieurs justement à la scène musicale. J’ai choisi le VL10 car j’ai vraiment aimé sa puissance et son rouge, un vrai rouge bien dense. Le faisceau, même ouvert à fond, reste très lumineux.

Il est surtout très propre, même quand tu engages un prisme et il ferme limite comme un laser. Il possède une multitude d’effets et de gobos, mais ce qui m’a fait tilter directement, c’est l’homogénéité du faisceau malgré le type de lampe utilisée. Il y a un petit point chaud mais très léger. Les aplats de couleurs fonctionnent vraiment très bien.


Une des deux échelles support de 6 VL10, bordées de X4 Bar qui sur rail se glisse entre les écrans.

SLU : Comment les utilises-tu ?

Jérémy Bargues : En projection de gobos, avec ou sans prisme et beaucoup de faisceaux pour des tableaux assez graphiques. Les couleurs sont très bien, le rouge est dense et garde une vraie patate grâce à sa lampe de 550 W. Par contre, c’est un projo qui est un peu lourd, il pèse plus de 30 kg, du coup j’ai dû faire un compromis sur le nombre.

SLU : Par rapport à l’expérience que tu en as (40 dates) quel est ton retour par rapport à leur fiabilité ?

Jérémy Bargues : On a essuyé un peu les plâtres comme pour tout projo qui vient de sortir et avec lequel tu pars en tournées, quelques blocages de shutters notamment, mais les techniciens de Vari-Lite sont vite passés récupérer les projos pour les réparer chez Freevox, le distributeur.

Sur les ponts en salle on distingue entre les Martin Mac Quantum Wash choisis par Jérémy pour l’éclairage public, deux vidéoprojecteurs, et deux BMFL WashBeam Robe couplés au RoboSpot.

SLU : Comment as-tu organisé tes directions de lumière ?

Jérémy Bargues : Sur le pont de face, j’ai 8 BMFL et sur le pont milieux j’en ai 4 et rien d’autre. La face est sur les automates et sur quelques points précis. Par exemple, je m’en sers une fois sur l’écran vidéo pour le titre Océan afin de créer une espèce de mélange de textures.

3 VL10 au sol, sur plateau à roulettes, se glissent dans la perspective d’écran. Au total ils sont six à assurer cette fonction

Comme il y a beaucoup de mouvements sur le plateau pendant le spectacle avec des automates qui se déplacent, j’avais besoin d’un spot à couteaux pour les éclairer en douches et à la face mais avec beaucoup de puissance pour pouvoir passer devant le flux des écrans. Ils sont donc plutôt consacrés à un éclairage de type théâtre même si parfois, ils peuvent servir à créer du faisceau.

J’ai placé deux Mac Aura sur des petits socles motorisés qui permettent d’avoir plusieurs angles d’éclairage sur la batterie ou sur Matthieu en contre-plongée quand il est installé au pédalier. Pour rester sur une base propre, je les fais monter ou descendre afin d’avoir les angles qui m’intéressent. Ça permet du coup de laisser un bord plateau assez propre mais bon, comme il y a des enceintes, c’est raté (rire).

Dans les ponts, on repère les Robe BMFL Blade de contre, la ligne continue de X4 Bar GLP et une des boules à facettes.

A contre, j’ai placé 6 BMFL Blade sur le pont de fond de scène qui accueille aussi sur toute sa longueur des rampes X4 Bar 20 formant une ligne continue.
Elles sont dissimulées par la frise de La Romaine (un écran tulle) ce qui aide également à brouiller les pistes avec les écrans vidéo. Je les utilise en wash plateau, ce sont d’ailleurs mes seuls wash.
Étant donné le peu de place disponible et le problème de charge dû aux écrans vidéo, il a fallu que je compose. J’ai donc pri-vilégié les BMFL pour leur puissance en faisant un compromis sur leur nombre. Cela étant dit, ça me convient parfaitement car je ne suis pas partisan des grosses quantités de machines, je pré-fère la précision.
Le BMFL Blade est une machine que j’affectionne pour la précision de son mo-dule couteaux et la qualité de projection de ses gobos. Cela dit, je pense également qu’il est im-portant aujourd’hui de commencer à penser des kits qui soient plus économes en énergie.

Magnifique tabeau où les X4 Bar placées verticalement sur les échelles derrière les écrans laisse passer leurs lames de lumière colorées.

Comme je n’avais plus de place mais besoin d’un peu plus de lumière pour faire des contres, j’ai mis en place un système d’échelles avec des VL 10 et des X4 Bar pour entrer en résonance avec celles installées en haut. Ça permet de conserver un aspect très graphique. Il y a donc un rail face lointain pour amener ces deux échelles qui ont été faites sur mesure et morcelées en quatre pour rentrer dans les chariots de transport.

Les strobes JDC1 GLP posés devant les écrans énergisent les tableaux sans délaver les images.

SLU : Les strobes au pied des écrans comptent aussi parmi tes nouvelles sources Zéniths. Tu en es content ?

Jérémy Bargues : Les JDC1 sont un véritable coup de cœur pour moi. Il me fallait des strobes assez petits et discrets pour un contre-jour qui ne parasite pas les images diffusées dans l’écran. J’ai cherché le produit le plus bas et puissant possible.

Le crayon strobe du JDC1 est superbe, il a un tilt mo-torisé très utile et ses dalles de leds permettent de projeter de la couleur, de faire du matriçage, sur “l’Alchimiste” notamment, ainsi que sur le morceau “Adieu mon Amour” à regarder en relief avec des lunettes anaglyphe en rouge et bleu.
J’ai d’ailleurs repris ces couleurs pour envoyer des petits flashs. J’en ai un aussi sous la scène pour faire un aplat blanc, faire sortir de la lumière de cet espace quand la batterie remonte. Il est un peu lourd mais il fait exactement ce que je voulais.

Des images en relief anaglyphe sont projetées et prolongées par l’éclairage de Jérémy.

SLU : Dans cette idée de prolonger l’anaglyphe, j’ai remarqué que tu l’avais aussi appliquée sur les VL10 WashBeam.

Jérémy Bargues : Oui, je voulais coller le plus possible au relief et à ce que pouvaient voir les gens avec leurs lunettes. Étant donné qu’il y a des choses assez filiformes dans le média, le choix d’utiliser des faisceaux serrés me semblait le plus adapté.

Les PAR Starway choisis en version HD pour prendre la batterie. D’autres en version UV, accentuent le contraste de la veste blanche et noire de Matthieu.

SLU : Il y a également une myriade de sources qui rehaussent certains éléments…

Jérémy Bargues : J’ai des petites sources à led Starway en version UV pour projeter de la lumière noire sur la veste blanche et noire de Matthieu afin qu’elle ressorte et en version HD pour prendre la batterie.
Deux petites ampoules à leds descendent aussi grâce à un système de chariot pour compléter les tableaux où Matthieu est seul-en-scène.

Le spectacle démarre par un seul en scène accompagné d’une petite ampoule pour installer la douceur.

Suivre Matthieu dans le public avec deux RoboSpot

Pas facile de suivre Matthieu Chedid quand il grimpe tout en haut des gradins. Jérémy a gardé la solution RoboSpot avec deux systèmes : un BMFL WashBeam à contre et deux (dont un spare) perchés au-dessus du public au milieu d’un kit de Mac Quantum Wash.

Les X4 Bars montées sur les échelles mobiles sortent entre les écrans vidéo et nappent de lumière la scène sur toute sa largeur et les projecteurs reprennent les couleurs chamarrées du cirque d’hivers

SLU : Comment travaillent les deux poursuites qui assurent la face de l’artiste ?

Jérémy Bargues : Elles se relaient pour assurer une face propre, quelle que soit la position de Matthieu dans la salle. J’ai éloigné de la scène le BMFL WashBeam pour éviter un éclairage trop piqué qui créé des marques sous les yeux. Quand il part dans les gradins on reprend la première poursuite et s’il y a un angle mort, notamment à cause du spare qui est derrière, là encore, on bascule sur le deuxième projo.

Les deux Mobylettes des RoboSpot dont l’une gère alternativement les deux BMFL WashBeam du pont de salle (le principal et le spare) ; l’autre commande le BMFL WashBeam de contre. Quelle que soit la position de Matthieu sur scène ou dans la salle, la face est propre.

Les deux poursuiteurs installés derrière la scène communiquent ensemble pour décider de qui prend la main. Mickey et François qui pilotent les RoboSpot, sont aidés par Lau-rent Chéné, situé en console avec moi, quand la visibilité est difficile notamment au moment où Matthieu est tout en haut des gradins.

SLU : Qui a le contrôle du signal des mobylettes au final?

Laurent Chéné : Sur l’intégralité du show les opérateurs pilotent RoboSpot comme des poursuites traditionnelles mais si besoin, la console peut bypasser le signal des mobylettes via une boucle ArtNet secondaire.

Jérémy Bargues : Sur les mobylettes il y a une petite console lip6 en remote de la GrandMA pour contrôler des presets de dimmer, zoom et iris plus facilement. Dans les cues principales des morceaux, on a mis pas mal de couleurs de base mais le poursuiteur garde l’accès du dimmer pour une gestion organique et au feeling du faisceau.

Laurent Chéné à gauche assistant lumière de Jérémy Bargues à droite. Une belle collaboration, bravo !

SLU : Laurent, c’est toi qui as manipulé le RoboSpot au Cirque d’hiver. Quelle a été ton impression ?

Laurent Chéné : C’est assez étrange de se retrouver en poursuite derrière une scène, les yeux sur un écran et presque s’enfermer dans une bulle (rire).
Pour avoir fait de la poursuite de manière plus traditionnelle avec toujours un œil sur scène, je trouve que c’est donc une sensation complète-ment différente à laquelle il faut s’adapter. D’autre part, les commandes sont placées différemment mais une fois qu’on a compris le mécanisme ça va vite.

Pas de synchro pour la lumière, que du live !

SLU : Nous avons pu admirer les superbes solos improvisés de Matthieu pendant le show. Est-ce que vous avez défini ensemble ces moments où il se lâche ?

Jérémy Bargues : Personnellement, je n’ai aucun time code et j’envoie tout en live mis à part un trig midi pour les stripleds montés sur les automates. Au début, je pensais utiliser un peu plus les tops MIDI pour déclencher des séquences et finalement je n’en ai pas eu besoin, aussi parce que j’ai tou-jours travaillé en live avec des artistes habitués à dilater le temps des titres. Tout envoyer en live est donc pour moi plus adapté ici avec Matthieu.

M pendant son solo de guitare est rétro éclairé par son col de veste incrusté de leds.

Laurent Chéné : Brad, qui a séquencé toutes les commandes batterie nous envoie des notes MIDI qui déclenchent les états lumineux que l’on a programmés dans la grandMA3 pour contrôler les leds des automates. Elles s’allument ainsi en synchro avec le jeu des baguettes. On a juste eu un problème de petit décalage temporel car les drivers des stripleds et des leds utilisées pour éclairer les peaux des instruments sont différents, mais on a réussi à les recaler pour que ça fonctionne parfaitement.

Le sur-mesure

La petite scène tournante à miroir infini d’un côté et écran à leds de l’autre permet à Matthieu de sortir de scène.

SLU : Est-ce que certains éléments ont été fabriqués sur-mesure pour cette tournée ?

Jérémy Bargues : Oui, il y a eu pas mal de choses comme les pointes des écrans vidéo à leds ou encore la petite scène mobile avec une face vidéo d’un côté et un miroir infini de l’autre, façon boîte de nuit des années quatre-vingt.

SLU : C’est sympa comme effet, je trouve que ça évoque aussi une loge d’artiste.

Jérémy Bargues : C’est une boîte avec un miroir au fond, des ampoules sur le pourtour interne, recouverte par un miroir sans tain.
Quand on allume ça donne un effet de perspective infinie des ampoules qui sont reflétées par le miroir sans tain et retapent dans celui du fond.
C’est Dominique Lebourge d’Artefact l’a conçue en suivant les idées de Matthieu.

La machinerie et le système Posi Stage Net

SLU : Comment gères-tu les ponts asservis latéraux qui supportent les VL10 ?

Jérémy Bargues : La machinerie est gérée via une console asservie qui commande ces deux ponts en inclinaison et en hauteur. Pour que les projecteurs éclairent au même endroit quelle que soit la hauteur du pont, nous avons choisi le protocole Posi Stage Net (PSN) qui permet d’encoder la position des VL10 en (x, y, z); (x, y) correspondant au Pan-Tilt et (z) à la hauteur.

La console asservie envoie à notre console lumière la donnée qui nous manque, le (z) donc la hauteur. La même console commande l’ouverture et la fermeture des écrans latéraux montés sur rail. Quand ils sont ouverts, ça permet de faire rentrer ou sortir la batterie et les totems situés der-rière.

SLU : Comment s’organise le réseau et quels sont les protocoles qui ont été choisis?

Jérémy Bargues : Il y a du MA-Net 2 pour tout le réseau interne MA Lighting, constitué le deux pupitres MA3 Light, un OnPC pour se promener en salle pendant la programmation, un VPU et 4 NPU en ver-sion 3 puisque nous sommes en grandMA 3.
Nous avons un peu de ArtNet car les leds montées sur les automates sont pilotées par des cartes ArtNet. Tous les switches du réseau lumière sont des Luminex Gigacore 16RFO, Gigacore 16XT et Gigacore 12 qui véhiculent les signaux Ma-Net2, Art-Net, et le signal vidéo des MotionCamera RoboSpot…

La vidéo gérée par Jean-Luc Antoine et Smode

Sur “Billy” chanté par Matthieu et sa fille, le média est distribué par Smode avec finesse pour rendre invisibles les raccords entre écrans.

Pour alimenter en contenu les différents écrans led en perspective, les totems ou les deux vi-déoprojecteurs laser Barco 30K projetant sur écran classique, Jean Luc Antoine disposait d’une collection de médias créés par des artistes (JR pour le titre Billy, Jeanne et Cosme de Comète pour le film d’intro et les médias dit “alchimistes”, DLAB pour plusieurs titres dont Superchérie, Psycho beug, Jérémy Lipman qui a réalisé le tournage en relief anaglyphe et Michel Gondry pour Grand Petit Con, dont une partie du clip a été réutilisée).

Une petite caméra accrochée à la guitare de Matthieu (à gauche) le suit partout dans ses solos. Elle est alimentée par une batterie qui tient juste le temps nécessaire au spectacle

Jean-Luc assurait la double fonction de réal et de pupitreur aux commandes du média serveur Smode qui gérait aussi le signal de plu-sieurs types de caméras : caméra lourde (zoom 77x) et une caméra portable devant la scène, une caméra motorisée en douche, et trois autres motorisées sur scène.

L’objectif étant de créer des effets de Larsen vidéo, de montrer aussi le détail des enregistrements de boucles sonores par Matthieu, ou encore son jeu de guitare pendant son solo endiablé en salle capté par une caméra miniature Marshall alimentée par une petite batterie et équipée d’un émetteur HF. Pour que le design lumière et les écrans vidéo se marient entre eux, Jean-Luc et Jérémy ont joué sur la colorimétrie et avec le côté réfléchissant du revêtement de sol afin de créer une continuité.

Le dispositif de captation en live utilise plusieurs caméras pour nourrir le flux vidéo géré par Smode afin d’illustrer certains tableaux comme celui-ci où ils sont retransmis dans un masque de petites télés du passé.

Smode est un logiciel génératif qui permet d’ajuster un média en temps réel, sans avoir à passer par de long temps d’export de rendu comme le nécessitent d’autres logiciels de création type After Effects (Adobe) entre autres. Toute la démarche organique souhaitée par Matthieu Chedid devient alors possible.
Ce logiciel permet également de gérer des sorties de médias pouvant s’adapter à des formes inhabituelles de supports de projection comme les murs de Leds en forme de M. conçus pour la tournée. Ce logiciel fonctionnait sur une station avec une carte d’acquisition vidéo optimisée par rapport à la carte graphique pour un minimum de latence. Le format de fichier utilisé étant le .hap. Cette prestation est signée Alabama.


Médias dits alchimistes né de la superposition d’images réelles.

Les automates

Les automates sont les créations d‘Alain Milon et François Causse. Au début des années quatre-vingt, François est musicien et Alain sculpteur très inspiré par l’artiste Jean Tinguely (qui réalise des sculptures animées). Les deux amis, forts de leurs talents respectifs, décident de se lancer dans un projet d’automate. L’idée est ambitieuse d’autant plus que les solutions informa-tiques étaient bien limitées à l’époque.

Alain Millon, un des deux inventeurs avec François Causse des automates présents sur scène.

Ils fabriquent entre autres des claps pour s’applaudir pendant leurs concerts ce qui les amuse beaucoup. Leur démarche ne consiste pas uniquement à fabriquer des instruments de musique car cela concerne aussi d’autres éléments adaptés aux spectacles, humoristiques ou pas.

Les automates à claps.

Il y a deux ans Mathieu découvre leurs créations qui lui tapent dans l’œil et lui ouvrent des horizons. Ça sera le point de départ de leur collaboration.

SLU : Comment avez-vous collaboré avec Matthieu ?

Alain Milon : Matthieu a dessiné un concept de batteries verticales que nous avons ensuite fabriquées. Son idée était d’assembler une grosse caisse, une caisse claire, un Shirley et une timbale sur un automate ; 3 toms, un tambourin frappé, une caisse claire frappée avec tout en haut, une poêle à frire pour avoir un son de cloche, sur l’autre.

Tom à jardin repris par deux Mac Aura Martin

Ce qui était important pour Matthieu c’était de choisir des instruments avec un son qui lui convienne. Et cela a pris du temps. Dans notre démarche, il y a un côté esthétique et artistique mais aussi un côté technique qui est important.
Nous travaillons en commande MIDI et avec des vérins pneumatiques qui ont l’avantage d’être très costauds et fiables.

SLU : Comment sont contrôlés les bandeaux de leds ?

Alain Milon : Quand on a fabriqué les machines on s’est rendu compte qu’il fallait marquer les effets car pour un spectateur situé à 5 mètres, tout est visible, mais à 15 mètres c’est différent. On a donc eu l’idée de mettre des stripleds gérés en ArtNet.
C’est Jérémie qui les contrôle en timing et cou-leurs via un signal midi que Brad lui envoie. Cela permet une synchro entre le jeu et l’éclairage.

Dans un autre registre, il a fallu respecter des dimensions qui permettent de déplacer facilement les machines. La partie haute se démonte et on passe facilement n’importe où même sous une porte de studio par exemple. Ca peut sembler anodin mais c’est très important et c’est aussi une contrainte technique. Les machines ne mesurent donc pas plus de 80 cm de large et 2,03 m de haut. Pour l’instant je touche du bois, car après 40 dates, il n’y a toujours pas eu de panne. L’équipe de Matthieu est vraiment très professionnelle et s’occupe bien des machines.

Brad Thomas Ackley, le chef d’orchestre

Brad Thomas Ackley, fidèle musicien et producteur de musique pour M, est américain. Il a étudié la musique à Los-Angeles. Sa rencontre avec Matthieu en 2011 se fait par l’intermédiaire d’un ami commun, Dorion Fiszel. Il participe ensuite à l’écriture du titre Mojo et à la réalisation de l’album îl.
Sur la tournée Lettre Infinie, il a développé le système qui lui permet de piloter les automates en live par midi. Musicien de formation, son premier instrument est la guitare mais il joue aussi de la basse. Il est assisté par François Kerjean, issu du monde de la production musicale en studio, il a notamment travaillé pour Indochine.

Brad Thomas Ackley (à droite) et François Kerjean (à gauche) aux commandes des deux Ableton qui gèrent les automates.

SLU : Brad, comment se passe ta collaboration avec Matthieu ?

Brad Thomas Ackley : Il cherche toujours la nouveauté et je dis toujours oui sans vraiment sa-voir comment ça sera possible (rire). À chaque fois ça fonctionne comme par magie. Ce sont donc de bons challenges pour moi. Pour beaucoup d’artistes, le spectacle est calé en TC, mais Matthieu qui a toujours joué en live n’a pas retenu cette solution.

Il a préféré développer des stratagèmes afin d’établir une vraie connexion avec le public. L’ambiance étant différente à chaque concert, il a besoin d’une certaine souplesse, d’autant plus qu’il aime faire participer son public qui devient d’ailleurs un instrument supplémentaire. Pour intégrer tout cela, J’ai mis au point une méthode qui me permet de le suivre sur un simple regard, un mouvement de sa tête ou bien grâce à un signal musical et de jouer avec lui via les batteries automates.

François Kerjean : L’idée c’était de permettre à Matthieu d’avoir un maximum de liberté. Il y a de nombreux moments où on lui permet des structures ouvertes et des impros. Brad s’adapte pour faire rentrer le couplet quand Matthieu le décide ou bien peut faire durer plusieurs cycles de so-los. Tous deux se connaissent hyper bien et se comprennent d’un simple regard.
Je pense que cette liberté malgré le fait de jouer avec des backintrax est une partie très intéressante dans notre kit. Le début des solos démarre et se termine avec une note midi ce qui permet de caler à la fois le son et la vidéo. On lui amène donc des possibilités plutôt que des contraintes. Nous travaillons avec deux Ableton. Un des deux étant plutôt utilisé en séquence et donc plus horizon-tal alors que l’autre gère des samplers.

Pour le dernier tableau une énorme boule à facettes apparaît. Le public est invité à faire quelques pas de danse sur scène.

Conclusion

C’est un spectacle époustouflant. On salue l’immense créativité du chanteur et la capacité de ses équipes à la satisfaire avec talent et des outils technologiques poussés aux frontières du possible sans perdre ce supplément d’âme qui fait toute la différence.
Placer un artiste rock comme M devant une immense composition d’écrans led sans jamais dénaturer l’essence analogique et l’énergie de son répertoire était un challenge ambitieux et parfaitement réussi.

Grâce au choix de plusieurs modules d’écrans positionnés en perspective, la distribution dynamique de différents médias et captations live dans les modules, le travail de con-traste et d’effets du contenu vidéo jusqu’au relief et l’infiltration de sources lumière X4 Bar et VL10 dans cette perspective.
Jérémy Bargues sait les doser en finesse pour qu’elles apportent un complément de texture, comme une touche analogique bien rock aux images restituées. Les strobes JDC1 jouent le même registre, discrets en taille posés au bas des écrans mais terrible-ment efficaces et finalement indispensables pour optimiser l’énergie des images.

Lumière et vidéo sont complices jusqu’à ne plus comprendre parfois qui fait quoi, jouant des tours de passe-passe totalement inédits. Les VL10 sur ponts motorisés montrent une vitalité remarquable même en couleurs saturées et la face, assurée par les poursuiteurs aux commandes des RoboSpot, est parfaite en toutes circonstances, offrant toujours une belle captation, même quand l’artiste se balade au fin fond des gradins.
Les BMFL Blade, se fondent dans le décor pour ajouter à la magie de l’ensemble et créer un univers sur mesure pour l’ambiance du jour car aussi bien Jérémy que Jean-Luc, et Brad, les mains sur les potards ou sur la souris, accompagnent en live la moindre intention de Matthieu.

C’est la fin du show, Matthieu présente l’équipe à son public baigné de lumière par les Martin Mac Quantum Wash.

Plans de Feux

Liste Equipe

Matthieu CHEDID / Artiste
Brad Thomas ACKLEY / Musicien
Feal LE ROUZIC / Régie Artiste
Amara NIAKI / Sécurite
Hocine MERABET / Coach
Jean Marc (Chiquito) VICARIOT / L PRODUCTIONS
Olivier AGASSE / L PRODUCTIONS
Gaspard BORGEAUD / LABO -M-
Franck M’BOUEKE / LABO -M-
Laurent POIRIER / Directeur de Production
Frédéric (Defré) BOURGEOIS / Régisseur
Patrice GIONO / Régie Plateau
Virginie RICHARD / Habilleuse
Pierrick LAPUYADE / Backliner
Christophe RAMIN / Backliner
François KERJAN / Backliner
Nicolas MEYNARD / Ingé Son Face
Thibaud LEBOUCHER / Assistant Son FOH
Didier GOLVIN /Assistant Son FOH
Nicolas D’AMATO / Ingé Son Retour
Fréderic RIMBERT / Assistant Son Plateau
Tony LAMBERT / Assistant Son
Jérémy BARGUES / Eclairagiste, Concepteur Lumière
Laurent CHENE / Pupitreur
Christophe (Bloculus) BUHOT – LAUNAY / Blockeur
Francois LEFEVRE / Assistant Lumiere
Mickael (Mickey) LECOURT / Assistant Lumiere, Robospot Face
Florent COLLIN / Assistant Lumiere, Robospot Contre
Jean Luc ANTOINE / Réalisateur live
Romain DENIZOT / Ingé vision
Paul LACROIX / Tech Led
Tomi PATISSIER / Tech VP
Cédric TACUSSEL / Tech Led&cadreur
Tom DURET / Tech Led&cadreur
Benoit ( Le coach )PITHON / Chef Déco
Jérome SAINT MARIE / Technicien Déco
Julien (Jésus) REYMOND / Technicien Déco
Patrick (Captain) GUILLE / Chef Riggers
Bruno (Gun) SCHEMBRI / Responsable Moteurs asservis
Adrien BERTRAND / Assistant Asservis
Brian BARBE / Structure
Remy KUPERAS / Rigger
Fabrice ANTIER / Chef Catering
Viou PITARD / Assistant Catering
Florian BARDOUL / Assistant Catering
Cédric DESSEVRES / Chauffeur Bus Technique
Clive ARUNDELL / Chauffeur Bus Technique
Doron HADDAD / Chauffeur Bus Artistes
Hugues BOURRINET, Thierry ATLAN, Hesso HEINRICH, Alexandre CHENE, Cyril LAR-GEAU, Gérald FAYE / Chauffeurs ARTYS
Olivier D’ANDREA, Denis FERNANDES, Franck CILIONE / Chauffeurs LST

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Les nouveautés lumière et structures des Ateliers Axente 2019

Par admin

La scène live de démo éclairée par les nouveaux projecteurs Ayrton Khamsin, les Portman P1 Mini Led, les boules à facette en motion et sonorisée par les enceintes FrenchFlair Audio

Les ateliers organisés par Axente chaque année sont une bonne occasion de voir les nouveaux produits du catalogue en situation, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’une base de Tower ou d’un système de motion par définition lourd à déplacer.
On découvre donc en 2019 la Multibase Sixty82, les moteurs MoveCat mais aussi le Vip-R Oxo pour répondre aux besoins d’éclairage de buffet et les petits profilés LEDBlade Stripe.

Cet événement, ouvert à tous, séduit aussi par son ambiance conviviale. On vous emmène donc, en vidéo, grignoter une brochette, boire un coup et apprécier l’interview de Yannick Danguy, Directeur des ventes lumière et structure. Il nous détaille ces nouveaux produits.



Sous le Portman P1 Mini Led, le profilé LEDBlade très élégant et matriçable point par point

LEDBlade Stripe, modulaire et polyvalente

C’est une barre de leds pixélisée très fine disponible trois longueurs : 50 cm, 1 mètre et 2 mètres, en deux pitchs : 10 et 16 mm.
Elle est construite sur un profilé aluminium qui supporte un strip led RGB diffusant en natif sur 150° et matriçable en point par point.

Les pattes d’accroche aux extrémités peuvent se décaler voire carrément sortir pour un alignement des barres impeccable ou pour construire des angles et donc créer toute sorte de graphiques.

Détail de la patte de fixation qui permet de les agencer en ligne continue ou angulée.

Les Led Blade sont disponibles dans différentes tailles en linéaire ou en arc de cercle


Différents diffuseurs sont disponibles : en noir fumé ou transparent.

Le Stripe est aussi proposé en arcs de cercle de différents diamètres et reçoit une large gamme de diffuseurs cylindriques ou plats, noirs fumés, dépolis, ou clairs.

LEDBlade a prévu un boîtier d’alimentation / driving Cre:on, capable de contrôler jusqu’à 1 000 pixels, acceptant les protocoles Art-Net, sACN, Kling-Net et SCI relié aux barres par un seul câble en XLR 3 avec recopie transportant l’alimentation et le signal de contrôle grâce à un protocole propriétaire. Attention, le câblage propriétaire utilise un classique à 3 brins de 1,5 mm2. On évitera les câbles type DMX. On pourra choisir de contrôler le Stipe pixel par pixel, ou par paquets de pixels. Si votre console est limitée, vous pourrez ainsi choisir un pitch de 5 ou 10 points.

Superbe design du Vip R Oxo

Oxo Vip-R, un modèle d’élégance

Constitué d’une fine lame d’aluminium brossé, le Vip-R est un mât d’éclairage à leds pour l’événementiel, l’éclairage de buffets étant une de ses applications évidentes. Ses 28 sources led de 1 W en blanc moyen à 4000 K sont couplées chacune à un collimateur à nid d’abeille pour éviter d’éblouir les invités. Le flux en sortie atteint 1 850 lumens.

L’angle de diffusion 15° x 50° a été étudié pour couvrir d’une lumière uniforme un buffet de 4 m en plaçant un mât à chaque extrémité. L’IRC des leds, supérieur à 90, assure une fidélité des couleurs remarquable de quoi donner envie de déguster les petits fours.

Autonome, il tire son alimentation d’une batterie extra-plate, logée dans la base qui assure une autonomie de 10 heures après une charge de 9 heures L’intensité lumineuse se règle via la commande intégrée au pied ou grâce à une télécommande infrarouge.

Facile à régler grâce à ses deux articulations, il mesure 2,4 m déplié et seulement 1,3 m replié en position transport et pèse 10 kg. Ce produit existe en blanc ou en noir brossé. Des flight-cases de 4 seront prévus pour le transport et à côté de la prise powerCON d’alimentation un connecteur USB assure la recharge de votre smartphone si besoin.

MoveCat, les solutions de levage asservi

MoveCat, un fabricant allemand reconnu pour son avance sur les moteurs asservis, propose des solutions complètes de levage intégrant une large gamme de palans à chaîne répondant aux normes BGV D8, D8 Plus, SIG P2, BGV C1 et systèmes de contrôle informatisés pour des niveaux de sécurité de SIL1 à SIL3. Déplacer des charges de 125 kg à 1,6 tonne à vitesse fixe ou variable, suivant une séquence programmée en toute sécurité fait partie des options proposées par MoveCat.

Les moteurs Movecat pour installer du Motion facilement

En démo au cours des Ateliers, deux moteurs reliés à la nouvelle console I-Motion Expert-T III animaient deux grosses boules à facettes. Le premier peut lever une charge max de 250 kg à une vitesse maxi de 33 mètres par minute. Le deuxième est un 125 kg et 40 mètres par minute max.

La console de programmation Movecat avec en haut à droite la carte de restriction de fonctions…

Les deux boules sont animées suivant un plan de séquences enregistré dans la console correspondant à un enchaînement de cues. La restitution est manuelle ou contrôlée en DMX ou par time code.
Toutes les informations de charge, de positionnement et de vitesse sont données dans la console. Le logiciel indique aussi précisément la charge supportée par le moteur et la hauteur par rapport à un repère zéro défini par l’administrateur du système.

… et l’indication des butées à l’écran

Il y a plusieurs types de butées dans le système. Celles haute et basse de fins de course des moteurs et celles de l’application : référence zéro, butée haute ou basse d’un décor ou d’un artiste.
Une carte permet de déterminer le niveau de l’utilisateur (administrateur, super user, user) et son accès à certaines fonctionnalités sachant que l’administrateur a tout pouvoir.

En démo aussi un moteur 1 tonne D8 Plus particulièrement compact. Détail important, MoveCat permet à ses clients de choisir la couleur de la chaîne des palans entre la traditionnelle version chromée et une version noire plus discrète, teintée dans la masse pour ne pas subir les méfaits du temps, qui sera certainement la préférée des prestataires.

Multibase Sixty82

Le Multibase Sixty82 une tower idéale pour supporter des Line Array comme des écrans LED.

Multibase est plus polyvalente qu’une tour de levage classique car conçue pour recevoir quatre types de poutres : 300, 300 renforcée (référence L35), 400, et 500 (ref L52 chez Sixty82) dont dépendra la hauteur maxi, de 3 à 6 m et la charge supportée de 500 kg à 1 tonne pour une ligne d’enceintes.

Elle reçoit 4 types de poutres.

Elle reçoit des stabilisateurs assez longs sur lesquels on vient placer le lest suivant la prise au vent. Une note de calcul qui tient compte de plusieurs hypothèses donne des valeurs du lest.
L’autre application prévue est l’accroche d’un écran led entre deux tours montées en L35S ou L52S à une hauteur de 7 à 8 m et une charge de 1 à 2 tonnes.
La Multibase bénéficie enfin d’une aide au levage classique par moteur pour une utilisation facile et rapide.

Plus d’infos sur le site Axente

 

La Fête des Vignerons 2ème partie: Les Hommes de l’Ombre

Par admin

Je voulais consacrer cette deuxième partie à ces hommes et femmes, dont les spécificités techniques de leurs métiers les rendent indispensables au bon déroulement d’un spectacle. Ils ne font partie d’aucune équipe, mais ils sont à l’écoute de toutes leurs problématiques.

En attendant ….(crédit Philipe Leblond)

Partons à la rencontre de ces aiguilleurs de la data, ces as de la communication, ces maitres du temps, afin d’appréhender leur monde, celui de l’interphonie, du topage, de l’administration réseau ou celui du show control.
Pénétrons dans le monde de l’invisible qui ne se dévoile à nos yeux que lorsqu’il y a un problème technique.

Allô Papa Tango Charlie

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Les hommes de l’ombre régisseurs, machinistes… (crédit Claude Cellier)

Doum en préparation d’un deuxième Watergate (crédit Emmanuelle Husson)

Intercomie, interphonie, il n’existe pas de dénomination spécifique à ce métier et pourtant…. Oh combien important, comme nous l’explique Philipe Leblond plus connu dans la profession sous le nom de Doum.

Cet ancien ingénieur du son télé, habitué des stades, des cérémonies d’ouvertures, d’évènements sportifs comme le Dakar, de concerts ou de conventions, est devenu la référence en matière de communication.
Qui parle à qui ? Qui entend quoi ? Voici les deux questions auxquelles il est confronté quotidiennement et auxquelles il se doit de répondre…instantanément.

« Tout d’abord, définir le cahier des charges. Combien de directions vais-je devoir déployer, combien de personnes vais-je devoir équiper avec un câble ou sans câble et pour quelle zone de couverture ? Régie son, lumière, video, plateau, mise en scène, chorégraphie autant de directions principales sous lesquelles se dissimulent des sous réseaux, et de réseau privatifs car c’est long 2h45 de spectacle sans quelques plaisanteries. Ce qui se dit dans l’intercom, reste dans l’intercom.

Bienvenue dans la matrice : 200 in/out….(crédit Philipe Leblond) Matrice Clear-Com EHX MEDIAN, 2 cartes MVX-A16, 1 carte E-Dante 64, 1 carte E-IPA 64 HX, 1 carte IVC-32

L’aiguillage de toutes les informations primordiales se fait via la matrice Eclipse de la marque Clear-Com sur laquelle est interfacé via la carte IPA, le système sans fil Freespeak complété par le réseau Helixnet, le tout pilotable à distance via le logiciel EHX.
L’implantation se résume à 26 panels en Ip ou en analogique aux multiples clés, de 12 à 32 selon l’importance du trafic, dispersés aux 4 coins de l’arène afin d’équiper chaque régie. A cela s’ajoutent 60 beltpacks HF, 70 talkies et une dizaine de boitiers filaires disséminés de droite à gauche.
Pour les 5 500 figurants costumés, les loges ont été éparpillées dans toute la ville. Ces 8 sites distants, gymnase, écoles…ont été équipés par la Romande Energie de fibre optique, afin de tous les interconnecter.

Ce maillage réseau m’a permis d’installer dans chaque lieu un panel IP afin d’assurer une communication temps réel avec la logistique de l’Arène. Et si jamais la liaison était interrompue pour quelque raison que ce soit, j’ai mis en place sur la matrice un routeur Ubiquity. Celui-ci, grâce à une adresse IP publique, me permet de créer des panels virtuels (agent IC) sur tablette ou smartphone, de contrôler la matrice à distance et surtout de me connecter sur un serveur SIP.

Je vous donne un numéro de téléphone compatible et vous communiquez directement sur le panel ou beltpack concerné. »

Je confirme le don d’ubiquité de Doum, pendant les répétitions il s’est absenté quelques jours. Il était à Cannes sur l’Amfar, bref pas du tout avec nous. En tant que professionnel, il avait placé Margaux pour le remplacer. Le metteur en scène demande une modification de clé et là miracle, Doum lui répond, lui fait sa modif, trois petits tours et puis s’en va, nous laissant, Margaux et moi…émerveillées.

Les répétitions, un long fleuve tranquille

Pour cause de pluie imminente, les répétitions sont décalées. Table de la régie artistique (crédit Philipe Leblond)

Après 6 journées intenses consacrées à l’installation, Doum pensait pouvoir rester confortablement assis sur son fauteuil, afin de superviser le bon fonctionnement de son réseau. Oui mais non ! C’était sans compter sur la magie de la création !
« Généralement durant un spectacle, » m’explique-t-il, « c’est au topeur que revient le rôle de chef d’orchestre. C’est à lui de donner les tops au bon moment et à bon escient, à tous les corps de métiers techniques et artistiques.

Daniele en plein travail de mise en scène (crédit Philipe Leblond)

Devant l’ampleur de la tâche à diriger tout ce monde, figurants, choristes, techniciens, régisseurs …qui je le rappelle sont tous équipés de récepteurs FM ou de in-ears ou d’intercom, Daniele, le metteur en scène, a gardé la main sur les tops concernant la mise en scène. Il a délégué à Bryn Walters, le chorégraphe principal, les tops concernant les danseurs et Maria Bonzanigo, compositrice principale, en a fait de même avec les différentes formations de musiciens.

Cette configuration inhabituelle m’a permis de pousser le système Clear-Com dans ses derniers retranchements. Grâce aux logiciels de commande embarqués EHX et Dynam, j’ai pu, en fonction des tableaux répétés, changer à la demande et quasi en temps réel les affectations des clés ou laisser la possibilité de le faire par exemple aux régisseurs. »

A la question, pourquoi ne pas avoir utilisé la bande UHF ? La réponse de Philippe est sans appel. Impossible. Toute la bande passante disponible entre 470 et 698 MHz est utilisée par les liaisons HF des micros et des porteuses in-ears. La seule solution était de sortir de cette partie du spectre surchargée, en utilisant la norme DECT qui travaille entre 1.880 et 1.920 GHz. Cette technologie est basée sur l’allocation et la répartition dynamique des canaux et de la bande passante en fonction du nombre de connections mises en route. Pour faire simple, le principe de fonctionnement est similaire à nos téléphones portables.

Le calme avant la tempête, mais où est Priscille l’assistante de Doum ? (crédit Philippe Leblond)

Chaque beltpack est en recherche permanente d’une antenne disponible, de préférence la plus proche, tout en tenant compte du déplacement de l’utilisateur. Ce qui s’appelle le roaming en jargon technique. La limitation du système est que l’on ne peut dépasser 10 communications simultanées par antenne, ce qui implique que la 11e s’interconnectera automatiquement ou pas avec une autre, d’où l’importance de bien les répartir. Leur placement va donc dépendre de la distribution des boitiers Freespeak. Sur les 60 utilisés, 40 sont dédies aux régisseurs et machinistes.

Ceux-ci se trouvent aussi bien à l’arrière des quatre scènes situées au niveau 1 (5.5 m de hauteur), qu’au niveau zéro où se dressent les 2 escaliers montés sur vérin hydraulique qui s’ouvrent complètement, mais également sur le FOP via les 4 vomitoires. La zone de couverture est donc composée de la totalité de l’ARENE, des backstages et du déambulatoire dissimulés sous les gradins.

10 antennes Freespeak IP ont été installées à 30 mètres sur les mats à l’arrière de chaque scène, ainsi qu’au niveau des portes principales Nord et Sud. Cette dernière génération d’antenne TCVR-IP est reliée à la base via le réseau AES-67 en utilisant des switchs configurables et surtout compatibles. Justement partons à la rencontre d’un petit gars plutôt grand, discret mais très efficace.

Mutualisation, inter-opérabilité. Où en est-on en 2019 ?

Nouveau métier, place aux jeunes et Baptiste Huguet a tout pour plaire ! Son DUT administrateur réseau en poche, il aurait pu postuler dans une banque. Raté, lui il voulait faire du spectacle et vivant ! Il intègre donc la formation en alternance sur deux ans au CFA de Paris, le bien nommé CFPTS.
Entre son, lumière, vidéo son cœur balance, mais il choisira lumière. Il lui faut à présent un employeur. Ce sera le groupe Dushow qui a très bien compris son besoin d’intégrer ce genre de profil au sein de son personnel pour appréhender les vingt prochaines années sereinement.

Dans les locaux de Dushow montage à blanc des 4 Gigacore 16 XT et 12 Gigacore 14 R. Le tout relié par des fibres (crédit Baptiste Huguet)

Dès l’obtention de son diplôme, il est embauché en CDI. Il ne restera pas seulement confiné à l’entrepôt, sa mission est sur le terrain. Son job est d’assurer le déploiement du réseau lumière et son bon fonctionnement.
Pouvait-on sur cette fête, à haute valeur technologique ajoutée, mutualiser les réseaux audio lumière vidéo et intercom ? Personne n’a osé relever le challenge. Trop tôt. Peut être lors de la prochaine ?

L’audio overIP est distribué par deux réseaux Dante distincts, en double étoile. Le premier est dédié aux sources live, aux sorties vers les différents systèmes de diffusion et vers la matrice d’intercom. Le second est consacré au virtual soundcheck, aux enregistrements quotidiens et aux envois playback de l’Ovation en AES67.
Un début d’interopérabilité : un petit pas pour Audinate, un grand pas pour AES67. Vous l’aurez compris, pas de place pour les canaux intercom et les antennes AES67 et encore moins pour l’ArtNet malgré la présence de 34 SG 350 Cisco 24 ports dont 4 sont équipés en fibre et 8 SG 350 48 ports. Ce sera une mutualisation light / intercom.

Pour les myopes, une vue de plus près, le rouge dans le rouge et le bleu dans le bleu. (crédit Baptiste Huguet).

722 projecteurs, 2 grandMA2 Full, 1 Grand MA2 light, 1 Ultralight, 2 Command Wings, 8 NPU, 4 poursuites asservies RoboSpot Robe et 12 Node8 MKII Luminex pour la distribution du data vont cohabiter sur le réseau conçu par Baptiste :
2 anneaux pour l’ArtNet, le MA-Net, le RTSP pour les caméras RoboSpot et l’IVC 32 de la matrice Clear-Com pour l’interphonie filaire, plus un troisième dédié à AES67 pour les antennes IP de Clear-Com et les nouveaux panels.

« J’ai privilégié les switchs Gigacore Luminex, car je disposais de 170 watts de POE manageable par port pour les alimenter » me confie Baptiste. « Sur ce LAN interne à l’arène, j’ai également interconnecté des sous réseaux physiques en étoile composés de switchs POE (GS110 TP Netgear) pour alimenter en électricité et en data les panels de communication.
Face au besoin de Doum de relier tous les sites distants, j’ai créé un réseau externe en topologie étoile que j’ai interconnecté sur les anneaux de l’arène via des switch Netgear GS724T en utilisant des fibres noires fournies par le prestataire local.

Pour surveiller le bon fonctionnement des Gigacore, j’ai utilisé le logiciel Araneo du fabricant, ainsi que le logiciel client de serveur The Dude avec un routeur de la marque Mikrotik implémenté en serveur dans le réseau pour vérifier tous les états des switchs mais aussi celui des onduleurs et la bande passante des Trunk.

Le logiciel de monitoring, quand c’est vert tout va bien quand c’est rouge, le début de la fin et que dit le Dante Controller ? Copie d’écran lors de la phase de test réalisé en janvier à Nice par Ludovic Morin (crédit Ludovic Morin)

Pour faire fonctionner l’application Agent IC de Clear-Com et le système d’appel de numéro téléphonique émis depuis un mobile vers la matrice, j’ai fait la demande d’une adresse IP publique que j’ai administrée grâce au routeur Edge de Ubiquiti.

Les fibres multi-brins ont été soudées aux longueurs sur place par Hugo (crédit Hugo)

Grâce à ce système, en cas de défaillance d’un panel par exemple, on pouvait joindre Doum via sa matrice de n’importe où en France. Merci Baptiste grâce à toi, nous nous sentons un peu moins désœuvrés face à cette nébuleuse.

Elasticité temporelle : le Show Control

Voyons à présent ce qui se passe du côté de la synchronisation. Il aurait été déplacé de cacher ma relation plus qu’étroite avec Ovation, cette application qui, selon moi, est devenue incontournable lors de ce genre de spectacle. A un moment donné de ma vie d’intermittente, j’ai fait le choix de quitter le terrain pour devenir chef produit chez SCV Audio. Merging Technologies faisait partie des marques dont j’avais la charge.
Les techniciens studio et broadcast connaissent bien le logiciel de recording, de montage et de mixage Pyramix qui a su faire sa place dans le monde élitiste de l’enregistrement d’orchestre classique grâce à ses cartes aux préamplis analogiques et convertisseur très haut de gamme.

Ovation, entouré de ses amis, les Mif4 de chez Rosendhal sur la console Mackie à droite le dernier né de chez Merging Technologies, le Merging+ANUBIS. Il s’agit d’une interface réseau qui veille entre autres au passage d’AES67 dans les méandres du réseau DANTE (crédit Florian Baume)

En 2011 je découvre Ovation qui répond à la demande de transversalité entre les différents acteurs son, lumière et vidéo, indispensable au bon déroulement d’un show.
Cet outil est employé sur nombre de spectacles dont tous ceux du Puy du Fou ou bien Le Roi Lion et les rythmes de la terre le dernier né du parc Disneyland Paris.
L’effet sonore, lumineux, le lancement de la vidéo ou l’entrée d’un personnage peuvent être l’élément déclencheur.

Il est possible de coordonner via les différents protocoles de commandes proposés par Ovation (Ip, Midi, TC, OSC) tous les corps de métiers, en répondant ainsi aux desideratas du metteur en scène. Pour la Fête des Vignerons, chaque tableau utilise un time code LTC 25 frames, calé à des heures différentes.
Ensuite, il est distribué via le réseau DANTE à l’ensemble des consoles audio, lumière ainsi qu’au SMODE qui gère la diffusion de tous les media du FOP et des blades, les écrans positionnés en fond des quatre scènes pour en délimiter l’espace. L’enchaînement des mémoires des consoles, tous corps de métier confondus, est asservi au bon fonctionnement du time code.

Les topeurs, de gauche à droite : Sébastien Fevre, Daniele et Pietro Paolucci le jour de la dernière. (crédit Sebastien Fevre)

Les éléments déclencheurs, généralement des placements de mise en scène à vue, sont orchestrés par Sébastien Fevre et Pietro Paolucci, les deux showcallers (topeur en français), car c’est un spectacle live.
La possibilité de travailler avec plusieurs time lines, une par cue liste, a permis de répéter en simultané jusqu’à 4 tableaux différents, une fonctionnalité très appréciée les jours de pluie.

Sous chaque scène, nous avons pu improviser des salles de répétition indépendantes. En plus d’assurer que tous les évènements divers et variés soient synchrones, Ovation également, un player de cues multipiste ayant pour toile de fond Pyramix. A tout moment, vous pouvez éditer, combiner, merger les sons à diffuser. Ce qui est très utile au vu des nombreux changements qui ont eu lieu !

Le playback orchestre a été agrémenté au fur et à mesure des stems stéréo des différentes chorales afin de renforcer l’intelligibilité de celle-ci. La fonction matrice a été très utile pour envoyer, dans les différents canaux FM, les cue tracks, les clicks et les différents décomptes, avec une gestion indépendante des niveaux, selon la finalité. Un figurant n’a pas besoin d’entendre le click alors que celui-ci s’avère indispensable aux différents musiciens. Il en va de même pour les playbacks orchestre dans le canal FM des choristes. Alors show must go on !

Cycle de la vie

De l’invisible nous pénétrons dans le monde de la création, celui des lumières d’Alexis Bowles, la poésie des images de Roberto Vitalini, qui ont su sublimer cette histoire, celle du cycle de la vie.

Je voudrais remercier tous les techniciens vidéo d’Alabama que je ne peux malheureusement tous citer de peur d’en oublier un, de même pour ceux de la lumière. Il y en a un qui a bravé toutes les tempêtes. Merci à Jean-François Leclercq, l’interface logistique du groupe Dushow.

Je vous laisse avec des photos, de belles photos …

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Mark Knofpler en tournée. L-ISA lui va si bien, même pour un adieu

Par admin

Mark Knopfler vient de tirer sa révérence au Madison Square Garden après une longue et dernière tournée mondiale bâtie sur une remarquable diffusion L-ISA mise sur pied par Solotech et confiée aux bons soins de Maxime Menelec. Reportage à l’AccorHotels Arena de Paris.

Franchement, cela a de la gueule 143 boîtes en l’air quand on rentre à Bercy non ? Regardez aussi le bout de pont tout en haut de l’image. Le futur a aussi atteint la lumière avec une paire de RoboSpot entourant leur caméra.

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On a beau s’y attendre et l’Arena être très grande, la surprise reste entière : il y a du bois, plein de joli bois en l’air et il est parfaitement visible. L’éclairagiste jouera même durant le concert avec les trois lignes principales de K2 du déploiement Focus en s’en servant de gobo géant et en l’enveloppant de couleur par l’arrière. Tout va donc bien dans le meilleur des mondes, cette fois, le son a pleinement sa place.

Maxime Menelec, en charge du système de l’ensemble des dates de la tournée.

Nous retrouvons Maxime ravi de passer en France, lui qui aura levé et descendu cette forêt de multi de bouleau balte au moins 76 fois, la dernière date ayant été le Madison Square Garden de New York aujourd’hui même, 25 septembre 2019.

SLU : Tout a l’air neuf et magistralement déployé. Qui est le prestataire ?

Max : C’est Solotech avec la complicité des anglais de SSE et les allemands de Black Box Music. Le regroupement des trois sociétés.

SLU : Ce qui est en l’air c’est la totalité de ce que vous transportez ?

Max : Quasiment. Nous ne visitons que des Arenas comme celle de Bercy donc nous sommes dimensionnés en conséquence. La base du kit ce sont les trois lignes de 16 K2, 18 Kara pour les lignes Scène 1 et 5 mais je peux monter à 21 boites, et pour le Extensions 15, mais je peux aller jusqu’à 18. Pour les side fills nous avons 10 K2 et quand j’ai besoin de plus, je fais un complément.

Une image du système vu depuis la dernière place possible à jardin. 10 K2 veillent au grain et surtout on dispose d’une vue imprenable sur la panière de LA12X.

SLU : Les amplis prennent l’air aussi…

Max : Oui, ils sont dans deux panières à jardin et cour ce qui réduit d’autant la longueur des câbles vers les enceintes. On a 20 mètres au lieu de 50. Chaque panière dispose de plateformes avant et arrière pour donner accès aux contrôleurs ainsi que d’échelles permettant toute intervention. L’ensemble de ponts, panières et câblage a été fabriqué sur mesure par SSE et nous fait gagner un temps fou au montage. Tout le kit est en l’air en deux heures et demi.

Dave Dixon, FOH de la tournée et surtout à l’origine de son passage d’un simple gauche/droite à L-ISA.

SLU : Comment s’est monté le projet L-ISA ?

Max : C’est Dave Dixon qui tient la console de mixage qui a initié le projet il y a un an. C’est l’ancien assistant de Robert Collins. Ulf Oeckel (KSE L-Acoustics) a travaillé le design et pour des raisons personnelles n’a pas voulu prendre la route. Comme j’ai une assez bonne expérience de L-ISA, L-Acoustics m’a proposé de partir sur cette tournée.

SLU : Les array paraissent droits mais en réalité…

Max : ils sont azimutés vers l’intérieur et ce réglage dépend du step que tu as entre chaque array. Aujourd’hui nous avons un Focus Extended, avec 7 lignes. Les 1 et 7 sont à 23°, les 2 et 6 sont à 10 et les 3 et 5 sont à 5°. La 4 qui est la centrale est évidemment à 0°. C’est essentiel car cela permet d’offrir le meilleur recouvrement entre les divers signaux. Tous les K2 sont ouverts à 110°.

Le « cœur Pop » de L-ISA, l’arrangement Focus avec 48 K2 et 9 KS28 placés le plus près possible les uns des autres pour délivrer le SPL nécessaire à ce style musical dans le grave. Remarquez comme le deux lignes externes convergent à 5° vers l’intérieur.

SLU : Tout arrive au bout de la salle ?

Max : Ici oui, pour le moment je n’ai du fermer les volets des deux têtes du haut qu’à l’O2 à Londres. Je shootais à 120 mètres. Il y a quelques jours à Copenhague à 115 mètres, la voix est arrivée sans aucun problème. L’absence d’interférences change complètement la donne.

Un rack plus que stratégique puisque c’est de lui que partent les flux matricés vers les amplis et qu’arrivent les signaux pour la console. Sécurité avant tout, le processeur L-ISA est doublé. L’Allemagne est bien représentée avec Optocore et RME !

SLU : Comment transportes-tu le signal vers les panières suspendues ?

Max : Tout est en AVB. Avant ça repassait par la console et c’était converti en AES, maintenant on dispose du nouveau rack RME, le M-32 Pro qui sert de convertisseur MADI vers AVB et nous permet d’alimenter directement les P1. Nous avons deux processeurs L-ISA redondants. Pour le transport des flux vers la SD7 DiGiCo, on utilise de la fibre.

SLU : Ca paraît simple et rapide tout ça.

Max : Mais ça l’est. Déjà on a une équipe d’enfer et puis la conception technique de la tournée nous rend la vie très facile. On a beau avoir une grosse configuration L-ISA, la tournée européenne se passe très bien et la branche américaine (qui sera à peine finie au moment où vous lisez ces lignes NDR) devrait se passer aussi bien. Sur les 55 dates en Europe, on accrochera notre config L-ISA partout.

SLU : Tu as déjà la modélisation de toutes les salles ?

Max : Oui, j’ai l’Autocad de chacune d’entre elles et un cador au rig, John Ashton. Le Crew Boss Pete Hugues est aussi un sacré mec, sans parler de Guillaume Richard et Klaus Bolender de l’équipe son. Ca roule vraiment bien.

La Playstation de Max avec ses quatre outils de travail : LA Network Manager, Soundvision, Flux et pour finir Win MLS car, comme il le dit : L’affichage du Win MLS est tellement précis que c’est difficile de se servir d’autre chose après.

SLU : Ce n’est pas très fréquent à 26 ans d’être au système d’une tournée mondiale aussi grosse…

Max : Je le dois à Florent (Bernard Directeur Applications Touring @ L-Acoustics) Il m’a introduit auprès d’Agorà (gros, GROS prestataire italien et international) avec lequel j’ai la chance de travailler sur des tournées de très grande ampleur ou des concerts tels que les 6 soirées de Vasco Rossi à San Siro (le stade de foot de Milan). J’ai aussi collaboré avec Steph Plisson pour les dates de Mylène à La U-Arena. Un super système et puis, Steph au mix, pour moi, c’est l’un des meilleurs.

Max le Mesure. Dans son fly case, 24 micros triés et avec une liaison filaire. Tu ne passes pas à la HF ? Ouiii (rires) Tu me paies les 24 liaisons HF ?

SLU : Confortable le Tourbus ?

Max : Comment dire…Je ne suis pas un fan absolu des Tourbus (rires) et je préfère plancher sur des projets, les lancer et après les confier à quelqu’un de confiance comme Alizée Tricart. Elle est géniale, elle bosse super bien.

SLU : Tu continues la multi-mesure ?

Max : Plus que jamais ! Pour que les Kara aient le même contour que les K2, que les extensions aient aussi le même contour et les mêmes quantités d’énergie dans le grave c’est indispensable d’autant que, contrairement aux spécifications de L-Acoustics, Dave à la face demande que le contour démarre à 300 Hz et pas à 1 kHz.


Dans le rack de design, mesure et pilotage où certaines machines sont siglées Upoint, la société de Romain Berguin et Maxime Menelec, les deux pré-amplis acceptant la volée de micros de mesure utilisés par Max, un DL 251 Midas pour avoir 24 entrées, le Behringer X32 rack pour en avoir 16 disposer de sorties. C’est qu’il y en a des softs à alimenter…

SLU : Tu arrives à obtenir le même contour avec Kara que K2?

Max : Oui car ça ne joue pas fort et on répartit le SPL. En plus on n’a pas besoin d’un gros niveau dans le grave. On n’en a pas encore parlé mais pour toute la tournée Arena, on n’accroche que 9 KS28, une colonne cardio placée derrière la centrale et au plus près des deux autres lignes de K2 pour être le plus cohérent possible. Ce qui sort de la console de Dave est à peu près flat, on n’a pas de contour, il est généré uniquement par la diff.

SLU : Il semblerait que Vlad (imir Coulibre comme l’air) collabore avec Upoint…

Max : Oui. On essaie. (rires) Sérieusement, depuis qu’on se connait on bosse super bien ensemble. Il a son caractère, j’ai le mien (rires) Il travaille depuis quelques temps pour Upoint comme Alizée qui est en Italie.

Un bonheur de journaliste n’arrivant jamais seul (comme d’ailleurs les emmerdes qui volent toujours en escadrille © Jacques Chirac) Florent Bernard et Etienne Corteel s’approchent de notre dictaphone. On en profite !

Là, y’a du lourd ! A gauche Christophe Combet le directeur de la R&D et à droite Florent Bernard le directeur application Touring.

SLU : Quels sont les avantages d’utiliser des multis de 25 mètres pour alimenter les lignes ?

Florent Bernard : On estime pour cette longueur et dans des câbles de 4 mm2, la perte dans l’aigu à environ 1 dB. 25 mètres est du coup la longueur standard et recommandée depuis presque deux décennies.
Monter à 50 mètres la rend forcément plus importante, surtout à cause de la résistance de peau*, mais on la rattrape sans trop de problème en phase de tuning.

* L’effet de peau ou résistance de peau est un phénomène électromagnétique qui fait que, à fréquence élevée, le courant a tendance à ne circuler qu’en surface des conducteurs. Il en résulte une augmentation de la résistance de ce dernier. On contre cet effet par l’utilisation de conducteurs multi-brins qui, à section égale du câble, augmentent la surface de conduction.


Cela dépend aussi du type d’enceinte et de sa mise en parallèle par deux ou par trois. Aujourd’hui nous sommes en mesure de modéliser cette perte en ligne ce qui nous permet de l’estimer et d’être force de conseil, surtout dans le cas de l’intégration où il arrive que les amplis soient très loin des boîtes.

Une vue imprenable sur le système et son câblage aussi court que bien rangé, aussi joli à voir qu’à entendre.

SLU : On sait que L-Acoustics aime standardiser l’usage de son matériel. Comment voyez-vous la mise en panière de vos amplis par SSE ?

Florent Bernard : Sur des dispositifs de cette envergure, ces types de jumbo racks de 24 LA12X chacun sont essentiels en termes de rapidité de déploiement. Nous avons crée avec le LA-RAK un standard qui fonctionne bien pour tout le monde et facilite le cross rental mais c’est normal qu’à un certain niveau, chacun customise ses ressources ampli comme il le désire. Il n’est plus question en pareil cas d’imposer un format.

SLU : La zone de couverture optimum ce soir est de combien ?

Florent Bernard : Beaucoup plus importante qu’en stéréo. On doit avoir entre 65 et 70% du public qui reçoit la superposition du son des différentes lignes offrant la meilleure spatialisation possible. On appelle ça le Quality Mapping et on le visualise sur Sound Vision.
C’est vrai qu’il existe des salle d’une architecture qui convient encore mieux à L-ISA comme les sheds américains où ce chiffre grimpe encore. Certains producteurs américains songent d’ailleurs à modifier le prix des places en fonction du fait d’être placé ou pas dans la L-ISA Zone et pas simplement en fonction du visuel. Forcément tout devant ou sur les côtés on reste avec des mixdown mono, mais pour les premiers rangs on pense à des solutions, on a déjà quelques pistes.

Le Santa Barbara Bowl et sa forme convenant parfaitement bien aux dispositifs de type L-ISA. Ici une couverture en gauche/droite. En vert clair, le tunnel des 15% de gens heureux, en vert foncé ça commence à être plus qu’interférent et en jaune, y’a du son…

Le même lieu en L-ISA avec la partie avec une image de qualité en vert clair, 87% de l’audience, les quelques sièges où ça se gâte en vert foncé et la partie où il y a du son essentiellement mono en jaune. Le jour où les premiers rangs bénéficieront d’un très bon son, la partie sera gagnée.


SLU : Avoir des boîtes qui ouvrent un peu plus ce ne serait pas intéressant ?

Florent Bernard : Oui, pourquoi pas 120, 130° mais au-delà, on rentre dans d’autres problématiques de temps entre les différentes lignes. K2 fait en plus un très joli 110° (sourire) à -6 dB qui va au-delà si on prend en compte que les deux moteurs. On a à 140° et -10 dB, l’ensemble de leur spectre. On travaille aussi beaucoup nos presets et on améliore ce qui peut l’être. On ne dit jamais notre dernier mot (rires).

Le L-ISA Controller. Comme il s’agit d’un système en 7.1, on peu compter sept petits traits noirs représentant autant de lignes. Les Extended sont, comme leur nom l’indique, légèrement écartées en salle comme sur écran.

SLU : Il faut aussi que les shows offrent plus que potentiellement du bon son.

Etienne Corteel (Responsable communication scientifique et fin connaisseur du son de demain chez L-Acoustics) : Quand on pose la question au public d’un show L-ISA il insiste toujours sur la qualité du concert là où parfois on entendait des : « ça m’a pété la tête, je ne comprenais rien ».
En fait le son s’efface et restitue tout le naturel de ce qui se passe sur scène. On n’aura pas d’autres commentaires positifs tant qu’on n’approchera pas une forme de Surround et des mix plus démonstratifs. C’est un chemin…on y viendra.

Noir salle

Notre pass est magique et le service d’ordre nous laisse circuler librement entre fosse et gradins. On crapahute donc discrètement jusqu’au nez de scène durant la première partie où l’on est accueilli par l’habituel rang de lip fills, 4 Kara et deux X12 ici. Le déploiement L-ISA rentre à partir du 6è rang de sièges pour le médium et la bascule complète s’opère au 8è où, certes un peu en mode douche, on retrouve le rendu complet de K2 avec le début de la localisation propre au son immersif by Marcoussis.

Un LA Netwok Manager pas mal garni, où l’on a la confirmation que tout le système est alimenté et verrouillé en AVB.

L’AccorHotels Arena a eu beau avoir été traité acoustiquement, les retours sont encore assez nombreux et denses, peut être une conséquence de l’énergie dispensée par un système par essence non interférentiel. Cela sera encore plus vrai une heure plus tard avec le rimshot de Your latest trick de Dire Straits, mixé il est vrai, quelques dB trop fort…

On quitte le devant de la scène pour escalader le haut des gradins tout à l’opposé. La voix de la première partie, un guitare / voix d’une rare tristesse, arrive assez sereinement aux derniers sièges mais laisse un peu de brillance et de SPL dans le trajet. Vu le niveau auquel ça joue, cela se rattrape aisément sur les boîtes du haut. La balance tonale est respectée ce qui prouve qu’avec L-ISA on peut réellement tirer en intérieur à 110 mètres (max de Bercy) et même un peu plus, sans léser les spectateurs.

Le tandem du son, Max au système et Dave Dixon au mix face. On est à quelques minutes du début du show de Mark Knopfler.

De retour sur l’immense parterre surélevé et planté de sièges, on suit à l’oreille la voix en provenance de la ligne centrale. K2 a beau ouvrir large, à 110° le cran à -6 dB est surtout perceptible dans le médium. Quand on repasse dans les gradins et on s’écarte encore un peu latéralement, on garde le bas et le haut, mais on perd rapidement pas mal de corps et de texture de la voix. Bien entendu cela est compensé par les deux side fills aussi en K2 et jouant un mixdown mono pour ramener présence et équilibre au mix.

Durant la première partie nous sommes régulièrement repassés par la régie pour constater la qualité et la régularité de couverture par rapport au point de mix.

Bravo à ce propos à Max pour la régularité de la couverture et la qualité de tous les raccords. L-ISA a beau apporter de la fluidité en démasquant ce que les deux lignes « stéréo » habituellement passent par pertes et profits, son travail de conception et de calage du très gros kit, offrent un confort d’écoute remarquable à très bon, partout.

Noir salle & Knopfler

Curieusement cela attaque fort. 96 dBA. Le final de la première chanson est à 102 dB et avec L-ISA et sa liberté dans la propagation du son, une telle pression mord un peu. Le contour volontairement bas, rend le mix très agréable et équilibré à bas niveau mais plus dur dés qu’on s’approche ou dépasse des trois chiffres d’autant que la captation est extrêmement détaillée et précise. Les percussions sont par exemple un plaisir de finesse et définition mais piquent un peu.
On est cela dit captivé par la qualité des sonorités et des musiciens présents sur scène. La gratte de David et sa voix, la batterie, les cuivres, leur rendus sont magnifiés par L-ISA, mais de la même façon qu’on excelle en captation, on se doit d’en faire de même avec la dynamique et l’égalisation dynamique et malheureusement, ça pèche un peu.
Il est vrai aussi que nous en sommes au tout début du mix par objet et cela demandera un certain temps aux ingés son à intégrer et à maitriser cette nouvelle diffusion tellement libre. Pour le moment, jusqu’à 95 dBA c’est un bonheur, au-delà, le bon vieux gauche/droite et son boulet interférent paraissent plus adéquats au gros niveaux.

Un très beau tableau lumineux où les trois lignes centrales s’habillent de photons et créent des ombres magnifiques. Tant qu’à les avoir au dessus de la tête, autant s’en servir !

Rien à dire en revanche question spatialisation. On est réellement face à un front sonore inédit de largeur et de clarté où chaque élément qui le compose a parfaitement sa place où qu’on soit dans la zone de couverture L-ISA. Le grave aussi tire un énorme avantage d’une exploitation centrale et peu interférente avec les lignes où se concentrent les sonorités les plus chargées en bas du spectre.

Plus le concert avance, plus cela devient une évidence. Après le classique qui revît avec L-ISA, la pop peut en faire autant. La multi diffusion et le mixage par objets via des matrices intelligentes est l’avenir, mais à quelques conditions dont la plus importante est de séduire le spectateur en devenant plus événementiel et démonstratif. L-ISA ne doit pas simplement être le rêve des sondiers qui trouvent enfin un outil imparable de démasquage et de positionnement.

Le public doit pouvoir s’extasier sur le son comme il le fait avec la scénographie et les lumières pour justifier un déploiement qui atteint le double d’un gauche/droite, un temps de montage plus important et un temps de pré prod incompressible.
Le son doit non seulement accompagner et resituer dans l’espace les artistes, mais accompagner la scénographie et les lumières, souligner les effets et bouger.

Quand de nouveaux shows seront créés, que les mixeurs seront formés afin qu’ils puissent participer à la définition de la performance sonore et ensuite concevoir, encoder et gérer cette cavalerie sonore, l’expérience sonore sera exceptionnelle. L’audio n’est plus sur des rails, les ingés son peuvent le conduire et aussi inventer des nouvelles routes. Plus belles.

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Philips already sold over 5,000 PicoPix Max pico projectors on IndieGogo

Par pico

Philips recently announced the PicoPix Max, a premium and relatively large but still portable Android-powered pico projector that features a Full-HD native image, 800 lumens and a battery life of up to 3 hours. Our friend Charbax posted a nice video showing a prototype device, and Philips says on the video that it already sold over 5,000 such projects on IndieGogo!

 

Jenifer à la Seine Musicale avec Rico, Bobo et Soundscape

Par admin

Petit à petit l’immersif gagne du terrain y compris en France et nombre de tournées s’y essaient avec l’aide et la complicité de leurs prestataires et des deux marques française et allemande qui ont pris une certaine avance dans ce domaine.

Nous avons été à la rencontre des techniciens de Jenifer pour B Live lors de la date à la Seine Musicale, Rico Berrard au mix et Boris Jacquier-Laforge au Soundscape. Mais là où c’est interessant, c’est que nos deux compères ont décidé de se lancer en prenant quelques libertés avec les préconisations de d&b. Récit.

Bobo et Rico.

Boris Jacquier-Laforge, Bobo pour les intimes…: D’un côté il y a ce que les fabricants préconisent comme montage garantissant un résultat immersif optimum via des règles à respecter scrupuleusement, de l’autre la possibilité de parvenir à partir d’une implantation quasi standard, à bénéficier des effets du Soundscape.
Nous avons voulu voir jusqu’où on peu aller, quelles sont les limites en dessous desquelles ça ne marche pas.

SLU : Quelle est la configuration du système ?

Bobo : Un gauche/droite, un central et des outfields, avec un central rallongé pour porter plus loin. On sait qu’on n’est pas dans les clous car il faudrait cinq lignes identiques et ouvrant large dont l’écart ne dépasse pas 70% de la distance vis-à-vis des premiers spectateurs couverts par le système. Dans notre cas nous disposons d’un kit quasiment standard et donc…

Vu comme ça, on dirait un kit standard pour Zénith, 5 SL-SUB, 12 KSL et 9 V, mais la ligne centrale et la DS100 changent la donne…

SLU : Composé de beaucoup de 8 et quelques 12 !

Bobo : C’est ça. Le KSL du main comporte en standard dix boîtes de 8 et deux de 12. Nous avons réussi à panacher en huit KSL8 et quatre KSL12. Là où on s’en sort beaucoup mieux c’est avec la centrale en V où nous avons deux V8 en tête qui portent loin et huit V12 pour bien couvrir le reste de la salle.

Le truc qui change tout, la ligne de 10 V dont huit V12 et dans lesquels aboutissent beaucoup d’objets. Idéalement il faudrait du KSL, mais même en V, ça commence à bien démasquer.

Pour les outfields nous sommes passés de 6 à 9, toujours du V, et nous aurions voulu les employer en complément du système principal pour élargir l’image de certaines sources dont les effets ce qui marche très bien.
L’inconvénient réside dans la voix principale qui placée dans la matrice DS100, sort avec le maximum d’énergie par les V du centre, avec un complément dans le G/D et une dernière lichette dans les outfields.

Pour l’architecture Soundscape c’est parfait, mais comme on n’a pas exactement les boîtes et le nombre dans la centrale, on perd trop de voix sur les côtés, ce qui n’est pas possible vis-à-vis de l’artiste et du public.
Même avec une configuration optimum de 5 lignes identiques, on aurait dû placer des outfields pour déboucher les côtés et renforcer surtout la voix. Du coup on a exploité nos deux lignes externes en somme mono. Ce que l’on perd en spatialisation, on le gagne en qualité et intelligibilité sur les côtés.

SLU : Il n’y a pas moyen de «gonfler» disons à la mano la voix ailleurs que sur la centrale?

Bobo : Je crois que d&b travaille sur la question, un peu comme avec une matrice telle qu’on la connaît, mais avec le délai qui va bien.

La matrice DS100 prise en sandwich entre DS10 et Ghost

SLU : Dans l’attente que les fabricants nous sortent des enceintes spécial immersif qui ouvrent encore plus.

Bobo : C’est ça !

SLU : Votre approche un peu expérimentale avec Rico est bien vue par l’artiste au sens large comme par B Live ?

Bobo : Oui, dans la mesure où on garantit toujours le rendu d’un gauche/droite de qualité. B Live nous suit dans la mesure de ses possibilités en nous mettant à disposition une matrice et en nous permettant de panacher le système pour disposer du maximum de têtes en 120° !

SLU : Quelles sont les découvertes que vous avez faites en allant au-delà du G/D ?

Bobo : Déjà que dans Soundscape, le sub est prévu pour être un point central ou un arc sub et donc n’a aucun délai. Ton pied sort au centre à temps 0 et avec un délai sur les côtés, mais le sub reste à temps 0.

La page du R1 de visualisation des objets tels que positionnés grâce à la matrice DS100

Comme nos SL-SUB sont en G/D et qu’on ne peut pas accrocher de subs au centre dans toutes les salles, on a fait le choix de sortir pied, snare, basse et tout ce qui a énergie et impact en mode OFF pour ne pas déclencher les délais dans la matrice et être certain d’être calé.

Tout ce qui est guitares et claviers est en mode Tight et enfin pour les sources plus dures à traiter comme les pads et les effets, on a choisi le mode Full où l’objet est le plus spatialisé et démasqué.


SLU : Comment se passe ce choix entre les algorithmes ?

Bobo : Il n’est pas évident dans la mesure où au début tu paramètres l’ensemble sur Full et que pour certains objets, le résultat n’est pas probant, sans doute à cause de notre configuration qui n’est pas optimisée. On en profite quoi qu’il en soit pour décortiquer tous les paramétrages pour en saisir l’impact réel dans les divers éléments du système.

SLU : Comment fais-tu à avoir assez d’énergie dans la ligne centrale en V…

Bobo : Pour le pied j’ouvre un peu vers les deux KSL en reculant l’objet, ce qui en route une petite partie en dehors du V. Les subs font le reste. Pour la snare en revanche qui est aussi sur Off, je joue à fond sur le recul de l’objet et, le résultat est très probant. On retrouve du gras et la balance tonale du KSL.
Ouvrir le mix ne serait-ce que sur trois lignes, démasque nettement le bas médium. On perd à peine de côté frontal mais on gagne de l’air et de la précision sur chaque objet traité. On avait déjà agi de la sorte avec Rico en 2015 sur la tournée de M Pokora où grâce à un Sonic Emotion, on a trouvé de la place pour des tas d’effets qui ne sortaient pas dans le bas médium.

La régie SSL de Rico, du son anglais pur jus qui se transforme par la magie de la DS100 en son anglo-allemand puisque nombre de fonctions et de réglages se font en dehors de la console.

SLU : Comment vous gérez le passage entre les dates en G/D et celles avec Soundscape ?

Bobo : Il faut d’abord que nous ayons un beau mix en stéréo et que le passage via Soundscape se fasse en plaçant les sources et en retouchant les niveaux au travers des objets et pas de la console.

SLU : Pas évident, la gestion dynamique et le rendu fréquentiel en salle d’une source jouée dans un G/D ou dans un système de spatialisation n’est pas du tout la même chose. On n’en est qu’au début…

Bobo : Je suis d’accord, on défriche et c’est pour ça qu’on a cette démarche avec Rico et Arnaud Bonhomme qui tient le système sur la tournée de Jenifer. On est tous les trois dans la même mouvance. Il y a les principes, la réalité économique et le résultat final.

Deux Realtime Rack en plus des effets internes de la SSL et ces quelques goodies. Le son de Rico est fat de chez gros… tout s’explique.

On échange énormément avec Pierrot (Scalco) et Matthieu (Delquignies) de d&b France et on apprend beaucoup, tout en bénéficiant d’une relative liberté de mouvement de la part de la marque, ce qui ne serait sans doute pas le cas chez d’autres fabricants (rires).
Tous les soirs on doit envoyer un joli show et avancer pas à pas en apprenant à déconstruire notre habitude d’écoute. Quand la première fois tu passes d’un mode à l’autre, c’est plus que changeant (rires).

SLU : Quel est le gros plus pour le public selon toi ?

Bobo : La portion beaucoup plus importante de gens qui baignent dans un son où l’on puisse localiser précisément une source.

La page Function Groups de la matrice avec spécifiées, les groupes d’enceintes et les délais. Le point 0 et donc le plus reculé, ce sont les deux lignes de 5 subs placées derrière celles des KSL. Tout le reste de la diffusion est donc délayé pour « attendre » le grave.

SLU : Comment places-tu tes objets, par lignes de boites ou dans l’espace ?

Bobo : Non, dans l’espace. Les lignes ne sont pas matérialisées. Tu places ton objet là où tu veux qu’il soit et la matrice DS100 s’en débrouille.
En revanche tu dois spécifier à l’avance les délais entre les différents groupes d’enceintes qui composent ta diffusion puisque tu joues avec 3 algorithmes différents.
Soundscape t’offre plein de possibilités, mais comme ce n’est pas un système fermé, il nécessite de bien travailler le calage et ensuite le choix des algorithmes.

SLU : Comment alimentes-tu ta matrice ?

Bobo : Je sors 32 canaux de la SSL pour aller vers la DS100 qui en accepte 64 en 48 kHz. Comme la SSL marche en 96 kHz et que notre session est à cette fréquence, on n’a que 32 sorties de disponibles, même si on insère le SRC en sortie, donc on a crée des stems. Si on avait pu utiliser les 64 on l’aurait fait, on se serait amusé encore plus !

Noir salle

Une balade dans la salle valide les choix. La couverture comme la mise en phase sont parfaits et à part une inévitable perte de présence et de mordant dans le bas-mid en passant de KSL à V dans les outfields, tout fonctionne. Le seul petit problème, mais indépendant du système et de la nature de son déploiement, concerne le grave, manquant un peu d’attaque et de précision. Malgré des enceintes cardioïdes, têtes KSL comme subs GSL-SUB, la Seine Musicale prolonge et brouille un peu le bas en le rendant moins net, un phénomène que nous avons déjà constaté lors d’autres reportages.

Le mix de Rico est mastok et profite à plein du rendu d&b et de l’efficacité des KSL. La batterie notamment sonne gros, très gros et colle au coté pop très frais et adorable de l’artiste et de ses titres. La voix de Jenifer est bien rendue malgré la charge de travail à laquelle est confrontée la ligne centrale de de 9 x V.
Le fait de cantonner la spatialisation entre trois lignes seulement ne permet pas de bénéficier d’un effet d’ouverture complet que le public puisse facilement apprécier et citer spontanément, même s’il ne fait aucun doute que le son gagne en fluidité et est mieux placé et discriminé.

Ahh mais ouaaaaii, c’est donc ces trucs accrochés qui font du son…;0)

Ces essais ont malgré tout le mérite de démontrer l’utilité de « l’immersif » mais aussi le besoin de mettre au moins trois points centraux égaux et puissants pour avoir de l’énergie et deux autres peut être moins gros pour couvrir l’espace scénique et bien écarter le front sonore.
Cela oblige aussi à disposer d’enceintes de type 120° en grand nombre, un phénomène peu usité chez d&b dont les kits standard 80-120 rendent cette race de boîte assez rare…

Mais surtout cela met en exergue le besoin de produire des shows immersifs dès leur conception et ensuite d’investir pour cette technologie afin que les prestataires s’équipent et déploient des systèmes qui fassent que le public puisse enfin s’extasier aussi sur le bois et dire un jour : « le show était génial, la guitariste s’est baladée en salle et le son ne l’a jamais quittée et quand l’artiste allait d’un côté, sa voix la suivait.., comme les lumières ! »

De gauche à droite Nirina Rakotomavo claviers, Audrey Tesson guitare, Jenifer, Laurène Vatier basse et Camille Bigeault batterie.

Bravo en tout cas aux trois complices Bobo, Rico, Arnaud et à B Live qui joue le jeu car, comme le chante si bien Véro Sanson, celui qui n’essaie pas, ne se trompe qu’une seule fois. Ils ouvrent aussi la porte à un usage moins contraint, moins onéreux et plus créatif de la matrice DS100, la clé à molette de d&b. Merci et bravo enfin à Jenifer et au groupe de musiciennes qui l’accompagne. Ca tourne, ça bouge et ça pétille. Grave !

D’autres informations sur le site B Live et sur le site d&b audiotechnik

Rico Berrard : mix face
Yann Garnier : mix retours
Arnaud Bonhomme : système
Boris « Bobo » Jacquier-Laforge : gros son

 

La French Team et FrenchFlair Audio, plus forts ensemble

Par admin

A gauche, Arthur Musy, responsable marketing de FrenchFlair Audio, Alain Hercman, directeur du département audio d’Axente et Guillaume Boda, co-fondateur et directeur de la R&D de FrenchFlair Audio devant les nouveaux locaux de R&D et production, qui restent à Lyon.

Après Sixty82, Portman et Frenetik, la French Team s’associe à l’équipe de FrenchFlair Audio, pour accompagner le développement de ce fabricant d’objets sonores professionnels, nouvelle coqueluche des architectes et installateurs de lieux de prestige.

Guillaume Boda, et son équipe ont développé une gamme d’enceintes acoustiques d’installation, très spécialisée, pour des lieux où l’aspect esthétique de tout élément intégré doit répondre aux désirs de l’architecte. Ainsi se définissent les 3 têtes de la série AS.
Elles sont de forme fluide, élégantes et livrables aux couleurs d’un nuancier RAL de 200 références. C’est le matériau utilisé pour le châssis, l’aluminium moulé, qui autorise la forme quasi conique des têtes. Alors au choix, on les expose en optant pour une couleur de contraste ou on les fait jouer caméléon.

Au siège social de FrenchFlair Audio basé au Parc de l’Evénement, Jérôme Bréhard, directeur général d’Axente, Christophe Carles Directeur technique du département audio d’Axente et Xavier Drouet, gérant de FrenchFlair Audio.

Dans les deux cas, leur rendu acoustique est de qualité et leur SPL Max à même de sonoriser, un restaurant club ou un bar lounge : FrenchFlair Audio vise l’hôtellerie haut de gamme avec aussi toute une collection de suspensions, perchoirs, et lyres qui s’intègrent au design final avec une rare discrétion ou une fantaisie recherchée.
Depuis sa création en 2013, la société est basée à Lyon, ou une équipe de 3 personnes veille à son fonctionnement :
R&D, assemblage et commercialisation. Toutes les pièces sont fabriquées en France et les haut-parleurs d’origine européenne.

La gamme AS : trois têtes et deux subs pour sonoriser les lieux festifs de l’hôtellerie chic

Pour comprendre les motivations de FrenchFlair Audio et de La French Team à envisager l’avenir ensemble, nous en avons rencontré les antagonistes : Guillaume Boda, acousticien, fondateur de FrenchFlair Audio, Jérôme Bréhard, Christophe Carles, Xavier Drouet et Alain Hercman pour la French Team.

SLU : Guillaume, quelle est l’histoire de FrenchFlair Audio et votre cursus ?

Guillaume Boda : Je viens de la sonorisation pro. Après une licence professionnelle en acoustique au laboratoire d’acoustique du Mans, j’ai fait mes armes à la R&D de Nexo pendant 4 ans. Ensuite j’ai travaillé en Australie pour un fabricant audio, Quest Engineering où j’ai pris en charge le développement des produits électroacoustiques, l’intégration de technologie occidentale et le développement industriel.
L’idée de créer une enceinte acoustique comme un objet dans l’espace, à l’instar de ce qui se fait en luminaire, a germé en 2012 en association avec un ancien copain de Fac. Il travaillait dans l’acoustique du bâtiment en lien avec des architectes. L’offre en 2012 paraissait très conventionnelle et l’on s’est dit qu’il y avait de la place pour un imaginaire un peu supérieur sur le produit même qu’est l’enceinte de sonorisation.

La démarche de créer un objet avec une esthétique différenciante nous rapprochait des architectes avec lesquels mon associé à l’époque avait pas mal de projets. Il a ramené un mode de travail sur des projets architecturaux et moi je portais le développement de produits et l’industrialisation que j’avais appris en Australie. Le nom FrenchFlair identifiait le savoir-faire électroacoustique français qui est reconnu à l’étranger. Je suis revenu d’Australie pour m’installer à Lyon et nous avons monté le projet pendant 1 an avant la création effective de la boîte en 2013.

Le restaurant chic et décontracté du Byblos Beach à Ramatuelle équipé en FrenchFlair Audio – Intégrateur : Colorsonic

SLU : Quelle sorte de collaboration avez-vous définie ensemble ?

Xavier Drouet : C’est une prise de participation de la French Team (les dirigeants d’Axente et de Frenetik. NDLR) qui intègre le contrôle de l’entreprise dont je deviens gérant. Le siège social passe au Parc de l’Evénement à Longjumeau. Guillaume Boda, fondateur de FrenchFlair Audio est notre associé et se concentre sur la R&D et la fabrication toujours à Lyon. Nous prenons en charge la commercialisation (Via Axente pour la France), l’objectif étant le développement international de la marque.

SLU : Pourquoi prenez-vous une participation dans cette entreprise ?

Jérôme Bréhard : C’est une volonté de développer l’audio et des marques dans la continuité de ce qui a été initié avec Frenetik. C’est aussi la rencontre de Guillaume qui a été extrêmement motivante. C’est nous qui sommes venus à lui. Ce n’était pas son projet mais nous avons vu en lui un créateur, un inventeur. Et l’idée nous est venue que nous pouvions ensemble aller encore plus loin dans la réalisation de ses projets en lui apportant des moyens financiers et le support d’une équipe (commerce, marketing, communication, etc…).
On sait que c’est difficile parfois pour une petite société de se développer, on peut très vite être amené à se créer des barrières. C’est donc la volonté de passer FrenchFlair Audio de start-up à scale-up, donc de passer à la vitesse supérieure en termes de développement de l’entreprise.

Guillaume Boda : je n’étais pas en recherche mais j’étais plutôt ouvert. Avec mon associé de départ, on a fait face à quelques années un peu compliquées suite à la création de la société. C’était notre première entreprise. La sauce a pris, notre démarche sur le marché a été plutôt bien accueillie. Nous avons commencé à travailler avec pas mal d’intégrateurs influents en France. Puis je me suis séparé de mon associé. L’entreprise a commencé à mieux fonctionner et s’est posé le problème de faire face à la croissance. Il y a deux façons de faire, soit on continue à travailler un petit peu dans son coin et on compte sur la croissance organique pour faire grossir la boîte, soit effectivement on trouve un appui.

Pour l’espace événementiel Pavillon Elysée, l’intégrateur Vidéosonic a choisi de montrer les AS3 en optant pour des suspensions.

Quand on a commencé à discuter avec Axente via Alain Hercman, il s’est trouvé que les envies étaient communes, pour eux d’intégrer des compétences en acoustique et en développement de produit audio, et moi j’étais intéressé à m’associer à des gens qui pouvaient appuyer un développement industriel et commercial. Ce n’était pas un besoin immédiat mais j’allais devoir y faire face. Je ne me serais pas précipité vers des gens qui auraient pu apporter uniquement des finances, j’avais envie d’une relation humaine, de confiance et je suis content d’avoir trouvé des partenaires qui évoluent dans l’audio.

Jérôme Bréhard : On aime aussi la complémentarité des âges, des générations. Aussi bien les fondateurs de Portman que Guillaume sont jeunes. Ils ont une vision du monde différente de la nôtre, une vision du business beaucoup plus moderne : c’est hyper nourrissant.

SLU : Pour la French Team ça participe à une démarche de croissance externe ?

Xavier Drouet : Non, certainement pas. Si on voulait faire de la croissance externe à tout prix on achèterait des grosses boîtes. On en a les moyens. On veut développer FrenchFlair Audio à l’échelle humaine et la faire grandir à notre image. C’est pareil pour Portman, et nous avons démarré Sixty82 à zéro et Frenetik à zéro également. C’est un moyen d’avoir une bonne vision du marché de la lumière, de la structure et de l’audio, qui sont nos terrains de jeu.

SLU : Quel est le chiffre d’affaires de FrenchFlair Audio

Xavier Drouet : Pour 2019 on attend 600 000 €, l’objectif étant de développer l’export qui représente très peu aujourd’hui avec seulement trois distributeurs.

La salle des Fresques du Pavillon Elysée équipée d’AS5 montées sur lyre. Intégrateur Vidéosonic

SLU : Quels sont les effets immédiats de cette union ?

Jérôme Bréhard : FrenchFlair Audio a déménagé immédiatement (en août NDLR) dans des locaux beaucoup plus grands, et nous avons lancé des recrutements. On apporte une capacité de développement une capacité d’industrialisation, parce que nous croyons fort dans le design et dans les performances des produits.

Xavier Drouet : Et La French team apporte la marque Frenetik dans la société FrenchFlair qui a maintenant en charge la R&D, la production et la commercialisation des deux marques à l’export, Axente se concentrant sur la France.

SLU : FrenchFlair Audio fait appel à des sous-traitants ? Si oui, avez-vous prévu de l’équiper d’outils de production ?

Xavier Drouet : Oui, aujourd’hui ils assemblent des produits dont les composants sont sous-traités. La région lyonnaise est un bassin de compétence industrielle et Guillaume sous-traite pas mal de choses. Avec les moyens financiers que l’on apporte, on va pouvoir organiser la production différemment et réaliser plus de choses en interne comme la soudure aluminium et une partie de l’usinage, pour accroître la réactivité et la maîtrise du produit.

Les têtes adoptent un profil conique grâce au choix de l’aluminium moulé. AS3 (HP large bande 3”) et AS5 (HP coaxial 5”/1”).

SLU : Frenetik et FrenchFlair Audio sont deux marques destinées au marché de l’intégration. Resteront-elles à terme dissociées ?

Alain Hercman : Ce qui est commun aux deux marques c’est leur ADN de spécialiste très pointu, mais sur des marchés très différents et totalement complémentaires.
Le marché de FrenchFlair Audio c’est l’architectural personnalisé en petites ou grandes séries, Frenetik est centrée sur les solutions techniques en réseau Dante, PoE.

L’AS8 (HP coaxial 8”/1,5”)

Christophe Carles : Si on raisonne purement audio, en excluant l’esthétique et le Dante, de par la limitation du PoE+ aujourd’hui, et même si on passe au PoE++ demain, Frenetik restera une marque d’enceintes de petite puissance, alors que les FrenchFlair sont des enceintes de puissance.
Elles commencent là ou Frenetik s’arrête en termes de performances. FrenchFlair Audio peut faire du bar lounge, et produire des niveaux festifs, alors que Frenetik s’arrête à un niveau d’annonce et de musique d’ambiance.

Jérôme Bréhard : Nous avons des marques de spécialistes. On ne veut surtout pas développer des marques qui coifferaient tous les besoins du marché.

Un espace de la Fondation Louis Vuitton à Paris équipé en AS5. Scénographie : Labeyrie – Intégrateur : ETC Audiovisuel

SLU : Est-ce que vous apporterez à Guillaume votre expérience en sourcing ?

Jérôme Bréhard : Guillaume restera libre de ses choix, suivant notre démarche de respect du designer et du créateur. Parfois ce n’est pas toujours facile de travailler avec des artistes, on en a l’expérience, mais c’est la clé du succès et je sais que l’équipe attache beaucoup d’importance à conserver cette liberté de création. Alors oui, on espère apporter des choses positives mais surtout on ne va rien imposer.

Xavier Drouet : Chacun porte sa pierre à l’édifice dans un esprit collégial. Christophe Carles pour la partie technique – ils sont très complémentaires Guillaume et lui – Alain Hercman et Jérôme Bréhard procurent leur compétence commerciale et un retour de terrain. Bien sûr on maîtrise des solutions industrielles pour avoir déjà investi dans une production de structure, une production d’éclairage et aujourd’hui une production audio, toutes intégrées aux entreprises, ce qui n’était pas le cas précédemment avec Ayrton où l’on sous-traitait toute la fabrication.
C’est le dénominateur commun de nos investissements d’intégrer la production et de ne pas dépendre d’un fabricant extérieur. C’est aussi ce qui nous a séduits dans cette nouvelle coopération : un produit français, fabriqué en France avec un nom très français (Rire)

Les deux subs de la gamme sont en bois : AS-S10 en 10” et AS-S24 en double 12”

SLU : Parlons de la gamme et de ses caractéristiques spécifiques. Pourquoi avez-vous choisi l’aluminium moulé pour réaliser le corps des enceintes ?

Guillaume Boda : On a validé acoustiquement l’utilisation de l’aluminium qui apporte davantage de bénéfices que de contraintes. Dans le secteur audio pro, les fabricants audio classiques font appel à l’industrie du bois, mais le bois limite énormément la forme même de l’objet. Il y a des marques de monitoring de studio qui utilisent l’aluminium, on pense à Genelec ; on pense à Klein Hummel.
On avait l’intuition que l’aluminium était un matériau déjà accepté sur ce marché, et il est particulièrement apprécié dans le domaine architectural. Les architectes adorent l’alu, en structure, visserie, interrupteurs, luminaires… Ce matériau nous a permis d’aller plus loin dans les formes. Il offre cette rigidité, et il est beaucoup plus léger que d’autres métaux.

SLU : Comment s’organise la gamme ?

Guillaume Boda : La série AS est constituée de trois modèles de tête et deux subs. L’AS3 utilise un haut-parleur 3 pouces large bande, L’AS5 est montée avec un coaxial de 5 pouces / moteur 1” et l’AS8, un coaxial de 8”/moteur 1,5”. Le sub AS-S10 est un 10”, et le AS-S24 utilise un double 12”.

200 références sont proposées dans le nuancier RAL pour personnaliser la coque des enceintes

Jérôme Bréhard : Il y a une sélection de 200 RAL pour les corps et une sélection de couleurs pour le tissu acoustique en face avant. De même pour les systèmes d’accroche et la gaine des câbles, on peut assembler les couleurs en fonction des besoins.
C’est ce qui séduit beaucoup les architectes et décorateurs parce que l’objet est élégant et qu’ils peuvent en plus le rentrer dans des codes couleur.

Une collection de 17 couleurs au choix pour le tissu acoustique de la grille de sortie.

SLU : D’où viennent les haut-parleurs utilisés ?

Guillaume Boda : Ce sont principalement des haut-parleurs de marque européenne et fabriqués en Europe. Je connais assez bien les fabricants de haut-parleur du fait de mon expérience.

SLU : Est-ce que vous préconisez des systèmes d’amplification particuliers

Guillaume Boda : Non, il y a des presets recommandés pour le filtrage des têtes et des subs, mais il n’y a pas de marque recommandée. Le client est libre de ses choix.

SLU : Quelle est la limite en quantité d’une série sur-mesure et le délai de fabrication ?

Jérôme Bréhard : Il n’y a pas de limite inférieure, c’est de la personnalisation, pas de la transformation, et le délai est raisonnable, entre 3 à 4 semaines.

La suspension trapèze : élégante et très originale

Alain Hercman : l’intérêt du concept c’est d’avoir des enceintes qui se placent sur des rails comme des spots lumière et qui vont se positionner à l’endroit où ça va fonctionner. On ne va pas mettre une enceinte dans un angle parce que c’est là qu’elle sera la plus discrète.
On peut placer dans l’espace ces objets sonores qui sont beaux, sans faire de compromis sur la qualité audio grâce aux possibilités d’accroche sur des rails, des perchoirs, des suspensions, des lyres… Des systèmes assez sophistiqués.

Les suspensions de la gamme rivalisent de sobriété.

C’est beau et ça sonne

Nous avons écouté deux produits emblématiques de la nouvelle carte FrenchFlair Audio d’Axente, les têtes AS-5 et le sub AS-S10 grâce à la complicité de Christophe Carles, son Directeur technique audio et d’Alain « Simon Phillips » Hercman, le Directeur du département audio. Cette écoute a eu lieu durant les Ateliers d’Axente.

Le sub AS-S10 avec deux têtes AS-5, le genre de combo gagnant et élégant, tel que déployé dans les murs d’Axente.

Les AS-5 sont des têtes passives articulées autour d’un 5” et d’un moteur coaxial d’un pouce, les deux à aimant ferrite et d’origine italienne, le tout étant enfermé dans un corps en alu avec une charge bass-reflex.
La directivité conique est large pour le 5” qui monte jusqu’à 2 kHz environ à 90°, mais plus pincée pour le moteur qui prend le relai avec 70°, un choix qui se justifie dès lors que l’on souhaite cantonner la présence sur une surface plus réduite.
Rappelons que ces enceintes sont conçues pour être accrochées en hauteur ce qui élargit d’autant la zone couverte.

Seules, les AS-5 délivrent un rendu plus que correct et suffisant dans bon nombre de situations où le programme musical, la pression requise ou l’absence de cran « danse » dans l’exploitation, ne demandent pas l’octave inférieure et un SPL de course.

La réponse en fréquence de l’AS-5, large et avec une préaccentuation dans le haut, prête à être utilisée ou gommée en fonction de l’usage prévu.

On note une assez nette préaccentuation du haut du spectre entre 4 et 18 kHz ce qui est normal compte tenu de la projection requise et d’un emploi dans une atmosphère généralement bruyante. L’ensemble est agréable, piqué, sans aucune agressivité et d’une qualité de rendu très nettement supérieure à l’offre habituelle.

Le sub AS-S10 est équipé d’un 10” aussi italien, à longue excursion, aimant néodyme et chargé en bass-reflex. Il offre une sensibilité de 96 dB SPL pour une puissance admissible AES de 400 W soit 126 dB SPL Max avec un facteur de crête de 6 dB.

La réponse de l’AS-S10 avec en bleu la partie « utile », la portion au-delà de 110 Hz pour les AS-5 ou 130 Hz pour les AS-3 étant atténuée à raison de 24 dB/oct

Il complète parfaitement l’AS-5 en lui apportant l’octave en dessous des 110 Hz qui sont conseillés comme fréquence de coupure à 24dB/oct et passe même 42 Hz à -6dB. Son rendu est assez sec et précis avec tout de même une rondeur agréable et peut être adapté à la nature de couleur souhaitée.

Le rendu tête/sub est parfaitement dans la cible visée avec, sans autre correction qu’une mise en phase, un filtrage entre les deux et un réglage du niveau du sub, un son moderne, vif, rond et défini, sans dureté dans le spectre vocal. A bas niveau il reste une belle impression de grave et un doux aigu, parfait pour ne pas faire élever le niveau de parole et auto alimenter l’escalade sonore.

Une vue des amplis LEA, spécifiquement conçus pour le marché de l’installation et disposant d’un ensemble de fonctions sur lesquelles nous reviendrons prochainement.

Axente dispose depuis peu de LEA, une nouvelle gamme américaine d’amplis d’installation due au talent et à l’expérience d’une grande partie de l’équipe de Crown dont la réputation n’est plus à faire.

Ces amplis extra plats disposant de la puissance, connectivité et processing nécessaires au déploiement et calage des produits FrenchFlair qui appellent de leurs vœux une adaptation soignée, surtout s’ils sont appelés à « chauffer » une clientèle qui poursuivra sa soirée en boîte, tâche très largement dans leurs cordes dès lors qu’on insère des limiteurs pour préserver les gamelles. LEA offrira à ce propos la capacité d’être administré à distance sur la gamme Network Connect IoT. Le bonheur de l’intégrateur et le futur de nos professions.

Les références sont parlantes, Pavillon Élysée, Fondation Louis Vuitton à Paris, Byblos Beach à Ramatuelle, Noto Salle Pleyel, Restaurant Le Ponton à La Baule, Hôtel Coeur de Megève, FrenchFlair Audio s’intègre clairement dans le domaine de l’architecture hôtelière design et de la muséographie.
Axente est en cours d’aménagement d’un auditorium dans son bâtiment où toute la gamme sera en démo (les enceintes Frenetik et autres gammes audio aussi). Vous pourrez ainsi juger de la qualité acoustique des produits.

Détails des références

Pavillon Élysée – Intégrateur : Vidéosonic
Fondation Louis Vuitton à Paris – Scénographie : Labeyrie – Intégrateur : ETC Audiovisuel
Byblos Beach à Ramatuelle – Intégrateur : Colorsonic
Noto Salle Pleyel – Architecte d’intérieur : Laura Gonzales – Intégrateur : Colorsonic
Restaurant Le Ponton à La Baule – Architecte : Atelier Cos – BE : RMS – Intégrateur : TLS
Hôtel Cœur de Megève – BE : LM Ingénierie – Intégrateur : Axians


Plus d’infos sur le site Axente et sur le site FrenchFlair Audio

Caractéristiques

BITMOVIN RESEARCH SHOWS SERVICE PROVIDERS STRUGGLING TO KEEP PACE WITH CONSUMER EXPECTATIONS FOR LOW LATENCY AND MULTI-DEVICE PLAYBACK

Par platformcomms

Report reveals significant momentum for AV1 and artificial intelligence by 2020 SAN FRANCISCO – SEPTEMBER 6, 2019 – Bitmovin, a world leader in digital video technology, announces its annual Video Developer Report, revealing a detailed snapshot of the trends driving the future of video. The research is based on the views of 542 professionals working at broadcasters, ...

La fête des Vignerons ou Dushow chez les Helvètes. Part 1: Le Son

Par admin

La parade finale. sont présents sur scène les 5 500 figurants qui ont donné une année de leur vie pour vous présenter ce show démentiel ! (crédit FEVI).

La Fête des Vignerons n’a lieu que 4 à 5 fois par siècle, impossible de rater cet événement humain et très technique. Emma Husson, collaboratrice de SLU et qui a fait partie de l’aventure suisse, nous la raconte de l’intérieur en 2 épisodes.

Voilà, c’est fini. 2019, restera une année mythique pour nos amis suisses, du moins pour les veveysans, habitants du vignoble de Lavaux, situé dans le canton de Vaux. Mais d’où leur est venue cette idée d’organiser une fois par génération THE fête ?
Et quelle fête ! Celle de la démesure, qui depuis sa création en 1797 et seulement, quatre à cinq fois par siècle, cadence la vie des vignerons tacherons, en les récompensant du fruit de leur travail. Eh oui, cher lecteur français, vous allez découvrir que vous n’avez pas le monopole du cépage !

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Après 20 ans d’espionnage au cœur des vignes, l’abbé président que l’on voit de dos, récompense le meilleur ouvrier tâcheron. (crédit FEVI)

Inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO depuis 2016, cette fête unique en son genre qui aura duré du 18 juillet au 11 août 2019, réunit sur les bords du lac Léman, au sein d’une arène éphémère de 20 000 places conçue par le scénographe Hugo Gargiulo, 5500 figurants bénévoles accompagnés de 700 musiciens amateurs qui ont eu la lourde de tache d’offrir un spectacle défini comme hors norme par Michel Colin, sonorisateur de la fête de 1999.
L’histoire toujours la même depuis 200 ans est celle d’une tradition ancestrale, celle du cycle de la vie de la vigne à travers les facéties des saisons racontées par le talentueux metteur en scène tessinois Daniele Finzi Pasca.

Qui sera l’élu ?

Bienvenus dans l’Arène, goutons aux vertiges de la technologie ! Toutes les grandes marques du monde de l’audio se sont donné rendez-vous, pour dépasser leur propres limites, faire avancer leurs nouvelles spécifications, en se rapprochant des utilisateurs, afin de remonter à leur R&D respectif, les bugs, les avancées pour la sortie de leurs prochaines releases. Ils sont 18 au total, 18 techniciens son à avoir répondu à l’appel du lyoba, le chant sacré des fribourgeois, interdit par Napoléon, de peur que les mercenaires suisses ne désertent son armée.

La tradition voulait que les armaillis, habitants des montagnes du coté de Fribourg, s’occupent des vaches des vignerons trop occupés par le travail de la vigne. (crédit Claude Cellier, Merging Technologies)

Concocté deux ans auparavant, validé par le directeur technique François Mottier, le cahier des charges de la sonorisation, véritable challenge technique se devait de rendre cet évènement inoubliable. Mais comment sonoriser un tel spectacle sans reproduire les erreurs du passé?

La tour de 1999.

En 1999, elle était seule, face au lac, dressée au milieu de la Place du Marché, à la pointe d’un triangle, matérialisé par deux gradins et la ligne d’horizon. Cette tour, était tout simplement le support d’un curieux assemblage à 360 degrés, de MSL-5 et MSL-6, enceintes de diffusion longue portée de l’américain Meyer Sound. Assemblage, qui pourrait nous paraitre, presque improbable en 2019. Le système de diffusion était un point mono, mais il avait le mérite d’exister me raconte Alain Schneebeli, régisseur général de 2019 et surtout en charge de la sonorisation en 1999 à travers sa société de prestation de service Hyperson. « car en 1977, le mot d’ordre donné à un électricien du coin était de renforcer l’acoustique naturelle, afin d’obtenir 70 dB SPL au niveau de l’audience ».

Et par la magie des leds le drapeau suisse apparut sous la garde qui acceptera pour la première fois cette année également des femmes. (crédit Claude Cellier, Merging Technologies)

En 2019 l’importance sera donnée à la localisation de l’image sonore, ce qui induit une collaboration avec l’équipe artistique dès l’écriture musicale du projet. N’oublions pas que nous sommes dans une arène fermée de 17 000 m2. Ce ne sera pas qu’un seul espace scénique mais cinq ! Le parterre, ou FOP pour Field Of Play a pour caractéristique d’être constitué d’un plancher écran-led de 783m2, complété aux 4 points cardinaux par quatre scènes secondaires surélevées de 400 m2 chacune et reliées entre elles par une coursive circulaire.

Les hommes de l’ombre. Francois Mottier à la direction technique et Eric Alvergnat. (crédit Emmanuelle Husson)

Le concept choisi repose sur le fait de pouvoir localiser la source par son image sonore, tout en ayant un faible impact visuel. Pour cela, un certain nombre de haut parleurs ont été définis et un appel d’offre a été lancé en 2017.
Plusieurs sociétés y ont répondu, et le choix de la production s’est porté sur le dossier de la société Dushow, prestataire qui a l’habitude de collaborer sur les grands évènements suisses. D’ailleurs Dispatch était déjà présent en 1999.

Meyer Sound, n’est pas une marque inconnue de la Riviera, puisqu’elle est partenaire du Montreux Jazz Festival depuis 1986. En plus d’être l’importateur et distributeur français de la marque californienne, le groupe a pu proposer également d’être le réfèrent technique, tous corps de métier confondus, en apportant une solution technique globale son, lumière et vidéo.

Merci à Hugo Girard, chargé de projet pour le groupe Dushow, pour cette photo de montage. Pour le câblage une petite commande de 350 câbles XLR en 5 points pour la diff dont 25 de 100 mètres, 350 mètres de câbles 12 paires en AES3 et 1000 câbles XLR 3 points de 2, 5 et 10 mètres. Le tout mis en fabrication 2 mois avant le montage ! Délais, quand tu nous tiens… (crédit Hugo Girard)

Et pure coïncidence, José Gaudin, support technique Meyer et de surcroit suisse, travaille également pour le groupe en tant qu’intervenant sur les formations système et c’est donc tout naturellement qu’il a été mandaté pour mettre en place, optimiser et caler ces 556 enceintes. Rentrons dans le détail de cette diffusion exceptionnelle grâce aux explications fournies par notre architecte sonore.
Toute la diffusion a été pensée en étant au plus proche des spectateurs, en transmettant le plus fidèlement possible l’image sonore et surtout en les aidant dans leur perception et localisation de la source. Pour ce faire, plusieurs systèmes de diffusion ont été mis en place pour couvrir les différents espaces scéniques.

Plus qu’un long discours, quelques tours de 30 mètres, beaucoup de boîtes Meyer et le lac Léman en décor.

La diffusion du FOP

Discrètes et élégantes, les enceintes colonne auto-amplifiées CAL 32, se dressent tout autour du bord du FOP et de la coursive circulaire du niveau 1, afin d’apporter aux spectateurs un confort d’écoute.

En front une UPJ et dessus une CAL 32 avec une protection IP, garantie par Meyer Sound pour un positionnement vertical. ( crédit Emmanuelle Husson)

Ces enceintes ou plutôt ces petits bijoux technologiques, sont composés de 32 haut-parleurs alignés et gérés individuellement par 32 canaux d’amplification.
Un algorithme propriétaire permet le contrôle de la directivité verticale qui peut varier de 5 à 30 degrés, avec un axe de propagation également variable. La programmation s’effectue avec le logiciel Compass.
Cependant, pour une utilisation en extérieur, n’oubliez pas leur vêtement de protection contre la pluie (non prévu par la marque, un sac poubelle fera très bien l’affaire), surtout si vous les positionnez inclinés à 30 degrés.

Une vue de l’implémentation générale des HP telle que fournie par Audioconsulting AG à Dushow.

Les 2 UPQ suspendus à l’arrière des mats des scènes Est et Ouest, ainsi que les stacks de 8 Lina, des scènes Nord et Sud sont délayés afin de préciser l’image du FOP, pour ceux qui sont installés dans la partie haute des tribunes, au-dessus des scènes.
Une couronne arrière sert également aux effets sonores. En tout 48 CAL 32, 16 UPJ, 32 Lina et 8 UPQ-1, respectivement pour les fronts et les delay, auront été déployés.

Diffusion des scènes

Détail d’une tour à l’arrière plan. Au premier plan, une paire de CAL 32 avec celle de gauche dirigée vers le parterre pour l’effet surround, et celle de droite qui sert de delay pour la diffusion des tribunes. (crédit Emmanuelle Husson)

30 mètres de haut, c’est la hauteur des 8 mats chargés de la diffusion des quatre scènes. Et chargés ils le sont puisqu’ils totalisent à eux seuls 128 Leo-M, 72 Lyon-M, 24 Lyon-W, 96 Leopard, 24 Lina et 4 UPQ-1P.
Comment ça marche ? Hum, très simplement. Chaque scène possède son propre système de diffusion, ce qui induit une régie FOH dissimulée dans le gradin positionné en face de celle-ci.
La principale difficulté réside dans la gestion de la distance entre le système et le gradin, qui se situe face à lui. Comme me le rappelle José, petite distance, petit système et grande distance, gros système. Un peu de géométrie s’impose!

Si l’on décompose analytiquement un mat, et que l’on se place au regard de la scène Nord ou Sud, la distance la plus grande sera de 130 mètres alors que si l’on se place dans la largeur de l’arène, c’est-à-dire scènes Est et Ouest, la distance maximale ne sera que de 90 mètres. Cela explique pourquoi l’équipement des tours Nord et Sud soit différent de celles se situant à l’Est et à l’Ouest.

Le rayonnement d’un mat est d’environ 210 degrés de couverture. Nous retrouvons respectivement dans l’axe de diffusion principal, une ligne de 16 Leo-M, avec comme downfill un array de 8 Lina pour les tours Nord et Sud et 2 UPQ-1P pour l’Est et Ouest, une ligne de 12 Leopard pour le côté proche du mat et pour le plus éloigné un array de 12 Lyon dont 9 M et 3 W. Le M correspond à main ou longue distance, là où le W tient lieu de wide pour une ouverture plus large et généralement à courte distance.

12 millions de Pixels sous les pieds ! Accessoirement sur la gauche la scène scène EST, et tout au fond, la SUD (crédit Claude Cellier, Merging Technologies)

Et les subs ?

Hugo Girard, un chef de projet présent également sur le terrain ! ( crédit Emmanuelle Husson)

Les 52 subs 1100-LFC suspendus sous les gradins, sont divisés en deux anneaux, positionnés sur deux niveaux différents ; ont fait vibrer les spectateurs sur les rythmes percussifs du travail de la vigne.
Petit clin d’œil à Jérôme Berney, l’un des compositeurs qui a tenu compte des emplacements des percussions dès l’écriture de ses pièces. Il a situé les ondes graves et percussives au centre du FOP et les voix sur les différentes scènes.

A l’ère du cardio, Meyer Sound a délibérément conçu ses subs avec une directivité omnidirectionnelle. Ia R&D a préféré s’attarder sur la conception des points d’accroche, d’optimiser l’ébénisterie, afin de rendre possible n’importe quel arrangements, du moment que vous avez les canaux de processing bien évidemment !

En avril, montage à blanc chez Dushow pour tester tout le matériel notamment les racks de Galaxy. ( crédit Ludo Maurin)

Et la mise en phase dans tout cela ? Reprenons l’explication de José. Imprimons sur une feuille A4, le positionnement de chaque système de diffusion et de chacun des subs. Plions la feuille en 4. Mesurons les distances pour chaque sub correspondant à cette zone puis translatons ces données au reste de l’arène.

Une installation comme celle-ci demande énormément de canaux de processing et surtout l’utilisation d’une matrice de gain, mais aussi une matrice de délai, dont la référence chez Meyer porte le nom de Galaxy.
Au nombre de 4, elles permettent d’envoyer le signal des 5 scènes dans chacun des 52 subs, avec un volume et un temps de délai correspondant à l’atténuation en fonction de la distance et au temps de trajet.

Conclusion diffusion

Un des avantages de Meyer réside dans le fait que les enceintes sont auto-amplifiées, ce qui permet de déporter en amont le traitement DSP et de ne pas se retrouver avec une montagne d’amplis à devoir dissimuler en bas des tours. Nous retrouvons, dissimulés dans chaque régie, 5 processeurs Galaxy qui permettent la distribution du bon signal à la bonne enceinte.

Le couple mythique et inséparable John et Helen Meyer. José Gaudin à gauche et Boris Gerber attentifs aux explications du maitre !( crédit Emmanuelle Husson)

En tout 20 systèmes de 16 sorties ont été nécessaires dont 4 pour les subs. Le câblage pour des raisons de praticité, a été réalisé en analogique pour les sorties et en AES 3 pour les entrées. AVB a été intégré sur les Galaxy et sur la partie amplification des CAL.

L’optimisation des systèmes qui comprend, la détermination des angles des bumpers, des boites, l’azimut et le shoot pour atteindre l’ivresse finale, a été réalisé grâce au logiciel de prédiction Mapp XT, développé par la marque et qui a la particularité de délocaliser les calculs au sein d’un méga-calculateur dont la légende dit qu’il serait caché dans l’université de Berkeley…

Quelques références du catalogue de Berkeley avec, tout en haut des gradins, par paires et toutes blanches, les UPA-1P du surround.

Une anecdote, comment trouver les 32 derniers Leo-M sur une telle période et à cette époque de l’année ? Faire appel à un ami voyons, en l’occurrence, José qui était en train de caler le système d’Ed Sheeran et avait la possibilité de pouvoir faire livrer ce kit. Seul hic, la Corée du Sud, c’est un peu loin…
Alors, en tant que support technique de chez Meyer, il a donné à Dushow une liste des disponibilités, parmi lesquelles figuraient les coordonnées d’un client…En Inde.

Nous avons oublié le pourquoi du comment de cette installation, la localisation sonore. Merci aux deux matrices TIMAX2-Soundhub, qui ont mouvementé le son d’une scène à l’autre, aidées pour l’effet surround par le système Nuage de chez Yamaha et par les 40 UPA-1P qui ceinturaient le haut de l’arène pour rendre le cri des étourneaux plus vrai que nature !

Et les sources parlons-en !

Joël Cormier et Maria Bonzanigo compositrice principale des musiques en pleine séance de travail.

En 1999, la Fête des Vignerons inaugurait le dernier né des studios mobiles, le fleuron de la technologie numérique, j’ai nommé le Voyageur 1.
La console de mixage AXIOM-MT assurait la prise de son de l’orchestre philharmonique, son prémixage ainsi que sa distribution aux consoles analogiques dédiées à la sonorisation. En 2019, l’orchestre a été enregistré quelques mois auparavant, par Joël Cormier du studio Idee und Klang à Bâle.

Sur site, scène Est, au deuxième étage de l’empilement de containers, un studio de mixage et de pré-production a été installé spécialement pour l’occasion, avec aux commandes du système Nuage de chez Yamaha, David Weber assisté de Ben. Leur job ? Réduire la partition à sa plus simple expression : un mix stéréo, au format broadcast wave 48Khz 24bit, mais à la norme loudness R128.

Les indétrônables Horus et Hapi, les dieux des circuits analogiques de la marque Merging Technologies ( crédit Maurice Engler)

Ils doivent également, l’adapter aux aléas de la création, enlever une mesure par ci, en rajouter une par là. Une fois ce travail effectué, les fichiers presque définitifs, des changements ont eu lieu jusqu’à la dernière minute, sont envoyés au système Ovation de chez Merging Technologies, qui prend alors le relai pour les distribuer dans les méandres du réseau DANTE.

Le chœur de fête repris par les KSM9 Shure… (crédit Claude Cellier, Merging Technologies)

La priorité est donnée à la prise de son des différents chœurs et à son intelligibilité, ainsi qu’à celle du big band jazz, accompagné des harmonies, des musiciens percussionnistes…. Le tout en HF ! Cela représente tout de même 324 liaisons. Pour mémoire en 1977, il n’y en avait qu’une seule et 86, en 1999.

D’ailleurs sur les images de cette année-là, on a des yeux que pour elles ! Portées par les figurants, les perches HF équipées de la série MKH couplée aux émetteurs SK50 de Sennheiser, surmontées de leurs bonnettes Rycote (oui ce ne sont pas des gremlins) suivent les chœurs au plus près.
Cette année, cela incombe à 80 micros KSM9, capsule statique dédiée au chant de la marque américaine Shure, qui sont répartis sur 40 perches.

8 splitters actifs AXT 630 et 160 récepteurs 4 canaux AD4Q Shure. Préparation des racks chez Dushow, il en manque quelques uns ! (crédit Ludo Maurin)

La prise de son de proximité est assurée par la marque danoise DPA, 22 4060 noirs, 82 4060 de couleur chair, 75 micro-casques 4066 pour les voix et 64 4099 avec les pinces adéquates pour les cuivres, les cordes, les vents et les percussions, qui composent les différentes harmonies ou le big band.

Pierre André Delapraz dont on vous racontera plus loin la belle histoire, entouré du messager boiteux qui cette année sera une messagère à la prothèse orthopédique magique puisqu’elle représentera la suisse aux jeux paralympiques, et des deux solistes armaillis qui interprètent le lyoba. Pour ce travail, Thierry Dussey l’a grandement épaulé.

Te souviens-tu, 20 ans plus tôt, tu n’avais que 10 ans ! Pierre André en 1999, un SK50 à la main et une boule de poils pour bouter le vent hors du capteur ! (credit Pierre André Delapraz)


La responsabilité du spectre électromagnétique de l’arène incombe à Chris Hauri, accompagné d’Arnaud Dalla-Rosa habitués aux challenges de la télévision suisse RTS, et de leurs valeureux compagnons en charge de l’équipement. La règlementation (la bande UHF autorisée s’étend de 470 à 698 Mhz) est assez semblable à celle de la France, hormis le fait que le canal 34 de la TNT helvétique a cessé d’émettre le 19 juin, mais pas de chance, de l’autre côté du lac, un village peuplé d’irréductibles gaulois…
La TNT française ne s’arrête pas à la frontière. Comment réussir à caser tout ce monde ? Je ne vous ai parlé pour le moment que des micros, à cela viennent s’ajouter 40 porteuses pour les retours in ears ! La seule solution, comme me le précise Chris, est d’utiliser la technologie à transmission numérique car elle génère beaucoup moins de produits d’intermodulation.

Zone d’équipement située au Théâtre du reflet. Pour le monitoring avec Wavetool, une fibre a été tirée entre les 2 sites. De gauche à droite : Thibault Mecheroub, Baptiste Quillet, Arnaud Dalla-Rosa et Chris Hauri. Une pensée à Raph, Mathias, Christian et Willy chargés d’équiper les figurants sur les autres sites.(crédit Emmanuelle Husson).

Le choix s’est donc porté sur le système Axient Digital de chez Shure, d’une part, parce que le support technique Suisse garantissait la faisabilité du système, d’autre part la facilité de la mise en œuvre a fait toute la différence.

Le monitoring permanent des 2 AXT 600, associé au Wireless Workbench 6, le logiciel de gestion, d’optimisation et de calcul du plan de fréquence, nous permet d’aborder sereinement l’immensité du kit, et surtout d’être plus réactif en cas de problème.

Nous avons laissé 350 kHz de spacing entre chaque porteuse pour les micros, en revanche nous avons calculé 5 plans de fréquence différents pour les 40 porteuses en émission analogique, réceptionnées par 110 beltpacks MPR50 Wysicom et 20 beltpacks de la série PSM 1000 Shure. Pour éviter toute pollution du spectre, nous avons utilisé des filtres de 10 MHz de largeur.
La zone de couverture en émission est assez simple puisqu’elle est dimensionnée par les différentes scènes sur lesquelles nous avons disposé, une antenne tripode omnidirectionnelle full range. Quant à la zone de réception elle correspond à toute l’arène plus les sites distants d’équipement. Nous avons positionné 9 antennes directives de chez Wysicom et nous utilisons la technologie RF over Fiber via leur système MFL, pour transiter le signal sans perte.
A cet encombrement spectral viennent s’ajouter, 6 émetteurs FM, de 5 watt chacun pour transporter aux oreilles de chaque figurant, les clicks, décomptes et playbacks orchestre. Un petit geste pour la planète, 352 accus répartis sur 44 chargeurs ont pu éviter une consommation de piles trop importante…. Merci aux producteurs de spectacles d’y penser.

Pierre André, notre technicien retraité entouré de Flore et de la petite Julie. (crédit Pierre André Delapraz)

Nous ne pouvons terminer cette partie RF, sans les coups de cœur de Chris. Le premier est technique, le deuxième est humain.
Commençons par le système de monitoring Wavetool distribué en France par Haliotis qui a permis de pouvoir écouter tous les petits secrets de toutes ces liaisons, sachant que les zones d’équipement se trouvaient distantes les unes des autres d’au moins 700 mètres.

Et finissons par l’histoire de Pierre André Delapraz, un technicien retraité. Pour équiper, tout ce petit monde, la production a fait appel à de nombreux bénévoles. Pierre, fort de son expérience de 1999 où il équipait le personnage principal de l’enfant Flore, a demandé à nouveau de faire partie de l’équipe son.
Son vœu a été exaucé et en 2019, il a équipé la petite Julie. Les photos parlent d’elles-mêmes. 20 ans après, Flore désormais âgée de 27 ans accompagnée de Julie, prennent la pause auprès de papa Pierre. Merci à Chris de nous avoir raconté cette belle histoire et à Pierre d’avoir exhumé de ses archives personnelles, toutes ses belles photos de 99.

Mixage, enfin te voilà

5h du mat j’ai des frissons, dans le cendrier mes cigarettes sont toutes fumées… A notre illustre inconnu du siècle passé qui se reconnaitra peut être (credit Pierre Andre Delapraz)

Une PM3500 Yamaha, me serais-je trompée d’époque ? Au vu du cendrier disposé sur le bandeau, il me semble que oui !
On prend les meilleurs et on recommence 20 ans après. Cette fois-ci, exit les consoles analogiques, faites place aux Rolls-Royce digitales de la même marque, la famille Rivage, avec maman PM10 et petite sœur PM7.

Trois PM10 assurent le pré mixage du chœur de la fête, des enfants protecteurs, des chœurs percussionnistes et de l’harmonie, sous les oreilles attentives de Julien Fehlmann et de son acolyte Samuel Chapuis.

A elles seules, ces 3 PM10 battent le record du nombre d’entrées. 288 x 3 = 844 !

Ces quatre stems stéréo sont distribués, via le réseau DANTE aux 5 consoles PM7 dissimulées dans les régies Est, Ouest, Nord, Sud et celle du FOP.

2 Rio 3224-D2, 2 Ro8-D, une toolbox AVB7 de chez Auvitran et deux onduleurs. Ce rack a été cloné 5 fois, un pour chaque régie. (Credit Ludo Maurin)

Avec leur deux Rio3224-D2 respectifs, elles sont responsables de manière autonome de la diffusion de leur propre scène ainsi que de la gestion des retours in ears des musiciens présents.

Boris Gerber assisté de Daniel Laurent en charge de la diffusion du FOP, par extension des 2 anneaux de CAL et du haut de ses 195 programmations de mémoires de scène, me confie que la technologie Dugan embarquée au sein de la console, lui a été d’une grande aide pour l’ouverture à l’aveugle des micros des différents personnages principaux, aux interventions plus que périlleuses !
Sans oublier les heures de Virtual Soundcheck dues aux conditions climatiques, et qui ont été rendues possibles grâce à la mise en place du système Nuendo, qui chaque soir enregistrait la totalité des sources et surtout au transport du signal via le réseau Dante.

Et pour la peine, on va jouer. Combien de bandeaux de ronce de noyer voyez-vous ? Réponse en  guise de formule mathématique (3xPM10)+(5xPM7)= ?

Le déploiement d’une telle infrastructure : 9 consoles PM, 2 systèmes Nuage,14 Rio3224-D2 auxquels s’ajoutent, pour distribuer un peu de signal à gauche et à droite 8 Ro8-D, est un véritable challenge pour la marque aux trois diapasons, qui n’a pas hésité à envoyer son équipe de R&D sur place pour recueillir les précieuses informations de leurs utilisateurs afin de coder la prochaine version.

De gauche à droite : Jean-Pierre Decollogny commercial audio pro et installation Yamaha pour la Suisse. Boris Gerber, ingénieur du son. Vous ne les croiserez jamais, mais si vos consoles sont aussi intuitives et flexibles et si vos plugs sont si proches de la réalité ( pour rappel Harmonizer de chez Eventide, m6000 de chez tc electronic, pré amp Neve…) c’est grâce à eux, les programmeurs, ils font le code des futurs développements : Minkyeong Kwon, Takeshi Nonaka, Keigo Hatano manager business planning, Yamaha pro audio division (crédit Emmanuelle Husson)

D’ailleurs et pour devenir la plus opérationnelle possible, toute l’équipe son a pu suivre au sein de la société Hyperson, une formation personnalisée dispensée par Andy Cooper et Delphine Hannotin herself.

Avec ce show et cette série de consoles, Yamaha prouve qu’il est redevenu un acteur incontournable de l’audio pro. Je vous invite tous à vous inscrire aux formations audioversity dispensées gratuitement par Yamaha France. Elles vous permettront d’aborder le réseau Dante au sein de leur système avec moins d’appréhension.

De gauche à droite. Samuel Chapuis, David Weber, Andy Cooper, Delphine Hannotin, Greg Baumann, Benoit Vicq, Boris Gerber, Karim Pandolfo, Marco Nuesch, Daniel Laurent, Chris Hauri, Malvina Rota, Gwenael Bonfanti, Jean-Pierre Decollogny, Benjamin Boulian. Au fond, Julien Fehlmann, Kevin Koch, Bruant Perrinjaquet, Colin Roquier. Photo prise au sein des locaux d’Hyperson. (Credit Yamaha)

Ainsi se termine la partie audible, de cet incroyable évènement qui a monopolisé le savoir-faire et l’expertise de nombreux professionnels de l’audio. Un remerciement, à nos experts de chez Dushow qui ont pris le temps de répondre à mes questions et qui ont surtout accompagné Audioconsulting dans cet ambitieux projet : François Soutenet, Benoit Soutenet, Anthony Robert, Federico Barco-Cruz, Hugo Girard et Ludovic Morin.

La deuxième partie sera, quant à elle, dédiée aux hommes invisibles. Si je vous dis intercom, réseau et inter-opérabilité… Vous fuyez ou vous revenez ? Vous avez raison. A dans quelques jours, il y a du lourd !

Et d’autres informations sur :

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Jazz sous les pommiers de 12 pouces avec Jean-Marie Roussel et Nexo

Par admin

La salle Marcel-Hélie vue depuis le haut du gradin, la régie étant au pied de ce dernier. On aperçoit le tulle de deux couleurs, le traitement du plafond et des panneaux absorbants sur le bas des deux gradins latéraux.

Véritable institution capable d’attirer les plus grands noms à Coutances, Jazz sous les Pommiers a bénéficié cette année d’un des premiers gros systèmes de la nouvelle gamme Nexo M, le M12. Nous avons été le découvrir aux mains de Jean-Marie Roussel.

Jean-Marie Roussel l’une des rares fois où il a pu poser pour SLU…par surprise

Quand le printemps brule d’envie de s’habiller en été et de swinguer un peu, Coutances dans la Manche se métamorphose et vît le jazz dans chaque recoin de la ville. Une vraie passion commune.
Nous avons décidé d’aller à la rencontre de Jean-Marie Roussel, personnage incontournable et pilier technique du festival, afin de le découvrir ainsi que la ville/festival et accessoirement écouter du bon son. Pari gagné sur toute la ligne.

Puisqu’on parle de ce dernier, son spectre est plus que large. Jean-Marie est actionnaire de la société Atech / Atl qui est le prestataire normand du festival, est associé d’Auvisys qui rayonne en France et export et distribue toute la panoplie son, lumière, vidéo et automatismes pour l’événementiel, l’institutionnel mais aussi le broadcast et enfin il importe des solutions d’isolation et traitement acoustique, plus le nécessaire de mesure et d’analyse qui va avec. Autant dire que le bonhomme rassure son monde !

Huit M12, exploitées ici en passif derrière des NXAMP4X4

SLU : La salle Marcel-Hélie paraît très polyvalente et dispose de nombre de stratagèmes acoustiques pour améliorer son rendu.

Jean-Marie Roussel : Très, très polyvalente. Elle accueille en plus du festival de jazz, le marché couvert de Coutances, des événements sportifs ou encore des expositions.
J’ai effectué des mesures et préconisé des membranes qui ont été fabriquées par la mairie et sont installées le temps du festival sur toute sa périphérie, mais aussi des panneaux latéraux en mousse de Mélamine, des pendrillons, et un long tulle en guise de toit qui décore et aide aussi à moins exciter dans l’aigu les murs en béton.
Le traitement acoustiques des salles pour le live devient un marché très important (et ça se comprend, à quoi bon entasser du bois pour un résultat en bois…NDLR) J’ai par exemple fait le traitement du chapiteau de Marciac, celui du festival de musique classique de l’Epau au Mans. C’est inutile d’avoir des super bagnoles sur une route défoncée (rires).


Un des quatre ensembles cardioïdes de M-SUB18 cachés sous la scène.

SLU : Nexo et les Pommiers ?

Jean-Marie Roussel : C’est une vieille histoire. Je connais les équipes de Nexo et j’ai même travaillé comme sous-traitant pour eux. C’est du très bon matériel et abordable. J’en ai installé en Afrique et ça tient dans le temps.
La nouvelle gamme M est vraiment bien et le M12 convient parfaitement à cette salle. (il ouvre et la voix de Cécile McLorin Salvant en train de s’échauffer résonne, pure et cristalline) Nous avons 8 M12 par côté, 8 M-SUB18 en montage cardioïde et en petit arc sous la scène.

Une des iD24, les boîtes à tout faire de Nexo, parfaites pour déboucher discrètement des premiers rangs.

Je le serre volontairement car il faut veiller à exciter le moins possible la salle par les côtés, sinon elle entre en résonance dans le bas.
Il y a aussi quatre iD24 en lip et une paire de PS sur pied pour déboucher les premiers rangs des côtés.

Ca balance pas mal à Coutances aussi

On laisse balancer Jean-Marie car il tient la console d’accueil, une vénérable Vi6 Soundcraft toujours d’attaque, et de toute évidence il s’en sert très bien. Une balade dans la salle vide et gradinée en tubes dans sa partie arrière, prouve le bien fondé du travail de traitement dans le haut.

Jean-Marie derrière sa Vi6 complétée par pléthore de beaux périphériques analogiques et numériques.

Le temps de réverbération est acceptable et on dispose d’un rendu convaincant partout y compris à l’arrière, à une petite quarantaine de mètres du système. Uniquement les trois derniers rangs entre tulle et calage de la première M12, sont un peu ternes et manquent de SPL et vers la moitié du gradin, quelques rangs de sièges ont droit à quelques dB en plus de bas médium. Sans doute qu’en actif, il aurait été plus facile d’encore mieux lisser le tout.

Quoi qu’il en soit, à hauteur de console et dos aux premiers gradins, on apprécie la très belle phase du M12 et la qualité du guidage des guides d’onde Nexo avec une recomposition mono au cordeau. Les M ont beau se situer dans un segment abordable, aucune économie n’a été faite sur les transducteurs comme nous l’a confirmé Joseph Carcopino, le responsable de la R&D de Plailly. Et ça s’entend.

Cécile McLorin Salvant répète. Un régal pour les oreilles.

Le mix extrêmement naturel et respectueux de Jean-Marie dévoile le naturel de ces boîtes. L’aigu est un amour de douceur et de finesse et le médium est précis et présent mais sans une once d’agressivité. Le grave est plus discret, mais avec un piano voix qui répète tout en retenue, c’est assez inévitable.

Pourquoi se casser le dos alors qu’on peut les rouler ;0)

On aura l’occasion d’en avoir beaucoup plus quelques heures après avec le très joli set de la saxophoniste Sophie Alour, accompagnée pour l’occasion par des invités de grande classe dont Mohamed Abozekry au oud et en derniers Electro Deluxe qui clôtureront la journée avec leur légendaire patate dans cette même salle.

Chapeau aux équipes techniques qui arrivent avec une zénitude absolue et infiniment de courtoisie à faire balancer et passer dans de très bonnes conditions 4 artistes majeurs différents auxquels s’ajoutent les médias locaux et nationaux et leurs inévitables demandes. Certes on est loin des débuts du festival et un diner en compagnie de Jean-Marie au milieu des techniciens et artistes bruissants d’anecdotes sur les éditions passées en témoigne, il n’empêche qu’à Coutances, on sait mêler plaisir et rigueur.

Noir salle (enfin, presque)

Cécile McLorin Salvant, un show tout en dentelle et en complicité avec le public

Le public accède à la salle pour les concerts du soir, un public exigeant et connaisseur qui évoluera en fonction des artistes et des goûts, Coutances bruisse de mille performances huit jours durant et ce n’est pas le choix qui manque.

Sophie Alour partage la scène avec Mohamed Abozekry pour un moment aussi classieux qu’inclassable, la définition même du jazz avec un grand J.

Jean-Marie garde le cap et nous offre un super 83 dBA et 3-4 dB de plus en C qui est tout sauf frustrant avec un grave très précis. Les derniers titres à 87 montrent les capacités des M à bas niveau.

Quelques heures plus tard, la stratégie du sondier d’E2Lux sera au contraire de taquiner les 102 dBA et masquer les résonances du grave par la pression que génèrent les M12 et les M-SUB18.
Ca passe crème avec un bas médium bien rempli et gras, un haut toujours agréable et un vrai grave de concert même si un peu retenu, la preuve qu’un 12” ça peut taper aussi bien qu’une paire de 10” et descendre un poil plus.

Electro Deluxe sans Thomas Faure et ses autres cuivres « habituels » mais avec une pêche à faire tomber les pommes des Pommiers.

La neutralité de cette boîte ne se fait pas sur sa polyvalence. Confrontée à la douceur elle sait se faire câline et porter loin, face à un mix très dense et bien compressé, elle répond présent et ne paraît pas au bout de son potentiel malgré le nombre raisonnable déployé dans une salle pas si petite que ça et un fonctionnement en passif. Il est vrai que c’est derrière des 4X4, le genre d’ampli qu’il est difficile de prendre à défaut quand il faut délivrer.

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Collectif 13. Quand on n’a pas de pépettes, on a des idées.

Par admin

Notre métier nous porte à souvent disséquer des shows avec des infrastructures à couper le souffle. Place à une tournée à taille humaine où la débrouillardise et le talent suffisent à proposer le concert chaleureux et efficace du Collectif 13, un des cartons de l’été !

Les 4 mousquetaires de la technique et de la prod du Collectif 13. De gauche à droite Pierrot Duteil le sondier, Tof Duteil le lighteux, collectivement « Les frères sextoys » ou la Duteillerie, Olivier « Hortos » Heutebize le backliner et Fred Donizzotti régisseur de la tournée. C’est désormais Hervé Briland qui tient la régie.

Alors non, pas de matériel dernier cri, pas plus que de semies en épi devant la salle. De toute manière elles ne pourraient même pas approcher le Café de la Danse, la charmante petite salle cachée derrière Bastille à Paris.
Le maître mot de cette tournée essentiellement basée sur les festivals d’été, est l’humain d’abord, les idées ensuite et le talent pour finir. Un cocktail certes anachronique en ces temps de démesure, mais sacrément efficace quand on est aussi nombreux sur scène comme vous allez le découvrir.

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Le Café de la Danse avec ses gradins tous sortis. On devine tout au fond un des deux bars ainsi que la passerelle coulissante à la force des bras et suspendue à deux rails, infiniment plus pratique qu’une improbable échelle ou élévateur.

Bibou (Seb Pujol de Tryo) qui a participé au montage de la tournée 2019, nous raconte cette belle aventure humaine en resituant tout de suite les priorités.

Bibou : 6 chanteurs, 5 musiciens et 4 membres du staff entre techniciens, régisseur et backlineur, ça fait du monde sur la route, autant dire que l’économie de la tournée est tendue (rires) Après l’incontournable Tourbus (complet), j’ai interrogé les prestataires pour disposer d’une régie complète mais on a du renoncer, cela dépassait nos moyens.

Le bonheur en quelques faders avec la SQ6 Allen & Heath.

On a donc pensé à une console son d’occase, mais ce qui était sur le marché était un peu vieillot et Pierrot qui mixe la face, a préféré que l’on s’intéresse à du neuf.  On a trouvé chez Allen & Heath notre bonheur, une SQ6 pour le prix d’une loc! On aurait aimé y trouver aussi des compresseurs multibande qui nous auraient bien aidé pour tenir le son d’un collectif où ça part un peu dans tous les sens mais malheureusement, même dans le bundle d’effets supplémentaires, il n’y en a pas. En même temps vu son prix…

Pierrot sourit au plateau qui vient de le citer et remercier pour son bon boulot. Le public est aux anges lui aussi.

Et Pierrot à la face fait un super boulot. C’est la première fois qu’il tient la face après avoir assuré aux retours et il s’en sort très bien.
Je lui ai donné quelques tuyaux notamment sur le fait de toujours donner la priorité au chanteur qui est lead sur tel ou tel titre ou passage.
Une sorte de mix à l’image. Le spectateur en salle doit tout de suite entendre et comprendre qui chante sur scène !

Ôtez moi ce fil que je ne saurais voir

SLU : Et pour les liaisons ?

Bibou : Avec 6 chanteurs on a aussi dû ruser car j’espérais recycler les vieux HF de Tryo mais on a été battu par leurs fréquences d’un autre temps et même un champion comme Ludo (Sardnal d’Algam hein ? Pas le Monchat!) a jeté l’éponge. On a donc investi dans des QLX Shure que je récupèrerai en un second temps pour le backline de Tryo.

Six émetteurs QLX avec autant de têtes Shure. On n’est jamais aussi bien servi que par soi même !

On rachètera des émetteurs pocket et on en équipera les percus de Daniel ou certaines grattes. En somme Tryo fait une location des HF à Collectif 13 et revendra la console en fin de tournée.
Il n’y a pas de petites économies quand il faut sortir à chaque date 15 cachets !

J’ai aussi prêté le kit micros et DI de Tryo avec notamment les statiques d’Hervé Le Guil qui servent en over head sur les percus de Danielito. Hervé et sa Fabrique, un magnifique studio à Saint Rémy de Provence où on a enregistré avec le groupe.

Le rack HF avec les 6 récepteurs derrière un distributeur UA844 qui, ne pouvant alimenter que 5 récepteurs, laisse le 6è sur ses propres antennes, de là les quatre aériens.

SLU : Tu soulages le tourneur j’imagine avec tout ça !

Bibou : Oui, mais il fait un super boulot. On arrive à tenir dans l’équation du 1/3 cachets, 1/3 transports et hébergements et le dernier tiers pour la production, les frais de résidence et tous les frais additionnels. C’est juste mais ça tient. On équilibre. On ne fait pas de gras pour les années creuses mais tout le monde s’y retrouve. (et artistiquement c’est carrément bien NDR)

SLU : Qui tient les retours ?

Bibou : On utilise le matériel de la salle et on demande quelqu’un qui connaisse bien les lieux. Ici c’est tellement petit et sans aucune isolation entre plateau et salle qu’il faut bien tenir les niveau sur scène pour ne pas tout pourrir à la face. De ce que j’entends (les balances font rage!) c’est parfait. Fred à la gratte et Erwann à la basse sont excellents et savent se tenir question niveaux ! (rires)

Le caisson du Collectif comme si vous étiez dedans. Remarquez les 6 rubans de leds plaqués à gauche, 12 en fait puisqu’on ne voit ici qu’une moitié de caisson, et au fond les alims et la commande DMX, le tout en provenance de Lumipop.

SLU : Et donc vous vous baladez avec votre caisson lumineux…

Bibou : Absolument. On est sur la route avec 4 épiscopes et le caisson, tout le reste on le prend sur place. On était parti sur un backdrop ou un tulle mais les prix étaient tels qu’on a préféré construire notre caisson qui va nous suivre durant les 45 dates et ne prend pas trop de place car il se coupe en deux. Comme c’est du fait maison il n’est pas très bien centré… (il l’est depuis la date de ce reportage!)

Fait maison pour un prix… Efficacité maximum !

C’est Tof (Christophe Duteil éclairagiste de la tournée) qui a trouvé chez Lumipop les rubans de leds et la commande DMX. On a en tout 6 zones. J’aurais voulu spooner les leds et puis…ça finira la tournée comme ca, ça rend assez bien ! (On confirme)

Par ici le son !

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas le Café de la Danse, un système y est installé et fonctionne très bien en termes de couverture et SPL pour les 499 spectateurs de la jauge max.

5 Metrix, des petites boîtes délivrant avec leur moteur B&C, un très joli haut du spectre. L’unique 8” Kevlar qui les équipe, une fois complété par le Metrix Sub, fait parfaitement l’affaire.

Basé sur le Metrix d’Adamson, 5 par côté (2 en version 5° et les trois du bas en 15°) en accroche plus deux Metrix Sub par côté en montage cardioïde, il est complété par deux paires de Point 12 en in et outfill des deux côté de la scène.

Puisqu’on parle de lui, voici en double exemplaire le Metrix Sub, embarquant une paire de 15” chacun. Au dessus, deux Point 12.

L’ensemble est processé et amplifié par quatre lab.gruppen PLM10000Q, une configuration récente, polyvalente et confortable. Les retours sont sans surprise pour salle accueillant une programmation très hétéroclite : des LE 1200 Martin Audio.

Souvenirs, certes, mais ça marche encore TRES bien cette configuration. Du béton armé de la génération pré PLM avec le Quattro et ses 4 x 200 W sous 16 Ohms et les 48a, mais vous pouvez les appeler fp6400, pile ce qu’il faut avec 1300 W sous 8 Ohms. Les LE 1200 en biamplification sont aux anges et la salle a dû faire une affaire avec Dispatch. Mais le temps est passé et aujourd’hui on peut faire aussi bien pour 4 wedges avec juste 2U florentins ;0)

L’amplification nous renvoie en revanche quelques années en arrière avec trois racks siglés Dipatch et comportant chacun une paire de racks de processing BSS FDS334 et trois amplis brandés à la fois lab.gruppen et L-Acoustics.  Les moteurs sont alimentés par des fp2400q à quatre canaux et des LA48a prennent en charge les 12” des wedges.
De quoi largement donner à manger à une douzaine d’entre eux et potentiellement compliquer la tâche à la face. Rien de tout ça ici, face et retours se sont entendus comme larrons en foire…sans trop s’entendre l’un l’autre !

SLU : Pierrot, comment fait-on à ne pas se marcher sur les pieds entre face et retours dans une salle aussi petite et où il n’y a aucune séparation entre la scène et la salle ?

Pierrot Duteil (ingé son face Collectif 13) PD : On essaie de demander à ses zikos de jouer moins fort, retours comme amplis, et on fait un gros câlin à Daniel (Danielito, percus Tryo et Collectif 13) qui adore écouter fort, d’y aller mollo, et pour finir tu relâches tous tes gates. Ceci dit, ce soir c’est une exception.
Avec La Nouvelle Vague à Saint Malo qui a une jauge de 900 où nous avons été en résidence, c’est la salle la plus petite. Pour le restant de la tournée, on va jouer dans plus grand ou en extérieur.

Un morceau de Tryo avec Guiz à gauche et Daniel à droite entourant Tof Duteil.

SLU : Tu as mixé les retours du C13…

Pierrot Duteil : Jusqu’à cette année. Ce n’est pas difficile de les rendre heureux sur scène. Il faut leur mettre du son dans les side avec les séquences et garder le pied bien devant afin qu’ils aient de solides repères pour le tempo.
Le SPDS est sur 4 tanches ce qui nous donne la possibilité de bien régler en fonction des titres et des salles.

SLU : Il n’y a pas grand chose dans les boucles…

Pierrot Duteil : On a quasiment tout viré. Il y a du monde sur scène qui joue bien. On préfère le live et le partage avec le public qui recherche quelque chose qui vit plutôt que des boucles trop produites. Cela fonctionne puisque dans ce collectif il y a un grand nombre de styles, de personnalités différentes et on retrouve ce métissage dans les titres comme dans la tessiture des 6 voix.

SLU : Important les HF ?

Pierrot Duteil : Primordial. Ils bougent beaucoup et bien sur scène et ce mélange de voix et de cultures doit pouvoir se faire sans aucune limite. C’est ce qui fait leur force.

Le plateau en plein concert avec un étage pour Daniel, Max et son accordéon et enfin DJ Ordoeuvre, les autres huit membres du Collectif se partageant le bas. Aucun télescopage à signaler !

SLU : Comment es-tu rentré dans cette aventure ?

Pierrot Duteil : Par le Pied de la Pompe. Depuis 2010 j’ai assisté et participé à toutes les évolutions du Collectif jusqu’en 2013 avec Gari qui venait du 13 et où l’idée d’être 13 sur la route est venue. J’ai commencé par être régisseur jusqu’au jour où le besoin de structurer l’ensemble a poussé Guiz à proposer mon nom pour prendre en main les retours et le plateau en vertu du fait que je connaissais bien le Collectif.
On a donc constitué le trio face, retours et régie qui existe toujours. Comme la personne qui tenait la face n’a pas pu se libérer cette année, je suis passé à la face et on prend les mixeurs retours locaux à chaque date. On est un peu bloqué par le nombre de places dans le tourbus (sourires).

C’est rare que l’ensemble des membres d’une tournée se prêtent au jeu de la photo. Bon, presque tous, mais les absents nous pardonneront. Collectif un jour, collectifs toujours !

SLU : Christophe le lighteux est ton frère. Vous êtes tombés dedans étant petits ?

Pierrot Duteil : On est dans la musique depuis toujours car nos parents nous ont éduqués dès le plus jeune âge à la musique, spectacles y compris. On a joué nous même et on s’est rapidement orienté vers la technique. On a été dans une école pour nous former mais on s’est rendu compte que rien ne vaut le terrain. Le premier jour en nous accueillant, le directeur nous a sorti : « Vous êtes des professionnels ! ». Non, on était là pour apprendre !

Du coup je n’ai retenu que ce qui m’intéressait et j’ai surtout énormément appris grâce à des stages auprès de vieux briscards passionnants comme Michel Colin, Tintin ou Régis de SAES à Fougères, des mecs qui ont de la bouteille et ont pris le soin de m’inculquer les règles de base.
« Pierrot, si avec des boîtes en carton et une petite console tu t’en sors dans ton caf’conc, le jour où t’arrives à travailler avec un beau système et une grosse console, ça roule. Ne te bloque jamais sur le matériel et ne fais pas du son avec les yeux. » C’est pareil avec Bibou, il y a tout à apprendre. Ma console, est toute simple, mais elle fait très bien le job, et c’est tout ce qui compte.

La bande menée par Guiz. Promis, ce n’est pas la chenille.

SLU : Comment gères tu tes 6 voix avec ta console et aucun périphérique ?

Pierrot Duteil : J’ai fait le choix de partir sans rien pour des raisons de coût et de poids, cela étant on ne s’interdit pas avec Bibou d’acheter quelques packs de plugs si on en ressent le besoin. Ma première idée a été celle de router les 6 voix dans un groupe et de le compresser pour qu’elles aient plus de patate. Hélas 6 micros sur un plateau très sonore, cela me remonte trop de bruit. En plus je me retrouve avec un haut mid très agressif quand les gars chantent tous ensemble.
J’ai donc fait le choix de traiter les voix individuellement, je compresse beaucoup moins et je suis chaque chanteur à la mano, à l’ancienne. Il n’y a rien de mieux. Je me suis fait aussi un groupe cajon pour donner à Daniel le grave très profond qu’il aime (pas vrai Bib !), un groupe percussions, un groupe kick pour le doubler, l’étoffer en quelque sorte, un groupe zik au cas où et tout le reste en DCA.
J’ai donc tout ce qui compte sous la main en Layer A et sur le B j’ai toutes mes tranches individuelles. Je pourrais aussi utiliser le slot à ma disposition à l’arrière de la console pour y placer une carte Dante ou Waves. Pour le prix c’est bluffant…Et puis tu branches un 58, tu fais « yooo » et ça sonne.

Pierrot Duteil, AGC, compresseur et limiteur à 6 voix !

SLU : C’est une config console un peu musclée…

Pierrot Duteil : Oui, on a pris deux stages DX168 qui ont de bons préamplis et des convertos en 96 kHz. Ils communiquent en RJ45 et jusqu’à 100 mètres, ça roule. Si on se trouve coincé, je prendrai la console d’accueil. J’ai un patch de 31, ce n’est pas insurmontable (rires).

SLU : Tu es content de tes 6 liaisons ?

Pierrot Duteil : Carrément ! Ca marche très bien, le Workbench est tentaculaire (rires) mais j’ai cerné les fonctions principales comme la recherche des fréquences par scan et code postal qui marche vraiment bien. Comme c’est moi qui m’occupe aussi de la HF, cela doit être abordable et rapide. Pour des liaisons « simples » je dispose d’un son de qualité, d’une visualisation et d’alertes très complètes. Il manque simplement quelques automatismes mais rien d’insurmontable. On démarre à peine la tournée et je suis déjà à l’aise.

L’après-midi avance, on se fait petite souris et on part prendre nos photos, Christophe et Pierrot ont besoin de temps pour travailler en paix. L’accueil du Café de la Danse est charmant et efficace, encore un bon point pour cette salle atypique et tellement bien placée. La configuration choisie impliquant de ranger les places assises et dégager un très grand parterre, les gradins disparaissent comme par magie (et un moteur) avant l’ouverture des portes.

Noir salle

Dès les premières notes la mayonnaise prend. L’énergie, la générosité, la patate, la qualité des titres mais aussi le travail de la famille Duteil bien secondée par Hortos au plateau et Fred Donizzotti à la régie offrent un show tout en mouvement et en complicité avec le public.

Les voix sont bien tenues et si le bas-mid et le grave trahissent un calage hésitant entre gradin sorti et gradin rentré (peut être faudrait-il deux presets différents et un tout petit mouvement vertical des deux lignes pour accompagner ce changement), le reste sort très bien.

N’oublions pas non plus que cette salle est au beau milieu de la ville et ne peut sans doute pas envoyer la cavalerie dans le bas. Pierrot tient parfaitement ses niveaux autour de 94 dBA avec une définition et une intelligibilité de tout premier plan tout au long du concert. Il faut dire qu’il est bien aidé par une super brochette de pros de la scène qui s’amusent après avoir veillé à laisser leur égo dans le tourbus, mais pas leur talent.
Si vous avez l’occasion d’aller les voir cet été, faites vous du bien, n’hésitez pas !

Les équipes

Chanteurs :
BRIARD Gérôme (Le pied de la pompe)
CELESTIN Cyril aka Guizmo (Tryo)
GARIBALDI Laurent aka Gari Grèu (Massilia Sound System)
MUSSET Mourad (La Rue Kétanou)
ADELINE Sylvain aka Syrano
MOUNI Ali aka Alee (La Rue Kétanou)

Musiciens :
BRAVO Daniel aka Danielito (Tryo)
RAGUIN Maxime
MONTECOT Mathieu aka DJ Ordoeuvre
MARIOLLE Frédéric aka Veuch
CORNEC Erwann (Le pied de la pompe)

Technique et Prod :
DONIZZOTTI Frédéric / BRILAND Hervé : Régisseur Tournée
DUTEIL Christophe : Eclairagiste
DUTEIL Pierre-Yves aka Pierrot : Ingé son
HEURTEBIZE Olivier aka Hortos : Backlineur

Les sites :
Pour la production : le site Pyrprod
Pour le groupe : Le site Collectif 13
Pour l’équipement caisson lumineux : le site Lumipop

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Quand Astro Spatial Audio spatialise Adamson!

Par admin

DV2 Belux a accueilli des techniciens et décideurs de l’événementiel pour 2 jours de démos autour des IS7p et IS10p Adamson. Nous en avons profité pour découvrir leur nouvel outil de diffusion immersive créé en association avec la société hollandaise Astro Spatial Audio.

L’auditorium du centre culturel de sambreville, un bien bel endroit fraichement remis à neuf

La salle du centre culturel de Sambreville (entre Charleroi et Namur) dédiée à la démonstration a été entièrement rénovée il y a peu, et un main PA composé de 12 enceintes S10 et de quatre S119 y a été installé de manière permanente.

Comme annoncé, l’IS10p, nouveau point source de la gamme d’installation d’Adamson était à l’écoute.

On se sent déjà en terrain conquis par la marque canadienne. Pour ces sessions d’écoutes, DV2 Belux a, comme à son habitude, mis les petits plats dans les grands. Les sessions sont présentées à une dizaine de personnes au maximum afin que chacune puisse apprécier l’expérience de la spatialisation à sa juste valeur.

C’est ainsi que Sébastien Desaever, resp. commercial de DV2 Belux nous a accueillis et nous a présenté les produits Adamson bien connus avant de laisser la place à Bjorn Van Munster, responsable d’Astro Spatial Audio.
Depuis quelques années, la sonorisation immersive semble être le cheval de bataille de nombreux acteurs du milieu de la sonorisation. L-ISA chez L-Acoustics, Soundscape chez d&b, Holophonix chez Amadeus ou même Klang pour ce qui est du mix in-ear immersif…

Nous ne sommes qu’au début de cette nouvelle ère, il paraît donc logique pour un acteur aussi important qu’Adamson de placer ses pions. Mais, cette fois-ci la démarche est différente puisque la société canadienne préfère développer un partenariat avec Astro Spatial Audio plutôt que de créer son propre système. De la part d’Adamson, c’est loin d’être une surprise, la société a toujours privilégié les collaborations efficaces, comme elle l’a déjà fait par exemple avec Lab.Gruppen.

Bjorn Van Munster, en plein discours. Remarquez le macbook derrière lui. Cela lui permet de contrôler son logiciel de spatialisation.

Ce choix a été effectué en janvier de cette année via une évaluation des processeurs de spatialisation « non propriétaire » du marché. Le modèle le plus avancé et dont l’interface s’est révélée adaptée au Touring était chez Astro et c’est donc la solution retenue par le fabricant canadien.
Par ailleurs Adamson a développé différents algorithmes de processing qu’on peut regrouper sous l’appellation « d’optimisation » Ce processing béta testé depuis la fin du printemps chez DV2 verra le jour dans les produits CS qui commenceront à arriver à la rentrée.
Bjorn nous présente le raisonnement qui a conduit à la création de ce nouveau système. Traditionnellement, les créations sonores se basent sur les positions des haut-parleurs, ce qui donne souvent de bons résultats.
Cette manière de faire pose, selon lui, un problème. Si le spectacle change de lieu, que l’on écarte davantage les haut-parleurs ou simplement que l’on réduit la taille du système, alors la production sonore et le mixage doivent être entièrement refaits. Cela conduit à des pertes de temps énormes.

Astro Spatial Audio propose plutôt de se baser sur des objets audio, c’est-à-dire des fichiers audio intelligents qui intègrent des données multiples telles que le type de source, sa position dans l’espace, son volume… C’est grâce à ces données que le processeur SARA II va pouvoir créer l’audio immersif proposé par Astro Spatial Audio.

Comme à chaque fois, derrière des enceintes passives, il y a les amplis qui vont avec. Ici une armée de Lab.Gruppen PLM, ainsi que le laptop de contrôle.

Sara II, le nom de baptême de ce nouveau processeur est donné… Parlons donc de lui car c’est quand même là que tout se passe. Que ça soit en Dante ou en MADI, un « simple » rack 3U offre 32 entrées et 64 sorties le tout étant redondant…

Les E/S peuvent bien entendu être boostées. De quoi se faire plaisir. Un switch Ethernet/Wi-Fi permettra le contrôle de SARA II via un laptop ou même une tablette. L’idéal étant d’avoir un écran tactile afin de déplacer facilement les objets audio. Un écran 2,8 pouces tactile est intégré à la matrice, mais soyons réalistes, ne comptez pas sur lui pour contrôler vos 32 inputs.

Le processeur intégré dans SARA II calcule 40 fois par seconde la position de chaque objet par rapport à l’ensemble des enceintes du système. Cette résolution produit des mouvements fluides, sans à-coups. L’algorithme intégré dans le processeur du SARA II permet le calcul des positions. Cerise sur le gâteau, celui-ci ne se fait pas seulement à 360°, mais en 3D, en prenant en compte les axes X, Y et Z. Bjorn nous assure également une absence totale d’effet de phasing ou de Doppler lors de l’utilisation de ce système.

La compatibilité entre les différents logiciels audio et Astro a été optimisée également via OSC (Open source Control), vous pouvez donc contrôler le programme en Midi, RS232 et GPIO ce qui le rend entièrement compatible avec un ProTools, un QLab, les consoles Digico et Avid… Il est également possible de contrôler les automations de mouvement via un capteur placé, par exemple, sur un orateur.

Faisons une petite parenthèse sur ce sujet qui nous semble rarement développé par les constructeurs. La marque norvégienne TTA propose des modules de tracking permettant de géolocaliser des sources audio (ou lumière) via différents types de modules. Totalement compatibles Mac, Windows, Soundscape, L-Isa, Amadeus et Astro Spatial Audio, leur site explique très bien leur fonctionnement et mérite un détour ( https://www.tta-sound.com/)

La matrice plus qu’active de Astro Spatial Audio

Tout ça semble bien sur le papier, mais la réalité tient-elle toutes ces promesses ?
Nous avons bien entendu d’abord écouté et ensuite posé de nombreuses questions afin de vous donner un avis plus précis sur ce nouveau système.
Ce qui nous a tout de suite plu, c’est qu’il est optimisé pour Google Chrome. Pas besoin d’installer un programme, de dédier un ordinateur à SARA II, il est pilotable depuis n’importe quel ordinateur connecté au serveur.

Les écoutes effectuées sur le système ont été très convaincantes. Pas le moindre effet de phasing ni d’effet Doppler. Bjorn nous indique un switch, placé sur chaque tranche du contrôleur permettant de désactiver le processing, un moyen efficace de faire un test A/B du résultat avec ou sans processing. En une microseconde à peine, l’effet Doppler se fait ressentir et nous pousse à réactiver rapidement le switch afin d’enlever cet effet désagréable.

Pour ce test, DV2 Belux a utilisé une armée d’enceintes : un système en 17.2 (full Adamson, cela va sans dire) composé de quatre IS10p en front, quatre IS7p en LR, quatre IS7p en back, six P8 au-dessus de nos têtes et deux S119 en front.
Bjorn a été très honnête pour justifier ce nombre d’enceintes « The more speakers, the higher the resolution » expression que l’on peut traduire par « plus les HP sont nombreux, plus le résultat sera défini ».

Une règle cependant à ajouter à cela : idéalement l’auditeur doit se situer au minimum à la moitié de la distance entre 2 enceintes. Dans notre cas, il y avait une enceinte tous les 2 mètres, ce qui veut dire qu’il fallait être à plus d’un mètre des haut-parleurs pour profiter de l’efficacité de la multidiffusion.

Une dizaine d’auditeurs pour la démonstration, Cela semble peu, mais néanmoins idéal pour bouger et se rendre compte de la spatialisation.

Nous nous sommes bien sûr posé la question de l’efficacité d’un système spatialisé de la sorte lors d’un concert. Comment les premiers rangs ressentent-ils l’immersion dans ce cas ?
Il y a fort à parier qu’ils ne rentrent pas dans la règle annoncée par Bjorn. Si la première rangée de crash barrière est située à 4 mètres des front field, cela voudrait dire qu’il faudrait un maximum de 8 m entre les front field et la banane la plus proche pour que le spectateur soit dans la zone optimale de diffusion, difficile à imaginer. Une solution proposée par DV2 Belux serait de récréer un second univers immersif pour les premiers rangs. À tester !

L’outil développé par Astro Spatial Audio ne se limite pas à déplacer 32 sources dans un environnement à 360°, cette partie s’appelle la « Production Suite » selon le développeur. L’expérience va heureusement plus loin que cela. La compagnie hollandaise a développé un ensemble de différents modules intégrables séparément à SARA II.

Dans cette capture d’écran on voit à droite la vue 3D du setup installé, à gauche les tranches de console et en arrière-plan à droite la vue 2D

Le second module appelé « Interactive Dynamic rooms acoustics » est un outil de simulation d’acoustique franchement efficace. En quelques secondes à peine, Bjorn Van Munster modifie l’acoustique de notre pièce et nous fait voyager dans une église. Vous me direz qu’avec un bon plugin de réverbération, on peut faire ça dans n’importe quel lieu et vous auriez tort ! L’outil de réverbération programmé par Astro Spatial Audio permet ici un calcul de la réverbération par rapport à l’objet audio dont nous avons parlé plus tôt.

Les 22 faders visibles permettent de travailler toutes les réflexions de la réverbe insérée dans le système

Un ensemble de 22 points de mesure séparés permettront à l’ingénieur du son de varier les « early/mid/late » reflections de son nouvel espace acoustique. Les réflexions calculées par SARA II dépendent donc à 100% de la position de l’objet et en font un outil optimal pour des salles nécessitant régulièrement des modifications d’acoustique. La Maison de l’Opéra à Zurich, ou le Théâtre présidentiel d’Ankara ont déjà adopté la technologie.

Capture d’écran du logiciel Playback

Playback est le troisième module présenté par Bjorn. Ce dernier a été conçu pour donner la possibilité d’enregistrer et de rappeler un show, comprenant ainsi toutes les données liées aux objets audio. Idéal pour simplement rappeler un show déjà enregistré !
Cet outil a bien évidemment été fort utile à Bjorn pendant sa démonstration. Notez que la marque a même pensé à rendre le logiciel compatible avec QLab. Il vous est donc possible de lancer un show directement depuis l’application.

Le dernier module présenté par Bjorn est un outil d’automation. Il permet de créer des déplacement de sources de manière automatisée soit sur base d’un cue, soit sur celle d’un timecode. Un outil par exemple indispensable en cas de création sonore nécessitant une restitution à l’identique dans un autre lieu.

Demander à une source de se déplacer en ligne droite, en cercle, dans le sens horloger ou inversement, il y a beaucoup de possibilités grâce à la partie automation.

Comme ces modules sont achetables séparément, il est possible que l’utilisateur ne s’équipe pas avec toutes les licences si une seule lui suffit. C’est une manière software de limiter les coûts pour l’utilisateur. Ne soyons pas dupes, si les prix d’achat ne sont pas annoncés, il y a fort à parier qu’un outil aussi bien abouti ne soit pas accessible à toutes les bourses.

Notez également que Astro Spatial Audio annonce la possibilité de traitement des enceintes connectées au système. Un équaliseur 16 bandes peut notemment être attribué à chaque sortie. Toutes ces technologies ont des conséquence en temps de traitement. La latence annoncé par Bjorn est de 7,8 ms à 48 Khz. La concurrence aux boîtes brunes annonce 5 ms. Selon Bjorn, la différence vient du fait que le processing des enceintes prend beaucoup de ressources. Si on enlève cette partie de SARA II, la latence descend en dessous des 5 ms.

Ludovic Vandegoor et Bjorn Van Munster, fiers devant les différentes marques distribuées par DV2 Belux.

En sortant de cette démonstration, nous devons reconnaître qu’Adamson nous a convaincus. Ils savent décidément s’entourer des meilleurs partenaires pour continuer à être un acteur majeur de la sonorisation de concert. L’outil proposé par Astro Spatial Audio est un concurrent de poids face aux rivaux français et allemands, ne soyons donc pas étonnés de croiser ce nouveau jouet sur d’autres systèmes (Martin audio a adopté Astro Audio depuis 2018).

Nous retiendrons que la prise en main d’un setup aussi pointu nous a semblé être assez plug and play. Il a suffi de 10 petites minutes pour sortir du son de ce système. Pas besoin d’avoir une licence en mixage immersif pour se prêter au jeu.
Nous retiendrons aussi, comme nous l’a souligné Ludovic Vandegoor de DV2 Belux en fin de journée, que l’audio immersif vient à peine de naître et que ce nouvel outil nécessite encore pas mal de réflexions tant au niveau des prestataires audiovisuels qu’au niveau des créateurs sonores pour trouver sa place dans le milieu de la sonorisation.

Rappelons qu’il a fallu de longues années pour que la stéréophonie soit acceptée de tous, et que ce n’est qu’au début des années 1990 qu’elle s’est généralisée à la télévision française, un argument qui aura le mérite de faire comprendre aux émules de l’audio immersif qu’ils doivent prendre leur mal en patience.

D’autres informations sur :

 

SOPRANO: un ange passe…..

Par admin

Qui aurait parié sur un ado des quartiers de Marseille et voix de Psy4 de la rime ? Pourtant du haut de son Everest, le Phoenix fait salle comble avec un show intergénérationnel, scénographié par Julien Mairesse, mis en lumière par Victorien Cayzeele et en onde par Popeye.

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Tout d’abord, je remercie mon fils de m’avoir convaincue de venir assister à ce spectacle. Un mardi soir à Rouen, dans une des salles où l’acoustique inflige aux musiques actuelles une lutte incessante contre les résonances induites par la surface du béton mélangées à celles du plexiglas des sièges.
Comment vous dire, nous étions assis au dernier rang, au tout dernier, celui tout en haut… Et là…apparait un petit bout d’homme. Sa présence dépasse le cadre de scène. La lumière s’intègre dans un décor composé d’écrans dont la transparence laisse entre-apercevoir un DJ accompagné d’un homme-orchestre.

Les ondes sont graves, précises, envoutantes. Les textes malgré l’aphonie qui le guette sont altruistes, apaisants et vous passez un merveilleux moment de deux heures et demie. Le concert se termine et vous vous posez la question comment est-ce possible ?

Partons à la rencontre du grand monsieur assis derrière la console.

Vous l’avez surement croisé, sur une date de NTM, JoeyStarr, Booba, ou le collectif du Secteur A, pour les plus de quarante ans, bref le son rap de la scène française depuis plus de vingt ans, c’est lui.
Nous nous sommes donné rendez-vous chez le prestataire technique de la tournée, le groupe Dushow pour qu’il me livre sa marque de fabrique.

Que de chemin parcouru pour cet autodidacte de la cité de Grigny 91. A quinze ans, il sait qu’il veut être ingénieur du son, mais on lui a fait comprendre que pour un gars de banlieue… Alors il a pris le chemin du terrain, stage Au Plan qui l’amène à Banlieues Bleues puis chez Patrick Clerc (fondateur de la société On-Off, aujourd’hui Be Live).

Il découvre qu’il y a une place à prendre dans le milieu du rap. Personne ne veut se coller à ce nouveau genre musical, qui peut parfois, se révéler violent quand on n’a pas les codes. Mais les codes, lui, il les a.

Home Sweet Home

Penser que le rap n’est qu’une diffusion de deux pistes sur lesquelles on pose une voix, est une vision assez réductrice du travail de sonorisateur qui a le devoir de retransmettre le plus fidèlement possible les transitoires et l’infra voulu par le producteur.
Pour cela, Popeye travaille sur les pistes audio crées lors du travail en studio, via différents stems envoyé par le DJ sur Ableton Live. Cela qui implique que tout le show doit être time codé, cadencé par le click, au tempo des morceaux.

Le bureau SSL de Popeye avec dans la continuité la télécommande de sa Bricasti et l’affichage du SoundGrid

Sa console, il ne l’a pas choisie au hasard d’une mode comme tout le reste d’ailleurs. Ce sont des choix techniques déterminés par un cahier des charges précis, fruits de ses nombreuses années d’expériences sonores. Chaque mémoire de scène de la SSL L500 contient les réglages des EQ et dynamique auxquels viennent s’ajouter des plugs du SoundGrid relié en MADI, travaillé et retravaillé grâce au virtual soundcheck pendant les premières dates. Car comme nous l’explique Popeye, les trois jours de résidence au Zénith d’Amiens, ont plutôt été consacrés à la scéno qu’au son…

The Voice

La 5235 Sennheiser

Le traitement de la voix de Soprano, commence dès la prise de son. Apres écoute des diverses capsules montées sur des émetteurs proposés par les différents constructeurs, c’est le D6000 de chez Sennheiser qui a retenu toute son attention monté avec la capsule D-Facto de chez DPA.
Pour ses acolytes ce sera une MD 5235 de la marque allemande, dont la conception dynamique a été optimisée pour les niveaux sur scène élevés. Sa particularité réside dans le fait que sa directivité est variable, allant de supercadioïde étroit en haut du spectre à un cardioïde large à de très basses fréquences. (Courbe de réponse 40 – 20 000 Hz ) De plus l’effet de proximité est quasiment inexistant. What else ?

Un « rackàbijoux » analogiques avec tout en bas cousin Waves, fait de bits et de plugs, et désormais âgé de 27 ans. Qui se souvient du Q10 et du L1. Ahh ça ne nous rajeunit pas…

Pour compléter cette chaine, deux plugs de chez Waves : Sibilance et C6. Le premier est le dernier né des DeEsser. Son intérêt réside dans sa détection automatique et la correction qui en résulte passe inaperçue tant le traitement est précis, voire chirurgical.

Quant au C6, l’indétrônable compresseur multi-bande n’est plus à présenter. Ses réverbes ou du moins The reverb, une M7 de chez Bricasti fait partie de ses coups de cœurs. La couleur de son mix final est obtenue également grâce à l’ajout dans la chaine audio des grands noms de l’analogique.
Vous l’aurez compris, Popeye ne laisse rien au hasard, le moindre petit défaut est analysé et corrigé et cette exigence, il l’a également appliquée dans le choix de son système de diffusion.

Et le son fut

Sur la dernière tournée, il disposait d’un kit L-Acoustics. Mais une écoute du GSL, le dernier né de chez d&b Audiotechnik, l’a fait changer d’avis. C’est la signature sonore la plus adaptée à ce style musical me confiera Popeye. Et quelle lutte pour pouvoir partir en tournée avec !

Le GSL avec ses subs en l’air, une solution simple pour garder le niveau en dBC dans les clous.

Ce n’était pas gagné que le groupe Dushow, historiquement attaché à ses deux marques Meyer et L-Acoustics, investisse dans la marque allemande. Heureusement que dans le groupe se trouvent les irréductibles lyonnais de Fa Musique disposant déjà de J, V et Y. Ils sont désormais les heureux propriétaires d’un système complet en GSL, qui pour rappel, n’est sorti qu’en avril 2018.

Concentré, derrière ses outils d’analyse et de prédiction, Cyrille Poirier diffuse le mix de Popeye fidèle à ses exigences.

Cyrille Poirier en plein show

Comment décrire le GSL en trois mots ? C’est un système cardio sur tout le spectre, à directivité constante sur le plan horizontal et d’une facilité de montage déconcertante.

Que donne une telle promesse sur le terrain ? Le point de vue de Cyrille nous intéresse d’autant plus qu’il nous emmène au cœur de son travail d’ingé système, et souvenez-vous, nous ne sommes pas sur un festival en plein air, mais au Zénith de Rouen. Celui-ci a la particularité d’être de conception asymétrique et surtout la salle est cernée de murs en béton.

Le système de diffusion est composé d’un main constitué de 10 GSL-8 et de 2 GSL12. Pour les novices comme moi, chez d&b le chiffre 8 ou 12 derrière la référence correspond à l’angle de couverture horizontale, respectivement 80 et 120 degrés, axe symétrique. 8 V8 en outfill, 3 Y8 en infill, 3 V12 pour les fronts et 4 Y12 en near field permettent une couverture homogène de la jauge.

12 GSL (10 GSL-8 et 2 GSL12), 6 GSL-SUB, 8 V8 pour les outfill et tout en bas, 3 Y8 en infill.

A l’écoute, la transition entre les différentes références d’enceintes passe sans interférences et on ne ressent aucune différence de couleurs, preuve d’un très bon calage de l’ensemble. Revenons sur le lobe principal du système, qui comme le spécifie d&b, est cardioïde sur toute la réponse en fréquence.
Pour Cyril, c’est un sérieux avantage dans ce genre de salle car cela évite de créer des réflexions générées par le mur du fond de scène, ou d’exciter les zones latérales, généralement moins bien loties en traitement acoustique. Cela permet notamment de préciser le bas médium et le medium, indispensable pour faire ressortir les voix.

Un autre avantage, et pas des moindres, pas de lobes arrière qui polluent la scène, ce qui laisse à Pascal Rossi, ingé retour sur la tournée, le champ libre au niveau de la gestion des in-ears. En début de tournée, l’artiste, peu habitué, à cette absence d’onde arrière, demandera à plusieurs reprises, d’ouvrir le son en façade !.

Et le rigging …

Comme me l’expliquent les deux compères, les points ne sont accessibles qu’à 11 heures. 2 riggeurs se partagent 83 points moteurs pour l’ensemble. Avec un unique cable pic, il faut 13 points par coté, pour monter le système complet de diffusion. D’ailleurs l’assistant de Cyril, Christophe Chapuis, n’hésite pas à enfiler le baudar. Vous l’aurez compris, c’est parfois compliqué d’aller déjeuner à 13 heures.
Au niveau de l’accroche, l’équipe est unanime. Les angles par l’arrière, associés au mode compression, ce n’est que du bonheur. Pas besoin d’être deux, de rentrer en force la goupille… Christophe, un habitué des boites marrons me confie que c’est simple, intuitif, rapide efficace. Et Cyril d’ajouter : « sans parler de la problématique des roulettes dans le bon sens… »

Avec cela vient s’ajouter l’ArrayCalc,

C’est le logiciel fourni par d&b pour prédire, modéliser et configurer l’implantation du système. Une confidence : le développement des logiciels a lieu au sein des locaux de d&b, la gestion et la résolution des bugs est donc quasi instantanée.

ArrayCalc

Un des atouts de la marque est aussi l’accompagnement de ses utilisateurs, la R&D a compris qu’elle devait s’impliquer sur le terrain à leurs côtés. A ce propos, je vous invite à vous inscrire aux formations, dispensées gratuitement par l’équipe « Education & Application Support » française.

Si vous écoutez Popeye, il n’a qu’un mot à la bouche en ce moment, « heureusement il y a l’Array Processing ». Mais qu’est-ce donc ? Une technologie, brevetée par d&b, qui optimise la réponse en fréquence sur toute l’audience couverte par le line array.

La magie de l’Array Processing, la gomina du son en somme !

La page de réglage de l’Array Processing avec le fameux Realizer qu’il faut veiller à garder dans le vert, et croyez bien que ce n’est pas évident tant il est facile d’avoir la main lourde… Dans le cas présent, il est demandé au système de garder une atténuation nulle entre le nez de scène et le 24è mètre, puis une chute de 2,1 dB jusqu’au 61è et au-delà, une baisse de 3 dB.

L’algorithme calcule les filtres à réponse impulsionnelle finie (FIR) automatiquement pour chaque enceinte en prenant en compte, la configuration mécanique de l’array, la géométrie de la salle, la température, ainsi que l’humidité de l’air. Cependant, cela ne fait pas tout et derrière l’outil se cache le talent de Cyrille.


Popeye et Cyrille

Le son en salle ce soir-là, était fabuleux, pas fort malgré la réputation de Popeye (je ne comprends pas d’où lui vient cette réputation …) équilibré, agréable. Cependant, une remarque et je m’adresse à tous les parents qui emmènent leurs jeunes enfants en concert. Pensez à les protéger.
Un dernier mot, MERCI pour ce moment, de m’avoir accordé un peu, beaucoup de votre temps pour répondre à toutes mes questions.


Les équipes

Coproduction : ONLY PRO & DECIBELS PROD
Direction Artistique – Scénographie – Mise en scène : JULIEN MAIRESSE
Création vidéo : CUTBACK
Lead : SOPRANO
Platines : DJ MEJ
Instruments : CAMILLE ROSSI
Backs : ZAK M’ROUMBABA, DIEGO M’ROUMBABA
Danse : JEANNE NEGRIER, HARMONY DIBONGUE, CHRISTOPHE DE ALMEIDA
En première partie : MR CARLTON
Direction musicale : FLORIAN ROSSI
Chorégraphie : CLARA HUET
Régie artistes : LHADI IBOURA
Direction de prod : PASCAL « GEORGE » MELEY
Direction technique : AYMERIC SORRIAUX
Régie générale : ZINO GUENDOUZ
Administration : NATHALIE COUTURIER
Régie plateau : YANN LECLEZIO
Déco en chef : JEREMY CONCHY
Déco : OLIVIER DAULON

A la lumière :
Conception/pupitre : VICTORIEN CAYZEELE
Pupitre lumière : MATTHIEU PATRIARCA
Blocs : SEBASTIEN CASABAN
A la technique & à la poursuite : PIERRICK LEBLANC, MARTIAL BLOND

Au son :
Mix façade : POPEYE MAXIMIN
Système : CYRILLE POIRIER
Mix retours : PASCAL ROSSI
Système et HF : CHRISTOPHE CHAPUIS
Backline : BRUNO MATHIEU

A la video :
Régie/media server : ROMAIN FIOR
Technique & poursuite : LIONEL MULET
Réalisation : ROMAN FORTUNE
Technique & Au cadre : MICHAEL SOUVY

Au rigg :
Accroche en chef : LAURENT CLAUDE
Technique : JOAQUIM BRANCO
Asservis : ELIE MARENCO, HUGO JARRY

Au catering :
Cuisine en chef : DAVID BACCHIERI
Cuisine : LAMIA BENHAMMADI, CECILE HIBERNAC

A la sécurité :
Coordination en chef : COSTER TABIBOU
Sécurité : SAID SEMROUNI

Au merchandising :
Direction : DJAMAL AHAMADA
Merchandising : YACOUB TABIBOU

A la conduite :
bus marseillais : RODRIGUE ORHON
bus parisien 1 : ERIC FERRE, JEAN-CHRISTOPHE ADAM
Truck en chef : HERVE MARTIN
Trucks : JOHANNE PRUVOST, CEDRIC TRIFOT, MICHEL BARET, JEAN-CLAUDE MOREAU, ALEXANDRE WITZ

Aux Costumes : SONIA BEDERE, NAIMA M’ROUMBABA

Au management : MATEO FERRAN

Aux prestations :
Aux tourbus : IRV & Aux trucks : ARTYS
Au son, lumière : DUSHOW & A la video : ALABAMA Au rigg : MASH
Au catering : WHAT ELSE & Au backline : SUD BACKLINE

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Hyphen Hyphen avec Charline de Cayeux, AKA ChaCha!

Par admin

Elles sont rares, douées, modestes et talentueuses les techniciennes son, raison de plus d’aller à la rencontre de Charline qui tient la face de Hyphen Hyphen pour écouter son parcours et son mix lors d’une belle après-midi au Zénith de Paris où le groupe a fait escale.

Mais d’abord, quelle différence y a-t-il entre une technicienne et une technicien du spectacle. Aucune, si ce n’est un demi-siècle d’habitudes solidement boulonnées et qui commencent enfin à bouger. Il était temps. Venez, on va ajouter une lichette de dégrippant

Charline son talky et sa CL5 Yamaha

On se faufile un après-midi de juin dans un « petit » Zénith, un lourd pendard réduisant quelque peu sa jauge. Ca tombe bien, ce que la recette y perd, le son y gagne. Dans le noir salle, la régie se détache facilement.
Charline est penchée sur sa CL5 et déroule des titres en totale complicité avec Santa et le reste du groupe. Le concert parisien est important puisqu’y ont été invités les spectateurs de celui de l’Olympia annulé quelques mois plus tôt.

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On profite de ce travail sur quelques titres pour se balader dans les gradins et dans la très grande fosse. Le son est gras et gros, très produit sans perdre sa précision. Le calage est franchement bon, le mix aussi, mais on y reviendra, un certain Matthieu Marionneau est au système et en tant que KSE, le K1 il connaît assez ;0)

Ca travaille, on ne dérange pas Kiki le lighteux à gauche et Chacha la sondière qu’on devine à droite. Le son est déjà là, le raccord entre le système, les subs dessus / dessous et les renforts latéraux et central est pile poil au poil.

Une fois calé le son et les lumières du dernier titre, la surprise, une reprise convaincante de XXL de Mylène Farmer, on se claque la bise et démarre l’inter par le bon bout : « On se prend une bière et on va dehors ? »

SLU : Charline, le son et toi vous vous êtes connus comment et quand ?

ChaCha : Ca fait 10 ans et j’ai commencé à 21 ans. Ca répond aussi à la question sur mon âge (rires) J’ai grandi à Agen et il n’y avait pas grand chose à part le Florida où j’ai passé beaucoup, beaucoup de temps.J’y ai pris des cours de piano et surtout j’ai vu des dizaines de concerts dont les débuts de General Elektriks. Cela m’a donné envie de travailler dans la musique d’abord et rapidement dans le son. Mais ça aurait aussi pu être la lumière !

SLU : Et l’école…

ChaCha : Non, j’étais une bonne élève. Bac S mention bien et Hypokhâgne car je voulais m’inscrire à la FEMIS ou à Louis Lumière mais au bout d’un an de prépa, j’ai préféré basculer sur un BTS Audiovisuel qui ne me fermait pas les portes des deux grandes écoles…

SLU : Et puis tu t’es mise à bosser !

ChaCha : Exactement ! J’ai fait un stage au Bataclan et ils m’ont proposé de rester l’année d’après. Du coup j’ai commencé à faire du son dans cette salle en 2008. Ensuite j’ai passé un an à la Flèche d’Or en tant que régisseuse puis j’ai commencé à tourner.

Adrien Mauroux qui s’occupe des retours (ears et wedges) d’Hyphen Hyphen ce soir, m’a appris à les mixer au Bataclan. Il bosse avec Audrey Schiavi qui tient avec Eric Gabler Studio 440, une boîte qui est prestataire au Bataclan avec laquelle ils ont assuré tous les accueils. J’ai donc commencé aux retours. (Elle se ravise) Non, d’abord au plateau, puis aux retours pour des pianos voix jusqu’au jour où on t’annonce que tu vas assurer sur une tête d’affiche !

SLU : Ton premier gros ?

ChaCha : Larry Graham, le super bassiste de Sly & The Family Stone pour qui j’avais tout calé au SM58 et dont l’ingé son est arrivé avec un mini statique pour le chant. Tu imagines le Larsen ? « Tu verras ils sont tous super cools » Oui, absolument, mais il y avait aussi un niveau de ouf sur scène. Ce soir là je n’ai pas compris ce qui m’arrivait. Larry est venu se placer devant moi à la console en me montrant sa basse et me disant -monte, monte…monte- la panique (rires!)

Olivier au Zénith en juin 2010 sur sa Midas avec Matthieu, enfin, M à l’époque !

SLU : Et ensuite ? Qui a été la cerise qui a fait que ça en tire une autre et ainsi de suite ?

ChaCha : Olivier Lude ! Il m’a survendue sur un plan à base de : « c’est mon assistante, elle est top » Je l’avais assisté en studio sur un album de M. J’avais 22 ans et quasiment pas de tournée.
J’ai été prise pour Tom Fire, et comme cela s’est bien passé avec W Spectacle, j’ai été rappelé pour Winston McAnuff & Fixi pour 200 dates et c’est parti.
J’ai beaucoup appris grâce à cette longue tournée puisqu’on est passé par tout type de salle et festival y compris du lourd comme Reggae Sun Ska. Quand tu arrives avec ta beatbox, ton piano et ton accordéon, et t’as de gros groupes de reggae qui balancent, tu fais des complexes (rires) J’ai énormément progressé et cela m’a par exemple décomplexée sur mes égalisations où je n’osais pas assumer certains choix au début !

SLU : Qui sonnaient…

ChaCha : Oui, et j’ai fini par l’admettre !

SLU : Et tu as aussi définitivement basculé dans le live…

ChaCha : Oui, je préfère la scène au studio. Je me souviens d’un jour où après deux semaines d’horaires très, très longs et décalés en studio, je me confie à l’ingé son : « je suis sur les rotules » J’avais des cernes jusqu’aux genoux mais j’étais heureuse car le lendemain Bashung devait venir enregistrer ses toutes dernières voix avant hélas de disparaître. On m’appelle le lendemain matin : « tu peux te reposer, on t’a remplacée aujourd’hui » Dégoutée (rires!).

Derya en 2015 avec Arthur H, passé du système à la face comme un certain Vlad, un certain Bellote ou un certain Matt Marionneau (entre autres).

SLU : C’est Derya (Uzun mixeur & ingé système) qui nous a parlé de toi pour ce reportage. A-t-il aussi joué le rôle d’une cerise ?

ChaCha : En quelque sorte. Pour la faire brève, à 16 ans, grande fan de M, j’ai tanné le manageur de Matthieu pour un jour pouvoir assister à une balance.
Un an après on me contacte pour me proposer d’assister au concert et aux balances de M au Zénith de Toulouse. Tu imagines la salle (oui!!) J’étais comme une folle ! Un runner m’attendait avec mon nom à la gare !
Et c’est à Derya qu’on m’a confiée et que je n’ai pas lâché d’une semelle. Il a eu droit à TOUTES les questions. Plus tard on s’est revu sur Arthur H et un jour il m’a même accueillie. J’étais stressée comme jamais !

SLU : Comment as-tu été prise par Hyphen Hyphen ?

ChaCha : Le groupe cherchait quelqu’un si possible de l’âge de ses membres pour mieux comprendre leur musique et pourquoi pas une femme, du coup mon nom est arrivé. CV, verre pour se connaître un peu, écoute de l’album et après un jour de résidence, on m’a dit : « c’est bon, c’est toi » et depuis presque un an et demi on tourne ensemble.

Santa, Laura, Adam et Zoé baignant dans la lumière des IVL Carrés de Minuit Une.

SLU : Tu as l’air très éclectique musicalement parlant.

ChaCha : Je n’ai pas de style attitré. En ce moment en plus d’Hyphen, je mixe Sofiane Saidi et Mazalda et c’est hyper bien, ça joue vraiment sur scène. Et puis j’accueille aussi, souvent au Bataclan avant l’attentat, forcément moins maintenant.
J’ai aussi mixé il y a quelques jours un live streamé en direct pour Culturebox, Arnaud Rebotini qui jouait à la Cité de la Musique la BO du film 120 Battements Par Minute… Il y avait des bois, des cordes, des synthés, des guitares et comme je ne m’occupais pas du son en salle, j’ai vraiment pu me concentrer sur le mix sans aucun risque et avec très peu de contraintes. J’ai adoré.

SLU : Tu découvres toujours…

ChaCha : Bien sûr, on découvre toujours et on apprend tous les jours. C’est sans fin ! J’ai la chance de m’être toujours entendue avec tous mes artistes alors je m’éclate.

SLU : Hyphen a l’air très produit comme show.

ChaCha : C’est le cas, mais c’est très intéressant car en quelque sorte je “masterise” chaque soir mon mix qui est fait dans la CL5 et ça c’est nouveau pour moi qui avais l’habitude de tourner sans ma régie. Là on a les régies face et retours et quelques autres éléments qui nous suivent en porteur, mais on prend la diffusion et les wedges dans chaque salle.

Matthieu Marionneau

Ce soir la présence d’un gros système de Potar et de Matthieu au calage est un vrai plus. Il est hyper sympa, ouvert aux remarques, et il a un sourire qui te donne confiance ! Mais surtout il est très bon. J’aime bien aussi L-Acoustics comme système, il est dynamique et plus aéré que d’autres. Ca vit un peu plus.

SLU : Comment as-tu déterminé ta préférence.

ChaCha : Simplement. J’ai constaté notamment en festival que lorsque je ne triture pas mon mix, parfois je ne fais presque rien, c’est du K1 ou plus généralement du L-Acoustics. J’en ai donc déduit que ça m’allait bien.

SLU : Donc habituellement tu es accueillie dans chaque salle et te débrouilles…

ChaCha : Un deux dans le micro, les CD qui vont bien et ça roule. J’aimerais bien avoir Matthieu tout le temps ne serait-ce que pour apprendre. J’adore échanger avec lui. Je respecte énormément la partie diffusion parce que c’est le nerf de la guerre.

SLU : Tu sais exactement ce que tu veux entendre…

ChaCha : Maintenant oui et sans prétention aucune, je vais vers un certain son qui correspond à la couleur que je veux donner au groupe avec, certains soirs, plus ou moins de réussite. Quand j’ai commencé, j’essayais juste de ne pas faire de Larsen (rires) J’évite aussi de trop pinailler durant les balances et à salle vide en prenant des points qui, généralement, seront tous relâchés dès les premiers titres.
Autant laisser vivre le son dans l’ambiance et la couleur de la salle qui est à chaque fois différente. Et j’ai fait mienne la phrase : « on verra ce soir ». Il y en a une autre que j’adore. « On envoie des musiciens sur scène, pas des fusées dans l’espace. » © JP Onfire. Ca permet de relativiser et de travailler plus détendu.

On rejoint le plateau avec Charline pour faire le tour des micros.

SLU : La batterie ?

ChaCha : Très classique (sourires) Beta 91 et Beta 52 Shure sur la grosse caisse avec beaucoup de 91 pour l’attaque et une touche de 52 pour avoir du moelleux.
Les deux sont remis en phase et en fonction des titres, du batteur (ici une batteuse!) et bien sûr du type et de la taille de la grosse caisse, je fais varier l’équilibre entre les deux capteurs. Jamais de 52 tout seul, je n’aime pas trop. S’ajoute un trigger qui déclenche de l’infra. Sur la caisse claire qui a aussi son trig, j’ai un Beta 57 dessus et un AKG C535 dessous (© Derya).

Même de loin, la caisse claire de Zoé déchire.

Zoé a une très belle snare bien profonde, ça aide à faire un joli son bien pop ! La charley a un SM 81 avec un coupe bas à 400 Hz. Je préfère sa couleur à celle du KM184 Neumann qui est un peu trop brillant. Sur les toms on a des E604 Sennheiser où je travaille beaucoup l’attaque pour avoir du son dans un grave et un bas médium déjà très chargé et enfin en over head il y a deux KM184 dont je coupe aussi beaucoup le bas. Je m’en sers essentiellement pour les cymbales que je récupère par ailleurs beaucoup par les micros de chant.

Santa mettant à l’épreuve sa liaison !

SLU : La voix de Santa ?

ChaCha : C’est une liaison Axient Digital et la tête est une Telefunken M81. Elle aurait voulu avoir la M80 mais elle est trop brillante.
La 81 sonne pareil sauf qu’à partir de 6 kHz elle est atténuée. Les deux choeurs sont des Beta58 filaires. La seconde liaison sur l’Axient est le spare pour Santa.
A tout ça s’ajoutent la basse, la guitare, un petit clavier sur scène et 10 pistes de séquences dont une de click. Avec les ambiances on a un patch en 42.


SLU : Console et effets ?

ChaCha : J’ai le Transient Designer, en plus il est à moi (rires). Un canal sur le pied et l’autre sur la snare. Pour la voix de Santa j’utilise un DBX160. J’étais partie pour un Distressor mais je trouve qu’il durcit la voix là où je recherche exactement l’effet inverse.

Trois éléments stratégiques. Le 160, le compresseur SSL et le Vitalizer. Peu de boutons, beaucoup de joli son.

Je suis donc revenue au 160 que j’adore avec son OverEasy et qui en plus n’a que trois boutons. On va droit au but. Sur le sous-groupe où j’ai tout sauf les voix, j’insère un Vitalizer SPL.
J’ouvre à peine au Stereo Enhancer en revanche c’est pratique pour apporter un peu d’air dans le haut et creuser le bas. Enfin sur mon master j’insère avec parcimonie un compresseur stéréo SSL. C’est très utile dans des salles très réverbérantes car il coupe bien l’attaque et du coup ça baisse l’excitation des murs.

SLU : Et dans ta console ?

ChaCha : Toujours sur le master, j’ai un EQ dynamique et un multi-bande dont je me sers surtout dans le bas pour le booster et aussi le contenir. Je m’en sers tout doux en fonction des salles et enfin j’ai un 31 bandes mais une fois encore, il est de moins en moins utile. Je préfère malgré tout avoir ces traitements sous la main même si je ne m’en sers pas. J’aime bien la CL5. Elle est simple, intuitive et il y a tout dedans. La seule chose qui pourrait être améliorée c’est la partie Snapshots. C’est trop figé.

SLU : Les effets internes te suffisent ?

ChaCha : Oui. C’est très correct. Au départ j’avais opté pour des plugs Waves dans un SoundGrid et j’avais commencé à le caler chez Dushow. Au premier jour de résidence j’ai eu des problèmes de CPU avec des petits tic bien vilains. Comme je privilégie toujours l’efficacité et la prudence, je suis revenue à ce qu’offre la CL5 et c’est très bien ainsi, d’autant que j’égalise beaucoup les effets.
Bien sûr j’aurais bien voulu partir avec une console une gamme au-dessus et que je ne connais pas, comme la S6L ou la PM7, mais on avait seulement 2 jours de prépa et une courte résidence. Le risque était de passer plus de temps à la découvrir et la comprendre qu’à mixer et ça, je ne veux pas. Enfin j’adore le son Midas mais l’ergonomie moins.

Une Siena 400, un visuel récupéré chez le spécialiste du beau vieux, ALV.

SLU : As-tu connu l’analogique ou bien as-tu commencé directement en numérique ?

ChaCha : Naaaaan, j’ai commencé en analogique toujours au Bataclan. On avait une Midas Siena aux retours et à la face une H3000, j’ai donc été à bonne école question analogique.

Du coup j’ai appris l’accueil avec les inserts et parfois des demandes de ouf. Audrey (Schiavi) me regardait : « je te laisse faire…mais…c’est pas bon ! » C’est drôle aujourd’hui de mixer sur une config analogique car tu te retrouves avec six compresseurs, six gates, quatre réverbes et tu dois te débrouiller. Un vrai retour à l’essentiel très salutaire. L’avantage est que tu peux travailler des sous-groupes sans craindre la latence et les problèmes de phase, et puis si t’as un bon gain, un bon coupe bas et un bon EQ, le tour est joué.

Santa bien entourée. Il faut ce qu’il faut quand on s’attaque à XXL !

SLU : J’ai vu que tu ajoutes des effets ponctuels, Adrien aux retours doit refaire la même chose ?

ChaCha : Non, je lui sors deux sous-groupes, un avec toutes les réverbes de voix et un second avec les delays et la disto sur la voix de Santa (sur un morceau). Ca apporte de la cohérence dans les effets et ça lui évite de s’occuper de ça. Il a déjà assez à faire comme ça et comme il est arrivé en fin de tournée et que je gérais les ears depuis la face jusqu’ici, Santa avait besoin de garder ses repères au niveau des effets.

SLU : Dans un tout autre domaine, est-ce que tu constates une montée en puissance du nombre de techniciennes ?

ChaCha : Bien sûr, il y en a de plus en plus et il y en a plein qui vont arriver !

SLU : Et avec les mecs ?

ChaCha : Ca dépend, il y a de tout, mais ça arrive qu’on me parle encore comme à une stagiaire et pas comme à un mec de 40 ans et c’est drôle dans ce cas là le niveau de mauvaise volonté ou le besoin impérieux de me dire que globalement je n’ai rien compris au son. Du style : « mais non, ce n’est pas à moi de baisser l’entrée de la diff mais à toi de baisser de 10 dB ton mix. Tu ne sais pas qu’une numérique ne sonne qu’en allumant seulement la première verte ? » Et il me dit ça avant même que j’ai ouvert (rires!).

Je me souviens aussi d’un gars, adorable au demeurant qui me sort : « Woaow, tu fais un super son pour une meuf, on peut se faire un selfie ? » Un autre aussi en festival qui n’arrêtait pas de se retourner pour voir qui mixait et ne voyait que moi avec casque, talkie et tout le reste. Il a fini par demander à quelqu’un du staff : « Mais qui est le gars qui mixe, j’arrive pas à le voir et c’est très bon… -C’est la jeune femme qui est devant la console- Ahhh oui d’accord… » Il y a aussi des bons côtés, et souvent les groupes où il n’y a que des mecs sont ravis d’avoir une fille dans l’équipe.

Charline et les garçons. De gauche à droite Valentin Nebati, renfort lumière pour la date du Zénith, Denis Guillebot dit Kiki, pupitreur et arrangeur de lumières pour le Zénith, Matt Marrionneau, ingé système pour cette même date et Chacha.

SLU : Tu portes ?

ChaCha : Oui, en faisant quand même attention. Je me souviens d’une salle où le régisseur nous a vu descendre la CL5 à deux filles, a remarqué qu’il fallait la lever pour passer un gros obstacle et ce sont les deux nanas du bar qui sont venues nous filer la main. Il ne s’est déplacé que quand il a remarqué que je m’étais pincé la peau contre un mur et que je saignais. C’était à l’étranger donc on a eu droit de sa part à un chouette : « I like hard working girls ! »

Le système de Matthieu, simple et très efficace

Un déploiement plus que confortable pour 4000 personnes. Le KS28 jouant la nettoyeuse à onde arrière est le 4è en partant du haut ou le 3è en partant du bas !

Comme le dit si bien Charline, Matthieu Marionneau est un plus, et son travail au design et au calage lui apporte une matière idéale à sculpter.

Matthieu Marionneau : Ce soir on dispose de 8 K1 et 4 K2 par côté, renforcés par 6 KS28 accrochés derrière en mode cardioïde en 3-1-2, le un étant le sub à 180° et enfin deux stacks de 3 SB28 par côté apportent un peu d’effet de sol.
4 ARCS II par côté couvrent les premiers rangs et un renfort central de 6 Kara en douche bouche le trou au centre de la diff dû à une ouverture de 22 mètres. L’ensemble est entièrement alimenté en LA12X.

SLU : Comment véhicules-tu le signal ?

Matthieu Marionneau : En AVB via des switchs Gigacore Luminex. Ceux de L-Acoustics sont arrivés un poil trop tard. Le backup est en AES et la bascule est faite automatiquement par les contrôleurs avec bien entendu une alerte envoyée.

Ils n’ont pas été tous vendus, la preuve, voici en renfort sol, trois SB28. Remarquez au-dessus une configuration très Potardienne avec 4 ARCS II

SLU : C’est une configuration standard de Potar pour le Zénith de Paris ?

Matthieu Marionneau : Tout à fait. On l’a utilisée avec Christophe Mahé l’année dernière. On avait en plus prévu 6 K2 par côté qui sont restés dans le camion.

SLU : Le raccord K1 et K2 en bas de ligne…

Matthieu Marionneau : Est naturel. Les deux boîtes sont en large bande et sont complétées en overlap sur l’octave la plus basse 30-60 Hz par les KS28.

SLU : Les SB28 au sol apportent quoi ?

Matthieu Marionneau : Un peu d’infra sur une dizaine de mètres pour les gens dans la fosse. On ne va ni loin ni fort puisqu’ils sont à -12dB. Ca évite enfin de trop se rapprocher des 118 dBC de la nouvelle législation.
On cherche toujours des solutions pour être d’équerre tout en gardant une dimension physique au son.

Allez les enfants à la douuuuuche ! Voici la machine à combler les trous. 6 Kara et ça repart !

SLU : L’actualité de Matt ?

Matthieu Marionneau : Je suis en tournée à la console avec Charlie Winston et c’est une des meilleurs tournées de ma carrière. Ca joue bien, c’est de la bonne musique, humainement je m’éclate et…noir salle !

Noir salle

Histoire de mettre de l’ambiance, les 4000 fans du groupe nous offrent 100 dBA. Ca décoiffe. Dès les premières notes, on constate que le son de la salle a changé depuis les balances, et comme toujours dans le bon sens du terme. Charline a fait sienne la méthode du « Paquetcadeau »®©™ d’Yves Jaget.
Son mix est plein, dense et bien tenu. Un beau travail avec, comme il se doit, un pied / snare / charley travaillé et pile dans la cible du style musical Pop du groupe avec de l’attaque qui s’entend et n’agace pas les Vu-mètres, merci le Transient Designer mais aussi une esthétique sonore qui, sans être féminine, est respectueuse tout en étant efficace.

Adam les étoiles en plein vol !

Les titres défilent sans fausses notes avec ce qu’il faut de patate pour faire bouger la salle. On flirte parfois avec les 102 mais la moyenne officielle est en dessous. Joli travail aussi sur la voix de Santa qui s’appuie sur l’index de Charline et sur son DBX 160 pour envoyer sereinement du lourd. Les dB sont bien gardés et le travail de mastering encapsule tout le naturel du son. Du beau boulot avec pas grand chose ou plutôt si. Du talent et de l’envie.


François Beuchot pour Franz & Fritz : Créa lumière
Denis Guillebot (AKA KiKi) : En tournée et adaptation Zénith
Valentin Nebati : Assistant lumière pour le Zénith
Stan Kopec : régie + backline
Adrien Mauroux : Mix retours
Charline de Cayeux : Mix face
Matthieu Marionneau : Ingé système pour le Zénith

Rien de tel qu’une belle balade jusqu’à la régie pour féliciter son équipe technique

– Flavien Glancer : Chauffeur porteur Artys
– Taric Saïd : Directeur technique pour le Zénith
– Camille Linard : backline pour le Zénith

Groupe :
– Santa : chant
– Laura : basse, spds, chœurs
– Adam : guitare, spds, clavier, chœurs
– Zoe : batterie, séquences

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L’Atabal à Biarritz avec Bellote et JBL

Par Patrick Cussigh

Il est des salles avec une histoire. Des salles aux alentours un peu disgracieux mais avec une âme et un vrai plaisir à s’y retrouver pour faire la fête. Des lieux où la programmation, et les hommes et femmes qui y travaillent, portent la culture, celle qu’on n’a pas besoin d’expliquer avec des mots importants. L’Atabal à Biarritz en fait partie. D’accord les flaques d’eau sont plus grandes qu’ailleurs, mais le Pays Basque est beau aussi pour ça ;0)

La scène de l’Atabal terminant sa mue américaine et préparant déjà activement l’arrivée du backline de The Herbaliser, le groupe qui a eu les honneurs du nouveau système. Pas de lipfills ou d’infills, l’ouverture de 110° des têtes, une discrète douche de deux A8 depuis le pont central, les sides et plus généralement le son du plateau, règlent la question.

Nous arrivons un beau vendredi de mai. Pluvieux. L’Atabal ne paie pas de mine mais a deux gros avantages. Il joue le jambon (du Kintoa, une merveille) entre la gare SNCF et l’aéroport, l’idéal pour accueillir facilement des artistes.
Une fois à l’intérieur il n’y a qu’à tendre l’oreille pour se repérer. Le rire de Bellote est sonore. L’accueil tout autant. Les A8 sont déjà accrochés, les subs alignés cul contre scène et immobilisés par des cales en bois, les wedges en grand nombre empilés contre un mur et les sides en place tels des gardes suisses mais habillés en noir. Un vrai catalogue JBL. Une ronflette à peine audible rappelle qu’ici la terre est aussi capricieuse que le ciel.

Bellote avec Sabri Bouchfar, régisseur technique de l’Atabal et grand amateur de retours. Mais pas que…

SLU : Comment JBL s’est frayé un chemin jusqu’à l’Atabal ?

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Laurent Delenclos mais pour toujours Bellote (directeur technique audio Freevox) : L’été dernier je suis venu au festival Biarritz en Eté avec des A12 pour habiller la scène 2. Les régisseurs de cette scène n’étaient autres que les membres de l’équipe technique de l’Atabal.
Ils ne connaissaient pas JBL et ont été tellement impressionnés qu’ils m’ont demandé de leur rendre visite dans leur salle car ils prévoyaient de changer de système en 2019. Quand l’appel d’offres est sorti, j’ai répondu avec le A8 qui correspond mieux à leur jauge et reprend la technologie du A12 qu’ils avaient entendue et appréciée.

SLU : Tu leur as fait écouter ?

Bellote : Bien sûr. Même configuration. Deux fois 6 boîtes, arc sub de 8 B18 et cluster central de deux A8, le même modèle. J’ai préféré cette solution pour éviter les infills qui en mettent plein la tête aux gens. La A8 ouvre à 110° et s’y prête parfaitement. Le raccord sera pertinent.

Les six A8 par côté, des têtes qui malgré leur petite taille, tranchent avec les classiques montages en double grave et un moteur en offrant deux graves, quatre médiums à membrane et deux moteurs 2423K, les mêmes équipant la A12. Trois voies sur deux pattes d’ampli.

SLU : Et tu as apporté aussi wedge et sides ?

Bellote : Oui. Des wedges VTX en deux fois 12” et deux fois 10” (ils ont pris les deux fois 12”) et des sides de la série SRX 835 en trois vois actives et filtrage FIR. Wedges M22 comme sides ont la même phase acoustique que la série VTX. La phase et la scène ensemble s’aiment plus !

La moitié des wedges M22 de l’Atabal et tout au fond à droite la régie sur deux niveaux, l’éclairagiste disposant d’un pratos.

SLU : Ils en ont pris une palette de wedges…

Bellote : Douze M22 et d’un SRX818S pour les batteurs. La scène est assez grande ramenée à la surface tout debout de la salle. Ils peuvent désormais accueillir sereinement des groupes avec beaucoup de monde. Et ils ont enfin pris le même SRX 835 pour le bar, pour des petites animations. Il y a déjà de quoi faire du son avec ! (rires)

SLU : Est-ce que tout le monde a disposé d’une formation ?

Bellote : Absolument. Le matériel est arrivé lundi, moi mardi où j’ai tout testé au déballage et ensuite on a monté ensemble, un montage au ralenti qui a servi aussi de formation à l’exploitation en tant que prestataire. Mercredi et jeudi on a fait deux jours d’informatique autour de l’exploitation électronique du système, presets, amplis, réseau et quelques rappels d’acoustique et notions de base des line array. J’ai aussi volontairement câblé et commis des grosses erreurs pour qu’ils s’endurcissent et sachent les repérer plus facilement.

Une moitié des sides avec le SRX818SP, un sub 18” amplifié portant une SRX835P, une enceinte encore une fois maligne et très accessible. Bi amplifiée, trois voies et disposant du moteur annulaire maison pour l’aigu, gage de cohérence avec les wedges qui en disposent aussi. Un système amplifié et intégrant HiQnet pour garder l’œil et la main dessus. Derrière on aperçoit les amplis d’une partie du système et des wedges.

Aujourd’hui vendredi, stage pratique avec le premier groupe qui jouera dès ce soir sur le A8 (sourire). C’est important d’écouter un vrai mix et surtout du live car les musiques sur disque, on en a écouté beaucoup tout au long de la semaine, mais cela n’a pas grand-chose à voir avec ce qui sort d’une scène comme l’Atabal.

SLU : Tu as de quoi atteindre le décret en termes de pression ?

Bellote : Largement même si ce n’est pas forcément le but. L’avantage c’est de pouvoir jouer à un niveau élevé sans être agressif. Il faudra d’ailleurs faire attention car on ne se rend pas forcément compte que ça joue fort.

Ce qu’il y a de bien c’est que le choix du A8 est un choix du cœur et des oreilles de l’équipe tout entière de l’Atabal et que dans la foulée, EventLive Biarritz a acheté deux fois dix A8 et douze subs B18 ce qui leur permettra le cas échéant de se constituer deux petits systèmes ou un gros, et si besoin, de compléter le système de l’Atabal.

C’est d’ailleurs EventLive qui a gagné l’appel d’offres. Quoi qu’il en soit je passe toujours du temps, deux jours au moins, avec les clients de systèmes comme le VTX et souvent je m’arrange pour les accompagner lors de la première prestation.

SLU : Comment as-tu calé ?

Bellote : J’ai gardé les abaques habituels : une droite de 30 à 100 Hz. De 100 à 1 kHz, une décroissance constante sur 12 points et ensuite tout droit.

Tout est dit ou presque. Le contour, la phase, la linéarité, la réponse en fréquence très large…

…et la couverture à 1 kHz est plus que bonne. Bon, OK, une sortie de secours à jardin et un dérouleur incendie à cour ont quelques dB de moins…


SLU : Nous sommes mi-mai, ce n’est pas banal comme période pour installer du matériel, vous avez fait comment ?

Bellote : Nous avions du stock, et une semaine a été dégagée pour qu’on puisse intervenir. C’est vrai que c’est assez inhabituel de renouveler sa technique en pleine saison, mais c’est le choix de l’Atabal et comme on avait tout en boutique (gros clin d’œil) car Arnaud est joueur (Leschemelle, PDG de Freevox), on les a accompagnés. Ca leur permet aussi de négocier les groupes pour la nouvelle saison en insistant sur le nouveau système.

Nous avons partagé quelques instants avec François Maton, le boss de la salle, son âme musicale et l’homme ayant mené l’Atabal vers son succès actuel, afin de mieux connaître son parcours, la structure elle-même et enfin les raisons du choix de JBL.

Bellote et François Maton

SLU : Comment est structuré ce complexe ?

François Maton : La salle appartient à l’agglomération qui l’a créée en 2005 et la gestion a été déléguée à la ville de Biarritz. Nous fonctionnons donc sous le statut d’EPIC (établissement public industriel et commercial).

SLU : Comment es-tu arrivé ici ?

François Maton : J’ai postulé (rires) Je suis originaire de la région mais j’ai d’abord effectué une prépa HEC puis j’ai intégré une école de management et marketing où j’ai suivi un cursus à moitié à l’école et l’autre moitié en milieu associatif. J’ai choisi pour cela une asso de concert à Marseille.
J’ai fait une année de césure en maison de disques chez BMG ce qui m’a permis d’affiner mes choix et de partir à fond sur le live. Je suis pour cela revenu à Biarritz et jusqu’à 2009 j’ai travaillé dans l’organisation de concerts en milieu associatif et pour vivre j’ai bossé pendant deux ans dans une banque (sourires) pour enfin effectuer pas mal de petites missions pour la ville et la communauté de commune jusqu’à janvier 2012 où j’ai été embauché ici.

SLU : Il faut dire que tu as un profil rêvé. Tu as donc effectué deux fois 3 ans et…

François Maton : J’ai été embauché en CDI (rires) !

L’Atabal K-FE, bien plus qu’un surplus de recette, du plaisir signé Jean-François Ampo.

SLU : Quel style de programmation fais-tu ?

François Maton : Essentiellement de l’anglais pour pouvoir séduire à la fois le public français mais aussi celui espagnol. Nous sommes à quelques kilomètres de la frontière. Nous sommes aussi spécialisés dans les musiques extrêmes. Ca nous plaît et il y a une vraie appétence pour ce style musical.

Les visages crépusculaires des portables, ici celui de François…

SLU : Financièrement comment fonctionnez-vous ?

François Maton : On a le Label SMAC avec une subvention annuelle de fonctionnement de la ville de Biarritz, du département, de la région et de l’état. Cela représente 40 % de nos frais de fonctionnement. Les 60 % autres proviennent de nos recettes : la billetterie, bar, école de musique, studios de répétition et partenariats divers.
En 6 ans on a doublé note budget et l’Atabal est passé de 25 dates par an à presque 100 aujourd’hui. Notre saison va du 1er septembre au 30 juillet. On joue aussi la carte de la contre programmation en évitant les samedis où notre public de musiques actuelles, en majorité les 30-50 ans, sort avec sa famille.

SLU : Et pour avoir certains artistes de qualité il faut aussi s’adapter…

François Maton : C’est exact, on ne peut pas faire les difficiles sur les dates (sourires)

La refonte de la diffusion

SLU : Comment avez-vous financé le remplacement complet de la diffusion ?

François Maton : Par un emprunt sur 10 ans. L’investissement est lourd mais cela nous donne une totale autonomie technique. Aujourd’hui on peut accueillir avec le meilleur confort et qualité à l’Atabal, ou bien en dehors pour donner sa chance à un petit groupe avec les SRX ou enfin se déplacer dans une plus grande salle de 4 000 places pour certains groupes à très fort potentiel en prenant notre matériel et en louant un complément. Nos coûts de fonctionnement sont optimisés.

Sabri Bouchfar et…

…Mathieu Garcia tous deux régisseurs techniques et sondiers !


SLU : Et pourquoi cette refonte totale ?

François Maton : C’est simple. Notre matériel était obsolète et qualitativement insuffisant.

Sabri Bouchfar (Régisseur technique) : On n’a jamais eu de refus lors du booking des groupes, mais quand le mixeur voyait et écoutait notre ancien système, le nombre insuffisant de têtes et surtout les subs d’un autre temps, il nous en faisait la remarque. 4 têtes par côté…

Un arc sub dans toute sa splendeur, ouvrant à 70° et représenté ici à 50 Hz avec trois niveaux de plaisir pour le public : agglutiné aux crashs, faisant la fête en milieu de salle, ou buvant un coup dans le fond. Le mixeur reste bien servi.

SLU : Ca ne couple pas des tonnes!

Sabri Bouchfar : Oui, on avait un bas assez étrange où il fallait vite faire la police : « Tu limites… Laisse respirer un peu le système… » Certains le faisaient bien, d’autres moins bien.

SLU : Comment se sont passés la partie définition du cahier des charges et l’achat ?

François Maton : Sabri a rédigé un design théorique qu’il estimait être pertinent après avoir fait un diagnostic des manques du système précédent. Il en a tiré un appel d’offres dans lequel il a demandé un design à chaque marque. Nous avons reçu 10 dossiers. 10 marques différentes portées par 10 prestataires locaux. Après analyse des offres, les 5 premiers ont effectué un essai en grandeur nature et nous avons effectué notre choix.

Le mixeur de The Herbaliser en pleine balance quitte la Pro2 pour s’approcher (satisfait) de la diff et des subs protégés par des crashs

SLU : Locaux jusqu’où ?

François Maton : Raisonnablement, je pense à Bordeaux, Montauban…

SLU : (on l’interrompt) ohh ça sent le Dominique Maurel !

François Maton : C’est lui ! En cas de problème il nous fallait un prestataire capable d’être là assez rapidement et d’opérer si nécessaire, un complément avec le même matériel.

SLU : Des grosses différences de prix ?

François Maton : Oui. On a été assez interloqué au début. Sur une base 100, ça allait de 60 à 100. Une fois effectuée une première passe, cette fourchette s’est resserrée entre 75 et 100. Je pense que certaines marques n’ont pas compris que nous ne voulions pas les modèles d’entrée de gamme ou en nombre insuffisant mais bien ceux permettant de travailler et d’accueillir dans des bonnes conditions les groupes. Le prix avait son importance mais quand on amortit sur 10 ans aux taux actuels, on peut se permettre d’avoir le bon produit, même s’il est un peu plus cher.

SLU : Les tests sont importants ?

François Maton : Ah oui, ils ont été très parlants. Heureusement qu’on est passé par cette phase. Notre design théorique était plutôt bon et pourtant certaines marques sont arrivées avec 4 boîtes par côté.

Une partie de l’équipe de l’Atabal ou bien y travaillant. De gauche à droite Fabrice Darlas, éclairagiste intermittent aussi adorable que talentueux, François Maton, le Boss, Mathieu Garcia, Régisseur technique, Sabri Bouchfar Régisseur technique et Didier Lavignasse, Régisseur studio et voltigeur plateau quand il faut, bref, des gens tristes et n’aimant pas leur métier ;0)

SLU : Comment s’est passée cette phase de test ?

François Maton : Les mêmes 6 personnes ont écouté exactement les mêmes albums durant une pleine journée avec chaque système et chacun d’entre eux a été soumis au live via un concert, certes d’un groupe différent, mais très révélateur. On a réussi à écouter chaque marque sur un style musical où on avait des doutes.
Tout le monde a eu un super test. Bien sûr il y a de la déception chez ceux qui n’ont pas été pris, mais nous sommes certains de notre choix. Nous n’avions pas le droit de nous tromper, on partait pour 10 ou 15 ans et c’est en grande partie notre argent, l’argent de la salle qui était en jeu.

EventLive Group, plus qu’un intégrateur

Max Leroux

Impossible de ne pas interroger aussi Max, Maxime Leroux, le responsable commercial d’EventLive Group à Biarritz, l’intégrateur du système de l’Atabal et aussi l’heureux propriétaire d’un parc de A8.

SLU : Pourquoi Group ?

Maxime Leroux : Parce que nous avons EventLive Biarritz, Mixlive64 et bientôt une troisième entité en Nouvelle Aquitaine. Nous sommes des prestataires techniques pour le spectacle vivant, conférences, événementiel et on fournit du son, de la lumière et de la vidéo avec de l’écran LED plein jour et du gros VP Christie.

SLU : EventLive Group existe depuis quand ?

Maxime Leroux : 2015, je suis associé avec David Lafourcade. Je viens du côté DJ et je suis devenu le commercial de la société alors que lui est très technique.

SLU : Comment en es-tu venu à choisir JBL ?

Maxime Leroux : Par Freevox. Ils nous ont toujours suivis et aidés et c’est un des premiers distributeurs à nous avoir fait confiance au lancement de la société. On en intègre pas mal et on achète aussi beaucoup de lumière. L’année dernière, ils nous ont bien accompagnés lors du festival Biarritz en Eté. C’est une belle collaboration entre eux et nous et l’on se renvoie toujours l’ascenseur. Laurent (Bellote) est un type adorable, j’ai complètement confiance en lui et il n’est que de bon conseil.

Une répartition extrêmement homogène avec à peine plus de SPL en champ proche qu’au lointain. En cyan à 4 kHz et en jaune à 8 kHz. La balance tonale est parfaite.

SLU : Tu es heureux de ton choix avec le A8 ?

Maxime Leroux : Bien sûr, ça marche très bien et quand j’ai accueilli Sébastien Roblin d’Intelligence Audio (Seb..si tu nous écoutes !) à Biarritz en Eté avec des A12, il a été bluffé. Cela m’a mis en confiance d’autant que ça y est, j’ai les premières fiches techniques où figure le nom JBL. Je n’en ai pas eu 50, mais ça commence.

La Midas Pro2 aux mains des The Herbaliser. Il est possible de la remplacer par la CL5 des retours facilement puisque les sources passent par un patch analogique.

SLU : Tu as une autre marque audio dans ton parc

Maxime Leroux : Oui que je garde car c’est pratique pour de l’événementiel et les wedges sont efficaces, et je ne peux pas tout changer. Enfin c’est bien de pouvoir proposer deux marques.

SLU : Mais tu ne distribues que JBL…

Maxime Leroux : Absolument. J’ai déjà installé des clubs sur la côte avec cette marque et outre le A8, j’ai aussi d’autres références en parc comme les PRX et SRX.

Parole, parole, parole… dB SPL, dBA, dBC !

Nous écoutons quelques titres peu ou pas masterisés de Sheffield Lab avec notamment un mix direct sur du ½ pouce et 30 ips de George Massenburg et on savoure ce système. Le contour est pile poil comme le rendu d’ensemble.

Les quelques points pris sur le gauche/droite, notamment pour calmer le raccord dans un grave vraiment en forme !

Les deux têtes au centre, de la présence sans semer la zizanie dans le bas.

Le VTX-A est tout sauf l’idée qu’on se fait du son « américain. » On est dans un univers hi-fi. Dès les niveaux les plus bas, l’équilibre et la dynamique sont présents. A 80 dBA on savoure déjà du vrai son, complet et qui ne varie absolument pas à 90. Au-delà, l’impact physique apporte sa dîme et construit le rendu live tel qu’on l’aime pour son côté viscéral et événementiel, sans pour autant faire mal.
Une vraie réussite. Il sera possible de mixer absolument tout dans les A, y compris du classique et surtout le métal et autres musiques qui font la réputation de l’Atabal. Bellote a taillé ce qui est gênant et a livré un système capable de caresser comme de déboîter.

Comme le dit si bien Flux, 102 et pas un de plus !

Le soir même, The Herbaliser, le groupe anglais qui inaugure le nouveau système, le fait avec un mixeur qui l’est tout autant.
Les cuivres et les scratchs du DJ attaquent comme il faut et l’arc sub complète idéalement le bas sans abîmer la patate des 8” ce qui nous permet de retrouver le son « sooo british » et donc fort, assez sale et avec les basses oubliées dans la semie. Cela prouve encore une fois qu’un système ne fait pas le son, il le reproduit.

The Herbaliser devant un public nombreux et ravi.

D’autres informations sur :

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Gamme X-Vision de Theatrixx: des convertisseurs vidéo orientés vers le Live. Interview vidéo

Par admin

Theatrixx Technologies, société Québécoise de Montréal, en sus de ses activités de distributeur d’équipements techniques dans le domaine des arts de la scène, de l’événementiel et du spectacle, est aussi un fabricant de racks de distribution et de boîtiers convertisseurs vidéo robustes et étudiés pour les contraintes du Touring.

Une belle brochette de convertisseurs vidéo X-Vision de Theatrixx.

C’est plus particulièrement cette gamme que Eric Guertin, Responsable des Ventes Theatrixx, nous présente ici dans le détail lors du dernier salon Satis à Paris.

Fabriquée à 100 % au Canada, cette gamme date en fait de plus de trois ans pour les premiers modèles, et avait d’ailleurs déjà connu dès le départ un succès Mondial (en tout cas sur le continent américain, aussi bien chez les compatriotes de Céline (la chanteuse, pas l’écrivain).
Aux U.S.A., ces dignes représentants de la Belle Province remportèrent même le trophée prestigieux du Best Debuting Product Award au LDI fin 2016. Les vrais débuts dans l’hexagone sous le feu des projecteurs médiatiques de notre profession datent du Satis 2018, toutes ces dates représentant un aboutissement et une évolution intéressants pour cette société volontaire constamment en quête d’innovations utiles dans le domaine du Live, mais aussi de l’installation.

Theatrixx, fondée en 1999, a connu depuis 20 ans une croissance soutenue et régulière grâce tout d’abord à ses activités de distribution. Ses premières fabrications en propre sont arrivées ensuite dans le domaine de la distribution électrique pour l’industrie du spectacle et de l’événementiel, avec une gamme de valises, racks et panneaux de distribution électriques répondant aux normes CSA et UL, ce qui signifie qu’ils peuvent être utilisés sans problème partout en Amérique du Nord.
Pour l’Europe, les normes étant parfois (voire souvent) différentes, ils ont prudemment attendu d’avoir d’autres produits encore plus universels à proposer, mais tout aussi indispensables, comme par exemple des boîtiers de conversion vidéo de tout poil et tous standards.

Erik Guertin, Directeur des Ventes pour l’Europe, parlant parfaitement français (avec un succulent accent Québécois bien sûr, un régal pour nos oreilles “hexagonales” !), c’était facile pour nous de le lancer sur une présentation complète de sa gamme de convertisseurs vidéo, à l’occasion de la première étape de sa campagne de conquête du marché européen.

Le salon Satis, renaît tel le Phénix, mais en 360° !

La première étape, avant ISE Amsterdam et Prolight+Sound à Francfort, sur des stands gagnant à chaque fois en surface et même en fréquentation, fut donc le salon Satis fin 2018, sur un stand aux couleurs de son distributeur français Dream Team Services.
A l’époque, son dirigeant Jean-Pierre Chapuis, décédé depuis, nous avait accueillis avec son sens de l’accueil et sa bonne humeur, de même que Vincent Ruelle, responsable des ventes de la société.

La gamme X-Vision de onze convertisseurs est passée à deux modèles de plus depuis le salon ISE, et comprend de nombreux points forts communs entre modèles :

  • Solidité et épaisseur (6,35 mm !) du boîtier (on peut tuer un caribou au galop d’un seul lancer, mais en visant bien) ;
  • Du même coup, dissipation thermique très efficace, et par là même absence de bruit de ventilation ;
  • Face magnétique pour pouvoir les installer très rapidement au dos d’un rack ou partout où vous trouverez des endroits métalliques, c’est-à-dire souvent ;
  • Indicateurs à led nombreux et évocateurs des statuts des signaux et de l’appareil ;
  • Point de fixation pour crochet, et encoches pour système de bandeau type Velcro ;
  • Livrés en boîtier rigide Nanuk®.

Nanuk® est par ailleurs une des marques distribuées en France par Dream Team Services, au même titre par exemple que les systèmes de Cueing D-San®.

Cette bonne douzaine de convertisseurs est répartie en trois familles, chacune étant identifiée judicieusement d’un bandeau de couleur différente sur le haut du boîtier :

Série SDI (à chaque fois avec sortie doublée)

  • SDI > HDMI
  • HDMI > SDI
  • HDMI > SDI bi-directionnel
  • SDI Embedder (Audio + HDMI)
  • SDI De-Embedder (Audio + HDMI)
  • Amplificateur de distribution SDI 1:4 (avec re-clocking)
  • Répéteur SDI

Série Fibre

  • SDI > Fibre (support de fibre simple ou multi-mode)
  • Fibre > SDI (support de fibre simple ou multi-mode)

Série HDBT

  • HDMI > HDBT (jusqu’à 4k / 2160p)
  • HDBT > HDMI (jusqu’à 4k / 2160p)

Pour terminer ce tour d’horizon, voici les nouveautés arrivées en début d’année 2019 :

  • Amplificateur de distribution HDMI 1:4 (avec re-clocking)
  • Serveur de streaming H264 pour retransmission directe par Internet (Streaming Direct sur le Web)

Les connecteurs entrée/recopie secteur sont au standard étanche Neutrik type True1, pour permettre une utilisation en extérieur, certes pas en installation permanente ardue type IP65 ou en immersion, mais largement adaptée pour un festival en plein air, une journée sportive, ou autre …
Ils peuvent, de par leurs caractéristiques et conception, supporter néanmoins des conditions d’utilisation extrêmes. Ainsi, aux Championnats de Ski en Finlande en 2017, un certain nombre de ces boîtiers fonctionnèrent non-stop et à des températures nettement négatives, sans broncher (ni éternuer !).

Le rack Motherboard Rack et les versions « en tiroirs » des modules X-Vision, tout cela conçu pour les installations fixes.

Pour des installations permanentes en cars régie ou locaux de brassage vidéo, les mêmes boîtiers existent en format un peu plus fin, avec alimentation DC externe, et se glissent dans un panier 19” type “Motherboard Rack”, prenant leur place rapidement et fermement grâce à des guides magnétiques et des connecteurs rapides garantissant des conversion de signaux sans altération aucune.
Du coup, aussi bien pour ces modèles que les précédents, Theatrixx offre 5 ans de garantie, en passant bien sûr par DreamTeam Services pour les clients français.

Plus d’information sur le site Web de Theatrixx et celui de Dream Team Services.

Deux matinées avec l’Uniline Compact d’APG

Par admin

Petit, léger, modulaire et donc malin, l’Uniline Compact d’APG nous a été présenté en long, en large et sur pied lors de deux longues sessions par Maxence Castelain et Grégory Dapsanse dans l’Espace des Arts aux Pavillons-sous-Bois.

l’Espace des Arts aux Pavillons-sous-Bois et plus particulièrement son plateau où par un accord gagnant-gagnant, APG a déployé à demeure une installation servant la salle comme les démos du fabricant.

L’Espace des Arts est une salle de petite jauge qui comme beaucoup d’autres espaces polyvalents pouvant accepter des pièces de théâtre, des projections de cinéma à l’aide d’une toile sur enrouleur, des concerts, des matchs de boxe via un ring rétractable et très «vivant » sous vos pieds, offre une acoustique relativement absorbante dans le haut et un peu curieuse dans le bas qu’il faut savoir domestiquer, puis accepter.

Une vue de la salle avec ses gradins et…sa toile accompagnée par le son cinoche.

Tout ceci pour dire que nous avons écouté un système dans un espace représentatif des salles dans lesquelles il pourra être déployé et pas en plein air. Quoi qu’il en soit encore merci aux équipes de l’Espace des Arts de nous avoir acceptés deux mâtinées complètes. Et fatalement sonores.

La UC206N

Pour celles et ceux ne connaissant pas l’Uniline Compact, il s’agit d’un système trois voies dont deux actives basé sur deux têtes appelées UC206 N pour Narrow à 70° et UC206W pour Wide.
Petit et ne pesant que 19 kg, avec ses deux 6,5” B&C et son ensemble Isotop coaxial composé d’un 5” PHL cachant en son cœur un moteur B&C à gorge de 0,5” il se destine à des jauges intermédiaires.

Une vue en coupe des deux variantes Narrow et Wide autour du même Isotop15, l’unité coaxiale avec son ogive de compression et de mise en forme d’un front d’ondes isophase. Le volume de charge des deux graves change légèrement en faveur du Narrow ce qui n’est pas inintéressant.

Mais il est malin puisqu’il dispose de deux compagnons de jeu, un renfort de grave en 15” aimant lui aussi l’alpinisme et prévu pour être accroché avec ou à ses côtés appelé UC115B et enfin un vrai sub tiré de la gamme Uniline en 18” et appelé UL118B.

Le système à jardin, trois renforts de grave UC115B et six têtes UC206N

Cet ensemble offre un kit qui une fois apprivoisé, lui donne toute sa polyvalence et en augmente fortement son pouvoir de séduction en termes de jauge.
Nous avons pu écouter des UC206 posées sur le nez de scène en tant que point sources, des lignes de six UC206N seules, ces mêmes lignes des 6 mais complétées par 3 UC115B par côté et enfin l’ensemble têtes plus renforts auxquels ont été ajoutés 4 UL118B posés au sol, appelé le mode complet.

Nous avons volontairement aussi joué les têtes et les subs UL118B sans renforts de basses et enfin profité de la liberté offerte par APG pour écouter tout ou partie de ce déploiement à différentes fréquences de coupure, 65, 80 et 110 Hz, une liberté offerte aussi à ses utilisateurs. Le bonheur.

Avant de nous lancer à l’assaut du système tympan au clair, quelques questions pour bien comprendre le positionnement du produit.

SLU : Quelle est la cible visée par l’UC ?

Grégory Dapsanse : D’avoir un seul système pour satisfaire à toutes les applications intérieur ou plein air entre 100 et 3000 personnes. Il y a tout de même une condition qui permette d’atteindre ce but, c’est que l’association d’enceintes conduise à bénéficier d’au moins 5 sections acoustiques reproduisant les bandes de fréquence clé, typiquement infra, grave, bas médium, médium et aigu. L’Uniline Compact en prend en charge 3 et les deux caissons les deux autres.

La très belle directivité verticale non retouchée de l’Isotop15, d’où les artefacts à partir de 15 kHz dûs à la méthode de mesure et pas au procédé lui même.

SLU : Ca paraît peu un seul moteur d’un pouce à gorge 0,5” dans le montage Isotop même s’il ne démarre qu’à 5 kHz…

Grégory Dapsanse : Justement, comme il ne démarre que très haut en fréquence, les besoins en énergie sont beaucoup plus faibles et son rendu bien meilleur.
L’essentiel du travail est exécuté par le 5” qui couvre trois octaves entre 500 et 5 kHz et qui est bien plus efficace qu’un gros dôme dans le bas.
La combinaison avec l’ogive qui le charge et qui permet un couplage non seulement non interférentiel dans l’aigu, mais vectoriel avec +6 dB à chaque doublement du nombre d’enceintes dans la ligne, garantit un gain important.

La très belle directivité verticale non retouchée de l’Isotop15, d’où les artefacts à partir de 15 kHz dûs à la méthode de mesure et pas au procédé lui même.

L’Isotop apporte une très bonne directivité jusqu’à 19 kHz avec un resserrement régulier qui génère un très bon couplage en amplitude et en phase.

Pour résumer, la puissance pour la puissance ne sert pas à grand chose quand elle est gâchée, ce qui n’est pas le cas avec l’Isotop. Un petit moteur dans l’aigu peut ne pas être un handicap si on sait bien l’exploiter.


Nos trois hôtes pour cette démo. De gauche à droite Maxence Castelain, ingénieur support et commercial, Grégory Dapsanse, directeur marketing et développement et enfin Antoine Fourny, stagiaire mesures physiques.

Maxence Castelain : Si on doit vraiment trouver un maillon faible dans la chaîne c’est plutôt le haut-parleur de médium puisqu’il prend toute la bande. Ajouter un second moteur ne serait pas d’une grande utilité.

Grégory Dapsanse : La radiation directe employée dans nombre de line array ne permet pas de lutter efficacement contre les phénomènes atmosphériques au-delà de 80 mètres, dès que tu pavillonnes, la distance critique augmente sensiblement.

SLU : Et les 6,5” sont de vrais graves…

Grégory Dapsanse : 100%. Comme on coupe à partir de 450 Hz, on a demandé à B&C des HP qui bougent et pas des large bande qu’on tirerait un peu artificiellement vers le bas.

Des mots à la démo

Une tête

Cette mise en bouche théorique avalée, on ouvre sur une paire de UC206W en mode infill pour écouter et juger de la capacité de ces têtes à remplacer des point sources dans des petites configurations vocales et c’est Suzanne Vega et l’acapella du légendaire Tom’s diner qui retentit dans la salle avec tout le mordant, la gorge, la clarté et le piqué de cette prise de voix.

La réponse en fréquence mesurée à l’Espace des Arts d’une UC206W et de ses trois presets. Le bas est coupé à 80 Hz. En bleu et flat, le mode array, en vert et avec le haut bien atténué le Fill de proximité et enfin en orange le downfill.

Une des utilisations possibles de l’UC206W perchée au-dessus d’un UC115B

La phase est impeccable, merci le montage coaxial, et on sent nettement la membrane et sa relative douceur et sincérité dans le rendu. La salle en revanche pique un peu dans le bas mid avec un TR court mais dense. Un second extrait, une voix parlée complète l’impression favorable, la partie grave de la voix étant très bien rendue.

Avec un peu de recul et en visant bien (15° verticaux, c’est peu) une paire de UC206W peut très bien sonoriser le discours d’un maire ou toute autre prise de parole avec l’avantage de la portée et surtout de l’intelligibilité dans un lieu de grande taille et réverbérant. En fond de notre salle d’écoute à plus de 30 mètres, on est encore très bien servi.
Quelques notes du joli piano voix Folder d’Archive, font apprécier la musicalité, la personnalité du médium et la belle polaire de l’UC206W. Les 110° sont largement atteints (-6 dB à 105°) avec une sortie très progressive tout en gardant un timbre assez homogène. Le pavillon à directivité constante est une réussite.

Six têtes

On attaque à présent l’écoute des lignes de six UC206N en accroche et pleine bande, les 6,5” étant sollicités jusqu’à 65 Hz. L’équilibre est très satisfaisant avec un niveau de grave appréciable même si le contour s’avère modeste. Ce qui en revanche surprend c’est l’envie d’aller loin du bloc Isotop.
Autant les Wide sont taillées pour la proximité et arrosent avec une certaine « bonhomie » au niveau du médium et du haut médium, autant avec les Narrow on sent que APG joue la carte de la portée avec une projection très intéressante que nous avons déjà pu apprécier aussi en plein air.

6 UC206N en preset array et mesurées à 20 mètres. Elles sont en Full Range.

La salle est parfaitement couverte sans le moindre accident et avec une puissance apparente remarquable ramenée à la taille de la boîte. En salle et pour des musiques et des niveaux normaux, même 6 boîtes font déjà bien l’affaire. On ressent malgré tout le besoin de remplir une octave très importante, la 30-60 Hz, aussi pour rééquilibrer la puissance de la partie médium aigu des UC206N.

Six têtes et trois renforts de grave

L’UC115B aussi à l’aise au sol qu’en accroche grâce à son poids raisonnable de 33 kg.

Le renfort en question est l’UC115B, compact lui aussi et taillé sur mesure pour les Uniline Compact dont il reprend les cotes. Bâti sur une charge passe-bande à double chambre symétrique, il accueille un 15” Eighteen Sound à aimant néodyme et bobine de 4” placé à 45°.

Comme nous le rappelle Maxence Castelain, ce type de montage apporte un gain de l’ordre de 3 dB et réduit la taille du caisson.
Autre avantage, l’effet de compression est raisonnable et comme le volume avant est très ouvert, on dispose d’une bonne attaque dans le haut et d’un gain interessant dans le bas du grave. Ce renfort a été conçu pour travailler efficacement aussi comme sub puisqu’il est tiré à 45 Hz pleine bande.

Une vue de la double chambre du 15”

A l’écoute, ce mode « Extended 1 » dans la littérature APG, donne au système une assise et surtout un net gain en SPL. Les têtes sont raccordées avec les UC115B à 110 Hz en 24 dB/octave.
Leur nombre est important, trois par côté pour 6 têtes, un ratio qui compose soit un gros système full range auquel il manquerait des subs pour gonfler le contour et taquiner l’infra, soit un système complet où une octave 30/60 Hz à haut SPL n’est pas requise. Une configuration standard et très bien placée question prix.

Voici résumé par la mesure et en violet ce qu’offre le couple UC206 et UC115B avec le raccordement placé à 110Hz. Le bas du spectre est largement suffisant pour nombre d’applications avec un point bas de 34 Hz à -6 dB

Chris Jones, sans doute l’artiste le plus utilisé en démo fait vibrer ses cordes et son shaker. Convaincant. Le grave a de la matière bien articulée et l’aigu cette finesse et cette honnêteté que les gros moteurs ont encore du mal à avoir même si avec le temps ils sont parvenus à couvrir 4 octaves… Rien de niveau en revanche sous le soleil, deux sources de grave bien espacées font de belles marguerites.

Six têtes et quatre subs

Avant dernière configuration, nous écoutons les 6 têtes par côté avec 4 vrais subs alignés au pied de la scène, conçus au départ pour l’Uniline, le gros. Il s’agit des UL118B, des boîtes à bave exploitant la même charge passe-bande déjà vue sur le 115 mais cette fois sur un transducteur de 18” accordé et monté de telle sorte à fournir beaucoup d’énergie, essentiellement dans l’infra.

Les quatre UL118B, alignés à plat au pied de la scène et juste mis en phase avec le système.

Pour ce premier essai, le raccordement est placé à 80 Hz. Aucun doute, c’est chatoyant. Entre effet de sol et évidente facilité à délivrer des quantités importantes de bas, le rendu prend des allures très « chaîne hi-fi » avec, c’était prévisible, une répartition plus régulière du bas dans la salle mais aussi un certain manque de dynamique et de définition du grave. Sur un titre comme Your heart is as black as night de Melody Gardot au balai, ça passe crème, mais un vrai gros basse/batt manque un peu d’impact.

Sur le papier, cette association est la plus évidente et celle qui évite le plus de compliquer la phase. Le UL118B est aussi coupé à 80Hz. Il donne son pic d’énergie sur l’octave 30-60 et est encore bien vaillant à 25 Hz.

Ca ne tape pas assez et des membranes de 6,5” et petit nombre et des gros 18” en passe-bande, laissent un trou, certes invisible à la mesure, mais un peu pénalisant en termes de couleur et d’attaque dans nombre de musiques et sans doute pas évident à rattraper à la console.

Six têtes, trois renforts de grave et quatre subs

Nous passons enfin à la configuration fromage ET dessert où l’infra des 18” complète le grave organique des 15” et les têtes rentrent relax dans cette armada de « grandes ondes ». La projection et l’attaque de ces dernières coupées à 110 Hz est limite trop vivace mais pour le reste, on a un équilibre spectral irréprochable.

Une vue de la salle et notamment des rangs de sièges coulissants. On devine au sol les UL118B.

Bien sûr autant de sources de grave se font un peu de concurrence et se bouffent le nez mais cela est valable pour toutes les marques et peut s’optimiser avec le placement, le filtrage et le calage. On ressent malgré tout une forme de plénitude et qualitativement, le tout a de la gueule et sert de façon convaincante quelques sources à très haute dynamique en notre possession.

La courbe verte est la résultante de ce mode dit « complet » avec une coupe à 110 et une seconde à 60 Hz. Forcément le contour grimpe et atteint un confortable 12 dB.

Quelques doutes se font malgré tout sentir dans le choix de 6 boîtes narrow pour une salle aussi petite dont les quatre du haut faiblement incurvées (ouverture verticale de l’UC206N de 15°) offrent beaucoup de SPL au lointain dans le médium et haut médium. Tout cela est l’inconvénient de l’avantage, celui d’avoir une configuration accrochée très polyvalente et idéale pour les démos. Tous les modes ne peuvent être optimisés ne serait-ce que mécaniquement dans une salle loin d’être évidente.

La décroissance entre 2 et 24 mètres au sein de l’Espace des Arts.

Conclusion

Une fois n’est pas coutume, on va faire bref. Derrière son look un peu vieillot l’Uniline Compact cache une conception, des choix acoustiques et des transducteurs de qualité. Mettre trois voies dans une si petite enceinte est une réussite qui amène son lot d’avantages pour bien peu d’inconvénients.
Son rendu associe la patate, la fidélité, la portée et la générosité avec une couleur tonale inédite liée à son médium sur membrane et son faible taux de compression.

12 voies d’amplification italo-britanniques même si les deux marques spécialistes de l’OEM, arborent les couleurs et les références d’APG.

La liberté offerte par APG dans l’association et dans la mise en œuvre des 4 éléments, ses briques système, peut se révéler décisive pour vraiment habiller de son une salle, mais peut aussi être ardue sans conseils. Ca tombe bien, la marque en dispense, et des bons.
Ajoutons la possibilité de choisir sa plateforme d’amplification entre Linea Research et Powersoft, voire ce que vous avez au dépôt en insérant un DSP APG en rack, et vous avez là une solution, française de qualité et très bien placée. Un système à désirer plus qu’à installer par habitude.

Pour plus d’infos sur le site APG

M. fait son cirque pour ses 20 ans. Episode 1

Par admin

Au début du spectacle avec une petite touche personnalisée par les Mac Aura. Saurez vous la retrouver ?

Le chanteur M. (Matthieu Chedid pour les intimes) célèbre ses 20 ans de création avec la sortie de son dernier album “Lettre infinie”. L’occasion pour lui d’offrir un moment unique et intime à son public en se produisant dans la petite salle du Cirque d’Hiver. Un lieu baroque et chargé d’histoire construit en 1851 et appartenant aujourd’hui à la famille Bouglione.

Jérémy Bargues, éclairagiste de M

Jérémy Bargues, l’éclairagiste de Matthieu, a dû jongler avec le kit de la salle et faire des choix personnels comme demander à MPM, qui fournit l’équipement, d’ajouter des BMFL Blade, des Mac Aura, des tubes led AX1, des barres de leds X4Bar et avec un système de poursuite RoboSpot pour commander un BMFL WashBeam.

Cette série de concerts était une étape laboratoire de création afin de tester, discuter et retravailler une sorte de “pâte à modeler créative”, en prélude à une tournée de plus grande envergure en Zénith et Arena. Elle a démarré en mars et nous sommes conviés à couvrir les dates de la Seine Musicale. Dans un article à paraître on détaillera donc le kit lumière de cœur de Jérémy, l’ajout de sublimes écrans à leds et les automates gérés en midi via Ableton Live.

Tom à gauche et…

…Roxy à droite, les automates musiciens du concert.

Le cirque d’hiver un labo de création dans une salle à part

Sans plus attendre, en piste avec une petite vidéo pour vous mettre dans l’ambiance du spectacle du Cirque d’hiver.

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SLU : Jérémy, quelle est ton actu récente depuis la tournée Mojo ?

Jérémy Bargues : Il y a eu Charlie Winston, HollySiz, la tournée de “Lamomali”, celle de la famille Chedid, Jain sur sa première tournée, Raphaël et Indochine à venir pour cet été en festivals. Avec Matthieu, cela va faire sept ans que nous collaborons.
La première tournée c’était pour son album “Îl” avec Dimitri Vassiliu. Puis j’ai continué avec Matthieu pour “La Famille Chedid”, ensuite pour “Lamomali” et aujourd’hui, la tournée de son dernier album, “Lettre infinie” qui célèbre aussi ses 20 ans de création.

Un très joli M en miroir infini fait écho aux miroirs de loges d’artistes. M s’habille au fil du spectacle pour endosser les différents personnages qu’il incarne depuis 20 ans.

SLU : Quelles sont vos habitudes de travail avec Mathieu ?

Jérémy Bargues : Les dates au Cirque d’Hiver sont comme un grand labo où les choses changent un peu tous les jours. Le soir on enregistre le spectacle en plan large pour pouvoir en discuter le lendemain, partager nos ressentis et prévoir les changements pour le spectacle qui suit. Ce tri se fait afin d’arriver à une tournée des Zéniths où l’installation sera complètement différente mais reprendra tout de même des éléments de cette première série de concerts au Cirque. Au final, c’est vraiment un travail à plusieurs mains.

Juste avant la retape du jour, le chanteur fait le point avec son équipe.

Alain Millon et François Causse ont collaboré à la partie automate. Au niveau de la scénographie, les idées de base viennent de Matthieu et chacun rebondit que ce soit au niveau du son, de la lumière, de la mise en scène. Chacun apporte sa petite touche. Personnellement, ce qui m’impressionne chez lui c’est sa capacité à se renouveler, avec un Gimmick marqué pour chacun de ses albums, qu’il soit visuel ou musical.
La tournée “Lettre Infinie” fêtant les 20 ans du baptême de M, le show reprend un peu tous ses petits objets “Gimmick”. On retrouvera donc la guitare rose, les lunettes de Peggy Guggenheim, les lunettes à leds, la perruque de Machistador, les lunettes miroirs de la tournée “Îl” (à Leds aussi d’ailleurs) et enfin la veste à rayures avec la coiffe en or du dernier album.

Le gril du Cirque d’Hiver, Claypaky Alpha Profile 1500 et de Sharpy, mais…

SLU : J’imagine que ce choix du Cirque d’Hiver a dû constituer un petit challenge d’un point de vue technique mais aussi artistique. Quelle a été votre approche de ce lieu atypique ?

Laurent Chéné : Le Cirque offre un caractère et un rapport au public qui intéressaient Matthieu, d’autant qu’il est parti sur un concept solo à la Rémy Bricka. Ses musiciens sont donc des automates.

…si on observe bien on peut apercevoir le BMFL Blade au centre que Jérémy a pu accrocher pour éclairer la piste et y projeter ses gobos personnalisés.

D’autre part, le show a pour particularité de devoir s’intégrer à l’infrastructure technique existante. Il nous fallait donc utiliser le kit lumière du Cirque d’hiver. C’était le deal de départ car leur propre spectacle se produit du samedi au lundi et nous prenons la suite du mardi au vendredi et ce pendant deux semaines. On ne pouvait donc pas faire une alternance sur toute l’installation matérielle pour d’aussi courts délais.

Jérémy Bargues : En effet, passer des Claypaky Profile 1500 à des BMFL les aurait obligés à refaire toute une programmation de show, ce qui était inenvisageable au niveau timing de montage et d’encodage. J’ai donc utilisé le matériel en place avec quelques ajouts dont 4 BMFL Blade dont un en accroche plein centre pour projeter des gobos custom.


Les peaux sont cerclées de leds pour flasher sur les percussions. A cela s’ajoutent l’éclairage du Mac Aura à droite et celui des BMFL Blade, délimité par les couteaux.

Le parc de Mac Aura a également été augmenté pour disposer de sources de proximité pour les instruments automates et bénéficier de petits aplats de lumière.
Il y a aussi des petits Par 16 installés sur la batterie qui est déplacée pendant le spectacle, barres à leds motorisées X4Bar, des tubes led AX1 pour cercler la piste, et enfin un RoboSpot afin de suivre Matthieu même dans les angles morts de la scène.

Des BMFL Blade en ajout pour s’approprier le kit du cirque d’hiver

SLU : Comment as-tu utilisé les BMFL Blade et pourquoi ce choix précisément ?

Jérémy Bargues : Je les avais déjà utilisés sur la tournée “Lamomali” et il me fallait de la puissance et de la polyvalence pour pouvoir répondre aux différents besoins. En plus, je ne pouvais ajouter que quatre appareils du fait du manque de place.

Un Gobo du BMFL Blade texture la piste en faisant écho aux casques dorés portés par M et son sosie au féminin pour la soirée.

Celui qui est accroché plein centre a également pour but de texturer la piste avec des gobos que j’ai fait fabriquer pour illustrer certains des titres chantés par Matthieu. Le sol de la piste étant blanc et de forme circulaire j’y ai tout de suite vu une projection de la sérigraphie du disque “Lettre infinie”.

Le pont de BMFL avec entre les BMFL Blade, le BMFL WashBeam qui suit l’artiste dans ses déplacements les plus inattendus grâce la petite caméra associée au système de poursuite RoboSpot, et que l’on peut apercevoir juste derrière le projecteur.

Ça permettait aussi d’emmener l’ambiance de Matthieu dans ce lieu. La roue d’anim du BMFL Blade est mortelle, on peut mettre des effets ou faire onduler les projections. Pour le titre “L’autre Paradis”, je projette une lune et ça fonctionne très bien.
J’en ai également deux à contre pour les entrées et sorties des invités ou pour un contre douche sur l’artiste car il y a une espèce de fosse d’orchestre qui ne m’a pas permis d’installer un vrai contre. Et enfin un dernier est installé au sol derrière le gong.

SLU : Tu les as utilisés en découpe ?

Jérémy Bargues : Oui, sur le piano, et les automates. Pour moi c’est un produit super propre et efficace, je n’en vois pas d’autres aujourd’hui qui puissent rivaliser. J’en aurai 30 dans le kit de la tournée Zénith.

Très joli tableau mixant la projection d’un gobo de la collection personnalisée par Jérémy et les faisceaux ultra-percutants des Sharpy.

SLU : Et pour les Mac Aura comment s’est faite ta réflexion ?

Jérémy Bargues : On a choisi d’ajouter des Mac Aura à leur kit qui en comprenait déjà pas mal et surtout au sol pour garder une homogénéité globale. C’est d’autant plus important pour les Wash. J’aime le Mac Aura, il est petit avec une ouverture idéale pour éclairer les totems et la patate est suffisante pour les deux-trois effets que je voulais faire. Je l’utilise depuis longtemps, il est efficace en source proche, notamment pour prendre les musiciens.

SLU : Ils ne se plaignent pas d’avoir une source led en proximité ?

Jérémy Bargues : (rire) Apparemment ça va, mais je les dose bien sûr et la lentille est plutôt pas mal. On peut mixer le faisceau et l’effet Aura pour moins leur éclater la tête. Pour moi le duo Mac Aura/ BMFL est le kit de base même si je cherche encore le wash ultime.

Matthieu est lâché, suivi par le RoboSpot. Tout est possible !

SLU : Le RoboSpot pour une scène centrale est une vraie solution ?

Jérémy Bargues : C’est l’outil parfait pour le show parce que Matthieu bouge beaucoup. Il fait des tours de piste, il va dans le public… J’en aurai deux sur la tournée des Zéniths à la face et en contre. Il y a un très court phénomène de latence de 150 millisecondes au niveau du flux vidéo mais Laurent, qui n’avait jamais utilisé de RoboSpot, l’a pris en main très facilement.

SLU : D’où viennent ces tubes qui cerclent la piste ?

Jérémy Bargues : Ce sont des tubes led Astera AX1. Ils sont complètement autonomes en énergie car ils sont sur batterie et je les contrôle en DMX sans fil par la GrandMa. Il y a un petit matriçage qui patche les cellules en 16 leds RGBW par tubes.

Ambiance disco punchy en couleurs. Les tubes Astera sont gérés par la fonction matrice de la GrandMa.

SLU : Tu prends le risque du DMX sans fil ?

Jérémy Bargues : Ces tubes intègrent un récepteur LumenRadio plutôt performant. Je les ai utilisés sur d’autres tournées et ça fonctionne bien. Le seul problème avec le DMX sans fil c’est qu’on ne peut pas faire du flash super-rapide parce qu’on perd quelques signaux parfois ce qui créé une sorte de traînée. Pour le Cirque d’Hiver j’ai réfléchi au placement pour éviter que les signaux ne soient brouillés.
Ça marche tellement bien que les émetteurs sont simplement installés en ligne sur 4 m de long. Ils sont en plus autonomes en énergie. Je les choisis car il fallait pouvoir faire le tour de la piste avec de la puissance sans que ce soit un enfer en termes de câblage. Les batteries sont mises en charge tous les soirs mais elles pourraient tenir 2 à 3 shows consécutifs sans les recharger (en supposant de ne pas faire de balances et de répètes).

Plongé dans sa lettre infinie, il s’auto-éclaire grâce à un petit système signé Visual Solution.

SLU : Comment est gérée la lettre lumineuse que Matthieu utilise pour s’auto-éclairer ?

Jérémy Bargues : C’est un système totalement autonome conçu par Visual Système, qui avait déjà conçu les lunettes à leds de la tournée précédente. C’est d’ailleurs le même système qui a été mis en place. Un petit interrupteur fait contact et allume les LED quand l’objet s’ouvre en laissant passer le courant. C’est Matthieu qui gère son propre éclairage, il doit simplement regarder constamment la lettre pour que le public ait cette sensation de lecture.

SLU : Tu pupitres sur GrandMA3…

La Grand Ma 3 rutilante est de sortie même si elle tourne encore sur le soft de la 2 en attendant que la toute dernière version soit stabilisée.

Jérémy Bargues : Ben oui, à un moment faut franchir le pas, mais comme tu le sais, elle tourne encore avec le soft du 2 en attendant que le 3 soit stabilisé. J’essaye de me décharger de plus en plus du côté technique pour me consacrer à l’artistique surtout pour un projet comme celui-ci où l’artiste demande beaucoup de présence.
Pour l’encodage, JC Aubré m’a donné un coup de main et parfois, pendant les répètes, Laurent Chéné prend le relais aussi à la console. C’est bien d’avoir quatre mains pendant les retapes où tout rebondit sur tout. J’avais aussi ma vieille console une MA Light Commander 12/2 avec des accès directs. C’est pratique en création pour tester certaines choses rapidement.

Jérémy reprend les Sharpy du Cirque d’Hiver pour exploser en salle des Beams puissants.

Éclairer Matthieu

SLU : Comment gères-tu la face, et les contres dans ce lieu circulaire ?

Jérémy Bargues : C’est assez particulier. Les contres par exemple, on oublie, mais ce qui est spécifique au Cirque d’Hiver sera possible en Zénith, d’autant plus que j’adore travailler les contres au sol et avec Matthieu on s’entend bien à ce sujet.

Les GLP X4Bar au-dessus de l’entrée des artistes dessinent de très belles lames de lumière entre Tom et Roxy

Le RoboSpot est essentiel car même s’il a été pensé comme un contre douche, il devient un contre pour le bout de la piste ou une face quand Matthieu se retourne pour le public situé à l’opposé dans la salle. En plus de ce système nous avons accès à deux poursuites Victor Robert Juliat pour assurer une couverture complète de l’espace.

Une des GLP X4 Bar, barre de leds motorisée en tilt.

SLU : Est-ce que cette scène circulaire a généré d’autres challenges ?

Jérémy Bargues : Le Cirque est un challenge en soi pour l’avoir pratiqué déjà deux fois. C’est tout de même une salle particulière avec une scène centrale et circulaire dont on essaye de se dégager un peu en enlevant des couches au fur et à mesure des passes.

L’objectif étant de ne conserver que ce qui est essentiel en lumière toujours dans cette idée de seul-en-scène. Il faut donc chercher à recentrer le focus sur lui avec une logique identique pour les automates. Je ne sais pas si j’y arrive mais j’ai vraiment essayé de créer quelque chose de nouveau en plus de jouer avec ce lieu qui est magnifique.

SLU : Cette ambiance cirque sera-t-elle reprise dans les Zéniths ?

Jérémy Bargues : Beaucoup de choses commencent à s’écrire ici donc des éléments seront semblables du point de vue de la mise en scène et du déroulé du spectacle. C’est le côté laboratoire de création dont je te parlais. Par contre, la configuration scénique n’étant pas la même, d’autres éléments seront apportés comme des VL10 Vari-Lite et des écrans led.

Ambiance plus intime sur la petite planète -M- formée par le cercle de tubes Astera AX1 et la projection d’un gobo de lune sur le plateau en rotation qui permet au public de voir son artiste sous tous les angles.

Conclusion

Jérémy m’a impressionné dans l’approche unique de son éclairage au Cirque d’Hiver. Essayer de se détacher de la salle mais aussi l’utiliser pour créer des tableaux intimistes et poétiques. Un grand écart en plus d’être un challenge. Il a su traduire les envies de Matthieu Chedid et avec sa baguette magique (c’est-à-dire des BMFL Blade) s’approprier l’espace. Les gobos fabriqués pour l’occasion se prêtent magnifiquement bien à la piste ronde. Notamment quand ils projettent une surface de lune, très poétique, pendant le titre “L’Autre Paradis”.
Les tubes Astera AX1 vivent tout autour de la scène et sous les projections de fumée. Un cerclage qui complète parfaitement les effets des Mac Aura. Ces derniers qu’ils soient dirigés en proximité vers les musiciens automates ou utilisés pour des effets sont pêchus et petits, pratique pour se faufiler dans une salle déjà bien chargée. Le show évolue depuis une ambiance seul-en-scène en passant par un joli cœur lors du duo avec sa fille Billie Chedid, prête à écrire son histoire comme elle le chante elle-même.

C’est le final, des faisceaux en blanc froids sont dirigés vers les boules à facettes avec la sérigraphie du dernier album projeté sur la piste. Magnifique !

Puis les ambiances se succèdent. Parfois un tableau aux couleurs chamarrées en hommage au cirque, puis un autre très graphique et géométrique pour “Le complexe du Corn-Flakes” et surtout une apothéose Disco où le public est invité à danser sur scène avec -M- au rythme de solos improvisés à partir d’un de ses titres les plus connus, “Machistador”. Une parenthèse survoltée où tout le monde se lâche. Génial !

L’avant-dernière date de cette série au cirque d’hiver a été un prélude à la tournée ayant démarré en mars 2019. Nous avons été conviés à couvrir les dates de la Seine Musicale, Nous en profiterons pour interviewer Jérémy sur son Kit lumière et sa collaboration avec les écrans à leds ainsi que sur la gestion des automates via un réseau midi relié à un Live Ableton. On chuchote que MPM qui a fourni l’équipement a acheté les derniers hybrides VL 10 Vari-Lite pour Jérémy, et que le chanteur sème régulièrement sa poursuite tellement il court partout. Ça promet !

Bisous et à très vite.

Les Plans

Plan de feu – M- au Cirque d’Hivers, vue de dessus. Les ajouts de Jérémy Bargues.


Les ajouts de Jérémy Bargues. Vue de face.


Le réseau lumière

Le kit lumière du Cirque d’hiver

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Chris, Manu, l’écu, Camille et Nicolas jouent un coup de théâtre!

Par Patrick Cussigh

Christine and the Queens revient sur scène sous une nouvelle identité Chris, androgyne et animale, accompagnée des excellents danseurs du jeune collectif La Horde. Elle a imaginé une mise en scène privilégiant les corps et leur rapport à l’espace, le naturel, la simplicité.
Un grand écart artistique et technique pour l’équipe de création scénographique et lumière car il a fallu construire un spectacle qui a tout d’un Opéra et l’adapter aux contraintes de timing d’une tournée.

A l’AccorHotels Arena, une des dates de la rentrée parisienne de Chris, (de G à D) Camille Duchemin scénographe, Nicolas Olivier éclairagiste, Philippe Ducouret, alias l’Écu de MecaOctet et Manu Mouton, régisseur général nous racontent les étapes de la naissance de ce concert décalé.

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Avant même que nous posions la question, Manu Mouton, régisseur général de la tournée embraye.

Manu Mouton : « La première personne à citer dans la création c’est Christine. Quand je regarde mes notes du début du projet je retrouve tous les univers du show final. C’est elle qui a les idées. Nous l’avons accompagnée car elle ne sait pas forcément comment le dire techniquement, mais elle savait très précisément ce qu’elle voulait.

SLU : Comment êtes-vous arrivés tous dans ce projet ?

Manu Mouton : J’ai fait la direction technique du projet Justice il y a plus de 1 an. C’est la même production. Quand Christine a décidé de se remettre en route dans un univers complètement différent du précédent, Corida m’a proposé de réunir une équipe autour d’elle. L’artiste avait un brief vraiment très particulier : lumière blanche, pas de couleurs, ne pas voir les faisceaux, ne pas voir les sources.

Et si on commençait par la fin, Chris et tout son public sous la neige !

Elle parle de corps, de voir les muscles de voir la sueur. Elle évoque des toiles de fond peintes et des effets naturels comme la fumée, la neige, le sable, rien d’acidulé, rien de technologique, rien de numérique.
J’ai démarré le projet avec Philippe Ducouret, dit l’Écu, mon complice de toutes les créas, Justice et beaucoup d’autres, qui avec sa société MécaOctet construit de la machinerie assistée par ordinateur.

Dès le début avec Christine on parle d’éléments naturels dont la neige, et j’ai le souvenir d’avoir vu le plus beau de ce type d’effet dans un spectacle , “Neige”, de la chorégraphe Michèle Anne De Mey. Nous nous rapprochons de Nicolas Olivier qui a réalisé ces machines, il parle la même langue que Christine, et il a une grande expérience de la neige et de la fumée pour le théâtre.

De gauche à droite Camille Duchemin scénographe, Nicolas Olivier éclairagiste, Philippe Ducouret, alias l’Écu de MecaOctet et Manu Mouton, régisseur général

Pour l’anecdote, Christine arrive à l’essai suivant avec quelques photos de spectacles de danse dont elle souhaite se rapprocher et l’on découvre que c’est Nicolas qui a éclairé les trois quarts d’entre eux. Il a donc fait la créa lumière avec les niveaux, les intentions correspondant parfaitement à l’univers de Christine.

J’ai travaillé aussi avec Thibault Richard, mon complice de direction technique, qui a une spécialité réseau. Plus tard j’ai fait appel à la scénographe Camille Duchemin. Elle a repris les bribes que nous avions jetées et a commencé à accompagner Christine dans l’écriture du projet et la réalisation des toiles, choix des images, travail d’impression.

En son, Julien Decarne (FOH) et Vladimir Coulibre (sound designer et ingé système) nous ont proposé le projet L-ISA. C’est un chapitre à part mais que nous avons beaucoup travaillé car ça complique le rigging. Pour que ce soit possible il faut intégrer L-ISA très tôt dans le projet. »

Les toiles de fond de scène, imprimées et repeintes

Le premier espace resserré, très frontal, lié au premier tableau. Les corps sont très proches les uns des autres.

La montagne envoie une ambiance plus menaçante par les simples niveaux de lumière qui la révèlent. L’œil est attiré sur Chris.


SLU : Camille, comment as-tu travaillé le projet avec Christine ?

Camille Duchemin, scénographe : « Christine avait une idée assez précise de tableaux qu’elle voulait de l’époque de Hondson River School. On a découpé la chronologie en 3 parties. Une première partie terrestre sur une petite vignette serrée en bord de scène pour contraindre les corps dans un premier espace restreint avec un regard très cadré par cette image.

Le travail de découpe montre le chemin et les ailes qui porteront Chris dans la deuxième saison de l’histoire.

Un tremblement de terre permet de faire disparaître cette première toile. L’espace s’ouvre pour la deuxième partie sur une image plus tempétueuse, une mer déchaînée, une image plus longue et cinématographique. La lumière occupe l’espace différemment et la chorégraphie prend plus de place.

Deuxième espace, plus profond plus ouvert avec des éléments liquides qui, en fonction de la température de couleur des sources impliquées…

… renvoient un message différent.


On a beaucoup travaillé les modes d’impression sur les toiles coton imprimées. Elles ont été repeintes pour garder les reliefs et les volumes et gagner en profondeur. Quand on agrandit 100 fois un tableau qui mesure 40 cm par 60, on perd la qualité de la touche, on perd la nervosité qu’il faut restaurer.
La première toile est rigide, la deuxième toile est plus souple, soumise à la tempête et se fait avaler pour laisser la place au troisième espace immatériel. Cet espace vide est dessiné par le sable, la neige, la fumée, la lumière.

Le sable, juste éclairé par un PAR CP 60, un magnifique tableau plein de poésie

Espace sans limite, habillé par la fumée…

… la neige.


Et on finit sur une dernière image où elle va dans le public. Elle veut pousser les espaces pousser les murs, gagner en possibilités, c’est ce que ses textes racontent. On a travaillé le rapport des corps à l’espace. C’est la lumière qui révèle les qualités de peau et donne un grain, une matière qui est très forte. »

L’écriture lumière

SLU : Nicolas, c’était quoi la difficulté en lumière

Nicolas Olivier, Eclairagiste : « C’était de venir avec un éclairage épuré par rapport à ce qui se fait dans cette taille de spectacle habituellement, éviter la vidéo, les effets de fumée intempestifs et surtout le dessin des faisceaux en mouvement, en couleur.
Ce que je trouve beau dans le spectacle c’est que les corps et l’artiste sont au centre du visuel, à l’opposé d’une scénographie complètement débordante qui aveugle, et où le sujet se perd parfois. Ici le sujet c’est le chant, la danse, les corps, le volume des espaces créés par la scénographie, différents plans, la profondeur.
Comme on a appris à parler ce vocabulaire en commun, la lumière qui restitue les matières, les teintes, les peaux, les volumes s’est faite assez naturellement et assez rapidement. »

Camille Duchemin : « Découper le ciel ou le sol, faire vivre les images pour les voir différemment. La toile de la mer on la voit de plusieurs manières différentes suivant les tableaux. Parfois elle est intégrée avec les corps, parfois on voit juste la vague et le dos de Christine. Il y a aussi tous les découpages à l’intérieur des toiles qui ont fait partie de l’écriture de la lumière. »

Un contraste violent de textures et de lumière.

SLU : Camille, tu parles beaucoup de lumière et toi Nicolas de matière, mais qui fait quoi exactement ?

Camille Duchemin : « C’est difficile de dire qui fait quoi. Quand l’équipe marche bien, chacun à un moment donné fait de la scéno, de la lumière. On vient chacun avec notre culture et très vite tout le monde s’imprègne de la pensée des autres. Nicolas a été amené à faire aussi des recherches de scénographie, de matières et moi des recherches de lumière. »

Nicolas Olivier : « Et puis aussi d’organisation de travail. On a tous bousculé nos zones de confort. »

Camille Duchemin : « Sur cette création, il y a deux cultures qui se rencontrent. La culture show musical qui n’a pas l’habitude de répéter longtemps et la culture théâtre pour laquelle il est normal de répéter sur plusieurs semaines. Ici, on arrive à une espèce de forme opératique et chaque changement de décor, de lumière demande à être répété pour bien valider qu’il rentre dans les corps de la chanteuse et des danseurs. Ces cultures de travail sont différentes donc tout le monde était un peu bousculé. »

Une belle ligne de Dalis 860 Robert Juliat bord plateau pour éclairer la première toile et attraper les danseurs.

SLU : Tu as utilisé quelles sources ?

Nicolas Olivier : « Il y a un peu de tout. J’ai utilisé des sources à décharge des PAR, de la led. J’ai choisi des Dalis sur perche pour éclairer la deuxième toile et je les ai utilisés en bain de pieds bord plateau pour éclairer la première toile et aussi ressortir les danseurs quand ils sont au premier plan.
Nous avons des barres de PAR car nous avons tout de suite senti le besoin du filament pour éclairer les corps, pour les sentir, sentir la sueur, les muscles naturellement. Je viens du théâtre donc c’est un outil que je connais très bien.

Les BMFL WashBeam choisis pour leur puissance et leur large ouverture, cohabitent avec les lignes de Par CP61 , une dizaine au total pour éclairer les corps. A gauche une ligne de Dalis 860 se réserve l’éclairage du paysage de mer déchaînée.

Et là où je suis sorti un peu de mon travail habituel c’est qu’il a fallu rentrer un kit qui pouvait se monter en un jour et qui réponde à toutes ces volontés de lumière, ne pas sentir le faisceau avoir un wash suffisamment large et puissant ou en encore un projecteur de découpe motorisé et c’est pour ça que l’on s’est tourné vers les BMFL Blade et WashBeam Robe.

Le Elidy est arrivé un peu par hasard. J’avais envie d’un effet latéral assez prononcé donc puissant pour casser par moments la lumière englobante et le Elidy était parfait pour assurer cette fonction. Et du coup il y a une source un peu technologique qui apparaît dans le spectacle et je trouve que ça fonctionne. Il a une très belle couleur, très très proche de l’halogène.

Le mur de Elidy est en deux parties positionnées par moteurs Gis dont l’asservissement a été développé par MecaOctet. Un au sol est dissimulé par la scène, l’autre est accroché.

A gauche de l’image, il envoie un éclairage latéral de forte puissance sur scène pendant la 3e partie immatérielle du show.

Les deux BMFL Blade et leur RoboSpot Motion Camera du système de poursuite semi automatisé de Robe…

… et leurs télecommandes back stage rebaptisées « mobylette » par tous les lighteux.

Nous avons aussi deux “mobylettes” (RoboSpot) qui nous ont sauvé la peau car je ne pouvais pas attaquer avec une poursuite traditionnelle en salle. J’accrochais les toiles, la première notamment qui est vraiment très proche de Christine. J’ai décidé de placer les BMFL Blade sur le pont de face et j’ai un très bel angle d’attaque grâce auquel elle ressort juste surlignée. »

SLU : Tu as recours aux CTO progressifs, aux ambres ?

Nicolas Olivier : Oui et au minus green, aux frosts progressifs et à la nature des sources elles-mêmes aussi, la lampe arc, le PAR, la led chaude du Elidy. Ces blancs créent suffisamment de températures de couleur différentes pour satisfaire nos besoins. La couleur existe par référence à ce qu’il y a à côté ou à ce que tu as vu avant. Travailler les blancs donne la sensation de ne pas voir le même morceau tout le temps par le dégradé et les nuances de blanc, le blanc qui du coup devient un peu gris. C’est vraiment ce travail qui m’intéressait et ça s’est joué très naturellement.

SLU : Et tu travailles quels angles de faisceaux !

Nicolas Olivier : Les PAR sont des CP 61 mais il y en a beaucoup donc on n’identifie pas 60 sources. Elles travaillent comme une seule source. Si je veux un contre-jour très directif, un latéral par exemple, j’ouvre les zooms des BMFL à fond, je mets le frost à fond et j’utilise 6 machines mais ça donne la sensation d’une seule machine en termes de lumière car on ne diffuse pas du tout de brouillard donc on ne matérialise pas les faisceaux.

SLU : As-tu eu des problèmes de rendu des couleurs avec les sources à arc ou à led ?

Nicolas Olivier : Avec les Dalis, non pas du tout. La lampe des BMFL Robe tire par contre un peu sur le vert mais il y a un minus green dans le projecteur qui me sauve la peau et que j’utilise systématiquement. »

Les effets d’éléments naturels

La troisième partie du show, place les corps dans un espace immatériel très poétique animé par la neige, des nuages de fumée sur scène et dans la salle, et des lignes de sable qui se désagrègent. Certaines machines sont louées par FX3, d’autres ont été développées par MecaOctet, et toutes sont contrôlées par l’Ecu en live.

Les seaux de neige ventilée, accrochés et frisés. Il y en a aussi une dizaine en salle pour un effet final immersif surprenant et très réussi. A droite un pont de 3 BMFL Blade, puis on devine la lentille de sortie des BMFL WashBeam sur 2 ponts qui encadrent les seaux de neige et la première toile. A gauche de l’image, un autre pont de BMFL WashBeam est positionné devant la deuxième toile.

SLU : Comment fonctionne cette fameuse machine à neige qui a provoqué la rencontre de Nicolas?

Manu Mouton : « Cet effet nécessitait de tendre des filets de 12 mètres sur 3 plans, agités par des moteurs, et comme ça gouttait un peu avant l’effet, il aurait fallu prévoir des volets motorisés.
La neige est un effet très important du spectacle mais qui dure seulement 20 secondes. Investir autant d’argent ne valait pas le coup. Je suis finalement revenu à un système de seaux ventilés qui crachent de la neige, plus simple à mettre en œuvre et surtout moins coûteux. »

SLU : Quelle est la technique qui permet d’avaler la deuxième toile ?

Manu Mouton : « Nous avons deux toiles pour le décor de mer déchaînée. Il était impossible dans le cahier des charges d’avoir une belle toile en couleur et en profondeur, assez fine pour être enroulée et qui redevienne tendue et lissée le lendemain donc on l’a doublée. On largue la première dans le noir. C’est une deuxième toile, plus légère qui s’agite dans la tempête et à la fin se fait embobiner en une seconde dans une machine qui a été développée par l’Ecu. »

La version souple de la deuxième toile, moins détaillée et plus légère, juste avant le « sniffage »

SLU : Comment parvenez-vous à maintenir un nuage dans le dispositif scénique ?

Nicolas Olivier : « Pour la troisième partie du spectacle, on utilise un fond de scène noir et 1,5 m plus à la face, il y a un tulle, un clear screen. Dans cet espace que l’on appelle le bocal, la fumée stagne car on parvient à créer un microclimat par différence de températures et l’on y évite les courants d’air. Le nuage ne se dissipe pas tout de suite ce qui produit un effet de profondeur. Ce système est issu d’une recherche que j’avais faite pour un précédent projet.

A gauche du couple de BMFL Blade et WashBeam, on remarque la présence discrète d’un des tubes de sable collé à son boîtier de commande.

Devant le bocal sur scène on envoie de gros jets de fumée à dissipation très rapide et dans la salle on utilise des fumigènes pour créer des nuages.
C’est un artifice Le Maitre qui produit une traînée de fumée de couleur verte. L’avantage avec les artifices c’est que les couleurs sont très denses.»

SLU : Quelle est la machine qui envoie des lignes de sable sur “La Marcheuse” ?

Manu Mouton : « J’ai une dizaine de machines à sable développées par l’Ecu. C’est un tube qui mesure 50 cm de haut et 8 cm de diamètre. Il contient 13 minutes d’effet. On l’utilise pendant 3 minutes, autrement dit une grosse poignée de sable par machine. »

Un beau petit théâtre monté en seulement une heure et demie

Manu est vraiment enthousiaste à juste titre. L’accroche des 15 perches nécessaires aux toiles, frises, machines à neige, barres de PAR, projecteurs et consorts ne prend finalement pas plus d’une heure et demie.

Manu Mouton : « Nous étions à Saint-Omer dans le Pas-de-Calais, dans la salle où nous faisions toutes nos répétitions. A 3 m du bord plateau, avec l’Ecu, on regarde le plafond en se disant que jamais on ne pourra monter un système traditionnel d’accroche en tournée, et on commence à réfléchir à un système de poutres face/lointain, des mother truss, pour supporter les perches. On n’a pas beaucoup de charge mais on a besoin de 15 ponts car toutes les sources sont frisées et du coup ça ajoute un grand nombre perches.

En position haute, 3 des 4 poutres de 500 carré chargées des moteurs de levage des nombreuses poutres.

Ce jour-là, Philippe Coudyser, le patron de Sonoss et Frédo de Régie Lumière passent déjeuner avec nous. Philippe est à Lille donc voisin. Et l’histoire se raconte en quelques heures entre Sonoss qui fabrique, Régie Lu qui achète et moi qui loue.

On est parti d’une poutre Eurotruss en 500 carré, complètement ouverte dessous, comportant un rail auquel sont accrochés des moteurs 250 kg D8+ (double frein) qui nous évitent les élingues de sécurité donc qui restent disponibles. C’est important, on a les machines à neige à recharger, des machines à sable à recharger, les lâchers de toiles, etc. On a développé un système de 4 poutres face lointain en 500 carré de 15 mètres de long, chacune montée par 4 moteurs 2 tonnes avec peson.
J’ai donc seulement 16 points d’accroche au plafond de Bercy. Dans chaque poutre sont intégrés 16 moteurs, donc 64 au total, prêts à contrôler mes 16 perches. C’est Eurotruss via Sonoss qui a fabriqué la poutre de 500 ouverte avec un rail au milieu et les moteurs de 250 kg D8+ Gis. C’est une marque suisse qui fabrique des petits moteurs, légers et maniables.

Le pont Eurotruss en 500 carré ouvert dessous laisse passer l’extrémité des moteurs accrochés sur le rail interne..

SLU : Comment sont gérés les 64 moteurs ?

Manu Mouton : Sonoss a optimisé le système en prévoyant de placer une armoire de contrôle de pilotage à chaque extrémité des poutres. Et ainsi tout est concentré en haut. Je monte une 32 tri et une mini Socapex pour alimenter et contrôler une armoire, donc 8 moteurs. J’ai au final 8 câbles d’alim et 8 câbles de contrôle pour les 64 moteurs. Au niveau du câblage ce n’est rien.
Je récupère ensuite mes 8 câbles sur ma télécommande 60 moteurs et j’ai mon théâtre sous la main. Temps de montage 1 h 30 chrono ! J’évite aussi une forêt de câbles, le coût de 64 points d’accroche au plafond de la salle et d’une nuit de rig.

La télécommande analogique des 64 moteurs Gis fabriquée par Sonoss

Aujourd’hui on a des pesons externes qui communiquent en wifi avec un ordi pour le contrôle de charge. Avec la nouvelle télécommande numérique que Sonoss vient de développer, je pourrai voir la charge appliquée à chaque moteur. C’est un projet qui m’intéresse pour des productions plus classiques à forte charge donc je continue son développement.

À terme on prévoit de grossir le rail intégré dans la poutre pour utiliser des moteurs asservis de 500 kg et même des 500 mouflés si on a besoin de 1 tonne. Tout comme on fait des prépas de light, on va pouvoir faire des prépas de rig, faire des mémoires et les rappeler. Et puis accrocher simplement avec le contrôle de la charge ce qui pour moi est obligatoire. Il est urgent de travailler avec des pesons, ne serait-ce qu’en festivals.

J’aimerais tirer mon chapeau à Philippe de Sonoss qui a développé le système et à Frédo de Régie lumière qui a investi, car pour moi, côté budget de création de la partie technique, c’est hyper compliqué de débloquer des fonds juste pour des questions de rapidité de montage. C’est invendable à l’artiste, ça parle peu au producteur. Ce sont des gens qui nous suivent depuis longtemps et Frédo à l’époque a dit “Ok, j’achète et je vous le loue sur 9 dates !” On est au-delà de la logique financière d’une boîte. »

Conclusion

En rupture avec tous les concerts que nous avons vus, en rupture avec ce qu’elle faisait avant, Chris surprend certes et finalement rassure. Elle assume sa volonté de sortir d’un cadre qui l’étouffait, elle assume tout autant la tempête qui en découle et souffle un vrai vent de liberté soutenue par son producteur Corida, et son équipe de création technique. Ils se sont mis en quatre pour aller au bout de ses envies. La lumière ne se montre pas comme un support de la partition musicale, elle se plie aux besoins d‘une scénographie située entre opéra et comédie musicale.

On ne parle pas de conception lumière, on parle d’éclairage et Manu Mouton a recruté avec Camille Duchemin et Nicolas Olivier des experts dans l’art de l’illusion. Le regard est tout entier focalisé sur les corps qui s’expriment avec une sensualité féroce dans un décor ou une absence de décor qui traduit 1 000 ambiances par le jeu magique des lumières et des effets naturels. “On s’est rendu compte que la simplicité pouvait emprunter des chemins sinueux” me confiait Camille Duchemin, et cette équipe de techniciens aime à l’évidence les randonnées de l’extrême.

Produire un Opéra pour une tournée est un challenge technique qu’ils ont maîtrisé avec leur expérience, leurs talents de chercheurs et l’investissement de toute l’équipe. Proposer un Opéra dans une salle grande comme l’AccorHotels Arena pour 18 000 spectateurs était par contre un pari vraiment osé…

Plan de feu 3D

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Chris à l’AccorHotels Arena en L-ISA

Par admin

L’AccorHotels Arena durant l’après-midi. Remarquez l’avancée de scène de 16 mètres incorporant en son centre un tapis roulant. Les Kara et KS28 qu’on devine autour du score board central ne font pas partie du show.

Christine and The Queens ou Chris, peu importe le nom, l’artiste s’est donnée sans retenue à l’AccorHotels Arena, bien portée par une grosse configuration L-ISA pensée par Vladimir Coulibre et un mix de Julien Decarne pour Melpomen.

Ce reportage est dédié à Pedro.

Mise en scène épurée, la musique et les paroles prennent une importance fondamentale, le son se doit donc d’être le parfait vecteur de deux heures d’un show capté en plus pour un direct TV.

SLU est présent pour cette dernière date parisienne et immersive avant une pause et un redémarrage en classique gauche droite durant les festivals d’été 2019.

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Nous sommes accueillis par Vladimir Coulibre, consultant L-ISA, Julien Decarne à la face, Christophe Rousseau aux retours et les équipes de Melpomen pour le groupe B Live dont Adrien Maupeu et Samuel Birais, un accueil serein malgré l’importance d’une date parisienne avec captation. C’est Vlad qui ouvre le bal des questions.

La genèse

SLU : Qui a eu l’idée et l’envie de passer le show en L-ISA ?

Vlad à gauche et Julien, un véritable tandem dans la création de l’infrastructure technique des dates immersive de Chris.

Vladimir Coulibre : L’idée d’aller au-delà du gauche / droite et de localiser les sources sonores nous trottait déjà en tête avec Julien (Decarne, ingé son face de Chris) et quand on a commencé à parler de la tournée de Chris, on a fait le choix de présenter le concept L-ISA à l’ensemble des acteurs, la production, les autres techniciens et bien sûr Héloïse.
L’immersif doit s’intégrer dans tous les corps de métier et doit être aussi intégré financièrement. Pour cela j’ai été sur le lieu de résidence à Saint-Omer et leur ai fait part des aspects techniques et artistiques.

SLU : Mais pas d’écoute

Vladimir Coulibre : Non, il fallait d’abord expliquer les avantages artistiques mais aussi les contraintes. Une fois obtenu un premier accord, nous avons travaillé avec Julien pour déterminer la configuration, on l’a budgétisée avec Melpomen, proposée à la prod et obtenu une validation.

A quelques détails près au sol, le méga système accroché à Bercy. De l’aveu même de Vlad, très confortable.

SLU : Quel est le parti pris de la diffusion et de l’immersion pour ce show ?

Vladimir Coulibre : Efficacité et rapport au live. Ce projet se rapproche du théâtre mais avec des instruments et doit sonner comme du live.

SLU : Et l’alternance entre dates L-ISA et dates en gauche/droite ?

Vladimir Coulibre : On a bossé la question avec Julien et on a pris le parti de créer le mix dans la console en G/D/ et ensuite de récupérer les signaux et « refaire » un mix L-ISA dans la matrice. La compatibilité en fonction des salles est ainsi garantie.

Il y a le Coulibre dans le texte et le Vlad face caméra. Et si on le regardait nous raconter son travail avec Julien et d’autres détails techniques hautement croustillants et peu interférents ? Cliquez sur la vidéo ci-dessous

Promenons nous dans le bois, pendant qu’les dB sont là

Quittons le bureau pour plonger dans la salle de Bercy où s’agitent les équipes de la tournée mais aussi celles propres à la captation qui va se dérouler en direct le soir même.

Une vue du déploiement Focus au grand complet avec 7 lignes pour la face de L-ISA et 2 autres en K2 pour les côtés.

SLU : Il y a donc beaucoup de bois en l’air…

Vladimir Coulibre : On a trois lignes de 16 K2 pour la partie Focus et deux fois 22 Kara pour compléter le déploiement de base de L-ISA, ensuite on a deux fois 14 K2 pour les sides et enfin deux fois 18 Kara pour les Extend. Au centre, derrière la ligne centrale de K2, on a deux fois 10 KS28 en montage cardioïde.
Comme on perd de l’énergie dans le grave près de la scène du fait de la longueur des lignes et du montage cardio, on a rajouté un peu de grave au sol avec 6 KS28 dont quatre centraux et les deux autres aux deux extrémités du plateau. La cohabitation se passe bien entre les deux niveaux de grave.

Le mapping du K2 central de 1 kHz à 10 kHz. Gros avantage d’un montage non interférent, l’aigu porte loin facilement.

SLU : Tu joues moins fort dans les subs en bas ?

Vladimir Coulibre : Non, au même niveau que l’ensemble accroché.
Comme il y a moins d’éléments et qu’ils ne sont pas proches les uns des autres, ce renfort de grave est étonnamment assez doux.

SLU : Comment as-tu filtré le système ?

Vladimir Coulibre : Toutes les têtes sont en full range ce qui donne beaucoup d’énergie dans le grave en mode Focus avec les 3 lignes de K2 où l’on concentre tout ce qui requiert du SPL dans le bas. Même les Kara apportent une assise qui leur permet d’effectuer une bonne transition avec les K2 des outfills.
La proximité entre la ligne centrale de K2 et les KS28 donne un excellent couplage sur l’octave 30/60 Hz sachant que les KS28 sont coupés au-delà. Pour compléter le déploiement pour le champ proche il y a 5 ensembles mono de doubles Kiva en lipfill et deux ensembles de 4 Kara en extérieur à cour et jardin.

La passerelle en deux éléments, plus pratique à déployer dans des salles de plus petite jauge en ne sortant du bahut qu’une des deux moitiés.

SLU : Pourquoi ce renfort en Kara ?

Vladimir Coulibre : On a une avancée de scène de 16 mètres, deux éléments de 8 mètres, incorporant un tapis roulant. Pour anticiper les dates parisiennes et la captation, j’ai fait en sorte de limiter le plus possible l’influence du K2 sur cette passerelle en le faisant « partir » un tout petit peu plus loin dans l’audience et en compensant par quelques Kara pour ne pas trop léser les spectateurs.

SLU : Pourquoi avoir désaxé la passerelle. Pour avoir un peu moins de voix ?

Vladimir Coulibre : Non, c’est un choix purement artistique et où qu’elle ait été placée, cela ne me gêne pas. La boîte du bas tape à dix mètres, donc il faut juste faire attention après. On a travaillé avec des plateaux FIR et ça passe très bien. Chris utilise un AD2 Shure monté en d:facto DPA.

Plus qu’un long discours, un graphique parlant. Voilà l’atténuation rien qu’à 30 mètres et à 10 kHz maximum. A 16 kHz et à 95 mètres, toujours pour 20% d’humidité relative, on atteint théoriquement – 48 dB

SLU : Est-ce que dans une salle comme l’AHA (AccorHotels Arena en 3 signes !) on peut se passer de délais ?

Vladimir Coulibre : Il était hors de question qu’on en mette, avec trois lignes de 16 boîtes on a largement ce qu’il faut, y compris pour le point le plus éloigné qui est à 95 mètres.
A la Halle Tony Garnier avec 3 x 12 K2 on était bon, on a juste un peu souffert à Toulouse où le chauffage dessèche trop l’air et à 20 % d’humidité, le son n’aime pas du tout. L’aigu à partir de 4 kHz plonge. Heureusement que l’arrivée du public a fait remonter l’hygrométrie !

On se balade en salle et on s’approche du plateau. L’absence de tout décor rend très visibles les petits stacks de deux Kiva qui dépassent légèrement la hauteur du nez de scène.

SLU : Vu le nombre de lipfill, j’imagine que tu joues en mono. Ils sont hauts…

Vladimir Coulibre : Oui. On aurait pu jouer en stéréo mais ça ne présente pas un très grand intérêt, on a donc pris le mono mixdown de la matrice. La hauteur des Kiva est nécessaire pour remplir les 10 mètres devant la scène jusqu’à l’entrée du système dont la boîte la plus basse culmine à 9,5 m.

Les petits stacks de deux Kiva II.

SLU : Avec 16 K2, tu disposes d’assez d’énergie pour concentrer pied et basse ou bien tu profites des 32 autres boîtes pour y envoyer une partie du signal ?

Vladimir Coulibre : Les trois lignes centrales du déploiement Focus sont à 3,5 m l’une de l’autre donc assez espacées pour commencer à donner une ouverture au son, mais à la fois suffisamment proches pour garder de la cohérence dans le bas du spectre.
Si tu places ton pied sur la centrale plus sub, tu as une certaine pression, si tu as besoin de plus, tu ouvres ton pied sur deux lignes et gagnes 6 dB. Nous le faisons sur quelques titres et il n’y a pas de contre-indication.

Un mapping Soundvision simulant le rendu de la ligne centrale de K2 entre 40 et 125 Hz et montrant bien que cette boîte fait du grave et que d’autre part, une ligne de 16 génère déjà une concentration vers l’avant de fréquences pourtant quasi omnidirectionnelles.

SLU : Tu gardes de la cohérence alors que ton pied sort de deux lignes plus le sub ? Aussi cohérent que si tu le joues d’une ligne + sub ?

Vladimir Coulibre : Non, mais tu gardes une cohérence. Ce qui compte c’est de connaître à l’avance la quantité de contour que tu souhaites avoir. Si tu peux cantonner des sources riches en grave dans une seule des trois lignes centrales et obtenir ce contour, c’est l’idéal, mais si tu as besoin d’un peu plus de headroom, tu peux glisser entre deux lignes et obtenir une cohérence parfaitement acceptable. Dans le show de ce soir en plus la batterie bouge sur scène, donc, on la suit.

Un autre mapping très intéressant dans la mesure où il montre l’effet de la colonne avant de 10 KS28, la moitié donc de l’antenne de 2 x 10 accrochée. La répartition est remarquable et montre que l’énergie reste très importante même à près de 100 mètres. Quand la seconde colonne est ajoutée, la scène retrouve une grande quiétude. Enfin le placement des subs très près de l’agencement central de K2 élimine quasiment toutes les interférences.

SLU : Avez-vous fait le choix de placer des trackers sur les artistes pour bénéficier d’un suivi ?

Vladimir Coulibre : Non, cela ne nous a pas été demandé, mais c’est tout à fait possible et prévu dans la matrice. Quand tu abordes un projet de cette nature et de cette mesure, c’est bien d’y aller progressivement en respectant une méthode de travail très précise. Nous sommes partis avec Julien d’un gauche/droite et progressivement nous avons avancé journée après journée par des petites touches dans L-ISA pour ne pas se tromper, tout en gardant la pleine compatibilité du gauche/droite pour les dates qui n’ont pas permis le déploiement immersif.

Le positionnement des objets par rapport à la diffusion. Peu de profondeur et beaucoup de sources nécessitant SPL et contour, placées pile au centre.

SLU : As-tu perçu une forme d’engouement pour le rendu immersif ?

Vladimir Coulibre : Oui, mais j’ai fait le choix de ne pas me référer aux réseaux sociaux, mais plutôt à des gens qui vivent avec le spectacle sans spécialement travailler dans le son.
Je pense par exemple aux ouvreuses de la salle de Genève qui sont venues nous voir pour nous faire part de leur étonnement face à un son qu’elles n’avaient jamais entendu. Ce qui ressort en général ce sont deux remarques : une voix plus intelligible et un type d’écoute différent que les gens remarquent.

Julien devant sa S6L à quelques minutes du début du show.

De très bons retours malgré une moyenne de niveau en LEQ15 de 95 dBA et 106 dBC ce qui peut sembler très sage mais est suffisant. L-ISA va changer notre manière de mixer car, par exemple, on n’a plus besoin de faire passer des choses en force.
La moindre inflexion s’entend, il va donc falloir qu’on apprenne à contrôler et même à écouter ce son qui arrive différemment et pour lequel on manque de repères. On parle beaucoup avec Julien de ces différences de ressenti.

A cour il se passe toujours quelque chose !

On laisse Vlad vaquer à ses 198 enceintes dont 76 K2, 88 Kara, 26 KS28 et 8 Kiva II, un truc de débutants, et on part à la recherche du moteur de tout ce bois.
La descente très bien peignée des câbles HP trahit sa présence à jardin, mais surtout à cour. Même si on peut mettre désormais l’esprit serein 3 K2 par LA12X, on est impressionné par leur nombre en LA-Rak II et en panières SSE, puisque l’ensemble du dispositif en bénéficie. Il y a 63 contrôleurs en tout soit 0,75 Mégawatt.

Sam Birais et à droite Adrien Maupeu devant les panières SSE au sol et les LA-Rak II posés par-dessus et correspondant à l’ajout L-ISA par rapport aux dates en gauche/droite.

Cette balade en coulisses nous permet de discuter avec Adrien Maupeu le chargé d’affaires et Samuel Birais le Responsable technique son, tous deux pour le compte de Melpomen.

SLU : Comment sont interfacées les deux matrices L-ISA ?

Samuel Birais : On a deux cartes MADI dans la S6L de Julien pour avoir une redondance. Tous les Direct Out de la console partent en double et en fibre en direction des deux matrices L-ISA qui l’acceptent directement.

La configuration de matriçage rigoureusement redondée et ondulée avec au-dessus la gestion des flux et des télécommandes en provenance de la console et en dessous les deux matrices L-Isa et leurs convertisseurs entre MADI et AES.

Une fois les signaux immersifs générés, on rentre dans les 6432 RME qui repassent le MADI en AES pour attaquer les LA12X qui ont deux entrées séparées A et B.
On aurait pu utiliser l’AVB mais par sécurité nous avons privilégié une solution plus rodée.

SLU : La bascule entre les deux configurations se fait au niveau des amplis…

Samuel Birais : Oui, il suffit de choisir entre entrée AB et entrée CD. On profite des 4 entrées de ce contrôleur. Avec LA8 on aurait été battu.


Être à cour permet aussi d’y rencontrer l’équipe retour en la personne d’Amandine Charré, honneur aux filles, qui se charge de la gestion de la grosse configuration Ableton, du ProTools ainsi que du plateau et de Christophe Rousseau qui mixe les retours.

Christophe et Amandine à côté de S6L des retours.

Amandine Charré : J’ai en charge la config Ableton qui est télécommandée par le directeur musical de Chris, Bastien Doremus.
Je prépare et supervise la station. On enregistre aussi tous les soirs en ProTools chaque concert en exploitant le flux AVB en provenance de la console retours.

SLU : Vous travaillez en stage partagé ?

Amandine Charré : Oui, nous avons 128 entrées même si on ne les emploie pas toutes et, nous concernant, beaucoup de sorties. 24 en tout.

Christophe Rousseau : Je fais 12 mix différents.

La configuration Ableton redondée à gauche grâce à la paire de Radial SW8 et la station d’enregistrement ProTools à droite avec son Mac Pro en rack Sonnet.

SLU : Est-ce que le fait d’avoir au-dessus du plateau une telle quantité d’enceintes change quelque chose ?

Christophe Rousseau : Oui, c’est plus appréciable ! On n’a aucune onde arrière, c’est super propre. Par rapport à un gauche/droite c’est moins brouillon. Plus de sources et moins fort, ça nous va très bien. J’ai même dû ajouter du grave dans les ears du batteur car il en manquait un peu.

L’ensemble des liaisons de la tournée avec beaucoup d’américains et un allemand ;0). De haut en bas on a les chargeurs Shure, le récepteur double AD4D pour Chris et son secours, un 3732 Sennheiser pour des talks, le combineur Shure et 12 liaisons ears en PSM1000 pour les casques entre artistes, technique et prod.

SLU : A ce propos, quels ears utilisez-vous sur vos PSM 1000 ?

Christophe Rousseau : Des Variphone ES50. Quand je suis arrivé sur cette tournée tout le monde était déjà équipé, j’ai donc eu ma paire pour entendre de la même manière.

SLU : Comment fonctionne la redondance d’Ableton ?

Amandine Charré : Par le biais des SW8 Radial. Ils disposent d’une entrée A et B avec une référence et un seuil qui a été préalablement réglé.
Si notre référence passe en dessous du seuil, ça bascule directement. C’est d’ailleurs le cas maintenant en absence de signal.

SLU : Cette relative abondance de fils…

Christophe Rousseau : Est due à la captation TV de ce soir (rires).

La descente des lignes HP à jardin. 20 KS28, 46 K2 et 40 Kara. Comme nous l’a glissé Sam en se marrant : « la prochaine fois on va demander un blockeur ! »

Antipasti de conclusion

Ayant passé une longue journée dans l’Arena, nous avons pu écouter et apprécier longuement le déploiement inédit de près de 200 boîtes. Comme le montrent les graphiques fournis par Vlad, le grave est extrêmement homogène, qu’il soit issu du dispositif cardioïde de KS28 ou des trois lignes centrales de K2, le tout marchant très bien aussi ensemble.

Soundvision qui d’année en année s’étoffe. Le SPL Target par exemple est la répartition SPL choisie et due, par exemple, aux angles inter-boîtes le tout étant ensuite peaufiné à l’aide d’outils comme les plateaux FIR.

La transition entre le système immersif et les side en K2 est vraiment « seamless » comme disent les anglo-saxons. Ça passe super bien sans changement de couleur et de densité, mieux qu’avec L-ISA Wide où l’entrée de K2 dans Kara, apporte une assise trop agréable.

L’image ouvre bien avec forcément moins de largeur pour les spectateurs sur les côtés mais rien de comparable à ce que donne un pauvre G/D où à part à la console… Une balade en fond de salle prouve le bien-fondé des choix de Vlad, l’aigu arrive encore, même si un peu plus dur. A salle pleine on retrouve, comme il se doit, encore plus de cohérence et de précision. Un très beau travail de conception et de mise en œuvre du système qui pourra être encore plus exploité artistiquement à l’avenir.

Un des moments forts du show, la chute d’une quantité phénoménale de cotillons en vélin blanc dans le plus parfait silence et qui, près de 5 mois après, continuent de sortir de nos sacs photo, on ne vous parle pas des consoles…

Au-delà même de L-ISA, on est à l’orée d’un profond changement dans la reproduction d’un son amplifié qui va nous obliger à changer nos habitudes, encroûtés que nous sommes dans le gauche/droite et ses délicieuses marguerites si apaisantes. Aujourd’hui quand on ouvre, on lance en réalité la bataille du son où le SPL s’automutile, nourri par les quantités de bois en terre et en l’air.
Avec l’immersif et L-ISA, on se prend à plagier la merveilleuse scène de Un idiot à Paris avec Bernard Blier : « finie la petite stéréo, finies les vacances de vos doigts, finies les interférences…»  Le son sort avec une facilité et une cohérence nouvelle mais qui ne pardonne pas grand-chose. Sans le masque interférentiel de la double mono, on retrouve des couleurs, de l’impact et un certain mordant.

Vlad et Julien en pleine concentration. On entendrait un grain de sable tomber, enfin, presque.

L’impression de « satiété acoustique » arrive au moins 3 dB plus bas et toutes les sources gagnent beaucoup en précision dont la voix lead qu’on redécouvre sans avoir besoin de la corseter dans les chaînes dynamiques d’antan. Désormais on n’entend plus qu’elle. La dynamique, peut être travaillée plus finement à la lumière d’un rendu beaucoup plus fluide et analytique.
Mixer pour de l’immersif et pour un gauche/droite sont deux démarches acoustiques et artistiques différentes et penser qu’on peut éparpiller ce dernier en substituant au panoramique la matrice, ne paraît pas un bon calcul. Il faut travailler ses sources et sa dynamique autrement.

Du coup, ce qui est vrai en classique où L-ISA a fait ses preuves et apporte enfin l’air à ce style musical, l’analyse et la masse orchestrale en 3D que le gauche/droite ne fait qu’esquisser maladroitement, n’en est qu’à ses débuts en variété. Les formations L-ISA dispensées par L-Acoustics durant 3 jours et dont on nous a dit le plus grand bien, parlent aussi mix, mais il serait bon que les écoles de son s’y intéressent aussi très vite.

Au pays du son de demain, quelques goodies qui nous rappellent que du bon son, ça se fait avec ce qui sonne, même si c’est vieux ou analogique. Surtout diront certains !

Reste maintenant à trouver un équilibre satisfaisant entre coût d’un déploiement L-ISA et apport tangible vu côté public dont il faut souligner la plus grande difficulté à percevoir ce qui nous semble si évident. Il faudra sans doute passer plus de temps à construire les shows en scénarisant plus le son dans l’espace, en accompagnant le chanteur dans ses déplacements et en mettant une dose de folie dans le rendu, sans perdre pour autant le « boulet central » la signature propre à tout concert.

C’est probablement à ce prix que le public reconnaîtra et plébiscitera l’immersif qu’il connaît bien pour l’entendre notamment au cinéma depuis belle lurette. L-ISA, et tout système par objet, devra apporter autant de liberté et de spontanéité à un show que les liaisons HF l’ont fait, quitte à rajouter un peu de bois sur les côtés ou à l’arrière pour ne jamais perdre la relation son / artiste au cas où ce dernier part en balade en salle. On aimerait aussi avoir un K3, 3 comme trois moteurs permettant de dépasser les 110° sans perdre du SPL au lointain et un Kara 2 avec des L-Fins et deux moteurs pour les mêmes raisons. 110° en immersif, c’est vraiment trop court.

Quoi qu’il en soit et dans l’attente que le Père Noël plein de fils de Marcoussis nous gâte, place aux artistes et à leurs techniciens de talent bien formés pour exploiter toujours mieux les ressources actuelles. Une chose est certaine, on n’a jamais rien trouvé de mieux que l’air pour y mixer du son.


Pedro Peixoto qui a travaillé sur cette tournée s’est éteint le 30 mai. Ce reportage lui est dédié. Un dernier mot de celles et ceux qui le côtoyaient.

Pedro était un mec en or ! Toujours positif, toujours serein, toujours pro !
Le simple fait de le voir arriver et de nous dire bonjour nous plaquait déjà un sourire sur le visage !
Quel plaisir de travailler avec lui !!!
Il était aussi brillant, consciencieux, rigoureux que généreux, humble, drôle…
Toutes les équipes de Melpomen s’associent à ses proches et à sa famille pour lui rendre un grand hommage.
Qu’il repose en paix . . .

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Amir à Bordeaux avec Herceg & Chancereul à la manoeuvre

Par admin

Une jolie tournée siglée Dushow avec deux vieilles gloires à la face et retours et deux jeunes pousses au système et aux machines. Ajoutons le plein de bonnes idées, une embellisseuse anglaise très addictive, une salle bordelaise qui décoiffe et…reportage !

L’équipe son avec de gauche à droite Ivan Herceg mixeur face, Grégory Esmieu ingé système, David Chancereul mixeur retours et Maxime Rosette assistant plateau mais surtout MAOman !

Notre balade au sein de l’Arkea Arena commence par le plateau qui est copieusement garni de trouvailles et de beau matos, le tout en compagnie d’Ivan Herceg l’homme de la face, David Chancereul celui des retours et Maxime Rosette qui s’occupe des machines.
En fait une très belle configuration Ableton qui sert à remplir les arrangements de la tournée via des séquences, mais aussi à gonfler la batterie avec des échantillons.

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Ivan Herceg : On se sert du lecteur d’échantillons Drum Rack de ce logiciel pour compléter la caisse claire et les toms en exploitant le mode random qui joue 4 échantillons à sa guise ce qui préserve le naturel du son. On ajoute par exemple sur la snare des ambiances de pièce qui en plus sont accordées à notre caisse. Autre avantage, on peut automatiser les parties du titre où ces sons sont employés ou pas. Une intro en rim shot n’en a évidemment pas besoin.

SLU : Mais on va te retirer tes réverbes alors, tu n’en as plus besoin !

Ivan Herceg : (rires) Non, non, c’est pas pareil !

SLU : Maxime, comment es-tu arrivé sur ce projet ?

Maxime Rosette : Par Jean-Philippe Chevingt et Romain Berguin…(on l’interrompt)

SLU : Tu travailles pour Upoint toi, où il y a déjà un autre Maxime, Menelec !

Ivan Herceg : C’est pour ça qu’on l’a surnommé Mask ! C’est sa première tournée mais il est déjà à l’aise.

Les deux ordinateurs pilotés via un des pads du batteur (qui est le Directeur musical de la tournée) qui déclenche le début de chaque séquence sur Live d’Ableton, mais c’est Maxime qui l’arrête et passe à la suivante. Cette configuration est redondée grâce à EXBOX, une bascule MADI employant le BLDS pour Buffer Loop Detection System, un signal de contrôle amélioré et couché sur une piste (la jaune bien visible) sur les deux lecteurs et qui fait commuter de player en un échantillon. Autant dire que si vous l’entendez…non, vous ne pouvez pas l’entendre ;0) Pas de switch analogique et du coup, 32 pistes en 96 kHz disponibles.

L’univers redondé de la séquence qui fait beau… En haut à droite c’est le EXBOX, et à gauche le iConnect MIDI qui interface le pad déclencheur des séquences et peut connecter deux ordinateurs à la fois. En dessous les deux Madiface XT servant de relai entre les MacBook Pro et le MADI Bridge, toujours RME, et qui connecte les séquences avec les consoles SSL face et retours. Une belle configuration due au talent de Maxime.

Le maître de la lumière noire

Le transport propriétaire de SSL appelé BlacklightII véhiculant 256 flux MADI en 96 kHz, avec les départs en fibre vers la face et les retours, le tout redondé comme il se doit. Ce concentrateur reçoit pour ça jusqu’à 8 paires de connecteurs MADI pour relier les stages box. En dessous le D 32.32 et ses 16 in et out AES et enfin tout en bas l’Alpha Link.

Après cette mise en bouche Abletonienne, direction la régie retour en compagnie de David Chancereul pour comprendre comment s’articule l’infrastructure de captation, mixage et transport du signal entre les deux consoles, toutes deux SSL avec une L500 aux retours et une L200 à la face.

David Chancereul : Je suis en A et maître des gains, la face est en B avec une compensation numérique de mes gains. Ce concentrateur reçoit les flux MADI de deux stage racks, des ML 32.32 qui sont placés idéalement sur scène à cour et à jardin au plus près de leurs sources respectives. Il reçoit aussi les flux MADI redondés en provenance de l’Ableton de Maxime.

Un des deux stages recevant notamment les guitares via des liaisons TG1000 Beyer. Autre avantage, les sorties des stages alimentent directement les divers subs et autre wedges spécifiques présents sur le plateau.

Ensuite j’ai un stage uniquement numérique D 32.32 qui reçoit les sorties des récepteurs micros, interface la M6000 et tout ce qui peut l’être en numérique.
Enfin il y un Alpha Link pour alimenter le système depuis la console de face qui dispose ainsi d’entrées et surtout de sorties sur le plateau, qui sinon seraient impossibles.

Ivan Herceg : Comme je ne suis pas maître des gains, j’ai accès aux entrées distantes mais pas aux sorties, j’utilise donc l’Alpha Link en direct et via des fibres séparées pour alimenter les amplis, faire les talks et aussi dépanner en cas de problème les émetteurs de ears. Une Harting est prévue pour que je prenne la main.

Les deux hommes stage cour comme on franglaise chez nous. Maxime Rosette MAOman en charge les machines et à droite David Chancereul qui mixe les retours.

David Chancereul : Avec les nouveaux stages en Dante c’est désormais possible de connecter directement la console de face avec les sorties, mais pas en MADI…

SLU : Tu as un patch de combien aux retours ?

David Chancereul : 85 avec les talks. Rien qu’en analogique j’ai 56 lignes prises. Tout le reste c’est de l’AES et les liaisons. Il y a un truc assez drôle. Ivan prend la sortie analogique du récepteur Axient Digital pour pouvoir disposer du préampli de sa SSL alors que moi j’ai opté pour la sortie AES. Il a un peu plus de grave que moi, grave dont de toute façon, je n’ai que faire.

Sorti de son écrin en bois, voici la DI-01. On connaissait la RetroBox by Denis Pinchedez, voici son pendant en Classe A et sans tubes par Hacienda Labs.

SLU : C’est quoi cette DI derrière le bassiste ?

David Chancereul : Une trouvaille de Matthieu Speck (Matt, si tu nous écoutes !) Une petite société lyonnaise qui s’appelle Hacienda Labs. On l’essaie depuis trois jours et c’est très bien. Ca marche en Classe A avec une alim à découpage et ça sort sur un super transfo.

SLU : Et ce wedge, il sert juste à coller dessus le track listing ?

David Chancereul : (rires) Non, pas tout à fait. Il était sur la tournée de Louane, et J-Mi Lerouge l’avait mis à tous les musiciens. C’est Julien Bouzy au départ qui l’a retrouvé dans le stock de Dushow. C’est un wedge de Rat Sound. Hugo (Marcus, guitariste) me l’a demandé. Il ne délivre que du bas médium. Je coupe tout au-dessus de 800 Hz et j’enlève du 600 à 400. Il est quoi qu’il en soit conçu pour taper sans descendre, je l’ai mesuré et en dessous de 100 Hz, il ne donne plus rien.

Un wedge comme on n’en fait plus. 2 x 15”, un 8” et un moteur de 1,5”. Les deux derniers derniers bien que fonctionnels sont laissés au repos au bénéfice d’une chouette track list.

SLU : C’est un deux voies ?

David Chancereul : Non, trois voies mais je mute sur l’ampli tout ce qui n’alimente pas les deux 15”. Il est là pour apporter une sensation physique en complément des ears.
J’y mets pas mal de batterie et les percussions des séquences. Hugo baigne dans ses amplis guitare, ses ears et son wedge. Du coup quand il va jouer devant il est tout triste (rires).

SLU : Il y a du sub Meyer sur scène…

David Chancereul : Oui, un pour les claviers, un pour la basse et un pour la batterie. Ce sont des 900 LFC. Je préfère avoir des subs en 18”.

SLU : Pour tes liaisons micro et ears tu es en Shure

Une horloge NanoClocks Rosendahl, le Spectrum Manage Shure, les trois récepteurs et tout en bas, le rack de la remote et le CPU de la 6000 t.c. electronic. Tout est nickel et super bien câblé.

David Chancereul : Oui, Axient Digital pour les micros et PSM 1000 pour les ears.
La capsule d’Amir est une d:facto DPA, l’émetteur est un AD2. Nous avons 2 récepteurs quadruples AD4Q et un double AD4D avec un AXT600 pour manager les fréquences.

SLU : Content du PSM 1000 ?

David Chancereul : Oui bien sûr car j’ai en plus une nouveauté, les récepteurs P10R+. Nous sommes certainement la première tournée française à en bénéficier.

La transmission reste analogique entre émetteur et récepteur comme avec la génération précédente, mais ensuite dans le P10R+ le signal est converti en numérique et passe dans un FPGA qui va effectuer les fonctions de décodage telles que la désaccentuation, l’expansion et un peu de processing dont une partie est ouverte à l’utilisateur qui peut corriger très finement sa liaison ou ses écouteurs.

Le récepteur P10R+ dans la main de David, une brillante façon de prolonger la vie d’une liaison analogique destinée, par la force du progrès, à laisser sa place au numérique.

Tout ceci améliore considérablement la qualité du rendu et notamment l’image stéréo qui est beaucoup plus large, les artefacts liés à la compression expansion qui disparaissent et enfin la dynamique qui est améliorée.
Je m’en suis rendu compte en effectuant une écoute chez Dushow à l’aide du Virtual d’une ancienne date. Je souhaitais au début partir avec une marque italienne bien connue mais Dushow a su me convaincre et a mis à notre disposition 9 liaisons juste à temps pour la tournée et j’en suis très content.

SLU : Combien de liaisons entre micros et ears ?

David Chancereul : En tout 44 fréquences car, en plus des micros chant et des retours, nous avons en TG1000 Beyer, dix liaisons instruments. Les récepteurs sont dans les racks avec les stage box car, comme la plupart fonctionnent avec des pédaliers, on préfère raccourcir au maximum le câblage.

SLU : Comment gères-tu les éventuels parasitages HF ?

David Chancereul : J’ai deux fréquences prêtes pour chaque type et marque. Deux pour l’Axient Digital, deux pour les PSM1000 et deux pour les TG1000. Je suis seul aux retours, autant être prudent.

Tout y est, le t-shirt, la console et le bôgosse !

SLU : Question puissance d’émission tu es comment ?

David Chancereul : Tous les packs musique Beyer sont à 10 mW. Les ears à 50 mW sauf le bassiste pour lequel j’ai poussé à 100 mW pour lui éviter des petits bruits dûs au placement d’une sorte de barrière avec les claviers qui à chaque fois posent problème.
Les Axient Digital sont à 10 mW à part la liaison d’Amir et de sa guitare acoustique qui sont à 50 mW du fait de sa balade loin dans le public. Enfin j’enregistre en 64 pistes post trim tous les shows, ce qui me donne la possibilité d’analyser tout éventuel problème et comprendre ce qui a pu le générer.

SLU : Des effets ?

David Chancereul : Oui, la t.c. M6000 avec un moteur pour la batterie, deux pour les guitares et un pour le chant lead. Le reste je le fais avec la console, en sachant qu’il faut un peu les travailler ces effets internes. Enfin je pilote la M6000 en midi à partir des snapshots.

SLU : La Nanoclock est maître ?

David Chancereul : Non esclave, elle me sert à distribuer l’horloge de la L500 qui est maître vers les HF, la réverbération t.c. et les séquences.

Système mon beau système…

Laissons le plateau aux balances pour repartir en salle jeter un coup d’oeil au système.

La salle a une jauge légèrement réduite à la capacité d’un grand Zénith. On retrouve donc une couleur qu’on connaît bien et un kit très suffisant et bien conçu. Le gauche droite est constitué de 12 K2 surmontés par 3 K1-SB avec des angles très doux et une ouverture importante.

12 K2 surmontés de 3 K1-SB

Le montage cardioïde des 8 subs KS28

Pour y remédier 6 Kara sont placés au centre en douche et deux infills posés sur le plateau avec 3 Kara sanglées sur un SB18 et 6 X8 en lipfill complètent le dispositif avec un X15 en outfill. Le grave est complété par deux ensembles de 8 subs KS28 accrochés en gauche droite à fleur de dalle et en mode cardioïde, 2 subs étant à 180° sur chaque colonne.

La douche by L-Acoustics featuring 6 Kara.

On grimpe à la régie retrouver le couple Ivan Herceg au mix et Grégory Esmieu au système.

SLU : Comment es-tu arrivé à t’occuper de la diff d’Amir ?

Grégory Esmieu : Pas par hasard (rires). J’ai été appelé par Ivan.

Ivan Herceg : C’est moi qui lui ai demandé de partir avec nous. Si tu n’as pas d’idée, le prestataire peut te proposer quelqu’un, mais je souhaitais qu’il soit de la partie car on se connaît depuis longtemps. Le choix du système est le fruit de la tranquillité d’esprit que nous offre Dushow.

Grégory Esmieu : On voulait d’abord partir en Adamson mais cela impliquait de travailler avec un autre prestataire pour la diffusion. On aurait aussi essayé volontiers le nouveau d&b mais il n’y en avait pas de disponible.

Ivan Herceg : En plus j’aime bien le K2, c’est plus facile à travailler et plus neutre que le K1 qui est fait pour de l’extérieur et pas des jauges moyennes en salle. D’ailleurs le K2 commence aussi à être déployé en extérieur sur des grosses jauges.

Des outfills oui, mais stackés avec 3 Kara et un SB18 par côté.

SLU : A ce propos, pas de outfills accrochés ?

Grégory Esmieu : Non, pas besoin. On a du Kara dans la semi pour certaines salles mais ici, et en 110°, le K2 fait le job et le rideau absorbe ce qui tape dedans. Ca m’arrive malgré tout de shooter exprès trop haut pour éviter que d’éventuels rangs de sièges ajoutés se retrouvent un peu seuls… Ca nous est déjà arrivé (rires).

SLU : Comment as-tu choisi ton placement des subs ?

Grégory Esmieu : En fonction du résultat escompté, pour éviter de les mettre en l’air ce qui ne plait pas à Ivan qui est un fan de l’effet de sol et enfin pour tenir compte du fait que je suis seul pour tout monter.

Ivan Herceg : L’avantage des K2 en full range c’est aussi le niveau déjà intéressant de grave. Quel que soit le type de déploiement, arc, accroche derrière les lignes, point central, on ne recherche qu’un complément en bas.

SLU : Comment alimentes-tu les amplis ?

Grégory Esmieu : Je récupère un AES sur le stage en bas sur un P1 à cour et je sors sur une boucle en AVB vers cour et jardin. J’ai quand même mis une redondance en AES mais l’AVB est stable.

Greg Esmieu devant ses écrans durant le show. Plus serein t’as pas.

Trois, quatre…et ça commence à balancer, et plutôt bien, autant dire qu’on en reste là avec nos questions et qu’on savoure le rendu « acoustique » de l’Arkéa Arena, sans autre système que ce qui sort du plateau.
On se croirait dans un studio de radio tant le très beau travail de Christian Malcurt et des pendards de course réduisant sa jauge font la vie dure aux réflexions. Une fois le système ouvert on retrouve le piqué et la définition de la marque et plus encore du K2. La couverture est parfaite et 12 têtes suffisent largement.

C’est tellement joli et efficace qu’on vous le remontre d’autant qu’un traitement de ce type est généralement caché. L’oeuvre de Christian Malcurt.

Le grave sec et tendu monte bien dans les gradins avec l’habituel phénomène de marguerite propre au montages en gauche / droite. Un léger slapback se fait sentir, sans doute dû aux assises des sièges qui n’ont curieusement pas été dotées du même type de diffuseur pyramidal qui équipe par exemple ceux de l’AccorHotels Arena. Le tout disparaît bien entendu une fois le public assis ou debout devant son siège.
Continuant notre balade on se rend compte de la quantité de son direct que la batterie et les guitares envoient, ça mériterait presque de matricer le signal envoyé dans les lipfills pour équilibrer un peu les premiers rangs. Heureusement la douche en Kara veille ;0) Un bon design et calage de Greg.

On remonte à la fin des balances à la régie face et on reconnaît le MM1 Beyer en mesure.

Grégory Esmieu : Je n’en ai pas un mais 4 sur des émetteurs main de la marque et un 5e en filaire pour suivre le show. Je peux ainsi travailler en multi-mesure dans 5 points beaucoup plus facilement.

Le premier MM1 est français !

Et j’ai le tout premier exemplaire sorti d’usine de chez Beyer, le MM1 Ser.-No. 1001. C’est un capteur très droit qui est de plus livré avec sa feuille de specs individuelle ce qui permet de paramétrer l’analyseur et corriger les éventuelles fractions de dB d’erreur.

SLU : Tu possèdes quatre micros et des liaisons aussi ?

Grégory Esmieu : Oui, deux liaisons ce qui me permet d’être indépendant des prestataires. Ceci dit, Dushow est bien équipé en TG1000 car c’est un système très linéaire, parfait pour la mesure et on s’en sert aussi de plus en plus sur des instruments, y compris les guitares et les basses. On a dix liaisons instruments sur cette tournée.

Ivan Herceg : J’adore. J’avais commencé à en utiliser avec Lilly Wood sur les vox, puis sur les guitares, les basses et maintenant on repique tous les instruments de la tournée avec. Tout sonne bien, ne tord pas, a la patate et tu ne te dis pas : « tiens, c’est du HF ».

Posant fièrement avec Greg et son Fusion, la belle anglaise dont il faut savoir aussi se méfier tant elle brille de mille feux, elle comme votre mix.

SLU : Et last but not least, le Fusion de SSL, la boîte que tout le monde veut et qu’on retrouve aussi bien en mastering, studio comme sur scène.

Ivan Herceg : C’est mon jouet en insert sur le master avec l’API2500 qui est inséré dedans. C’est bluffant. Ca te tient la baraque. Du coup tu fais moins de choses dans la console car par exemple l’EQ d’aigu en plateau est très beau. Tu peux ajouter de la brillance sur les cymbales, les guitares et la voix, mais pas forcément sur tout. Ca cible un peu les fréquences.

Si tu te retrouves trop « bright », tu disposes de coupe bas sur la console pour calmer les sons qui posent problème. J’ai abandonné le Bus Comp de SSL pour l’API2500 car il a des fonctions de détection vraiment géniales et me fait du make-up sur le master.
Pour le reste j’ai un Fatso en insert dans le stem de la batterie sauf le pied et le Little Labs VOG est dans celui du kick ; c’est un filtre résonant vraiment intéressant. Une fois que tu l’as réglé sur sa fréquence, ça le précise à fond et ça le fait percer au travers de la basse. Basse et pied se marient très bien grâce à lui.

Deux panières pleines des goodies d’Ivan qu’on vous laisse découvrir. On va sinon m’accuser de tirer à la ligne;0)

SLU : Comment tu l’as eu le Fusion. C’est un prêt ?

Ivan Herceg : (rires) Non, je l’ai acheté ! Je l’ai écouté vite fait sur un salon dans un casque pourri et j’ai mis la pression sur SSL pour l’avoir à temps. C’est addictif et j’aurais du mal à m’en passer. Le HF Limiter notamment est mortel. Quand je le retire…Je n’ai plus d’aigu. (Un peu quand même Ivan !) C’est un vrai complément.

SLU : Il remplace quoi ?

Ivan Herceg : Ben rien… On peut dire que d’une certaine manière il remplace le VT747 mais il est beaucoup plus intéressant car il ne compresse par et agit plus subtilement grâce à son HF Limiter.

SLU : Tu te sers aussi du transfo. Tu peux le by-passer ? (on profite lâchement d’une belle intro un peu reggae durant la balance)

Ivan Herceg : Oui, c’est très efficace. Ca gonfle le grave en l’écrêtant légèrement (c’est exact, ce que la propreté y perd, la densité et la rondeur y gagnent avec une touche de couleur fixe mais jolie).

Greg le penseur

Ivan l’écouteur


SLU : Pour la chaîne voix ?

Ivan Herceg : J’ai le Déesseur SPL suivi de l’API 527. J’ai après un Distressor sur la guitare folk de Jérôme (Queriaud qui assure aussi des claviers et des choeurs) et la basse passe par le A Design BAC 500 toujours en insert. Tous les effets, l’Eventide 2016, le D-Two et la R4000 t.c. et la Yamaha SPX 2000 sont interfacés en AES. L’Eventide H9 transite par un convertisseur analogique/MADI. La PCM96 Lexicon est en spare.

SLU : Mais tu as aussi les effets de la console !

Ivan Herceg : Non mais j’y vais soft (rire sonore de Greg!) Non mais sérieux, j’utilise beaucoup d’effets de modulation…

SLU : Beaucoup mais soft (rires)

Ivan Herceg : Un flanger, un chorus, un deuxième chorus…et ça ne joue qu’à certains moments. Je n’ai pas de serveur d’effets et c’est très bien ainsi. C’est trop dangereux, t’as envie d’en mettre. Il me manque juste un C4 ou C6 pour la voix. Le multibande de la SSL est moins bien conçu.

Les zikos de jardin, de gauche à droite Hugo Marcus et son wedge magique, Mathieu Llopart à la basse et JayB Genty aux claviers. Je ne sais pas vous, mais il a l’air heureux Amir…

En avant la musique !

Plein d’idées, du beau matériel, des bons musicos sur scène, tout va bien dans le meilleur des mondes…allez, peut être pas le meilleur, mais dans une des meilleures salles, c’est certain. Le rendu du show est carré, analytique et avec un piqué impressionnant. Le couple « SSL-Acoustics » est réputé pour ça, surtout quand il est exploité aussi bien.

Que c’est bien de coucher les amplis… Les lécheurs de crash apprécient !

Les cordes des guitares acoustiques, les cymbales, le grain de la voix d’Amir, tout bénéficie à plein du Fusion dont il faudra malgré tout apprendre à crayonner en blanc les valeurs à ne pas dépasser.
Le joujou est terriblement addictif ;0) Comme toujours avec Ivan, le mix est travaillé, enrichi, réfléchi avec un suivi imparable des délais au tempo et une belle batterie, sinon massive, du moins à l’image du jeu du batteur, très riche et sèche.
Les niveaux flirtent avec les 96 dBA et une petite dizaine en plus pour le C, largement assez vu l’absorption entre pendards et le traitement de la salle, plafond compris. Quand il n’y a rien à masquer, inutile de bastonner pour la forme, surtout dans des shows et où le public fait par moments autant de SPL que le show lui même. Bravo enfin aux lumières qui savent se faire toutes douces et chaudes ou bien bâtonner comme des forêts de photons au garde à vous !


Les équipes

Guitares / Claviers / choeurs : Jérôme QUERIAUD
Guitares / Choeurs : Hugo MARCUS
Claviers : Jean-Baptiste « JayB » GENTY
Basse / Moog / choeurs : Mathieu LLOPART
Batterie & percussions : Julien « Ironmann » BOTAS

Régisseur général : Nicola DI VITTORIO
Ingénieur système : Grégory ESMIEU
Assistante systeme : Lena BRUN
Assistant plateau / séquences MAO : Maxime « Mask » ROSETTE
Ingénieur son retours : David « Davdav » CHANCEREUL
Ingénieur son façade : Ivan HERCEG
StageMan : Yoann ROUSSEL
Backliner 1 : Olivier « Hortos » HEURTEBISE
Backliner 2 : Mike RENAUD

Régisseur lumière : Sébastien JAUME
Opérateur lumière : Gael DIGNE
Assistant lumière / poursuite : Grégory « La chevre » ORSONI
Assistant lumière / poursuite : Thomas « Tomtom » ORSONI
Blockeur : Vincent AERTS
Chef Rigger : Daniel KERN

Catering : Jean-Pierre DUMONS / Véronique HAMMAM / Marc ROUMEAS

Merchandising : Angelique COTARD

Bodyguard : Anthony BLONDEL

Chauffeurs tourbus : Jean-Jacques MENEUVRIER, Thierry TRICHET
Chauffeurs semi : Nathalie SAIND, Mourad BELALI, Thierry GODARD

Prestataire son et lumières : DUSHOW
Transport : ARTYS

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L’élysée Montmartre, le phénix des nuits parisiennes

Par admin

La surprise est de taille. De l’ancienne salle de french cancan, de boxe, de théâtre, d’opérette, de strip-tease et qui a vu sur le tard défiler des stars mondiales de la musique accueillies en plein cœur de la capitale pour des shows mémorables y compris pour les riverains, le SPL a ses raisons que la raison ignore, il ne reste que le charme Art nouveau.

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La salle vue depuis la scène avec au sol la régie, légèrement surélevé le bar et au-dessus le fameux balcon VIP avec ses rampes et rambardes en fer forgé. Tout au bout à gauche du balcon on devine la machine à brouillard, pas très discrète à cause du ventilateur mais l’emplacement est le meilleur.

De gauche à droite Joe Addington l’un des deux régisseurs généraux avec Sylvain Gilbert (non représenté), Julien Depardieu, Christelle Gioanni et Abel Nahmias.

Les deux repreneurs Julien Labrousse et Abel Nahmias, déjà propriétaires du Trianon adjacent, ont tout rasé et décaissé, et il aura fallu 2 ans et demi de travaux et 8 millions d’euros pour rebâtir aux normes actuelles une vraie salle de spectacle avec balcon VIP et bar surélevé, d’une jauge de 1390 places debout et à venir 200 de plus une fois qu’une issue de secours supplémentaire sera finalisée. Une salle sacrément rock et jolie à la fois.

Cette visite a été menée tambour battant (plutôt Ableton le jour de notre visite..) par Cristelle Gioanni la Directrice d’exploitation des lieux, Abel Nahmias co-propriétaire et Julien Depardieu Responsable son. Merci à tous les trois pour l’accueil et le temps.

SLU : Le besoin de tout rebâtir après l’incendie en 2011 est dû à quoi ?

La vieille charpente durant la démolition. Derrière la grue se trouve l’emplacement de la future scène et encore derrière et orienté perpendiculairement, le Trianon.

Abel Nahmias : La charpente métallique a chauffé et a perdu ses propriétés, il a été nécessaire de tout refaire.
On a donc repris les codes artistiques d’époque mais pas forcément à l’identique car la salle a pas mal évolué au cours de son existence et la refaire à l’identique n’aurait pas eu de sens. On a privilégié la pérennité, la solidité et l’isolation phonique quitte à ce que la structure visible soit désormais un décor. Il reste du métal porteur mais il est intégré dans les murs.

La nouvelle charpente en train d’être assemblée, les murs noircis ayant fait l’objet d’un important étaiement durant le chantier.

SLU : L’isolation permet une pleine exploitation concert ?

Abel Nahmias : Oui absolument, nos murs acoustiques font 80 cm d’épaisseur. Les émergences, c’est du passé.
On a tout rasé, creusé pour disposer d’une scène mobile et reconstruit à neuf. L’Élysée Montmartre est une salle qui a 3 ans d’âge et 210 ans d’histoire !


Une vue en coupe de l’escalier et du foyer

On a aussi profité du décaissement pour échanger avec le commerçant qui fait le coin, des mètres carrés au rez-de chaussée contre le 1er étage où nous disposons désormais d’une salle avec des fenêtres donnant sur le boulevard de Rochechouart.
Le fameux escalier qui donne accès à la salle depuis la rue a aussi été élargi, adouci dans sa pente avec une plateforme en son milieu et est revêtu du même bois qui équipe la salle. Il ne fait plus peur (rires!).


La salle loin d’être finie, le ballet des systèmes commence. Les subs sont posés devant la scène là où aujourd’hui ils sont « accrochés » sous le plateau et apparaissent quand ce dernier est levé.

SLU : La salle est louée toute équipée. Comment s’est effectué le choix du système ?

Abel Nahmias : Ce choix était un des enjeux de départ. Il s’est fait parmi de nombreuses marques et après une écoute. Il est important de noter que nous sommes déjà équipés en d&b au Trianon et nous en sommes très contents.
Le V ayant été le gagnant de cette écoute, nous nous en sommes équipés et nous avons ensuite commencé la fastidieuse phase d’amélioration du rendu en salle notamment en traitant les murs.

SLU : Vous avez un peu travaillé à l’envers…

Abel Nahmias : En quelque sorte. Nous avons commencé sans avoir fini toutes les études acoustiques.
Des recommandations avaient été faites et suivies en phase de construction, mais moins en termes de traitement de la salle comme de la fosse ce qui fait que nous avons eu une courbe d’apprentissage et d’adaptation qui a duré deux ans (sourires).

La ligne de V à jardin, 6 V8 et 2 V12. On aperçoit un second moteur de levage en retrait utilisé pour des essais pas assez concluants de subs en accroche.

La salle a reçu un traitement spécifique sous la forme de panneaux qui se fondent bien dans le décor et ont sensiblement amélioré le rendu. La scène sur vérins qui comporte trois étages conçus pour y stocker les chaises de la salle a aussi été traitée avec de la laine de roche pendue en mode bass trap ce qui a réduit les résonances.

Cristelle Gioanni : Nous n’avions pas les chaises au départ ce qui rendait la fosse très sonore.

Abel Nahmias : La scène télescopique apporte un vrai confort de travail et accélère l’accueil, en revanche dans une salle de la taille de la nôtre, ce n’est pas idéal d’un point de vue sonore si on ne traite pas le volume vide en dessous.

SLU : Le système a bougé ?

Julien Depardieu : Bien sûr ! Au départ il a été accroché aux IPN les plus extérieurs et il était trop ouvert. On a fait souder d’autres IPN pour le recentrer et on l’a aussi baissé. Au même moment on a fini de déployer les absorbants ce qui a ramené le TR à une moyenne de 1,3 s là où avait près de 3 s à l’origine.
Les panneaux entiers du plafond ont aussi été modifiés et divisés en 4 éléments en quinconce dont deux centrés sur 500 Hz qui est la fréquence de la salle, avant qu’un tissu ne les uniformise. Les autres panneaux sur les murs comportent un absorbant pleine bande. Après avoir raccourci le TR on a à nouveau recentré le système pour gagner en image au sol et moins exciter la rosace sur le balcon.

A l’heure actuelle la boîte du haut vient lécher les pieds des VIP (rires), mais c’est prévu que nous rentrions une paire de Y10P pour apporter un peu de vie à ce balcon. On a bien entendu du son, mais l’idée c’est de le redéfinir un peu.

Une vue de la salle et de ses panneaux acoustiques épousant la forme des moulures sur les murs latéraux comme sur le plafond.

Abel Nahmias : Lors de la reconstruction de la salle on a souhaité avoir la polyvalence du Trianon où les sièges sortent du sol. L’acousticien qui a travaillé sur l’Élysée a fait son étude avec des sièges qui n’ont jamais existé puisqu’on a fait le choix du tout debout. Deuxième raison pour laquelle on a mis du temps à optimiser l’acoustique, nous voulions de la patine sur les murs comme aux Bouffes du Nord et ce choix esthétique nous a freiné dans le traitement qui, par définition, se pose sur les murs.

Un passage de câbles par des trappes reliant l’emplacement de la régie face à celle des retours et, sur la gauche, au local technique / TGBT.

SLU : Tout ça c’est le passé On sent que la salle est désormais très saine. Le système est sur moteur, c’est donc possible de venir avec le sien ?

Julien Depardieu : Les moteurs sont dus à notre recherche de l’endroit et de la hauteur idéale, et cela facilite aussi la maintenance, mais effectivement on pourrait le mettre sur élingues.

Cristelle Gioanni : On fait notre possible pour éviter ces changements qui nous sont demandés très rarement et qu’on refuse.

Julien Depardieu : Hier un groupe est arrivé avec le sien, l’équipe son est montée, a vu ce qu’on avait et a laissé son bois dans le camion (rires).

SLU : La salle permet donc une exploitation dans les normes du nouveau décret de 2017, 102 dBA et 118 dBC en LEQ 15 minutes ?

Cristelle Gioanni : Absolument, nous n’avons plus l’ombre d’une émergence et bien entendu notre système est parfaitement en mesure de répondre à ce cahier des charges sonore.

Dans le local technique sous le rack d’ampli d&b on retrouve le cœur du système de mesure, de limitation et d’enregistrement des niveaux AMIX SNA50-3R

Abel Nahmias : On s’est peut être cherché un peu entre décor et acoustique, mais en ce qui concerne l’étanchéité de la salle on a dès le départ mis la barre très haut. L’époque des 95 dBA c’est bien du passé. On n’a aucune limitation ni le jour ni la nuit.

Julien Depardieu : Nous avons investi dans une paire de SL-Sub en complément des V-Sub et avons refait des mesures d’émergence qui se sont révélées négatives.
On est étanche y compris à l’infra. Rien ne sort de la salle, ni de salle en salle puisque les deux communiquent et encore, si on voulait aller encore plus loin on le pourrait puisque les ouvrants de salle en salle ne sont pas spécifiquement phoniques.

SLU : Tu mesures juste le système ?

Julien Depardieu : Ah non, j’ouvre les sides et 8 wedges. Même si ce n’est qu’un CD, ça ajoute une bonne dose de pression et ça colle plus à la réalité de l’exploitation de la salle.

Du son et du bon

Les amplis du système principal/subs/rappels, D80 et un D20

SLU : Parlons un peu technique et commençons par le son

Julien Depardieu : Le système est le V de d&b avec 8 têtes par côté, 6x V8 et 2x V12. Les deux V12 sont assez bas pour se passer de lip-fills. Les subs sont de deux types. 12 V-Sub en 2x 6 et 2 SL-Sub aux deux extrémités pour apporter un renfort en infra typiquement pour l’Electro.
Le système est traité en Array Processing. Les in-fills ou lip-fills si on joue avec des crashs sont 2x Y10P. Les retours disposent de 12x wedges Max2, un sub B6 pour les batteurs et de sides / retours DJ avec 4x V-Sub et 2x V7P.

L’amplification du système prend place dans notre local technique / TGBT avec les stage racks, les gradateurs et les diverses baies de brassage.
Nous proposons deux consoles Midas Pro2 avec deux DL431 et, pour chaque console, un DL155 avec 8 in et 8 out pour la face et un DL151 avec 24 sorties pour les retours. Les amplis des retours sont dans un rack mobile près de la console.

La scène en train d’être équipée. Le mother gril et une perche sont descendus. On distingue le système et les deux sides en V-Sub et V7P. La partie noire au sol, correspond à la zone télescopique de la scène.

SLU : C’est l’idéal les DL431 pour l’accueil et même pour une éventuelle captation…

Julien Depardieu : Ce sont des super produits. On joue en stage commun mais avec des vrais gains séparés puisqu’au cœur de ce stage il y a 3 pré-amplis derrière chaque prise d’entrée. Autre avantage, on ne fait qu’un line check depuis face ou retours. Si ça marche chez l’un, ça marche forcément chez l’autre.

Les deux DL431, du son anglais et un couteau suisse, rien d’européen donc, mais sans doute ce qu’on fait de mieux pour partager du très bon son entre face, retours et un troisième larron habituellement dans un gros car.

SLU : Pas beaucoup d’effets ?

Julien Depardieu : Non, la très grande majorité des artistes arrive avec la régie complète, en revanche on dispose de micros pour pouvoir repiquer 2 groupes complets. Des kits standard et beaucoup de DI car on nous en demande beaucoup. Nous n’avons en revanche pas de HF, cela passe dans les compléments quand on nous en réclame.

SLU : Les réglages de l’Array Processing ?

Julien Depardieu : Très légers. On lisse la courbe de réponse et cela améliore le bas médium et ajoute de l’homogénéité dans la restitution. Quand on fournit un shoot il est, en revanche, sans AP, et nous avons aussi un preset où il est mis hors service pour les techniciens qui nous le demandent, et garde la mise en phase des subs. On peut ainsi comparer avec et sans mais, objectivement, personne ne nous a jamais demandé de by-passer l’AP. On a aussi trois presets qui compensent les petits écarts de température et d’hygrométrie mais qui sont minimes, la clim et le renouvellement sont très efficaces.

L’AP lisse mais pas que, le SPL est tenu dans une enveloppe de 6 dB entre l’avant et l’arrière de la salle.

Le rack dédié sur le plateau aux connections et aux rocades entre face, retours et local technique.

SLU : Combien de lignes te relient au système?

Julien Depardieu : Nous avons 24 paires AES qui vont de la régie face à celle retours en passant par le local technique. Je peux donc séparer le gauche/droite, les subs, les front-fills et si nécessaire et quand cela sera opérationnel, le délai du balcon. Ces lignes AES permettent de faire passer l’intercom avec les retours. Enfin, car ça nous arrive en événementiel, on peut mixer la face depuis la scène.

SLU : Tu as aussi du RJ45 ?

Julien Depardieu : Oui bien sûr. 2 réseaux qui vont aux stages, 2 qui vont sur scène eu une dernière ligne qui aboutit aux amplis pour le R1. Pour toute demande, nous avons une goulotte qui traverse la salle et qui s’ouvre par des trappes au sol. En dernier recours nous avons un 48 paires analogiques (rires) Il a servi deux fois !

SLU : 30 mètres de long ça sonne encore ;0)

Julien Depardieu : C’est important pour l’accueil. Une fois on a eu une console analogique et l’autre, l’ingé son a souhaité placer ses stages en régie…

SLU : Pour les retours ?

Est-ce l’effet monte-charge, mais la bonne humeur règne !

Julien Depardieu : Notre plateau mobile est bien équipé, on a des rocades entre deux trappes qui apportent du secteur, véhiculent 48 paires micro, 4 lignes de retours en 2 points (tous nos wedges sont en passif), et deux lignes en NL4 essentiellement pour les side.
A jardin, l’espace de dégagement est aussi télescopique, ça permet de dégager et de stocker plus facilement, en faisant rouler directement depuis la scène puisqu’il monte, en cas de besoin, à la même hauteur.

Autre nouveauté du nouvel Élysée Montmartre, nous avons un monte-charge qui communique avec le Boulevard de Rochechouart et une ventouse de 20 mètres devant l’entrée pour y placer les porteurs.
Ca change la vie d’autant que comme le Trianon n’a pas de monte-charges, l’accès arrière qui communique avec les deux salles leur est vital et avant ça créait des embouteillages !

Au fond de la mine il y a des vis et des subs…sans fin

Nous descendons dans le vide sous la scène pour apprécier les solutions déployées pour absorber le plus d’énergie possible et avoir une vue imprenable sur des subs et des vis sans fin. Surtout les vis sans fin, les subs sont placés en hauteur et peu accessibles.

Le châssis métal dans lequel coulisse une sorte de monte charge dont le haut constitue la scène et en dessous duquel se trouvent deux étages, un portant les subs et le second qui a été rempli de panneaux absorbeurs dessus et dessous.

SLU : Comment mélange-t-on des subs différents ?

Julien Depardieu : Dans Array Calc il est possible de simuler d’abord un arc sub, ce que nous avons ici, mais en plus avec des modèles de subs différents en regardant tout de suite les éventuelles interférences. On a commencé en alignant les 12 V-Sub en arc et rapidement nous sommes passés en 6x 2 en les empilant. On gagne vers l’avant, vers l’arrière et pas mal d’impact. On était à 0 avec le système, depuis on est à -6 dB.

Le SL-GSub de cour posé sur un côté ce qui correspond sensiblement à deux V-Sub empilés. Le bois au dessus, n’est autre que le sol de la scène.

Il nous manquait malgré tout un peu d’énergie dans infra pour répondre à la demande des musiques actuelles car le V-Sub s’arrête vers 40 Hz, donne beaucoup d’énergie entre 60 et 80 et qu’on en perd un peu à cause de la fosse, on a donc ajouté 2x SL-Sub ce qui y remédie et rallonge en plus l’arc.

SLU : Quel est l’espacement entre stacks ?

Julien Depardieu : Les centres acoustiques sont espacés de 1,60 m pour garder le plus possible contrôle vers 100 Hz. On a beaucoup fait d’essais avec Pierrot (Pierre Scalco d&b France) y compris en posant les subs dehors et en les accrochant mais c’est ainsi qu’on a les meilleurs résultats. L’Arc est ouvert à 65° mais j’ai un second preset disponible à 80° pour atténuer un peu le point chaud en régie et éviter que cela ne suscite trop d’envie de corriger.

SLU : Est-ce que les absorbeurs ont amélioré le rendu du grave ?

Julien Depardieu : Oui, même si c’est difficilement quantifiable ne serait-ce qu’à cause de la hauteur de la scène qui change à la demande de chaque prod or un sub, même cardioïde, rayonne aussi au dessus, au dessous et nous en avons 14 de deux types différents. Mais ça va mieux !

Une vue en mixed Sub-array avec la très belle langue d’infra à 40 Hz et la non moins belle distribution à 80Hz

Retour à la régie de la salle « moulures, parquet, cheminée »

SLU : Les subs étant « accrochés » sous la scène qui est mobile, comment fais-tu les rares fois où tu joues à plat ?

Julien Depardieu : Très rares. Je me sers des 4x V-Sub dont nous disposons pour les side. Et il manque un peu de bas. (rires)

SLU : Comment sont coupés têtes et subs ?

L’égalisation actuelle du système principal, on dit bien actuel car par définition, cela peut changer. Il correspond à une exploitation au niveau concert.

Julien Depardieu : Les V sont en large bande. Les V-Subs sont coupés à 100 Hz et les SL-Sub sont en mode Infra. On a atténué quelque peu autour de la fréquence de raccordement entre têtes et subs et pas mal travaillé autour des 500 et 560 Hz pour gommer ce qui reste de gênant malgré le très bon travail des panneaux, en revanche nous laissons à l’appréciation des mixeurs qu’on accueille pour le reste du spectre. Selon nous le système fonctionne bien ainsi. Le micro de mesure ne fait pas tout, il faut que ça sonne aussi.

SLU : Quels accès ont les techniciens accueillis ?

Julien Depardieu : Total. Le système est ouvert et on est là pour les aider. J’ai vu passer des corrections parfois étranges par la non prise en compte du niveau. Ce qui peut être plaisant à 85 dB ne l’est plus à 100 et nous sommes là pour l’expliquer aux mixeurs qui ne connaissant pas tous la salle. On nous a demandé dernièrement de passer les SL-Sub à 0, mais à salle pleine nous sommes revenus à -3 qui est selon nous le bon ratio.

Le micro de mesure officiel assez bien placé dans une arche pour donner des valeurs proches de la réalité sans être trop influencé par le public. Un offset ajoute quelques dB rendant difficile de trouver un endroit dans la salle où l’on puisse avoir une pression supérieure et imputable au système. Un offset peut être un peu trop prudent.

SLU : Vous avez un sonomètre avec son enregistreur ?

Julien Depardieu : Oui, et nous sommes très attentifs à faire respecter la norme des 102/118 en Leq 15 minutes. Dans une salle comme la nôtre et avec un système moderne et bien calé, c’est largement suffisant.
Les 3 dB de moins ne posent aucun problème d’autant que l’intégration sur 15 minutes donne pas mal de liberté. Il faut juste apprendre à travailler différemment. Ceci dit, il faudrait que les appareils de mesure stockent aussi une sortie de la console pour pouvoir discriminer ce qui a occasionné la pression mesurée entre le système et par exemple le public.

J’aime pas les photos. Maiiiiiis si, tu verras

SLU : Comment es-tu arrivé dans l’équipe son de l’Élysée ?

Julien Depardieu : Je ne viens pas de très loin, du Trianon ! Quand Grégory Bertrand a lancé le projet, comme pour le Trianon, il m’a impliqué sur le montage et puis l’exploitation pour gérer les équipes et le matériel.
Je tourne aussi pas mal sauf cette année où je me dédie plus à l’Élysée. Nous sommes en tout 6 pour l’audio mais nous avons avec Yann Lemetre un peu plus collaboré avec les équipes de d&b pour finaliser l’aménagement de la salle et le calage du système.
Cela dit on tourne et on alterne assurant à tour de rôle l’accueil, la face et les retours. Cela permet d’être à jour concernant les changements intervenus dans la salle et de bien maitriser chaque poste.

Julien à droite avec le mixeur de Tété se baladant avec sa console Yamaha, son rack d’effets et son stage rack. Le fly de la Midas d’accueil est en place au cas où il y ait une première partie et récupère une sortie AES de la Yam.

Nous laissons Julien aux mains de l’équipe de Tété qui se produit le soir même de notre visite, l’occasion d’apprécier la gentillesse, la disponibilité et la compétence des équipes lumière, son et régie générale de l’Élysée Montmartre.

Ca travaille vite, bien et avec le sourire. Le soir même nous assistons à une partie de son show hélas compromis par une pédale récalcitrante sur sa guitare et qui de fil en embrouille a fini par faire perdre à Tété celui avec son public. Le peu que nous avons pu entendre respire la qualité et la couverture des têtes comme des subs est large et régulière.

Tété en plein show devant son public.

Nous sommes revenus quelques jours plus tard pour un show très DJ de Craig David histoire de prendre une volée de bois allemand dans les tripes. Mission accomplie. Le V colle comme un gant à cette salle et malgré l’absence des deux SL-Sub repartis dans l’attente que la paire « officielle » ne soit livrée mi-juin, la pression dans le bas et son impact ont laissé peu à redire.

Une mesure non calibrée dont il ne faut prendre qu’une tendance. Il y a ce qu’il faut sous la scène malgré le fait que les 12 V-Sub n’étaient pas soutenus par les deux GL-Sub le jour de notre passage.

Il y a de l’énergie à revendre et le fameux grave qui fait vibrer les pantalons avec des notes de synthé entre 40 et 65 Hz, pile dans la zone où le V-Sub se balade frais comme un gardon teuton.
Un bon point aussi pour le calage et le déploiement mécanique du système. Le boulet est quasiment omniprésent et il faut vraiment se désaxer près de la scène pour sortir des V et des V-Sub, partout ailleurs la pression est constante.
La salle est saine et le headroom plus que généreux quand on voit cette mesure prise à la volée durant un titre, il est vrai, particulièrement chargé.

Craig David durant son « set », seul avec un Ableton déguisé en régie DJ.

L’Élysée Montmartre est revenu dans la danse et offre au pied de la butte un espace pro, équipé aux petits oignons et pétri de charme. 1400 places debout, soit 2800 oreilles et d’yeux ravis à quelques mètres des artistes et des bars, ça change des grandes salles toutes noires…

Et d’autres informations avec les liens ci-dessous pour :


Les équipes

Propriétaires – Gérants : Abel Nahmias – Julien Labrousse

Equipe son : Julien Depardieu, Yann Lemetre

Equipe Régie Générale : Joe Addington, Sylvain Gilbert

Direction d’Exploitation : Cristelle Gioanni

Responsable Technique : Jerome Colautti
Responsable Son : Julien Depardieu
Responsable Light : Stéphane Sarlat

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TrendForce: the mobile 3D sensing infrared laser projector market will reach almost $2 billion by 2020

Par pico

TrendForce says that smartphone companies are developing 3D sensing capabilities following Apple's iPhone X launch (with its 3D sensor). The company estimates that the market for mobile 3D sensing by infrared laser projectors will grow from $246 million in 2017 to $1.95 billion by 2020.

Current solutions for mobile 3D sensing include structured light and time of flight (ToF). The iPhone X uses structured light with a 30,000 dot IR projector. Time of flight developers include STMicroelectronics, Google/Infineon/PMD and MicroVision.

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