Collanews

🔒
❌ À propos de FreshRSS
Il y a de nouveaux articles disponibles, cliquez pour rafraîchir la page.
À partir d’avant-hierHardware

L’accélération vidéo dans HandBrake (avec une puce T2)

Par Pierre Dandumont

Récemment, je parlais d’HandBrake et de la possibilité d’utiliser le GPU pour compresser de la vidéo. Depuis, j’ai pu faire quelques tests avec un modèle en T2.

Petit résumé : VideoToolbox est l’API « boîte noire » d’Apple qui permet de compresser et décompresser de la vidéo. En fonction de l’équipement de votre Mac, elle va effectuer les calculs sur le CPU, une carte additionnelle (l’Afterburner des Mac Pro), une puce Apple ou les moteurs de compression et décompression des GPU.

Un modèle avec une puce T2

Dans mes premiers tests, l’encodage H.264 s’effectuait toujours sur l’IGP Intel (même avec des GPU dédiés) et l’encodage H.265 en partie sur l’IGP et un GPU dédié. Mais l’ajout d’un eGPU rapide (une Radeon Vega 64) offre de bien meilleures performances. Depuis, j’ai testé avec un Mac doté d’un puce T2, un MacBook Pro 13 pouces de 2019. Il dispose d’un IGP Intel (l’Iris Plus Graphics 645) et une puce Apple T2. L’IGP Intel offre plus d’unités que l’Intel HD Graphics 630 de mon MacBook Pro – 48 contre 24 – et 128 Mo d’eDRAM, mais le moteur vidéo est normalement le même.

Pour le H.264, l’encodage s’effectue en 2 minutes et 5 secondes (~115 fps). C’est plus rapide que sur mon MacBook Pro, mais de façon marginale et ça vient peu-être de l’eDRAM. C’est l’IGP qui encode et c’est assez visible dans le Moniteur d’activités.

On voit bien l’usage de l’IGP

Pour le H.265, c’est différent. Il faut 2 minutes et 2 secondes (117 fps) et c’est la puce T2 qui encode. L’IGP ne fait rien, le CPU travaille avec HandBrake, mais c’est pour les filtres. En comparaison, le MacBook Pro encode à 45 fps avec l’aide d’une Radeon RX 560 et à 101 fps avec une coûteuse et bruyante Radeon Vega 64. C’est rapide, avec une consommation sans commune mesure.

Assez bizarrement, donc, l’encodage H.264 ne passe pas par la puce T2 (c’est pourtant a priori possible, iOS le fait) et sur certaines machines – genre le Mac Pro et certains MacBook Pro -, il passe par un GPU dédié. C’est évidemment le cas sur toutes les machines qui ne possèdent pas d’IGP Intel (Mac Pro, iMac, etc.).

Reste que cet exemple montre bien l’intérêt des puces d’Apple, qui vont à mon avis remplacer peu à peu les composants « Intel » dans nos Mac.

Les améliorations audio des Mac en puce T2

Par Pierre Dandumont

Depuis l’arrivée de la puce T2 dans les Mac, une partie des fonctions traditionnellement liées aux composants Intel passent sur la puce d’Apple. Et dans les Mac avec une puce T2, l’audio est dans le cas, avec une amélioration intéressante : on peut utiliser un casque et les haut-parleurs simultanément.

Sur un Mac « classique », c’est l’un ou l’autre. Soit vous avez un casque branché, et il prend la main, soit vous utilisez les haut-parleurs.

Avec un modèle en T2 (ici, un MacBook Pro 2019), c’est différent. Les deux sorties sont indépendantes. Par défaut, vous ne verrez évidemment que les haut-parleurs, mais si vous branchez des enceintes ou un casque sur la prise jack – elle existe encore dans les Mac -, les deux apparaissent. Ce comportement induit deux choses intéressantes : on peut émettre les sons de l’interface sur les haut-parleurs (par exemple) en écoutant de la musique au casque, ou – plus pratique – passer sur les haut-parleurs tout en laissant un casque branché. C’est surtout utile sur les iMac… qui ne sont pas passés à la puce T2 (sauf l’iMac Pro).

Sur un Mac en T1


Un seul choix possible


Sur un Mac en T2, deux sorties


Deux choix possibles

Et avec des logiciels spécifiques (comme Audio Hijack) il est même possible de router le son vers une sortie spécifique. Par exemple uniquement envoyer le son de Musique vers un casque et le reste vers les haut-parleur.

CES 2020 : Le créatifwashing ou comment s’accrocher à un “nouveau” marché

Par Pierre Lecourt

18%, c’est le taux de croissance du marché PC “créatif” à la fin de l’année 2019. Voilà qui doit donner envie à de nombreux constructeurs d’accrocher leurs wagons sur cette nouvelle locomotive face à un paysage beaucoup plus morose. Nous allons donc assister au créatifwashing, un moment pendant lequel toutes les machines seront orientées vers ces fameux créateurs de contenu… Avec évidemment plus ou moins de bonheur.

Chaise gaming lol

En 2017-2018, l’heure était au marché du jeu avec une croissance du matériel lié au gaming de l’ordre de 14%. En 2019, la tendance s’est tournée vers les créateurs de contenus. Ainsi après avoir vendu tout ce qu’il était possible de vendre à des joueurs en leur collant des LEDs RVB – du tapis de souris au fauteuil bas de gamme avec des enceintes – voilà que les constructeurs se tournent vers des produits plus sobres mais pas forcément plus adaptés aux créateurs.

Le marché du gaming n’est pas mort et les gammes continuent à s’étoffer mais le nouvel Eldorado semble de faire croire qu’en achetant un casque pour “créateur” ou un ordinateur “créatif”, on sera un vrai génie aux idées foisonnantes. Le sous entendu expliquant à demi-mot que c’est la machine qui fait le moine me parait être une grosse ficelle mais elle a toujours très bien marché. Combien ont acheté un siège bas de gamme tout droit sorti d’une usine où la pointeuse n’a jamais signalé la présence du moindre ergonome sous le prétexte que son mauvais skaï était aux couleurs d’un jeu vidéo ? Pensant réellement qu’un siège aussi cher allait les aider à mieux jouer ? Combien se sont retrouvés dépités après avoir englouti une bonne centaine d’euros dans un clavier bourré de LEDs RGB dont la principale caractéristique était un bruit assourdissant ? Sans que cela n’influence évidemment la qualité de leurs tactiques ? 

Combien vont se dire qu’ils seront plus créatifs en achetant des casques ou des claviers repeints en blanc, des microphones argentés ou des PC qui, bien que munis des mêmes composants que les autres, bénéficieront d’une finition particulière ? Une peinture sobre peut être censée ouvrir leurs chakras créatifs ? 

C’est la naissance du Créatifwashing, ou comment vendre un matériel parfaitement identique à celui proposé ces dernières années en ajoutant simplement un nouveau coloris à la gamme. En présentant surtout des bénéfices techniques parfois bien difficiles à identifier. Sous prétexte de rendre ces engins plus adaptés aux créatifs par la magie de la finition. Et surtout grâce aux réseaux sociaux qui permettent de donner envie de s’identifier comme membres de la grande famille des possesseurs du casque recommandé par bidule, DJ à la mode et aussi expert en création de membranes de casque que je suis astrophysicien ascendant gémeaux.

Beaucoup de materiel pro…

Il faut bien s’entendre sur la définition d’un créateur pour comprendre le tour de passe passe des constructeurs. Quand vous vous entendez créateur, vous pensez à votre musicien préféré, le réalisateur que vous adorez ou le papa des mondes imaginaires des jeux qui vous font voyager. Quand un fabricant de PC ou de matériel PC s’intéresse au public des créatifs, ils visent en réalité deux mondes différents.

D’abord des gens qui vivent de leur travail avec leur PC. Vidéastes, designers, musiciens, monteurs, photographes et tous les métiers qui nécessitent une machine vraiment puissante pour fabriquer des contenus à titre professionnel. Pour en vivre. Ceux là ont droit à des engins haut de gamme estampillés pro. Avec des processeurs performants siglés Xeon ou Threadripper, des finitions impeccables et des puces graphiques type Nvidia Quadro pouvant encaisser des travaux intenses. 

Mais ce qui se cache derrière cette appellation “créatif “, c’est également une catégorie de personnes cherchant à créer des œuvres pour se divertir : Des vidéastes, créateurs de podcasts et autres créateurs de contenus numériques… à titre personnel. Non pas que je dénigre l’un par rapport à l’autre, je connais des musiciens amateurs de grand talent, des dessinateurs numériques plus habiles que bien d’autres ayant la  reconnaissance du grand public et des vidéastes du dimanche bourrés d’idées et de savoir faire. La principale différence n’est pas dans leur talent mais dans la destination de leur travail.

Un professionnel qui vit de ses créations aura une obligation de qualité que n’aura pas un amateur. Il devra également rendre son travail suivant un calendrier précis et sera tenu à une certaine productivité pour gagner sa vie correctement. Il ne pourra pas se permettre de compenser un matériel bancal en amont par un surcroît de boulot en aval. Acheter un microphone coûtant le prix d’un PC portable complet peut paraître un énorme investissement mais si il permet ensuite de travailler vite et sans avoir besoin de retoucher le son pendant des heures pour gommer des défauts de captation, cela a du sens pour un professionnel. Moins pour un amateur, tout aussi éclairé qu’il soit. Même constat pour un tablette graphique ou un ordinateur complet. L’investissement doit se confronter à la réalité des besoins de l’utilisateur et à la destination de ses créations.

Je ne vais pas cracher dans la soupe, je suis ravi de voir des finitions plus sages sur certains portables. Avoir enfin le choix d’acheter des machines puissantes qui ne soient pas dessinées à la hache et bardées de plus de LEDs qu’une mauvaise soucoupe de science fiction.

2020-01-17 17_05_41-minimachines.net

Mais il ne faudrait pas non plus tomber dans l’excès inverse et se mettre à déballer tout et n’importe quoi de manière trop voyante. Les annonces au CES de certains constructeurs de leurs gammes de produits “créatifs” sont un excellent exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Présenter des casques, clavier, micro et souris spécialement dédiés aux créatifs n’a pas vraiment grand sens quand on est un fabricant de PC sans expertise dans ces domaines particuliers. Proposer du matériel “gaming” pourquoi pas, on se rappellera simplement de la fable du corbeau et du renard. Mais le matériel à destination des créateurs n’évolue pas dans le même monde.

Cela n’a aucun sens de lancer des portables absolument identiques à ceux des joueurs mais justes estampillés d’un blason “créatif”. Certes, ils sont sobres, mais cela ne changera rien pour leur possesseur qui ne gagnera pas d’un coup en créativité grâce à la finition employée… Il faut à minima proposer des éléments réellement différenciants : Des circuits son séparés, des écrans bien calibrés, des machines pensées pour le calcul de montage vidéo. Pas tenter de proposer des machines sorties de nulle part avec ces engins sans aucun bagage particulier.

Il y a micro et Micro

Est-ce qu’un microphone “créateur” aura un quelconque point commun avec ne serait-ce que la cheville d’un microphone professionnel ? Quels avantages aura un clavier à membranes “blanc” par rapport aux merveilles déjà disponibles sur le marché ? Quel intérêt à une souris “créative” pour un créateur ?

Je n’ai rien contre les marques qui tentent l’expérience et je sais que beaucoup de produits de ce type sont dans les cartons, prêts à inonder le marché. On ne s’étonnera pas finalement que tous essayent d’accrocher leurs wagons au train de ce créatifwashing. Mais quel bénéfice à court terme ? Les gens seront forcément déçus de vos  matériels par rapport à ce que le marché propose déjà. Si vous voulez que vos PC créatifs arrivent réellement à se différencier avec la concurrence, faites un tour sur les forums des créateurs que vous visez. Comprenez qu’un portable avec deux ports USB ne sera jamais la machine retenue par un créateur de podcast qui préférerait de loin avoir une vraie extension de carte son permettant de brancher plusieurs micros et un partenariat logiciel pour enregistrer en multi-pistes sur son PC. Faites un tour du côté des vidéastes et des photographes qui pestent de voir encore et encore des portables sortir avec aucun lecteur de cartes mémoire ou un simple – et souvent inutile – lecteur MicroSDXC.

Le marché est difficile et chaque point conquis a un impact important pour la vie des fabricants. Mais il serait peut être opportun de se concentrer sur l’essentiel, faire ce que l’on sait faire vraiment et nouer des partenariats avec d’autres constructeurs véritablement spécialisé pour ces machines particulières. A moins de ne vouloir voir ces gammes ne durer que quelques trimestres avant de disparaitre. Certains pourraient vraiment tirer leur épingle du jeu en présentant simplement des produits à l’écoute de leur clientèle.

 

CES 2020 : Le créatifwashing ou comment s’accrocher à un “nouveau” marché © MiniMachines.net. 2020.

Bienvenue en 1920 : le bug de l’an 2020 de Mac OS

Par Pierre Dandumont

Aujourd’hui, je vous souhaite une bonne et heureuse année, mais je dois aussi vous parler du bug de l’an 2020. Car il existe. Si vous avez un vieux Mac.

Ce bug ne touche que les Mac sous Mac OS 8 (8.6 et avant) et empêche de fixer une date en 2020 avec le tableau de bord. Pour le Mac, après 2019… il y a 1920. C’est expliqué sur cette vieille page, qui montre que le tableau de bord (et les logiciels qui utilisent la même fonction) ne peut pas gérer les dates au-delà de 2019.

La conséquence est assez évidente : si jamais votre Mac a perdu la date, il est impossible de la fixer facilement en 2020. Le tableau de bord passe en 1920, comme le montrent les captures et la vidéo.

2019…


…1920

Par contre, truc amusant, le Mac lui-même passe parfaitement en 2020. Si vous avez une pile en état dans le Mac (ou une batterie dans certains portables), il va passer en 2020. Le bug ne touche que le tableau de bord de réglage.

❌