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Un trophée SATIS pour le projet d'intégration du BTS Audiovisuel Henri-Martin de Saint-Quentin

Un trophée SATIS pour le projet d'intégration du BTS Audiovisuel Henri-Martin de Saint-Quentin © Emmanuel Nguyen Ngoc

En passant de la SD à l’IP, le BTS Audiovisuel Henri Martin préfigure ce que devrait être à l’avenir un BTS Audiovisuel, à savoir une architecture hybride ouverte sur le futur... Cet ambitieux projet d'intégration, réalisé par BCE France, vient de se voir décerner un Trophée SATIS/Mediakwest 2019 par la rédaction. L'équipe pédagogique de ce BTS nous ouvre les portes de son établissement... 

 

Un investissement de 2 millions d’euros a permis une rénovation en profondeur des équipements de ceBTS Audiovisueavec une approche IP et une interconnexion entre les équipements pour que, depuis n’importe quelle salle, il soit possible d’avoir accès aux médias. Un BTS Audiovisuel est sans doute plus complexe dans son architecture et ses moyens techniques à équiper qu’une chaîne de télévision ou un prestataire technique.La technique doit rester au service de la pédagogie et faciliter l’apprentissage sur différentes typologies de matériel ; ce dernier doit être robuste, simple à appréhender par les élèves et dans un budget contraint...

 

Qu’est-ce qu’un BTS Audiovisuel ?

Le BTS Audiovisuel est un diplôme de haut niveau mis en place par le ministère de l’Éducation nationale et reconnu sur le plan national et international. Les sections accueillent des étudiants venant de toute la France, mais aussi de l’étranger. Dispensée par des professeurs et des professionnels, la formation associe théorie et pratique. Les étudiants sont confrontés directement avec le matériel lors de travaux techniques et d’exploitation et pendant les cours de mise en œuvre et de réalisation qui se déroulent sous forme d’ateliers.

Le BTS Audiovisuel du lycée Henri-Martin de Saint-Quentin (Aisne) a été ouvert il y a 30 ans, en 1989, et s’est développé, au fil des années, par étapes successives. Il y avait une première option puis une seconde, et au fil de l’eau, de manière empirique, sans grosses subventions, il a pris de l’ampleur « Nous avions commencé à 12 élèves et nous sommes arrivés à plus de 120. Les dernières installations avaient 15 ans. Il y avait une équation à résoudre entre l’enseignement, le matériel disponible et le nombre d’élèves. La Région Picardie, en 2004, a débloqué des fonds à hauteur d’un million d’euros, mais 15 ans après le matériel était devenu obsolète. La technologie a évolué rapidement et, pour la Région, renouveler la subvention représentait une enveloppe énorme. Entre temps, il y a eu une fusion des régions et après maints reports nous avons pu enfin bénéficier d’une subvention de la région des Hauts-de-France qui a permis cette évolution », souligne Jacques Tabary, proviseur du lycée Henri-Martin.

Le BTS Audiovisuel Henri-Martin de Saint-Quentin est exemplaire à plus d’un titre. Outre ses nouvelles infrastructures, il est aujourd’hui l’un des rares établissements du service public à proposer les cinq options et avoisine les 100 % de réussite à l’examen chaque année. Pour se donner une idée de la sélection, c’est 5 700 dossiers reçus pour 75 places (sélection via Parcoursup).

Le BTS AV occupe principalement le rez-de-chaussée d’une partie de la cour d’honneur du lycée (partagée avec les Lettres Sup). Le lycée, de style napoléonien, même s’il impose quelques concessions en termes d’ergonomie des salles (le bâtiment est classé), est magnifique. Le BTS occupe plus de 1 200 m2 et comprend de nombreuses installations techniques. La complexité des locaux est d’être dans des bâtiments historiques, il faut les adapter à la technique sans toucher à la structure ! Ce qui demande de l’ingéniosité, mais aussi permet aux étudiants de réaliser de nombreux exercices pratiques (montage/démontage).

 

Retour en arrière

Le BTS AV du lycée Henri-Martin est l’un des plus importants de France. Il accueille quinze élèves par classe, comporte cinq options. Il y a quatre ans, le BTS a repris une partie d’un BTS créé à Amiens en apprentissage avec option Montage. Depuis, il intègre également une filière apprentissage en option image et l’année dernière a été ouverte une licence pro Postproduction Son.

L’idée de la Région, sous l’impulsion de son président Xavier Bertrand, fut de doter le BTS de ce nouveau matériel en l’amortissant sur le BTS, l’apprentissage et la licence pro. Une fois la subvention votée, les choses commencent, il faut rédiger un cahier des charges en phase avec les problématiques actuelles et futures.

« Il est très complexe pour nous de connaître le cahier des charges des besoins, et les professeurs n’ont pas la connaissance de toutes les innovations. Nous avons demandé à BOB (Boîte à Outils Broadcast), une entreprise spécialisée et professionnelle, de nous aider à rédiger ce cahier des charges », indique José Delclitte, intendant du lycée.

La société BOB les a accompagnés durant les 19 mois du projet. De manière préliminaire, avec un audit comprenant une visite des locaux, une rencontre avec les enseignants, un audit des besoins techniques en fonction des besoins pédagogiques et la définition d’une enveloppe budgétaire. Puis la rédaction proprement dite du CCTP consistant à assurer la coordination du groupe de travail dédié à l’écriture du marché, la phase de sourcing dans sa dimension financière et technique, la rédaction du CCTP et de l’allotissement du marché et le cadrage financier du marché. Enfin, l’appel d’offres incluant la visite des locaux avec les soumissionnaires, réponses aux questions et assistance à l’analyse des offres. La société BOB a également suivi l’exécution des travaux, le déploiement des matériels…

L’appel d’offres a été remporté par BCE France. Outre la dimension financière, importante dans ce genre de projet, c’est sans aucun doute la dimension humaine et d’écoute qui a prévalu.

« Tout s’est fait en liaison étroite avec les professeurs, avec grande implication de l’équipe pédagogique. Les professeurs savaient ce qu’ils voulaient, mais avaient parfois une grande difficulté pour exprimer leurs besoins. Il faut prévoir une maîtrise d’ouvrage dans les budgets car nous n’avons pas la compétence en interne. Trop techniques, les acheteurs publics à la région n’ont pas cette compétence. Si nous n’avions pas eu le partenariat étroit avec BCE et la société BOB nous n’aurions pas pu arriver à un tel projet », insiste le proviseur.

Philippe Mauduit et Mikael Graignic, de BCE France, ont fait des déplacements au minimum toutes les deux semaines, que ce soit avant d’avoir remporté l’appel d’offres, mais aussi après. « Il faut être dans l’écoute, car il faut être capable de comprendre les besoins. Cyril Mazouër a fait un travail remarquable pour définir les besoins, mais il était important pour nous d’écouter les professeurs s’exprimer avec leurs propres mots. Nous nous réunissions souvent dans la salle des professeurs ou dans une salle de réunion à l’étage de l’administration pour parler avec les enseignants. Je pense que ce relationnel et la souplesse que nous avons introduite dans ce projet a permis que tout se passe bien, sans heurts ni problèmes », souligne Philippe Mauduit, président de BCE France. Les équipes de BCE France étaient présentes régulièrement pour assurer le câblage, les installations des matériels, en synergie avec les enseignants et Cyril Mazouër.

Le projet de mise à jour des installations du BTS Audiovisuel, pour la partie déploiement, s’est déroulé de décembre 2018 à mai 2019. Un exercice difficile comme l’évoque José Delclitte : « Le renouvellement des équipements s’est fait pendant une période de fonctionnement du BTS. Le matériel a commencé à être installé fin 2018, cela coïncidait avec les premiers examens. Il fallait jongler entre l’ancien matériel et le nouveau, sans être en rupture avec le référentiel du programme des cours. Dans ce genre de dossier, on ne peut pas dire « Je vais gérer une partie du matériel avec un premier lot et faire la suite plus tard », il faut tout faire d’un coup, il faut traiter l’ensemble de la chaîne. »

« Il n’y a pas forcément de cohérence totale dans les matériels déployés, mais il faut apprendre sur les nouvelles technologies et les plus anciennes. Cette disparité de matériel est nécessaire pour se faire la main sur tout type d’outil », poursuit Philippe Mauduit.

La mission d’AMO (Assistance à Maîtrise d’Ouvrage) pour le compte d’un BTS Audiovisuel public est très différente d’une mission d’assistance classique. Lorsque l’on enseigne au sein d’un BTS, l’année scolaire est très chargée et les occasions de travailler aux côtés de professionnels sont rares. On peut ainsi très rapidement se retrouver déconnecté du monde professionnel sans s’en rendre compte. Il est indispensable d’aider les enseignants à prendre conscience de la réalité du terrain.

Le BTS Audiovisuel était encore en SD ; c’est donc un saut de géant qu’il vient de franchir en passant en HD, HDR et infrastructure IP. Certains enseignants voulaient passer en 4K, mais il était plus pédagogique de s’intéresser au HDR qui permet de se confronter à de nombreuses problématiques.

Idem pour le choix de l’IP, comme l’indique Cyril Mazouër : « Cette partie du projet a eu lieu en 2017. À cette époque, la norme 2110 n’était pas encore sèche, mais il nous paraissait important de nous y intéresser. Il n’a pas été facile de trouver les produits pouvant entrer dans l’enveloppe budgétaire et s’insérer au cœur d’une installation majoritairement SDI. Plusieurs aspects nous ont conduits à ces choix. Déjà, il était trop tôt pour faire une installation 100 % IP, et de toute façon, il n’y avait pas le budget pour ça. Mais surtout, autant il est indispensable de former les étudiants sur l’IP, autant il n’est pas possible de faire l’impasse sur le SDI, qui ne va pas disparaître du jour au lendemain de nos régies. Il fallait également trouver des pistes de mutualisation d’équipements, sans que cela n’impacte l’aspect pédagogique. »

 

L’architecture

Le BTS est à l’image d’une petite chaîne de télévision qui aurait une partie de production et de postproduction plutôt développée. La philosophie de l’ensemble repose sur une architecture hybride SDI et SMPTE 2110 avec un serveur EVS six canaux dans le nodal, les canaux se partageant entre les deux régies des deux plateaux. Le plateau principal, baptisé plateau vert, est le plus grand et comprend une régie fixe avec une grille SDI 64 x 64 et un réseau IP SMPTE-2110. Le serveur EVS est natif 2110, le mélangeur et le mutiviewer sont hybrides. Les autres équipements sont uniquement SDI (caméras, infographie…). Des convertisseurs IP/SDI permettent d’échanger les flux entre les deux mondes. Le convertisseur V_matrix de Lawo assure ces fonctions. Le châssis installé contient deux modules : un IPG 10/10 SDI et 20/20 IP, ainsi qu’un multiview 18/2 SDI et 24/8 IP.

Un contrôleur gère cette installation. Le VSM de Lawo permet de créer différents scénarios pour coller aux différents apprentissages des étudiants. Ainsi un étudiant débutant qui apprend à commuter la sortie d’une caméra dans un multiviewer ne sait pas réellement ce qui se passe. Lorsqu’il comprend mieux la technique, et grâce à un panel virtuel, il peut découvrir les interactions entre les équipements.

« Sur une installation d’école, il est indispensable de rendre les choses pédagogiques. Pour des raisons de coût, il est de plus en plus rare d’avoir des patchs vidéo au sein des régies. Dans une école, notre expérience nous a montré que c’était indispensable. Cela permet aux élèves de visualiser par où passe un signal. Évidemment la partie IP n’est pas matérialisable de la même façon ; c’est pourquoi nous avons fait un travail d’équilibriste pour trouver les meilleurs compromis entre la pédagogie et la nécessité d’avoir de l’IP. »

La seconde régie, qui se trouve dans le plateau bleu, est mobile ; elle est utilisée pour des travaux pratiques de câblage. Pour que les étudiants comprennent facilement les liens entre les différents matériels, il a été décidé que cette régie serait en SDI. Elle comprend une grille 16 x 16, un mélangeur 2 M/E Ross Carbonite, quatre caméras et une tourelle, un poste vision. Rien n’est précâblé en vidéo. Les enseignants peuvent donc faire le choix de câbler tout ou partie de la régie en fonction des exercices prévus.

Cette régie est importante pour l’option Exploitation car il faut câbler, décâbler, recâbler. Le câblage d’une régie est une épreuve de BTS, et donc plus simple sur une régie mobile. Une fois les élèves maîtrisant la technologie, ils pourront échanger des données avec l’autre régie via une carte de conversion SDI/IP ou bien de récupérer des canaux du serveur EVS. Les deux régies permettent de travailler en mode duplex.

À chaque régie vidéo, est associée une régie son. Il y a la console principale (des consoles Studer et intercom RTS) et la console recyclée des anciens équipements avec ainsi la possibilité de faire travailler deux élèves en même temps. Cela permet aux élèves de première année de se former sur du matériel. Un Avid Pro Tools est associé aux consoles, ce qui permet de faire de la postproduction. Le plateau son comporte une troisième régie audio. Ce plateau permet de faire de la prise de son et un peu de live, de radio.

« Dans le BTS en option métiers du son, il est important d’avoir des cours sur de l’analogique et du numérique. Il faut se confronter aux différents cas de figure. Les élèves doivent aussi pratiquer de nombreux exercices de câbles. Il y a une table atelier sur laquelle il est possible d’amener une console quelle qu’elle soit et de la câbler », souligne Bastien Lenoir, enseignant son.

 

Réseau et pédagogie

Toutes les salles de classes et les régies, le nodal, les auditoriums sont reliés par un réseau KVM pour récupérer la commande des stations de travail en salle de cours. Les élèves ont accès à leur propre machine. Le stockage des machines est local, mais un serveur d’échange commun à toutes les machines est disponible. Il est possible en salle de cours de connecter, via le KVM, une machine sur un vidéoprojecteur et d’avoir, sur grand écran par exemple, un montage en cours, ce qui sur un plan pédagogique est assez unique. Autre point important, toutes les machines sont reliées en réseau Dante. Le réseau Dante est important, trente machines sont dessus.

Il y a une salle d’étalonnage HDR qui sert également de lieu de visionnage pour les documents de fin d’étude. La salle est en Blackmagic Da Vinci avec une surface de contrôle pour faire de l’étalonnage et toujours en lien avec le nodal via les KVM.

Le BTS AV comprend de nombreuses salles de montage. Des salles pour le BTS proprement dit et des salles pour la formation en alternance. Les salles de montage sont en liaison fibre et 10 Gbits vers le nodal. Il y a huit salles de montage pour le BTS et une salle avec quinze stations de montage pour l’alternance. Toutes les stations sont des Avid Media Composer. Il y a huit stations de postproduction audio stéréo, une en 5.1, et deux cabines speak. Comme énoncé précédemment, les machines sont sur le réseau Dante.

Le nodal comprend le serveur XS4K EVS, l’Avid Nexis, les grilles, les convertisseurs. En première année, les élèves doivent découvrir ce qu’est un réseau, un signal vidéo… « Ils commenceront à travailler sur l’IP en seconde année. Le dernier référentiel a huit ans et pour le moment il n’y a pas de cours prévu sur l’IP officiellement, mais il est fondamental de prendre en compte le réseau », indique Alain Gawlik, enseignant exploitation.

Outre les salles et les régies, sont disponibles des équipements de reportage image et son. Le magasin comprend des unités que les élèves doivent préparer pour aller sur le terrain. Il y a une salle de préparation des reportages, préparer le matériel et vérifier. On y trouve également un car régie qui sera ré-équipé en SD avec l’ancien matériel provenant de la régie du Plateau Vert.

 

Au final, la formation

La fin de l’installation a eu lieu en mai. Ce fut une opération à tiroirs, avec déplacement de certaines parties de matériels dans des locaux pour permettre aux élèves de continuer à travailler. BCE France a dû se plier à cette organisation. Il ne s’agissait pas juste de matériel, mais aussi de travaux dans les salles, que ce soit des créations de cloisons, de tirer des câbles, de la fibre. Les étudiants ont d’ailleurs aussi participé aux travaux de câblage.

« Nous faisions des points réguliers, avec les différentes options. Il fallait prendre en compte les besoins, les contraintes des uns et des autres pour avancer dans la bonne direction. Il n’y avait pas de chef de travaux, d’où un travail direct avec les enseignants », insiste Philippe Mauduit.

« Nous disposons de quinze enseignants en BTS AV sur la partie technique (vacataire, titulaire, contractuel…). Il n’y a pas de diplôme pour le BTS AV ; il faut compter sur des enseignants qui ont pu suivre ce type de formation, mais aussi sur des professionnels – par exemple nous avons un chef monteur qui vient de Canal+. Dans le cadre de ce projet, nous n’avions pas dimensionné la formation sur le matériel et sur les nouvelles technologies qui y sont liées comme l’IP. Bien évidemment, BCE a formé aux outils, au-delà même de ses prérogatives, mais ce n’est pas suffisant. Il a fallu renégocier avec le rectorat et tous les organismes (formation initiale, alternance, licence) un budget supplémentaire de 30 K€ pour former les professeurs afin qu’ils puissent acquérir les compétences nécessaires à l’utilisation du matériel », poursuit Jacques Tabary.

La réforme du Bac en 2021 va dans doute impacter les BTS et une réforme devrait suivre. La preuve en est, les BTS vont passer de deux à trois ans. Comme dans l’université, il y aura une mise à niveau en première année. Tout le monde n’a pas le même niveau, il y aura un nouveau référentiel pour des mises à niveau et le numérique y prendra une part prépondérante, dont l’IP.

« Un projet doit bien se passer. Quel que soit le projet et cela s’est bien passé dès les premiers contacts. Les équipes de BCE France n’ont pas dit : « J’ai le savoir et c’est comme ça ! ». Ils ont su s’adapter en fonction de nos besoins. Nous sommes dans le cadre d’un marché public. Cela est très contraignant avec un cadre strict. Tout n’avait pas forcément été vu dans le détail et peut-être certains points ont-ils été oubliés, mais, chez BCE, ils ne se sont pas fermés par rapport à cela et ont été souples, au-delà même de ce qui était demandé dans le cadre du simple appel d’offres », conclut José Delclitte.

 

Les cinq options du BTS Audiovisuel Henri-Martin

• Gestion de production

• Technique d’ingénierie et exploitation des équipements

• Métiers de l’image

• Montage et postproduction

• Métiers du son

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #33, p.78/82. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 20 novembre 2019 à 17:00

Formation Broadcast Academy : le live sport en simulation

Formation Broadcast Academy : le live sport en simulation © DR

La Broadcast Academy proposera du 24 au 28 février 2020 une formation payante et un training sur la réalisation de direct de sports dans ses locaux à Boulogne Billancourt.

 

Cette séquence de 5 jours comportera une première partie présentée par le réalisateur Laurent Lachant sur les principes éditoriaux et le storytelling, le travail nécessaire de chaque caméra, la bonne construction des séquences ralentis, etc. Ceci sera suivi, toujours avec le réalisateur, d’une partie comportant des sessions de ‘hands-on’ sur l’outil de mise en situation qu’est le Live Simulateur développé en partenariat entre la Broadcast Academy et EVS. Cet outil mettant les participants dans un environnement et des conditions très proches de la réalité.

 

Cette formation s’adresse à des réalisateurs multi caméras ou producteurs d’évènements sportifs en direct qui seront sélectionnés par la Broadcast Academy pour participer à la formation.

 

Des bourses sont proposées aux femmes issues de l’industrie audiovisuelle souhaitant faire évoluer leur carrière dans la réalisation sportive. Vous trouverez plus d’informations à cette adresse Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. et ici pour tout ce qui concerne l’AFDAS, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

  

 

Inscriptions ici

 

Retrouvez également notre article précédent : La Broadcast Academy, qu’est-ce que c’est ?

 

 

 

 

 

  • 14 novembre 2019 à 17:00

Trophées Satis-Screen4ALL 2019, découvrez les Services en compétition…

Trophées Satis-Screen4ALL 2019, découvrez les Services en compétition… © DR

Les Trophées Satis-Screen4ALL 2019 mettent en lumière 58 produits et services innovants que l’on retrouvera la semaine prochaine sur le stand des exposants pendant les deux jours du salon. En tant que professionnel, vous pouvez exprimer vos « coups de cœur » personnels car les votes sont aussi ouverts au public ! La compétition décerne en effet 2 trophées du Public dans 4 catégories : Production & Tournage / Postproduction / Diffusion & Distribution / Services … Votez pour les solutions qui vous semblent les plus adaptées à vos besoins ou à votre vision de l’industrie...Et la semaine prochaine, partez à la rencontre des produits récompensés sur le salon ! Pour commencer la semaine voici les 4 finalistes de la catégorie services… Avec un labo en ligne, une prestation live HF 4K HDR, un service de sécurisation spécifiquement adaptés aux streams audiovisuels, un service client sur mesure… Le choix n’est pas évident !

 

 

 

CATEGORIE SERVICES (4 produits )

 

Protect & Stream, JL MORIZUR ENGINEERING

 

Solution de chiffrement temps réel de flux sur IP (audio, vidéo, réseau de commande...), PROTECT & STREAM intègre la technologie INES by JLME. Compatible avec tous types de flux, la solution s'adapte à des services user/user ou back office/back office. Elle intègre une gestion des droits personnalisé, chaque utilisateur n'a accès qu'au contenu auquel il est autorisé. Les comptes utilisateur sont sécurisés par double authentification et/ou géolocalisation.

 

Prix : 1500 € (à partir de)

 

 

Jours « Open Bar », SONY

 

Sur simple RDV avec l’équipe service chez Sony France, Sony vous propose de vous former et de répéter vos configurations sur vos mélangeurs MVS/XVS gratuitement.

 

Prix : Gratuit

 

 

Paris-Tours 2019 en 4K HDR • Couverture de la course, RF BY EUROMEDIA

 

Le 13 Octobre dernier, les routes des vignobles de la 113ème édition de PARIS-TOURS, organisée par ASO, ont accueilli un nouveau type de production de radiodiffusion sans fil. En collaboration avec France Télévisions, les équipes Euromedia ont fourni une production RF UHD-HDR complète et native.

 

Trois motos équipées de têtes de caméra Grass Valley LDX 86 4KRF et un hélicoptère équipé d’une Sony P50 captaient des images UHD-HDR en direct sur les 100 derniers kilomètres de la course jusqu’à la voie d’arrivée à Tours Ob Van.

 

Pour récupérer ces images étonnantes sur le poste de télévision, les tout nouveaux liens de technologie Livetools, FusionTx et FusionRx, ont été utilisés avec succès. Basé HEVC, cette nouvelle génération de liens RF donne à Euromedia la possibilité de doubler le débit de chaque image dans le même canal à largeur de bande par rapport à la génération précédente de liens COFDM. Grâce à XPRO, sa nouvelle modulation développée en interne, les liens de la technologie Livetools ont permis d’obtenir des images UHD-HDR exceptionnelles sans aucun compromis sur la robustesse ni sur le délai de transmission.

 

Les flux de direct ont été décodés à l'intérieur de la fourgonnette C42 EM OB. Un « color shading » a été appliqué aux images UHD-HDR et, après un down conversion, au niveau HD-SDR. Les quatre flux UHD-HDR et les quatre flux HD-SDR étaient ensuite routées vers le car régie France Télévisions.

 

Le programme HD-SDR a ensuite été livré à tous les détenteurs de droits, tandis que le programme UHD-HDR a été diffusée sur la télévision numérique terrestre française dans les régions de PARIS, NANTES et Toulouse. Cette première avait vocation d’experimentation en vues d’autre couvertures HF longue distance UHD a venir (Jeux olympiques / Tour de France).

 

 

 

 

KILL THE TAPE, le labo connecté...

 

Kill the Tape incarne une nouvelle génération de Labo avec seul outil pour partager, archiver, distribuer les films jusqu’à 50 ans sans abonnement.

L’approche du service cumule un archivage moyen/long terme et la valorisation des films sur la base d’un forfait qui permet de maîtriser ses coûts.

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La sécurisation a également été bien réfléchie : le piratage ou ransomware des masters impossibles, car les medias ne sont pas sur le web mais stockéssur 2 sites sécurisés géographiques en France. 

Les migrations de supports sont transparentes et gratuites et la récupération des masters ou créations de PAD très rapides. 

 

La société est en mesure de fournir des services à la carte et personnalisables (suivi de visionnage d’un partage, QC évolué, services enrichissement des masters : transcription, versionning, sous-titrage…)

Prix : Sur devis

 

 

 

...La liste des lauréats du vote du public sera publiée sur le site Mediakwest la veille de l’ouverture du SATIS, permettant ainsi aux visiteurs de découvrir , sur les divers stands, les produits primés. 

De son côté, le jury de la rédaction Mediakwest décernera ses propres « Coups de cœur » à un produit dans chaque catégorie. Ses choix seront dévoilés sur le SATIS, mardi 5 novembre à l’ouverture du Salon…

 

 

 

>> Pour voter cliquez ici

 

Clôture des votes pour les prix du Public : le 4 novembre à 12h00.

 

 

 

SATIS 2019... 

>> Les sujets traités en 2019 : Workflow Ip & Nouveaux Usages • Création & Technologie • Contenus : Monétisation Financement • Blockchain • Les Nouvelles Applications Du Cloud • Réseaux Sociaux • 5g • Intelligence Artificielle & Médias • 4k • 8k : Les Très Hautes Résolutions • Les Liaisons Hf En Tournage (Image Et Son) • Live Event • Protection Des Contenus • Crowdfunding • Univers Immersifs : Vr. Ar. • Mapping • Travail Collaboratif et Interactif  • Communication Unifiée • Digital Signage • Nouveaux Ecrans  • Moteur 3d Temps Réel • Eclairage Led • Stockage Intelligent • Optimiser La Production • Vidéo Volumétrique 

 

DATES ET LIEU : 5 & 6 Novembre 2019 - Docks de Paris, La Plaine Saint-Denis 

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  • 27 octobre 2019 à 11:47

L'École polytechnique et GOBELINS, l'école de l'image signent un partenariat

L'École polytechnique et GOBELINS, l'école de l'image signent un partenariat plein de promesses © DR

L'École polytechnique et GOBELINS, l'école de l'image ont signé une convention de partenariat permettant aux élèves-ingénieurs de l'X d'intégrer des formations de GOBELINS en création visuelle et animation. Cette collaboration entre ces deux institutions de renommée témoigne de leur volonté de contribuer au développement des industries créatives par l'innovation technologique et l'expérimentation.

 

Une double compétence recherchée

Les cursus de GOBELINS, d'une durée d'un an, sont ouverts dans le cadre de l'année de césure ou de l'année d'application aux élèves de l'École polytechnique dans les secteurs du cinéma d'animation, du design graphique et du motion design, ainsi que ceux du design interactif et de l'UX design/l'expérience utilisateurs. Un objectif : leur permettre d'acquérir une double compétence, de plus en plus recherchée dans le domaine des industries créatives.

 

« Nous observons une demande très forte des entreprises du secteur de l'image pour des profils hybrides, dotés à la fois de très robustes compétences scientifiques et informatiques, et d'une grande familiarité avec la culture, les outils et les méthodes de production propres à ces industries » souligne Nathalie Berriat, directrice de GOBELINS. « Que ce soit dans les domaines de l'animation 3D, des expériences immersives, de l'intelligence artificielle, des moteurs de rendus et des pipelines de production, ou encore des nouvelles plateformes de diffusion... les ingénieurs créatifs et curieux d'expérimentation et de recherche ont d'extraordinaires et passionnantes opportunités à saisir ! »

« Ce partenariat unique avec GOBELINS nous permettra de répondre conjointement aux besoins croissants des industries de la création. Nous sommes très heureux de nouer cette collaboration qui capitalise sur la formation pluridisciplinaire dispensée à l'X pour former à GOBELINS des profils avec une double expertise très recherchée » déclare Dominique Rossin, Directeur des formations de l'École polytechnique.

 

Une expérimentation réussie

Deux élèves-ingénieurs ont pu développer leurs compétences au sein de la formation « Animateur de personnages 3D (AP3D) » de GOBELINS.

Nicolas Nghiem (X 2014) témoigne : « Au cours de mon année à GOBELINS, j'ai non seulement pu mettre un bon pied dans ce monde si confidentiel qu'est l'animation mais j'ai surtout eu l'occasion de développer mes 'yeux' : un sens de l'observation, d'analyse esthétique du mouvement et de l'image que je n'aurais probablement jamais eu la possibilité d'acquérir autrement. »

Pour Nicolas Zhao (X 2015) : « Une année à GOBELINS fut une merveilleuse escapade artistique. Elle m'a permis de comprendre profondément le travail, les attentes et les besoins de mes collaborateurs de demain. »

Ce premier succès encourage l'École polytechnique et GOBELINS à développer les relations académiques à travers un cycle de conférences et de workshops et à partager des expérimentations avec l'équipe STREAM du Laboratoire d'Informatique de l'X (LIX - unité mixte de recherche entre l'École polytechnique et le CNRS) spécialisé en modélisation géométrique et en animation 3D.

  • 15 octobre 2019 à 17:00

La galaxie de formations Emergence

David Roux a participé à la résidence cinéma avec son projet, L’Ordre des médecins. Il avait pour marraine Danielle Arbid. Ce film est sorti le 23 janvier dernier. © DR

Depuis maintenant vingt ans, créée sous l’impulsion d’Élisabeth Depardieu, l’association Emergence propose à des réalisateurs en devenir de toucher du doigt, avant de plonger dans le grand bain de leur premier long-métrage, les conditions réelles d’un tournage. Emergence Cinéma regroupe bien plus qu’une résidence et se décline en une petite galaxie de formations où l’on aime bien faire se croiser les lignes.

 

Quand on feuillette le catalogue des vingt ans d’Emergence, on croise un nombre impressionnant de créateurs. Ce n’est pas difficile, on a l’impression que tout réalisateur intégré à l’actuel dynamisme du cinéma d’auteur français a un jour ou l’autre franchi le seuil de cette résidence cinéma.

En cela, elle répond bien à la définition du concept d’émergence : Pierre Schoeller, Deniz Gamze Ergüven, Katell Quillévéré, Alice Winocour, Marc Fitoussi, Julie Bertuccelli, Leyla Bouzid, Léa Fehner, Mia Hansen-Løve, Sébastien Betbeder, Joachim Lafosse, Vincent Mariette, Antonin Peretjatko, Elie Wajeman, Farid Bentoumi, Sacha Wolff… L’équipe de consultants en scénario (Benjamin Charbit), réalisation (Mikhaël Hers), casting (Tatiana Vialle), montage (Julie Dupré), montage son (Elisabeth Paquotte), sous la houlette bienveillante des chefs d’orchestre, la déléguée générale Nathalie Bessis et le délégué artistique, Laurent Lavolé, guident chaque année cinq candidats, sélectionnés avec soin. Leur mission : donner les moyens à ces créateurs de tourner deux scènes de leur projet, tout en les aiguillant.

« C’est courageux de la part des lauréats de se lancer dans la prépa et le tournage de scènes alors même que le film n’est pas encore entré en financement, ils essaient des choses qu’ils mettent à l’épreuve de la réalité du tournage. Tout ce cheminement avec leur projet leur sera profitable au moment de la réécriture et nourrira la réflexion globale sur le futur film », souligne Nathalie Bessis. « Pendant sept mois, les heureux lauréats vont pouvoir passer de l’écrit à l’action, tout en échangeant entre pairs. Réalisateurs, techniciens, consultants… chacun se nourrit du travail des autres », sourit-elle.

 

À la barre de ce navire créatif depuis une dizaine d’années, la déléguée générale peut se réjouir : désormais Emergence Cinéma a pour synonyme label de qualité. « On sent que cela s’est professionnalisé du côté des candidats. Tout le monde sait ce que nous faisons maintenant. Rares sont maintenant les réalisateurs qui n’ont pas déjà réfléchi aux scènes qu’ils choisiront de tourner, à leur équipe technique. Les acteurs, les agents et les industries techniques jouent le jeu », explique-t-elle.

Se faire la patte, apprendre, se soutenir et se rencontrer, c’est aussi la clé de la réussite d’Emergence Cinéma. Pour mener tout ce petit monde jusqu’au bout de l’aventure, il faut des reins solides. Financièrement, le CNC et la Région Ile-de-France fournissent la plus grande partie du budget annuel d’environ 500 000 euros. Une aide essentielle qui est complétée par des partenariats en industrie : l’incontournable groupe Transpa, Tapages au Son, Pom Z et M141 pour le montage, Third au montage son et au mix et Polyson à l’étalonnage.

 

Si l’association rémunère son pool de techniciens « maison », ceux qui interviennent uniquement sur les deux scènes tournées par chaque lauréat œuvrent gracieusement. Cela leur permet de découvrir le projet du film, de voir s’ils auront l’envie ou la possibilité de travailler dessus quand aura lieu le tournage.

Avant de partir prendre pension à Marcoussis, Emergence Cinéma propose aussi de mélanger ses ouailles. En effet, outre la résidence de réalisateurs, l’association a développé d’autres cordes à son arc au fil des ans. Et c’est dans les murs de la Cité de la Céramique de Sèvres, qu’elle propose aux futurs réalisateurs et aux participants du stage d’acteurs de travailler de concert.

Le temps d’une journée, les réalisateurs lauréats prennent la caméra Alexa et fixent en 2K la même scène incarnée par les comédiens qu’ils découvrent. Ensuite, les raconteurs d’histoire se frotteront au montage de cette première séquence express, sur Avid. Une petite mise en bouche avant le départ des équipes pour tourner les scènes issues des projets de longs-métrages en Essonne, où la Résidence prend ses quartiers au Centre National de Rugby. « Comme les scènes tournées n’ont pas vocation à être diffusées, il n’y a aucun problème de droits et on gagne surtout une forme de liberté », glisse Nathalie Bessis.

 

Côté musique, Emergence ne s’en laisse pas non plus conter. Avec la Sacem, l’association a aussi imaginé un atelier musique, dédié au binôme réalisateur-compositeur de film. Et comme du cinéma à la série, il n’y a, in fine, qu’une différence de format d’image, depuis deux ans, la fabrique a agrandi sa famille. Pendant cinq mois (à raison de quatre jours de séminaire par mois), neuf auteurs déjà aguerris peuvent découvrir les subtilités de l’écriture en commun, en format long ou court (inférieur à 26 minutes) avec la crème de la crème des réalisateurs, des scénaristes, des producteurs, des diffuseurs, des festivals, des techniciens… qui redonnent actuellement des couleurs à la fiction made in France.

Nathalie Bessis ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et se prend à rêver d’une résidence série pour accompagner « du concept à la bible et au pilote dialogué »… et pourquoi pas d’une formule autour du Podcast, avec toujours la volonté d’être là où les autres ne sont pas. Et l’on ne s’étonne même pas que l’association soit aussi impliquée dans les actions d’éducation à l’image en Essonne et réfléchisse à une formule tenue encore secrète pour l’année scolaire prochaine !

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #31, p.50. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 25 septembre 2019 à 17:07

Un hackathon pour le premier film interactif à effets visuels en temps réel

Un hackathon pour le premier film interactif à effets visuels en temps réel. © DR

Cela fait deux ans que la petite équipe de Light in Chaos, réunie autour de Walid Ben Hafsia, se bat pour faire vivre au sein du Paris Image Digital Summit - dont la 5e édition s’est déroulée au Centre des Arts d’Enghien-les-Bains - l’Intere FX (INcrustation TEmps REel de FX), un hackathon consacré aux effets visuels numériques animés en temps réel.

 

 Cette année, Light in Chaos avait décidé de produire le premier film interactif à effets visuels en temps réel. La petite troupe a donc sollicité, dans les mois précédant la manifestation, plusieurs écoles de cinéma de l’Ile-de-France, afin que des étudiants tournent, montent et étalonnent deux films de court métrage au sein desquels sont insérées des scènes clés qui engendreront des phases interactives avec le public du PIDS.

Les points d’interaction avec le public correspondent à des moments charnières des films dans lesquels le personnage principal doit se transformer en super-héro et faire émerger ses super-pouvoirs à l’écran pour avancer dans l’histoire.

 

En s’appuyant sur une application pour smartphone développée grâce au framework PandaSuite, les étudiants ont conçu des scripts qui engendrent plus ou moins d’effets de particules durant ces scènes clés et le héros devient plus ou moins puissant à l’écran. Ces phases interactives ont représenté l’équivalent de 40 plans truqués qu’il a fallu programmer sur Unity3D, tout en concevant une application pour smartphone.

Bien entendu, pour parvenir à ce résultat qui fut proposé au public du Paris Image Digital Summit lors de la dernière journée de conférences, quatre jours de hackathon intenses ont été nécessaires, durant lesquels de nombreux talents et énergies ont été mobilisés au-delà des 24 étudiants provenant de différentes écoles de la région : Epitech, ESGI, Hetic, l’Institut Artline...

 

Les jeunes ont travaillé sur des logiciels comme PopCornFX, Nuke, Houdini, Unity3D... sous la férule d’une dizaine de coachs, dont certains déjà célèbres en ont profité pour distiller quelques bons conseils aux étudiants. Parmi ces mentors, on peut citer Hugues Tissandier, product designer ayant travaillé entre autres sur le film « Valerian », Ronan Broudin, spécialiste de Nuke et deux fois oscarisé pour le court-métrage « Pierre et le loup » et le film « À la croisée des mondes, la boussole d’or », le storyboarder Éric Gandois ou encore le technical artist de chez Allegorithmic, Damien Bousseau.

Pour Walid Ben Hafsia, même si un tel hackathon mériterait plus de moyens financiers, l’objectif est atteint : « Il consistait à apprendre aux étudiants présents à travailler ensemble sur des projets collaboratifs, car si l’on veut faire émerger en France une dynamique autour des VFX et du cinéma de genre, il faut dynamiser la coopération entre les studios. Et cela commence par l’apprentissage de la coopération entre les individus ».

 

Extrait de l’article paru pour la première fois dans Mediakwest #31, p.120/122. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 10 septembre 2019 à 17:00

Mediawan affiche ses ambitions !

Mediawan affiche ses ambitions… © DR

Dès septembre, le groupe audiovisuel Mediawan, leader de la fiction et de l’animation en Europe, réunira tous ses talents à Paris en un lieu unique, dédié à la production et à l’innovation des contenus audiovisuels et digitaux.

 

Mediawan poursuit son développement au plus proche des auteurs et des créateurs et, pour les rassembler, installe son siège au coeur de la capitale avec pour ambition de favoriser les synergies au sein du groupe entre les équipes d’animation ( Miraculous : Lady Bug et Chat noir, Playmobil, le film… ), les producteurs de films et de séries ( 10 pour cent, Mia et le lion blanc… ), le pôle distribution, les 17 chaînes de télévision ( Toute l’histoire, Science et vie Tv… ),  les équipes de Troisième OEil Productions et le plateau de C à vous rejoindront aussi ce pôle.

Destiné à devenir un véritable incubateur à talents, le centre sera un lieu de formation et abritera également une salle de projection de 200 places, un auditorium, des studios digitaux, des salles d’écriture…

L'ambition de Mediawan a devenir leaderinternational se traduit aussi par une politique d'achats de sociétés française et européennes. C'est ainsi que Mediawan a finalisé en février dernier la première étape de l’acquisition de Palomar, premier producteur audiovisuel indépendant italien.

Après avoir acquis une place prépondérante dans l’industrie consolidée de la production française, Mediawan a effectué, avec cette opération, sa première acquisition stratégique hors de France. Mediawan détient désormais 72% de la société italienne, les 28% restants étant détenus par M. Carlo Degli Esposti, fondateur et dirigeant de Palomar.

Palomar bénéficie d’une dynamique extrêmement favorable grâce à l’Ours d’Argent du meilleur scénario reçu au Festival de Berlin pour La Paranza dei Bambini et les derniers épisodes diffusés sur RAI1 de Commissaire Montalbano qui ont enregistré des audiences records de 45%. Avec ce rachat, la superproduction Le Nom de la Rose est devenue la première série internationale de Mediawan.

 Retrouvez notre article précédent sur cette acquisition ici

 

  • 17 juillet 2019 à 17:00

L'Université de Corse parie sur le cinéma

L'Université de Corse parie sur le cinéma © DR

Depuis 2001, l’Université de Corse a mis sur pied deux formations entièrement dédiées à la filière cinéma-audiovisuel. Objectif : former une nouvelle génération de cinéastes et de techniciens pour accompagner le développement du cinéma dans l’île.

 

Depuis près de vingt ans, c’est l’une des ambitions de l’Université de Corse : donner un rôle majeur à la Corse dans le développement de l’industrie cinématographique. Le pari est, certes, osé. Mais il faut dire que l’Université de Corse s’est donné les moyens de le relever.

Depuis 2001, sa filière cinéma-audiovisuel, proposée par son Institut Universitaire de Technologie – IUT, a mis sur pied deux formations entièrement dédiées au septième art sur le campus de Corte. Objectif : « former dans l’île une nouvelle génération de cinéastes et de techniciens pour accompagner le développement du cinéma insulaire », explique Colomba Sansonetti. Diplômée de l’Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son, cette enseignante en cinéma et audiovisuel est l’une des figures de proue de cette ambition portée par l’Université de Corse. Depuis une vingtaine d’années, Colomba Sansonetti a participé à la mise en place des deux formations proposées à Corte dans ce domaine. Créée en 2001, une Licence professionnelle Techniques du son et de l’image a pour but de former les étudiants aux missions d’assistant dans tous les secteurs de la conception et de la réalisation audiovisuelle. Articulée autour de la technique de l’image, du montage, du son, de la réalisation et de la production, cette formation s’accompagne d’un développement de sociétés de production et de plusieurs projets.

 

« Nos enseignements sont axés sur une logique de mise en pratique des acquis, souligne Colomba Sansonetti. Les étudiants suivent des cours en préparation, tournage et production, et passent in fine à la réalisation de fictions, de documentaires et de films de commande ».

Depuis 2001, environ 400 étudiants ont ainsi été formés dans le cadre de cette licence professionnelle, dont plus de 300 techniciens travaillant en Corse ou ailleurs. Si elle a permis d’apporter des compétences techniques, cette formation a surtout contribué à structurer une filière jusqu’alors assez sporadique dans l’île. « Historiquement, une activité cinématographique a existé en Corse dans les années 1960 et 1970, rappelle Colomba Sansonetti. Cependant, jusqu’à la fin des années 1990 elle n’avait pas bénéficié d’une véritable structuration avec des techniciens formés pour répondre aux besoins de son développement ».

 

Dans le même esprit, afin de monter en compétences dans le domaine des métiers du cinéma et de l’audiovisuel, l’Université de Corse a mis sur les rails, en 2008, un diplôme universitaire (D.U.) dont la responsabilité pédagogique a été confiée à Colomba Sansonetti. Baptisé CREATACC, pour « Créations et techniques audiovisuelles et cinématographiques de Corse », ce D.U., cofinancé par la Collectivité de Corse, est centré sur l’écriture, la réalisation et la production.

Envisagée comme une résidence d’artistes pour faire émerger de jeunes talents, cette formation limite chaque année ses effectifs à une douzaine d’étudiants pour conserver cette approche, et vise à former des auteurs, réalisateurs ainsi que des producteurs. Pour faire en sorte que les films produits dans le cadre du D.U. puissent être diffusés à la télévision et puissent participer à des festivals, la filière cinéma-audiovisuel de l’Université de Corse a bâti un partenariat avec le groupe de recherches et d’essais cinématographiques (GREC) afin de permettre à ses étudiants de s’engager dans une première réalisation ou production. Pendant une année, ils montent leur scénario, préparent leur tournage et réalisent leur film, encadrés par des professionnels.

Depuis 2008 environ 80 étudiants, insulaires, continentaux et internationaux, ont ainsi pu se former dans le cadre de ce diplôme universitaire afin de développer leurs projets ou leur société de production. Au total, une cinquantaine de films et de documentaires ont été réalisés par les étudiants du D.U. CREATACC depuis sa création. Benoît Bouthors en a fait l’expérience. À 28 ans, ce jeune diplômé d’un BTS en audiovisuel a choisi de poursuivre son parcours dans le cadre de ce diplôme universitaire qu’il a suivi entre 2013 et 2014. « Ma formation initiale de technicien m’a incité à aller plus loin et m’a donné l’envie de réaliser mon propre projet, explique Benoît Bouthors. La formation au sein du D.U. CREATACC m’a permis de franchir le cap de la réalisation ».

 

Résultat : à la sortie de cette formation et au terme de plusieurs mois de travaux, le jeune cinéaste a pu réaliser un second court-métrage. Intitulée Di quà da i monti, cette fiction a même obtenu, à l’été 2017, le prix du réputé festival du film de Lama dans un programme de courts-métrages.

De ce point de vue, la démarche de l’Université de Corse s’inscrit dans un renouveau du cinéma corse. Entre les productions qui posent leurs caméras dans la région, les comédiens qui y font leurs premiers pas et les créations insulaires qui éclosent, ces dernières années la Corse est devenue peu à peu un personnage important de l’industrie cinématographique. De plus, l’île compte aujourd’hui environ 250 techniciens et quelque 150 acteurs. Mieux : le nombre de jours de tournage, tous formats confondus, a été multiplié par cinq en huit ans, passant de 225 en 2009 à près de 1200 en 2017, selon les chiffres de la Collectivité de Corse.

Une dynamique qui se retrouve également sur le plan économique : les tournages rapportent environ 7 millions d’euros à l’économie locale chaque année.

  • 18 juin 2019 à 17:00

RAF/RADI, un bilan fructueux

Les RAF (Rencontres Animation Formation) et les RADI (Rencontres Animation Développement Innovation) proposent aux professionnels de l’animation un état des lieux très documenté du secteur. © Gregory Brandel/Pôle Image Magelis

Les RAF (Rencontres Animation Formation), qui fêtent leur dixième édition, et les RADI (Rencontres Animation Développement Innovation) continuent à questionner toutes les dimensions de la filière animation...

 

Elles font salle comble (plus de 340 professionnels en 2018) et débordent souvent sur leurs horaires impartis. Organisées par le Pôle Image Magelis (avec le CNC, le SPFA, la CPNEF Audiovisuel, l’Afdas, Audiens et la Ficam) et orchestrées par René Broca, les dynamiques rencontres professionnelles de l’animation (14, 15 et 16 novembre 2018 à Angoulême) ont su mettre en pratique les « vertus du débat public » en mettant face à face les professionnels de l’animation, les écoles, les institutions et les organisations syndicales. Leur bilan est flatteur.

Les chiffres de l’animation auscultés à la loupe (Les chiffres du secteur) autorisent des analyses fines du secteur dont la masse salariale a augmenté de manière spectaculaire ; l’étude souhaitée par le public des RAF sur les besoins réels en compétences et en formations des studios a donné lieu à plusieurs initiatives, dont la création d’une certification axée développement/programmation et d’un programme de Préparation opérationnelle à l’emploi (POE) porté par l’Afdas...

 

Pendants techniques des RAF, les RADI ne sont pas en reste. Ils ont su encourager les studios à exposer leurs pipelines de production de série ou de long-métrage, ainsi que leur logique de fabrication, voire leur R&D. Cette année, ce sont Cube Creative, Fortiche Prod, 2 Minutes, Tu Nous ZA Pas Vus Productions et TeamTO qui se sont prêtés au jeu. Sans oublier au passage de s’attarder sur des outils logiciels innovants qui font toujours l’objet de présentations très denses par leurs auteurs eux-mêmes.

Pour sa dernière édition, René Broca a tenu à mettre particulièrement en avant les TD (technical directors), la greffe réussie des logiciels libres avec un retour d’expérience probant, et à saluer l’ouverture de nouvelles écoles d’animation (preuve de la vitalité du secteur)… Autant de points forts qui ont relégué, temporairement, les inquiétudes des professionnels du secteur de l’animation face à la réforme de l’audiovisuel public qui sera mise en place courant 2020 (fermeture de France 4).

 

 

Focus sur les TD

Parmi la vingtaine de métiers aujourd’hui identifiés dans le secteur de l’animation et des VFX, les TD souffrent d’un déficit de reconnaissance. Interfaces entre les développeurs et les graphistes, ils sont pourtant les garants de toute chaîne de fabrication produisant du volume (long-métrage, série) dont les exigences de qualité et de productivité se montrent de plus en plus élevées. Avoir un suivi du projet à chaque étape et automatiser les tâches à faible valeur ajoutée artistique est devenu primordial.

« On ne s’autorise pas en France à parler de pipeline de production (organisation technique, workflow, solutions techniques trouvées...) comme s’il s’agissait d’un sujet tabou », rappelle le directeur technique Flavio Pérez (Les Fées Spéciales). « Cela ne facilite pas la connaissance de notre métier auprès des futurs professionnels et explique en partie la difficulté des studios d’animation et de VFX à embaucher des TD et des ingénieurs pour la R&D. »

 

Menée par Flavio Pérez, la table ronde Vous avez dit pipeline ?, qui réunissait Étienne Pêcheux (chef TD chez Illumination MacGuff) et Alexis Casas (Siggraph) et faisait suite à celle de l’an dernier, revenait sur l’intérêt à partager voire mutualiser certaines briques technologiques. Elle présentait également le groupe de travail Le Pipeline mis en place dans la foulée des RADI 2017, ainsi que la plate-forme lepipeline.org issue de leurs réflexions. Celle-ci prend soin d’inclure un glossaire des termes techniques qui, parfois, prêtent à confusion (assets, dataflow, workflow, etc.), et revient utilement sur la définition des métiers de la 3D, des postes et des tâches.

La plate-forme va surtout plus loin en évaluant les solutions commerciales d’Asset Manager, l’outil incontournable du pipeline, en précisant les formations de TD, considéré plus ici comme « un métier d’expérience » qu’un savoir théorique... Outre proposer à l’analyse des « postmortem » de productions (comptes-rendus), la plate-forme se propose de mettre en ligne, dans l’esprit de la communauté du logiciel libre, certaines briques logicielles et de constituer, à terme, des bonnes pratiques. « Il y a un besoin commun et urgent de communiquer et partager des expériences », écrit pour sa part Flavio Pérez dans le blog lepipeline.

Preuve que les échanges menés lors de l’édition 2017 ont porté leurs fruits, la branche professionnelle CPNEF Audiovisuel (Commission paritaire nationale emploi formation) vient de mettre en place un certificat de qualification professionnelle (CQP) expert technique. Résultant d’une étude conduite auprès des studios d’animation, celui-ci détermine le socle des compétences nécessaires au métier de TD et offre aux élèves ingénieurs une passerelle privilégiée vers ce secteur d’activité.

 

Lors de sa présentation aux RADI, le CQP, qui correspond à une formation de 400 heures en alternance, a reçu des marques d’intérêt de la part du réseau des écoles du Reca et d’ArtFX. Pour Ségolène Dupont (CPNEF Audiovisuel), le CQP peut se présenter sous la forme d’une formation en situation de travail (FEST) équivalente à du compagnonnage. Pour le CPNEF, la mise en place pourrait se faire au premier trimestre 2019.

 

 

Le libre profite à la série

À chaque édition, les RADI ne manquent jamais de mettre en avant des outils logiciels innovants (cette année, Kabaret et Golaem) et d’introduire de nouvelles méthodes prometteuses comme le plug-in open source MNPR (Maya Non Photorealistic Rendering) de rendu stylisé en temps réel pour Maya, développé par le LaBRI avec des chercheurs d’Inria Grenoble et de la Nanyang Technological University à Singapour.

Les RADI aiment également à revenir sur quelques cas pratiques. Cette année encore, les logiciels libres, qui se fraient une place de plus en plus importante dans les pipelines des studios, se retrouvent sur la sellette. Quelle place leur accorde la R&D ? Quel type de pipeline imposent-ils ?

 

Produite par Technicolor Animation Productions et fabriquée par Tu Nous ZA Pas Vus Productions*, la série télévisuelle 3D à fort volume, TeamDroniX (26 fois 22 minutes), témoigne d’une « reconversion » réussie vers le logiciel libre. Ouvert à Arles il y a neuf ans par Mathieu Rey, Thomas Giusiano et Marc Rius, ce studio a « basculé » vers le logiciel libre en 2017 : « Notre pipeline de fabrication était basé sur 3ds Max et Maya, décrit Mathieu Rey. Lorsque Blender est devenu opérationnel en production (à partir de la version 2.79), nous avons arrêté nos licences 3ds Max et Maya, et nous avons migré sur Linux. Du coup, notre pipe s’est grandement simplifié : il repose désormais sur Blender, Krita (à la place de Photoshop), le logiciel de suivi de production Kitsu (CG-Wire), FFmpeg pour encoder les vidéos... »

C’est ce pipe de production qui est utilisé sur la série TeamDroniX (réalisation Franck Michel et David Faure) pour laquelle Tu Nous ZA pas Vus Productions fabrique les nombreux assets 3D (une centaine de personnages, drones, etc.) en modélisation, rigging, texturing et animation. Ce pipeline est partagé, « à la virgule près », par Mikros Image (Technicolor) qui se charge des nombreux décors et « props », tandis que Malil’Art (Angoulême) effectue le compositing et les animations 2D (VFX).

 

Pour faciliter la communication entre les studios (Mikros travaille sur Shotgun), ont été développés en partenariat des nouveaux modules sur l’asset manager maison de Tu Nous ZA Pas Vus Productions, ainsi que des nouveaux outils open source : « Ces fonctionnalités étaient essentielles pour la série, mais n’existaient pas encore dans Blender, poursuit Mathieu Rey. Ainsi, pour le rendu sur Guerilla Render, nous avions besoin de réassigner automatiquement les textures aux personnages et de transporter les customs attributes. Second développement indispensable pour une production en multisite aux serveurs d’architecture différente : la création de variables d’environnement dans le filespath de Blender afin de faciliter l’échange des fichiers. »

À défaut d’être portées dans la nouvelle version de Blender, ces nouvelles fonctionnalités sont mises au fur et à mesure à la disposition des autres studios qui peuvent ainsi les mettre en production chez eux : « Le libre induit un nouvel état d’esprit et une nouvelle manière de collaborer entre les studios. Nous échangeons ainsi plus facilement avec ceux qui se sont équipés en même temps que nous, comme Cube Creative par exemple. »

 

 

Écoles, les nouvelles venues

À l’origine du Reca (Réseau des écoles françaises de cinéma d’animation), René Broca tenait à saluer la création récente de deux nouvelles écoles, l’ENSI à Avignon et VFX Workshop à Paris, et à revenir sur le contexte de leur ouverture. La plus inattendue est celle de l’ENSI. L’éviction brutale en janvier 2017 de Julien Deparis, directeur de l’école Mopa à Arles (anciennement Supinfocom), par la Chambre de commerce et d’industrie du Pays d’Arles avait suscité de très vives réactions de la part de l’équipe pédagogique, des étudiants et de leurs parents. Après avoir créé un comité de soutien, ceux-ci se sont réunis en comités de pilotage et ont réussi à persuader le directeur d’ouvrir une nouvelle école d’animation 3D afin de garantir aux élèves une continuité pédagogique et aussi rassurer le milieu professionnel inquiet de l’éventuelle disparition d’une filière renommée.

Ouverte en un temps record à Avignon, l’École des Nouvelles Images (ENSI), qui a repris une grande partie des élèves de Mopa, a été opérationnelle dès la rentrée 2017. Forte de partenariats avec l’Université d’Avignon et l’école ArtFx (Montpellier) ainsi que du soutien de grands noms de l’animation (Illumination Mac Guff, Mikros Image, TeamTO, Cube Creative...), la nouvelle structure (163 étudiants pour 2018) a obtenu le droit de délivrer un diplôme d’État dès sa première année de fonctionnement. Comme Mopa, elle forme en cinq ans aux métiers de l’animation 3D et son cursus, globalement inchangé, s’appuie pour l’essentiel sur l’enseignement de Maya (utilisé par la plupart des studios).

 

Autre aventure réussie, l’ouverture en 2017 de l’école des VFX-Workshop à Paris. Fondée par Renaud Jungmann (à l’origine des formations en animation 2D et 3D et jeu vidéo à LISAA) qui en est le directeur pédagogique, elle a pour but de former, en trois ans, des techniciens spécialistes des effets spéciaux numériques et de la postproduction. L’approche résolument technique de l’image se trouve à la base de cette école qui propose une alternative originale aux formations en animation plus orientées « Art appliqué ». L’école entend être un lieu d’apprentissage où les élèves acquièrent non seulement la connaissance des principaux outils logiciels (3D, motion capture...) mais aussi les principes de workflow spécifiques aux effets spéciaux numériques.

« Nous nous adressons à des élèves ayant une sensibilité à l’image photoréaliste sans forcément avoir des compétences en dessin, précise Renaud Jungmann. Dès la première année, ils apprennent à modéliser en 3D et à expérimenter les logiciels (14 sont accessibles dès la première année). Ils sont très vite amenés à décomposer l’image et à identifier les outils permettant de la produire. » Soutenue par le CNC (Centre national de la cinématographie), la formation, qui délivre le titre de « concepteur-technicien des effets spéciaux numériques », a accueilli sa première promotion en septembre 2017.

 

 

 

LES RAF PASSENT AU CRIBLE LE PLAN ANIMATION LONG-MÉTRAGE DU CNC

Salué par les professionnels présents aux RAF et très attendu par la filière, le nouveau Plan en faveur du long-métrage d’animation (soit une douzaine de mesures) concerne plusieurs directions du CNC (audiovisuel, cinéma, international, innovation vidéo et industries techniques).

Il permettra de mieux accompagner les films d’animation à toutes les étapes, du développement à leur distribution. En amont de la production, le plan prévoit entre autre un renforcement des dispositifs en place, dont l’aide au développement comme la « Passerelle animation ». Un producteur audiovisuel pourra ainsi mobiliser, en amont de la production d’un long-métrage d’animation, son soutien automatique (dans la limite de 40 %). L’aide au pilote sera également revalorisée et plafonnée à 100 000 euros par projet. La phase de production bénéficiera d’un bonus de 50 % du soutien automatique à la production (soit environ 400 000 euros de soutien automatique supplémentaire) et d’une majoration substantielle de 1,5 million d’euros de l’aide sélective à la création visuelle et sonore pour les films à dimension artistique.

 

Enfin, pour favoriser le rayonnement des films d’animation, le CNC élargit l’accès aux aides sélectives pour leur distribution dans l’hexagone. Les distributeurs étrangers d’œuvres françaises pourront également bénéficier d’une aide copilotée par le CNC et Unifrance (augmentation de 300 000 euros de l’enveloppe). Le plan de soutien du CNC (d’un montant de plus de 10 millions d’euros) résulte d’un an de concertation avec les professionnels du secteur de l’animation.

Pour le SPFA, il s’agit là de mesures fortes pour le film d’animation considéré comme le relais de croissance pour le secteur. Ce plan est entré en vigueur en janvier 2019.

 

* Lire à ce sujet « Tu Nous ZA Pas Vus Productions, un studio à Arles »

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #30, p.106/108. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 1 mai 2019 à 19:27

L’ISTS pousse le curseur avec Avid ProTools S6

L’ISTS a investi dans quatre configurations Avid Pro Tools S6, dont deux présentes sur le site parisien. © DR

L’ISTS (Institut supérieur des techniques du son) est l’école spécialisée dans les métiers de l’audio, elle prend pleinement sa place au sein du groupe ESRA. Pour être en phase avec les problématiques du marché et répondre aux demandes des futurs employeurs, il est nécessaire de posséder les outils référents. L’école a donc investi, il y a quelques mois, dans quatre configurations Pro Tools S6. Deux sont à Paris, et les autres en province (Rennes et Nice). Visite de ces nouvelles installations en compagnie de David Azoulay, directeur général du groupe ESRA, et Jean-Christophe Belval, coordinateur pédagogique ISTS.

 

L’ISTS est une école privée reconnue par l’État et qui délivre un diplôme visé par l’État : le DESTS (Diplôme d’études supérieures des techniques du son). Pour bien comprendre le positionnement de l’ISTS, faisons un petit retour en arrière.

Créé en 1972 par Max Azoulay, le groupe ESRA a pour vocation la formation aux métiers du cinéma, de la télévision, du son et du film d’animation. Le groupe, aujourd’hui dirigé par David Azoulay, comprend trois écoles : l’École supérieure de réalisation audiovisuelle (ESRA), l’Institut supérieur des techniques du son (ISTS) et l’ESRA Animation. Implanté d’abord à Paris, le groupe ESRA a créé en 1988 l’ESRA Côte-d’Azur à Nice, l’ESRA Bretagne à Rennes en 1995 et l’ESRA Bruxelles en Belgique en 2015.

Chacune de ces écoles propose un cursus de trois ans d’études diplômantes et certifiantes qui peut, de façon optionnelle, se prolonger d’une quatrième année d’études à New York. « La philosophie de l’ESRA est de pouvoir enseigner et présenter tous les métiers de l’audiovisuel. Chaque année nous investissons dans le matériel pour moderniser les équipements », résume David Azoulay.

 

 

ISTS au cœur de l’audio

Répartie sur trois ans, la formation ingénieur du son de l’ESRA comprend des cours théoriques, des travaux dirigés, des réalisations et des stages en milieu professionnel. Les deux premières années constituent un tronc commun. En termes d’effectifs, il y a 190 élèves en première année et 150 en troisième année.

En troisième année, les étudiants aspirant à devenir ingénieur du son ont le choix entre les options suivantes, représentant autant de possibilités d’orientations professionnelles au sortir de l’école : Son Audiovisuel, Son Musical, Son Jeux-vidéo, Son Radio ou Sonorisation. La polyvalence acquise par les étudiants est une donnée essentielle pour s’insérer professionnellement, l’ISTS et l’ESRA ont bien compris depuis leur création la nécessité de cette polyvalence. L’ISTS est en phase avec les évolutions du secteur pour permettre une meilleure insertion, ce qui veut dire posséder du matériel adapté et à la pointe.

L’ESRA a acquis quatre consoles Avid Pro Tools S6 M40 en juin 2018. Deux consoles sont installées à Paris : une 24 fader dans une salle du bâtiment principal et une 16 fader dans le studio Ouistiti situé en face du bâtiment principal. Les écoles de province n’ont pas été oubliées puisqu’une console 24 fader est installée à Rennes et une autre à Nice. Deux de ces consoles sont équipées de MTRX.

 

Il y a quelques années, l’ISTS a repris les anciens studios de Dominique Blanc-Francard (studios Ouistiti et avant Aquarium). Il y a deux studios, dont un grand avec un plateau de 50 m2 qui peut être utilisé pour de la prise de son musicale. Il comprend une console Audient ASP 8024 - 24 et une console Avid Pro Tools S6. Ce studio est utilisé en troisième année pour les travaux pratiques des élèves.

Côté Felix Faure, viennent s’ajouter 2 studios dont l’un est équipé avec l’autre S6 en configuration 7.1 et le second lui contient une SSL AWS 900 et ses nombreux périphériques.« Chaque studio a ses spécificités pour y enseigner des disciplines différentes, que ce soit la musique, le son à l’image, la radio ou bien le jeu vidéo, pour n’en citer que quelques-unes. Ce sont les élèves de troisième année qui ont accès aux derniers équipements, notamment les consoles Avid Pro Tools S6 », indique Jean-Christophe Belval, coordinateur pédagogique ISTS.

Il y a une synergie entre les écoles ; ainsi les élèves ISTS participent aux productions de l’ESRA. Que ce soit pour de la prise de son, de la post-production, du mixage audio, les élèves de l’ISTS sont en charge de la production et de la finalisation audio des réalisations des élèves de l’ESRA. En troisième année, les élèves de l’ESRA réalisent un court-métrage et les étudiants de l’ISTS en assurent la prise de son, le montage son, le sound design et le mixage en 5.1.

En dehors de ces nouvelles installations, les outils Avid sont déjà très implantés dans le groupe. Concernant les Pro Tools, il y a sept Pro Tools HDX + Ultimate, une soixantaine de Stations Pro Tools réparties entre les quatre sites du groupe. Les différentes stations de travail sont équipées de plugs-in UAD, Fabfilter, Waves, Native Instrument, Arturia Izotope, Flux, Melodyne etc. Le groupe ESRA est partenaire officiel d’Avid et d’Apple. L’école est habilitée à délivrer des certifications Avid sur le logiciel Pro Tools et Apple sur Logic Pro.

 

 

Une formation qualifiante

Tous les cours sont dispensés par des professionnels référents. Une cinquantaine de professeurs différents sont présents au sein de l’ISTS pour les travaux pratiques et les cours magistraux. En troisième année, les cours de tronc commun sont dispensés sous forme de séminaires et de cours magistraux et dans chaque option les matières représentent environ 200 heures regroupées sur seize semaines. Les travaux pratiques, la réalisation des productions, la rédaction du mémoire de fin d’études occupent le reste du temps. Le cursus est complété par un stage de seize semaines sur les 3 ans.

Ces nouveaux équipements vont donc permettre aux élèves d’accroître encore un peu plus leur degré d’expertise sur les outils ad hoc et faciliter leur entrée dans le monde professionnel.

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #31, p.112. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 29 avril 2019 à 19:23

Classe Egalité des Chances Louis-Lumière, inscriptions ouvertes !

La promotion 2019 de la classe égalité des chances © Audrey Bénard

Lancé en 2012 en partenariat avec la Fondation Culture & Diversité, ce programme vise à accompagner des étudiants boursiers de l’enseignement supérieur vers des études d’excellences dans les secteurs du cinéma, de la photographie et du son. L’ensemble des frais liés à la Classe Egalité des Chances est pris en charge par la Fondation Culture & Diversité.

 

Le dossier de candidature est téléchargeable sur les sites internet de l’ENS Louis-Lumière et sur celui de la Fondation Culture & Diversité. 10,4 % des élèves de la Classe Egalité des Chances qui ont présenté le concours ont intégré l’ENS Louis-Lumière, contre une moyenne nationale de 7,9 %.

 

Critères :

- Être âgé de moins de 27 ans au 1er janvier 2020

- Être inscrit dans un établissement d’enseignement supérieur en Île-de-France à la rentrée 2019-2020

- Être boursier de l’enseignement supérieur

Calendrier :

- Vendredi 1 er mars 2019 : début de l’appel à candidatures

- Jeudi 2 mai 2019: date limite de retour des dossiers de candidatures

- Lundi 10 juin 2019 : résultats d’admission

Après étude de leur dossier de candidature et entretien de motivation, une quinzaine d’étudiants sera sélectionnée par un jury composé de représentants de l’ENS Louis-Lumière et de la Fondation Culture & Diversité.

 

Durée : de juillet 2019 à février 2020

Fréquence : 1 journée en juillet, 1 semaine intensive de remise à niveau à la fin du mois d’août, puis chaque samedi à partir du 7 septembre 2019 (26 séances de 4 heures).

Contenu : accompagnement à la préparation aux épreuves du concours de l’ENS Louis-Lumière. Le programme s’articule autour des trois sections (cinéma, photographie et son) et est lié à l’histoire des arts, aux sciences et aux techniques, à l’analyse (filmique, écoute critique, photo), à la méthodologie et aux sciences de base nécessaires.

La Classe Egalité des Chances a pour vocation d’offrir aux étudiants une méthode et n’est en aucun cas une classe préparatoire au concours.

 

 

Informations complémentaires ici

 

  • 4 avril 2019 à 15:31

Télépilote forme des pilotes de drones pour la captation audiovisuelle (extrait du compte rendu Satis)

Télépilote forme des pilotes de drones pour la captation audiovisuelle, mais pas que… © Marc Bourhis

Télépilote est un centre de formation au pilotage de drone civil basé près de Thoiry, à l’ouest de Paris. Présent depuis deux ans au Satis, il accompagne de nombreux professionnels de l’audiovisuel qui veulent soit amorcer une reconversion professionnelle en devenant pilotes de drone, soit ajouter une compétence professionnelle à leur arc quand ils sont déjà cadreurs ou chefs opérateurs derrière la caméra lors de prises de vues au sol.

 

Car, même si depuis qu’en juillet 2018, le brevet de pilote de drone est devenu obligatoire pour tous les professionnels qui utilisent ces engins, chez Télépilote on admet à demi-mot que la filière des prises de vues aériennes avec drone commence à être un peu saturée.

D’ailleurs, Télépilote précise volontiers que le brevet de pilote, qui s’acquiert en deux semaines, permet d’exercer également dans d’autres domaines de la prise de vue aérienne.

Chez Télépilote, 60 % des diplômés travaillent dans l’audiovisuel et 40 % dans le survol de chantier ou la surveillance industrielle.

 

Extrait de notre compte-rendu du SATIS 2018 paru pour la première fois dans Mediakwest #30, p.47/69. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 6 mars 2019 à 11:14

Réseaux audiovisuels et vidéo IP : quelles formations 2019 à l'IIFA ?

L’IIFA propose ses formations 2019 concernant les réseaux audiovisuels et vidéo IP © DR

En réponse aux bouleversements liés à la transition numérique et IP que traverse le secteur des médias audiovisuels, IIFA avec sa marque Media 180, société de conseil et formation médias, propose des cursus de formation IT/Broadcast éligibles au Compte Personnel Formation (CPF) et finançables par l'AFDAS (offre de branche TPE/PME et stages conventionnés AFDAS).

 

D’une durée de 1 à 15 jours, ces actions permettent de répondre aux attentes des salariés et des entreprises du secteur (TV généralistes et thématiques, TV locales, sociétés de prestation et de production audiovisuelles) afin de renforcer leurs connaissances dans le domaine des infrastructures réseaux/IP en vidéo.
Elles peuvent également être adaptées en intra-entreprise pour les collaborateurs d'une même structure, organisées sur site ou à l'extérieur de l'entreprise, en financement AFDAS.

C’est au total 8 programmes de formations et 4 parcours certifiants qui sont financés par l’Afdas et éligibles au Compte Personnel de Formation (CPF) dans les domaines des réseaux de flux vidéo, de la vidéo IP et de la norme ST 2110.

 

Retrouvez tout le détail des formations…

Offre de branche AFDAS pour les TPE/PME de l’audiovisuel ici

Stages conventionnés AFDAS pour les intermittents ici

Parcours certifiants éligibles au CPF ici 

  • 9 janvier 2019 à 12:30

Master class du réalisateur Bertrand Tavernier

Master class du réalisateur Bertrand Tavernier. © Neide Olivia De Souza. Regard’Infos

En mars dernier, Bertrand Tavernier a rencontré les étudiants de l’École Louis-Lumière à la Cité du Cinéma, à Saint-Denis. Interrogé par Michel Ciment, critique cinématographique, il a évoqué, avec son franc parler, son amour du cinéma, ses films, sa façon de tourner, ses collaborateurs. Extraits de cette masterclass exceptionnelle par un grand réalisateur !

 

« Deux films majeurs m’ont donné envie de faire du cinéma, ce sont Le massacre de fort Apache (1948) et La charge héroïque (1949) de John Ford. Quand je les ai vus, j’ai adoré ces grands espaces, ces ciels immenses de Ford avec ces nuages. Mais ce qui me touchait, j’avais 13 ans, c’était ces scènes de bals, d’anniversaires, de célébrations, de rituels de la communauté. Était-ce parce que j’étais coupé du monde en étant pensionnaire dans un collège ? Était-ce une réaction contre cela qui m’attirait naturellement ? Ce qui m’a mené chez Ford, ce n’est pas seulement son esthétique, mais ce goût pour son univers collectif.

« Il y a là un côté paradoxal. J’ai été un grand défenseur du cinéma américain, et en tant que cinéaste, avais des principes idéologiques qui étaient le contraire d’une grande partie de ce cinéma, qui a fait primer l’individualisme, le héros solitaire. Ford est un peu une exception, mais il y en a d’autres ! D’une certaine manière cela guidait mes choix esthétiques.

 

« Je me souviens d’une discussion avec le cadreur du film La vie et rien d’autre, Alain Choquart. Je lui avais montré La charge héroïque et lui avais fait remarquer que John Wayne était très rarement seul dans le plan ; il est toujours cadré au milieu des hommes, jamais isolé, cadré comme quelqu’un qui va être le sauveur du groupe. L’appui que vont lui donner ces hommes est important.

« Je lui ai dit qu’il faut qu’on adopte exactement la même chose avec Noiret dans La vie et rien d’autre. Même s’il est dans une seule pièce on va chercher une fenêtre où on fera passer des gens. Quand on est dehors, il faudra toujours qu’il soit au milieu de la collectivité, au milieu d’un groupe. Là, c’est un principe fondamental. Je ne crois pas au héros qui va tout bouleverser, tout gagner. J’ai un intérêt pour le groupe plutôt que pour le héros solitaire.»

 

 

Les débuts

La famille a beaucoup compté pour moi. L’horloger de Saint-Paul (1973) est un film sur les relations père-fils, mais c’est aussi un film sur Lyon, ma ville natale. Je n’y ai mis que des lieux qui étaient ceux de mon enfance, c’est une manière pour moi de retrouver des repères. J’avais cela dans la tête et je marchais sur des terrains que je connaissais un peu.

« Quant à la diversité, c’est vrai que les premières choses qu’on me demande c’est : « Pourquoi changez-vous perpétuellement de genre ? » Il y a plusieurs réponses, c’est d’abord parce que j’ai envie de m’épater moi-même. J’ai envie à chaque film de me donner de nouveaux défis, de ne pas tomber dans la routine. Si j’ai fait un film dans un genre précis, il faut que le suivant soit très différent. Cela m’oblige à chercher et je pourrais répondre, comme Mickael Powell, qui disait : « Tous les films que j’ai faits je les ai faits pour apprendre ». Il ne peut pas y avoir de plus grand compliment pour un metteur en scène que de sentir que tout le monde comprend ce que vous faites.

« Ce qui a été le cas dans Le capitaine Conan. J’avais essayé de retrouver ce qui se passait dans la tête des gens quand ils participaient à cette bataille et on a tourné. Or, il s’est passé un accident. Le comédien qui devait s’arrêter, au lieu de marcher, s’est mis à courir en entraînant ses hommes. Les hommes ont suivi, mon chef opérateur a suivi. J’ai vu mon assistant faire un signe qui a lancé les cavaliers et les soldats. Et, à ce moment là, vous avez une sorte d’euphorie parce que vous avez l’impression que tous les gens autour de vous font le même film que vous ! »

 

 

Une immense curiosité

« Mes goûts ne sont pas exclusifs, mais moi, metteur en scène, j’ai toujours eu une immense curiosité, qui fait que je passe, à quelques mois de distance, de l’univers des anciens d’Algérie dans La guerre sans nom, au policier de L627 alors que juste avant je sortais de La vie et rien d’autre ; donc je passais de la guerre de 14 à la guerre d’Algérie, avec un détour par les flics, par les stups, dans un film complètement contemporain.

« Passer de Dans la brume électrique sur la Louisiane du sud à La princesse de Montpensier et ensuite à Quai d’Orsay, cela demande une sorte d’agilité mentale et de capacité à absorber des mondes différents en ayant toujours des commentaires prodigieusement élogieux de la part des gens qui sont concernés et qui connaissent ces mondes.

« Recevoir de Tommy Lee Jones un mot me disant : « Votre film a su capturer l’essence de la Louisiane du Sud », sachant que pour lui, il ne peut pas y avoir de plus grand compliment puisqu’il pense qu’aucun cinéaste américain n’arrive jamais à comprendre le Sud, ni même Hollywood.

« John Woodman avait dit la même chose : « Voilà le premier film qui montre ce qu’est la Louisiane ». Ensuite, je tombe dans le XVIe siècle avec La princesse de Montpensier, et là, de nombreux historiens viennent me dire la justesse du film. Puis, je passe à Quai d’Orsay où j’entends Hubert Védrine me dire : « On n’a jamais décrit le quai d’Orsay avec une telle justesse ».

« Ce sont trois mondes que je ne connaissais absolument pas ! Je ne connaissais rien de ces univers. Un de mes plaisirs est de découvrir, d’apprendre et de me plonger physiquement dedans, en travaillant pour comprendre. »

 

 

Respect du son

Un jour, lors du tournage de La princesse, mon ingénieur du son vient me dire pendant une scène : « J’entends des cloches de vaches très fort ». Je me dis : « Est-ce que les vaches avaient des cloches au XVIe siècle ? » Question difficile ! On appelle mon conseiller qui nous dit « Oui, bien sûr, car certaines de ces cloches pouvaient être utilisées par les paysans pour avertir quand il y avait une attaque ou une intrusion d’une bande de brigands. Là, on se servait de la cloche de la vache. »

« Les troupeaux étaient très petits avec peu de vaches, très peu de bétail. Donc cela ne peut pas être un son de cloche très compact où on a l’impression qu’il y a beaucoup de vaches C’est impossible ! Il a donc fallu écarter les vaches et les repousser à 500 mètres pour qu’elles sonnent moins fort. C’est quelque chose que personne ne remarquera, mais moi je sais qu’on a un son de cloche dans le lointain qui est juste.

« Pour moi, c’est ma drogue de pouvoir répondre à ce genre de question. Et ce n’est pas seulement par souci de naturalisme, c’est par souci d’avoir une dramaturgie intéressante, parce que ce genre de trouvaille modifie la façon de jouer des acteurs, cela modifie le dialogue, et peut modifier la lumière, l’éclairage, donc modifier la mise en scène et cela va aider à la dramaturgie, l’assouplir, l’enraciner. Mais tout cela est totalement passé sous silence. Ça, c’est le sort d’un film souvent mal regardé, ou d’une manière trop superficielle ! Mais le film tient le coup et il survit à tout cela ! »

 

 

Le choix d’une équipe qui vous soutienne

« Au début, je ne savais rien. Parce que, ce que l’on apprend est théorique. La première chose que j’ai apprise, c’est de m’entourer d’une équipe qui me soutienne. Le choix des gens qui travaillent avec vous est primordial. Cela a commencé par les scénaristes. J’ai revu beaucoup d’anciens films, et j’ai travaillé avec beaucoup de cinéastes contemporains comme attaché de presse, avec Granier-Deferre, Deray, Sautet, etc. J’avais vu les problèmes qu’ils pouvaient avoir avec leurs scénaristes qui étaient souvent extrêmement pris car ils faisaient plusieurs films en même temps.

« Je me suis dit, si eux, ils n’y arrivent pas, moi qui arrive avec un premier film, ils me livreront une première version du scénario et après débrouille-toi ! Je me suis dit, il faut que je prenne des gens qui sont passés de mode, qui seront disponibles et qui voudront m’épater. Donc, j’ai été revoir des tas de films de ces scénaristes et j’ai retenu Maurice Aubergé qui avait travaillé beaucoup avec Becker et dont les dialogues de La vérité sur bébé Donge  me semblaient épatants ; le dialogue était juste, inventif, parfois pas naturaliste, mais littéraire et intéressant.

« Après j’ai fait la même chose avec les autres techniciens. J’avais vu tellement de films où les metteurs en scène étaient abandonnés par leurs équipes, avec des techniciens formidables, mais qui n’étaient pas des gens qui venaient aider, qui montaient au créneau. Je me suis dit, il faut que j’aie quelqu’un qui soit passionné et qui me soutienne, qui ne lâche pas le coup si par hasard il y a un gros conflit avec le producteur ou un acteur ; il faut quelqu’un qui soit avec moi.

« Vraiment, j’ai vu dans ma carrière des chefs op. formidables ! Mais si Alain Delon élevait la voix, le chef op. partait, ce n’était pas son problème, il s’en lavait les mains ! Moi, je ne veux pas de ça, je veux quelqu’un qui m’aide et j’avais vu le travail de Pierre-William Glenn dans des films, et en plus il avait voulu que je juge son mémoire de maîtrise qui était : « Psychanalyse et freudisme dans la série B américaine »… quelque chose comme cela. Je me suis dit, je vais prendre quelqu’un comme ça. »

 

 

Pierre-William Glenn, mon formidable soutien

Ce que je dois à Pierre-William Glenn est énorme ! Au-delà de me soutenir dans le choix des cadres, des plans, des idées, des images, il m’a donné confiance. Je vais juste raconter un détail. Mon premier assistant était assez bourru, assez radical et j’ai eu du mal avec lui sur L’horloger de Saint-Paul ; il était assez cassant. Moi, je prenais des décisions très rapides.

« Il y avait une scène dans le parc entre Rochefort et Noiret qui s’est passée d’une façon tellement miraculeuse que j’ai dit : « Coupez, on la tire, c’est celle-là et on n’en fait pas une deuxième. » Et il me dit : « Tu vas découper maintenant », et je dis : « Non. » J’entends mon assistant qui me dit : « C’est ton film » d’un ton catastrophé et là c’est dur pour un metteur en scène. C’est votre premier film, vous êtes en train de douter là-dessus et là Glenn s’approche et me dit : « C’est toi qui as raison, ne lâche pas. »

« Il y avait une scène où je n’avais pas ce que je voulais et en même temps j’avais peur de dépasser le temps imparti. J’ai dit : « On arrête ! » Glenn vient et me dit : « On n’a pas encore trouvé un système pour mettre dans un film un sous-titre, cette scène n’est pas totalement réussie parce qu’on n’a pas eu assez de temps pour la tourner. Donc si tu veux qu’elle soit réussie, assure-toi qu’elle le soit et on oublie pour le dépassement. »

« Il était tout le temps comme cela. J’étais catastrophé par les premiers rushes. Il m’a dit : « Il y a deux choses dont il faut se méfier au cinéma, c’est l’enthousiasme au rush et la dépression après les rushes. Ce sont les deux choses qu’il faut mettre en doute ! Il ne faut jamais d’enthousiasme et ne jamais être déprimé. Attends que les plans se montent les uns avec les autres, attends de voir comment ils marchent et tu verras ! »

« Il avait entièrement raison car les scènes, une fois montées après deux jours de tournage, marchent impeccablement une fois qu’on les a mixées. Il faut avoir des gens qui soient mieux que des techniciens, qui soient des gens qui vous appuient, qui vous aident !

 

« Sur La mort en direct, dans une bagarre qui opposait Romy à Harvey Keytel, il dépassait largement son rôle de chef op. Il s’occupait de Romy, il a pu organiser une rencontre avec Harvey et Romy pour qu’ils puissent s’arranger. Et cela n’a pas de prix d’avoir des gens comme ça, des gens qui vont épauler votre passion !

« Dans le livre de Jean Aurenche, La suite à l’écran, on peut lire que « la première qualité chez un metteur en scène, c’est d’arriver à communiquer à tous ses collaborateurs, son enthousiasme et sa passion, et à créer chez ses collaborateurs l’envie de l’épater ». Il dit : « les meilleures scènes que j’ai écrites, je les ai écrites pour épater P. Bost ou B. Tavernier, c’est là où j’ai réussi mes scènes, quand je voulais les épater ». Ça, c’est formidable de créer chez ses collaborateurs, quels qu’ils soient, d’acteur à mixeur, en passant par ingénieur du son, l’envie d’épater ! »

 

 

FILMOGRAPHIE DE BERTRAND TAVERNIER

L’Horloger de Saint-Paul (1973), 

Que la fête commence (1974), 

Le Juge et l’assassin (1976), 

Des enfants gâtés (1977), 

La mort en direct (1980)

Une semaine de vacances (1980)

Coup de torchon (1981)

Mississipi Blues (1983)

Un dimanche à la campagne (1984)

Les mois d’avril sont meurtriers (1986)

Autour de minuit (1986)

La Passion Béatrice (1987)

La vie et rien d’autre (1988)

Daddy nostalgie (1990)

Contre l’oubli (1991)

La guerre sans nom (1992)

L627 (1992)

La Fille de d’Artagnan (1994)

L’Appât (1995)

The Making of an Englishman (1995)

Capitaine Conan (1996)

De l’autre côté du périph (1997)

Ça commence aujourd’hui (1998)

Laissez-passer (2002)

Holy Lola (2009)

Dans la brume électrique (2009)

La Princesse de Montpensier (2010)

Quai d’Orsay (2013)

Voyage à travers le cinéma français (2016), avec une suite de huit heures qui sera diffusée sur France 5 en 2018. 

  • 20 décembre 2018 à 23:59

Intelligence artificielle et media : les grands enjeux (Web TV Satis – Bruno Masi)

Intelligence artificielle et media : les grands enjeux (Web TV SATIS – Bruno Masi) © DR

Bruno Masi est responsable pédagogique à l’INA. Il revient pour notre Web TV Satis 2018 sur sa participation à une conférence lors du salon intitulée Intelligence artificielle et média. L’arrivée de cette technologie nécessite –t- elle de nouveaux profils à l’intérieur des organisations de media ou pouvons-nous imaginer que des forces vives déjà existantes sont en mesure d’intégrer les changements déjà induits par l’intelligence artificielle ? Bruno Masi nous répond…

 

« La question se pose depuis quelques années dans les rédactions, que ce soit les rédactions de presse écrite, radio, numérique ou télé. C’est déjà au cœur de l’intégration et de la mutation des technologies… Comment arriver à faire en sorte d’intégrer dans des processus de production d’information qui sont déjà anciens, des nouveaux métiers et des nouvelles compétences ? C’est toute la difficulté que toutes les organisations rencontrent aujourd’hui. Lorsque nous parlons d’intelligence artificielle, on fait référence très clairement dans le traitement médiatique à l’indexation des contenus mais aussi tout ce qui est data journalisme, l’analyse de données. Comment la machine peut nous aider à traiter une grande masse de données et à la rendre accessible de manière très simple au public ? Ce sont des processus qui sont en place depuis très longtemps et pour lesquels les organisations se questionnent. Je dirai qu’elles n’ont pas toutes trouvé la solution. Il y a des expérimentations qui sont faites, des labs dans les rédactions où effectivement on intègre des profils professionnels comme les data scientist ou alors on essaie de former des gens en interne. Il n’y a pas de solution absolument parfaite. Des tentatives sont faites mais il n’y a encore rien de totalement pérenne. »

 

Il nous livre ensuite son avis sur l’intelligence artificielle… Vient-elle compléter le travail humain ou alors au contraire, y a –t- il un danger qu’elle remplace l’homme ?

« Nous nous rendons compte que l’intelligence artificielle est déjà partout, très présente dans la vie de tous les jours avec nos smartphones, pour le traitement de l’information, pour l’assistance au montage… Elle doit être utile à la fois en amont et en aval. En aval, pour le lecteur, le spectateur et la personne qui s’intéresse à l’information avec des outils de recommandation qui sont plus pointus. C’est à dire que nous arrivons de plus en plus à préciser le profil et à renforcer l’expérience utilisateur dans le cadre de l’information. Je crois que c’est intéressant. Cela permet aussi pour les media de réactiver tout le catalogue, tous les contenus qu’ils ont et qui souvent sont mal indexés et plutôt en friche. Pour le spectateur, le lecteur, la personne qui s’intéresse à l’info, c’est un véritable atout.

Pour le journaliste, producteur d’information, l’intelligence artificielle peut être une aide fondamentale à pleins de niveaux. Nous l’avons vu lors de la conférence, l’intelligence artificielle est capable d’identifier, de localiser des visages mais aussi des lieux. Nous imaginons ce que cela aurait pu donner lors des printemps arabes. Beaucoup de rédactions ont fait des confusions sur ces évènements, ils ne savaient pas trop où les placer : en Libye, en Tunisie etc… Quand elle vient épauler la production d’information et qu’elle propose une forme de journalisme enrichi et augmenté, elle est formidable ! La machine est là pour servir le traitement de l’information.

En revanche, ce que nous pouvons craindre aussi, c’est qu’elle se supplée aux journalistes avec des montages automatisés, une automatisation de certaines tâches qui dans un contexte de crise que celui que connaisse les medias, pourrait pousser certains à dire qu’ils vont simplement être remplacés. »

 

Bruno Masi évoque aussi la formation à l’INA orientée vers l’innovation avec le data journalisme, le code, la réalité virtuelle et le digital learning en grand développement …

 

POUR EN SAVOIR PLUS, DÉCOUVREZ LA SUITE DE L’ENTRETIEN DANS L’INTERVIEW VIDÉO…

 

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Le SATIS, en bref 

5000 m2 d’exposition - 3 Halls, plus de 150 exposants et partenaires - Près de 9000 visiteurs - 85 contenus présentés lors de la troisième édition du 360 Film Festival, vitrine des contenus VR/360/Interactif, AR et Grands Formats - Près d’une cinquantaine de conférences, Keynotes et ateliers développés autour de sujets phares : HDR - VFX - I.A. - UHD - GRANDS CAPTEURS - STOCKAGE - VR - ESPORT - AR - 6DOF - DRONES - BLOCKCHAIN - INTERCOM - WORKFLOW - DATAVIZ - TV - BROADCAST - CORPORATE - 8K - SON IMMERSIF -IP - STREAMING - INTÉGRATION - MEDIATION CULTURELLE - CYBERSÉCURITÉ - PIRATAGE…

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  • 20 décembre 2018 à 15:32

MIPCOM 2018 : le producteur de Midnight Express dévoile un nouveau cursus à Londres

Mike Williams (MIP) et David Puttnam, producteur © Emma Mahoudeau Deleva

« Nous sommes dans un monde en constant mouvement. C’est un fait que nos industries ont mis beaucoup de temps à comprendre », s’est moqué David Puttnam, ce lundi, au Mipcom, lors de la présentation du cursus qu’il va chapeauter à partir de l’automne 2019, au sein de l’University of Arts of London.

 

Son but : aider les micro sociétés à grandir, à croître et à devenir des géants dans le secteur de l’Entertainment, sans, être « absorbées par d’autres ou devoir s’associer pour survivre », a expliqué le producteur britannique. Au sein du London College of Communication, le Lord Oscarisé pour Les Chariots de feu, aspire, grâce à ce MBA, à donner les clés de la réussite aux futurs managers des industries du cinéma, de l’audiovisuel, du jeu vidéo, des effets spéciaux, des univers immersifs... etc. “Nous voulons créer un pipeline entre les participants et les studios. De nombreux talents n’ont pas les codes pour développer leur société et laissent tomber. Ils ne savent pas coopérer entre eux et se découragent”, a-t-il souligné.

Revenant sur ses débuts de producteur, il a expliqué avec humour que tous les aspects non créatifs de ce métier à ses débuts l’avaient rebuté. Si selon lui, la guerre des talents est terminée et que ces derniers sont les vainqueurs, il n’en reste pas moins que l’audiovisuel, le cinéma, le secteur des effets spéciaux sont des marchés différents. Si l’on naît créatif, on n’est pas forcément aussi doué pour le management, le marketing, les finances et autres subtilités classiques du MBA classique. D’une durée de 18 mois, cet enseignement se déroulera principalement en ligne pour un coût annuel de 35 000 £. « Il ne s’agit pas de redynamiser l’industrie britannique », a précisé Lord David Puttnam, « ce cours est ouvert aux créatifs du monde entier ». Il entend rester connecté avec le monde du travail en s’appuyant sur des études de cas. « Le besoin de dirigeants éclairés et compétents n’a jamais été autant nécessaire dans les industries de l’audiovisuel et du cinéma. Nous voyons apparaître énormément de créatifs, les doter de l’art du management est le moyen de les aider à devenir puissants ». Les critères de sélection de la première session seront affinés d’ici à la rentrée 2019, mais ce cursus en ligne est surtout destiné à des personnes travaillant déjà dans les secteurs créatifs. 

  • 17 octobre 2018 à 20:57

L'École Cartoucherie Animation Solidaire se développe (Web TV MIFA)

Guillaume Hellouin, président et co-fondateur du studio d’animation TeamTO © Nathalie Klimberg

L'année dernière, Guillaume Hellouin, président et co-fondateur du studio d’animation TeamTO, annoncait sur le MIFA la création de l'ECAS, école d'animation Solidaire sur le site de la Cartoucherie, au Pôle Image de Valence dans la Drôme (26). La première promotion a commencé sa formation en janvier et l'initiative, fort concluante, est appelée à se développer, comme le souligne Guillaume Hellouin qui détaille dans son interview vidéo les grands principes, les modalités de recrutement et le fonctionnement de l'école...

 

 

« L’ECAS est une association à but non lucratif qui a été reconnue d’intérêt général. Une double motivations nous a incitée à créer cette école : le marché de l'animation connait une expansion tellle que la filière souffre d'un déficit de candidats de plus en plus important et nous souhaitions aussi offrir une opportunité à des gens exclus du système. Sur ce MIFA 2018, nous annonçons la création, au minimum, d’une autre école ECAS en France et potentiellement d'une autre en Afrique. Tout studio qui dispose de directeurs d’animation qui peuvent prendre en charge la formation et qui peut s’engager à recruter une partie des stagiaires une fois qu’ils sont formés, peut se joindre à l'initiative, sous réserve de souscrire à la charte de l’ECAS et de s'inscrire dans l'état d'esprit  qui motive l’association. Pour une somme tout à fait symbolique, nous sommes prêts à mettre à disposition tout le matériel, les tests, les exercices, les logiciels, les bases de données et le matériel pédagogique en mode open source afin de répliquer l’expérience dans d’autres régions, voire dans d’autres pays afin de donner  la même opportunité à d’autres jeunes qui sont exclus du système, d’intégrer ce monde de l’animation.... »

 

Guillaume Hellouin nous détaille ensuite le mode de fonctionnement de l'école ... « Nous avons réfléchi à un système de sélection qui permette à toute personne de plus de 18 ans et résidant en France, d’accéder à des tests. Ces premiers tests, en ligne, peuvent être réalisés sur iphone, tablette ou ordinateur. Cela prend une demi heure mais les gens qui ont une aptitude à devenir animateur réalisent généralement ce test en une vingtaine de minutes. La sélection peut détecter des capacités chez des gens qui n’ont aucune expérience préalable. Nous n'exigeons aucun niveau scolaire et nous sélectionnons des personnes qui n’ont pas le bac,  ce n’est pas un problème : la capacité à être animateur, c’est quelque chose que nous avons en soi et qui se révèle ensuite par le travail. Soit nous l’avons, soit nous ne l’avons pas ! C’est une disposition, un potentiel, une capacité qui est uniformément distribuée dans la population. Il y a 2 à 3% des gens qui ont ce potentiel-là ! C’est le même principe que pour les personnes ayant l’oreille musicale : ceux qui l’ont peuvent devenir musicien facilement, ceux qui ne l’ont pas peuvent faire de la musique pendant très longtemps et ils seront toujours de piètres musiciens !... »

 

Dans la suite de son échange avec nous, Guillaume Hellouin détaille les phases de sélection des candidats et la formation dispensée par les directeurs d’animation du studio TeamTO de Bourg-lès-Valence.

 

DÉCOUVREZ LA SUITE DE L’ENTRETIEN À DANS L’INTERVIEW VIDÉO …

  • 5 juillet 2018 à 17:25

Tournage en conditions extrêmes : les formations WILD FRAME proposées par l’EMC

Tournage en conditions extrêmes : les formations WILD FRAME proposées par l’EMC © DR

Depuis quelques années nous voyons apparaitre en cinéma et télévision des séquences filmées dans des conditions difficiles, en pleine nature sauvage pour privilégier la réalité dramatique du terrain. Les équipes techniques doivent s’adapter à ces conditions particulières et mettre en œuvre sur des terrains hostiles des protocoles de tournage adaptés.

 

 

Forte de ce constat, l’école EMC CINEMA a lancé des sessions de formation spécifiques au tournage en conditions extrêmes : les ateliers WILD FRAME. Formant de futurs professionnels de l’image et du son depuis presque 30 ans, l’EMC est toujours attentive aux évolutions des techniques et pratiques professionnels. Benoit Sourty, responsable pédagogique d’EMC Cinéma rappelle : « Rester à l’écoute des besoins des productions audiovisuelles permet de garantir à nos futurs diplômés une insertion professionnelle satisfaisante. Les ateliers WILD FRAME font partie de cette exigence d’adéquation entre les formations et les compétences demandées sur le terrain. »

 

Le premier atelier Wild Frame a commencé du 4 au 8 mars pour une traversée du Vercors épique au regard des températures sibériennes annoncées. 6 étudiants en image, montage et son accompagnés du réalisateur Guillaume Allaire et d’un opérateur de drône, Mathieu Terrien vont rapporter un film réalisé durant ces 5 jours.

 

Traverser à ski le Vercors, dormir 4 nuits sous la tente et rapporter un film d’une dizaine de minutes malgré les conditions extrêmes, c’est le challenge. Tout le monde dans les starting blocks pour faire les tests des matériels embarqués, ce raid devenant un véritable laboratoire de test pour nos partenaires - Canon, Cartoni, Planipresse, Sony et Tapages & Nocturnes, - un test grandeur nature.

 

Ce projet est parrainé par Yann Arthus-Bertrand et donnera lieu à une projection fin avril dans les locaux de sa fondation Goodplanet. 

  • 24 avril 2018 à 09:49

RAF/RADI, un bilan fructueux

Les RAF (Rencontres Animation Formation) et les RADI (Rencontres Animation Développement Innovation) proposent aux professionnels de l’animation un état des lieux très documenté du secteur. © Gregory Brandel/Pôle Image Magelis

Les RAF (Rencontres Animation Formation), qui fêtent leur dixième édition, et les RADI (Rencontres Animation Développement Innovation) continuent à questionner toutes les dimensions de la filière animation...

 

Elles font salle comble (plus de 340 professionnels en 2018) et débordent souvent sur leurs horaires impartis. Organisées par le Pôle Image Magelis (avec le CNC, le SPFA, la CPNEF Audiovisuel, l’Afdas, Audiens et la Ficam) et orchestrées par René Broca, les dynamiques rencontres professionnelles de l’animation (14, 15 et 16 novembre 2018 à Angoulême) ont su mettre en pratique les « vertus du débat public » en mettant face à face les professionnels de l’animation, les écoles, les institutions et les organisations syndicales. Leur bilan est flatteur.

Les chiffres de l’animation auscultés à la loupe (Les chiffres du secteur) autorisent des analyses fines du secteur dont la masse salariale a augmenté de manière spectaculaire ; l’étude souhaitée par le public des RAF sur les besoins réels en compétences et en formations des studios a donné lieu à plusieurs initiatives, dont la création d’une certification axée développement/programmation et d’un programme de Préparation opérationnelle à l’emploi (POE) porté par l’Afdas...

 

Pendants techniques des RAF, les RADI ne sont pas en reste. Ils ont su encourager les studios à exposer leurs pipelines de production de série ou de long-métrage, ainsi que leur logique de fabrication, voire leur R&D. Cette année, ce sont Cube Creative, Fortiche Prod, 2 Minutes, Tu Nous ZA Pas Vus Productions et TeamTO qui se sont prêtés au jeu. Sans oublier au passage de s’attarder sur des outils logiciels innovants qui font toujours l’objet de présentations très denses par leurs auteurs eux-mêmes.

Pour sa dernière édition, René Broca a tenu à mettre particulièrement en avant les TD (technical directors), la greffe réussie des logiciels libres avec un retour d’expérience probant, et à saluer l’ouverture de nouvelles écoles d’animation (preuve de la vitalité du secteur)… Autant de points forts qui ont relégué, temporairement, les inquiétudes des professionnels du secteur de l’animation face à la réforme de l’audiovisuel public qui sera mise en place courant 2020 (fermeture de France 4).

 

 

Focus sur les TD

Parmi la vingtaine de métiers aujourd’hui identifiés dans le secteur de l’animation et des VFX, les TD souffrent d’un déficit de reconnaissance. Interfaces entre les développeurs et les graphistes, ils sont pourtant les garants de toute chaîne de fabrication produisant du volume (long-métrage, série) dont les exigences de qualité et de productivité se montrent de plus en plus élevées. Avoir un suivi du projet à chaque étape et automatiser les tâches à faible valeur ajoutée artistique est devenu primordial.

« On ne s’autorise pas en France à parler de pipeline de production (organisation technique, workflow, solutions techniques trouvées...) comme s’il s’agissait d’un sujet tabou », rappelle le directeur technique Flavio Pérez (Les Fées Spéciales). « Cela ne facilite pas la connaissance de notre métier auprès des futurs professionnels et explique en partie la difficulté des studios d’animation et de VFX à embaucher des TD et des ingénieurs pour la R&D. »

 

Menée par Flavio Pérez, la table ronde Vous avez dit pipeline ?, qui réunissait Étienne Pêcheux (chef TD chez Illumination MacGuff) et Alexis Casas (Siggraph) et faisait suite à celle de l’an dernier, revenait sur l’intérêt à partager voire mutualiser certaines briques technologiques. Elle présentait également le groupe de travail Le Pipeline mis en place dans la foulée des RADI 2017, ainsi que la plate-forme lepipeline.org issue de leurs réflexions. Celle-ci prend soin d’inclure un glossaire des termes techniques qui, parfois, prêtent à confusion (assets, dataflow, workflow, etc.), et revient utilement sur la définition des métiers de la 3D, des postes et des tâches.

La plate-forme va surtout plus loin en évaluant les solutions commerciales d’Asset Manager, l’outil incontournable du pipeline, en précisant les formations de TD, considéré plus ici comme « un métier d’expérience » qu’un savoir théorique... Outre proposer à l’analyse des « postmortem » de productions (comptes-rendus), la plate-forme se propose de mettre en ligne, dans l’esprit de la communauté du logiciel libre, certaines briques logicielles et de constituer, à terme, des bonnes pratiques. « Il y a un besoin commun et urgent de communiquer et partager des expériences », écrit pour sa part Flavio Pérez dans le blog lepipeline.

Preuve que les échanges menés lors de l’édition 2017 ont porté leurs fruits, la branche professionnelle CPNEF Audiovisuel (Commission paritaire nationale emploi formation) vient de mettre en place un certificat de qualification professionnelle (CQP) expert technique. Résultant d’une étude conduite auprès des studios d’animation, celui-ci détermine le socle des compétences nécessaires au métier de TD et offre aux élèves ingénieurs une passerelle privilégiée vers ce secteur d’activité.

 

Lors de sa présentation aux RADI, le CQP, qui correspond à une formation de 400 heures en alternance, a reçu des marques d’intérêt de la part du réseau des écoles du Reca et d’ArtFX. Pour Ségolène Dupont (CPNEF Audiovisuel), le CQP peut se présenter sous la forme d’une formation en situation de travail (FEST) équivalente à du compagnonnage. Pour le CPNEF, la mise en place pourrait se faire au premier trimestre 2019.

 

 

Le libre profite à la série

À chaque édition, les RADI ne manquent jamais de mettre en avant des outils logiciels innovants (cette année, Kabaret et Golaem) et d’introduire de nouvelles méthodes prometteuses comme le plug-in open source MNPR (Maya Non Photorealistic Rendering) de rendu stylisé en temps réel pour Maya, développé par le LaBRI avec des chercheurs d’Inria Grenoble et de la Nanyang Technological University à Singapour.

Les RADI aiment également à revenir sur quelques cas pratiques. Cette année encore, les logiciels libres, qui se fraient une place de plus en plus importante dans les pipelines des studios, se retrouvent sur la sellette. Quelle place leur accorde la R&D ? Quel type de pipeline imposent-ils ?

 

Produite par Technicolor Animation Productions et fabriquée par Tu Nous ZA Pas Vus Productions*, la série télévisuelle 3D à fort volume, TeamDroniX (26 fois 22 minutes), témoigne d’une « reconversion » réussie vers le logiciel libre. Ouvert à Arles il y a neuf ans par Mathieu Rey, Thomas Giusiano et Marc Rius, ce studio a « basculé » vers le logiciel libre en 2017 : « Notre pipeline de fabrication était basé sur 3ds Max et Maya, décrit Mathieu Rey. Lorsque Blender est devenu opérationnel en production (à partir de la version 2.79), nous avons arrêté nos licences 3ds Max et Maya, et nous avons migré sur Linux. Du coup, notre pipe s’est grandement simplifié : il repose désormais sur Blender, Krita (à la place de Photoshop), le logiciel de suivi de production Kitsu (CG-Wire), FFmpeg pour encoder les vidéos... »

C’est ce pipe de production qui est utilisé sur la série TeamDroniX (réalisation Franck Michel et David Faure) pour laquelle Tu Nous ZA pas Vus Productions fabrique les nombreux assets 3D (une centaine de personnages, drones, etc.) en modélisation, rigging, texturing et animation. Ce pipeline est partagé, « à la virgule près », par Mikros Image (Technicolor) qui se charge des nombreux décors et « props », tandis que Malil’Art (Angoulême) effectue le compositing et les animations 2D (VFX).

 

Pour faciliter la communication entre les studios (Mikros travaille sur Shotgun), ont été développés en partenariat des nouveaux modules sur l’asset manager maison de Tu Nous ZA Pas Vus Productions, ainsi que des nouveaux outils open source : « Ces fonctionnalités étaient essentielles pour la série, mais n’existaient pas encore dans Blender, poursuit Mathieu Rey. Ainsi, pour le rendu sur Guerilla Render, nous avions besoin de réassigner automatiquement les textures aux personnages et de transporter les customs attributes. Second développement indispensable pour une production en multisite aux serveurs d’architecture différente : la création de variables d’environnement dans le filespath de Blender afin de faciliter l’échange des fichiers. »

À défaut d’être portées dans la nouvelle version de Blender, ces nouvelles fonctionnalités sont mises au fur et à mesure à la disposition des autres studios qui peuvent ainsi les mettre en production chez eux : « Le libre induit un nouvel état d’esprit et une nouvelle manière de collaborer entre les studios. Nous échangeons ainsi plus facilement avec ceux qui se sont équipés en même temps que nous, comme Cube Creative par exemple. »

 

 

Écoles, les nouvelles venues

À l’origine du Reca (Réseau des écoles françaises de cinéma d’animation), René Broca tenait à saluer la création récente de deux nouvelles écoles, l’ENSI à Avignon et VFX Workshop à Paris, et à revenir sur le contexte de leur ouverture. La plus inattendue est celle de l’ENSI. L’éviction brutale en janvier 2017 de Julien Deparis, directeur de l’école Mopa à Arles (anciennement Supinfocom), par la Chambre de commerce et d’industrie du Pays d’Arles avait suscité de très vives réactions de la part de l’équipe pédagogique, des étudiants et de leurs parents. Après avoir créé un comité de soutien, ceux-ci se sont réunis en comités de pilotage et ont réussi à persuader le directeur d’ouvrir une nouvelle école d’animation 3D afin de garantir aux élèves une continuité pédagogique et aussi rassurer le milieu professionnel inquiet de l’éventuelle disparition d’une filière renommée.

Ouverte en un temps record à Avignon, l’École des Nouvelles Images (ENSI), qui a repris une grande partie des élèves de Mopa, a été opérationnelle dès la rentrée 2017. Forte de partenariats avec l’Université d’Avignon et l’école ArtFx (Montpellier) ainsi que du soutien de grands noms de l’animation (Illumination Mac Guff, Mikros Image, TeamTO, Cube Creative...), la nouvelle structure (163 étudiants pour 2018) a obtenu le droit de délivrer un diplôme d’État dès sa première année de fonctionnement. Comme Mopa, elle forme en cinq ans aux métiers de l’animation 3D et son cursus, globalement inchangé, s’appuie pour l’essentiel sur l’enseignement de Maya (utilisé par la plupart des studios).

 

Autre aventure réussie, l’ouverture en 2017 de l’école des VFX-Workshop à Paris. Fondée par Renaud Jungmann (à l’origine des formations en animation 2D et 3D et jeu vidéo à LISAA) qui en est le directeur pédagogique, elle a pour but de former, en trois ans, des techniciens spécialistes des effets spéciaux numériques et de la postproduction. L’approche résolument technique de l’image se trouve à la base de cette école qui propose une alternative originale aux formations en animation plus orientées « Art appliqué ». L’école entend être un lieu d’apprentissage où les élèves acquièrent non seulement la connaissance des principaux outils logiciels (3D, motion capture...) mais aussi les principes de workflow spécifiques aux effets spéciaux numériques.

« Nous nous adressons à des élèves ayant une sensibilité à l’image photoréaliste sans forcément avoir des compétences en dessin, précise Renaud Jungmann. Dès la première année, ils apprennent à modéliser en 3D et à expérimenter les logiciels (14 sont accessibles dès la première année). Ils sont très vite amenés à décomposer l’image et à identifier les outils permettant de la produire. » Soutenue par le CNC (Centre national de la cinématographie), la formation, qui délivre le titre de « concepteur-technicien des effets spéciaux numériques », a accueilli sa première promotion en septembre 2017.

 

 

 

LES RAF PASSENT AU CRIBLE LE PLAN ANIMATION LONG-MÉTRAGE DU CNC

Salué par les professionnels présents aux RAF et très attendu par la filière, le nouveau Plan en faveur du long-métrage d’animation (soit une douzaine de mesures) concerne plusieurs directions du CNC (audiovisuel, cinéma, international, innovation vidéo et industries techniques).

Il permettra de mieux accompagner les films d’animation à toutes les étapes, du développement à leur distribution. En amont de la production, le plan prévoit entre autre un renforcement des dispositifs en place, dont l’aide au développement comme la « Passerelle animation ». Un producteur audiovisuel pourra ainsi mobiliser, en amont de la production d’un long-métrage d’animation, son soutien automatique (dans la limite de 40 %). L’aide au pilote sera également revalorisée et plafonnée à 100 000 euros par projet. La phase de production bénéficiera d’un bonus de 50 % du soutien automatique à la production (soit environ 400 000 euros de soutien automatique supplémentaire) et d’une majoration substantielle de 1,5 million d’euros de l’aide sélective à la création visuelle et sonore pour les films à dimension artistique.

 

Enfin, pour favoriser le rayonnement des films d’animation, le CNC élargit l’accès aux aides sélectives pour leur distribution dans l’hexagone. Les distributeurs étrangers d’œuvres françaises pourront également bénéficier d’une aide copilotée par le CNC et Unifrance (augmentation de 300 000 euros de l’enveloppe). Le plan de soutien du CNC (d’un montant de plus de 10 millions d’euros) résulte d’un an de concertation avec les professionnels du secteur de l’animation.

Pour le SPFA, il s’agit là de mesures fortes pour le film d’animation considéré comme le relais de croissance pour le secteur. Ce plan est entré en vigueur en janvier 2019.

 

* Lire à ce sujet « Tu Nous ZA Pas Vus Productions, un studio à Arles »

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #30, p.106/108. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 30 avril 2019 à 16:00

L’ISTS pousse le curseur avec Avid ProTools S6

L’ISTS a investi dans quatre configurations Avid Pro Tools S6, dont deux présentes sur le site parisien. © DR

L’ISTS (Institut supérieur des techniques du son) est l’école spécialisée dans les métiers de l’audio, elle prend pleinement sa place au sein du groupe ESRA. Pour être en phase avec les problématiques du marché et répondre aux demandes des futurs employeurs, il est nécessaire de posséder les outils référents. L’école a donc investi, il y a quelques mois, dans quatre configurations Pro Tools S6. Deux sont à Paris, et les autres en province (Rennes et Nice). Visite de ces nouvelles installations en compagnie de David Azoulay, directeur général du groupe ESRA, et Jean-Christophe Belval, coordinateur pédagogique ISTS.

 

L’ISTS est une école privée reconnue par l’État et qui délivre un diplôme visé par l’État : le DESTS (Diplôme d’études supérieures des techniques du son). Pour bien comprendre le positionnement de l’ISTS, faisons un petit retour en arrière.

Créé en 1972 par Max Azoulay, le groupe ESRA a pour vocation la formation aux métiers du cinéma, de la télévision, du son et du film d’animation. Le groupe, aujourd’hui dirigé par David Azoulay, comprend trois écoles : l’École supérieure de réalisation audiovisuelle (ESRA), l’Institut supérieur des techniques du son (ISTS) et l’ESRA Animation. Implanté d’abord à Paris, le groupe ESRA a créé en 1988 l’ESRA Côte-d’Azur à Nice, l’ESRA Bretagne à Rennes en 1995 et l’ESRA Bruxelles en Belgique en 2015.

Chacune de ces écoles propose un cursus de trois ans d’études diplômantes et certifiantes qui peut, de façon optionnelle, se prolonger d’une quatrième année d’études à New York. « La philosophie de l’ESRA est de pouvoir enseigner et présenter tous les métiers de l’audiovisuel. Chaque année nous investissons dans le matériel pour moderniser les équipements », résume David Azoulay.

 

 

ISTS au cœur de l’audio

Répartie sur trois ans, la formation ingénieur du son de l’ESRA comprend des cours théoriques, des travaux dirigés, des réalisations et des stages en milieu professionnel. Les deux premières années constituent un tronc commun. En termes d’effectifs, il y a 190 élèves en première année et 150 en troisième année.

En troisième année, les étudiants aspirant à devenir ingénieur du son ont le choix entre les options suivantes, représentant autant de possibilités d’orientations professionnelles au sortir de l’école : Son Audiovisuel, Son Musical, Son Jeux-vidéo, Son Radio ou Sonorisation. La polyvalence acquise par les étudiants est une donnée essentielle pour s’insérer professionnellement, l’ISTS et l’ESRA ont bien compris depuis leur création la nécessité de cette polyvalence. L’ISTS est en phase avec les évolutions du secteur pour permettre une meilleure insertion, ce qui veut dire posséder du matériel adapté et à la pointe.

L’ESRA a acquis quatre consoles Avid Pro Tools S6 M40 en juin 2018. Deux consoles sont installées à Paris : une 24 fader dans une salle du bâtiment principal et une 16 fader dans le studio Ouistiti situé en face du bâtiment principal. Les écoles de province n’ont pas été oubliées puisqu’une console 24 fader est installée à Rennes et une autre à Nice. Deux de ces consoles sont équipées de MTRX.

 

Il y a quelques années, l’ISTS a repris les anciens studios de Dominique Blanc-Francard (studios Ouistiti et avant Aquarium). Il y a deux studios, dont un grand avec un plateau de 50 m2 qui peut être utilisé pour de la prise de son musicale. Il comprend une console Audient ASP 8024 - 24 et une console Avid Pro Tools S6. Ce studio est utilisé en troisième année pour les travaux pratiques des élèves.

Côté Felix Faure, viennent s’ajouter 2 studios dont l’un est équipé avec l’autre S6 en configuration 7.1 et le second lui contient une SSL AWS 900 et ses nombreux périphériques.« Chaque studio a ses spécificités pour y enseigner des disciplines différentes, que ce soit la musique, le son à l’image, la radio ou bien le jeu vidéo, pour n’en citer que quelques-unes. Ce sont les élèves de troisième année qui ont accès aux derniers équipements, notamment les consoles Avid Pro Tools S6 », indique Jean-Christophe Belval, coordinateur pédagogique ISTS.

Il y a une synergie entre les écoles ; ainsi les élèves ISTS participent aux productions de l’ESRA. Que ce soit pour de la prise de son, de la post-production, du mixage audio, les élèves de l’ISTS sont en charge de la production et de la finalisation audio des réalisations des élèves de l’ESRA. En troisième année, les élèves de l’ESRA réalisent un court-métrage et les étudiants de l’ISTS en assurent la prise de son, le montage son, le sound design et le mixage en 5.1.

En dehors de ces nouvelles installations, les outils Avid sont déjà très implantés dans le groupe. Concernant les Pro Tools, il y a sept Pro Tools HDX + Ultimate, une soixantaine de Stations Pro Tools réparties entre les quatre sites du groupe. Les différentes stations de travail sont équipées de plugs-in UAD, Fabfilter, Waves, Native Instrument, Arturia Izotope, Flux, Melodyne etc. Le groupe ESRA est partenaire officiel d’Avid et d’Apple. L’école est habilitée à délivrer des certifications Avid sur le logiciel Pro Tools et Apple sur Logic Pro.

 

 

Une formation qualifiante

Tous les cours sont dispensés par des professionnels référents. Une cinquantaine de professeurs différents sont présents au sein de l’ISTS pour les travaux pratiques et les cours magistraux. En troisième année, les cours de tronc commun sont dispensés sous forme de séminaires et de cours magistraux et dans chaque option les matières représentent environ 200 heures regroupées sur seize semaines. Les travaux pratiques, la réalisation des productions, la rédaction du mémoire de fin d’études occupent le reste du temps. Le cursus est complété par un stage de seize semaines sur les 3 ans.

Ces nouveaux équipements vont donc permettre aux élèves d’accroître encore un peu plus leur degré d’expertise sur les outils ad hoc et faciliter leur entrée dans le monde professionnel.

 

Article paru pour la première fois dans Mediakwest #31, p.112. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 28 avril 2019 à 16:00

Classe Egalité des Chances Louis-Lumière, inscriptions ouvertes !

La promotion 2019 de la classe égalité des chances © Audrey Bénard

Lancé en 2012 en partenariat avec la Fondation Culture & Diversité, ce programme vise à accompagner des étudiants boursiers de l’enseignement supérieur vers des études d’excellences dans les secteurs du cinéma, de la photographie et du son. L’ensemble des frais liés à la Classe Egalité des Chances est pris en charge par la Fondation Culture & Diversité.

 

Le dossier de candidature est téléchargeable sur les sites internet de l’ENS Louis-Lumière et sur celui de la Fondation Culture & Diversité. 10,4 % des élèves de la Classe Egalité des Chances qui ont présenté le concours ont intégré l’ENS Louis-Lumière, contre une moyenne nationale de 7,9 %.

 

Critères :

- Être âgé de moins de 27 ans au 1er janvier 2020

- Être inscrit dans un établissement d’enseignement supérieur en Île-de-France à la rentrée 2019-2020

- Être boursier de l’enseignement supérieur

Calendrier :

- Vendredi 1 er mars 2019 : début de l’appel à candidatures

- Jeudi 2 mai 2019: date limite de retour des dossiers de candidatures

- Lundi 10 juin 2019 : résultats d’admission

Après étude de leur dossier de candidature et entretien de motivation, une quinzaine d’étudiants sera sélectionnée par un jury composé de représentants de l’ENS Louis-Lumière et de la Fondation Culture & Diversité.

 

Durée : de juillet 2019 à février 2020

Fréquence : 1 journée en juillet, 1 semaine intensive de remise à niveau à la fin du mois d’août, puis chaque samedi à partir du 7 septembre 2019 (26 séances de 4 heures).

Contenu : accompagnement à la préparation aux épreuves du concours de l’ENS Louis-Lumière. Le programme s’articule autour des trois sections (cinéma, photographie et son) et est lié à l’histoire des arts, aux sciences et aux techniques, à l’analyse (filmique, écoute critique, photo), à la méthodologie et aux sciences de base nécessaires.

La Classe Egalité des Chances a pour vocation d’offrir aux étudiants une méthode et n’est en aucun cas une classe préparatoire au concours.

 

 

Informations complémentaires ici

 

  • 3 avril 2019 à 17:00

Télépilote forme des pilotes de drones pour la captation audiovisuelle (extrait du compte rendu Satis)

Télépilote forme des pilotes de drones pour la captation audiovisuelle, mais pas que… © Marc Bourhis

Télépilote est un centre de formation au pilotage de drone civil basé près de Thoiry, à l’ouest de Paris. Présent depuis deux ans au Satis, il accompagne de nombreux professionnels de l’audiovisuel qui veulent soit amorcer une reconversion professionnelle en devenant pilotes de drone, soit ajouter une compétence professionnelle à leur arc quand ils sont déjà cadreurs ou chefs opérateurs derrière la caméra lors de prises de vues au sol.

 

Car, même si depuis qu’en juillet 2018, le brevet de pilote de drone est devenu obligatoire pour tous les professionnels qui utilisent ces engins, chez Télépilote on admet à demi-mot que la filière des prises de vues aériennes avec drone commence à être un peu saturée.

D’ailleurs, Télépilote précise volontiers que le brevet de pilote, qui s’acquiert en deux semaines, permet d’exercer également dans d’autres domaines de la prise de vue aérienne.

Chez Télépilote, 60 % des diplômés travaillent dans l’audiovisuel et 40 % dans le survol de chantier ou la surveillance industrielle.

 

Extrait de notre compte-rendu du SATIS 2018 paru pour la première fois dans Mediakwest #30, p.47/69. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

  • 6 mars 2019 à 11:14

Réseaux audiovisuels et vidéo IP : quelles formations 2019 à l'IIFA ?

L’IIFA propose ses formations 2019 concernant les réseaux audiovisuels et vidéo IP © DR

En réponse aux bouleversements liés à la transition numérique et IP que traverse le secteur des médias audiovisuels, IIFA avec sa marque Media 180, société de conseil et formation médias, propose des cursus de formation IT/Broadcast éligibles au Compte Personnel Formation (CPF) et finançables par l'AFDAS (offre de branche TPE/PME et stages conventionnés AFDAS).

 

D’une durée de 1 à 15 jours, ces actions permettent de répondre aux attentes des salariés et des entreprises du secteur (TV généralistes et thématiques, TV locales, sociétés de prestation et de production audiovisuelles) afin de renforcer leurs connaissances dans le domaine des infrastructures réseaux/IP en vidéo.
Elles peuvent également être adaptées en intra-entreprise pour les collaborateurs d'une même structure, organisées sur site ou à l'extérieur de l'entreprise, en financement AFDAS.

C’est au total 8 programmes de formations et 4 parcours certifiants qui sont financés par l’Afdas et éligibles au Compte Personnel de Formation (CPF) dans les domaines des réseaux de flux vidéo, de la vidéo IP et de la norme ST 2110.

 

Retrouvez tout le détail des formations…

Offre de branche AFDAS pour les TPE/PME de l’audiovisuel ici

Stages conventionnés AFDAS pour les intermittents ici

Parcours certifiants éligibles au CPF ici 

  • 8 janvier 2019 à 17:00

Intelligence artificielle et media : les grands enjeux (Web TV Satis – Bruno Masi)

Intelligence artificielle et media : les grands enjeux (Web TV SATIS – Bruno Masi) © DR

Bruno Masi est responsable pédagogique à l’INA. Il revient pour notre Web TV Satis 2018 sur sa participation à une conférence lors du salon intitulée Intelligence artificielle et média. L’arrivée de cette technologie nécessite –t- elle de nouveaux profils à l’intérieur des organisations de media ou pouvons-nous imaginer que des forces vives déjà existantes sont en mesure d’intégrer les changements déjà induits par l’intelligence artificielle ? Bruno Masi nous répond…

 

« La question se pose depuis quelques années dans les rédactions, que ce soit les rédactions de presse écrite, radio, numérique ou télé. C’est déjà au cœur de l’intégration et de la mutation des technologies… Comment arriver à faire en sorte d’intégrer dans des processus de production d’information qui sont déjà anciens, des nouveaux métiers et des nouvelles compétences ? C’est toute la difficulté que toutes les organisations rencontrent aujourd’hui. Lorsque nous parlons d’intelligence artificielle, on fait référence très clairement dans le traitement médiatique à l’indexation des contenus mais aussi tout ce qui est data journalisme, l’analyse de données. Comment la machine peut nous aider à traiter une grande masse de données et à la rendre accessible de manière très simple au public ? Ce sont des processus qui sont en place depuis très longtemps et pour lesquels les organisations se questionnent. Je dirai qu’elles n’ont pas toutes trouvé la solution. Il y a des expérimentations qui sont faites, des labs dans les rédactions où effectivement on intègre des profils professionnels comme les data scientist ou alors on essaie de former des gens en interne. Il n’y a pas de solution absolument parfaite. Des tentatives sont faites mais il n’y a encore rien de totalement pérenne. »

 

Il nous livre ensuite son avis sur l’intelligence artificielle… Vient-elle compléter le travail humain ou alors au contraire, y a –t- il un danger qu’elle remplace l’homme ?

« Nous nous rendons compte que l’intelligence artificielle est déjà partout, très présente dans la vie de tous les jours avec nos smartphones, pour le traitement de l’information, pour l’assistance au montage… Elle doit être utile à la fois en amont et en aval. En aval, pour le lecteur, le spectateur et la personne qui s’intéresse à l’information avec des outils de recommandation qui sont plus pointus. C’est à dire que nous arrivons de plus en plus à préciser le profil et à renforcer l’expérience utilisateur dans le cadre de l’information. Je crois que c’est intéressant. Cela permet aussi pour les media de réactiver tout le catalogue, tous les contenus qu’ils ont et qui souvent sont mal indexés et plutôt en friche. Pour le spectateur, le lecteur, la personne qui s’intéresse à l’info, c’est un véritable atout.

Pour le journaliste, producteur d’information, l’intelligence artificielle peut être une aide fondamentale à pleins de niveaux. Nous l’avons vu lors de la conférence, l’intelligence artificielle est capable d’identifier, de localiser des visages mais aussi des lieux. Nous imaginons ce que cela aurait pu donner lors des printemps arabes. Beaucoup de rédactions ont fait des confusions sur ces évènements, ils ne savaient pas trop où les placer : en Libye, en Tunisie etc… Quand elle vient épauler la production d’information et qu’elle propose une forme de journalisme enrichi et augmenté, elle est formidable ! La machine est là pour servir le traitement de l’information.

En revanche, ce que nous pouvons craindre aussi, c’est qu’elle se supplée aux journalistes avec des montages automatisés, une automatisation de certaines tâches qui dans un contexte de crise que celui que connaisse les medias, pourrait pousser certains à dire qu’ils vont simplement être remplacés. »

 

Bruno Masi évoque aussi la formation à l’INA orientée vers l’innovation avec le data journalisme, le code, la réalité virtuelle et le digital learning en grand développement …

 

POUR EN SAVOIR PLUS, DÉCOUVREZ LA SUITE DE L’ENTRETIEN DANS L’INTERVIEW VIDÉO…

 

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  • 20 décembre 2018 à 15:32

Master class du réalisateur Bertrand Tavernier

Master class du réalisateur Bertrand Tavernier. © Neide Olivia De Souza. Regard’Infos

En mars dernier, Bertrand Tavernier a rencontré les étudiants de l’École Louis-Lumière à la Cité du Cinéma, à Saint-Denis. Interrogé par Michel Ciment, critique cinématographique, il a évoqué, avec son franc parler, son amour du cinéma, ses films, sa façon de tourner, ses collaborateurs. Extraits de cette masterclass exceptionnelle par un grand réalisateur !

 

« Deux films majeurs m’ont donné envie de faire du cinéma, ce sont Le massacre de fort Apache (1948) et La charge héroïque (1949) de John Ford. Quand je les ai vus, j’ai adoré ces grands espaces, ces ciels immenses de Ford avec ces nuages. Mais ce qui me touchait, j’avais 13 ans, c’était ces scènes de bals, d’anniversaires, de célébrations, de rituels de la communauté. Était-ce parce que j’étais coupé du monde en étant pensionnaire dans un collège ? Était-ce une réaction contre cela qui m’attirait naturellement ? Ce qui m’a mené chez Ford, ce n’est pas seulement son esthétique, mais ce goût pour son univers collectif.

« Il y a là un côté paradoxal. J’ai été un grand défenseur du cinéma américain, et en tant que cinéaste, avais des principes idéologiques qui étaient le contraire d’une grande partie de ce cinéma, qui a fait primer l’individualisme, le héros solitaire. Ford est un peu une exception, mais il y en a d’autres ! D’une certaine manière cela guidait mes choix esthétiques.

 

« Je me souviens d’une discussion avec le cadreur du film La vie et rien d’autre, Alain Choquart. Je lui avais montré La charge héroïque et lui avais fait remarquer que John Wayne était très rarement seul dans le plan ; il est toujours cadré au milieu des hommes, jamais isolé, cadré comme quelqu’un qui va être le sauveur du groupe. L’appui que vont lui donner ces hommes est important.

« Je lui ai dit qu’il faut qu’on adopte exactement la même chose avec Noiret dans La vie et rien d’autre. Même s’il est dans une seule pièce on va chercher une fenêtre où on fera passer des gens. Quand on est dehors, il faudra toujours qu’il soit au milieu de la collectivité, au milieu d’un groupe. Là, c’est un principe fondamental. Je ne crois pas au héros qui va tout bouleverser, tout gagner. J’ai un intérêt pour le groupe plutôt que pour le héros solitaire.»

 

 

Les débuts

La famille a beaucoup compté pour moi. L’horloger de Saint-Paul (1973) est un film sur les relations père-fils, mais c’est aussi un film sur Lyon, ma ville natale. Je n’y ai mis que des lieux qui étaient ceux de mon enfance, c’est une manière pour moi de retrouver des repères. J’avais cela dans la tête et je marchais sur des terrains que je connaissais un peu.

« Quant à la diversité, c’est vrai que les premières choses qu’on me demande c’est : « Pourquoi changez-vous perpétuellement de genre ? » Il y a plusieurs réponses, c’est d’abord parce que j’ai envie de m’épater moi-même. J’ai envie à chaque film de me donner de nouveaux défis, de ne pas tomber dans la routine. Si j’ai fait un film dans un genre précis, il faut que le suivant soit très différent. Cela m’oblige à chercher et je pourrais répondre, comme Mickael Powell, qui disait : « Tous les films que j’ai faits je les ai faits pour apprendre ». Il ne peut pas y avoir de plus grand compliment pour un metteur en scène que de sentir que tout le monde comprend ce que vous faites.

« Ce qui a été le cas dans Le capitaine Conan. J’avais essayé de retrouver ce qui se passait dans la tête des gens quand ils participaient à cette bataille et on a tourné. Or, il s’est passé un accident. Le comédien qui devait s’arrêter, au lieu de marcher, s’est mis à courir en entraînant ses hommes. Les hommes ont suivi, mon chef opérateur a suivi. J’ai vu mon assistant faire un signe qui a lancé les cavaliers et les soldats. Et, à ce moment là, vous avez une sorte d’euphorie parce que vous avez l’impression que tous les gens autour de vous font le même film que vous ! »

 

 

Une immense curiosité

« Mes goûts ne sont pas exclusifs, mais moi, metteur en scène, j’ai toujours eu une immense curiosité, qui fait que je passe, à quelques mois de distance, de l’univers des anciens d’Algérie dans La guerre sans nom, au policier de L627 alors que juste avant je sortais de La vie et rien d’autre ; donc je passais de la guerre de 14 à la guerre d’Algérie, avec un détour par les flics, par les stups, dans un film complètement contemporain.

« Passer de Dans la brume électrique sur la Louisiane du sud à La princesse de Montpensier et ensuite à Quai d’Orsay, cela demande une sorte d’agilité mentale et de capacité à absorber des mondes différents en ayant toujours des commentaires prodigieusement élogieux de la part des gens qui sont concernés et qui connaissent ces mondes.

« Recevoir de Tommy Lee Jones un mot me disant : « Votre film a su capturer l’essence de la Louisiane du Sud », sachant que pour lui, il ne peut pas y avoir de plus grand compliment puisqu’il pense qu’aucun cinéaste américain n’arrive jamais à comprendre le Sud, ni même Hollywood.

« John Woodman avait dit la même chose : « Voilà le premier film qui montre ce qu’est la Louisiane ». Ensuite, je tombe dans le XVIe siècle avec La princesse de Montpensier, et là, de nombreux historiens viennent me dire la justesse du film. Puis, je passe à Quai d’Orsay où j’entends Hubert Védrine me dire : « On n’a jamais décrit le quai d’Orsay avec une telle justesse ».

« Ce sont trois mondes que je ne connaissais absolument pas ! Je ne connaissais rien de ces univers. Un de mes plaisirs est de découvrir, d’apprendre et de me plonger physiquement dedans, en travaillant pour comprendre. »

 

 

Respect du son

Un jour, lors du tournage de La princesse, mon ingénieur du son vient me dire pendant une scène : « J’entends des cloches de vaches très fort ». Je me dis : « Est-ce que les vaches avaient des cloches au XVIe siècle ? » Question difficile ! On appelle mon conseiller qui nous dit « Oui, bien sûr, car certaines de ces cloches pouvaient être utilisées par les paysans pour avertir quand il y avait une attaque ou une intrusion d’une bande de brigands. Là, on se servait de la cloche de la vache. »

« Les troupeaux étaient très petits avec peu de vaches, très peu de bétail. Donc cela ne peut pas être un son de cloche très compact où on a l’impression qu’il y a beaucoup de vaches C’est impossible ! Il a donc fallu écarter les vaches et les repousser à 500 mètres pour qu’elles sonnent moins fort. C’est quelque chose que personne ne remarquera, mais moi je sais qu’on a un son de cloche dans le lointain qui est juste.

« Pour moi, c’est ma drogue de pouvoir répondre à ce genre de question. Et ce n’est pas seulement par souci de naturalisme, c’est par souci d’avoir une dramaturgie intéressante, parce que ce genre de trouvaille modifie la façon de jouer des acteurs, cela modifie le dialogue, et peut modifier la lumière, l’éclairage, donc modifier la mise en scène et cela va aider à la dramaturgie, l’assouplir, l’enraciner. Mais tout cela est totalement passé sous silence. Ça, c’est le sort d’un film souvent mal regardé, ou d’une manière trop superficielle ! Mais le film tient le coup et il survit à tout cela ! »

 

 

Le choix d’une équipe qui vous soutienne

« Au début, je ne savais rien. Parce que, ce que l’on apprend est théorique. La première chose que j’ai apprise, c’est de m’entourer d’une équipe qui me soutienne. Le choix des gens qui travaillent avec vous est primordial. Cela a commencé par les scénaristes. J’ai revu beaucoup d’anciens films, et j’ai travaillé avec beaucoup de cinéastes contemporains comme attaché de presse, avec Granier-Deferre, Deray, Sautet, etc. J’avais vu les problèmes qu’ils pouvaient avoir avec leurs scénaristes qui étaient souvent extrêmement pris car ils faisaient plusieurs films en même temps.

« Je me suis dit, si eux, ils n’y arrivent pas, moi qui arrive avec un premier film, ils me livreront une première version du scénario et après débrouille-toi ! Je me suis dit, il faut que je prenne des gens qui sont passés de mode, qui seront disponibles et qui voudront m’épater. Donc, j’ai été revoir des tas de films de ces scénaristes et j’ai retenu Maurice Aubergé qui avait travaillé beaucoup avec Becker et dont les dialogues de La vérité sur bébé Donge  me semblaient épatants ; le dialogue était juste, inventif, parfois pas naturaliste, mais littéraire et intéressant.

« Après j’ai fait la même chose avec les autres techniciens. J’avais vu tellement de films où les metteurs en scène étaient abandonnés par leurs équipes, avec des techniciens formidables, mais qui n’étaient pas des gens qui venaient aider, qui montaient au créneau. Je me suis dit, il faut que j’aie quelqu’un qui soit passionné et qui me soutienne, qui ne lâche pas le coup si par hasard il y a un gros conflit avec le producteur ou un acteur ; il faut quelqu’un qui soit avec moi.

« Vraiment, j’ai vu dans ma carrière des chefs op. formidables ! Mais si Alain Delon élevait la voix, le chef op. partait, ce n’était pas son problème, il s’en lavait les mains ! Moi, je ne veux pas de ça, je veux quelqu’un qui m’aide et j’avais vu le travail de Pierre-William Glenn dans des films, et en plus il avait voulu que je juge son mémoire de maîtrise qui était : « Psychanalyse et freudisme dans la série B américaine »… quelque chose comme cela. Je me suis dit, je vais prendre quelqu’un comme ça. »

 

 

Pierre-William Glenn, mon formidable soutien

Ce que je dois à Pierre-William Glenn est énorme ! Au-delà de me soutenir dans le choix des cadres, des plans, des idées, des images, il m’a donné confiance. Je vais juste raconter un détail. Mon premier assistant était assez bourru, assez radical et j’ai eu du mal avec lui sur L’horloger de Saint-Paul ; il était assez cassant. Moi, je prenais des décisions très rapides.

« Il y avait une scène dans le parc entre Rochefort et Noiret qui s’est passée d’une façon tellement miraculeuse que j’ai dit : « Coupez, on la tire, c’est celle-là et on n’en fait pas une deuxième. » Et il me dit : « Tu vas découper maintenant », et je dis : « Non. » J’entends mon assistant qui me dit : « C’est ton film » d’un ton catastrophé et là c’est dur pour un metteur en scène. C’est votre premier film, vous êtes en train de douter là-dessus et là Glenn s’approche et me dit : « C’est toi qui as raison, ne lâche pas. »

« Il y avait une scène où je n’avais pas ce que je voulais et en même temps j’avais peur de dépasser le temps imparti. J’ai dit : « On arrête ! » Glenn vient et me dit : « On n’a pas encore trouvé un système pour mettre dans un film un sous-titre, cette scène n’est pas totalement réussie parce qu’on n’a pas eu assez de temps pour la tourner. Donc si tu veux qu’elle soit réussie, assure-toi qu’elle le soit et on oublie pour le dépassement. »

« Il était tout le temps comme cela. J’étais catastrophé par les premiers rushes. Il m’a dit : « Il y a deux choses dont il faut se méfier au cinéma, c’est l’enthousiasme au rush et la dépression après les rushes. Ce sont les deux choses qu’il faut mettre en doute ! Il ne faut jamais d’enthousiasme et ne jamais être déprimé. Attends que les plans se montent les uns avec les autres, attends de voir comment ils marchent et tu verras ! »

« Il avait entièrement raison car les scènes, une fois montées après deux jours de tournage, marchent impeccablement une fois qu’on les a mixées. Il faut avoir des gens qui soient mieux que des techniciens, qui soient des gens qui vous appuient, qui vous aident !

 

« Sur La mort en direct, dans une bagarre qui opposait Romy à Harvey Keytel, il dépassait largement son rôle de chef op. Il s’occupait de Romy, il a pu organiser une rencontre avec Harvey et Romy pour qu’ils puissent s’arranger. Et cela n’a pas de prix d’avoir des gens comme ça, des gens qui vont épauler votre passion !

« Dans le livre de Jean Aurenche, La suite à l’écran, on peut lire que « la première qualité chez un metteur en scène, c’est d’arriver à communiquer à tous ses collaborateurs, son enthousiasme et sa passion, et à créer chez ses collaborateurs l’envie de l’épater ». Il dit : « les meilleures scènes que j’ai écrites, je les ai écrites pour épater P. Bost ou B. Tavernier, c’est là où j’ai réussi mes scènes, quand je voulais les épater ». Ça, c’est formidable de créer chez ses collaborateurs, quels qu’ils soient, d’acteur à mixeur, en passant par ingénieur du son, l’envie d’épater ! »

 

 

FILMOGRAPHIE DE BERTRAND TAVERNIER

L’Horloger de Saint-Paul (1973), 

Que la fête commence (1974), 

Le Juge et l’assassin (1976), 

Des enfants gâtés (1977), 

La mort en direct (1980)

Une semaine de vacances (1980)

Coup de torchon (1981)

Mississipi Blues (1983)

Un dimanche à la campagne (1984)

Les mois d’avril sont meurtriers (1986)

Autour de minuit (1986)

La Passion Béatrice (1987)

La vie et rien d’autre (1988)

Daddy nostalgie (1990)

Contre l’oubli (1991)

La guerre sans nom (1992)

L627 (1992)

La Fille de d’Artagnan (1994)

L’Appât (1995)

The Making of an Englishman (1995)

Capitaine Conan (1996)

De l’autre côté du périph (1997)

Ça commence aujourd’hui (1998)

Laissez-passer (2002)

Holy Lola (2009)

Dans la brume électrique (2009)

La Princesse de Montpensier (2010)

Quai d’Orsay (2013)

Voyage à travers le cinéma français (2016), avec une suite de huit heures qui sera diffusée sur France 5 en 2018. 

  • 19 décembre 2018 à 17:00

MIPCOM 2018 : le producteur de Midnight Express dévoile un nouveau cursus à Londres

Mike Williams (MIP) et David Puttnam, producteur © Emma Mahoudeau Deleva

« Nous sommes dans un monde en constant mouvement. C’est un fait que nos industries ont mis beaucoup de temps à comprendre », s’est moqué David Puttnam, ce lundi, au Mipcom, lors de la présentation du cursus qu’il va chapeauter à partir de l’automne 2019, au sein de l’University of Arts of London.

 

Son but : aider les micro sociétés à grandir, à croître et à devenir des géants dans le secteur de l’Entertainment, sans, être « absorbées par d’autres ou devoir s’associer pour survivre », a expliqué le producteur britannique. Au sein du London College of Communication, le Lord Oscarisé pour Les Chariots de feu, aspire, grâce à ce MBA, à donner les clés de la réussite aux futurs managers des industries du cinéma, de l’audiovisuel, du jeu vidéo, des effets spéciaux, des univers immersifs... etc. “Nous voulons créer un pipeline entre les participants et les studios. De nombreux talents n’ont pas les codes pour développer leur société et laissent tomber. Ils ne savent pas coopérer entre eux et se découragent”, a-t-il souligné.

Revenant sur ses débuts de producteur, il a expliqué avec humour que tous les aspects non créatifs de ce métier à ses débuts l’avaient rebuté. Si selon lui, la guerre des talents est terminée et que ces derniers sont les vainqueurs, il n’en reste pas moins que l’audiovisuel, le cinéma, le secteur des effets spéciaux sont des marchés différents. Si l’on naît créatif, on n’est pas forcément aussi doué pour le management, le marketing, les finances et autres subtilités classiques du MBA classique. D’une durée de 18 mois, cet enseignement se déroulera principalement en ligne pour un coût annuel de 35 000 £. « Il ne s’agit pas de redynamiser l’industrie britannique », a précisé Lord David Puttnam, « ce cours est ouvert aux créatifs du monde entier ». Il entend rester connecté avec le monde du travail en s’appuyant sur des études de cas. « Le besoin de dirigeants éclairés et compétents n’a jamais été autant nécessaire dans les industries de l’audiovisuel et du cinéma. Nous voyons apparaître énormément de créatifs, les doter de l’art du management est le moyen de les aider à devenir puissants ». Les critères de sélection de la première session seront affinés d’ici à la rentrée 2019, mais ce cursus en ligne est surtout destiné à des personnes travaillant déjà dans les secteurs créatifs. 

  • 16 octobre 2018 à 17:00

L'École Cartoucherie Animation Solidaire se développe (Web TV MIFA)

Guillaume Hellouin, président et co-fondateur du studio d’animation TeamTO © Nathalie Klimberg

L'année dernière, Guillaume Hellouin, président et co-fondateur du studio d’animation TeamTO, annoncait sur le MIFA la création de l'ECAS, école d'animation Solidaire sur le site de la Cartoucherie, au Pôle Image de Valence dans la Drôme (26). La première promotion a commencé sa formation en janvier et l'initiative, fort concluante, est appelée à se développer, comme le souligne Guillaume Hellouin qui détaille dans son interview vidéo les grands principes, les modalités de recrutement et le fonctionnement de l'école...

 

 

« L’ECAS est une association à but non lucratif qui a été reconnue d’intérêt général. Une double motivations nous a incitée à créer cette école : le marché de l'animation connait une expansion tellle que la filière souffre d'un déficit de candidats de plus en plus important et nous souhaitions aussi offrir une opportunité à des gens exclus du système. Sur ce MIFA 2018, nous annonçons la création, au minimum, d’une autre école ECAS en France et potentiellement d'une autre en Afrique. Tout studio qui dispose de directeurs d’animation qui peuvent prendre en charge la formation et qui peut s’engager à recruter une partie des stagiaires une fois qu’ils sont formés, peut se joindre à l'initiative, sous réserve de souscrire à la charte de l’ECAS et de s'inscrire dans l'état d'esprit  qui motive l’association. Pour une somme tout à fait symbolique, nous sommes prêts à mettre à disposition tout le matériel, les tests, les exercices, les logiciels, les bases de données et le matériel pédagogique en mode open source afin de répliquer l’expérience dans d’autres régions, voire dans d’autres pays afin de donner  la même opportunité à d’autres jeunes qui sont exclus du système, d’intégrer ce monde de l’animation.... »

 

Guillaume Hellouin nous détaille ensuite le mode de fonctionnement de l'école ... « Nous avons réfléchi à un système de sélection qui permette à toute personne de plus de 18 ans et résidant en France, d’accéder à des tests. Ces premiers tests, en ligne, peuvent être réalisés sur iphone, tablette ou ordinateur. Cela prend une demi heure mais les gens qui ont une aptitude à devenir animateur réalisent généralement ce test en une vingtaine de minutes. La sélection peut détecter des capacités chez des gens qui n’ont aucune expérience préalable. Nous n'exigeons aucun niveau scolaire et nous sélectionnons des personnes qui n’ont pas le bac,  ce n’est pas un problème : la capacité à être animateur, c’est quelque chose que nous avons en soi et qui se révèle ensuite par le travail. Soit nous l’avons, soit nous ne l’avons pas ! C’est une disposition, un potentiel, une capacité qui est uniformément distribuée dans la population. Il y a 2 à 3% des gens qui ont ce potentiel-là ! C’est le même principe que pour les personnes ayant l’oreille musicale : ceux qui l’ont peuvent devenir musicien facilement, ceux qui ne l’ont pas peuvent faire de la musique pendant très longtemps et ils seront toujours de piètres musiciens !... »

 

Dans la suite de son échange avec nous, Guillaume Hellouin détaille les phases de sélection des candidats et la formation dispensée par les directeurs d’animation du studio TeamTO de Bourg-lès-Valence.

 

DÉCOUVREZ LA SUITE DE L’ENTRETIEN À DANS L’INTERVIEW VIDÉO …

  • 4 juillet 2018 à 17:00

Tournage en conditions extrêmes : les formations WILD FRAME proposées par l’EMC

Tournage en conditions extrêmes : les formations WILD FRAME proposées par l’EMC © DR

Depuis quelques années nous voyons apparaitre en cinéma et télévision des séquences filmées dans des conditions difficiles, en pleine nature sauvage pour privilégier la réalité dramatique du terrain. Les équipes techniques doivent s’adapter à ces conditions particulières et mettre en œuvre sur des terrains hostiles des protocoles de tournage adaptés.

 

 

Forte de ce constat, l’école EMC CINEMA a lancé des sessions de formation spécifiques au tournage en conditions extrêmes : les ateliers WILD FRAME. Formant de futurs professionnels de l’image et du son depuis presque 30 ans, l’EMC est toujours attentive aux évolutions des techniques et pratiques professionnels. Benoit Sourty, responsable pédagogique d’EMC Cinéma rappelle : « Rester à l’écoute des besoins des productions audiovisuelles permet de garantir à nos futurs diplômés une insertion professionnelle satisfaisante. Les ateliers WILD FRAME font partie de cette exigence d’adéquation entre les formations et les compétences demandées sur le terrain. »

 

Le premier atelier Wild Frame a commencé du 4 au 8 mars pour une traversée du Vercors épique au regard des températures sibériennes annoncées. 6 étudiants en image, montage et son accompagnés du réalisateur Guillaume Allaire et d’un opérateur de drône, Mathieu Terrien vont rapporter un film réalisé durant ces 5 jours.

 

Traverser à ski le Vercors, dormir 4 nuits sous la tente et rapporter un film d’une dizaine de minutes malgré les conditions extrêmes, c’est le challenge. Tout le monde dans les starting blocks pour faire les tests des matériels embarqués, ce raid devenant un véritable laboratoire de test pour nos partenaires - Canon, Cartoni, Planipresse, Sony et Tapages & Nocturnes, - un test grandeur nature.

 

Ce projet est parrainé par Yann Arthus-Bertrand et donnera lieu à une projection fin avril dans les locaux de sa fondation Goodplanet. 

  • 24 avril 2018 à 17:00

Un point sur l'École Cartoucherie Animation Solidaire...

TeamTO est notamment coproducteur, avec Digital Dimension (Canada), de la série non dialoguée Take it easy Mike de Franz Kirchner et Arnaud Bouron, la première série TV photoréaliste. © TeamTO

Sur le dernier Festival du Film d'animation d'Annecy, le studio d’animation Team TO (500 personnes) annonçait l’ouverture, à La Cartoucherie, de l’École Cartoucherie Animation Solidaire (ÉCAS). Guillaume Hellouin détaillle les motivations de cette initiative...

 

Mediakwest : La situation de plein emploi en animation commence-t-elle à poser des problèmes de recrutement ?

Guillaume Hellouin : Toutes écoles confondues, nous ne formons en France que 65 animateurs 3D par an. C’est très peu par rapport à la demande ! Les promotions des meilleures écoles sont vite aspirées, moins par les États-Unis que par le Canada et les grands studios. La concurrence est vive. Nous formons des animateurs, nous les faisons émerger et, au bout de quelques années, ils partent. Au lieu de regretter ou d’empêcher ce flux, il faut plutôt l’alimenter.

 

MK : Pourquoi aujourd’hui ?

G. H. : Le déclenchement a eu lieu lors d’une réunion début janvier 2017 avec les Gobelins à l’initiative du CNC. D’ici 2020, le déficit en France sera de l’ordre de 2 500 postes (animateurs et infographistes). Nous nous sommes dit qu’il était temps de faire quelque chose.

 

MK : Comment allez-vous aborder cette ouverture ? Quelle sera la pédagogie ?

G. H. : Des écoles comme Simplon ou 42 m’ont inspiré. Nous avions aussi l’exemple de cette école d’animateurs que nous avons ouverte à Saigon en 1996 (Sparx Vietnam, ndlr). Nous y avons formé 250 animateurs. La formation durait six mois et les étudiants étaient recrutés dans la rue. Depuis vingt ans, je sais que cette formule fonctionne, mais je voulais trouver une approche qui possède un aspect social et politique, tout en répondant à un problème de recrutement. Avec l’ÉCAS, nous nous adressons à une population qui ne va pas spontanément vers ces métiers. Cette ouverture n’est pas une critique des écoles françaises qui sont excellentes. Mais elles forment des généralistes. Nous, nous voulons des animateurs !

 

MK : Quels sont les modalités et les objectifs de l’ÉCAS ouverte à la rentrée 2017 ?

G. H. : Cette formation intensive de six mois est dispensée par des professionnels en activité dans les studios. Elle est gratuite et ouverte à tous. La première promotion comprendra 25 animateurs 3D. Nous espérons en former 50 en 2018 et 50 à l’horizon 2020. Un grand nombre de ces animateurs seront recrutés au sein de notre studio de Bourg-lès-Valence.

 

* Extrait de l’article « Annecy 2017 : hommage à l’animation » paru pour la première fois dans Mediakwest #23, p.98-100Abonnez-vous à Mediakwest (5 nos/an + 1 Hors série « Guide du tournage) pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur totalité.

  • 4 avril 2018 à 23:37

La Cité Créative, futur pôle des arts numériques à Montpellier

Vue d’ensemble du projet de Campus Créatif, un bâtiment de 16 000 m2 pour accueillir 1400 élèves. © DR

La Métropole de Montpellier met en place la Cité Créative, un nouveau pôle dédié aux industries culturelles et créatives, rassemblant entreprises, écoles et indépendants. L’objectif : faire de la ville une place forte de la création digitale à l’horizon 2020.*

 

Paris a sa Cité du Cinéma, Montpellier aura sa Cité Créative ! Il y a 12 mois, la Métropole de Montpellier a dévoilait  son grand projet de pôle économique autour des industries culturelles et créatives. D’ici cinq ans, ce cluster accueillera indépendants, start-up, PME et grands comptes, autour de zones de bureaux, de lieux de rencontres, d’un campus de 1 400 étudiants et d’une salle mixte spectacles-cinéma de 450 places.

Le site n’a pas été choisi au hasard : l’écosystème prendra place au cœur de l’ancienne École d’application de l’infanterie, dont plusieurs bâtiments sont conservés, dans un esprit de friche urbaine. Philippe Saurel, président de la Métropole, rêvait d’en faire le « Cinecittà à la Montpelliéraine ». Mais les élus ont compris que les forces de Montpellier sont ailleurs : 3D, numérique, effets spéciaux, jeu vidéo… Comme le symbolise la présence de 80 entreprises sur son territoire, dont Ubi Soft. « Nous souhaitons mettre le paquet sur les entreprises créatives », souligne Philippe Saurel. « C’est un secteur porteur pour l’avenir, un gisement d’emplois pérennes et qualifiés. »

 

Des équipements uniques

Première « locomotive » de ce pôle digital : le Campus créatif, un bâtiment de 16 000 mètres carrés pensé par l’architecte catalan Josep Lluis Mateo (musée du Cinéma de Catalogne). À l’horizon 2020, il regroupera quatre écoles : l’École supérieure des métiers artistiques de Montpellier (ESMA, Animation 3D/effets spéciaux, design, illustration...) ; une antenne de l’ETPA Toulouse (jeux vidéo, photo) ; une antenne de Cinecréatis Nantes (cinéma Live Action) et l’Ipesaa (Game Art, illustration, arts graphiques…).

Au total, 1 400 élèves sont attendus. « Ce sera le premier campus intégralement dédié aux métiers de la création et du numérique en France », annonce Karim Khenissi, fondateur de l’ESMA et porteur du projet. « Notre objectif est d’offrir à la fois des conditions idéales à nos étudiants, mais aussi de créer des passerelles entre nos filières grâce à des projets transversaux. »

Pour y parvenir, le Campus créatif sera doté d’outils high-tech « uniques pour une école en France » : un studio cinéma modulable de 600 mètres, avec motion capture et fond vert, quatre studios d’enregistrement professionnels, un fablab, une salle de projection professionnelle de 450 places... « Les élèves pourront travailler à l’école dans des conditions professionnelles. Ce qui les rendra plus vite opérationnels pour les recruteurs. » Selon le directeur, « le seul équivalent de ce projet en Europe, c’est peut-être la Filmakademie de Stuttgart. »

 

Se tourner vers les entreprises

L’ambition affichée : grâce à des conditions de travail optimales, les filières pourraient obtenir « une réussite équivalente à celle de la section 3D/effets spéciaux » qui, si elle est régulièrement classée troisième école française (et septième école mondiale), derrière Les Gobelins et Supinfocom Rubika, bénéficie aussi d’une visibilité unique : depuis trois ans, c’est la seule école au monde dont plusieurs films d’étudiants intègrent la prestigieuse liste complémentaire des « Oscars nominated short films ».

Mais le Campus créatif veut « aller au-delà d’une approche scolaire », en s’ouvrant aux entreprises. « Ces équipements ne seront pas utilisés en permanence par les étudiants », analyse Karim Khenissi. « L’idée est donc de les mettre à disposition, à un tarif très accessible, aux entreprises. Pour beaucoup, les besoins existent, et investir dans ces outils serait impossible. »

En ciblant les studios d’animation, de jeu vidéo, de cinéma, et toutes les entreprises œuvrant dans l’audiovisuel, le directeur voit aussi un intérêt pour ses étudiants. « Si des entreprises viennent dans nos murs pour nos outils, des rencontres et collaborations ponctuelles pourraient se mettre en place avec les étudiants. C’est bon pour leur réseau. » D’ailleurs, le campus intègrera aussi un préincubateur, pour stimuler et accompagner des projets entrepreneuriaux.

 

Attirer les studios internationaux

Mais la Cité créative veut offrir bien plus que de la formation. À quelques mètres du Campus, la société Illusion & Macadam porte « Les Boîtes dans la boîte », projet de tiers lieu regroupant les indépendants du jeu vidéo et des industries créatives. Au menu : incubateur, espaces de coworking, lieux de rencontre et d’animation, et hébergement de start-ups.

« Notre offre s’adapte aussi aux entreprises plus grandes », ajoute la Métropole. Rénovés, plusieurs bâtiments visent à attirer, pour des besoins ponctuels ou pérennes, les PME et grands comptes du secteur. Et en coulisses, on assure que « plusieurs studios européens et américains se montrent intéressés par la dynamique qui s’enclenche et par la qualité de vie du sud de la France ».

 

* Article paru pour la première fois dans Mediakwest #21, p.38. Abonnez-vous à Mediakwest (5 nos/an + 1 Hors série « Guide du tournage) pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur totalité.

  • 28 mars 2018 à 20:45
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